Speaker #0Bienvenue dans Prends une pause, je suis Lugna, thérapeute psychocorporelle spécialisée en régulation émotionnelle. Ici, on explore le lien entre tes émotions, ton corps et ton système nerveux, parce que ce que tu ressens ne se joue pas seulement dans ta tête, ça vit aussi dans ton corps. Mon intention ici est de t'aider à ne plus te laisser submerger par ce que tu ressens, en apprenant à le réguler par le corps plutôt qu'à l'analyser sans fin, pour retrouver plus d'apaisement, de sécurité et de liberté. Pendant tout l'été, je t'embarque dans une série entièrement dédiée aux relations. L'été, c'est une période qui a quelque chose de particulier. Le rythme ralentit, les agendas se libèrent un peu, et on se retrouve souvent avec les autres de manière un peu plus intense qu'en temps normal. La famille, le couple, les enfants, les amis qu'on retrouve, les ados aussi qui testent un peu nos limites. Tout ça en même temps, avec souvent moins de ressources pour tenir. Parce que les relations, ce n'est pas juste une question de communication ou de concession. Elles activent souvent quelque chose de beaucoup plus profond, elles réveillent notre histoire, notre système nerveux, nos besoins les plus anciens. Et tant qu'on ne comprend pas ce qui se joue à ce niveau-là, on continue à réagir, à subir, à s'épuiser sans vraiment savoir pourquoi. Alors cet été, il est temps de faire autrement pour des relations plus harmonieuses et on commence maintenant. Alors tu passes quelques jours en famille, les retrouvailles sont plutôt chaleureuses, tout le monde est content de se voir. Et puis au bout de quelques heures, parfois même quelques minutes, quelque chose change. Une remarque anodine de ta mère, un silence de ton père, une dynamique entre frères et sœurs qui reprend exactement là où elle s'était arrêtée il y a des années. Et tu te retrouves à réagir d'une façon qui te surprend toi-même. Avec parfois une intensité que tu ne comprends pas vraiment, comme si quelque part tu n'étais plus tout à fait l'adulte que tu es devenu. C'est de ça qu'on va parler aujourd'hui. Alors il y a quelque chose de particulier avec la famille. On peut avoir fait des années de travail sur soi, avoir beaucoup évolué même, avoir changé profondément, clairement, et se retrouver, en l'espace d'un repas, à réagir exactement comme à 15 ans. Et vraiment, j'insiste sur ça, c'est absolument pas un échec, parce que je sais, je me le suis dit moi-même, purée, en fait, tout ce que j'ai fait, ça sert à rien. En fait, c'est pas la preuve que rien n'a changé, c'est simplement que la famille, c'est l'endroit où tout a commencé. C'est là qu'on a appris ce que signifiait être en relation, ce qui était attendu de nous, si on avait le droit de prendre de la place ou pas, si nos émotions aussi étaient accueillies ou au contraire une source de tension, si on devait être forte, sage, discrète, drôle, performante ou tout à la fois. Et tout ça, en fait, c'est gravé, pas dans les souvenirs, pas dans les pensées, mais dans ton corps, dans la façon dont tu te tiens. quand tu entres dans cette maison, dans ce qui se contracte aussi dans ton corps quand tu entends ce ton de voix particulier, dans cette façon de retenir ta respiration sans même t'en rendre compte. Alors quand tu retrouves en fait ta famille, ton corps retrouve aussi tout ça, automatiquement, sans que tu le décides. Alors en temps normal, la vie quotidienne crée une forme de distance naturelle. Les responsabilités, le travail, le rythme du quotidien, tout ça en fait agit comme un tampon. Et tu vois ta famille de façon ponctuelle, tu gardes un certain recul et finalement tu as tes propres espaces. Mais avec l'été et les vacances, tout ça, ça disparaît. On se retrouve ensemble plus longtemps, dans un espace aussi souvent plus réduit, et avec moins de ressources parce qu'on est aussi fatigué de notre année. Et les anciennes dynamiques reprennent leur place comme si elles n'avaient jamais été quittées en fait. La sœur avec qui il y a toujours eu cette friction inexpliquée, ça peut être aussi ce parent dont le regard compte encore trop, beaucoup trop. Ce rôle qu'on avait dans la famille, ça peut être celle qui est responsable de tout, qui organise, la conciliatrice aussi, celle qui gère, et qu'on se remet à jouer sans même s'en rendre compte. Et encore une fois, ce n'est pas une régression. C'est une forme de mémoire, une mémoire corporelle, une mémoire vivantielle. En fait, ton corps retrouve un contexte qu'il connaît depuis longtemps et il fait ce qu'il a toujours fait dans ce contexte-là. Il se remet en mode protection, en mode adaptation, en mode survie relationnelle parfois. Alors j'en arrive à qu'est-ce qui aide vraiment à dépasser ça et à mieux vivre ces moments en famille. Alors face à ça, la plupart du temps, on va faire l'une de ces deux choses. Soit on va essayer de tout contrôler. Donc on va sourire, on va ne rien dire, on va éviter les sujets qui fâchent, on va un peu lisser les tensions pour que ça se passe bien. Soit on explose sur quelque chose de finalement assez mineur, parce que la pression accumulée, en fait, dans ton corps finit par trouver une sortie, et souvent c'est l'explosion la sortie. Et dans les deux cas, en fait, on est épuisé, on se sent épuisé, avec parfois en plus une culpabilité de ne pas avoir été à la hauteur, ou une honte aussi de la façon dont on a réagi. Ce qui va aider, bien évidemment, ce n'est pas d'essayer de se contrôler ou faire semblant que tout se passe bien. Ça va être encore une fois de comprendre ce qui se déclenche en toi, dans ton corps. Et de commencer à créer un peu d'espace entre le déclencheur et la réaction. Et concrètement, ça commence par vraiment remarquer les signaux dans ton corps avant que ça déborde. Et on ne se rend pas compte combien notre corps réagit avant que nous n'explosions. Et souvent, les parties où on le remarque, c'est les épaules. Souvent, on a des tensions dans les épaules, on a les épaules qui montent. Notre respiration aussi, c'est un très bon indicateur. Parce que quand il y a une tension, quand il y a une agitation, souvent, on bloque notre respiration. Soit on la bloque, soit elle est agitée, on respire vraiment très haut, elle est plus saccadée, elle est plus rapide. Il y a aussi... Au niveau du ventre, c'est un endroit aussi où on ressent beaucoup de choses. Souvent, le ventre, c'est après coup, après que la remarque soit finie, je sens qu'il y a quelque chose dans mon ventre. Tous ces signaux, en fait, c'est des informations, encore une fois. Ils te disent que quelque chose vient d'être activé. Et le simple fait de le remarquer, en fait, sans chercher à arrêter quoi que ce soit, parce que ce n'est pas le but, quand on observe, ce n'est pas essayer d'arrêter, c'est le fait d'observer, ça crée déjà un espace. En fait, c'est comme si tu marquais un temps de pause pour ne pas plonger, en fait, dans l'émotion et dans l'explosion. Donc il y a créer un espace, et cet espace aussi peut être physique, c'est-à-dire que vraiment, quand tu sens qu'il y a une tension, il y a quelque chose qui t'agite et qui t'active, c'est sortir. Sortir de la scène, de l'environnement, aller marcher, aller respirer dehors. Et encore une fois, ce n'est pas pour fuir, c'est juste pour permettre à ton corps de redescendre avant de réintégrer l'espace familial. On le sait très souvent, quand on est en colère, ce n'est pas bon de répondre tout de suite, parce qu'en général, on regrette souvent. propos. Donc vraiment, l'idéal, c'est sortir, prendre trois respirations profondes, et on revient. Et ça passe toujours par commencer, en fait, par distinguer ce qui appartient encore une fois à aujourd'hui, et ce qui appartient à hier. Parce que, souvent, ce qui déborde dans ces moments familiaux, c'est beaucoup moins la remarque que ta mère, que tout ce que cette remarque réveille depuis des années. Ce travail-là, justement, apprendre à reconnaître ce qui se déclenche dans ton corps, créer cet espace entre ce qui t'arrive et ta réaction. Démêler aussi ce qui vient du présent et ce qui vient de beaucoup plus loin, c'est exactement ce qu'on fait ensemble dans la libération intérieure, c'est mon accompagnement individuel de six mois. Et ce n'est pas juste pour comprendre mentalement ce qui se passe en fait, encore une fois, c'est sortir du mental, ça c'est une priorité, mais plutôt en le traversant vraiment par ton corps, par les sensations, le retour aux sensations, par des expériences aussi concrètes qui vont permettre... de changer durablement à l'intérieur quelque chose. Et j'ouvre d'ailleurs pendant tout l'été la liste d'attente pour la session qui aura lieu en septembre. Donc si tu sens que c'est le bon moment pour toi, tu peux réserver ton appel de consultation qui est offert avec moi. Je te mets le lien dans la description de cet épisode. S'il y a une chose que j'ai envie que tu retiennes de cet épisode, c'est que si ta famille te remue encore, ce n'est pas parce que tu n'as pas assez travaillé sur toi. C'est parce que c'est là que tout a commencé. Et ton corps, lui, n'oublie pas aussi vite que ton mental voudrait le croire. Mais il peut apprendre. progressivement et avec douceur. On se retrouve mercredi prochain pour le prochain épisode. Prends soin de toi.