Speaker #0Bienvenue à toi dans Ras la frange, le podcast de celles qui ne veulent plus continuer comme ça.
Je suis Emma Calas, sophrologue et coach certifié, et j'accompagne les femmes qui en ont ras la frange de s'oublier, se suradapter, se sentir trop ou pas assez.
Tout en douceur, mais sans langue de bois, je les aide à mieux se comprendre. à renouer avec leur corps et à s'accepter pour mieux s'aimer. Tu es prête ? C'est parti pour l'épisode du jour.
Chaque année, quand on parle de bonne résolution, de nouveau départ, de renouveau, on pense au mois de janvier. Mais franchement, dans le style, je trouve que le mois de septembre, il se pose là !
Je trouve qu'entre le fait d'être un peu blasée parce que les vacances sont finies et qu'il faut reprendre le boulot, toutes les choses qu'on a à faire et à penser, et cette sensation que tout est urgent et qu'on doit tout faire nickel-chrome, c'est un peu violent, quoi. Donc si toi aussi tu es la reine des post-it et que t'as l'impression que le bénéfice de l'été disparaît en trois heures de reprise, cet épisode, il est pour toi.
Je pense qu'on est sacrément nombreuses à avoir cette sensation d'avoir 20 onglets ouverts simultanément dans la tête comme sur son ordi. On est des femmes, on a l'habitude de faire plein de choses à la fois, on n'est pas monotaches. Même si je ne dis pas que c'est bien, même si je ne valide pas du tout cette habitude, elle est réelle. On a grandi comme ça, et aujourd'hui on est souvent celle qui doit penser à tout, pour tout le monde, en même temps, et vite en plus. Mais ce que j'ai souvent remarqué, que ce soit chez moi ou chez les clientes que j'accompagne, c'est que le souci, c'est qu'on croit qu'on est débordée à cause de tout ce qu'on a à faire, alors qu'en fait, la sensation d'être débordée, elle est plutôt liée au sentiment d'urgence permanent.
Ce que je veux dire par là, c'est que c'est pas forcément une question d'organisation par exemple, mais plutôt de pression interne qu'on se met. Je te dis ça parce que c'est souvent l'axe de l'organisation que tu vas chercher à améliorer chez toi quand tu pètes un plomb à force d'être débordée. C'est souvent par là que tu commences. Et c'est logique, t'es débordé parce que t'as trop de choses à faire, donc tu essaies de les organiser différemment pour en avoir moins à faire. Jusque là, je te suis.
Mais si tu t'arrêtes là, ça va s'améliorer un temps et ça va recommencer. Peut-être pour d'autres choses, mais ça va recommencer.
Je pense que l'étape suivante, celle qui te permet d'aller plus loin que ça et de vraiment te soulager, c'est plutôt de travailler sur la pression que tu te mets. Et pourquoi tu te mets une telle pression. En tout cas, c'est par là que je commence dans mes accompagnements.
On va un peu parler de cette urgence. D'abord... Cette urgence, elle donne l'illusion d'exister. Quand on court partout, on se sent utile, on se sent importante, demandée. Ça rassure l'ego. On se dit, si je suis débordée, c'est que je sers à quelque chose. Si j'ai pas une minute à moi, si on me sollicite beaucoup, c'est que je suis indispensable. Mais au fond, souvent, c'est plutôt une peur du vide, de plus savoir qui on est si on arrête de faire.
Ensuite, l'urgence, elle stimule le cerveau. Quand on se sent pressé, le corps produit des hormones de stress, cortisol, adrénaline, etc. Et ça dope l'attention à court terme. Tu deviens plus concentrée, plus réactive, tu coches des trucs sur ta to-do, et bim, ton cerveau te récompense avec un petit shot de satisfaction. Tu t'habitues à ce mode de fonctionnement et tu y reviens dès que tu lèves le pied. Bref, ça nous rend complètement accro.
Un autre point important, c'est que la sensation d'urgence, elle évite le face-à-face avec soi. Alors, je sais que parfois ce que je dis ça pique un peu, j'en suis consciente, mais j'en suis convaincue. Quand tu es dans l'action, t'as pas le temps d'écouter ce qui se passe en toi. La fatigue, tu l'ignores. Les besoins, tu les ranges. Les émotions, oula, trop risquées, t'as pas le temps. Du coup, l'urgence, elle devient une armure. Elle t'évite de ressentir. Elle te protège tout en t'épuisant.
Un autre point important aussi, c'est que c'est un schéma très ancré. Souvent, ce mode-là, vite, vite, vite, on a été élevé avec, en fond sonore en fait. Faut se dépêcher, faut bien faire. Faut pas traîner, faut faire plaisir, et surtout, si tu t'arrêtes, tu es faignante, égoïste, pas fiable, pas sérieuse, pas pro. Donc dès que tu ralentis, il y a toujours une petite voix intérieure qui se fait entendre, et hop, tu replonges dans l'agitation.
Un autre point important aussi, c'est que c'est valorisé socialement, culturellement parlant. Tu as forcément déjà entendu quelqu'un dire, ou peut-être que tu te le dis toi-même d'ailleurs, « Je suis débordée, j'ai mille trucs à faire » , comme si ça méritait une médaille. Donc inconsciemment, on identifie l'urgence comme une forme de réussite ou de reconnaissance. Bref, cette pression que tu te mets et qui te conduit à ce sentiment d'urgence permanent, elle donne l'illusion de maîtriser. évite le contact avec les émotions, nourrit l'estime de soi sur de fausses bases, et en plus, elle est encouragée socialement.
Et au final, c'est pas qu'on aime courir partout, qu'on aime être débordé, c'est juste qu'on sait plus faire autrement.
Donc des raisons, il y en a encore plein, je vais pas t'en lister des centaines, d'abord parce que je pense qu'il y en a vraiment un nombre infini. Mais surtout parce que je ne veux pas te donner des raisons supplémentaires de t'autoflageller. Je pense que tu t'autoflagelles déjà bien assez comme ça. Dis-le moi si je me trompe.
Ce que je tiens à te dire par contre, c'est que même si tu fonctionnes comme ça depuis longtemps ou même depuis toujours, c'est tout à fait possible de sortir de ce mode de fonctionnement d'urgence et de ne pas finir épuisé ou en burn-out. Ça se fait par petites touches et c'est très exactement ce que je propose dans mes accompagnements. Donc là, on n'est pas en accompagnement, mais je vais quand même te donner six pistes à creuser pour te soulager un peu de ce sentiment d'urgence et d'étouffement.
La première piste, c'est de comprendre, de prendre conscience de ton mode urgence. Tu ne peux pas sortir d'un truc que tu ne comprends pas. Alors la première étape, c'est de t'en rendre compte. À quel moment tu bascules dans l'agitation ? Quels sont tes signaux corporels ? Essaie de repérer quand tu te dis, « Vite, il faut que, j'ai pas le temps ! » Et tout ça, ça sera déjà énorme, parce que tu mettras de la conscience là où c'était automatique.
Une deuxième piste, c'est d'y aller par petites touches. Surtout si t'as un mode de fonctionnement un peu comme moi, un peu binaire, c'est tout ou rien, t'es sur on ou sur off, etc. T'es pas obligé de tout arrêter, de devenir quelqu'un d'autre ou de tout révolutionner chez toi du jour au lendemain. Le but, c'est pas non plus de devenir un mix entre une influenceuse bien-être et un moine bouddhiste. Mais tu peux tester des petites choses sur ton quotidien. Par exemple, boire ton café sans téléphone. T'asseoir deux minutes entre deux tâches et respirer. Te demander plusieurs fois par jour ce que tu ressens à ce moment précis, là, maintenant. Parce qu'en fait, c'est pas grave d'être en mode urgence. C'est juste que si tu vis dedans tout le temps, tu sais même plus ce que ça fait d'être tranquille en fait. Et ça, par... Par contre, c'est plus embêtant.
Une troisième piste que je te propose de creuser un petit peu, c'est aussi de redéfinir ce que tu crois urgent. Souvent, ce qu'on appelle urgent, ça l'est pas. Mais notre cerveau, à force de fonctionner toujours à fond, il fait plus la différence et il transforme tout en urgent. Donc là, tu peux te poser des petites questions simples. Qu'est-ce qui va se passer si je le fais pas tout de suite ? Est-ce que c'est vraiment grave ? Si je ne fais pas ça, est-ce qu'il y a un danger concret, réel, à ne pas le faire ?
Et en parlant de danger, on en arrive au plus important selon moi, c'est que l'urgence, c'est un mode qui vit dans la tête. Tu te mets la pression et ton mental s'emballe. Et pour sortir du mental, on fait comment ? Il n'y a pas 50 solutions. On revient au corps. Oui, oui, celui que tu oublies sans arrêt et auquel tu ne prêtes attention que quand il te fait mal ! Celui-là même. Donc c'est par exemple, respirer profondément et avec le ventre. C'est sentir tes appuis, sentir ton poids, ta chaleur. C'est marcher doucement, ralentir tes mouvements. Voilà, tout ça, c'est revenir à ton corps. Et naturellement, ça va calmer le mental.
Une autre piste que tu peux creuser aussi, c'est d'apprendre à tolérer le vide. Quand tu t'arrêtes, et pour toutes les raisons qu'on a vues au début, il peut y avoir de l'ennui, ou de l'inconfort, ou des émotions qui viennent. Et ça, souvent, c'est pas super confortable, parce qu'on n'en a pas l'habitude. On l'évite. Mais c'est un sujet dont on parlera plus en détail dans le prochain épisode.
Mais il y a une dernière chose importante que je veux te dire et qui est une piste à creuser aussi. C'est de t'autoriser à ne pas être toujours performante. Et ça, je pense que c'est probablement le plus dur. L'urgence se nourrit de la croyance que tu dois mériter ton repos, ta place, ta valeur. Alors qu'en fait, quand tu commences à croire que tu peux exister, même quand tu produis rien, c'est là que tu sors vraiment du mode urgence.
Voilà, j'espère que ça t'a plu. Si c'est le cas, n'hésite pas à mettre 5 étoiles et à t'abonner pour ne rien rater. Je te dis à très vite et en attendant, aime la femme que tu es. Salut !