Speaker #0Bienvenue à toi dans Ras la frange, le podcast de celles qui ne veulent plus continuer comme ça. Je suis Emma Calas, sophrologue et coach certifié, et j'accompagne les femmes qui en ont ras la frange de s'oublier, se suradapter, se sentir trop ou pas assez. Tout en douceur, mais sans langue de bois, je les aide à mieux se comprendre. à renouer avec leur corps et à s'accepter pour mieux s'aimer. Tu es prête ? C'est parti pour l'épisode du jour.
Ma mamie dit toujours « trop bon, trop con ! » et pourtant, les femmes de ma famille ont toujours eu pas mal de difficultés à s’affirmer et à se protéger.
Et comme c’est une problématique qui revient très souvent chez mes clientes, mon petit doigt me dit que c’est un sujet qui pourrait t’intéresser…
Alors si toi aussi tu dis oui à :
- Des invitations auxquelles t’as pas envie d’aller
- Ton collègue qui te refile des dossiers
- Ta belle-mère qui s’invite pour le weekend
- Ta voisine qui te demande un énième service
alors que dans ta tête, tu as envie de hurler NON, cet épisode est pour toi.
Je te propose de voir aujourd’hui :
- Pourquoi c’est si dur de s’affirmer (et pourquoi c’est normal que ce soit difficile)
- Ce que ça implique au quotidien
- Et comment tu peux commencer à t’affirmer sans te mettre le monde entier à dos.
Partie 1 : Pourquoi c’est si dur ?
La toute première chose que je veux te dire aujourd’hui si tu as du mal à t’affirmer, c’est que ce n’est pas de ta faute.
Parce que c’est pas qu’on n’a pas envie de poser nos limites.
C’est simplement qu’on a grandi et qu’on s’est construites depuis toute petites dans l’idée de ne pas faire de vagues.
On a toutes entendu « Sois gentille », « sois polie », « ne fais pas d’histoires ! », « fais plaisir ». Et très vite, on a associé le fait de dire non à quelque chose de mal, de malpoli, de risqué ou d’égoïste.
Et arrivée à l’âge adulte, ça donne quoi ?
Ben ça donne que d’un côté, tu sais très bien que tu devrais dire non, mais de l’autre, ça éveille tellement de peurs que tu dis oui.
Une espèce de paralysie face à l’impossibilité de refuser.
Et les peurs, elles sont nombreuses, en plus :
- Peur d’être jugée
- Peur de ne plus être aimée
- Peur de déranger
- Peur de décevoir
- Peur du conflit
- Peur de l’abandon
Pour les avoir toutes vécues, je peux t’en citer à la pelle si tu veux !
Mais toutes ces peurs, elles se regroupent derrière une seule peur principale, qui est directement liée au fonctionnement de notre cerveau : c’est la peur du rejet.
Dire non, ça active notre peur primitive d’être exclue du groupe.
Et aux origines de l’être humain, être exclue était synonyme de mort.
Et malheureusement, aujourd’hui, notre cerveau continue de traiter le risque de déplaire comme une menace à notre survie…
Souvent, quand on comprend ça, déjà, ça peut aider un petit peu à déculpabiliser quand on n’arrive pas à dire non à sa copine Brigitte qui nous demande si on peut pas lui garder ses 5 marmots !
En plus, cette peur du rejet, et toutes les peurs qui en découlent, donc, elles ont engendré des croyances, c’est-à-dire un truc que tu crois dur comme fer, même s’il est pas vrai. Et dont tu as du mal à te défaire.
Je m’explique : avec ce conditionnement social dès l’enfance + cette peur fondamentale du rejet, il y a une idée qui a grandi dans ta tête et qui s’est bien installée : c’est que ta valeur dépend de ce que tu fais pour les autres.
Si je rends service, si je fais plaisir, si je suis utile, alors je vaux quelque chose.
Et si je dis non, si je me protège, si je prends soin de moi avant l’autre, si je ne suis pas performante, alors je suis « moins bien ».
Et dans ces conditions, on comprend bien que dire non et s’affirmer, ça puisse être quelque chose de difficile et même de contre-intuitif.
D’ailleurs, à force de vivre avec ces croyances, on développe des habitudes automatiques. On répond sans se demander ce qu’on veut vraiment. Tu sais, ces moments où tu dis oui sans même réfléchir, où tu acceptes quelque chose juste par réflexe…
On répète ces schémas, encore et encore, et au fil du temps, ça devient naturel et normal de s’effacer, de mettre ses besoins en arrière-plan, sans même s’en rendre compte.
Et en plus de tout ça, il y a autre chose qui fait que c’est difficile de s’affirmer : c’est que très souvent, on s’est coupée de son corps.
On a tellement appris à tenir, à faire comme si tout allait bien, qu’on ne sait même plus écouter nos propres signaux. La fatigue, les tensions dans les cervicales, le ventre noué… Tout ça passe souvent inaperçu ou on l’ignore parce qu’on se dit que « c’est pas si grave » ou pire, que c’est normal.
Même notre intuition, cette petite voix qui sait ce qui est juste pour nous, on ne lui laisse plus du tout la place de s’exprimer.
Partie 2 : Conséquences
Alors évidemment, tout ça, ça créé des problèmes dans nos relations aux autres et aussi à nous-même.
D’abord, il y a l’épuisement. Parce qu’à force de dire oui quand on pense non, à force de se plier en 4 pour les autres, on finit rincée. On a beau se dire « c’est pas grand-chose », « ça ira », en réalité, ça tire un peu plus sur la corde chaque fois. Et à un moment, la corde, elle craque.
Il y a aussi le ressentiment (mélange de colère et de frustration) : tu continues à rendre service, à faire plaisir, mais à l’intérieur, tu passes ton temps à rouméguer (comme on dit chez moi !) et tu te dis « Mais pourquoi c’est encore moi qui m’y colle ? », « Tout le monde s’en fout de moi, de ce que je ressens » et la fameuse phrase « Après tout ce que j’ai fait pour elle ! ».
Ca peut même abîmer des relations qui comptent, parce que l’autre ne comprend pas ce qui se joue, vu que tu n’as jamais vraiment expliqué ce que tu voulais ou ne voulais pas.
Ca créé un déséquilibre dans les relations : quand tu ne poses pas tes limites, tu crées sans le vouloir des relations où l’autre prend beaucoup, où toi tu donnes beaucoup. Et forcément, au bout d’un moment, ça fait pencher la balance. L’équilibre n’est plus là.
Et puis vraiment, quand ça va trop loin, on tombe carrément dans le sacrifice. On sacrifie son temps, son énergie, son argent, ses envies, ses rêves… Parce que quelque part, on a intégré que c’était normal de se mettre de côté.
Et ça, ça abîme profondément l’estime de soi.
Il y a un autre problème que ça créé et auquel on ne pense pas. C’est quand j’ai retrouvé une amie d’enfance que je l’ai réalisé…
On se racontait des souvenirs de quand on était jeunes, et elle m’a dit « Moi, quand je pense à toi, je me souviens d’une gamine très affirmée, forte, qui ne se laissait pas marcher sur les pieds ! ».
Et ça m’a complètement scotchée, qu’elle me dise ça, parce que c’est complètement à l’opposé de ce que je ressentais !
La vérité, c’est que je manquais complètement de confiance en moi, que j’avais très peu d’estime de moi, que j’étais terrorisée à l’idée qu’on ne m’aime pas et qu’on me rejette. Donc ma parade, à l’époque, ma protection, c’était de jouer la dure. Et du coup, de porter un masque. Et ça, ça n’a rien à voir avec de l’affirmation, parce que quand tu joues un rôle, tu n’es pas en lien avec toi ni avec les autres. Tu n’es pas dans une relation authentique et sincère.
Donc tu le vois, toutes ces conséquences (l’épuisement, le ressentiment, le sacrifice, les relations déséquilibrées, la perte d’authenticité), elles ne sont pas là par hasard.
Elles sont le signe qu’on a perdu le contact avec quelque chose de fondamental pour nous : nos propres besoins.
Parce que s’affirmer, poser ses limites, c’est pas juste savoir dire non : c’est d’abord savoir se dire oui à soi.
Et ça, ça demande d’identifier ses limites et ses besoins.
Partie 3 : Identifier ses limites et ses besoins
Alors… Concrètement, comment on fait pour identifier ses limites ?
Déjà, il y a un outil précieux, toujours le même, et je suis désolée mais je vais t’en rabattre les oreilles : c’est ton corps !
Parce que lui, il sait. Il parle en permanence. Le problème, c’est qu’on a appris à l’ignorer :
- On prend un café quand on est fatiguée
- On dit « ça va » alors qu’on a la boule au ventre
- On serre les dents quand quelque chose nous dérange.
Mais le corps, lui, envoie des signaux très clairs.
Une tension dans les épaules, une gorge qui se serre, l’énergie qui chute brutalement… Ce sont les premiers indicateurs que quelque chose n’est pas respecté.
Ça me fait penser à une de mes clientes, qu’on appellera Sandrine, et qui me disait qu’à chaque fois qu’elle devait travailler avec un client particulier, elle avait des migraines terribles. Elle s’est gavée d’antidouleurs pendant un temps… Jusqu’au moment où elle a réalisé que son corps lui hurlait ce qu’elle refusait d’admettre : elle ne supportait pas ce client (elle le trouvait imbuvable), il ne respectait pas ses valeurs, et ça dépassait ses limites. Et client ou pas client, elle devait mettre un terme à leur collaboration…
Le premier pas, c’est donc de ralentir pour remarquer ces signaux. Se demander, plusieurs fois par jour : « Comment je me sens, là, dans mon corps ? Qu’est-ce qui est agréable ? Qu’est-ce qui ne l’est pas ? ».
Ça peut paraître tout simple, mais c’est la base de la base pour se reconnecter à soi.
Ensuite, derrière ces signaux, il y a toujours un besoin.
Parce que c’est ça, une limite : c’est la gardienne de nos besoins.
Si je suis épuisée et que je continue de dire oui, c’est mon besoin de repos qui n’est pas écouté.
Si je dis « ok » alors que je n’ai pas envie, c’est mon besoin de liberté ou de respect qui est ignoré.
Et là, je veux insister sur quelque chose : un besoin, ce n’est pas un caprice ou une envie.
Un besoin, c’est quelque chose de vital pour ton équilibre.
Souvent, quand on n’a jamais travaillé sur ses besoins ou qu’on ne s’est même jamais posé la question, on confond besoin et envie.
L’envie, c’est la stratégie que je choisis pour nourrir mon besoin.
Par exemple : j’ai besoin de repos > mon envie, c’est de passer ma soirée toute seule avec un plaid tout doux et un bon bouquin.
Et une autre personne, pour le même besoin, aura plutôt envie de faire une sieste.
Donc un besoin, c’est essentiel pour notre bien-être physique, émotionnel, mental.
Imagine que tu as faim : Si tu ne réponds pas à ton besoin de manger, qu’est-ce qui va se passer ? Au début, pas grand-chose : un inconfort, qui va finir par disparaître au bout de quelques minutes.
Mais ce besoin va revenir un peu plus tard, de façon plus forte et plus intense.
Plus tu prendras du temps avant de répondre à ce besoin, plus la sensation de faim sera grande et impérieuse. Avec des sensations, des ressentis, de plus en plus inconfortables, voire même de la souffrance.
C’est pareil avec tes besoins autres que physiologiques, comme le besoin de reconnaissance, de lien, d’autonomie, de plaisir, etc…
Le piège, c’est qu’on a tellement pris l’habitude mettre nos besoins sous le tapis qu’on n’arrive même plus à les nommer.
Alors un outil tout simple qui peut t’aider est celui de la phrase à trous : tu repenses à une situation où tu as dit oui alors que tu voulais dire non, et tu formules la phrase :
« Quand je… (décris la situation), je ressens… (émotion /sensation ressentie) parce que j’ai besoin de… (besoin) »
Exemple : « Quand j’accepte de rester tard au travail (situation), je ressens de la frustration (émotion) parce que j’ai besoin de repos et de temps pour moi (besoin) ».
Petit à petit, plus tu te poses ces questions, plus tu commences à tracer une sorte de carte intérieure. Tu découvres ce qui est essentiel pour toi, ce qui te ressource et ce qui te draine. Ca rend la mécanique « Situation – Emotion – Besoin » très claire.
Et c’est à partir de là que tu peux poser des limites qui sont alignées, pas une façade de protection, mais de vrais choix qui respectent qui tu es.
Et aussi, plus tu écoutes ton corps et tes besoins, plus tu développes ta confiance en toi. Parce que tu arrêtes de chercher les réponses à l’extérieur, tu commences à t’appuyer sur ce que tu ressens TOI.
Et cette confiance, c’est la base pour pouvoir ensuite t’affirmer sans agresser, dans le respect de toi et des autres.
Conclusion
Alors voilà, aujourd’hui on a exploré ensemble pourquoi c’est si difficile de s’affirmer.
Et puis, on a commencé à ouvrir une porte : celle de l’écoute de soi, de ses besoins, de son corps. Parce que c’est ça, la base pour poser des limites qui tiennent debout : apprendre à se dire oui à soi, avant de dire oui aux autres.
Dans le prochain épisode, on va aller plus loin : « ok, j’ai identifié mes besoins, mais comment je fais pour m’affirmer concrètement ? Comment poser une limite sans agresser, comment gérer les réactions ou les résistances de l’entourage, et surtout… comment apprivoiser cette fameuse culpabilité qui revient souvent dès qu’on commence à penser un peu plus à soi ? ».
Bref, un épisode très concret qui va te donner des clés pour t’affirmer avec plus de sérénité.
J’espère que cet épisode t’a plu.
Si c’est le cas, n’hésite pas à mettre 5 étoiles et à t’abonner pour ne rien rater.
Je te dis à très vite et en attendant… N’oublies pas de prendre soin de toi.
Salut !