Speaker #0Bienvenue à toi dans Ras la frange, le podcast de celles qui ne veulent plus continuer comme ça.
Je suis Emma Calas, sophrologue et coach certifié, et j'accompagne les femmes qui en ont ras la frange de s'oublier, se suradapter, se sentir trop ou pas assez.
Tout en douceur, mais sans langue de bois, je les aide à mieux se comprendre. à renouer avec leur corps et à s'accepter pour mieux s'aimer. Tu es prête ? C'est parti pour l'épisode du jour.
Je sais pas toi, mais moi, quand je me suis rendue compte que je rajoutais des choses que je venais de faire sur ma to-do liste, juste pour les barrer immédiatement et avoir une sensation de travail accompli, je me suis dit que j'étais grave en fait ! Je suis passée de « je note des trucs pour ne pas oublier de les faire » à Je rajoute des choses et je les raye pour que ça me fasse du bien. On s'est un peu égaré, non ? Bref, si toi aussi tu as une to-do que t'arrives jamais à finir et qui se reporte de jour en jour, et que t'arrives jamais à te poser sans culpabiliser, cet épisode est pour toi. Alors, je veux pas te parler d'organisation ici, ni de comment mieux gérer ta to-do, je pense que t'es une grande fille et que tu sais très bien ce que t'as à faire.
Ce que je veux plutôt aujourd'hui, pour toi, en écoutant cet épisode, c'est un petit basculement de regard. Parce que le problème, c'est pas la to-do list, c'est ce qu'on cherche derrière. C'est qu'on s'est construite avec l'idée qu'on devait faire plus pour valoir assez. Derrière chaque case cochée, et c'était pas facile à dire, derrière chaque case cochée, on cherche un peu de légitimité. Un peu de permission de souffler. J'ai fait ça, donc je mérite de. Mais comme la liste ne se termine jamais, t'as jamais le droit de te poser. C'est ton devoir de continuer. Ou alors, si tu te poses, tu culpabilises de le faire. C'est là qu'il est le lien entre to-do, pause et culpabilité : Dans le droit qu'on a ou qu'on se donne.
Pour le lien entre to-do et pause, je vais te donner une métaphore. C'est comme si tu courais un marathon qui n'avait pas de ligne d'arrivée. À chaque fois que tu veux t'arrêter, il y a une voix qui te dit « pas encore, tu l'as pas mérité, t'es pas à la fin » . Mais en fait, personne ne te dit quand c'est bon, quand c'est cette fin. C'est à toi de poser ta ligne. Tu as le droit de te poser, que tu aies fait plein de choses, ou pas une seule. À partir du moment où tu en as besoin, tu en as le droit. Mais encore, faut-il savoir identifier ses besoins...
Pour le lien entre pause et culpabilité, c'est la même chose. Quand t'arrives à te poser parce que tu es crevée mais que la culpabilité s'invite, il y a plein de raisons derrière. Dans nos modèles d'éducation, on valorise l'utilité et même le sacrifice. Parce que tu as peur de passer pour une feignante ou une égoïste. Moi, c'était ça ma hantise. De passer pour une feignante, c'était terrible. À cause aussi de toutes les injonctions à être performante (Même dans le soin de soi, d'ailleurs). Et souvent, rester active, ça veut dire éviter les émotions qui remontent quand on se pose. Faire te donne une impression de contrôle. Et t'arrêter, ça te confronte. Alors que tu as le droit de te poser. Ça, je l'ai déjà dit. Mais tu as aussi le droit de te poser sans culpabiliser. Tu es un être humain, tu as des besoins et tu as le droit de répondre à tes besoins. Et non seulement tu en as le droit, mais en plus, c'est en répondant à tes besoins que tu te sentiras bien dans ta vie, bien dans ta tête et bien dans ton corps.
Après, bien sûr qu'on a toutes des obligations et des impondérables. Je ne dis pas le contraire. Ce que je dis, c'est qu'à partir du moment où absolument tout est une obligation ou un impondérable, c'est que quelque chose ne va pas et qu'il faut se faire aider.
Donc, si tu as en permanence une to-do liste longue comme un ticket de caisse, avec des choses qui se reportent sans arrêt de jour en jour, et que tu culpabilises dès que tu te poses ou que tu n'arrives pas à ne rien faire, je te propose ceci. D'abord, je te propose, avant de réaliser une tâche, de te poser quatre questions.
Première question, est-ce vraiment à moi de le faire ? Tu peux ajouter ici pourquoi.
Deuxième question, est-ce que quelqu'un peut m'aider à le faire ?
Troisième question, que se passe-t-il si je ne le fais pas ?
Et quatrième question, est-ce que ça me donne de l'énergie ou ça m'en prend ? Tu verras que déjà, ça te permettra d'épurer un peu les choses et tu pourrais même être surprise de ce que tu vas réaliser. Je te propose un autre petit exercice, une autre chose que tu peux faire aussi. C'est un truc qui avant m'était complètement impossible, alors qu'aujourd'hui c'est devenu plus qu'indispensable pour moi. C'est quoi ? Je t'invite à prendre cinq minutes dans ta journée, juste cinq minutes top chrono. Pas de panique, il t'en reste 1435 autres ( Oui, j'ai fait le calcul !). Tu coupes tout, tu t'assoies et tu fais rien. Juste, tu respires et tu es là. Et tu laisses venir ce qui vient. Tu peux ensuite noter ce que ça a réveillé en toi. Est-ce que tu t'es senti bien ou pas ? Est-ce que tu t'es senti coupable ? Est-ce qu'une petite voix dans ta tête s'est manifestée ? Et qu'est-ce qu'elle t'a dit ? Et là, je peux te dire que tout est intéressant ! C'est un exercice pour écouter ce qui t'empêche de t'arrêter. Et c'est par là que tout commence. Tu peux recommencer cet exercice tous les jours, tant que c'est inconfortable pour toi. Et puis, quand tu y arriveras, tu pourras passer à 10 minutes, puis à 15. Et puis, soyons fous, pourquoi pas à 30 minutes ? L'idée, c'est quoi ? C'est que le vide, ce n'est pas une perte ou quelque chose à combler. Le vide, en fait, c'est un espace fertile. C'est dans le rien que les idées reviennent, que l'énergie se recharge, que la clarté arrive. Ces moments creux sont les seuls endroits où on ne scrolle pas, où on ne répond pas. où on coche rien, et ne me dis pas que c'est pas vrai, parce qu'on a déjà toutes trouvé des réponses existentielles ou des idées de génie quand on était sous la douche ! Le cerveau, il est soulagé de la pression immédiate, et du coup il se remet à penser librement, il s'autorise à vagabonder, à reconnecter les éléments entre eux, il devient fertile. Alors fais comme lui, et autorise-toi.
Si tu dois retenir qu'une seule chose de cet épisode, c'est que t'as pas besoin de mériter tes pauses. Tu n'as pas besoin de faire plus pour avoir le droit d'exister.
Voilà, j'espère que cet épisode t'a plu. Si c'est le cas, n'hésite pas à mettre 5 étoiles et à t'abonner pour rien rater.
Je te dis à très vite et en attendant, n'oublie pas de souffler. Salut ! Musique