Speaker #0Bienvenue à toi dans Ras la Frange, le podcast de celles qui ne veulent plus continuer comme ça. Je suis Emma Calas, sophrologue et coach certifié, et j'accompagne les femmes qui en ont ras la frange de s'oublier, se suradapter, se sentir trop ou pas assez. Tout en douceur, mais sans langue de bois, je les aide à mieux se comprendre. à renouer avec leur corps et à s'accepter pour mieux s'aimer. Tu es prête ? C'est parti pour l'épisode du jour.
Ok. Tu en as ras la frange de ta vie telle qu’elle est actuellement. Tu sens qu’il y a un truc qui coince.
- Tu en as marre de courir partout sans arrêt,
- D’être tout le temps fatiguée,
- D’avoir l’impression de faire toujours les mêmes choses,
- Que le temps file et que tu n’en profite pas…
Alors que toi, tu voudrais simplement :
- Prendre soin de toi sans culpabiliser,
- Retrouver ton énergie et ta joie de vivre,
- Te coucher satisfaite de ta journée,
- Et te lever avec l’envie de vivre la nouvelle.
Bref, tu sais que ça ne te convient pas, tu sais que tu ne veux plus continuer comme ça, mais… Tu ne sais pas forcément ce qui cloche PRECISEMENT, ni comment t’y prendre.
Alors on va essayer de voir ça ensemble…
Souvent, quand on se retrouve dans cette période de flottement où on sent qu’il y a un truc qui ne va pas dans la vie qu’on a tous les jours, on ne trouve pas ce qui nous gêne précisément.
Et le premier réflexe, c’est bien sûr de s’en vouloir, de se faire des reproches à soi-même.
C’est souvent là que tu te mets à penser que :
- Tu devrais être plus forte
- Le problème, c’est toi
- Tu manques de volonté (« Les autres y arrivent, pourquoi pas moi ? »)
- Tu t’es laissée aller (auto-flagellation, bonjour !)
- Tu es faignante ou folle (et autres mots doux du style…).
Alors qu’en fait, le vrai soucis n’a rien à voir avec toi.
Le vrai soucis vient plutôt de :
- La surcharge et la pression de tout ce que tu as à gérer
- L’habitude de te faire passer en dernier
- La « gentillesse obligatoire »
Et tout ça, c’est bien normal, puisque c’est ce qu’on t’a appris depuis toute petite.
Alors tu vois, le problème ne vient pas de toi, et tu ne t’es pas laissée aller, tu n’es ni faignante ni folle…
Souvent, ces périodes de flou où tu sens qu’un truc cloche sans savoir quoi arrivent après un événement qui est un déclencheur de ta prise de conscience.
Et c’est cet événement qui enclenche le « réveil » et vient tout faire basculer.
Ça peut être :
- Un burn-out
- Un déménagement
- Une perte ou un changement d’emploi
- Une séparation ou un divorce
- Un accident ou une maladie (de toi ou d’un de tes proches)
- Un deuil (d’un parent, d’un ami, d’un animal, mais aussi d’un projet important pour toi)
- Les enfants qui quittent la maison
- Un anniversaire d’un âge marquant (40 ans, 50 ans, …)
- Une trahison (amoureuse, amicale, professionnelle)
- Des changements hormonaux (périménopause, ménopause, …)
- Etc etc etc…
Et cet événement agit souvent comme un électrochoc : il fissure la façade que tu as maintenue pendant des années et des années.
Et à ce moment-là, et c’est pour ça que je parle d’un mouvement de bascule, tu n’arrives plus à faire semblant et à tout contenir.
Tu te rends compte tout d’un coup qu’en fait, tu n’en peux plus et que tu arrives à saturation.
Il y a quelque chose en toi qui dit « STOP. Trop, c’est trop ».
Quand je parle de période de flottement ou de flou, c’est parce que quand tu arrives à ce moment de STOP et de saturation, le plus souvent, tu ne sais pas PRECISEMENT ce qui cloche.
Tu as tendance à dire que tout te saoûle, tout t’énerve, mais sans réussir à mettre des mots précis dessus.
Tu peux aussi avoir peur des conséquences de ce ras le bol général :
- Peur de blesser, de décevoir, de créer des conflits
- Peur de faire de mauvais choix
- Peur de laisser exploser cette colère (en plus, souvent, la colère est une émotion un peu nouvelle pour toi !).
Et surtout, comme tu ne comprends pas trop ce qui se passe, tu ne sais pas ce que tu dois faire, ni par où commencer.
Tu peux te sentir coincée entre ton ras le bol qui crie STOP et la peur du changement.
Et te retrouver un peu paralysée dans cette période déjà très désagréable à vivre.
A ce moment là, ce qui peut se passer, c’est que tu aies envie de tout changer d’un coup, d’envoyer tout valser à la fois.
Genre démissionner, divorcer ET déménager en Ardèche.
Et ça, même si ça peut faire un peu rêver sur le coup, c’est la meilleure façon de te planter et de revenir à la case départ en ressentant juste encore plus de culpabilité.
Un autre piège à éviter aussi, c’est d’attendre LE bon moment.
Style :
- que les enfants quittent le nid familial
- que les travaux soient finis
- que telle personne aille mieux
- etc…
Mais LE bon moment n’existe pas. Parce que plus tu attends, plus c’est dur.
Donc ok : il s’est passé un truc qui t’a fait réaliser que tu en as marre et que tu ne veux plus continuer ta vie comme ça, et tu en es là.
Maintenant, qu’est-ce que tu peux faire ?
Comment est-ce que tu peux commencer à prendre un peu plus ta place sans envoyer tout bouler ?
Comme je te le disais, le but n’est pas de révolutionner ta vie toute entière et d’effacer quoi que ce soit.
Donc je te propose d’y aller étape par étape.
Déjà, tu ne peux pas changer quoi que ce soit si tu ne sais pas ce que tu veux changer.
Donc la première étape, c’est d’identifier précisément ce qui ne te va pas dans ta vie aujourd’hui.
Pour ça, tu peux faire plusieurs choses.
Tu peux prendre un carnet, et pendant une semaine, tu vas noter :
- Les moments où tu t’es sentie vraiment fatiguée : qu’est-ce qui s’est passé juste avant ? Tu étais où ? Avec qui ?
- Les moments où on t’a demandé quelque chose et où tu as dit oui, alors qu’en vrai, tu n’avais pas vraiment envie de dire oui : à qui ? Quand ? Pourquoi ?
- Les moments où tu as culpabilisé (là, tu devrais avoir le choix, parce que souvent, tu culpabilises à peu près 20h par jour ! 😂) : de quoi ? Pourquoi ? Est-ce que tu as réellement fait un truc mal ou « méchant » ?
- Les pensées qui tournent en boucle dans ta tête (souvent, ce sont les mêmes que la veille) : lesquelles ?
En faisant ça, même si ça te paraît gnangnan ou chiant, tu vas voir apparaître des répétitions.
Et tes points de ras le bol, c’est là qu’ils se trouvent.
Par exemple :
- « Tiens, je me sens vidée à chaque fois que je vois ma mère »
- « Tiens, je dis oui à toutes les sorties que propose ma moitié alors que j’ai juste envie de rester à la maison et de me poser ».
Tu peux aussi lister tout ce qui :
- T’énerve
- Te fatigue
- Te pèse
- Te vide
Et pour faire ça, l’important, c’est vraiment de ne pas te censurer, de ne pas écouter la petite voix qui te dit que c’est pas bien ou autre… Mais juste de déverser.
Parce que le but ici est de sortir du flou et de voir clairement ce qui ne te convient pas.
L’étape suivante va être de clarifier les choses.
Parce que tu as mis en évidence ce qui ne te fait pas du bien, ce qui te vide ou te pèse, ok. Mais du coup, qu’est-ce qui te fait du bien ? Qu’est-ce que tu veux ?
Souvent, on sait facilement ce qu’on ne veut plus, mais c’est plus difficile de savoir ce qu’on veut.
Donc, pour clarifier un peu tout ça, tu vas te poser certaines questions :
- Si personne ne me jugeait, qu’est-ce que je changerai EN PREMIER dans ma vie ?
- Aujourd’hui, dans mes journées, qu’est-ce qui me manque le plus ? (Du temps ? De la reconnaissance ? Du silence ? De l’énergie ? De l’excitation, de la joie ?) (Ca, c’était moi il y a quelques temps : je t’en parlais dans l’épisode 8 : Sortir de la routine et retrouver sa joie ! N’hésite pas à aller l’écouter)
- Si je faisais un bond dans le temps et que je me réveillais dans un an en étant satisfaite de ma vie et beaucoup plus heureuse, qu’est-ce qui aurait changé par rapport à aujourd’hui ?
Ne te torture pas le cerveau avec des « oui mais » et des « et si ».
Ne réfléchis pas aux éventuelles conséquences ou autre : juste, pose tes réponses à plat.
Et aussi, ne cherche pas LA grande réponse existentielle. C’est comme le bon moment : elle n’existe pas !
Concentre-toi plutôt sur les petites choses concrètes qui te manquent.
Du style : « Je voudrais lire 20mn le soir sans être interrompue ».
C’est dans les petites choses, dans les petits bonheurs que se trouve ton bien-être.
Et maintenant que tu as identifié des trucs qui te pèsent et des trucs qui te manquent, tu vas choisir UN truc et un seul dans tout ce que tu as listé.
Concrètement :
- Dans la liste, tu vas entourer UN truc qui revient souvent
- Tu vas choisir quelque chose de concret (n’entoure pas « Je veux être plus heureuse », c’est trop vague).
- Tu vas commencer par le plus accessible, le plus facile.
Je te donne des exemples concrets :
- Tu veux arrêter de répondre aux messages pro quand tu n’es pas au travail >> Ton micro pas : désactiver les notifications après 19h
- Tu ne prends jamais de temps pour toi >> Ton micro pas : bloquer 20mn le dimanche matin pour boire ton café tranquille
- Tu dis toujours oui >> Ton micro pas : dire « Je te réponds demain » au lieu de répondre de suite.
L’idée ici, c’est surtout de ne pas vouloir tout changer en même temps.
Parce qu’un petit changement qui tient vaut beaucoup mieux que 10 grands changements qui disparaissent en 3 semaines !
Et aussi parce que ta peur de l’échec va te paralyser si c’est trop gros.
Et parce qu’en réussissant un petit pas, ça va créer de la confiance pour le suivant.
A mon sens, il est important d’annoncer ce micro-changement.
Pourquoi ?
- Parce que si tu as toujours gardé les choses en toi et que personne ne peut les deviner
- Parce que si tu n’annonces pas, ça reste dans ta tête, pas dans les faits (et donc rien ne bouge)
- Parce que ça devient REEL quand tu le dis (pour toi et pour les autres).
Comment le faire sans agressivité ?
- Tu n’as pas besoin de longue justification
- Si tu ressens le besoin d’expliquer, tu dis quel est ton problème + ce que ça te fait + ta décision (ton micro-pas)
- Tu peux aussi juste dire : « A partir de maintenant, je fais comme ça. »
Je te donne quelques exemples :
- « Dimanche matin, c’est mon moment, je ne serais pas disponible. »
- « Je ne réponds plus aux messages pro après 19h »
- « Cette semaine, c’est quelqu’un d’autre (ou « c’est toi ») qui fait les courses ».
Il est possible que ton entourage (pro/perso) soit étonné ou « résiste » un peu face à ce petit changement.
Et tu ne peux pas leur en vouloir : tu t’es toujours comportée d’une certaine façon, et tout d’un coup, tu te comportes d’une autre. Ça peut dérouter, et c’est normal.
Mais c’est aussi ton droit et tu en as besoin.
Il est aussi possible que même si ton entourage ne dise rien, ne montre rien, tu te mettes à culpabiliser et à avoir envie de faire marche arrière.
Et là encore, quoi de plus normal ?
Tu t’es construite en apprenant à te comporter d’une certaine manière, et un beau matin, tu décides de te comporter différemment.
C’est déstabilisant pour toi aussi !
Du coup, il y aura des moments où tu y arriveras, et d’autres où tu craqueras et tu reviendras à ton ancien schéma.
Et c’est totalement normal : ça ne veut pas dire que tu as échoué !
Ça veut dire que c’est pas facile, mais que tu fais de ton mieux pour y arriver.
Pour être passée par là, moi aussi, je peux te rassurer sur une chose : si tu ressens de la culpabilité, elle va diminuer avec le temps. Et ça deviendra de plus en plus naturel.
Parce que quand tu verras à quel point ça te fait du bien de te poser 20mn tranquille, ou de ne plus faire les courses chaque semaine, ou de ne plus recevoir de notifs de ton boulot quand tu es chez toi… Ça va VRAIMENT changer les choses et t’apaiser.
C’est un cercle vertueux : tu arriveras peu à peu à faire de plus en plus de micro-pas, et tu te sentiras :
- Un peu mieux à chaque fois
- Un peu plus toi-même
- Un peu plus légère
Parce que oui, changer, c’est inconfortable parfois.
Mais ce qui est beaucoup plus inconfortable (et même douloureux !), c’est de rester coincée dans une vie qui ne te correspond pas et ne te rend pas heureuse.
Donc ce que je veux que tu retiennes de cet épisode, c’est que si tu sens que ta vie telle qu’elle est aujourd’hui ne te rend pas heureuse, tu as le droit de vouloir changer les choses.
Parce que tu mérites de vivre une vie qui te ressemble, pas une vie où tu te sacrifies en permanence. Et ça commence MAINTENANT !
Parce que si tu continues de la même manière, rien ne changera.
Et dans 6 mois, dans un an, tu seras toujours dans cette situation qui ne te convient pas.
Et j’irai même plus loin : il ne s’agit même pas de changer, mais plutôt de réajuster les choses dans un sens qui te convient mieux.
Et ça, personne ne peut le faire à ta place.
Voilà, j'espère que cet épisode t'a plu. On se retrouve dans 15 jours pour un prochain épisode. En attendant, n'oublie pas de partager cet épisode autour de toi si il t'a fait du bien. Ça m'aidera à le faire connaître. Et surtout, surtout, n'oublie pas que tu mérites d'être heureuse. Salut !