Speaker #0Bienvenue à toi dans Ras la Frange, le podcast de celles qui ne veulent plus continuer comme ça. Je suis Emma Calas, sophrologue et coach certifiée, et j'accompagne les femmes qui en ont ras la frange de s'oublier, se suradapter, se sentir trop ou pas assez. Tout en douceur, mais sans langue de bois, je les aide à mieux se comprendre. à renouer avec leur corps et à s'accepter pour mieux s'aimer. Tu es prête ? C'est parti pour l'épisode du jour.
Tu fais partie de celles qui ressentent tout plus fort que les autres.
Les ambiances, les mots, les silences, les regards.
Tu captes ce que les autres ne voient pas, ce qu’ils ne disent pas.
Parfois, c’est beau. Et Parfois, c’est épuisant.
Tu as longtemps cru que tu étais « trop » » (trop émotive, trop sensible, trop rêveuse, trop tout en fait) et tu as fait en sorte de camoufler cette sensibilité aux yeux des autres (même si elle débordait de partout malgré toi !).
Alors tu as essayé de faire la forte, la dure… Mais à l’intérieur de toi, c’est pas du tout comme ça que tu es, en vrai.
Je te comprends, parce que je suis comme toi.
Et aujourd’hui, il est plus que temps de célébrer cette différence et de comprendre sa véritable valeur !
Si tu te reconnais dans tout ça, cet épisode est pour toi.
Tu peux imaginer ton système nerveux comme un talkie-walkie. Pour la plupart des gens, ça fonctionne simplement : elles parlent dedans, elles entendent la voix de leur interlocuteur, et c’est clair.
Mais pour toi, pour nous, c’est différent. C’est comme si, en plus de la conversation principale, tu captais toutes les autres fréquences des talkies-walkies alentours… sans filtre.
Quand tu rentres dans une pièce, pour toi, ce n’est pas juste un bureau ou un salon : tu détectes l’ambiance tendue entre 2 personnes, tu sens l’anxiété d’une autre, tu entends le bruit à peine perceptible du néon qui grésille (mais toi, ça t’agace profondément !).
Tu captes les non-dits, les émotions refoulées, le moindre changement (même subtil) dans l’intonation d’une voix.
Ton cerveau traite les informations sensorielles et émotionnelles avec une profondeur exceptionnelle, créant des connexions que les autres mettent des années à comprendre (ou ne comprennent jamais).
Tu n’es pas plus intelligente, ou eux ne sont pas moins intelligents : c’est juste que tu captes plus de signaux et donc que tu as plus d’informations.
Et tu ne réfléchis pas pour ressentir tout ça : ça s’impose à toi. C’est là, c’est tout.
Souvent, quand je te reçois en séance et que tu me dis que tu as honte de « pleurer pour un rien » et que tu ne comprends pas pourquoi tu pleures autant, je t’explique que les émotions montent en toi comme un tsunami, qu’elles montent, montent et finissent par "déborder par les yeux".
Pleurer à chaudes larmes devant un film, être submergée par la beauté d'un coucher de soleil, ressentir physiquement la douleur d'un ami comme si elle était la tienne…
Ces expériences sont quotidiennes, pour toi. Tu ne pleures pas « pour rien » : tu ressens tout plus fort, et cette intensité est réelle en toi.
Tu n’es pas « mal câblée » (expression aussi entendue en séance !), tu as une manière particulièrement riche d'expérimenter l'existence. Elle te permet d'accéder à des nuances de joie, de tendresse, d'émerveillement que beaucoup de personnes ne font qu'effleurer ou qu’apercevoir de loin...
Tu peux t’émerveiller d’un petit rien (un sourire, une odeur, une lumière), mais aussi être profondément touchée par la dureté du monde, par une parole blessante ou par l’injustice.
Tu vis chaque émotion à fond, comme si elle occupait tout l’espace avant de redescendre. Et ce va-et-vient permanent peut être épuisant quand on n’a pas appris à le réguler…
Ça donne souvent cette impression de vivre constamment à fleur de peau.
Le plus difficile, peut-être, c’est que tu as ressenti très jeune que tu ne fonctionnais pas comme la plupart des gens autour de toi. Et tu as très vite intégré que pleurer = faiblesse, et que émotions = failles.
Alors que toi, tout ce que tu voulais, c’est être aimée et ne pas être rejetée.
Donc tu as appris à faire comme les autres, à faire « comme si ».
Tu t’es créé une armure invisible pour te protéger : ça peut être par le biais de l’humour (c’est mon cas !), ou de passer pour la nana forte et indépendante, celle qui est capable de gérer les crises avec sang-froid et solidité.
Et cette armure invisible te permet de fonctionner dans un monde qui dévalorise souvent la sensibilité.
De l’extérieur, on te voit stable, fiable, celle sur qui « on peut compter ».
Mais ce que les autres ne voient pas, c’est la fatigue que ça créé de toujours devoir contenir ce que tu ressens pour ne pas « en faire trop ».
Derrière cette armure se cache souvent un besoin profond de connexion plus authentique, une âme qui cherche désespérément à être reconnue dans sa complexité, telle qu’elle est vraiment.
C’est là tout le paradoxe : on admire ta force, alors que toi, parfois, tu rêves juste qu’on voie ta sensibilité sans que tu aies à la cacher.
Cette intensité et cette perception si fine du monde qui t’entoure peut aussi parfois sembler encombrante, parce qu’elle a un prix : la saturation.
Parce qu’à force de tout capter, tu finis parfois par ne plus savoir ce qui t’appartient, ni comment baisser le volume…
Dans ton monde à toi, les volumes sonores sont systématiquement amplifiés, les lumières trop vives, les odeurs trop intenses.
Là où d’autres entendent juste un fond sonore, toi, tu entends :
- la musique trop forte,
- les conversations qui se croisent,
- la chaise qui grince.
Ton cerveau capte tout, absolument tout et à force, ça fait beaucoup. Ça peut rapidement devenir écrasant pour toi.
Les centres commerciaux bondés, les open-spaces bruyants, les soirées festives où tout le monde parle fort et en même temps… ce que la majorité peut trouver plaisant peut vite devenir un trop-plein pour toi.
Des situations apparemment banales peuvent déclencher chez toi une véritable surcharge sensorielle.
Ton cerveau n’arrive pas à filtrer efficacement de multiples stimulations, et il entre en état d'alerte.
Ton cœur bat plus vite, ton attention se disperse, ton corps se tend. Et quand tu rentres chez toi, tu es vidée sans toujours comprendre pourquoi.
Alors tu t’isoles, tu cherches le silence, la douceur, le calme. Parce que ton système nerveux est en surchauffe et qu’il a besoin de redescendre.
C’est pour ça que, parfois, tu as besoin de t’isoler brusquement. Que tu es là, mais qu’en fait, tu n’y es pas vraiment : tu as besoin de stopper les stimulations, car il y en a trop. C’est une nécessité physiologique pour ton corps.
Il n’y a rien d’anormal à ça. Tu fonctionnes simplement différemment, avec plus de capteurs, plus de finesse. Et le monde moderne, bruyant, rapide et saturé d’informations n’est pas vraiment conçu pour des personnes qui perçoivent autant.
L’autre grand défi, c’est la gestion de tout ce que tu ressens à travers les autres.
Tu captes leurs émotions comme si elles étaient les tiennes.
Tu ressens
- la tristesse de ton amie
- la tension de ton collègue,
- la colère de ton compagnon,
et parfois même avant qu’ils la remarquent eux-mêmes !
C’est ce qui fait de toi quelqu’un d’attentif, d’intuitif, de profondément humain. Mais c’est aussi ce qui t’épuise.
Parce que tu veux aider, tu veux comprendre et soutenir (et tu le fais trèèèèès bien !). Mais à force d’absorber, là aussi c’est la surcharge.
Quand ton cœur est saturé, même les plus petits tracas peuvent devenir des montagnes.
Cette tendance à s'oublier en prenant soin des autres crée un cercle vicieux : plus tu donnes, moins tu prends soin de tes propres besoins.
Plus tu donnes, plus tu t’éloignes de toi-même.
Apprendre à t’arrêter avant d’être à bout, à ne pas dire “oui” quand ton corps hurle “non”, à te demander “de quoi j’ai besoin, moi ?”, c’est un apprentissage.
Et c’est aussi une manière de préserver ta sensibilité pour qu’elle reste une richesse et ne devienne pas un fardeau.
"Tu prends les choses trop à cœur"
« Arrête de te prendre la tête ! »
« Tu dramatises toujours tout »
« La vie, c’est pas le monde des bisounours ! »
« Tu devrais t’endurcir, un peu ! »
Ces phrases, tu les as sans doute déjà entendues. Et à force, elles laissent des traces. Parce qu’elles insinuent que ta manière de fonctionner, de réagir, d’être n’est pas la bonne.
Que tu devrais t’endurcir. Que tu es « trop ceci », ou « pas assez cela ».
L’écart entre ce que tu ressens au fond de toi et ce que les autres te renvoient comme étant normal de ressentir se creuse. Et ça invalide constamment l’intensité de ce que tu ressens, et ça créé de la honte en toi.
Dans une société qui valorise la rationalité froide et le détachement émotionnel, ta manière d'être est souvent perçue comme un défaut ou une faiblesse.
Cette incompréhension chronique te pousse souvent à dissimuler ta véritable nature, et à t’isoler pour éviter le jugement.
La vérité, c’est que le problème n’a jamais été ta sensibilité.
Le problème, c’est le regard de ceux qui ne savent pas la comprendre.
Donc, de ton côté, au lieu d’essayer de l’effacer ou de la corriger, tu peux essayer de l’apprivoiser…
Il y a un moment magique que je suis certaine que tu as déjà ressenti plein de fois dans ta vie : celui où tu rencontres quelqu’un comme toi.
C’est comme si on avait des antennes : entre-nous, on se reconnait, on se ressent.
Sans savoir l’expliquer.
C’est une reconnaissance instinctive, profonde, qui ne passe pas par les mots.
Et ces rencontres créent une sensation profonde de soulagement.
Enfin quelqu’un qui comprend sans explication !
Enfin quelqu’un qui ne juge pas nos réactions !
Plus besoin de « contenir » ou de faire semblant !
Avec ces personnes-là, tu peux ENFIN respirer librement et poser ton armure.
Cultive ces relations, car elles sont précieuses.
Elles forment une sorte de refuge, une bulle où tu peux être pleinement toi, pleinement vraie.
Elles ne cherchent pas à te changer, mais t’invitent à te retrouver.
La société t’a souvent fait croire que ta sensibilité était une faiblesse à surmonter.
Et si c'était exactement l'inverse ?
Si ta capacité à ressentir profondément était précisément ce qui te rend exceptionnelle dans un monde complètement anesthésié ?
Te réapproprier ta sensibilité passe par un changement de perspective.
Ta capacité à capter ce que d’autres ne voient pas, à ressentir profondément, à être touchée par la beauté ou la douleur du monde, ce n’est pas une faiblesse.
C’est une richesse intérieure que beaucoup ont perdue en route.
Oui, ça peut te fatiguer, t’épuiser parfois, mais c’est aussi ce qui te rend vivante, humaine, connectée aux autres et au monde qui t’entoure.
Ta sensibilité te permet de créer du vrai lien, d’avoir de l’intuition, de sentir quand quelque chose sonne faux, de mettre du sens et du cœur dans ce que tu fais.
Alors non, tu n’as pas besoin de la museler.
Tu as besoin de l’apprivoiser, de la canaliser, de l’habiter.
C’est comme ça que tu transformeras ce qui te paraissait être un fardeau en une force sur laquelle tu peux t’appuyer. Fais-toi confiance.
Quand on ressent tout très fort, on se fatigue vite.
Pas seulement à cause des émotions, mais parce qu’on capte tout : les bruits, les tensions, les non-dits, les énergies des autres.
Alors oui, apprendre à poser des limites devient vital.
- Dire non,
- Partir plus tôt d’une soirée,
- Refuser un projet trop lourd,
- Prendre du temps seule,
Ce n’est pas être égoïste, c’est te protéger. C’est une nécessité physiologique pour ton système nerveux particulièrement réactif.
Tu peux apprendre à repérer quand ton système est saturé : ce moment où tout devient “trop” pour TOI (trop de bruit, trop de monde, trop d’informations, etc..).
Et au lieu de t’en vouloir, tu peux en tenir compte, simplement.
Dire :
“Là, j’ai besoin de calme.”
“Je vais rentrer me ressourcer.”
“Ce lieu est trop bruyant pour moi.”
Réussir à faire ça, à le dire, à le faire, c’est déjà énorme.
Et plus tu te respectes dans ces moments-là, plus tu te sens solide, stable, capable d’être pleinement présente quand tu choisis d’être là.
En apprenant à reconnaître tes seuils de tolérance, et en les respectant, tu n’auras plus à puiser autant dans tes ressources.
Et puis, c’est quand même mieux pour toi de réussir à dire à quelqu’un « Je vais y aller, je suis trop fatiguée, là », plutôt que de tenir, tenir, et finir en crise d’angoisse et par partir subitement parce que tu n’arrives plus à respirer tellement ton système nerveux est en mode alerte, non ?
Le monde autour de toi glorifie la performance, la vitesse, la rentabilité.
Mais ce modèle t’épuise.
Et si, au lieu d’essayer de t’y adapter, tu redéfinissais ce que “réussir” veut dire pour toi ?
Peut-être que, pour toi, le succès n’a rien à voir avec les chiffres, les objectifs ou les grandes ambitions.
Peut-être que ton succès à toi, c’est d’avoir une vie douce, des relations vraies, un métier qui a du sens, un quotidien où tu te sens en paix.
Peut-être que ton ambition, c’est juste de te sentir « vraie » et d’être pleinement toi-même, entourée de personnes qui t’aiment pour qui tu es VRAIMENT.
Redéfinir ce qu’est le succès ou la réussite dans la vie pour toi, ce n’est pas un échec : tu ne fonctionnes pas comme les autres, et ta vision a le droit d’être différente de celle des autres !
Tu peux décider de ne plus courir après des modèles qui ne te ressemblent pas.
Tu peux choisir de vivre à ton rythme, en accord avec ce que tu ressens profondément.
Et c’est souvent là que tout s’aligne : quand tu arrêtes de te juger à travers les yeux du monde, et que tu commences à te regarder depuis l’intérieur.
Si tu t’es reconnue en lisant ces lignes, c’est probablement que tu fais partie de cette grande famille des âmes sensibles.
Tu n’es pas “trop”. Tu es exactement comme tu dois être.
Ta sensibilité n’est pas un poids à porter, c’est une richesse à révéler.
Elle te permet de ressentir la vie dans toute sa nuance, de créer des liens sincères, de voir la beauté là où d’autres passent à côté.
Moi aussi, j’ai gardé tout ça en moi pendant longtemps, par peur d’être incomprise.
Aujourd’hui, je choisis de partager. Même maladroitement. Même si parfois, je cherche encore les bons mots (parce que disons les choses clairement, j’ai envie de te dire teeeeeeellement de choses que ça se bouscule beaucoup, là-haut !).
Et je suis persuadée qu’ensemble, on peut transformer cette sensibilité partagée en une vraie force collective, et rendre le monde plus doux, à notre façon.
Nous sommes les gardiennes d'une perception rare et précieuse du monde. Alors, ne la cachons plus !
Voilà, j'espère que cet épisode t'a plu. Si c'est le cas, n'hésite pas à t'abonner pour ne rien rater. Et en attendant, n'oublie pas d'aimer la sensible personne que tu es à l'intérieur de toi. Salut !