Speaker #0Bienvenue à toi dans Ras la frange, le podcast de celles qui ne veulent plus continuer comme ça. Je suis Emma Calas, sophrologue et coach certifié, et j'accompagne les femmes qui en ont ras la frange de s'oublier, se suradapter, se sentir trop ou pas assez, tout en douceur, mais sans langue de bois. Je les aide à mieux se comprendre, à renouer avec leur corps et à s'accepter pour mieux s'aimer. Tu es prête ? C'est parti pour l'épisode du jour. On a toutes une petite voix intérieure qui nous critique, commente tout ce qu’on fait (mais rarement pour nous féliciter !), qui nous juge, nous compare, nous fait douter…
Certaines personnes l’entendent très fort, très distinctement et très fréquemment. Et d’autres beaucoup moins.
Mais on l’a toutes dans la tête.
Et quand elle prend un peu trop le contrôle, on peut vite se sentir très mal et rentrer dans un cercle vicieux de dévalorisation et de baisse d’estime de soi.
Alors avant que tu en arrives là, je te fais vite un épisode sur le sujet de la voix critique intérieure !
Cette voix critique intérieure n’est pas toujours simple à identifier.
Souvent, mes clientes me disent qu’elles n’en ont pas.
Mais quand on commence à creuser un peu, elles se rendent bien compte qu’effectivement, il y a toujours en elles une part qui a systématiquement quelque chose à redire. C’est ça, la petite voix critique intérieure.
Et elle peut prendre différentes formes selon les moments et les situations.
Ça peut être la voix qui juge sévèrement
C’est celle qui te met immédiatement sur la touche. Elle te surveille, et au moindre faux pas, bim ! Elle te tacle.
Elle a un avis très tranché sur tes capacités et tes choix, et elle ne mâche pas ses mots : « Tu n’y arriveras jamais », « Tu es nulle ».
Souvent, elle surgit quand tu sens qu’il y a un enjeu qui est important pour toi, comme si elle voulait te préparer à l’échec… ou te convaincre que ce n’est même pas la peine d’essayer.
Un autre exemple, ça peut être la comparative
C’est souvent cette voix-là qui te fait te sentir « trop » ou « pas assez ».
« Elle, elle a réussi, toi tu galères… » ou « Pourquoi tu n’es pas comme elle ? ».
Elle te fait sentir « moins » que les autres, « pas à la hauteur ». Et elle t’amène doucement mais sûrement sur le terrain glissant de l’envie et de l’auto-jugement.
Son but, c’est de te pousser à t’améliorer… mais souvent, elle te freine plus qu’elle ne t’aide.
Il y a aussi L’anticipatrice de danger
C’est la voix de la prudence extrême, celle qui imagine les pires scénarios pour te protéger. « Et si tu te trompes ? », « Et si tu échoues ? » ou « Et si tout part en vrille ? ».
Elle est constamment en alerte, comme un radar interne qui ne s’éteint jamais. Son intention, c’est de t’empêcher de souffrir. Malheureusement, le résultat est souvent exactement le contraire.
Cette voix critique ne reste jamais silencieuse très longtemps. Elle adore s’inviter dans les moments où tu es le plus vulnérable, où les enjeux sont importants pour toi. Parce que sinon, ça ne serait pas drôle… !
Ça peut être dans le travail ou pour des projets
Tu dois prendre une décision, lancer un projet, écrire quelque chose… et là, paf, elle arrive. Elle te glisse que tu n’as pas les compétences, que tu vas te tromper, que ça ne vaut pas le coup. Elle aime bien saboter ton enthousiasme avant même que tu aies commencé.
Ça peut être aussi dans tes relations
Quand tu t’exposes ou que tu crains le jugement des autres, elle est toujours là pour te glisser un truc sympa à l’oreille.
« C’était pas clair, ce que tu as expliqué », « Ça va pas leur plaire, ce que tu as fait », « Je suis sûre qu’ils vont trouver ça nul ! ».
Souvent, elle t’empêche de dire ce que tu penses vraiment ou de montrer qui tu es vraiment.
Et même dans la vie quotidienne
Elle adore se faufiler dans les moments les plus simples, quand tu essaies de prendre un peu soin de toi, de poser des limites, choisir ce qui est bon pour toi.
« Tu ne devrais pas faire ça », « Tu devrais plutôt… », « Ce n’est pas le bon moment », « Tu as d’autres choses à faire ! »
Des fois, c’est plus facile de la débusquer parce qu’elle a des expressions préférées.
Les classiques
Ce sont les phrases directes, celles qui font mal dès qu’elles sortent : « Tu n’es pas assez… », « Tu vas te tromper », « Tu ne mérites pas… ». Elles sont franches et faciles à identifier. Et elles piquent.
Les sournoises
Les petites phrases qui se glissent plus subtilement, plus poliment, mais toujours aussi critique : « Tu devrais… » ou « Il faut que… ».
Maintenant que je l’ai bien descendue et que je t’ai bien donné des exemples de à quel point elle est horrible, cette voix critique, je vais quand même t’inviter à essayer de comprendre sa fonction 😂.
Ta petite voix critique n’est pas là pour t’embêter gratuitement. Elle joue en quelque sorte un rôle de « garde du corps intérieur »… même si elle est un peu trop brutale ou maladroite. Elle intervient pour éviter que tu te sentes ridiculisée, que tu échoues ou que tu te mettes en danger (qu’il soit réel ou simplement perçu).
Par exemple, avant un entretien d’embauche ou un rendez-vous important, elle peut te faire répéter chaque mot dans ta tête, te mettre le doute et te rendre nerveuse. Alors oui, ça peut être épuisant et frustrant, mais ce mécanisme sert à préparer le terrain et à t’inciter à te montrer prudente, organisée et à être prête à faire face.
Même si le message que tu reçois te semble blessant ou injuste, il y a toujours derrière ça l’intention de te guider. Elle peut te rappeler de ne pas te surmener, de réfléchir avant d’agir, ou d’éviter des décisions impulsives.
Par exemple, si tu envisages un truc important pour toi pour ton boulot, et que tu ressens soudain la petite voix te disant « Tu n’y arriveras pas », ce n’est pas forcément pour te démoraliser. Ça peut être pour te montrer que certains points n’ont pas été assez préparés, ou que tu n’as pas assez anticipé certaines difficultés.
Pareil si tu discutes avec quelqu’un et que tu acceptes quelque chose, si tu l’entends dire « Mais tu n’en as pas marre, de dire toujours oui ? », c’est peut-être une alerte pour que tu prennes conscience de tes limites et que tu protèges ton énergie.
Je te l’accorde, il y a un côté maladroit et souvent excessif avec cette voix.
Disons que le fond est bon, mais que la forme, pas du tout !
Mais derrière ça, il y a toujours une forme d’attention à ton bien-être, à ta protection.
Elle est comme un parent un peu trop strict qui veut éviter que tu te fasses mal, même si sa manière de le dire n’est pas bonne.
Une grande partie de ce que cette voix critique nous souffle est liée à nos besoins profonds. Elle pointe les moments où quelque chose nous tient à cœur, mais où on ne s’autorise pas à l’exprimer.
Et elle ne fait pas que nous signaler ce qui est important pour nous.
Souvent, elle se nourrit de nos expériences passées, de nos peurs et de nos blessures
Et elle se déclenche dans des situations où nous avons été blessées, critiquées ou humiliées (je suis sûre que ça va te parler !).
Par exemple, si tu as déjà été rejetée dans un groupe ou critiquée pour ton apparence, elle peut te souffler : « Tu n’es pas assez belle », ou « Tu n’es pas assez intéressante ».
Si tu as vécu un échec professionnel ou scolaire, elle peut te glisser : « Tu vas encore te tromper » ou « Tu n’y arriveras pas ».
Et en mettant en lumière nos fragilités et nos expériences sensibles, même si c’est douloureux et mal formulé, elle nous montre les endroits où nous avons besoin de douceur, de reconnaissance et de soin, là où notre confiance peut fléchir.
La première étape, c’est de repérer sa présence. Tu sais, ces moments où ton esprit s’emballe, où une phrase revient en boucle ou où tu te sens paralysée avant même d’agir… ce sont ses alertes.
Pour t’aider, note ce qu’elle dit et dans quelles situations elle apparaît.
Par exemple, moi qui ai horreur du téléphone, je vais me noter :
Avant un appel important : « Tu vas t’emmêler les pinceaux »
Écrire ces phrases, les reconnaître comme des alertes, permet de mettre un peu de distance et de te rappeler : ce n’est pas toi qui parles, c’est cette voix spécifique.
Elle a ses opinions, ses jugements et ses peurs… mais ce n’est pas ton identité entière.
Ce qui aide bien mes clientes, pour faire ça, c’est de donner un nom et un visage à cette voix critique.
On m’a déjà cité « Madame critique », « Madame Parfaite », « la vilaine » ou juste « la petite voix ». La mienne, je l’appelle « la sorcière Sauron » !
Tu peux imaginer son ton, son expression, sa façon de parler. Cela crée une distance : tu l’observes, tu la reconnais, tu sais quand c’est elle qui parle et tu ne la confonds pas avec toi-même.
Ça peut diminuer un peu le stress qu’elle provoque et te permettre de commencer à interagir avec elle sans te sentir dominée.
Une fois que tu l’as distinguée, prends un moment pour te demander ce qu’elle cherche vraiment. Essaie de comprendre ses intentions. Pose-toi des questions simples :
« De quoi essaie-t-elle de te protéger ? »
Par exemple, si elle souffle : « Tu ne devrais pas dire ça », demande-toi pourquoi elle s’inquiète. Peut-être qu’elle anticipe un conflit avec la personne avec laquelle tu es en train de parler…
Le but ici n’est pas de lui obéir, mais de comprendre ce qui se passe à l’intérieur de toi, ce qui transforme la critique en information utile.
Dans tous les cas, ça ne sert à rien d’essayer de la faire taire.
Tu pourrais avoir envie de l’éteindre complètement, de la mettre sur OFF. Mais la répression, tu le sais, c’est comme avec les émotions, comme avec tout : ça a souvent l’effet inverse. La voix devient plus insistante ou se glisse de manière plus sournoise.
Au lieu de la combattre, apprends à coexister avec elle. Elle est là, tu la reconnais, tu l’écoutes, mais tu ne lui remets pas le volant. Imagine-la comme un passager un peu désagréable dans ta voiture : tu entends ses remarques, mais c’est toi qui conduis.
Et une fois que tu as identifié ses alertes, compris ses intentions et que tu l’as laissée s’exprimer, alors tu peux faire un choix conscient. Tu écoutes ce qu’elle dit, tu notes ce qui te parle ou t’alerte, puis tu décides ce que tu fais selon ce qui est juste pour toi.
Exemples :
• Elle dit : « Tu ne devrais pas parler devant ce groupe » → tu sens l’inconfort, mais tu choisis de t’exprimer parce que c’est important pour toi.
• Elle dit : « Tu devrais rester avec cet homme, ça sera pire ailleurs » → tu comprends qu’elle anticipe un risque, mais tu pars quand même parce que tu sais que c’est la bonne décision pour toi.
C’est exactement ça : écouter, comprendre et agir en conscience, sans être dirigée comme une marionnette par ton jugement intérieur.
Et la dernière chose que je veux te dire, c’est d’être bienveillante envers toi-même. Accueille cette voix avec douceur parce que ce n’est pas ton chef, mais elle fait partie de toi. Tu peux lui parler avec bienveillance : « Merci de m’avoir alertée, j’ai entendu, maintenant je décide pour moi ».
C’est comme quand tu te retrouves face à quelqu’un qui crie et qui est très en colère : si tu cris aussi, ça ne va faire qu’aggraver les choses.
Alors que si tu parles calmement, avec compréhension, ça calme le stress, ça fait redescendre la pression. La personne, comme la petite voix, se sent écoutée et entendue.
Voilà, tu l’auras compris : ta voix critique intérieure n’est pas ton ennemie jurée, ni une vérité absolue. C’est juste une partie de toi, parfois trop bruyante, parfois maladroite, mais qui peut t’apprendre beaucoup si tu la regardes autrement. Tu n’es pas obligée de la croire, ni de lui obéir. Tu peux l’écouter, puis décider en conscience ce qui est juste pour toi.
Et plus tu apprends à l’identifier, à la remettre à sa place et à agir malgré elle, plus tu retrouves de liberté, de légèreté… et de confiance.
Alors la prochaine fois qu’elle viendra frapper à ta porte avec ses phrases piquantes, tu pourrais peut-être lui sourire et lui dire : « Merci, mais c’est moi qui choisis ».
J’espère que cet épisode t’a plu.
Si c’est le cas, n’hésite pas à mettre 5 étoiles et à t’abonner pour ne rien rater.
Je te dis à très vite, et en attendant… N’oublie pas d’être douce avec toi-même.
Salut !