Speaker #0Bienvenue à toi dans Ras la frange, le podcast de celles qui ne veulent plus continuer comme ça. Je suis Emma Calas, sophrologue et coach certifié, et j'accompagne les femmes qui en ont ras la frange de s'oublier, se suradapter, se sentir trop ou pas assez, tout en douceur, mais sans langue de bois. Je les aide à mieux se comprendre, à renouer avec leur corps et à s'accepter pour mieux s'aimer. Tu es prête ? C'est parti pour l'épisode du jour.
Alors… Toi qui m’écoutes, dis-moi la vérité : est-ce que tu t’es déjà dit des phrases comme « je ne suis pas légitime », « j’ai réussi à faire ça, ok, mais en fait, j’ai juste eu de la chance », ou encore « ce que je fais, tout le monde pourrait le faire » ?
Moi, je les disais souvent. Parce que j’ai toujours souffert du syndrome de l’imposteur.
Et aujourd’hui, j’ai envie de te raconter une expérience personnelle, parce que parfois, ce qui marque le plus, ce n’est pas une explication mais une histoire…
Alors si tu penses souffrir du syndrome de l’imposteur, cet épisode est pour toi !
D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours souffert de ce sentiment d’imposture. Et chez moi, il s’exprime de plusieurs manières.
Pour t’expliquer ça, je vais te parler rapidement du Dr Valérie Young, qui est une chercheuse et experte américaine du syndrome de l’imposteur.
Pendant ses années de recherche sur le sujet, elle a identifié 5 grands profils chez les personnes atteintes de ce syndrome.
- Le perfectionniste : s’impose des standards inatteignables, n’est jamais satisfait, trouve toujours un détail qui « ne va pas », et le moindre défaut est considéré comme un échec.
« J’aurai pu mieux faire », « Ce n’est pas parfait, c’est nul ! »
- L’expert : pense ne jamais en savoir assez, a besoin d’accumuler les diplômes, les formations, les lectures, etc…
« Je n’ai pas encore toutes les compétences, donc je ne suis pas légitime »
- Le génie naturel : croit qu’il doit tout réussir du premier coup, et que si c’est dur, c’est qu’il n’est pas fait pour ça.
« Si j’étais vraiment doué, ça serait plus facile que ça ! »
- Le solitaire : croit qu’il doit tout réussir seul, sans aide. Demander du soutien est un signe de faiblesse.
« Si j’ai besoin d’aide, c’est que je ne suis pas à la hauteur »
- Le super héro / la super héroïne : veut exceller dans tous ses rôles (travail, famille, amis, couple, projets, etc…). Se met une pression énorme pour être irréprochable partout.
« Si je ne réussis pas à être une bonne employée / fille / sœur / amie / compagne / femme, etc… c’est que je ne vaux rien ».
Et bien sûr, on peut se reconnaître dans plusieurs profils à la fois. Ce qui est mon cas, puisque je me retrouve à la fois dans le perfectionniste, l’expert et la super héroïne (3 sur 5, quand même !).
Il y a un autre point important dans ce syndrome, c’est qu’il touche souvent à la fois la confiance en soi (c’est-à-dire la reconnaissance de ses capacités, ressources, compétences) ET l’estime de soi (reconnaissance de sa propre valeur).
Mais mon syndrome de l’imposteur ne touche pas ma confiance en moi. Il touche mon estime de moi.
C’est-à-dire que j’ai confiance en mes compétences (je sais que je sais faire…) mais je ressens quand même une dissonance (… mais ça ne veut pas dire que je suis légitime).
Ce qui est terrible, c’est que ce syndrome de l’imposteur, je le connais, je l’ai étudié, décortiqué, et que j’arrive très bien à le faire travailler à mes clientes. Je sais que c’est quelque chose qui se travaille, je connais les outils pour ça (j’en utilise plusieurs au quotidien). Et ensembles, nous obtenons de réels résultats.
Mais le faire travailler aux autres, c’est une chose.
Et souvent, les cordonniers… Tu as compris !
Et puis, il est arrivé quelque chose : un matin, ma grand-mère (88 ans) m’a appelée avec une toute petite voix en me disant qu’elle se sentait très mal. Elle a rapidement été emmenée par le SAMU au service des urgences.
Et ce jour-là, il s’est passé quelque chose en moi : j’ai réalisé tout le chemin que j’avais parcouru depuis toutes ces années, tous les progrès que j’avais fait, à tous les niveaux, tous les outils que je connais et qui me venais naturellement, toutes les ressources que j’avais développées en moi.
J’ai réalisé que tout le travail effectué avec mes clientes m’avait aussi aidée moi et que celle que j’étais avant n’était plus la même aujourd’hui.
J’ai su trouver les mots justes, être VRAIMENT présente, sans me déconnecter de mes émotions : avant, lors d’évènements difficiles comme un décès par exemple, je me coupais complètement de mes émotions (j’appelais ça passer en mode warrior) pour être présente et solide pour les autres, pour qu’ils puissent s’appuyer sur moi. Et je m’oubliais.
Là, ce n’étais pas du tout le cas : j’étais sereine, lucide et pleinement présente.
J’ai appliqué quelques techniques de respiration et de pleine conscience quand je sentais que la panique montait, et dans l’ensemble, je suis restée assez calme.
Je ressentais de la sécurité en moi. Et je renvoyais ça aux personnes autour de moi.
Bref, j’ai vraiment senti la différence : avant, je faisais comme si j’étais solide.
Là, je l’étais vraiment. Sans porter de masque. Sans me couper de moi.
Et une fois la situation calmée, j’ai pu prendre soin de ma mamie comme il le fallait, dans de bonnes conditions et en étant vraiment moi-même.
Pourquoi je te raconte tout ça et quel est le lien avec mon syndrome de l’imposteur ?
C’est simple : tout ça a vraiment eu lieu, je l’ai vraiment vécu, ce n’était pas dans ma tête. J’ai vraiment SENTI dans mon corps les émotions me traverser, la sécurité, la solidité, la pleine présence.
Ce n’était pas un exercice de réflexion sur soi, c’était palpable.
J’ai senti tout ça dans mon corps.
Et ça a fait voler en éclat mon syndrome de l’imposteur parce que sans même m’en rendre compte, j’avais ressenti au plus profond de moi de quoi je suis capable et à quel point je suis légitime dans tout ce que je fais au quotidien.
J’ai vraiment INTEGRE l’information. Alors que, jusque-là, je ne faisais que la COMPRENDRE.
Comment je sais que mon syndrome de l’imposteur a mis les voiles ?
D’abord, comme je te le disais, parce que je l’ai ressenti en moi (je ne savais pas que c’était ça, mais je l’ai bien vu par la suite).
Et aussi parce qu’une fois la période de crise passée, une fois rentrée chez moi, en une semaine, j’ai :
- Créé et lancé mon podcast (3 ans que je le tournais dans ma tête !)
- Préparé plusieurs épisodes d’avance
- Créé des process pour ma stratégie de communication
- Préparé la structure et relancé ma newsletter
- Réalisé un calendrier éditorial sur plus d’une année
Et tout ça, je le procrastinais depuis des mois voire des années parce que j’avais peur, parce que je ne me sentais pas légitime, parce que mon syndrome de l’imposteur m’en empêchait.
Aujourd’hui, plus rien ne m’en empêche. Alors je le fais.
Et désormais, je sais recevoir (et même j’apprécie) tous les compliments et les remerciements des personnes que j’accompagne, de mes amies, de mon entourage.
Parce que je sais que je le vaux bien😉.
C’est comme ça que je le sais.
Si tu te reconnais dans ce que j’ai raconté aujourd’hui, j’aimerais que tu retiennes une chose : le syndrome de l’imposteur, ce n’est pas une fatalité.
Ça se travaille, on fait des progrès, on comprend des choses…
Mais le vrai déclic arrive souvent quand on vit quelque chose qui nous fait sentir dans notre corps qu’on est déjà légitime.
C’est pour ça que je te rabats les oreilles et que je base mes accompagnements sur le fait de renouer avec son corps. Parce que je suis vraiment convaincue (et de plus en plus) que tout passe par là. Que le corps nous parle sans arrêt et que pour guérir des choses dans sa tête, il faut les vivre dans son corps.
J’espère que cet épisode t’a plu.
Si c’est le cas, n’hésite pas à mettre 5 étoiles et à t’abonner pour ne rien rater.
Je te dis à très vite et en attendant… N’oublie pas que tu es légitime dans tout ce que tu fais.
Salut !