Speaker #0Bonjour, c'est Amale Cosma. Vous voulez booster la qualité d'accueil dans votre micro-crèche en donnant des super pouvoirs à votre équipe ? Vous êtes au bon endroit. On va parler de la petite enfance comme vous n'en entendez jamais parler. Aujourd'hui, je suis super contente de continuer la mini-série sur les transmissions, un sujet que je trouve vraiment très intéressant et hyper utile pour les professionnels. Je commence par vous inviter à vous abonner à notre newsletter, ce qui vous permettra d'avoir la trame de l'épisode avec toutes les notes. Je dépose le lien sur le descriptif de l'épisode. Si le podcast vous intéresse, pensez aussi à le noter pour soutenir la démarche. Dans l'épisode précédent, j'ai posé le cadre des transmissions, les grands principes. Passons au contenu. Je rappelle l'objectif des transmissions, qui est notre guide. Les transmissions servent à la bonne prise en charge de l'enfant et à établir la continuité dans cette prise en charge entre la maison et la crèche. Pour y arriver, les transmissions doivent avoir plusieurs qualités. La sincérité, c'est des transmissions qui doivent être sincères. Elles doivent être factuelles, on évite au maximum les interprétations et elles reposent sur des observations rigoureuses de l'enfant. Troisièmement, on ne ment jamais. Ça c'est vraiment hyper important et il y a parfois des confusions sur ce principe. Moi j'insiste, on ne ment jamais. Les parents nous confient leurs enfants, on ne peut pas leur mentir, c'est interdit. Et enfin pour moi, c'est super important que les transmissions soient neutres ou positives, jamais négatives. Pour illustrer, je vais vous donner des contre-exemples. des choses que j'ai vécues en crèche. Quand les transmissions ne sont pas bonnes, ça va avoir des conséquences. En général, ça va nous remonter au siège. Alors, premier exemple, un enfant qui avait été griffé au visage, un petit enfant de 9 mois, et les professionnels ont considéré, un peu d'un commun accord, que c'était une petite griffure sans gravité et qu'elle allait disparaître au fil de la journée. Or, le soir, quelques heures plus tard, je dirais que c'était peut-être 5 heures après, quand les parents sont arrivés, c'était le drame. La griffure était énorme. rouge, l'enfant était limite défiguré. Donc dans ce cas-là, l'équipe a minimisé la situation et ça a généré beaucoup de tensions. Les parents étaient furieux. Autre illustration, un enfant qui tape dans la journée et tous les soirs, les parents entendent de la part du professionnel que l'enfant a tapé, mordu, que c'est pas bien, qu'il n'écoute pas. Donc là, on est dans une répétition qui montre que les professionnels n'ont pas réussi à gérer cette situation et à poser des limites à l'enfant. et qu'ils vont se décharger de ça sur les parents. Donc l'enfant se retrouve dans une situation de double punition, puisqu'il a déjà été repris toute la journée. Et le soir, lors des retrouvailles avec ses parents, il est humilié en public devant tous les autres enfants, tous les autres parents, tous les adultes, toutes les personnes présentes. Et là, moi, j'ai assisté à des scènes où l'enfant se fait gronder par le professionnel, par le parent. On a des promesses de punition, de double punition. C'est totalement stérile. Donc sur cette situation, il faut se rappeler que c'est à nous, professionnels de crèche, de poser les règles et limites quand l'enfant est à la crèche. Ne pas oublier qu'on traite de l'absence du parent à la crèche. Donc il ne peut pas agir à la maison pour poser les limites qui vont être effectives à la crèche. C'est une illusion. Un autre cas, c'est le cas où le professionnel dit « je ne sais pas, je n'étais pas là » . Alors là, souvent, ça va avoir lieu quand on parle des repas. « Ah, je ne sais pas trop ce qu'il a mangé, je n'étais pas là pendant son repas. » Mais malheureusement, c'est aussi le cas pour des choses plus importantes comme les incidents. Donc un enfant qui a eu un petit accident dans la journée ou parfois même un accident plus grave. Moi, ça m'est arrivé d'entendre ça dans des cas relativement importants. Et les parents, ils veulent savoir ce qui s'est passé forcément, puisqu'on est supposé garantir la sécurité de l'enfant à la crèche, donc le surveiller. Donc on doit pouvoir expliquer ce qui s'est passé. Et là, le parent n'a pas de réponse claire, parfois c'est flou ou alors on lui dit carrément « je ne sais pas » . Ça c'est pas possible, les transmissions doivent être précises, on doit savoir qu'est-ce qui s'est passé avec quel enfant à quelle heure toute la journée. Pour vous aider sur ce point-là, d'ailleurs, je vous renvoie sur la mini-série qui concerne la référence. C'est les épisodes 3, 4 et 5. Parce que l'application de la référence permet de savoir exactement ce qui s'est passé à quelle heure avec quelle personne, quel enfant et quel adulte tout au long de la journée. L'idée c'est quoi ? Comment on va aboutir à ces contenus de qualité pour les transmissions ? Il y a l'importance de l'outil, c'est-à-dire le relevé individuel sur lequel on va noter les informations de la journée. L'outil doit être construit, pensé, réfléchi et surtout présenté à l'équipe. Le deuxième point après l'outil c'est la formation. Le professionnel n'est pas formé à la base à faire des bonnes transmissions. On va devoir lui expliquer le cadre des transmissions, les principes directeurs et prendre un temps de présentation. pour lui montrer l'outil et qu'est-ce qu'on attend de lui pendant ses transmissions. C'est un temps de présentation qui peut être relativement court. Donc moi, je recommande un temps de parole pour chaque professionnel d'un quart d'heure par semaine avec le responsable de l'équipe. Par exemple, je vais dire que le jeudi à 13h, je vois Djenéba. Et donc à 13h, je vais lui dire je vous présente l'outil, on va le parcourir ensemble, on va parler de chaque point de l'outil et voir quelles sont ses difficultés, ses questions et y répondre. Ça, on peut le renouveler plusieurs semaines de suite. On peut aussi décider qu'à la journée pédagogique, on va parler pendant une heure, par exemple, de l'outil de transmission, des principes des transmissions, des attentes qu'on a vis-à-vis de l'équipe pour ces transmissions. Donc premier point, l'outil. Deuxième point, la formation, la présentation. Troisième point, le suivi, être présent. Il faut que le responsable de l'équipe soit impliqué, présent, qu'il ait vérifié que la personne est prête à écouter, à entendre les parents, à leur parler, à verbaliser, à effectuer de bonnes transmissions. Donc le responsable de l'équipe va assurer des temps d'écoute pour vérifier ce qui se passe concrètement, va montrer aussi comment on fait des transmissions, donc faire des transmissions devant le professionnel. Et très important, prévoir dans son organisation de relire les transmissions de l'équipe avant de quitter son poste tous les soirs. Donc dans mon planning, qui a été détaillé dans l'épisode 6 de ce podcast, le référent technique, s'il fait l'horaire de 8h30-16h30, va prendre connaissance des transmissions avant 16h30. Ça peut être en général vers 16h-16h15. et vérifie le détail des transmissions et les complètes si besoin. Enfin, ça nécessite du soutien. On porte son équipe. Les transmissions cristallisent plein de tensions et plein de problèmes et ça peut être très anxiogène pour une professionnelle de micro-crèche. Donc en cas de situation particulière, si on sent que ça va être compliqué, on reste, on assure, on soutient. On ne laisse pas notre équipe affronter la situation toute seule. Si je reprends le cas de la grosse griffure que j'ai évoquée tout à l'heure, je ne pars pas à 4h30 en sachant pertinemment que le parent arrive à 5h et club. Le professionnel va se retrouver complètement démuni devant ce parent. Pour conclure, je récapitule. Les transmissions, c'est un moment super important. Soyez sincère, honnête, transparent et pensez à l'utilité, au but des transmissions, à quoi elles servent. Elles doivent être utiles pour l'enfant. Accompagnez l'équipe si vous êtes le responsable. Et si vous faites partie de l'équipe et que vous avez besoin de soutien, il faut demander du soutien à votre responsable. C'est une réciprocité, c'est un échange. Le responsable soutient, mais l'équipe doit aussi être à même. d'exprimer ses difficultés. Ne minimisez pas l'importance des transmissions. C'est un moment crucial, c'est un élément primordial, déterminant dans la relation entre les parents, l'enfant et les professionnels. Et comme c'est un point super important, je vous annonce que je vais faire un troisième épisode dans cette mini-série pour parler plus en détail du contenu des transmissions. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. J'espère qu'il t'a plu et que tu en ressors inspiré. Si c'est le cas, abonne-toi pour ne rater aucun épisode. Parles-en autour de toi et surtout laisse-moi une note 5 étoiles et un avis sur Apple Podcast.