- Speaker #0
Aujourd'hui Charlotte, tu diriges Charlotte & Chocolat. C'était quoi ton quotidien avant de lancer ton projet de microcrèche ? Tu m'as dit je suis un tournant de ma vie.
- Speaker #1
Le côté commercial c'était un peu un gros mot pour moi au départ. Je pensais vraiment que ça allait être quelque chose de facile, qu'il y allait y avoir plein d'opportunités. En fait pas du tout. Sur les 17 ou 18 familles que j'ai, je pense qu'il y en a une qui a dû voir un flyer et les autres c'est les réseaux sociaux. Quand quelqu'un s'en va c'est un échec.
- Speaker #0
Tu vois même de t'en parler ça m'émeut encore.
- Speaker #1
Ça me parle ce que tu dis, je pense qu'il faut être à l'écoute, mais il faut qu'il y ait un cadre. Et c'est pour ça qu'il faut faire attention au remplissage pour pouvoir avoir les moyens de faire de la qualité. C'est quelque chose que l'on a travaillé et ce n'est pas au petit bonheur la chance. L'accompagnement, je ne vais pas le cacher, ça a été un gros budget, mais je ne regrette pas du tout et je pense que j'ai gagné 10 ans avec vous.
- Speaker #0
Bon, écoute, maintenant, je vais te poser des questions que tout le monde se pose. C'est quoi tes chiffres ? Avec ce beau chiffre d'affaires, est-ce que tu penses que tu vas pouvoir te payer ? J'ai rencontré Charlotte Nery en 2022 au club APM. L'APM, ça veut dire l'Association pour le Progrès du Management. Donc ça vous donne un peu l'idée, on était dans ce club de dirigeants toutes les deux. Moi je dirigeais mes micro-crèches et Charlotte, elle dirigeait un EHPAD, son EHPAD familial. Quand je lui parlais de mes crèches, je voyais bien qu'elle avait déjà à l'époque des étoiles dans les yeux. Mais elle s'est longtemps posé la question, est-ce que ça vaut le coup d'ouvrir des crèches ? Est-ce qu'on peut vraiment vivre, changer de vie et se reconvertir dans la petite enfance ? Deux ans plus tard, Charlotte m'a contactée sur LinkedIn. Elle était prête à prendre le risque. Et aujourd'hui, Charlotte est avec moi sur le podcast. Bonjour Charlotte.
- Speaker #1
Bonjour Amal.
- Speaker #0
Aujourd'hui Charlotte, tu diriges Charlotte & Chocolat, tes micro-crèches, et tu termines ta première année scolaire.
- Speaker #1
L'ouverture a eu lieu en octobre 2025, et on termine cette année d'ouverture de la bonne des manières. Exactement.
- Speaker #0
Bon, tu me diras à la fin de l'épisode si aujourd'hui c'était une décision gagnante ou une décision de la loose. On vient pas tout à l'heure. Tu vas aussi nous donner tes chiffres, tes indicateurs de succès, tes indicateurs d'échec, là où ça va, là où ça va pas. Mais déjà, pour commencer, est-ce que tu peux nous dire, c'était quoi ton quotidien avant de lancer ton projet de microcrèche ?
- Speaker #1
Mon quotidien en tant que directrice de maison de retraite, c'était le côté management avec une grosse équipe, puisqu'un EHPAD tournage 24, 7 sur 7. Donc une équipe de jour, de nuit, équipe contre équipe. mais aussi le côté famille.
- Speaker #0
L'idée de la micro-crèche, ça a été venu comment ? On a l'impression que c'est un peu dans la même sphère, que ça se ressemble.
- Speaker #1
Quand j'explique que j'ouvre une micro-crèche, on me dit « mais tu fais le grand écart » . Non, je ne fais pas le grand écart. La prise en charge, alors oui, c'est des enfants, des enfants de 0 à 3 ans. Et là, les résidents, on va dire que c'est de 75 à 100 et plus. Mais après, ça reste un lien avec des familles, alors des parents pour les enfants, mais des enfants pour leurs parents. Et aujourd'hui, après quasiment un an d'ouverture, je vois vraiment le lien et énormément de ressemblances sur mon quotidien.
- Speaker #0
Oui, alors tu avais une très solide expérience de direction d'établissement. Ça faisait combien de temps que tu étais directrice d'établissement ?
- Speaker #1
Ça va faire quasiment dix ans, donc ça faisait neuf ans quand j'ai ouvert.
- Speaker #0
Et comme tu disais, c'est plutôt des grosses équipes. Il y a beaucoup de résidents. Donc, en termes de taille par rapport à une micro-crèche ?
- Speaker #1
J'ai à peu près 80 salariés et 90 résidents. 80 salariés, on est à 65 ETP, donc équivalent temps plein, puisque j'ai quand même des personnes qui sont à mi-temps. Qui sont à temps par cent. Exactement.
- Speaker #0
Oui, mais c'est vrai que du coup, on pourrait se dire... Elle avait une expérience extrêmement solide de dirigeante dans l'accueil, dans le care et de management. Est-ce que ça te rassurait ou... Je mets un peu les pieds dans le plat, mais t'es quand même venue nous voir Aurélie et moi. Donc c'est que finalement, qu'est-ce qui te manquait pour te dire, c'est bon, j'ai déjà géré 80 personnes, c'est pas une petite micro-crèche qui va me faire peur.
- Speaker #1
Déjà, gérer une grosse entreprise et une petite, c'est complètement différent. Parce qu'une grosse entreprise, on a quand même des cadres dessous. alors même si c'est un management qui est, je suis proche des équipes, je connais toutes mes équipes, etc. Mais j'ai quand même, il y a quand même plusieurs strates et un encadrement qui est en direct avec leurs équipes. Et aussi, votre expertise au niveau de la petite enfance qui, moi, c'est absolument pas mon domaine. Alors, il y a énormément de ressemblances, comme je le disais.
- Speaker #0
Tu le savais peut-être pas. Tu te demandais si c'était un mandat à part ?
- Speaker #1
Oui, je pensais complètement que c'était un monde à part. Et j'ai vu au fur et à mesure qu'il y avait énormément de ressemblances, mais plus sur le côté humain, sur le côté valeur, sur le côté après. Le purement petite enfance, c'est vraiment le domaine de la petite enfance, l'expertise, la spécialisation. J'ai eu besoin de vous et je vais spoiler un peu, mais heureusement que vous étiez là.
- Speaker #0
Tu spoiles un peu la fin de l'épisode, le mystère. Ok, donc finalement, tu confirmes que ce n'est pas la même chose. Il y a des points communs, mais tu avais besoin de cette expertise métier finalement.
- Speaker #1
Complètement. L'expertise métier, j'en avais besoin. Après le côté management, je vois que pour le coup, j'ai l'habitude et j'arrive à accompagner mes équipes justement en micro-crèche avec l'expérience que je peux avoir dans les grandes équipes, avec une grosse équipe. Mais je continue à me former sur la petite enfance. ou des podcasts, je lis des livres, je... pour pouvoir quand même me spécialiser et devenir, on va dire, alors je ne peux pas dire experte, mais... Une personne ressource. Exactement.
- Speaker #0
Tu vois l'intérêt d'être une personne ressource pour ton équipe.
- Speaker #1
Totalement.
- Speaker #0
Oui, ça, je veux bien te croire, parce qu'on a quand même ce point en commun de cette volonté-là. Et un autre point en commun, je pense, c'est que ce qui t'a donné le déclic, c'est d'avoir ta première fille.
- Speaker #1
Exactement. Je t'ai contactée fin 2024.
- Speaker #0
Tu m'as dit je suis un tournant de ma vie.
- Speaker #1
Exactement et ma fille est née mars 2024 donc les priorités changent et je ne pensais pas avoir cette fibre-là et c'est vrai que la maternité, la recherche de moyens de garde m'a fait avoir un peu un déclic et j'ai voulu créer quelque chose. qui me ressemblent, qui a les mêmes valeurs et où je pourrais dire je laisse mes enfants les yeux fermés.
- Speaker #0
Donc le déclic pour toi c'était le fait d'être maman et de te dire j'ai envie d'offrir quelque chose aux mamans comme moi. Quelque chose qui m'aurait plu à moi en tant que maman, qui m'aurait rassurée. Parce que ta fille, comment ça s'est passé ? Comment t'as fait pour ton moyen de garde ?
- Speaker #1
J'ai visité des crèches, des micro-crèches et je n'avais pas ouvert un donc de toute façon quand ma fille est née Mais j'ai quand même questionné sur énormément de points. Je suis allée visiter sur place et il y avait quand même certaines choses où j'étais vraiment à cheval et où j'avais vraiment besoin et où j'avais vraiment envie. Aujourd'hui, elle est gardée dans une crèche qui me correspond, où les valeurs sont celles que je souhaite.
- Speaker #0
Donc, tu en es contente ?
- Speaker #1
Oui, j'en suis ravie.
- Speaker #0
Ok. Donc, ce n'était pas non plus qu'il manquait quelque chose sur le secteur, mais c'est que ça te plaisait, quoi, de faire ça ?
- Speaker #1
Oui, complètement. Oui, oui. Après, il y a des moyens de garde qui sont très bien. Et le fait d'avoir ma fille en crèche m'a permis aussi de me rendre compte de certaines choses. Sur la micro-crèche que je crée, ça, c'est vraiment super. Et puis après, il y a d'autres choses à améliorer en fonction de... en fonction de mes envies, en fonction des possibilités, en fonction des budgets, en fonction de plein de choses. Ça me permet d'avoir un comparatif et de pouvoir améliorer, mais aussi garder les choses qui sont bien, qui sont super.
- Speaker #0
De toute façon, moi, mes filles, elles sont allées dans une autre crèche aussi. On ne peut pas non plus accueillir. Moi, je trouve qu'accueillir ses propres enfants dans ses crèches, c'est quand même un peu compliqué.
- Speaker #1
Je ne veux pas.
- Speaker #0
Il faut un petit peu, toi, tu es comme moi, séparer le personnel du professionnel. Quand tu as commencé le projet, comment t'imaginais que ça allait être d'ouvrir une micro-crèche ? C'était quoi ton... fantasme, ton rêve ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si j'avais vraiment un rêve. C'était d'avoir quelque chose qui tournait, où les enfants étaient pris en charge du mieux possible où également les équipes se sentent bien. Parce que ça, pour moi, c'est vraiment quelque chose d'important et qui me tient à cœur. Parce que je pars du principe que si les équipes vont bien, les enfants vont bien. Pareil pour en maison d'entraide, je dis tout le temps à l'EHPAD, si vous allez bien, les résidents vont bien. Et inversement, ça, ça se ressent. C'était vraiment un point qui me tenait à cœur, la qualité de vie au travail, le management. Pour moi, c'est quelque chose qu'au quotidien, je fais. Une entreprise, pour moi, c'est une suite de déséquilibre. Il faut toujours arriver à garder le bon équilibre. C'est vrai. Et donc, profiter des moments où ça va, en sachant très bien qu'il faut garder ces moments qui vont bien.
- Speaker #0
Comme ressources pour quand ça ne va pas.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ben justement tu parles de qualité de vie au travail, bon je pense qu'on est nombreux à justement avoir cette qualité de vie au travail à cœur, moi c'était pareil un de mes leitmotivs quand j'ai commencé, je disais je veux que mes équipes aillent bien, je veux que ça se transmette en fait, que les équipes aillent bien pour bien s'occuper des enfants et ainsi de suite. du coup souvent c'est un peu dévoyé on en avait parlé je pense toi et moi c'est à dire qu'on veut tellement qu'elles aillent bien qu'en fait parfois on oublie que elles sont venues pour s'occuper des enfants et donc on commence à... Essayer de faire de la qualité de vie au travail, mais peut-être pas avec les bons outils. Ça veut dire quoi pour toi aujourd'hui la qualité de vie au travail dans tes crèches ou même dans ton EHPAD ? Comment tu travailles ce sujet en fait ? C'est quoi pour toi les leviers ?
- Speaker #1
Ça me parle ce que tu dis. Je pense qu'il faut être à l'écoute, mais il faut qu'il y ait un cadre. Et d'ailleurs, vous m'avez énormément aidée là-dessus avec, par exemple, les plannings, quand je discute avec des... gestionnaire de micro-crèche qui galère, qui passe un temps fou sur les plannings, d'avoir un planning précis et ça permet aux équipes de savoir où elles vont, de savoir ce qu'elles font et pas d'être perdu au quotidien et de devoir aménager au fur et à mesure. Et encore, il y a quelques temps, il y a trois semaines ou une qui m'a dit, il faut que je prenne mon vendredi parce que j'ai un concert. Et bon, voilà, après l'avoir reçu, la directrice l'a reçu. Et moi en back office, après avoir discuté avec la directrice, en lui disant, voilà, attention. Attention parce que c'est au détriment des enfants, c'est au détriment de l'équipe. Alors, il peut y avoir des assurances, etc. Mais adapter en permanence le planning aux équipes, ce n'est juste pas possible. Mais ça ne veut pas dire qu'on est sur une dictature de non, il n'y a rien de possible. Mais tout se discute en équipe, il y a un cadre. Et après, derrière, il faut que les évolutions et les changements soient justifiés, soient discutés et soient faisables, tout en gardant au cœur la prise en charge de l'enfant.
- Speaker #0
Donc en fait, tu donnes l'étoile du Nord, le sens au travail, c'est l'enfant. Donc les aménagements doivent être vus à la lumière de l'intérêt de l'enfant et du projet pédagogique. C'est ce que j'appelle souvent la cascade éducative. Donc c'est pour dire, voilà, on a cet objectif pour l'enfant. Et ensuite, si on doit faire des changements, des aménagements, etc., on vérifie que ça ne va pas être, comme tu dis, au détriment de l'enfant. J'ai bien compris ?
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Donc pour toi, si je dois traduire, le cadre est quand même un fort atout pour la qualité de vie au travail.
- Speaker #1
Complètement. Et puis après, la qualité de vie au travail passe par l'écoute, par la formation. Ça aussi, c'est quelque chose que je mets vraiment en valeur et je mets un point où c'est très important. Je pense que les équipes, il faut qu'elles soient formées pour pouvoir monter en compétence, pour pouvoir garder cette envie qu'elles ont, cette... des projets, etc. On commence les formations la semaine prochaine et elles vont avoir quatre formations sur l'année. Et ça, je n'hésite pas sur ça, parce que je trouve que c'est très important.
- Speaker #0
Oui, et puis il ne faut pas oublier aussi que tu les formes en fait en interne. On a beaucoup travaillé là-dessus sur le dispositif de travail, avec les réunions, avec le suivi des équipes, etc. D'ailleurs, tu peux peut-être me dire comment se compose ton équipe aujourd'hui ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, la directrice, elle était infirmière. Après j'ai deux auxiliaires puerres et une animatrice petite enfance.
- Speaker #0
C'est une belle équipe, on a quand même trois diplômés. Et l'animatrice elle a aussi un diplôme de CAP ?
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Donc tu as quatre diplômes, c'est vrai qu'on dit souvent qu'elles sont, on dit les non-diplômées, mais en fait elles ont un diplôme, les pauvres c'est pas sympa. Donc tu as quatre vraies professionnelles de la petite enfance, à temps plein j'imagine ?
- Speaker #1
Oui, quatre temps pleins. alors pour Être sincère, je me suis vraiment basée, et puis d'ailleurs, le planning est le même que celui que l'on a travaillé ensemble. Alors avec une demi-heure de décalage, parce que nous, on est dans le sud et qu'on commence plus tôt, mais on finit un peu plus tôt. Mais voilà, après, c'est vraiment...
- Speaker #0
C'est le même modèle, oui.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
OK, donc toi, tu es sur un taux d'encadrement de 1 pour 5, 1 pour 8.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Tu t'accueilles jusqu'à 13 enfants par jour, tu es déjà montée à 14.
- Speaker #1
Je monte parfois à 14 parce que j'ai la chance de ne pas avoir de gros contrats. Les enfants n'arrivent pas très tôt et pas très tard. D'accord. Donc,
- Speaker #0
ils ont un bon confort de vie.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Et puis, vous avez une très belle crèche avec un très beau jardin. Vous avez fait pas mal de projets à l'extérieur. Ça s'est réalisé, ça ?
- Speaker #1
Ça a pris un peu de temps parce que j'ai eu deux départs de pro, ce qui a été très compliqué pour moi. Mais bon, après, je crois que c'est un peu la vie des crèches. Des crèches et surtout des micro-crèches qui commencent. J'ai deux pros qui sont là depuis le départ et puis j'en ai deux qui ont changé. Là, je pense qu'on est sur une stabilité depuis quelques mois et donc on a eu quelques mois de battement pour reprendre les projets, mais on a fait une journée plantation où ils ont fait un petit potager. On est en train de petit à petit...
- Speaker #0
D'investir vraiment l'extérieur.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Ouais, en plus, vous faites des super belles images sur Instagram et sur Facebook. Donc, on peut suivre ça sur le compte de Charlotte et Chocolat. Quand tu dis que ça a été très dur pour toi de perdre tes pros, moi, ça me parle. Mais est-ce que tu peux peut-être en dire un peu plus ? Pour toi, c'est quoi qui a été dur ?
- Speaker #1
De faire confiance, de créer du lien. C'est toujours un échec, moi, pour quelqu'un qui s'en va. Quand quelqu'un s'en va, c'est un échec. Je me dis, qu'est-ce que j'ai fait ? Qu'est-ce que j'aurais pu faire de mieux ? Est-ce que c'est un problème avec l'équipe ? Est-ce que c'est un problème avec les enfants ? Est-ce que c'est un problème avec la structure ? Je me pose 50 000 questions quand il y a un départ.
- Speaker #0
Ce qui est plutôt sain en fait.
- Speaker #1
Oui, mais c'est toujours inquiétant de se dire pourquoi, pourquoi elle s'en va. Et puis l'image avec les familles, j'ai toujours peur que les familles pensent qu'il y a un problème de stabilité. Je me suis rendu compte que quand on était transparent avec les familles, en expliquant que la personne partait, qu'elle avait d'autres projets, que je la remerciais, qu'il y avait quelqu'un qui arrivait derrière. J'ai eu aucun commentaire, donc ça, ça m'a rassurée.
- Speaker #0
On avait pas mal travaillé là-dessus aussi, avec un process de... Quand les gens partent, j'appelle ça le process d'offboarding. Justement, comment on annonce le départ. Et je pense que la communication avec les familles, elle, est très importante. Avec l'équipe aussi. Quand il se passe quelque chose, expliquer ce qui s'est passé, pourquoi ça s'est passé, comment ça s'est passé. Mais... Je dis souvent aux dirigeants avec qui on travaille, on ne dit pas tout ce qui nous passe par la tête. On prépare en fait ce qu'on veut dire, c'est quoi notre message. Parce que sinon, on se laisse prendre en fait par l'échange et on peut se retrouver dans des situations un peu inconfortables de communication. Mais quand on prépare bien les échanges, et puis toi tu as une grande habitude en fait des transmissions, parce que ça fait quand même plus de dix ans que tu fais ça, donc on sait aussi comment encadrer le message qu'on délivre, je pense.
- Speaker #1
Complètement, complètement. Et voilà, un mail qui était préparé. Des fois, des questions au quotidien, mais on est là pour y répondre, que ce soit la directrice, que ce soit moi, si besoin. Et à partir du moment où c'est justifié, qu'il n'y a pas de problème, je l'annonce aux équipes. Et puis après, la pro en parle un petit peu, parce que parfois, les familles... Et comme il n'y a pas eu de départ du tout, de mauvais départ... Oui, de départ violent brutale.
- Speaker #0
Mais je pense que comme, dans ce que tu dis, ce que j'entends moi derrière, parce que je l'ai vécu, c'est la difficulté, la douleur entre guillemets qu'on ressent quand on est employeur ou manager. C'est le départ, c'est une séparation. On s'investit beaucoup avec l'autre, on crée du lien, comme tu dis. Il y a un attachement et chaque départ, c'est une séparation, donc il faut l'encaisser. Et dans des secteurs comme le nôtre, où il y en a quand même assez fréquemment. Mais malheureusement, c'est quand même... Voilà, moi, c'est vrai qu'au bout de 17 ans de gestion de crèche, j'ai dit à Ninon, qui était notre coordinatrice, quand elle m'a dit « Mais pourquoi vous partez ? » J'ai dit « Je sais qu'un jour, vous allez partir vous aussi. » Je ne peux plus, quoi. C'est trop difficile. Donc, tu vois, même de t'en parler, ça m'émeut encore.
- Speaker #1
Je comprends. Je comprends parce que c'est... Malgré tout, c'est un lien important que l'on a. On crée du lien, on crée de la confiance. On essaie de... Donc, on les voit quand même souvent. On essaie qu'elles soient bien. Et quand elles s'en vont, même si c'est pour mieux ou différent, parce que d'autres projets, c'est toujours un peu un échec. Mais après, ça permet aussi d'avoir... Je dis toujours, on ne retient pas une personne qui veut partir. Et si elle a d'autres projets... Oui,
- Speaker #0
de toute façon. Et puis, comme tu dis, quand tu retiens, ça te fait encore plus de mal. Donc, la vraie solution, c'est de lâcher. Et ça, c'est ce qu'on dit souvent aussi à nos dirigeants avec Aurélie. Il faut lâcher en fait, il faut accepter que les gens vont partir parce que plus on essaie de les retenir, plus c'est douloureux, plus c'est difficile.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Quand tu t'es dit, allez vas-y, je vais lancer ce projet, qu'est-ce que tu pensais qui allait être facile et sur quoi tu t'es trompée ? Qu'est-ce que tu aurais dit, ouais ça c'est bon, c'est les doigts dans le nez et finalement, maintenant avec le recul, tu te dis waouh.
- Speaker #1
La base, la recherche des locaux. Je pensais vraiment que ça allait être quelque chose de facile, qu'il y allait avoir plein d'opportunités. Pas du tout. Oui, parce que là,
- Speaker #0
tu es encore en projet. Oui,
- Speaker #1
je suis encore en projet. La recherche des locaux est encore plus depuis le décret de 2025 où il faut l'accord de la commune, parce qu'il y a certaines communes qui ne souhaitent pas, même si le local est parfait, malheureusement, la commune n'accepte pas l'implantation.
- Speaker #0
Je sais que tu m'as dit que c'est devenu encore plus difficile, les mairies. En fait, maintenant, on doit faire de la politique, alors que si j'avais ouvert il y a deux ans, je n'aurais pas eu ce problème-là. Complètement. Tu veux ouvrir combien de crèches ? Si tu devais avoir une taille idéale, ce serait quoi pour toi ?
- Speaker #1
Je ne sais pas. Je veux rester à taille humaine. Je ne veux pas devenir un énorme groupe.
- Speaker #0
Tu peux en avoir 25, mais pas non plus deux. Voilà,
- Speaker #1
exactement. Je ne veux pas en ouvrir cinq par an. Je veux arriver à faire les choses correctement. Une tous les deux ans. Et puis après, je n'ai pas de chiffres exacts à dire. Mais pour toi,
- Speaker #0
ce serait quoi l'objectif de grossir ? C'est de pouvoir recruter plus de personnel ? Oui,
- Speaker #1
avoir une coordinatrice, avoir à monter une équipe. J'aime travailler en équipe. J'aime travailler avec des personnes ressources, des personnes qui sont expertes dans certains domaines. Et après, moi, coordonner, ça me plaît.
- Speaker #0
Je comprends. Moi, j'ai ouvert 10 micro-crèches. Et quand on me demande pourquoi, ce n'est pas parce qu'on veut absolument développer son entreprise, avoir plus d'argent. Non, si on veut avoir des moyens, c'est parce qu'on veut pouvoir mettre des moyens dans nos crèches, avoir des étages hiérarchiques, des personnes ressources, des personnes qui interviennent auprès de l'équipe, du matériel de qualité. Tout ce que tu peux faire quand tu as plus de crèches, je peux avoir une... professionnelle volante, enfin voilà, tous ces trucs-là. Si tu veux vraiment être confortable, à partir de 5, c'est pas mal, à partir de 5 micros, mais c'est vrai que pour avoir en plus une coordinatrice, je pense qu'il faut un petit peu plus, surtout maintenant avec l'inflation qui est quand même assez dure. Alors tu disais, en termes de projet, de développement et tout, c'est la recherche de locaux. En termes de gestion ? de la microcrèche au quotidien ? Est-ce qu'il y a quelque chose que tu n'imaginais pas être aussi dur ?
- Speaker #1
J'ai pris un peu une claque entre guillemets avec les départs. Je ne pensais pas qu'il y avait autant de départs et de turnover. Alors même si on fait tout pour qu'il y ait... qui n'en est pas et je continuerai dans ce sens-là. Mais il faut aussi que j'accepte que certaines pros ont envie d'aller voir ailleurs, apprendre, faire autre chose. Donc ça, ça a été un peu difficile au départ. Et puis aussi, et ça, vous m'avez énormément aidée sur le remplissage. Ça ne se fait pas seul. Oui,
- Speaker #0
je m'en souviens. C'est vrai qu'au début, comme d'autres dirigeants qu'on a pu voir, c'est assez constant. C'est que tu te dis, ça va se remplir, tu as des demandes, en plus tu avais de l'intérêt, les gens s'intéressaient. Et du coup, tu te disais, ils vont s'inscrire.
- Speaker #1
Exactement. Et en fait, non, il y a de la concurrence. Il faut sortir du lot, il faut se différencier, il faut expliquer, il faut vendre son projet. Le côté commercial, c'était un peu un gros mot pour moi au départ. Et puis finalement, non, c'est simplement, on met tout en œuvre pour que ça se passe bien. On met les moyens pour avoir une super prise en charge et un super accueil. Il faut juste simplement expliquer et vendre. Et ça, au départ, j'avais du mal. Et aujourd'hui, ça se passe très bien. C'est acquis. J'apprends au fur et à mesure. Et des fois, je rajoute un truc. Ah, j'aurais dû dire ça. Mais oui, le discours est rodé. Je me rappelle, les premières familles, je m'étais fait des petites fiches. Faut pas que t'oublies ça, faut pas que t'oublies ça. Et Aurélie m'avait énormément aidée. Et là, maintenant, quand le téléphone sonne, je réponds et je dis pas, je vous rappelle, parce que j'ai pas ma fiche à côté.
- Speaker #0
Je vous rappelle, tu relis ta fiche et tu rappelles.
- Speaker #1
Exactement, exactement.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai qu'il y a des scripts, mais oui, pour toi, ça a été une claque, en fait, c'est ça que tu dis ? Enfin, comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Les gens nous disent tellement, ah, mais tu ouvres une microcrèche, mais c'est facile, tu vas avoir énormément de demandes. Oui, attention, voilà, il y a une baisse de natalité, il y a de plus en plus de structures, il y a de plus en plus d'offres, donc il fallait rappeler les familles. C'était compliqué aussi parce que la microcrèche n'était pas finie de construire, parce que ça a été une grosse rénovation. Donc, de vendre quelque chose qui n'était pas prêt, j'avais pas de photo au départ, j'avais pas... Il fallait simplement, par mon discours, arriver à vendre un projet. Là, aujourd'hui, l'équipe est en place, j'ai des réseaux sociaux, j'ai des photos, j'ai le bouche à oreille. Donc, voilà.
- Speaker #0
Tu fonctionnes à ce niveau-là, tu sens que ça se régénère, qu'il y a un cercle vertueux.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc, c'est vraiment la mise en place d'un système. Ce qu'on dit souvent, c'est que... en micro-crèche, si vous avez le bon système, ça va se réalimenter, c'est une cascade, ça va ruisseler. Et donc ça, tu as l'impression d'avoir réussi à mettre en place un système.
- Speaker #1
Oui, et puis là, j'ai une maman qui est enceinte du deuxième et qui m'a dit, l'année prochaine, est-ce qu'un peu grand part ? Bon, j'ai dit, ça va, j'ai tout gagné. Tu dis,
- Speaker #0
j'ai déjà des inscriptions pour dans plus d'un an.
- Speaker #1
Exactement, ça, et puis de me dire si elle est contente pour le premier et qu'elle met le deuxième, enfin, si elle me met le deuxième, c'est qu'elle est contente pour le premier. Donc ça, je me dis que c'est quand même... Ça me fait plaisir.
- Speaker #0
Tu sais, il y a un truc, justement. Moi, je me souviens, au début, tu disais, c'est bon, ça va se remplir, j'ai plein de demandes. Puis à un moment, tu nous as dit...
- Speaker #1
Complètement. J'étais super inquiète. Et là, aujourd'hui, je refusais d'aussi. Je suis pleine jusqu'en septembre 2027. Et aujourd'hui, alors que je me rappelle, il y a un an, au mois de juin, je devais avoir peut-être quatre contrats. Ça a été très dur. Oui,
- Speaker #0
parce qu'à ce moment-là, on a dû aussi un peu te...
- Speaker #1
te mettre en garde parce que tu du coup tu commences est inscrit un peu n'importe comment tu te souviens que c'était tout voilà vous voulez que oui pas de problème oui oui et puis finalement dit que le jeu pas de problème et sauf que là non aujourd'hui aujourd'hui je n'ai aucun jour qui ou il manque il ya deux trois places de livres non non je vois là c'est important parce que alors Alors non pas pour faire de l'argent. mais simplement pour que ça tourne, parce que les charges sont les mêmes tous les jours. Les charges sont énormes. Complètement, les charges sont énormes, l'augmentation du SMIC, donc il faut simplement que ça tourne.
- Speaker #0
Et c'est important ce que tu dis, d'autant plus que tu es dans une petite ville. C'est quoi la taille de ta ville ? Il y a combien d'habitants ?
- Speaker #1
Je crois qu'on est à 7 ou 8 000 habitants.
- Speaker #0
Il y a cette idée reçue aussi, oui, mais vous ne pouvez pas comprendre. Vous, vous êtes à Paris, vous êtes dans une grande ville, mais nous, en province ou dans la campagne, ce n'est pas pareil.
- Speaker #1
Non, non, c'est pareil dans les petites villes. On adapte certaines choses, mais après, c'est quand même similaire.
- Speaker #0
Oui, en fait, comme tu dis, il faut aller les chercher un peu avec les dents, les clients.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Je dis clients, mais ça ne se fait pas trop dans la petite ville.
- Speaker #1
Il faut vendre son projet. Il y a de la concurrence entre les assistantes maternelles. Enfin, la concurrence, non, pas forcément. Mais par contre, il y a une grosse offre. Et il faut... Il faut aller chercher les parents avec les dents. Exactement.
- Speaker #0
Donc toi, tu as mis pas mal de choses en place. Alors d'ailleurs, je me souviens que ça a été aussi un cap important parce que sur tes investissements, je pense que ça va avec ce qu'on vient de décrire sur le remplissage, tu n'avais pas mesuré l'importance d'investir aussi sur ton image de marque ?
- Speaker #1
Non, pas du tout. Au départ, je pensais que ça se remplirait seul. Et en fait, après les discussions avec vous sur le logo, sur la communication, et j'ai mis les moyens. notamment sur le logo sur les plaquettes et aussi sur la communication pour me faire connaître et d'ailleurs j'ai gardé ça avec une boîte une fois que j'ai eu mon logo mon nom, ça a été aussi une grosse étape ça a été aussi une grosse étape sur ça et c'est important après une boîte de com qui m'a accompagnée sur toute l'ouverture et sur des photos des vidéos, des présentations énormément aidé.
- Speaker #0
Ouais, justement, toi, t'es sortie des sentiers battus, t'as fait des événements aussi en physique à la crèche pour recevoir du monde, t'as fait des vidéos avec une influenceuse sur Instagram. Alors, je parlais du tout début où sur ta direction artistique, tu t'es pas rendu compte. Donc, au début, t'as minimisé un peu. Donc, tu t'es retrouvée avec un logo qui te plaisait pas et tout. Puis finalement, t'as pris quelqu'un de plus spécialisé. Aujourd'hui, t'as une très belle image de marque. Et en plus, c'est vrai qu'on te voit sur les réseaux, c'est magnifique. Et ça marche. Donc ça, c'est important aussi pour les auditeurs. Ton conseil, ce serait quoi à ce niveau-là si on doit investir sur quelque chose pour ceux qui nous écoutent et qui galèrent et qui voient leur chiffre d'affaires baisser et qui se disent non, mais je suis à la campagne, c'est pour ça que ce n'est pas rempli ?
- Speaker #1
Non, je pense réellement que l'image de marque et la communication, c'est très important. Alors pour ceux qui n'ont pas de logo ou qui ont un logo fait par ChatGPT, je pense que c'est quand même important d'avoir un logo qui nous ressemble, qui fait transparaître les valeurs. que l'on a, que l'on souhaite donner. Et après la communication, moi je suis dans un petit village et j'ai énormément de parents qui me disent « je vous ai vu sur les réseaux sociaux » . Et sincèrement, j'ai mis des flyers, je pense que sur les 17 ou 18 familles que j'ai, parce que j'ai des temps partiels, je pense qu'il y en a une qui a dû voir un flyer et les autres c'est les réseaux sociaux, Facebook, Instagram. Vraiment, j'ai vraiment vu complètement.
- Speaker #0
En tout cas, c'est vrai qu'on te cite souvent, on dit souvent à nos dirigeants de crèche, allez voir le profil de Charlotte, Charlotte et Chocolat, et ils trouvent ça vraiment très très chouette ce que tu fais, donc bravo. Nous aussi, dans notre club d'entrepreneurs, dans notre club de dirigeants de micro-crèches, ça fait partie des sujets qu'on va aborder cette année, c'est vraiment comment se différencier, comment communiquer. pour se différencier, pour communiquer ses valeurs. Comme tu dis, on véhicule notre projet éducatif. Pourquoi les gens vont venir s'inscrire chez toi et pas chez le voisin ? C'est important, il ne faut pas croire que les parents sont dupes et que pour eux, on est une sorte de dépôt de... On dépose des enfants à la garderie. Non, ils veulent savoir ce que tu as dans le ventre et donc...
- Speaker #1
Et ce qu'il y a derrière.
- Speaker #0
Et ce qu'il y a derrière, voilà. Ça, ça a été très important. Il y a trop de sites Internet où c'est les mêmes mots, un peu le même « baratin » , sans critiquer, parce que je sais que souvent, c'est pas de la mauvaise volonté de la part des dirigeants. Mais quand il y a écrit « autonomie, bienveillance à toutes les sauces » , en fait, ça suffit pas.
- Speaker #1
Non, non, complètement. Et je sais que j'ai vu un bond sur les réseaux sociaux et sur les personnes et sur les demandes quand j'ai montré ma tête. Parce qu'au départ, sans boîte de com', je prenais des photos sur Internet. C'était impersonnel. Complètement. Et quand je me suis présentée par une vidéo, deux vidéos, des photos, les gens se sont dit, j'ai d'ailleurs deux familles qui me connaissaient et qui ont dit, mon Dieu, mais c'est toi qui ouvres. Du coup, est-ce que je peux inscrire mon enfant ? Après, je n'y suis pas moi tous les jours sur la structure, même si je suis de très près. Et j'y passe quand même toutes les semaines, plusieurs fois par semaine. Mais voilà, on présente l'équipe, on se dit, si c'est Charlotte, en l'occurrence moi, mais... Oui, mais c'est incarné,
- Speaker #0
quoi.
- Speaker #1
Complètement. C'est cette personne qui est derrière, ça veut dire que les valeurs, ok, bon, et ça, c'est hyper important. Oui,
- Speaker #0
bien sûr. Et puis, il y en a qui vont dire, oui, mais elle n'en a qu'une pour l'instant, etc. Mais moi, c'était pareil, même avec mes 10 micros, tous les parents me connaissaient. Les pros aussi et les enfants également. Et ça ne veut pas dire qu'on est obligé de travailler 80 heures par semaine non plus, mais ça veut simplement dire, comme tu dis, on incarne, on est présent et on véhicule nos valeurs. Donc maintenant, si on fait le point pour clôturer sur cette question-là, est-ce que ça fait partie de tes plus gros investissements ? Si tu devais me dire les trois plus gros investissements les plus importants qu'aujourd'hui tu referais pour un projet de microcrèche ? pour ton prochain projet. pour... les dirigeants qui ont des micro-crèches, pour toi, c'est quoi ?
- Speaker #1
Ça a été l'accompagnement. Je ne vais pas le cacher, ça a été un gros budget, mais je ne regrette pas du tout. Et je pense que j'ai gagné 10 ans avec vous. La communication, c'est aussi... La communication et le design avec le logo, c'est aussi un gros budget, mais c'est pareil. Ça, mon logo, il y est. Alors, je le modifierai peut-être dans quelques années, peut-être. Mais là, aujourd'hui, je sais que j'ai investi sur l'avenir. Et après, pour tout ce qui est... Je dirais quatre, alors le côté aménagement, mobilier, où aujourd'hui je privilégie le professionnel. Je prends quelque chose, je sais que... De durable. De durable. Et après, investir, prendre le temps sur le recrutement des professionnels, sur... C'est... Voilà, ça c'est important.
- Speaker #0
C'était plus gros le vieux de réussite.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Bon, bah écoute, maintenant je vais te poser des questions que tout le monde se pose. C'est quoi tes chiffres ? Est-ce que t'as réussi ? à atteindre les objectifs que tu t'étais fixés ? Si tu devais, par exemple, donner aux auditeurs ton objectif que tu avais fait de chiffre d'affaires pour ton année 1 et 2 ?
- Speaker #1
J'ai ouvert en octobre avec 7 enfants. Et petit à petit, les contrats sont arrivés. Et depuis le mois de mars, je suis au complet. Pour l'année 1, on est à 240 000 euros de chiffre d'affaires.
- Speaker #0
C'est honorable pour une année d'ouverture.
- Speaker #1
Oui, je suis vraiment contente.
- Speaker #0
En plus, tu as ouvert en octobre. donc T'es sur une année où il manque le mois de septembre, donc c'est vraiment très honorable.
- Speaker #1
Et après, pour l'année complète 2027, qui va... Enfin non, on va dire de septembre 2026 à septembre 2027, je vais être à 280 000 euros de chiffre d'affaires. Donc voilà, je suis vraiment contente, mais ça c'est du travail. C'est une planification, c'est un peu jouer à Tetris et pas tout accepter et se dire le... le... Lundi, mardi, jeudi, vendredi, j'ai plein de dossiers. Mercredi, j'en ai que quatre. Non, c'est vraiment de la...
- Speaker #0
Tu te tiens à tes décisions.
- Speaker #1
Totalement.
- Speaker #0
Tu gardes le cap, tu ne te laisses pas faiblir en disant « Oh là là, mais il faut que j'accepte. »
- Speaker #1
Pas du tout. Je fais vraiment attention et je n'accepte pas tout et n'importe quoi, malheureusement, comme contrat, en disant « Je suis désolée, mais deux jours par semaine, là, ça ne va pas être possible. » Ou alors « Si, mais que le lundi et le jeudi, parce que ça complète notre deux jours ou notre trois jours. » Ça, c'est vraiment du quotidien. Mon fichier Excel que vous m'avez donné est ouvert en permanence sur mon ordinateur. C'est bien ça,
- Speaker #0
Charlotte, bravo.
- Speaker #1
Et je m'en sers tout le temps.
- Speaker #0
Ton budget prévisionnel, tu le remplis ? Le budget prévisionnel,
- Speaker #1
c'est les deux fichiers qui sont en permanence ouverts.
- Speaker #0
Suivez des inscriptions budget provisionnel.
- Speaker #1
Exactement. Avec le logiciel métier, je ne vais pas faire de pub, mais en tout cas qui est super aussi et qui m'a beaucoup aidée. Tu as le droit de dire. C'est Nico que tu as toi. C'est Nico. J'ai Nico et qui m'a énormément aidée au quotidien aussi.
- Speaker #0
Et je ne sais plus si tu as Léa aussi.
- Speaker #1
Et j'ai Léa aussi.
- Speaker #0
Et tu as Léa aussi. Donc c'est le duo gagnant.
- Speaker #1
Oui, en tout cas, je pense que quand on ouvre une microcrèche, en tout cas, moi, je pars de ce principe-là. Je pense qu'il faut mettre les moyens. pour que les équipes soient bien et pour éviter des mauvaises habitudes. Si la directrice m'écoute, Léa, je l'ai prise il y a deux mois. Et là, Charlotte, mais elles veulent rester à haut papier. Stop, on enlève le papier. Et j'ai dit, mon Dieu, elles ont déjà des mauvaises habitudes, entre guillemets, pas des mauvaises. Nous,
- Speaker #0
on était au papier, on ne dit pas que c'est des mauvaises habitudes.
- Speaker #1
Non, elles ont du mal à changer. La conduite du changement est difficile alors qu'on a six mois d'ouverture. Je me dis, mon Dieu, des années. C'est dur, oui.
- Speaker #0
Ça, c'est vrai, tu as raison. Les dirigeants qui ont déjà travaillé pendant 2, 3, 10 ans et qui se disent, bon, allez, on va reprendre. C'est pour ça qu'ouvrir avec déjà les bons process, c'est quand même vachement mieux. Mais bon, tout le monde ne peut pas. Et il y a beaucoup de gens maintenant qui veulent se remettre au goût du jour. En tout cas, c'est vrai que des logiciels comme ça, ça permet de gagner du temps. Aujourd'hui, ce qu'on recherche, c'est le temps auprès des enfants parce qu'il est de plus en plus rare, surtout avec les superbes réformes où on nous demande maintenant de... mettre les directrices encore plus sur du temps de direction, alors que c'est des toutes petites équipes et des toutes petites crèches. Mais du coup, ce qui est précieux et rare, c'est le temps d'encadrement auprès de l'enfant. Donc si on peut enlever ne serait-ce qu'une demi-heure par jour de paperasse pour libérer le pro, c'est quand même vachement bien. D'autant plus que le pro, en fait, il n'est pas venu en crèche dans le secteur de la petite enfance pour faire des papiers. En fait, lui, ça ne l'intéresse pas.
- Speaker #1
Complètement. Et c'est vrai que ça, ça a été... deux outils qui m'ont énormément aidée et qui pour moi voilà c'est des investissements sur l'année mensuellement mais je reviendrai jamais en arrière alors avec ce beau chiffre d'affaires est ce que tu penses que tu vas pouvoir te payer et au bout de combien de temps enfin je sais pas si tu te payes déjà ceci étant dit là aujourd'hui non parce que j'attendais d'avoir une année complète je voulais être sûr que pouvoir payer mes salariés pouvoir payer les charges donc c'était une volonté de ma part mais à partir de l'année prochaine prochaine, oui, je pourrais me payer. Complètement. On avait fait un budget prévisionnel et je m'y tiens et j'arriverai à me payer. Mais c'est quelque chose que l'on a travaillé et c'est pas au petit bonheur la chance.
- Speaker #0
Ça se fait pas tout seul, c'est pas l'immaculée conception comme on dit. Ce serait quoi pour toi aujourd'hui le marqueur de ta réussite ? Qu'est-ce qui fait que tu... Comment tu juges si tu réussis ou si tu rates ?
- Speaker #1
La satisfaction des familles, le remplissage des crèches et le fait que les équipes soient bien et restent. Les projets, je suis ravie de voir que les filles ont plein de projets, qu'elles mettent en place des journées à thème, qu'elles mettent en place des journées avec les familles. Et je me dis que j'ai un peu tout gagné sur ça. quand je vois qu'elles s'investissent la semaine prochaine, elles font une... un repas le soir pour organiser sur leur temps de repos des journées. Alors, ce n'est pas du tout moi qui ai demandé. C'est elles qui le font et elles veulent se voir à côté. Et là, je me dis qu'elles mettent plein de choses en place pour les enfants, pour que les enfants soient bien. Et je suis ravie.
- Speaker #0
Ça, c'est génial. Est-ce qu'il y a des moments où tu te dis, oh là là, j'ai planté, j'ai raté, c'est nul, ce n'est pas qualitatif et où tu n'étais pas contente du tout ? Et ce serait quoi pour toi les indicateurs à ce moment-là ?
- Speaker #1
Je me remets toujours en question quand j'ai une famille qui dit quelque chose, qui m'appelle en me disant « Charlotte, j'ai pas osé, là il y a ça, il y a ça » . Je me pose toujours la question, j'en discute avec la directrice, avec les équipes, pour savoir le pourquoi du comment, pour savoir ce qui se passe, est-ce que c'est un cas isolé, est-ce que les familles n'osent pas le dire. de toute façon je pense que En tant que gestionnaire, l'important, c'est de se remettre toujours en question pour aller vers une amélioration et une qualité. Donc oui, il y a des fois où je me dis, oh là là, mais c'est que ça ne va pas, il n'y a rien qui va. Et puis après, le lendemain, je me dis, je relativise, il y a ça qui va, il y a ça qui va. Et bon, voilà, c'est les montagnes russes, mais je crois que je pense que ça, c'est un peu normal.
- Speaker #0
C'est parce que tu as à cœur la qualité, je pense.
- Speaker #1
Complètement. De toute façon, c'est la base, moi, aujourd'hui. Et c'est pour ça qu'il faut faire attention au remplissage pour pouvoir avoir les moyens de faire de la qualité.
- Speaker #0
Tout à fait. C'est pour ça que tu travailles ton remplissage, pour que tu veuilles être rentable. En fait, c'est pour pouvoir réinvestir sans arrêt dans ta qualité d'accueil. Ça, c'est ce que tu faisais aussi, j'imagine, dans ton Ehpad.
- Speaker #1
Exactement. C'est le même problème.
- Speaker #0
Bon bah écoute Charlotte, on a fait un bel épisode. Je pense, je veux pas non plus que ce soit trop long pour pas perdre les auditeurs. Donc on va, je pense, clôturer par la question que je pose souvent. Si aujourd'hui tu devais donner un conseil, puisque t'es quand même une dirigeante qui réussit, là ça marche bien pour toi. Ça fait maintenant un an que t'es ouverte, t'as des projets d'ouverture en cours, tu as réussi à être rentable, tu as atteint tes objectifs de chiffre d'affaires, tu vas pouvoir te payer un salaire. Donc tous les voyants sont au vert, tout est équipé à fond, il y a plein de projets qui se passent et les familles sont contentes. Donc voilà, les voyants sont au vert. Est-ce que tu pourrais donner un conseil principal, je dirais, aux auditeurs, s'ils ont envie de se sentir mieux et de faire comme toi, avoir une micro-crèche dans laquelle ils se sentent bien ?
- Speaker #1
Je pense que d'avoir les bons outils de pilotage, d'avoir des suivis mensuels, des suivis, je pense que c'est vraiment la clé. Moi, c'était le côté gestionnaire et le côté finance chiffres. Je me rappelle la première fois que tu m'as envoyé le budget, j'ai dit, je ne comprends rien. Et en fait, aujourd'hui, je m'en sers tous les jours et c'est vraiment la base du projet et de la concrétisation. Donc, je pense qu'au quotidien, d'avoir des bons outils de pilotage, c'est la clé.
- Speaker #0
Ça te permet d'être plus sereine ? Tu te sens rassurée par les chiffres ?
- Speaker #1
Complètement. Je sais où je vais. Je sais que... Quand j'ai fait mon budget, j'avais ça et ça passait. Après, il y a des bases communicantes et parfois, on a des charges qui sont un peu moins importantes à un endroit. On peut mettre ailleurs et ça permet vraiment d'avoir le chiffre en bas et de se dire, OK, ça tourne toujours si je prends une formation supplémentaire, si je dois racheter un jeu pédagogique. Oui, ça passe parce que j'ai fait une économie à côté et parce que les tarifs étaient... j'ai pu avoir une remise. Ça permet vraiment d'avoir un suivi et que ça fonctionne.
- Speaker #0
Oui, et puis te rassurer quand tu me dis que ton chiffre d'affaires, tu l'as atteint. Savoir qu'on atteint ses objectifs, c'est quand même quelque chose que moi, j'adore aussi.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Écoute, merci encore pour ta confiance, Charlotte, Aurélie et moi. On a adoré travailler avec toi et on va continuer à travailler ensemble, à se suivre. Et ce que j'aime dans ton parcours, c'est que tu incarnes exactement ce en quoi on croit. c'est avoir à la fois... l'ambition et le souci de la qualité dans ce métier. Donc une crèche éthique, je dirais. Voilà, donc merci pour ce message-là. Ce dont on a besoin d'entendre aujourd'hui, c'est qu'il y a des dirigeants qui s'en sortent, qui ont l'éthique au cœur et qui font ça pour la qualité d'accueil. Et ça ne les empêche pas d'être des entrepreneurs qui ont aussi les chiffres sous les yeux et qui arrivent à se payer un salaire à la fin de l'année. Donc, merci vraiment pour ton témoignage et pour les auditeurs qui nous regardent. Si vous voulez entendre d'autres témoignages inspirants et les meilleurs conseils pour gérer votre micro-crèche éthique comme Charlotte, continuez à nous écouter, abonnez-vous à notre chaîne YouTube et à très vite. Bye bye Charlotte.
- Speaker #1
Merci Amel, merci Aurélie, merci pour tout.
- Speaker #0
À bientôt.
- Speaker #1
À bientôt.