Speaker #0Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode Reset Your Mind. Ici nous parlons ambition, leadership et comment piloter sa carrière comme un business profitable sans y laisser à peau. Je suis Stéphanie Martin, fondatrice de Reset Your Mind, mon activité de coaching et votre hôtesse sur ce podcast depuis bientôt plus de deux ans. C'est une grande fierté pour moi d'être dans vos oreilles chaque semaine, chaque jeudi. de voir que ces épisodes vous font réagir et surtout agir autrement. Cette semaine, parlons de piloter sa carrière, faire le point pour lui donner un nouvel élan, avec lucidité, plutôt que jouer l'autruche ou fuir parce qu'on n'y arrive vraiment plus, on n'est plus en capacité de tenir. Alors avant de commencer cet épisode, j'ai d'ailleurs une annonce à te faire. J'ouvre très prochainement, et avec beaucoup de joie, un nouvel accompagnement intensif de deux mois pour faire un vrai reset. de ton job et de ta carrière. L'idée, derrière, c'est prendre un temps que nous ne prenons quasiment jamais pour nous-mêmes, faire le point avec lucidité sur là où nous en sommes professionnellement. Ce que tu sais faire, ce que tu ne veux plus faire, tes forces, tes angles morts, tes réalisations aussi, celles que bizarrement tu as tendance à trouver parfaitement normales alors qu'elles ne le sont pas. Et surtout, ce que tu as envie de construire pour les prochaines années. Que ce soit dans ton entreprise actuelle ou parce que tu commences sérieusement à regarder ce qui se passe ailleurs. Et attention, ce ne sera pas du tout un bilan de compétences. Pendant deux mois, nous allons travailler à la fois sur le fond et sur le très concret. Tes croyances, ta posture, ta confiance, la façon dont tu racontes ton parcours et ta valeur. Mais aussi ton CV quelque part. Avec l'intervention d'une chasseuse de tête et ta capacité à aller chercher la suite. Passer un entretien, demander une augmentation, aller chercher une promotion. oser te positionner sur un poste que jusqu'ici, tu aurais probablement regardé en te disant « je n'ai que 7 critères sur 10 » . Bref, pas forcément tout changer, mais arrêter de laisser ta carrière avancer toute seule. Je t'en dirai beaucoup plus très bientôt et si cet épisode te parle particulièrement, reste bien jusqu'à la fin parce que ce que nous allons voir aujourd'hui devrait déjà te donner quelques pistes. Allez, installe-toi, c'est parti ! Il y a quelque chose qui me fascine chez nous les high performers, celles et ceux sur qui on peut compter les loyaux, les investis, les rocks des organisations. Nous sommes capables de passer des heures, des jours, parfois des semaines, à travailler sur la stratégie de notre entreprise. Le budget de l'année prochaine, la vision à trois ans, les priorités, les investissements, les risques, les opportunités,
Speaker #0Alors, attends, parce que, en fait, je n'avais pas prévu la question. C'est assez fou quand on y pense, non ? Nous pouvons être extrêmement stratégiques pour notre entreprise et piloter notre... notre propre carrière à vue. En fonction des opportunités, des réorgs, de notre manager, du poste qui se libère, de la personne qui pense à nous ou pas. Et parfois, nous nous réveillons après 10, 15, 20 ans en nous demandant, mais comment je suis arrivé là, moi, au fait ? Alors, pas nécessairement parce que l'on est au mauvais endroit, mais parfois, au contraire, nous avons même eu une très, très belle carrière. Mais simplement parce que nous n'avons jamais vraiment décidé d'y aller. Et je voudrais commencer cet épisode par une distinction qui pour moi change énormément de choses. Ton entreprise n'est pas ta carrière, ni responsable de ta carrière. Ton entreprise est un chapitre de ta carrière. Parfois un chapitre de 6 mois, parfois de 15 ans, parfois un chapitre absolument extraordinaire. Mais elle n'est pas ta carrière. Et je crois que c'est particulièrement important, après ce dont nous avons parlé dans l'épisode précédent, l'entreprise pilote ses intérêts. Et c'est normal. C'est ça les embêtes. Elles regardent ses clients, son marché, ses marges, ses investissements, les actionnaires aussi, lorsque l'on a, et les attentes de ces actionnaires, ses risques et ses besoins futurs pour continuer à exister, à évoluer avec ce monde qui change toujours plus vite. Du coup, j'ai envie de te demander, et toi, qui pilote les tiens, tes objectifs, tes besoins futurs ? Attention, je ne suis pas en train de te dire qu'il faut commencer à chercher un nouveau boulot tous les deux ans, tous les trois ans. Absolument pas. Tu peux rester 15 ans dans la même entreprise et avoir extraordinairement bien piloté ta carrière. Comme tu peux changer de poste tous les deux ans et n'avoir aucune idée de ce que tu es réellement en train de construire. Attention, bouger, ce n'est pas piloter. Piloter pour moi, c'est choisir, c'est prendre des risques, c'est saisir cette opportunité qui se présente certes à toi, mais consciemment. C'est décider d'aller créer ces opportunités aussi. Alors peut-être que là, tu te demandes, mais Stéphanie, t'es gentille, mais... qui es-tu pour me parler de stratégie de carrière ? Alors bonne question, parce que je n'ai pas construit ma carrière sur un grand plan magnifique, écrit à 25 ans, je n'ai jamais eu de fichier Excel non plus, avec en 2026, voilà exactement où j'en serais. Et heureusement, parce que je pense que j'aurais beaucoup rigolé en le rouvrant. Mais une chose est certaine, c'est que j'ai fait des choix. J'ai saisi des opportunités, j'en ai raté. J'ai pris des postes, j'ai pris des risques. J'ai négocié, parfois bien, parfois... fois beaucoup moins bien. J'ai changé d'environnement, j'ai traversé des changements de direction, d'acquisition, de réorgue. Des moments où ce qui était stratégique hier ne l'était soudainement plus aujourd'hui. J'ai dirigé, j'ai recruté, j'ai vu des personnes brillantes accélérer et d'autres tout aussi brillantes attendre très longtemps. Que quelqu'un vienne enfin les chercher. Et puis aujourd'hui évidemment j'accompagne des femmes et des hommes qui se posent exactement ces questions. Alors je ne vais pas te donner LA recette d'une carrière réussie. D'ailleurs, je ne sais même pas ce que c'est, une carrière réussie pour toi, selon toi et selon tes propres critères et tes propres aspirations. Et c'est bien là, je crois, le sujet. En revanche, il y a une chose que j'ai comprise. Une carrière ne se contrôle pas, certes, mais elle se pilote. Et ce n'est pas du tout la même chose. Imagine maintenant que ta carrière soit une entreprise et que demain tu sois nommé CEO de cette entreprise. Premier board meeting, imagine, visualisons un petit peu. Tu arrives et qu'est-ce que tu fais ? Tu demandes certainement quels sont les actifs. Silence. Ok. Quelle est notre proposition de valeur ? Euh... Et quels sont nos principaux risques ? Alors là... Ok. Quels investissements avons-nous prévus pour les trois prochaines années ? Ou encore, quelle est notre dépendance à notre principal client ? 100% ? Je tire un peu le trait, mais quand on voit ça, ça ne démarre pas forcément bien. Et pourtant, c'est exactement comme cela que beaucoup d'entre nous pilotons notre carrière. Alors, premier sujet, quels sont tes actifs à toi ? Et non, ton principal actif, ce n'est pas ton titre. VP quelque chose, directrice de quelque chose, ou directeur, head of quelque chose, ça, c'est ton poste actuel, qui n'est jamais vraiment le reflet de ce que tu fais concrètement au quotidien, ni des responsabilités que tu as, et qui plus est, ne correspond souvent qu'il y a de la jargonique interne de cette entreprise, propre à cette entreprise-là, et qui n'a pas du tout le même sens à l'extérieur. La vraie question, elle est plutôt, qu'est-ce que tu sais faire ? Et plus précisément, quelle valeur sais-tu créer ? Quel problème sais-tu résoudre ? Dans quelle situation est-ce que les gens viennent naturellement te chercher ? Qu'est-ce que tu sais faire aujourd'hui, que tu ne savais pas faire il y a cinq ans ? Ou qu'est-ce que tu sais faire mieux que beaucoup d'autres ? Qu'est-ce qui fait que les gens viennent te voir, toi ? Qu'est-ce qui est potentiellement transférable dans un autre univers, dans une autre industrie, dans une autre équipe, dans un autre département, une autre expertise ? Transférable. Et puis il y a une question un petit peu plus désagréable parmi toutes ces compétences, lesquelles auront encore de la valeur dans 5 ans ? Parce que ça aussi c'est piloté. J'ai passé une bonne partie de ma carrière dans le digital, le e-commerce, les paiements, la tech, les fintechs. Autant se dire que j'ai eu plusieurs occasions de voir une expertise que l'on pensait extrêmement précieuse devenir beaucoup moins différenciante très vite. Alors aujourd'hui avec l'IA, c'est encore plus visible je pense. C'est d'ailleurs ce qui nous effraie tant dans cette intelligence artificielle. Et notre réflexe naturel lorsque nous sommes devenus très bons ou très bonnes dans quelque chose, forcément c'est de nous accrocher à cette compétence. Normal. Nous avons mis dix ans à la construire. En plus elle nous rassure, elle nous donne notre légitimité. Et maintenant il y a quelqu'un qui arrive et nous dit Bon ? Il va peut-être falloir apprendre autre chose. Pas cool, hein, n'est-ce pas ? Eh bien, eh bien, eh bien, eh bien non. Et je pense que l'une des grandes compétences professionnelles des prochaines années à développer sera précisément celle-là. Accepter de redevenir régulièrement débutante. Oui, je sais, ça peut hérisser un peu le poil. Mais accepter de redevenir régulièrement débutante ou débutant, cela donnera aussi énormément de nouvelles opportunités pour votre vie, votre carrière. et pas un « j'ai toujours travaillé dans la tech, je ne peux pas faire autre chose » ou « j'ai toujours été juriste, je ne vois pas ce que je pourrais faire d'autre » . Mais revenons à ton entreprise personnelle. Deuxième question, combien de clients... à ton entreprise. Je sais, elle peut paraître étrange, mais elle est assez drôle si on lui laisse vraiment de la place. Imagine que demain, quelqu'un vienne te présenter de son business et il te dit « c'est génial, j'ai un client incroyable » . Très bien, combien représente-t-il de ton chiffre d'affaires ? 100%. Ah, et ton réseau commercial ? Chez lui. Ok. Ta réputation ? Chez lui. Tes contacts ? Chez lui aussi. Ta visibilité sur le marché ? Ah non, personne ne me connaît vraiment dehors. Si on te dit c'est ça, qu'est-ce que tu dirais ? Probablement, il va falloir diversifier légèrement ton risque. Et pourtant, professionnellement, c'est exactement la situation dans laquelle nous pouvons nous retrouver. 100% de nos revenus viennent de notre employeur. C'est normal, si tu es salarié, un peu logique, un peu normal. Mais parfois, 100% de notre réseau aussi. 100% de notre visibilité aussi. 100% de notre réputation aussi. Et 100% de nos opportunités aussi et toujours. Et presque 100% de notre perception de notre valeur professionnelle et personnelle, bien souvent, dépend de ce que pense notre entreprise de nous. Et ça, c'est beaucoup, beaucoup plus dangereux. Et surtout, c'est la plupart du temps erroné. Car nous sommes beaucoup plus que ce que nous montrons dans cette entreprise. Nous sommes beaucoup plus que la valeur que cette entreprise nous accorde. Nous sommes beaucoup plus que ce que notre boss. Notre manager actuel, qui peut changer de main, veut bien nous accorder ou nous renvoyer dans son regard ou dans ses évaluations annuelles. Je ne suis absolument pas en train de te dire de créer une micro-entreprise demain matin, petit tir. Nous en avons déjà suffisamment à faire. Je te parle d'autre chose. Si ton entreprise disparaissait demain, celle pour laquelle tu travailles, ton employeur, qu'est-ce qu'il resterait de ta valeur professionnelle ? En dehors de ces murs, si ton titre disparaissait demain ? Qu'est-ce qui resterait ? Qui sait ce que tu sais faire ? Qui pourrait parler de toi ? Qui t'appellerait ? Qui te recommanderait ? À quel réseau pourrais-tu faire appel ? Quel réseau as-tu construit dans la durée de ta carrière ? Est-ce que tu sais aussi raconter ce que tu as accompli ? Ou est-ce que tu connais encore bien ton marché ? Sais-tu aussi combien vaut ton profil sur ce marché ? Pas uniquement combien ton entreprise actuelle a décidé de te payer, mais combien vaut ton profil ? Et ça, ce n'est pas du personal branding. Je te vois venir. Non, non, c'est de la gestion de risque. Et là, je vais peut-être parler un petit peu plus spécifiquement aux femmes, même si messieurs, je sais que beaucoup d'entre vous vont parfaitement se reconnaître aussi. J'ai rencontré énormément de femmes brillantes qui fonctionnent encore avec cette croyance « si je travaille vraiment bien, ça finira forcément par se voir » . Alors oui, parfois, mais franchement, c'est tout sauf une stratégie. Faire du très bon travail est une condition de base, indispensable je dirais. mais croire que ton travail parlera de toi. toujours tout seul, c'est lui donner beaucoup de responsabilité à ton travail. Parce qu'en plus, il parle parfois très doucement, dans une entreprise de mille, de mille, vingt mille, dix mille personnes. Avec quatre niveaux hiérarchiques entre toi et la personne qui décide. Et pendant ce temps-là, quelqu'un d'autre explique très bien ce qu'il fait. Mais même s'il ne le fait pas forcément mieux que toi. Mais lui, ou elle, elle le raconte. Il dit ce qu'il veut, il demande le poste, il construit des relations, il se rend visible. Il va chercher des sponsors, et toi tu attends, en travaillant encore, toujours, un peu plus. Bah oui, pour être encore plus légitime, avant de demander quand j'aurai finalisé ce dossier-là, alors ça serait une évidence, bien sûr. Pour celles et ceux que je coach, cela va résonner avec nos sessions. Je ne te dis pas de devenir quelqu'un que tu n'es pas, je ne te dis pas de passer tes journées à faire ta propre publicité, je te dis simplement, ne sois pas le secret le mieux gardé de ton entreprise. Ne sois pas cet atout qui est tellement bon dans ce qu'il fait ou dans ce qu'elle fait qu'on ne la laisse pas faire autre chose. Parce qu'il est bon là-dessus. Donc ne sois pas le secret le mieux gardé de ton entreprise. Parce que piloter sa carrière, c'est aussi ça. C'est dire ce que l'on veut. Et si ça semble tellement simple, c'est vrai. Mais ça semble simple jusqu'à ce qu'il faille le faire. J'aimerais prendre ce poste. Dis-moi comment ça résonne ces phrases-là. J'aimerais prendre ce poste. Je veux évoluer. Comment est-ce que tu te sens ? Rien qu'en les écoutant. Je veux davantage d'exposition. Je ne veux plus manager. Je veux changer de métier. Je veux rentrer au comex. Je veux travailler quatre jours. Je veux partir. Vraiment, quand on écoute ces phrases, qu'est-ce qui s'est passé à l'intérieur de toi ? Est-ce qu'il y a eu une boule qui s'est formée ? Est-ce qu'il y a eu quelque chose d'inconfortable qui s'est manifesté ? Là, tout d'un coup, c'est beaucoup plus inconfortable avec ce genre de choses. Ben oui, parce qu'on ne nous a pas appris à le faire. Surtout en France. Alors, j'ai envie de revenir encore une fois au neurofitness, parce que piloter sa carrière, ce n'est pas seulement faire une stratégie, c'est entraîner notre capacité à supporter l'inconfort, justement. Qui vient de cette stratégie ? Demander une promotion, c'est vrai, c'est prendre le risque qu'on nous dise non. Ok. Demander une augmentation, c'est prendre le risque de découvrir aussi comment notre entreprise valorise réellement notre contribution, qui ne peut pas être toujours alignée avec nos propres estimations, nos propres espérances. C'est vrai. Ok. Explorer le marché, c'est prendre le risque de découvrir combien nous valons ailleurs. Peut-être une déception. Ok. Peut-être... Se rendre compte que notre entreprise nous sous-paye, nous sous-rémunère depuis des années et avoir cette désagréable impression d'avoir été exploité. Peut-être. Ok. Faire du réseau, c'est parfois devoir contacter quelqu'un sans avoir immédiatement quelque chose à lui apporter. Prendre la parole, c'est accepter d'être vu. Ok. Changer de domaine, c'est abandonner temporairement cette sensation tellement agréable d'être le ou la plus expert de la pièce. Ok. Tout ça, c'est vrai. Tout ça, c'est inconfortable. Parce qu'il y a du risque. Et pourquoi il y a du risque ? Parce qu'il y a de l'inconnu. Inconnu à être exposé à quelque chose, certes potentiellement inconfortable, mais aussi potentiellement agréable ou confortable. On n'en sait rien. Mais c'est vrai que notre cerveau, l'incertitude, il n'aime pas. Lui, il adore le connu. Même lorsque le connu ne nous convient plus vraiment. Alors, nous devenons très créatifs et très créatifs pour éviter tous ces hypothétiques inconforts. Oh, ce n'est pas le bon moment.
Speaker #0Il y a des réorganisations, tu sais, c'est difficile. Non, mais le contexte est compliqué, donc je ne peux pas demander ça maintenant. Et puis, mon manager va partir. Alors, si ça se trouve, le prochain sera mieux. Non, non, je vais attendre mon bonus. Une fois que j'aurai touché mon bonus, j'y réfléchirai. Tu sais, là, en ce moment, avec les enfants, c'est vraiment pas évident. Donc, non, non, je reste. Alors, parfois, il faut bien le reconnaître. Ces raisons, elles sont parfaitement vraies. Et elles sont tout à fait honorables. Mais parfois, nous appelons stratégie ce qui est simplement de la peur. Oui, de la peur. Peur de s'exposer à ce qui pourrait en revenir. Ensuite, il y a l'investissement. Comprendre ici l'investissement dans le principal asset, dans le principal atout de cette entreprise, c'est-à-dire toi-même. Une entreprise qui arrête complètement d'investir. Nous savons ce qui finit par se passer. On le voit régulièrement aux infos. Elle vit sur ses acquis, elle optimise, elle presse un peu plus ce qui fonctionne déjà, puis progressivement elle décroche. Alors saurais-tu répondre à cette question ? Combien as-tu investi dans ta carrière cette année ? Pas les deux, trois ou cinq dernières années, juste cette année. Combien as-tu investi dans ta carrière selon toi, ta propre définition cette année ? Et je ne parle pas uniquement d'argent, je parle de temps. Combien de temps as-tu consacré à apprendre, à rencontrer des personnes en dehors de ton cercle habituel, à comprendre comment ton métier évolue éventuellement, à développer une nouvelle compétence, à oser prendre la parole, te faire accompagner, aller à un événement où tu ne connaissais personne ? Combien de temps ? Maintenant, question subsidiaire dans la lignée, combien d'heures as-tu consacré à la stratégie ? Un an, deux ans, trois ans ? De ton entreprise à toi, de ta propre carrière. Voilà, voilà, je vais te laisser quelques secondes avec ça. Nous pouvons passer trois jours en séminaire à réfléchir au plan 2030 de notre entreprise et ne pas trouver une heure pour réfléchir à notre propre 2030. Il y a quand même quelque chose d'assez fascinant là-dedans, non ? Et je crois que c'est aussi parce que nous avons une mauvaise vision de ce que signifie piloter sa carrière. Nous pensons immédiatement, est-ce que je dois partir ? Non, ce n'est pas la question ! La question est, est-ce que je me crée des options ? C'est très différent. Tu peux être extrêmement heureuse là où tu es et développer ton réseau. Tu peux adorer ton poste et continuer à avoir envie d'apprendre. Tu peux n'avoir aucune envie de partir et pour autant connaître ta valeur sur le marché. Tu peux être très fidèle à ton entreprise sans lui confier les clés de toute ta carrière. Créer des options ne signifie pas préparer sa fuite. Ça signifie conserver sa capacité à choisir. Et choisir, c'est... être alignée. Et pour moi, c'est probablement l'une des formes les plus importantes de liberté professionnelle, d'investissement professionnel. Je suis là parce que je l'ai décidé et pas parce que je suis coincée. Donc cette semaine, j'aimerais que tu t'accordes, allez, une demi-heure, trente minutes, et organiser ton propre board de carrière de toi, avec toi. Imagine-toi un instant CEO ou président, présidente de ton propre conseil. Ça devrait permettre de trouver une date assez facilement. et pose-toi ces quatre questions. Vraiment, prends le temps de les noter. Mes actifs, qu'est-ce qui fait réellement ma valeur aujourd'hui ? Pas ton titre, pas ton entreprise, toi. Qu'est-ce qui fait ? ta valeur aujourd'hui qui te permettrait de rebondir demain. Tes risques. Deuxième point. De quoi es-tu devenu trop dépendant ou dépendante ? D'un employeur, d'un manager, d'une expertise, d'un réseau exclusivement interne ou d'une rémunération que tu ne penses impossible à retrouver ailleurs ? Petit 3, tes investissements. Qu'est-ce que tu dois commencer à construire aujourd'hui pour avoir encore davantage de choix dans 3 ans ? Et tu vois, j'utilise vraiment le mot choix. pas valeur. Qu'est-ce que tu dois commencer à construire aujourd'hui pour avoir encore davantage de choix dans trois ans ? Une compétence ? Un réseau haut ? Une visibilité ? Une expérience ? Et petit quatre, tes options. Si dans douze mois, tu voulais changer quelque chose, qu'est-ce que tu serais heureux d'avoir commencé aujourd'hui ? Si dans douze mois, tu avais envie de changer quelque chose, comment est-ce que justement tu te remercierais d'avoir déjà initié ce travail aujourd'hui ? Et j'en rajouterai une petite cinquième. Est-ce que je reste là où je suis parce que je le choisis, j'ai choisi d'y rester, ou parce que je n'ai créé aucune autre option ? Parfois, c'est précisément la question dont nous avons besoin. Et je te parle de tout cela aussi parce que je me suis récemment prêtée à cet exercice et je l'ai trouvé hyper intéressant. Je l'ai fait avec des coachés et je l'ai vraiment trouvé très intéressant. Mais pour le préparer pour mes coachés, je me l'étais appliqué à moi d'abord. J'avais donc repris ma propre carrière. Pas la version LinkedIn, pas la jolie histoire reconstruite à péricou, où chaque décision parfaite est parfaitement logique. Non, non, pas du tout. La vraie, les choix, les opportunités que je suis allée chercher, les moments où j'ai demandé, les moments où je n'ai pas demandé, les moments où j'ai laissé mon égo parler, les négociations, les changements, les prises de recul, les murs aussi, parce que j'en ai pris, et plus d'un. Et j'ai essayé de regarder très concrètement ce qui m'avait permis, progressivement, de construire une carrière à ces chiffres. Pas pour te dire fais exactement comme moi et dans 6 mois tu gagneras 100 000 euros par an, pitié. Si tu m'écoutes depuis quelques temps, tu sais que ce n'est pas vraiment mon approche. Mais parce que derrière un résultat que l'on voit aujourd'hui, il y a énormément de décisions que l'on ne voit pas. Des choix, des renoncements, des erreurs. Des conversations inconfortables aussi. Et surtout des moments où il faut arrêter d'attendre que quelqu'un nous dise ça y est, maintenant t'es prête, tu peux y aller. Non, si on attend. Surtout après les autres. On peut attendre longtemps. D'ailleurs, j'en ai fait une vidéo. Si tu veux la regarder, la visionner, je te mets les liens dans cet épisode. Prends ce qui t'est utile et laisse le reste. Parce que l'objectif, c'est surtout pas de reconstruire ma carrière, c'est fait, mais de piloter la tienne. De venir piocher peut-être ce dont tu aurais besoin. Ce petit kick, ce petit coup de pied permettrait de te lancer ou de te redonner de l'élan. Alors, pour conclure, si je devais te laisser avec une seule idée aujourd'hui, ce serait celle-ci. Ton entreprise a une stratégie. Elle réfléchit à son avenir, elle investit, elle arbitre, elle gère ses risques, elle crée des options. Et parfois, elle prendra des décisions qui ne seront pas les meilleures pour toi. Et ce n'est pas nécessairement contre toi. Ok ? Et ça ne veut pas non plus dire que tu n'as pas été assez, assez forte, assez investie, assez sacrificielle dans la démarche. Tu n'as pas des mérités. Et ça, je pense que c'est important que tu l'emportes avec toi. Ce n'est pas parce qu'une entreprise prend des décisions qui ne sont pas les meilleures pour toi que tu as des mérités ou que c'est contre toi. Elle pilote aussi. Elle pilote parfois dans la peur, parfois dans des conditions assez extrêmes, avec des marchés qui se retournent, qui se renversent. Alors oui, pilote toi aussi. Pas en transformant ta vie en plan stratégique à 5 ans, mais suffisamment pour ne pas découvrir un jour que tout le monde avait une stratégie pour sa carrière, sauf toi. Et t'as pas besoin de savoir exactement où tu seras dans 5 ans. Moi non plus, je ne le sais pas. Mais tu peux savoir ce que tu veux apprendre, ce que tu veux influencer, ce que tu veux arrêter d'accepter, ou ce que tu veux développer. Les options que tu veux créer aussi. Et la valeur que tu veux continuer à construire. Parce qu'au fond, très honnêtement, piloter sa carrière, c'est pas savoir exactement où l'on va. Et s'assurer que l'on reste suffisamment aux commandes, pour pouvoir choisir la suite. Et ça, personne ne peut le faire à la plume. Si cet épisode t'a plu, n'hésite pas à le diffuser largement autour de toi. Parfois, c'est juste ce dont nous avons besoin pour sortir de nos propres cercles vicieux. Tu peux aussi laisser un commentaire ou m'envoyer un message. Prends le temps de tous les lire et d'y répondre. Le Saturn Man commence à être connu et j'ai vraiment très envie de voir jusqu'où ces petites étoiles de notation peuvent nous mener. A très vite !