- Speaker #0
Bonjour et bienvenue chez Reset Your Mind, le podcast qui parle habituellement de leadership, de prise de hauteur et de décision stratégique. Sauf qu'aujourd'hui, ce n'est pas Stéphanie qui tient le micro, non non non, c'est moi, Lise. Je connais Stéphanie depuis quelques années et j'avais très envie de parler non pas de la coach qu'on voit sur LinkedIn, mais de la vraie personne derrière. Et c'est pourquoi j'ai hijacké le micro. aujourd'hui. Parce qu'en plus, il me faisait de l'œil, le petit Stéphanie Marcy dans le podcast, à l'occasion de l'épisode 31, si vous voulez aller le faire un tour. Aujourd'hui, on va parler de sa vie d'avant, de ses doutes, de sa reconversion, son grande porte claquée, et de ce que ça fait, à presque 45 ans, de devenir entrepreneur, après 25 ans d'une carrière fracassante dans le salariat. J'ai vu la transition s'opérer, puis à l'extérieur. Mais aujourd'hui, je vous propose qu'on se penche ensemble sur ce qui s'est passé à l'intérieur. Alors, bien entendu, on va parler de leadership, mais surtout leadership de sa propre vie. Allez, on rembobine. Stéphanie, comment te sens-tu aujourd'hui, maintenant que tu es de l'autre côté du miroir ?
- Speaker #1
Alors, ça fait très bizarre. Ça fait très bizarre, effectivement, d'être de l'autre côté sur son propre podcast, mais je suis ravie de le partager avec toi. Parce qu'effectivement, tu as vu beaucoup de choses s'opérer de l'intérieur, mais aussi de l'extérieur. Donc, je suis ravie que ce soit toi qui m'aie jaqué le micro, justement. J'appréhende un peu. Je ne sais pas à quelle sauce je vais être mangée, donc j'appréhende un petit peu quand même.
- Speaker #0
Non, Je vais essayer de me tenir. Pour resituer un peu le décor, je pense que les gens qui suivent le podcast depuis un moment connaissent ton travail. Mais j'aimerais bien que tu nous présentes la toi il y a trois ans. et tu étais lié à quoi ? à quoi ressemblaient tes journées avant de devenir coach ?
- Speaker #1
Alors effectivement, moi, il y a trois ans en arrière, je suis directrice e-commerce dans un très grand site e-commerce français que quasiment tout le monde connaît. Mes journées, ou plutôt mes semaines, en règle générale, c'est 60, 70 heures. Je pilote un très gros marché qui fait une centaine de millions d'euros de chiffre d'affaires. Énormément d'équipes, d'experts seniors, et d'ailleurs tu ne vas rien qu'en dire. En s'en j'ai un petit sourire parce que c'est des gens que j'adorais et que j'appréciais énormément. J'avais réussi à constituer une équipe absolument dingue. Mais dans mon département, j'avais pas loin de 100 personnes presque. Donc assez conséquent. Il y a trois ans, je commençais à fatiguer. J'avais des équipes à l'international, donc ça c'était très très chouette aussi. Mais je commençais à fatiguer parce que ce monde du e-commerce, du digital et FinTech est un monde qui change tout le temps, tout le temps, très très très vite et de plus en plus vite et aujourd'hui encore. C'était pas que je commençais à fatiguer physiquement, mentalement, mais je commençais à fatiguer d'un point de vue sens aussi, de toujours plus, toujours plus vite. Mes enfants m'appelaient d'ailleurs Madame Toujours Plus. Ça se traduisait aussi à la maison. Et il y a trois ans, je finissais, en parallèle de ça, je finissais ma formation de coach aux Etats-Unis. J'ai choisi de me former aux Etats-Unis et non pas en France, volontairement. Donc je faisais cette formation aussi en parallèle qui m'apportait... énormément dans mon quotidien entre la pression, le management d'équipes seniors, d'équipes vraiment très exigeantes aussi. Voilà, il y a trois ans, c'était un monde complètement, complètement différent. Une vie aussi, un rythme de vie très différent.
- Speaker #0
Non, c'est intéressant parce que déjà, dans tout ce que tu nous situes là, je vois bien tout ce qui sort en coaching de groupe. Tu t'es déjà immergée là-dedans, tu l'as vécu en première ligne. Je comprends qu'il y avait des défis là-dedans, mais qu'est-ce qui te plaisait le plus dans cette vie-là ?
- Speaker #1
C'est assez paradoxal. Ce qui me plaisait et ce qui me plaît encore beaucoup aujourd'hui, c'est d'aller lancer des sujets, d'aller défricher, explorer des domaines qui ne sont pas établis. Tout au long de ma carrière, j'ai souvent lancé des marchés. J'ai souvent été explorer nos fameuses falaises de verre. J'en ai conscience aujourd'hui avec l'urcule, mais à l'époque, je n'en avais pas du tout conscience. J'allais prendre les missions suicides, les projets dont personne ne voulait, parce que trop dangereux, trop risqués. Et c'est quelque chose qui m'a toujours beaucoup attirée, non pas pour prouver que je pouvais le faire ou me faire mieux que les autres, mais juste ce côté nouveauté, des soins défrichés, construire des équipes, rassembler les bonnes compétences pour aller craquer le sujet. Donc ça, c'est quelque chose qui m'a toujours... beaucoup driver et c'est ce que j'aimais faire. Et ce que j'aimais faire aussi, c'était ce côté travail d'équipe que je viens d'évoquer, de composer les bonnes personnes, de voir qui a le plus à apporter sur quel domaine et placer les gens aux bons endroits. Parce que ça, c'est quelque chose qu'on a du mal souvent à faire et surtout en France. On met les gens dans des cases et ces cases, elles peuvent tenir quelques mois, mais pas toujours. Et c'est ça qui est intéressant, c'est de toujours perpétuellement évoluer. Et je pense que c'est aussi ça le lien après avec le coaching qui s'est mis en place.
- Speaker #0
Et justement, est-ce que toi, tu te sentais trop mise dans une case ? À ce moment-là, est-ce que c'est ça qui a commencé à te faire peut-être un petit peu grincer ? Est-ce qu'il y a une remise en question professionnelle à cause de ça, par exemple ?
- Speaker #1
Oui, oui, complètement. Je pense que... Alors déjà, moi, je me suis formée au coaching sans l'intention d'en faire mon job. Ce n'était pas mon objectif premier. J'ai investi dans du coaching depuis 2020-2021 à titre personnel. Après, ça m'a tellement plu, je me suis... tellement rendu compte que ça faisait changer les choses à plein de niveaux que j'ai décidé de me former, mais c'était pas mon objectif premier quand je l'ai fait, n'a jamais été d'en faire mon métier au départ. Et effectivement, un des travers que j'ai beaucoup pratiqué malgré tout, même si j'étais dans une entreprise avec des équipes à l'international, puisque dans mes équipes, il y avait des équipes aussi bien basées en Espagne, en Italie, en Allemagne, ou dans les Pays-Bas, il y avait ce côté case. Et oui, je me suis sentie à l'étroit. Et c'est pour ça. Et d'ailleurs, encore aujourd'hui, je déteste qu'on colle les gens dans des cases. Aujourd'hui, je suis coach, certes, mais je suis manager de transition parce que j'ai envie de rester dans la vraie vie, dans le vrai quotidien, pour être confrontée au vrai sujet et pas juste être coach très conceptuel, tu vois, vraiment trop éloignée de la vraie vie. Je viens de finir un livre, d'écrire un livre sur les paiements qui est mon expertise de départ parce que c'est quelque chose que j'ai mis des années à construire et quand je vois les personnes avec qui que je côtoie autour de ce sujet, encore aujourd'hui, à travers du réseau The Cycle, entre autres, à quel point ce sujet est intéressant, passionnant. Et cette envie de partage, oui, ce côté, encore une fois, très français, en plus très franco-français, de rentrer dans les cases, c'était trop petit pour moi. Je me rends compte que ça a toujours été, quand je regarde ma carrière avec objectivité et un peu de neutralité, j'ai toujours voulu sortir des chemins préétablis. J'ai repris mes études à plusieurs reprises, etc. Et oui, je pense que là, arrivé, ce qui m'a fait switcher, ce qui m'a décidé à me lancer, ça a été vraiment, on est plus que juste notre titre professionnel. On est plus que juste ce que les autres voient de nous.
- Speaker #0
Est-ce que c'était quelque chose que tu abordais dans ton milieu pro, de façon peut-être pas à le claironner sur tous les toits, mais est-ce que tu en parlais à quelqu'un ou est-ce que tu faisais comme business as usual, comme si de rien n'était ?
- Speaker #1
Alors, je prenais des side projects en interne. Je poussais des choses en interne. J'ai créé ce réseau féminin, The Cycle Femmes du Paiement, en 2021-2022, pareil, parce que j'avais envie de plus. Je ne le faisais pas dans cette optique-là, mais avec le recul, je me testais, je pense, sur certaines choses, parce que oui, mon quotidien d'identité professionnelle était trop à l'étroit pour moi.
- Speaker #0
Et donc, tu as commencé à te former au coaching, au départ, sans forcément vouloir en faire une reconversion, mais c'est à quel moment que tu t'es passé d'une idée, ah c'est cool, ah tiens, faisons-en quelque chose de concret.
- Speaker #1
Parce que je me suis rendu compte à quel point ça avait été game changer pour moi, à quel point ça avait été game changer pour les personnes que j'ai côtoyées en coaching. ou les personnes que j'ai commencé à coacher en parallèle de mon activité comme ça, parce qu'il y a vraiment eu cette conjonction de choses. Il y a eu cette prise de conscience-là, à titre personnel, en me disant « waouh, on peut faire bouger les choses, vraiment, et pas en envoyant tout valser » . L'autre aspect vraiment très significatif a été aussi de me rendre compte à quel point le monde du travail est en train de changer, est en train de basculer. Et encore une fois, s'il y a des entreprises qui essayent de... bien faire les choses et je travaille avec certaines d'entre elles et franchement, elles essayent de bien faire les choses. La plupart quand même, sans le savoir et parfois sans le vouloir, maltraitent fortement les collaborateurs qui sont en interne. Réorganisation sur réorganisation pas gérée, promotion pas communiquée, changement de job, départ aussi parfois de personnes piliées dans une entreprise sans communication. Il y a vraiment énormément de rachats par des boards, par des actionnaires qui imposent... beaucoup de changements culturels d'ADN de sociétés. Donc il y a vraiment ces deux aspects-là, une prise de conscience perso et une observation, sans être critique, mais à minima neutre. de la société dans laquelle on évolue, de voir l'IA. Moi, je suis issue d'un milieu très tech, donc toutes ces évolutions tech, je les ai vues aussi beaucoup arriver. Et de voir la vitesse à laquelle les organisations doivent changer, les êtres humains qui composent cette organisation doivent changer, et le peu de place qu'on laisse à l'être humain en termes de temps pour changer, ou en termes de soutien aussi, pour changer.
- Speaker #0
Et justement, quand tu t'es rendu compte que ta place était peut-être dans ce soutien, cette stratégie, plus au niveau humain peut-être, qu'au niveau purement technique, technologique, et que tu as commencé à envisager une autre voie, qu'est-ce qui a été pour toi le pas le plus dur à franchir ? Est-ce que ça a été de t'autoriser à faire ça ou de l'assumer devant les autres ?
- Speaker #1
La deuxième. De l'assumer devant les autres. De me lancer la boule aux ventes, la peur aux ventes, comment je vais payer mes courses, j'ai des enfants, comment payer leurs études, etc. Cette peur-là, Quelque part, je l'ai eu et je l'ai toujours parce que c'est important. Mais ça, ce n'est pas celle qui m'a été la plus difficile à traverser ou qui est encore la plus difficile au quotidien à gérer. Parce qu'être à son compte et entrepreneuse, c'est un shift de mindset assez costaud. Non, ça a été de l'assumer. Ça faisait plus de 20 ans que j'étais dans un certain milieu. Même si moi, j'ai toujours été côté web, donc un peu... comment le chien fout dans cet écosystème-là. Milieu quand même très traditionnel, des fintechs, des banques, voilà, très structuré, on va dire. Et je me souviens des premières fois où les uns et les autres ont vu des posts, des vidéos ou des tours de conférences ou de rencontres. Quand je répondais à leurs questions, « Qu'est-ce que tu fais maintenant ? » Je parlais plutôt du coaching et du management de transition. J'ai eu le droit à des... à des retours assez particuliers. J'ai eu le droit à... Ah, ok ! Et du jour au lendemain, tu disparais de leur monde, tu vois, même vraiment le regard glisse sur toi. J'ai eu le droit de mes proches aussi, qui n'ont pas forcément compris, qui m'ont dit, mais Stéphanie, mais quel gâchis ! Par exemple, j'ai eu des mots comme ça, non pas méchamment, mais parce qu'ils m'ont vu construire ma carrière, et ils se sont dit, mais enfin, pourquoi t'arrêtes ? Je ne comprends pas. Le reflet de leur propre peur, on va dire. Oui, ça se coupe parce que t'as un titre, t'as créé une carrière et en fait, tu ôtes ce costume-là et quelque part, il n'y a plus la carapace du titre ou de l'entreprise que tu représentes. C'est beaucoup plus toi personnellement, donc c'est beaucoup plus sensible. Donc oui, ces aspects-là ont été assez challenging.
- Speaker #0
Et justement, sur ces difficultés et ces inquiétudes que la Stéphanie de l'époque vivait, est-ce que tu les anticipais juste ? situer certaines choses dans ta tête sans forcément que ça se produise. Comment la Stéphanie d'aujourd'hui voudrait rassurer la Stéphanie du passé ? Qu'est-ce que tu te dirais ?
- Speaker #1
Est-ce que tu voudrais te rassurer ou pas ? Alors, ce que je me dirais et que je continue de me dire tous les jours, c'est ça va se couer, mais Ausha. Ça va se couer, mais Ausha, ça en vaut la peine. Parce que de l'autre côté de tous ces inconforts à traverser, de tous ces doutes que j'ai traversés et que je continue de traverser, Il y a quelque chose de vraiment très différent de l'autre côté que moi, j'ai envie d'aller explorer, que moi, j'ai envie d'aller craquer. Vraiment, ce que je dirais à cette Stéphanie, que j'ai sous-estimé, je pense, c'est que ça va être une histoire de renaissance. C'est-à-dire qu'il va falloir laisser beaucoup de choses derrière. Beaucoup d'habitudes, beaucoup de connaissances, beaucoup d'accepter de redevenir une newbie sur plein de sujets. On parlait des réseaux sociaux juste avant d'enregistrer. j'ai jamais été très à l'aise sur les réseaux sociaux vu mon activité j'ai pas le choix grosse claque, grosse zone d'inconfort grosse difficulté pour moi d'y aller et puis cette identité que encore une fois que tu perçois dans le regard des autres quand on te demande ce que tu fais, très vite surtout dans notre société française encore une fois, c'est qu'est-ce que tu fais si t'as pas un gros titre ou une grosse entreprise ah, t'es coach
- Speaker #0
Et justement, est-ce que tu essayes d'utiliser des méthodes de coaching pour retourner le cerveau des gens qui sont en face de toi ?
- Speaker #1
Non, je ne coache pas les gens qui n'ont pas envie d'être coachés. Je ne perds pas mon temps à ça parce que c'est perdu ta force. Je ne coache pas, par exemple, mon mari. Ça, ce n'est pas la peine. Non, je reste sa conjointe et pas sa coach, même si parfois on pourrait se poser des questions. Mais oui, c'est assez particulier. Et non, je ne retourne pas les gens, je laisse à chacun faire son propre chemin en fait. Tu vois, il y a vraiment ce truc-là. Et ça, c'est le coaching qui m'a appris parce qu'avant j'aurais essayé. de forcer. Avant, j'aurais essayé de trouver une solution auprès de mes proches quand il y a une difficulté. Et le coaching, tu apprends à ça, de prendre ce step de recul. Et chacun a... C'est une phrase que je dis très fréquemment en coaching. On est assez à l'intérieur. On est déjà assez compétent, expert pour savoir quelle est la bonne solution. Pour savoir ce qu'on a vraiment envie de faire. Et ça, parfois je me mords la langue, parce que j'aimerais pouvoir donner la solution, mais c'est pas parce que c'est ma solution que c'est la bonne solution. C'est vraiment le coaching qui m'a appris ça.
- Speaker #0
C'est intéressant ce côté de ne pas coacher les autres à leur insu. C'est coacher son conjoint. Des fois, ça démange. Je ne suis pas coach et même moi qui n'ai pas forcément des connaissances super poussées, c'est vrai que des fois, c'est un peu chiant de voir les gens tourner en poupe.
- Speaker #1
De voir les gens autour de soi, alors son conjoint ou autour de... Quand j'interviens dans certaines entreprises, le coaching m'aide par exemple à faire une cartographie beaucoup plus rapidement et à m'adapter beaucoup plus facilement sans le prendre pour moi au premier degré. Alors que je suis en mission dans ces entreprises où ça pourrait éventuellement remettre en cause mon expertise, mes compétences. Et en fait, non, non, pas du tout. Grâce derrière au coaching et à l'auto-coaching, il y a des réflexes qui s'installent. te permettent au fil du temps de vraiment... Encore une fois, tu disais que parfois ça démange. Oui, ça démange et ça démangera toujours. Mais il y a un côté lâché-prise qui est plus rapide à mettre à activer.
- Speaker #0
Après, ce qui est chouette, c'est quand même que ces entreprises-là avec lesquelles tu bosses, elles sont déjà ouvertes à cette idée du coaching. Ce qui n'est quand même pas... Pour expérimenter, c'est pas forcément... Tout le monde n'est pas ouvert à ça. En France, c'est assez... C'est assez mal vu. Et puis, justement, c'est... C'est pour ça, peut-être que tu as été formée aux US.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Si tu peux nous en dire un peu plus, parce que j'imagine qu'étant formée aux US, des techniques qui sont peut-être plus adaptées à la culture US. Donc, comment tu peux appliquer ces techniques-là en Europe, où l'état d'esprit est quand même diamétralement opposé sur ce point-là ?
- Speaker #1
Je suis complètement d'accord avec toi et tu as tout à fait raison. Moi, j'ai choisi d'aller me former aux US parce que le fonctionnement franco-français, le management... français et même européen, même s'il y a de bonnes disparités en fonction de certains pays. Tu ne collabores pas avec une équipe allemande comme tu collabores avec une équipe espagnole. Pas du tout les mêmes drivers. Mais j'ai choisi d'aller aux États-Unis pour me former parce que je voulais aller chercher plus loin. Pour eux, le coaching, c'est normal. C'est tu prends un nouveau job, tu te coaches, tu te fais coacher, tu te fais accompagner. Les entreprises, à la fin de l'année, dans ton bonus, par exemple, il y a ces discussions autour de est-ce que tu as besoin d'un coach sur telle chose ? C'est vraiment normal, quotidien. Tu veux stepper, tu veux évoluer, tu investis en toi. Il y a cette notion aux Etats-Unis de tuer ton meilleur asset, que j'adore, et que si tu n'investis pas en toi, il n'y a personne qui le fera à ta place. Une de mes coachs, justement, aux Etats-Unis, avait cette phrase qui m'a marquée parce qu'ils sont beaucoup plus à l'aise pour parler argent aussi aux Etats-Unis. Au début, moi, ça me mettait énormément dans l'inconfort parce que... boîte française que je suis, oula, parler d'agence c'est quand même un peu tabou, c'est pas propre, c'est sale, c'est tout de suite... Il y a tout de suite une connotation assez particulière en France. Et elle disait, mais moi je préfère investir en moi et à me former. C'est vrai, certaines formations, j'en tire pas le bénéfice initial que j'ai imaginé, mais j'en tire toujours quelque chose. Et je préfère investir en moi que d'aller acheter dans mon entreprise, que d'aller investir dans les stock options d'une entreprise que je ne connais pas plus que ça, finalement. Et s'ils sont des Américains, il y a plein de choses que je n'aime pas trop aux Etats-Unis non plus. Attention, un gros filtre. Mais ils ont ce côté-là de « je n'attends pas, je veux un truc, j'y vais » . Il y a ce côté-là aussi, ce n'est pas parce que j'ai été à ce poste-là pendant X années que je ne peux pas faire quelque chose de très différent. Alors qu'en France, si tu n'as pas les bons diplômes, tu n'as pas le bon réseau et tu n'as pas 10 ou 15 ans d'expérience, ça ne rentre pas. ce côté libre entrepreneuriat qu'il y a ses travers aussi, soyons très très clairs. Mais cette culture-là est quelque chose que je trouve en France, on gagnerait à en prendre quand même un petit peu. Typiquement, moi je le vois dans les discussions que je peux avoir, soit avec des coachés, des relations professionnelles ou des entreprises, c'est « il faut que ça passe dans les BG de formation » , « c'est à mon entreprise de me donner la promotion » , « c'est à mon entreprise de payer pour ma carrière » , « c'est à mon entreprise de… ça va pas bien » , « il y a du stress ou de la pression » . Je dis pas que l'entreprise doit pas. rien faire. Mais si t'attends que ton entreprise pilote ta carrière, pilote tes compétences, tes soft skills, tes hard skills, mais où est ton leadership là-dedans ? Où est ton autonomie ? Et puis il ne faut pas oublier qu'aujourd'hui, une entreprise, ça ne dure qu'un temps. Il y a une accountability américaine, une responsabilisation de c'est ta vie, ta carrière, que je trouve est intéressante. En France, on a tendance à confier à une entreprise, à France Travail, au CPS, etc. Le poids des possibilités.
- Speaker #0
Oui, le poids de l'accessibilité et de la décision.
- Speaker #1
Oui. Chiquement, ma formation de coaching aux Etats-Unis, je m'en ai coûté un bras et deux reins. Mais je ne le regrette pas. Même si je n'en avais pas fait mon métier.
- Speaker #0
Et j'imagine qu'à l'heure actuelle, tu ne te repousses pas uniquement sur cette... formation qui a pris fin je sais pas, il y a deux, trois ans. Comment tu continues à te former et dans quel domaine ?
- Speaker #1
Je continue à me former en neurosciences parce que ça c'est vraiment hyper... En ce moment, ce domaine-là est en train de se révolutionner très fortement, donc c'est passionnant, il se passe plein de choses, mais qui sont pas encore très démocratisées. Donc je continue à me former dans ces aspects-là. Je n'arrête pas de me former, il y a des personnes qui vont aller... J'en sais rien, s'acheter une belle voiture ou un beau sac à main. Moi, j'investis. Pas plus tard que cette semaine, je viens de réinvestir 3 000 euros dans une formation. Parce que je continue à me faire coacher aussi. Parce que devenir indépendant, lancer ton business, etc. C'est quand même sacrément inconfortable. Et j'en sors toujours quelque chose. Je ne me cache pas derrière les formations pour me mettre en action. Parce que ça, c'est quelque chose sur lequel je vous challenge aussi beaucoup en coaching. N'est-ce pas ? Attention ! J'attends pas d'avoir une nouvelle formation pour lancer des trucs. C'est juste que je suis en formation continue, en fait.
- Speaker #0
Est-ce que tu as, dans le viseur, ou est-ce que tu as déjà fait une formation pour les réseaux sociaux, vu que c'est le cas où tu es dans ta chaussure ?
- Speaker #1
Alors, j'en ai déjà fait et je continue à en faire ou à en planifier. Je travaille actuellement avec une coach spécialisée dans ces domaines. Par exemple, il s'appelle Margot Klein, qu'on voit beaucoup sur les réseaux sociaux, qui est très cash, très directe. Parce qu'elle me secoue un petit peu, elle est beaucoup plus jeune que moi, mais aucun souci, elle est experte dans ce domaine-là, moi je ne le suis pas. Et je sais que j'ai encore beaucoup de marge de progression sur ce domaine-là. Donc oui, il y aura encore des formations. Je t'avoue que là, je vais avoir beaucoup plus de facilité à investir en moi sur des formations qui m'attirent, comme celles que je viens de te dire, coaching, neurosciences. Là, j'en vis une à Stanford que je trouve géniale. Alors, formation courte, MIA. et à distance, mais vraiment génial sur 3-4 mois. C'est sur les réseaux sociaux, mais en règle générale, elle passe un peu en dessous.
- Speaker #0
On verra. On verra quand on aura le temps.
- Speaker #1
C'est ma procrastination à moi.
- Speaker #0
C'est un côté rationnel parce que tu dis, bon, d'affaire la couche, en fait, il y a un être humain. Un être humain avec les mêmes blocages.
- Speaker #1
Non, mais complètement.