- Speaker #0
Bonjour et bienvenue chez Recess Your Mind, vous écoutez le 87e épisode. Aujourd'hui, je reçois une femme dont la cuisine raconte des histoires. La cuisine ? Oui, oui, vous avez bien entendu. Une femme qui soigne avec des saveurs, avec de la poésie, du frais, du vivant. Louise Gouillet, alias Vivagaya sur Instagram. Elle est naturopathe, elle est aussi chef cuisinière et surtout, c'est une artiste du soin. Et vraiment, j'aimerais que vous reteniez ce terme-là, une artiste du soin. Je l'ai connu lors d'une retraite de yoga et j'ai découvert à quel point manger sain pouvait être gourmand. Oui, vraiment gourmand. C'est ensuite devenu la chef sans qui je ne veux pas faire de retraite. Donc c'est vrai qu'à chaque retraite, Louise fait partie de toute cette expérience que l'on vous propose. Parce qu'elle a ce truc en plus, cette accessibilité, cette connexion aux besoins des autres, alors qu'ils ne le savent pas eux-mêmes. Et si elle est là aujourd'hui, ce n'est pas pour nous donner une leçon de bien-être, mais plutôt une leçon de vie. ou en tout cas, une ouverture d'esprit de vie. J'ai appris à la connaître et je trouve son histoire fascinante, puissante et inspirante. C'est l'histoire d'une renaissance, d'une reconnexion à soi et de ce qui nous fait vraiment, vraiment vibrer. Ou pour reprendre une expression de Louise, de ce qui nous met en droit. Et Louise, tu le sais, tu me fais penser à un petit lutin, plein d'énergie et donc positive. Enfin, un grand lutin, puisque tu es quand même plus grande que moi et c'est pas peu dire. Alors dans cet épisode... Nous allons parler de naturopathie, bien évidemment, et pourquoi tu pratiques cette activité ? Qu'est-ce qui t'y a amenée ? Parce que le chemin n'a pas été des plus simples, des plus faciles, et pourtant aujourd'hui tu rayonnes dans cette vie, dans ce microcosme que tu t'es créé. Donc bonjour Louise, sois la bienvenue.
- Speaker #1
Merci Stéphanie.
- Speaker #0
Dis-moi Louise, je te présentais comme ça parce que c'est ma perception des choses, mais et toi, si tu devais te présenter, qui es-tu ?
- Speaker #1
Je suis Louise, je suis naturopathe, je suis installée dans le Perche. Aujourd'hui, je vais recevoir des personnes en consultation dans mon cabinet. Donc ça, c'est la partie plutôt individuelle. Et je vais recevoir aussi des personnes, plutôt des groupes, pour lesquels je vais cuisiner lors de retraites, de séminaires. Donc c'est deux formes de transmission. Et c'est passionnant, les deux m'animent.
- Speaker #0
C'est quoi qui t'anime justement entre ces deux liens ?
- Speaker #1
c'est déjà de rencontrer des individus tous très différents. Parce qu'en fait, je m'attendais vraiment à un cabinet à avoir des femmes de 35 à 55 ans. Et finalement, c'est beaucoup plus vaste que ça. Donc, c'est de rencontrer et puis de transmettre. Et puis, c'est un échange parce que moi, j'apprends aussi beaucoup de ces personnes-là. Donc, c'est infini, en fait.
- Speaker #0
Pourquoi est-ce que tu es partie ? Déjà, qu'est-ce qui t'a amenée à créer ce métier ? Et à créer cette activité de naturopathe et de chef, il y a ce lien, cet échange, ces rencontres qui t'animent, mais comment tu arrives à matcher les deux ? Parce que ce n'était pas prévu.
- Speaker #1
Non, ce n'était pas prévu, mais si je repense un peu à tous les moments où j'ai dû repenser à ce que j'avais réellement envie de faire, au final, la cuisine était toujours là. La cuisine saine était là aussi. Mais en fait, je pense que je n'arrivais pas encore à axer les deux. Parfois, la cuisine revenait plus. plus fortement. Et puis après, c'était plus le soin, le corps, vraiment les techniques naturelles. Finalement, c'est la naturopathie qui a pris le pas. Un jour, j'ai décidé de me former. Il y avait toujours cette idée de cuisiner, de cuisiner pour les autres. Moi, j'adore l'idée de recevoir, de mettre du soin. Et en fait, le soin qu'on va apporter en cabinet, il peut très bien se retrouver dans l'assiette. Et à un moment donné, ça s'est... Je crois que c'est une amie qui m'a vraiment qui n'avait personne pour cuisiner pour un séminaire et qui m'a demandé. Et c'était comme un petit coup de pied aux fesses pour me dire, bon, bah go, en fait. Et c'est comme ça que je me suis lancée.
- Speaker #0
Et c'est devenu une évidence après ?
- Speaker #1
Ouais, en fait, je me suis éclatée. Vraiment, je l'ai adorée. Cette petite excitation, l'idée de tout bien préparer, le contact avec les producteurs aussi, d'aller vraiment à la recherche des bons produits, de sortir aussi de mon cabinet, de faire des choses... Ce n'est pas la même approche d'être un peu plus dans l'anticipation. Et au final, je me suis éclatée et c'est venu naturellement. Il y a eu des demandes comme ça et puis ça a été assez fluide.
- Speaker #0
Et c'est comme ça que tu as créé, mine de rien, ton métier, ton activité où tu vas partager ces consultations ultérieures en cabinet. Tu peux recevoir en physique ou même à distance. Je sais que tu fais aussi à distance. Et puis cette activité à côté, qui est quand même très prenante aussi, de Ok, cuisiner pour des retraites, mais... tu as évoqué le terme séminaire, c'est que même des entreprises maintenant font appel à toi pour ça, pour cette cuisine saine. Alors, totalement végétale ou pas, puisque tu combines les deux, mais en tout cas, cette volonté, y compris en entreprise, d'apporter du soin et beaucoup de poésie, puisque moi, j'ai le privilège de savourer tes plats à plusieurs reprises, du soin et de la poésie, en fait, dans l'assiette.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et ce qui est intéressant, c'est que parfois, je touche des gens qui ne mangent que très peu de légumes. Alors même si pour les séminaires, souvent, je vais cuisiner aussi de la viande ou du poisson. En tout cas, il y a cette approche naturelle qui vient un peu en sous-jacent de rapporter plus de vivants, d'apporter des saveurs qu'on n'a pas forcément l'habitude, certaines épices, des techniques de cuisson. et au final je me dis que ces personnes-là, elles vont peut-être ressentir un allègement. Ensuite, elles vont se sentir mieux pour le déroulement du séminaire. Et souvent, il y a des retours. Et je me dis que l'impact, même si c'est trois personnes sur dix, en fait, il y a toujours une petite graine qui est semée. Et c'est hyper intéressant aussi de voir parfois des gens qui arrivent avec des préjugés sur la cuisine plus végétale et qui, en fait, sont hyper ouverts.
- Speaker #0
Ah, t'as assez... Cette capacité-là de convaincre sans prouver, juste en proposant, en soumettant, et de convertir effectivement à des saveurs complètement oubliées, nouvelles, inconnues.
- Speaker #1
Oui, en plus, moi, je ne crois pas du tout au fait d'imposer quelque chose. Tu vois, moi-même, si tu m'imposes de manger des choses, tu m'imposes un régime, je pense que je ne vais pas du tout avoir envie de le tenir. Et c'est plus par la suggestion, par le jeu. C'est comme ça que j'ai envie de l'aborder, en fait. de twister, de faire une recette qui est très classique, mais d'apporter d'autres petites lectures. Et je pense que c'est comme ça qu'on fait bouger des lignes. Tu les amènes à eux-mêmes trouver le chemin.
- Speaker #0
Moi, je me souviens qu'à chaque fois, j'ai l'impression de bien manger, parce que c'est très gourmand ce que tu prépares, mais aussi de me soigner, de prendre soin de moi, de mon intérieur. Et ça, c'est quelque chose qu'on oublie. qui n'est jamais en top priorité, qui est plutôt au fin fond de la liste des sujets à adresser. Et toi, tu l'amènes de manière, encore une fois, très poétique, parce que je trouve tes plats toujours très raffinés, très travaillés, aussi bien dans le visuel que dans les saveurs, mais avec ce twist sans imposer, sans prouver que c'est ça qui est meilleur. Plutôt en expliquant, en amenant, en connectant.
- Speaker #1
Oui, parce qu'en fait, ma cuisine, elle est quand même très simple. Je ne vais pas du tout chercher des choses compliquées, mais c'est plus par la simplicité et se dire, voilà, là, c'est là, c'est la saison de tel ingrédient, de tel légume. Comment on peut le rendre sympa et le twister ? Et moi, j'aime bien quand même faire découvrir des légumes qu'on a ou redécouvrir. Tu vois, par exemple, la betterave, souvent, j'ai des gens qui me disent, ah, je n'aime pas la betterave. et puis finalement on a réussi quand même à outoua avec le fenouil en fait par d'autres biais on arrive à se dire le goût évolue, peut-être qu'à un moment donné tu n'aimais pas ça mais il y a peut-être d'autres façons de le cuisiner pour que finalement tu apprécies et puis aussi moi j'ai de la chance d'habiter dans le Perche on a des super maraîchers des producteurs qui cultivent des légumes qui sont délicieux et en fait la base elle est bonne Il y a ça aussi. C'est plus facile. Ce n'est pas une carotte de chez Intermarché qui va être un peu fade. Là, elle a du goût. En fait, une bonne cuisson et hop, ou pas de cuisson, mais une bonne huile, des bons épices.
- Speaker #0
On va revenir sur la partie naturopathie après, deuxième partie du podcast. Avant d'en arriver là, avant d'être là aujourd'hui, il y a eu forcément un déclic. qui t'a amenée à la naturopathie puisque tu as commencé ta carrière dans un milieu complètement différent, à faire complètement autre chose. Tu n'étais d'ailleurs plus dans le perche. Quel a été ce déclic, justement, et qu'est-ce qui t'a amenée à switcher parce que tu as vraiment complètement changé de vie ?
- Speaker #1
Moi, je travaillais à Paris dans le commerce et le contact avec les gens me faisait beaucoup de bien. En revanche, les techniques managériales le... détruiser, vraiment me scalper, vraiment. Sauf qu'il y avait énormément de signes, mon corps envoyait des signes tout le temps et je ne voulais absolument pas les voir. Jusqu'au jour où j'ai fait un urticar géant. Donc là, tu te retrouves avec ton corps recouvert de plaques, qui grattent évidemment, cet urticar. C'est intéressant parce que mon corps s'est recouvert, sauf le visage et sauf les mains. Donc vraiment, tout ce qui pouvait être caché, c'était inflammé. Et sinon, le reste était neutre. Donc j'ai eu ce petit répit-là. Mais là, il y a eu un petit stop quand même. Là, je n'ai plus pu. Et en faisant un petit travail pour regarder ce qui n'allait pas, je ne captais pas du tout que le matin, je vomissais avant d'aller travailler. Ça m'est arrivé de tomber dans les pommes au travail.
- Speaker #0
Et toi, tu dis « petits signes » , c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, c'est « petits signes » . Parce qu'en fait, quand tu n'as pas du tout envie de les voir, tu continues et tu mets tes bonnes œillères et tu fonces et tu te dis « non, non, mais ça va aller » . Parce qu'en fait, je ne voyais pas d'alternative, je ne voyais pas d'issue de secours. Et je me disais « ça va passer, ça va passer, ça va passer » . Juste au jour où j'ai fait cette urtica, et là, vraiment… En fait, j'étais dans une profonde détresse et tristesse. Et là, j'ai pu quitter mon travail. Mais je suis quand même restée. C'était un beau burn-out. Et je suis restée dans un état vraiment de sidération pendant un bon moment. Je n'ai plus le pouvoir. Je me levais, mais tout était un peu... Tout était fade. Et puis, aucune envie. Donc, il y a eu ça. Je suis remontée un petit peu progressivement. un petit peu la pente. À peu près 5 ans plus tard, j'ai eu un bon choc aussi qui, là, vraiment m'a permis de me dire « Go, maintenant, tu te formes et tu y vas, quoi. Maintenant, c'est pour toi. Fonce, en fait. » Et en fait, moi, je pense que j'ai besoin parfois d'avoir des chocs, des choses où vraiment je touche un peu le fond pour pouvoir remonter bien. Je sais qu'après, ça, c'est ma capacité euh je remonte plus fort. Ça me donne un élan vraiment puissant.
- Speaker #0
Pourquoi, selon toi, est-ce qu'on attend ? Parce que tu n'es pas la seule que j'entends me dire « j'ai attendu vraiment d'être au fond du gouffre pour rebondir » et pas forcément qu'une seule fois. Il m'a fallu un ou deux, voire plus parfois, électrochocs pour vraiment rebondir ou m'autoriser à écouter. Pourquoi est-ce que, selon toi, on attend aussi longtemps ? avant d'agir ? Pourquoi est-ce qu'on doit limite toucher le fond pour prendre conscience de certaines choses ?
- Speaker #1
Dans le cadre du burn-out, clairement, c'était vraiment le syndrome de la bonne élève qui veut tout bien faire et qui se donne à fond pour réussir, pour faire en sorte que ça se passe bien. Que ça se passe bien, que ce soit fluide. C'était un peu une manière à moi de contrôler cette partie-là. Mais au final, ce n'était pas vraiment ce qui était bénéfique. Ce n'était pas ce qui était bon pour moi.
- Speaker #0
Donc, en fait, il y a vraiment cette dichotomie ou ce paradoxe entre « il faut que je ressemble à ça » , une construction d'un idéal, d'un modèle dont les gardiens sont souvent le regard des autres, même si certains sont très bien intentionnés, mais quand même. Et toi, c'est cette envie de rentrer dans ce moule-là, c'est ça ? Oui,
- Speaker #1
c'est ça. C'est carrément, je pense, le regard des autres. Qu'est-ce que tu vas faire de ta vie ? Comment tu laxes ? Qu'est-ce que tu as fait comme études ? Qu'est-ce qu'il va falloir que tu fasses ensuite ? Et comment ça va se dérouler ? Comment tu vas progresser ? Comment progressent tes amis ? Et toi, à quel niveau tu en es ? Et puis, quel regard tu te portes, toi aussi, dans cette idée-là ? La peur de ne pas y arriver aussi, ça, c'était de l'échec, tu vois ? De se dire, ah, mais en fait, si je n'y arrive pas, qu'est-ce que je fais ? C'est quand même dur de se dire, bah non, en fait, j'ai fait des études. Moi, j'ai fait des études de commerce. mes parents ont payé des études et à la fin je fais pas du tout ça donc il y a ça aussi de se dire ah oui ok d'accord il y a toute cette narration sociale en fait la narration sociale ouais en fait et te dire bon bah ce que tu as fait ça n'implique pas que toi et donc t'as un peu une petite responsabilité et tu te dois de continuer sur la voie qui a été lancée au moins pendant un moment parce que sinon bon bah qu'est-ce que les autres vont en penser et puis au final je pense que bah on offre pas un si large panel de possibilités aux étudiants. Je trouve qu'en France, en fait, on vient vraiment catégoriser. Tu fais ta l'étude. OK, tu vas faire tel type de travail et tu vas t'enfermer dans un schéma. Alors qu'en fait, on a un panel qui est hyper large. Et si on donne la capacité aux jeunes d'explorer et de les rendre vraiment acteurs, curieux, sensibles, cultivés, je pense qu'après, le panel est très, très large. On peut faire plein de choses. Mais encore faut-il avoir assez de confiance en soi pour se donner cette capacité-là et foncer.
- Speaker #0
Et c'est vrai que ce n'est pas ces soft skills-là, pour reprendre le terme, que l'on développe tout au long du parcours scolaire, quel qu'il soit, que ce soit assez tôt ou plus tardivement dans des études secondaires ou des grandes écoles de commerce. Pas forcément ça, c'est plutôt comment rentrer dans le moule et cocher les cases.
- Speaker #1
Oui, cocher les cases assez vite et de manière assez faux performée.
- Speaker #0
Il y a beaucoup d'exigence aussi dans ce que tu dis. Quand on préparait cet épisode, on disait qu'il y a pendant cette période-là de sidération. c'est un terme qui est très fort et qui est très intéressant à retenir parce que dans ce cadre de burn-out aussi, c'est souvent ce qui se passe, c'est qu'on est tellement au bout du bout de l'épuisement, en fait, qu'il n'y a plus d'ennui, il n'y a plus de joie de vivre. C'est vide. Et ce terme sidération revient fréquemment. Toi, pendant cette période-là, tu entends des phrases aussi, avec la meilleure intention du monde, parfois, qui ne passent plus. Celles qui blessent, que l'on ne devrait pas... pas forcément dire à quelqu'un qui est en burn-out justement, tu peux nous en citer quelques-unes qui t'ont plus marqué ?
- Speaker #1
Oui, en fait c'est des phrases vraiment de proches qui sont plus inquiets pour nous et qui vont se demander, qui sont un peu maladroits, mais alors quand est-ce que tu postules ? Qu'est-ce que t'as fait aujourd'hui ? Alors ça, qu'est-ce que t'as fait aujourd'hui, je pense que c'est le pire, parce qu'en fait quand on est en burn-out, on a tellement eu un stress intense qu'on a juste besoin. On a eu tellement de fortes émotions d'activité, plus qu'en fait, on a juste besoin de repos. Donc moi, j'avais juste besoin d'être sur une canapé ou de faire des siestes et de dormir. Vraiment, de ne rien faire. Je ne pouvais pas, mon cerveau ne sectionnait pas. T'as des pistes, quand est-ce que tu vas retrouver un job ? Et en fait, plus ces personnes me disaient ça et plus je me sentais comme vraiment... Enfin, plus ça me dévalorisait et... plus mon estime personnelle était dégradée. Et donc, c'était vraiment tout le... Enfin, c'était contre-bénéfique. Donc, j'avais vraiment demandé à mes proches, je leur avais dit, écoutez, quand j'ai des pistes de réflexion, quand je sais ce que j'ai envie de faire, vraiment, quand ça vient, je vous en parle. Mais en fait, ça ne sert à rien de me demander toutes les semaines si j'ai postulé, si j'ai trouvé. Là, ce n'est pas maintenant et ce n'est pas grave.
- Speaker #0
T'as dû faire face aussi à cette incompréhension du monde extérieur.
- Speaker #1
Parce que quand t'as 22 ans, normalement t'es censée performer, t'es censée être dans la pleine puissance, t'es censée... Mais plein de choses, quoi. Et parfois, non, tu peux pas, en fait. T'adorerais être comme tes amis qui sont à fond, mais tu ne peux pas. Et ça peut arriver à 25 ans, comme 35, 45. Je pense que c'est dans ces moments-là... il faut vraiment réussir à se préserver et aller vers des personnes qui ne vont pas être jugantes ou ne pas attendre en tout cas et se faire aider. Mettre du soin à ce moment-là, c'est hyper important. Trouver des gens à l'écoute et qui sont en capacité d'accueillir ça.
- Speaker #0
Je dis souvent que le burn-out, c'est une espèce de vallée de la misère et en fait, le burn-out, tu sautes au-dessus pendant très longtemps entre qui tu es toi et qui les autres. Et quand je dis les autres, c'est avec un très grand A. la société, l'éducation, le milieu social dans lequel tu évolues, attendent. Et tu as cette vallée de la misère, du burn-out, et en fait tu passes ton temps à sauter au-dessus mine de rien. Alors parfois il y a un pont et c'est cool, ou c'est pas très loin et ça va, mais plus c'est loin de qui tu es fondamentalement, ou qui tu as envie d'être et qui vont t'imposer d'être, et plus c'est un effort quotidien perpétuel. Et c'est ce qui fait qu'au bout d'un moment, parfois on tombe dans cette vallée de la misère, mais qu'on n'est pas obligé d'y rester longtemps. non plus. Est-ce que ça, c'est quelque chose qui résonne pour toi ?
- Speaker #1
Clairement, la vallée de la misère, on n'est pas obligé d'y rester longtemps, mais je pense que quand même en fait, il faut juste lâcher. Dans ces moments-là, c'est peut-être le plus dur parce que le bon élève, il n'a pas du tout envie de lâcher, mais je pense que de lâcher prise et de se dire, de laisser faire en fait. De toute façon, tu ne peux rien faire d'autre. Donc, si tu laisses faire, que tu prends ce temps pour te reposer. Ce temps de repos est de rien, de vide, qui est complètement absent de nos sociétés actuelles. Ou tu zappes, ou tu tac, tac, tac, tout va plus vite, t'as que des outils pour performer. Là, en fait, on me demande... Je pense que c'est bien de faire l'inverse et de lâcher totalement, de se reposer. Et tu vois, il y a un peu cette métaphore du... Quand tu vas faire du surf et que tu tombes de ton surf.
- Speaker #0
En fait,
- Speaker #1
les... Les profs te disent, si tu vas, tu résistes. En fait, si tu passes derrière les vagues et que tu résistes, tu ne vas jamais revenir sur le rivage. juste te laisser aller. Et à ce moment-là, la mer, elle te ramène tout ça. Si tu résistes, tu vas tout le temps être pris dans le courant et tu vas jamais remonter. En fait, ça marche pas. Là, et tu reviendras sur place, ça va peut-être prendre un peu de temps, mais sur le rivage, c'est comme ça, en fait, que tu retrouves... Tu te laisses faire. Parce que la résistance,
- Speaker #0
et effectivement, le burn-out, ça touche des gens très performants, la plupart du temps. Ceux qui veulent pas lâcher, justement, qui... tiennent le coup, qui sont là, qui sont toujours présents. Mais cette résistance, t'as raison, elle consomme de l'énergie aussi.
- Speaker #1
Et puis en fait, être dans la résistance, tu résistes, tu forces, tu t'écoutes pas dans ce moment-là. C'est impossible. Et c'est comme ça que tu passes à côté, comme moi je l'ai fait, à côté des signaux. Mais le burn-out, ça dure longtemps et c'est dur, ça détruit profondément, je pense. C'est très long de se remettre d'un burn-out.
- Speaker #0
Cool, la question suivante que j'ai envie de te poser, c'est est-ce que l'on se remet vraiment d'un burn-out ?
- Speaker #1
Je pense que oui, on peut se remettre d'un burn-out, peut-être pas dans tous les cas, mais en tout cas, je pense que vraiment, il y a des personnes qui peuvent tomber dans des dépressions très profondes.
- Speaker #0
Plus tu résistes et plus tu te remets dans le même contexte ou dans les mêmes dispositions, et en fait, je pense que plus tu te réexposes, même irritant, si je puis dire.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. En fait, je pense que si tu arrives à sortir de la situation, prendre du recul, si tu as la possibilité aussi, prendre du recul et faire un travail pour observer ce qui était en jeu et quel mécanisme tu avais mis en place pour en arriver là, oui, je pense que c'est possible d'en sortir. Parce qu'en fait, notre corps, il est quand même très adaptatif. Donc dans des stress intenses, en fait, il va aussi apprendre de ses stress. Encore faut-il... apprendre, réussir à voir d'où viennent, comment sont construits les mécanismes.
- Speaker #0
Il y a vraiment ce message, du coup, dans ce que tu dis, qu'on peut se remettre d'un burn-out à condition aussi de s'autoriser à s'écouter et à identifier ce qui nous a menés là, et mettre en place d'autres approches.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. En fait, c'est vraiment, encore une fois, tu vois, en naturopathie, on va un peu être comme un détective avec une loupe, où on va aller chercher la cause du problème. Là, dans le burn-out, c'est vraiment d'aller chercher Pourquoi je suis arrivée dans cette situation-là ? Qu'est-ce que moi, j'ai fait pour en arriver là ? Et puis peut-être aussi, quel est mon environnement ? Et quels sont les mécanismes en place dans mon environnement actuel ? Et peut-être même au niveau des schémas familiaux. Qu'est-ce qu'on m'a transmis ? Quelle pression j'ai sur les épaules ? Quelle peur je peux avoir ? Des peurs qui peuvent être totalement irrationnelles. Mais observer et se dire, comment je vais faire maintenant ? pour ne pas reproduire ce schéma qui est délétère pour moi.
- Speaker #0
Comment faire le tri dans ces peurs aussi, ou ces croyances dont j'ai potentiellement hérité, soit hérité des ascendants, soit hérité du milieu scolaire, du milieu professionnel, social, peu importe dans lequel on a évolué, et qui ne sont pas les nôtres ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Il y a plein de facteurs qui sont... Il y a plein de croyances limitantes, de croyances familiales qui sont là, présentes, et en fait ça ça vient vraiment pourrir je pense une grande partie des gens, des peurs mais folles de manque ça la peur du manque elle te s'y dard en fait, tu peux pas avancer avec une peur du manque tu peux pas m'entreprendre, tu peux pas aller de l'avant si tout le temps on te dit ah non mais attends, la petite voix interne te dit ah non on va pas faire ça attends, t'es trop con parce que tu vas pas y arriver si tu t'assistes pas de toute façon tu peux pas y arriver Et ça, ça va avec la confiance en soi, en fait. L'engrage...
- Speaker #0
J'adore cette petite voix. Si à chaque fois que tu fais quelque chose, que tu veux oser faire quelque chose, tu as une petite voix qui dit « Ah mais attends, non, tu ne peux pas faire ça. C'est dangereux. Ah mais non, tu ne peux pas faire ça, sinon tu n'as pas ton salaire à la fin du mois. Ben non, tu ne peux pas faire ça, sinon... » Ça ne se fait pas dans la famille aussi. Ça peut être des choses comme ça.
- Speaker #1
Tu vois, la petite voix, quand mon ami m'avait proposé de cuisiner pour ce séminaire, En fait, la petite voix, elle était plutôt chouette. C'était plutôt l'intuition qui m'a dit « Attends, t'as hyper envie de le faire. Ouais, mais potentiellement, tu te plantes. » Mais je me suis dit « Ok, potentiellement, tu te plantes, mais potentiellement, tu réussis aussi. Donc, vas-y. Au mieux, ça marche. Et au pire, tant pis, c'est one shot. C'est pas dramatique, mais au moins, teste. » Et ce truc-là, c'est hyper... En fait, je pense que vraiment, il faut y aller.
- Speaker #0
On va basculer du coup sur la... Ou revenir plutôt sur la naturopathie. Qu'est-ce qui t'amène justement ? Qu'est-ce qui fait cette bascule ? Parce que tu as beaucoup voyagé aussi. Tu as toujours eu aussi cette âme un peu créatrice, cette âme d'artiste, puisque tu m'as partagé que tu dessinais beaucoup, tu faisais beaucoup aussi de terre, de poterie, ce genre de choses. Donc, il y a toujours eu cette âme quand même de création. Mais... là où tu te sens alignée, si je puis dire, c'est la naturopathie.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. En fait, j'ai vécu au Mexique et au Maroc pendant deux ans et demi. Donc, c'est des moments où j'ai pu faire beaucoup de céramique, par exemple. Je travaillais des objets en béton avec une amie. Enfin, on s'éclatait. Mais aussi, j'ai pu apprendre beaucoup. J'ai rencontré des gens qui étaient naturopathes ou qui étaient en lien avec la santé à ce moment-là. Je voyais les choses. En fait, moi, j'aime bien ouvrir un large panel. Et je me disais, bon, la création des Noëls, c'est quand même chouette. Et je n'arrivais pas trop à axer. En fait, tu sais, parfois, tu as toutes ces petites choses, ces petites portes qui s'ouvrent. Et puis, tu as toutes ces portes en face de toi. Tu as envie de faire plein de choses, mais tu ne sais pas exactement. Et je pense que j'avais encore des résistances du burn-out avec les petits résidus qui te disent, ben non, en fait, tu es nulle, ne l'y va pas, tu ne vas pas être capable. Et un jour, en fait, suite à une séparation, j'ai eu un déclic. Je me suis dit, fonce en fait, vas-y. C'est maintenant, ça fait... Tu vois, je dessinais des... J'habitais au Maroc, je dessinais des tapis. J'aurais très bien pu aller dans la classe et travailler avec des artisans pour les faire faire. Pareil avec les céramiques. Tous ces petits trucs de faisidus. Ça, c'était quand même cinq ans après le burn-out. Elle me disait, non, non, non, ne le fais pas. J'ai finalement un jour des clics. Tu t'es dit,
- Speaker #0
go, j'y vais.
- Speaker #1
J'y vais. Et en fait, je me suis mise dans ces études, ce qui n'est pas évident quand tu as 30 ans de te remettre dans tes études parce que je crois que tu l'avais vu aussi.
- Speaker #0
Je l'ai vécu à deux reprises.
- Speaker #1
Je suis vraiment habituée à passer 7-8 heures devant des cahiers à apprendre, apprendre, faire. Mais c'est hyper intéressant parce qu'on reconnecte des parties de notre cerveau. C'est génial. finalement, ces études m'ont fait rencontrer plein de nouvelles personnes qui m'ont apporté beaucoup aussi. C'était des nouvelles façons de vivre, des nouvelles...
- Speaker #0
Alors justement, comment est-ce que tu définirais, toi, la naturopathie ? Parce qu'il y a plein de gens qui ne connaissent pas trop ou qui mettent plein de choses derrière la naturopathie. C'est quoi, pour toi, être naturopathe aujourd'hui ?
- Speaker #1
Être naturopathe aujourd'hui, c'est une approche du vivant où tu vas faire en sorte d'observer qu'elles peuvent être... les potentiels déséquilibres d'une personne et faire en sorte que ces personnes-là retrouvent l'équilibre via des techniques manuelles ou des techniques naturelles. Les plantes, tu travailles sur l'alimentation, tu travailles sur le sommeil, l'activité physique, l'activité psychique. Et en fait, tu vas essayer de retrouver l'équilibre sur tous ces plans tout en cherchant où peuvent être les déséquilibres dans l'hygiène vitale. parce qu'en fait, on considère que chaque personne a un terrain propre, elle a des besoins propres, et on va chercher à faire en sorte qu'elle respecte au mieux ses besoins. Les tiens peuvent vraiment être différents de ceux de ton mari ou de tes enfants. Si c'est tes enfants, ils héritent, donc c'est un petit mix, mais faire en sorte que les gens aillent bien tout le temps.
- Speaker #0
Et c'est intéressant parce que du coup, tu dis à la fois à travers la nourriture, l'alimentation, mais aussi à travers le sommeil, aussi à travers l'activité physique. Il y a un côté vraiment 360 et hygiène de vie globale, je dirais. Pour soutenir cette énergie qu'on a chacune en nous.
- Speaker #1
Oui, en fait, tu pars du principe qu'en gros, si 80% du temps, tu te nourris bien, tu apportes les bons nutriments, les bonnes vitamines, la bonne hydratation, tu mets en mouvement ton corps, tu fais en sorte que tes pensées... ta sphère psychique soit saine, tu fais circuler, tu mets du mouvement, tu mets du vivant, ça marche, ton corps fonctionne bien. C'est pas un surplus, tu lui apportes les bons nutriments au bon moment dans la journée, c'est facile pour ton corps. Alors que si tu donnes à ton corps des éléments dont il n'a pas du tout besoin, c'est du travail en plus. C'est un peu comme un employé, tu lui donnes des gestes et inutiles. c'est inutile. Inutile, dépense d'énergie, du coup tu te fatigues. Et donc, tu te fatigues inutilement. Et vraiment, ça change tout. Tu as rien qu'au niveau de l'assiette. Si tu as une assiette qui est simple, avec des produits bruts, de saison, des bonnes vitamines, des légumes qui ont bien poussé, tu fais des cuissons qui sont douces, des bonnes huiles, des bonnes protéines, tu as ton assiette qui est devant toi.
- Speaker #0
En fait, ton corps, ton foie, il est trop heureux. Il a moins de travail. En fait, c'est donner moins de travail. C'est se simplifier clairement la vie. Et ce n'est pas triste, en fait, vraiment.
- Speaker #1
Ce que j'ai vraiment adoré dans ta cuisine, c'est ce côté global de soins. Et non, c'est tout sauf triste au contraire. Et puis, c'est hyper gourmand, hyper généreux. Et toutes les personnes qui sont venues en retraite avec moi, qui ont du coup goûté... à ton savoir-faire, sont toutes reparties en disant effectivement 1. j'ai beaucoup plus d'énergie 2. ça fait bouger des choses dans mon corps mais aussi dans ma relation à la nourriture pour certaines et aussi dans ma compréhension de ce dont j'ai besoin en ce moment puisque ça varie aussi oui
- Speaker #0
ça varie surtout quand t'es une femme tu vois oui c'est encore plus on n'a pas les mêmes besoins suivant les périodes du mois, de notre cycle hum dans les saisons. Donc oui, c'est hyper important d'être à l'écoute.
- Speaker #1
Quand tu as créé ta pratique, ton cabinet et ton équilibre justement, puisque bon ok, il y a la naturopathie, mais j'avais vraiment envie de partager cette renaissance en fait de Louise. Tu as créé ton activité, tu t'es formée bien évidemment, tu t'es autorisée à chercher pendant quelques années aussi, à explorer on va dire ? Et quand tu crées cette pratique dans ton cabinet avec cette activité de chef, qu'est-ce que cela a changé dans ton rapport au temps, à l'énergie, à la valeur justement ?
- Speaker #0
Rapport au temps ? Alors c'est vrai que ça prend beaucoup de temps. Quand t'es entrepreneur en fait, ton temps c'est à plein temps, tu penses tout le temps à ce que tu vas faire, il n'y a pas de porte de sortie et porte de bureau donc tu entres et tu... C'est tout le temps là. Il a fallu que je pose des petits créneaux, en tout cas moi dans ma semaine, pour me dire « Là, c'est obligatoire. Le lundi matin, je commence par du yoga pour lancer ma semaine. Le jeudi matin, il y a du yoga aussi. Je vais en faire dans la semaine aussi. » Mais en tout cas, il y a ça. Il y a des moments dans la semaine qui sont bookés pour avoir au moins ces fenêtres de non-travail. Parce que je sais que le reste du temps, en fait, mon cerveau va être tout le temps stimulé et tout le temps en activité, en action pour se dire « ah oui, potentiellement, n'oublie pas ceci, ah oui, pense à ça, ah oui, ça » . Et puis finalement, moi, tu vois, c'est un travail passion. Donc clairement, que ce soit des lectures autour de la santé, que ce soit des rencontres, au final, mes amis, quand même, il y en a beaucoup qui travaillent dans ce domaine-là. On en parle beaucoup.
- Speaker #1
Tout le temps.
- Speaker #0
Et donc, il faut aussi des moments sans ça. Même si c'est une passion, mais oui, c'est apprendre à...
- Speaker #1
La difficulté d'entreprendre et dans les dirigeantes ou les entrepreneurs hommes-femmes que j'accompagne, c'est la difficulté effectivement de ne pas penser au travail, de ne pas être dans ce monde du travail. Parce qu'effectivement, quand tu es salariée, tu peux l'avoir aussi, mais il y a quand même ce côté de je ne suis pas au bureau. Il y a une accessibilité à ce « off » . qui est parfois un peu plus facile. Quand tu es entrepreneur ou dirigeant de ta propre boîte, c'est différent effectivement.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Et aussi au niveau de la temporalité, moi je sais que maintenant, en fait j'ai une vision sur le long terme. Chose où j'étais incapable, c'était impossible pour moi de me dire dans 6-7 mois, je vais faire ça, je vais être là. Pour moi c'est un calvaire. C'est atroce de me dire ça. Et maintenant, en fait, ça me sécurise de me dire, OK, au mois de septembre, il va se passer ça, au mois de novembre. Et en fait, étant donné que je fais des choses qui me font plaisir, qui me mettent en joie, tu vois, de savoir qu'au mois de février, j'ai une retraite avec une amie. Et en fait, on est tellement en joie de faire cette retraite. On a déjà tellement pensé à la suite qu'on a déjà programmé celle qui va suivre au mois de novembre.
- Speaker #1
Je fais une parenthèse du coup sur cette retraite. Je mettrai... Le lien vers ton profil Instagram, si vous avez l'occasion de faire une retraite avec Louise, allez-y. Foncez !
- Speaker #0
D'autant que c'est vraiment en plus une retraite autour du cortisol qui est l'hormone du stress, donc ça fait quand même assez sens avec tout ce qu'on se dit là maintenant. Ce stress qui est là, un peu suractivé sans cesse. Et là, on va plutôt chercher à aller chercher le moins et comment mettre du moins et comment trouver ces espaces au quotidien de respiration, de mouvement. Hyper important, c'est ce qu'on disait avant.
- Speaker #1
Tellement, quel est ton regard ? J'ai encore une ou deux questions après. On voit que tu réussis. Quel est ton regard aujourd'hui sur le monde du travail puisque tu rencontres beaucoup de personnes d'horizons très différents ? à la fois dans le cabinet, mais aussi dans les différentes retraites ou séminaires que tu pourvois en nourriture saine. Avec ce recul et après l'avoir quitté, quel est ton regard justement sur ce qui se passe sur les deux, trois dernières années ?
- Speaker #0
En fait, quand j'observe, je me dis qu'il faut beaucoup de courage et d'abnégation pour travailler et pour être employée dans ces conditions. En fait, ça super dure. dur, le rythme il est dur. J'ai pas l'impression que l'humain soit au centre en fait. J'ai l'impression qu'il y a une déconnexion. Et parfois j'ai du mal, moi, en tout cas, à mettre du sens là-dedans. Dans ces rythmes que je trouve complètement impossibles à tenir sur du long terme, ces pressions qui sont mises, ça n'a aucun sens quoi. Vraiment quand je pense au fait que ce soit des humains qui pensent à d'autres humains, je ne comprends pas. Et aussi je me dis qu'il y a une telle déconnexion entre ces humains, leur corps, leurs besoins, ce qui est demandé. Et donc il y a une déconnexion de sens et comment tu peux remettre du sens là-dedans ? Je trouve que remettre du sens du vivant, je pense que c'est hyper important. En tout cas, que ces personnes-là aillent chercher des moments de reconnexion pour écouter justement les signaux... du corps, qui sont parfois...
- Speaker #1
Il y a une vraie déconnexion entre ce dont on a besoin en tant qu'être vivant, animal tout simplement. Là, on enregistre cet épisode sur cette fin d'année, début d'année. Forcément, c'est l'hiver, on est tous beaucoup plus fatigués, on a besoin de plus de repos, plus de sommeil puisque les journées sont plus longues, notre corps nous incite à ça. Combien de personnes refusent d'ajuster leur temps de sommeil ou de s'autoriser à aller se coucher une demi-heure plus tôt ou une heure plus tôt ?
- Speaker #0
par exemple il fait nuit à 17h aller se coucher à 23h c'est tard quoi profiter de ce moment de nuit dormir quoi écouter le rythme c'est vrai que le rythme de la nature il est assez bon et je pense que c'est pas mal de se connecter justement un peu plus à ça et être à l'écoute au final toujours ça je
- Speaker #1
vais avoir une double question pour clôturer Louise qui va être la première ça va être Qu'est-ce que tu dirais à la Louise d'il y a 10 ans, à celle qui était au fond du gouffre, qui était en sidération ?
- Speaker #0
Je lui dirais « T'inquiète, ça va aller » . Parce que ma meilleure amie m'avait dit « T'inquiète, ça va aller » , et en fait, elle a raison.
- Speaker #1
C'est une étape, certes inconfortable.
- Speaker #0
Oui, c'est une étape, il va falloir surfer la vague.
- Speaker #1
Il faut se prendre à quelques rouleaux, un peu de sable.
- Speaker #0
Ouais, parfois la vague, elle est… Mais après, en fait… C'est super si tu peux trouver des belles clés. Et puis surtout, tu peux aussi poser des limites, savoir ce dont tu n'as vraiment pas besoin. C'est juste l'apprentissage du nuits, c'est le chemin. Ce n'est pas linéaire. Parfois, il y a des détours et c'est OK. Et puis c'est OK parfois de se planter. Il y a des super réussites, mais c'est bien aussi de se dire que tout ne peut pas être ultra lisse.
- Speaker #1
Oui, et puis les super réussites ultra lisses, comme tu évoques, c'est uniquement le sommet mergé de l'iceberg souvent. on voit pas tout ce qu'il a fallu pour en arriver là, on voit pas tous les essais qui ont forcément été hyper concluants, je préfère le mot essai à échec tu vois et plus on essaye et plus on crée.
- Speaker #0
Oui et puis c'est le vivant quoi, c'est tout, c'est ok on peut pas être, on est pas infaillible ça va quoi, tout va bien
- Speaker #1
Et t'aurais une phrase vraiment toi qui toi t'apportait et qui pourrait justement accompagner celles et ceux qui nous écoutent ?
- Speaker #0
Une phrase en infra, moi ce serait plutôt d'écouter la petite voix interne, d'apprendre à écouter son intuition et de se dire « Ok, si je dois passer par là, go ! » Et puis écouter, moi quand ça vibre à l'intérieur, quand ça me met en joie, c'est le bon signal. Si vraiment on me parle de quelque chose, d'un projet, et que ça commence à vibrer en mode ou ça va être trop génial, là j'y vais. En revanche, s'il commence à y avoir des petits espaces de tension... Ça, clairement, maintenant, je dis non-stop. Même si la promesse est super haute et géniale, et puis c'est dans un beau paquet, et ça va être génial potentiellement. En fait, voilà, c'est ça. Si ça met en joie, c'est que c'est bon.
- Speaker #1
Si c'est un grand oui et que ça vibre,
- Speaker #0
go ! Mais il faut vraiment que ce soit en adéquation avec mes valeurs, en adéquation avec mes envies. Après, tout ne peut pas être forcément tout rose, mais... et facile,
- Speaker #1
parfois c'est pas facile mais si ça vibre et que moi j'ai trop envie de foncer et dans ce cas là c'est possible tout est possible alors Louise je vais te remercier encore une fois et même mille fois d'avoir pris le temps d'être à mon micro franchement j'ai une charge incroyable de t'avoir rencontré, vraiment je le pense sincèrement, tu es partie de ces personnes qui marquent en toute humilité encore une fois, qui montrent sans prouver sans chercher à convaincre qu'un autre équilibre est possible, qu'une autre façon de faire et surtout qu'une renaissance est possible. Alors même si elle comporte quelques étapes un peu difficiles, ça j'en conviens. Peut-être qu'après tout c'est une espèce de rite initiatique. Je vous pose la question très franchement. Et à celles et ceux qui nous écoutent, vous pouvez retrouver Louise sur Instagram sous le pseudo donc vive Agaïa. Je mets le lien dans les commentaires de l'épisode. Vous pouvez la contacter directement bien évidemment. Louise a d'ailleurs cette retraite En février, c'est ça ?
- Speaker #0
Du 20 au 22 février, ça se passe dans le Perche. Et on va faire du yoga, de l'ancrage avec de la céramique. On va faire des pains de nature. On va beaucoup respirer. On va bien manger. Ça va être tout doux au coin du feu.
- Speaker #1
Ah bah génial ! En février, ça peut être pas mal du tout. Mais de toute façon, pour la prochaine retraite, il faut le set your mind. Ce sera toi aussi qui prendra soin de nous et de nos estomacs. Donc n'hésitez pas à soit vous inscrire à la newsletter, soit comme... pouvoir ne rien rater des prochaines dates ou contacter Louise directement. Vous verrez, vous avez beaucoup à y gagner. Merci beaucoup, Louise.
- Speaker #0
Merci Stéphanie. À bientôt.
- Speaker #1
À bientôt. Pour être en contact avec Reset Your Mind, tu peux te connecter directement sur le site web www.reset-yourmind.com ou Tu peux te joindre à nous sur la communauté Instagram à reset-yourmind ou encore me rejoindre sur LinkedIn. A très vite !