Speaker #0Bonjour à toutes et tous, je suis Stéphanie Pelleret-Delga. Vous écoutez le podcast Sois, Vis, Aime. Oser un leadership authentique et inspirant, au service de soi, des autres, de son écosystème et du vivant. Tous les mois, je reçois des dirigeantes, dirigeants, experts, expertes, entrepreneurs, entrepreneuses qui ont fait ce chemin entre vulnérabilité et puissance, qui ouvrent leur cœur et partagent leurs expériences professionnelles les plus personnelles. Par leur parcours et personnalité, ils, elles, sèment des graines sources d'inspiration. Et vous, quelles graines avez-vous envie de semer ? Quel leadership souhaitez-vous incarner ? J'arrête de courir après le train, je suis le train. Ou comment habiter pleinement son leadership ? Arrêtez de courir après. J'ai eu envie d'enregistrer ce podcast, cet épisode, un peu plus personnel. Je suis essoufflée. Un épisode que je vais faire en marchant, là, maintenant. Et je vais me poser aussi, dans ma fameuse forêt, qui n'est pas la mienne, bien sûr. Double défi, me dévoiler un peu et enregistrer à l'extérieur. Ces derniers temps, j'ai été empêchée de marcher, après un accident pas dramatique mais suffisamment empêchant pour bloquer ma mobilité. Et dans cet épisode, je vais vous partager ce qui a été apprenant et en quoi c'est suffisamment précieux. pour commencer à le digérer doucement. Alors il y aura peut-être des bruits, de passages, d'enfants, de chiens, de feuilles, de bois, mais j'aime bien ça comme ça. Depuis longtemps et souvent, j'ai ce défaut d'avoir un rapport autant complexe. Très polarisé. D'un côté, j'aime l'idée que le temps n'existe pas. Et de l'autre, je me retrouve souvent à courir après. Comme si je pouvais rattraper le temps imprudemment non considéré. J'ai parfois la sensation d'avoir un train de retard. Comme s'il fallait que je cours après le train. Qu'est-ce qui se joue en moi ? Qu'est-ce que je porte dans ma liberté de courir qui n'est pas si libre ? Quelle est cette illusion dans laquelle je m'enferme ? Pourquoi j'ai eu besoin d'un arrêt brusque et imposé de ma mobilité pour mieux comprendre ? Je parle ici avec mes invités dans ce podcast de leadership. Qu'est-ce qui se joue dans mon leadership et mon pouvoir d'agir ? Qu'est-ce que je porte que ce blocage imposé me dévoile ? Qu'est-ce qui se révèle alors que je suis contrainte et empêchée ? Je n'ai pas cherché à donner du sens à cet accident tout de suite. Consciente aussi de certains travers qui cherchaient à donner du sens, comme pour mieux maîtriser le cours de la vie et des accidents. Non, j'ai d'abord dégusté, pleuré, lutté, accueilli aussi, et traversé sans rien chercher à faire valoir. Et un jour... Alors que je me voyais reprendre certains de mes travers dans mon rapport au temps, quelque chose m'est apparu. Après quoi je cours ? Cela ne m'a pas suffi d'être bloquée tous ces mois. Après quoi je cours encore ? J'ai la chance d'avoir de bons outils, d'incarner au mieux que je peux ce que je prône dans mes accompagnements en coaching. J'ai une bonne connaissance de moi, conscience aussi de moi, de mes émotions. Besoin, valeur, je suis vigilante à mon ancrage et mon alignement, ma qualité de présence. Et pourtant, après quoi je me remets à courir ? C'est apparu. Je cours après une illusion, celle de rattraper par l'effort un sentiment de pas assez, comme un imposteur intérieur qui a beaucoup de résistance, une insécurité persistante. Comme si je courais pour vous. Plus d'impact, dévoilé, touché. Comme tout le monde, ma vie m'a offert mon lot de blessures, de traumas, et donc l'opportunité d'expérimenter de l'inconfort pour mieux conscientiser mes croyances limitantes, réactivités, biais, faillures, et être plus facilement dans ma pleine authenticité. Et pourtant... C'est comme si je faisais le constat de continuer à courir après une illusion de sécurité. Comme un pacte avec la vie qu'avec l'effort le réconfort. Je cours comme si l'effort pouvait compenser une impermanence qui me fait peur. Ma tête avait déjà largement intégré l'impermanence de la vie. Mes émotions me révèlent que mes cellules, elles, ne l'avaient pas totalement intégrée. Pas accepté, pas validé, pas ok. Comme une rigidité, une volonté de contrôle, reliquat résistant de protection encore réclamée par certaines parts intérieures, des parties de moi pour me protéger. La nuance à comprendre est grande. Voilà l'invitation que j'ai conscientisée. Est-ce que je cours après mon leadership, mon pouvoir d'agir, mon impact ? Où est-ce que je choisis d'être ce pouvoir d'agir ? Autrement dit, est-ce que je continue à courir après le train ou est-ce que je suis le train ? Courir après mon pouvoir d'agir, c'est penser que je choisis tout, tout le temps, y compris la marge du temps, comme une capacité volontariste qui décide aussi de ne pas voir certaines contraintes qui me renvoient à des peurs en fait. J'ai longtemps développé un soif fort. qui m'a amené un temps à contrôler ma grande sensibilité et vulnérabilité. Largement conscientisé, pourtant accueilli et célébré. Il reste quelques décombres d'insécurité non acceptée, qui m'amènent inconsciemment à certaines illusions. Celles d'avoir un pouvoir sur l'impermanence du temps lui-même. Et finalement, la certitude que nous avons est bien celle qu'il n'y en a pas. Si je choisis d'être ce pouvoir d'agir, Mon pouvoir d'agir, alors j'accepte aussi qu'il est un élément du tout de l'impermanence. J'accepte aussi les contraintes qui me sont données d'être dans mon pouvoir d'action, même si je ne peux pas maîtriser son impact. Ne plus courir après le train, être ce train, c'est conduire ma vie. Non pas pour me prouver, me rassurer, me valider, d'avoir assez d'impact, d'être assez. Mais bien à travers mes vulnérabilités, insécurité, recevoir le cadeau de mes forces, être juste, en pleine présence, solide, cohérente et souple. Habiter pleinement son leadership, son pouvoir d'agir, c'est traverser les saisons, être ce nuage dans le ciel, cette impermanence qui nous rappelle combien la vie est cyclique. Et agir depuis cet espace-là, mon être et pas ma volonté. Aujourd'hui le printemps, hier cet hiver, demain cet été puis cet automne, et ça recommence, et ça recommence. Ce défilé de couleurs, c'est comme le défilé de nos humeurs, c'est parfois fort et puissant, voire exaltant, c'est parfois sec et humide, incohérent et déprimant. Pouvoir en conscience traverser ces impermanences, conscientiser les parts en nous, qui appelle à reconnaître certains besoins, certains riens, certains trop-pleins, c'est habiter ce train. Être son pouvoir d'agir, être déjà avec nous-mêmes ce pourvoyeur de liens, de sécurité, de sens, de cohérence et de la pouvoir. Dans un monde comme aujourd'hui, chaotique et incertain, il est encore plus urgent d'habiter pleinement son leadership. et de ne pas courir après. Pouvoir être en compassion avec soi, agir non pas par peur, et agir depuis cet espace d'amour. Aujourd'hui, c'est le printemps. Les roses éclosent, certaines sentent la rose, la glycine nous embaume, quelques pyrochores appelés gendarmes font binôme. Que je sois la poésie de la vie. Que je sois la danse de l'impermanence, que je sois la sensualité du mouvement et du vivant, que je sois cette fleur, quel que soit mon tempo, mes vulnérabilités. Mes polarités, que je sois ce chant qui danse avec les fleurs, le vent, les oiseaux, le bruit des feuilles, que je sois cet être humain qui participe à une société de la delphité, de la fraternité, de la sororité, que je sois ce nuage impermanent et serein, que je sois cette brindille apparemment fragile et présente de toute sa douceur dans la pesanteur du vent. Que je sois ce féminin et ce masculin pluriel, qui ose, qui rit, qui chante, qui danse, dans un monde incertain. Puissions-nous être cœur à cœur dans la nuance et de nos fragilités, aimer ce qui fait vie, ce qui fait lien. Être leader, c'est aussi puiser en son sein la force de l'envie d'un demain désirable et sans compromis. Pouvoir accueillir et traverser ses vulnérabilités. Et de là, déployer ses plus grandes forces au service de la terre, du beau et du juste. Au service du vivant, en nous et autour. Alors je suis ce train, je ne cours plus après et j'habite pleinement mon leadership. 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