Speaker #0L'inspiration. On en parle souvent comme si c'était quelque chose qui devait nous tomber dessus, comme par magie. Comme si les profs créatifs avaient un truc en plus, un don, une facilité naturelle. Moi, je crois que l'inspiration, ce n'est pas magique. Je crois que c'est quelque chose qui se cultive, qui se travaille, comme plein d'autres choses. On peut avoir tendance, en tant que prof de yoga, à se mettre une pression de dingue, de devoir tout réinventer. Comme si, pour être légitime, il fallait créer des cours complètement originaux, qui ne ressemblent à rien de ce qu'on a déjà vu. Et cette pression-là, elle est énorme, parce que résultat, soit on se bloque complètement, on se retrouve face à notre carnet page blanche juste avant le cours, ou la veille du cours, incapable de créer quoi que ce soit, parce qu'on a l'impression que rien n'est assez bien, assez original, ou soit on va reproduire, copier-coller une séquence qu'on aura vue d'un autre prof, d'un autre formateur, d'un cours qu'on aura pris, en se disant qu'on trouvera notre voie plus tard. Je pense qu'aucune de ces deux stratégies n'est viable sur le long terme. La première nous épuise et puis la deuxième nous maintient dans un manque de confiance, dans le doute. Donc aujourd'hui, j'ai envie qu'on parle de comment nourrir activement la créativité. L'idée n'étant pas de devenir le prof le plus créatif du monde, mais de développer une voie qui nous ressemble, d'avoir une boîte à outils qui nous permette de créer sans s'épuiser. et de se sentir surtout à l'aise dans ce qu'on transmet. Donc je vais développer différentes sources d'inspiration à travers par exemple les cours qu'on peut prendre, à travers les réseaux sociaux, à travers l'exploration solo sur le tapis, les contraintes qu'on peut s'imposer ou qu'on peut nous imposer. Et puis j'aborderai aussi à la fin la notion de copier-coller versus s'inspirer que j'ai rapidement abordé dans le dernier épisode mais que j'avais envie de développer davantage. Parce que je crois qu'il y a beaucoup de confusion et de culpabilité autour de ça. Bienvenue dans Sous le tapis. Ici, on parle yoga au-delà des clichés. Ce podcast, c'est pour les passionnés qui aiment creuser, comprendre, décoder. Les profs qui veulent enseigner avec plus de confiance, de discernement et de liberté. Celles et ceux qui pratiquent et aiment autant réfléchir qu'éprouver. Les esprits curieux, fascinés et intrigués. Ceux qui pensent que le yoga est un truc trop rigide ou trop perché. Bref, les gens qui doutent, qui s'étonnent, qui se questionnent. Ici, pas de formule magique ni de vérité figée, juste un espace pour penser, affiner, nuancer. Je suis Marie, prof de yoga et formatrice, passionnée et curieuse, surtout de ce qui se cache sous la surface. On se lève le tapis ? C'est parti ! La première source d'inspiration, c'est peut-être la plus évidente, mais c'est aussi celle qu'on peut négliger, c'est les cours qu'on prend. Prendre des cours, c'est continuer à être élève avant tout, et c'est aussi continuer à apprendre notre métier. Comme un chef cuisinier continue à manger au resto, comme un musicien continue à écouter de la musique, et pas seulement à la composer ou à la jouer. Je crois qu'on peut vraiment gagner plein de choses à continuer à prendre des cours. Déjà, observer comment d'autres profs gèrent le timing, le séquençage, les transitions, l'énergie du groupe, etc. découvrir des idées, des variations, des postures auxquelles on n'aurait peut-être jamais pensé tout seul, sentir dans notre corps ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas, pourquoi, noter les petites choses qui nous inspirent, les consignes, comprendre l'architecture d'un cours, comment est-ce que c'est monté en intensité, comment c'est redescendu, voir aussi parfois des choses qu'on aurait peut-être envie d'éviter. Et puis, je pense que c'est intéressant dans le fait de prendre des cours aussi, d'élargir nos horizons, de ne pas prendre que des cours du style qu'on enseigne. Si on enseigne de vinyasa, ça peut être hyper enrichissant de prendre des cours de hatha, d'ashtanga, d'ayanga, de yin. Si on est très focus sur l'alignement, par exemple, ça peut être hyper intéressant de prendre des cours de flow un peu plus intuitifs. Pour moi, en tout cas, les meilleures idées viennent souvent du croisement de styles différents. et de la confrontation entre différentes approches. Parfois d'ailleurs même je m'inspire d'autres activités, de la danse, de la boxe, de complètement d'autres sources d'inspiration. Je pense qu'il y a quand même du coup une question d'éthique qui se pose, j'y reviendrai un peu plus en détail tout à l'heure, mais l'idée étant de garder en tête qu'il y a vraiment une différence entre j'ai adoré comment elle a construit cette séquence autour des hanches, ça m'inspire pour créer la mienne, et je vais refaire exactement la même séquence demain dans mon cours. L'inspiration étant absorbée, digérée, transformée et pas du copier-coller brut. Deuxième source d'inspiration pour moi, et c'est vraiment une énorme, immense banque d'idées, banque de données, c'est Instagram. Instagram ou d'autres contenus en ligne. Concrètement, ce qu'on peut y trouver, c'est plein, plein, plein d'idées, des variations de postures qu'on ne connaissait pas, des façons créatives d'utiliser les accessoires, les briques, les sangles, le bolster, des thématiques de cours, des idées de transition entre les postures, des façons d'expliquer les choses. Je pense qu'il y a une façon de consommer aussi ce contenu-là intelligemment et de ne pas se laisser embarquer parce qu'au bout d'un moment, c'est trop, c'est trop. Moi, je sauvegarde vraiment avec intention. J'ai plusieurs dossiers thématiques, des dossiers idées accessoires, par exemple. Quand je trouve un truc et que je me dis « Ah tiens, c'est trop bien d'utiliser la brique comme ça » , je l'enregistre dans ce dossier-là. Des dossiers idées de transition, des dossiers idées séquences, mobilité. J'ai plusieurs dossiers comme ça. Et je pense que c'est aussi intéressant de mixer un peu ces sources, de ne pas suivre que des contes de yoga super populaires ou qui font des choses qui nous ressemblent, mais de suivre aussi, pourquoi pas, des kinés pour l'approche un peu plus fonctionnelle. Pourquoi pas des danseurs pour le mouvement, le flow. Et même si on reste dans le yoga, des profs avec des approches différentes de la nôtre. Et la règle d'or étant quand même que si on utilise une séquence qu'on a vue dans un cours, dans un post Instagram, ou je ne sais pas quoi, qu'on reproduit vraiment la chose telle qu'on l'a vue parce qu'on la trouve très bien comme ça, c'est simplement de le dire, de le nommer, de le mentionner. J'ai découvert cette transition chez un tel, ça m'a inspirée pour créer ma séquence d'aujourd'hui. Ça montre qu'on continue à apprendre, qu'on est dans le respect des personnes dont on s'inspire. Et pour moi, il n'y a aucune honte à ça. Troisième source dans laquelle on peut aller chercher, puiser de l'inspiration, et c'est peut-être, en tout cas pour moi, probablement la plus... puissante, c'est l'exploration solo sur son tapis. Pour moi, c'est hyper important de se brancher sur notre propre corps, notre propre exploration, nos propres sensations. Il y a plein de façons d'explorer, l'exploration libre, parfois, moi, juste, je mets de la musique, ou pas, d'ailleurs. Je monte sur mon tapis sans aucun plan, et je bouge, et je vois ce qui vient. Et il y a parfois, des fois, où juste en laissant faire ça, il y a des idées qui me viennent, il y a des choses qui viennent naturellement dans des transitions. et que je trouve trop cool et que je note. Voir quelle posture appelle naturellement la suivante, où est-ce que mon corps a envie d'aller. C'est là qu'on peut découvrir des petites choses un peu organiques, des enchaînements qui font sens, parce qu'ils sont nés d'un mouvement naturel, et pas intellectuel, et pas d'un manuel. Mais il y a aussi des types d'exploration un peu plus thématiques, en se disant, par exemple, aujourd'hui, je vais explorer toutes les façons euh d'aller de cette posture en partant de cette posture-là de façon inhabituelle, par exemple. Ou, je ne sais pas, aujourd'hui, je vais jouer avec les variations dans le chien tête en bas. Je me donne un cadre et j'essaye à l'intérieur d'ouvrir mes chakras, d'ouvrir ma curiosité pour explorer des choses. Il peut y avoir aussi, et moi je trouve que ça booste à fond la créativité, et d'ailleurs ça sera le quatrième point, mais l'exploration par la contrainte. Par exemple, je vais créer une séquence sans jamais poser les mains au sol ou sans poser les genoux au sol, ou uniquement aujourd'hui des postures assises et couchées. Je trouve que les contraintes boostent à fond la créativité. Il y a aussi l'exploration sensorielle, par exemple fermer les yeux, faire des postures ultra lentement, sentir vraiment ce qui se passe dans les transitions. C'est là qu'on peut découvrir des sensations dans des micro-ajustements. des nuances qui font toute la différence dans les consignes qu'on va pouvoir donner, dans la précision des mots qu'on va choisir. Je trouve que c'est vraiment une manière de s'inspirer qui est irremplaçable parce que depuis cette exploration-là, tout ce qu'on va créer, ça porte vraiment notre signature, même si bien évidemment qu'on s'est à la base inspiré de ce qu'on a pu voir et qu'on n'invente rien. Ça vient vraiment d'un endroit hyper sincère, hyper authentique. Les élèves le sentent quand on a vraiment pratiqué, on a vraiment compris, on a vraiment exploré ce qu'on est en train de transmettre, ne serait-ce qu'à travers nos consignes qui sont précises, qui sont subtiles dans la guidance. Je trouve que ça se sent quand un prof enseigne quelque chose qu'il a vraiment digéré, qu'il a vraiment pratiqué versus quelque chose qu'il a vu la veille sur Instagram. Et donc, la quatrième source dont j'ai déjà un peu parlé, et pour moi, celle-là, elle est hyper intéressante. Je trouve que c'est un super... Catalyseur de créativité, c'est la contrainte. Il y a... Un paradoxe de la créativité qu'on oublie souvent, c'est qu'on peut avoir tendance à penser que la liberté totale est synonyme de créativité maximale. En vrai, je crois que c'est un peu souvent l'inverse. Trop de possibilités, ça peut nous paralyser. Et je crois que la contrainte force vraiment l'ingéniosité. Donc, il peut y avoir des contraintes extérieures. Par exemple, on doit enseigner dans un endroit minuscule, il n'y a pas beaucoup d'espace. la contrainte de se dire « ok, j'ai besoin que les personnes ne sortent pas du tout du tapis » . La contrainte peut être par exemple aussi qu'il n'y a pas de tapis, ou que le sol est glissant, ou qu'il n'y a aucun accessoire, il n'y a pas de briques, il n'y a pas de sangles. Et puis il y a, et je trouve que c'est les plus intéressantes, mais les contraintes qu'on se donne nous-mêmes, c'est un peu comme un genre de défi créatif, se dire « ce mois-ci je crée des cours sans aucune salutation » ou alors « tous mes cours de ce mois-ci partent d'une posture assise » . où je construis autour d'une seule posture en explorant toutes ces variations. Ça peut être aussi une contrainte de matériel, de se dire qu'aujourd'hui, pendant tout le cours, on va utiliser une sangle ou une brique. Ça force vraiment à être inventif, à avoir l'objet sous tous les angles. Le fait de se donner des contraintes, ça nous permet aussi d'apprendre à nous adapter un peu plus facilement au réel. L'enseignement, c'est rarement les conditions idéales. Il y a toujours un petit truc. qui va faire qu'on va devoir s'adapter. Et plus on s'entraîne à créer avec des contraintes, plus finalement, quand ça arrive vraiment et que ce n'était pas prévu, on est prêt à ça, on est solide. Pour finir, je voulais aborder ce sujet qui fâche un peu, ce sujet justement, cette notion de copier-coller versus s'inspirer, que j'ai très rapidement survolé dans le dernier épisode, parce que ce n'était pas le sujet de l'épisode non plus. Mais du coup, j'étais un peu frustrée de ne pas avoir pris le temps de développer ce sujet-là, donc je le fais aujourd'hui. C'est l'idée d'arrêter déjà de diaboliser le copier-coller. Je pense qu'il faut qu'on soit honnête. Tous les profs et toutes les profs ont commencé en copiant, alors si le mot ne nous plaît pas, en reproduisant ce qu'on a appris, ce qu'on nous a appris. C'est normal et c'est même nécessaire. Quand on apprend à jouer de la musique, on joue des morceaux de musique existants. On ne compose pas notre propre musique en apprenant la musique. Les personnes qui font ça sont des virtuoses. On n'est pas tous des virtuoses. Donc, c'est comme ça qu'on intègre les fondamentaux. C'est en reproduisant encore et encore et encore ce qu'on nous a appris. Donc, le vrai problème, ce n'est pas de copier au début. C'est de rester bloqué dans cette phase et de jamais développer notre propre voie. Je crois qu'il y a différentes phases de maturation créative. Au début, c'est un peu de la copie pure et c'est OK. On sort d'une formation. On a payé pour apprendre la méthode ou la façon de faire d'une personne ou de plusieurs personnes. Ce sont nos repères, ça constitue nos repères. Donc on reprend parfois quasi mot pour mot les séquences de notre formateur ou d'autres profs. On a le temps d'apprendre en fait, le temps de comprendre. Il y a énormément de choses à gérer quand on enseigne, quand on débute dans l'enseignement. Il y a la structure du cours, le timing, le vocabulaire, les consignes, l'observation des élèves. Et il y a vraiment beaucoup, beaucoup de choses à gérer. On ne peut pas tout réinventer dès le départ. La limite, c'est que si on reste ici, on ne développe jamais vraiment notre propre façon de faire, notre propre voie. Et puis, au bout d'un moment, ça se sent. On n'est pas vraiment confiant parce qu'on sait que ce qu'on fait, ce n'est pas vraiment nous. Donc ensuite, il y a une deuxième phase, un peu la phase que j'ai appelée la phase du remix. On commence un peu à mélanger, à oser, maudit. Faire des modifications, enlever des choses, ajouter des choses, prendre une séquence, une structure qu'on a appris, puis changer un peu l'ordre, ajouter une posture qu'on a vue ailleurs et qui nous a inspirés, enlever quelque chose qui nous parle un peu moins. C'est de l'inspiration qui commence à devenir un petit peu de la transformation de ce qu'on a appris. Et c'est à partir de là qu'on commence justement à faire des choix qui nous ressemblent davantage. Ça reste encore de l'assemblage de choses qu'on a vues à droite à gauche. et qu'on a remixé un petit peu notre sauce. Et puis, il y a une troisième phase qui est vraiment l'inspiration digérée, comprise. Et c'est là, pour moi, qu'on commence vraiment à créer quelque chose qui commence vraiment à nous ressembler. C'est qu'on a tellement absorbé de sources différentes que tout ça s'est mélangé, que tout ça s'est maturé, transformé. Et à partir de là, quand on crée un cours... On ne s'est même plus trop identifié précisément d'où vient chaque idée. C'est devenu nous. On a vu cette transition chez tel prof il y a deux ans, on a lu ce concept d'anatomie dans un bouquin, on a senti cette sensation dans notre corps en étant dans l'exploration sur le tapis hier matin, on a entendu cette métaphore dans un podcast, et puis tout ça ressort dans un cours, mais recombiné d'une façon unique. C'est ici que je crois qu'on a envie d'arriver, pas forcément pour être... original à tout prix, mais pour avoir un enseignement qui nous ressemble authentique et solide. Donc, comment est-ce qu'on passe de l'étape 1, la copie de ce qu'on a appris, à l'étape 2, 3, l'inspiration et la créativité qui commencent à nous ressembler ? Pour moi, d'abord, en multipliant les sources. Alors, je sais que tout le monde ne va pas forcément être d'accord avec ça et je comprends aussi l'avis opposé qui est de se dire, je vais Me former avec une personne pendant longtemps pour avoir vraiment le temps de comprendre son approche, sa façon de faire. Je suis complètement d'accord avec ça, je trouve ça très intéressant. Mais je trouve ça aussi très intéressant d'élargir nos horizons et d'aller voir aussi ailleurs pour avoir différentes perspectives et pour pouvoir se faire sa propre idée, son propre avis, sa propre perspective. Et donc c'est en ça que je trouve que c'est intéressant de multiplier les sources d'inspiration. Si on ne s'inspire que d'une seule personne, à terme, ça peut être du copier-coller ou du plagiat. Si on s'inspire de différentes personnes, ça devient notre propre voix, notre propre création. Plus on diversifie nos sources d'inspiration, plus notre créativité nous devient propre, nous ressemble. Je pense qu'il faut aussi laisser du temps. L'idée étant, par exemple, de ne pas... consommer quelque chose et le régurgiter tel quel dans l'immédiat, le lendemain. Si je vois une super séquence qui va m'inspirer sur Instagram aujourd'hui, je ne vais pas la copier-coller et l'enseigner dans mon cours de ce soir. Je vais la noter quelque part, ou je vais l'enregistrer dans un dossier, je la laisse reposer, je la laisse infuser avec d'autres idées, j'y reviens dans deux semaines, dans deux ans, elle aura mûri, ça sera passé par mon corps plusieurs fois, donc je ne me contente pas d'une idée théorique. Pour moi, c'est hyper important de tester dans son corps. Comme je disais tout à l'heure, ça permet aussi d'affiner nos consignes, notre verbalisation. Mais ça permet aussi d'adapter les choses, quand on voit que finalement, ça ne marche pas super chez moi. Et donc de comprendre aussi que peut-être il y a des personnes chez qui ça passera et d'autres pas. Qu'est-ce que je peux proposer comme alternative ? C'est ce qui fait qu'on arrive au bout d'un moment dans notre séquençage à avoir vraiment quelque chose de compris, de fin et d'intelligent. Une séquence qui marche pour une personne hypermobile ne marchera pas forcément pour une autre personne. Donc l'idée, c'est de l'intégrer déjà dans notre propre corps avant même de l'enseigner, de se poser certaines questions. Pourquoi est-ce que cette séquence fonctionne ? Qu'est-ce qui fait sens pour moi là-dedans ? Qu'est-ce que je changerais pour que ça s'adapte un petit peu plus à mon intention dans cette séance-là ? Est-ce que je suis capable d'expliquer la logique derrière chaque choix dans ce séquençage ? Pour moi, si on peut répondre à toutes ces questions, c'est qu'on a bien compris ce qu'on est en train de transmettre. Si on ne peut que se répéter, par exemple, j'ai enseigné ça comme ça parce que c'est comme ça que je l'ai trouvé dans la séquence originale, là, on est dans la copie et pas forcément dans la compréhension de ce qu'on partage. Enfin, je voulais parler, aborder la question d'éthique concrètement. C'est quoi un copier-coller problématique versus un copier-coller OK, en gros ? Copier-coller problématique, c'est reprendre exactement la séquence d'un collègue. Alors, je parle de séquence de yoga, mais c'est valable dans tout. Avec le même enchaînement, les mêmes consignes, sans jamais mentionner d'où ça vient. C'est vendre ou enseigner comme notre propre contenu, quelque chose qui vient intégralement de la création de quelqu'un d'autre. C'est reprendre, pour ne pas dire pomper systématiquement le contenu. d'une personne et genre toutes les semaines je vais m'inspirer de la même personne, c'est pas ok. Alors qu'à l'inverse, s'inspirer correctement, c'est j'ai vu une idée qui me parle, je l'ai testée, je l'ai modifiée, je l'ai intégrée dans ma logique, j'ai mélangé différentes influences, ça fait partie de ma pratique, de ce que j'ai l'habitude de comprendre, d'explorer. Quand c'est pertinent, je cite mes sources, j'ai découvert cette approche chez un tel, voici comment je l'ai adaptée pour aujourd'hui. C'est d'être capable d'expliquer nos choix pédagogiques avec nos propres mots. Et en fait, il y a une chose qui, pour moi, est une règle simple, c'est de se poser la question de, si j'ai peur de voir débarquer la personne dont je me suis inspirée dans mon cours, c'est probablement que je sois allée trop loin dans la copie. Si au contraire, je serais hyper contente de l'accueillir et de lui dire, ah bah en plus, c'est toi qui m'as inspirée pour recréer ça dans la séquence, etc., c'est qu'on est OK. Est-ce qu'on est à l'aise avec ce qu'on est en train de transmettre ? Je crois qu'il y a quelque chose d'important à comprendre, c'est que plus on est solide dans la compréhension de notre pratique, ça peut être de l'anatomie, de la philo, du séquençage, en fonction de ce qu'on enseigne, plus on pourra s'inspirer sans être dans la reproduction, dans le copier-coller. Parce qu'on aura nos propres fondations. Et c'est pour ça que, quand on ne se sent pas assez à l'aise avec quelques sujets, l'histoire, le séquençage, l'anatomie, peu importe, c'est important de continuer à pratiquer, à se former, pas juste consommer un petit peu du contenu à droite à gauche, de vraiment creuser, c'est crucial. Plus notre socle est solide, plus on peut jouer avec la créativité sans avoir ce syndrome de l'imposteur. Donc voilà, j'ai fait le tour des différentes sources d'inspiration. J'aurais pu parler de choses qui s'éloignent un petit peu plus de la pratique du yoga et donc de nos lectures, de l'écoute de podcasts, de séries, de films. Moi, parfois, mon inspiration, elle me vient de là, dans le monde Dans les thématiques, par exemple, que je vais aborder, des sujets un peu plus philosophiques ou autres. L'inspiration vient vraiment de partout. Et il faut comprendre que ce n'est pas magique. Il y a des périodes où on est plus inspiré que d'autres. Je crois que c'est un muscle qui s'entretient, enfin c'est comme un muscle plutôt, qu'on entretient à force de le nourrir. Donc c'est quelque chose qui peut se cultiver par le fait de prendre des cours, de consommer du contenu avec intention. qui peut se cultiver par la pratique personnelle, explorer sur son tapis, et c'est là que je trouve que notre voie se développe, par les contraintes qui peuvent forcer l'ingéniosité plutôt qu'au contraire la paralysie, par le temps de digestion, laisser les idées, les concepts mûrir avant de les régurgiter, par la diversité des sources, plus on élargit, plus notre créativité devient unique. Le vrai objectif. Ce n'est pas de devenir l'enseignant le plus original du monde, c'est de développer un enseignement qui nous ressemble, ancré dans la compréhension et dans notre propre expérience de la pratique, de notre pratique. C'est de pouvoir créer des cours qui nous ressemblent, dans lesquels on se sent en confiance parce qu'on comprend vraiment ce qu'on fait, de A à Z. Si jamais tu es prof de yoga, tu réalises que c'est ce qui te manque, un vrai socle pour créer tes cours avec confiance, C'est tout ce que je partage dans ma formation Yoga Next Step qui va réouvrir ses portes en mars. C'est exactement ça qu'on y travaille. Comment créer des cours avec confiance, en comprenant vraiment ce qu'on fait. Entre autres, il y a aussi toute une partie vente et entrepreneuriat. Tu peux t'inscrire sur la liste d'attente pour recevoir les infos dès que les portes réouvriront. Le lien est dans la description de l'épisode. Merci de m'avoir écouté jusqu'ici et on se retrouve, je l'espère, très vite sur... ou sous le tapis.