Speaker #0Bon, on va parler chakras, mais pas que. Je fais cet épisode pour venir compléter un petit peu le précédent, pour contextualiser, donc dans mon dernier épisode de podcast, intitulé « Les chakras, on en parle ou pas ? » et ayant pour objet surtout d'aborder la question de si on en parle, comment on le fait. Cet épisode-là, je l'ai enregistré à chaud, rapidement. en réaction à un post Instagram sur lequel j'étais tombée le matin même. C'est ce que j'explique d'ailleurs dans l'épisode. Un post Instagram qui affirmait qu'en faisant telle posture de yoga, ça venait débloquer tel chakra. Et donc, ça avait un impact sur telle problématique. En l'occurrence, c'était une problématique de sexualité. Ça aurait pu être une problématique de couple. Ça aurait pu être une problématique liée à l'insécurité, à l'argent, à quoi que ce soit, tous les problèmes qu'on peut rencontrer dans notre vie. J'expliquais pourquoi, pour moi, c'est problématique d'amener, d'affirmer les choses ainsi. Et du coup, j'avais vraiment cette volonté de nuancer la différence entre ce qui relève de la croyance et ce qui relève de la vérité universelle. Pour résumer rapidement, si vous ne l'avez pas écouté cet épisode-là, alors déjà, premièrement, je vous invite à l'écouter. Il est assez rapide. Et voilà, si vous avez envie d'approfondir un peu le sujet. mais derrière j'ai eu un ressenti de quelque chose d'inabouti, d'inachevé parce que je l'avais enregistré à chaud, parce que je n'avais pas pris le temps vraiment de me poser, de poser toutes les idées que j'avais envie de développer. Et donc, le fait de le faire un peu de façon précipitée, ça m'a donné à la fin un petit sentiment d'inachevé. Je vous en ai parlé sur les réseaux sociaux. J'ai fait une story en demandant si ça vous intéressait que je revienne sur le sujet. Je n'ai eu que des réponses positives. Donc, me voilà. Sauf que... J'ai décidé de ne pas faire un épisode uniquement axé sur les chakras qui vient approfondir le précédent, mais d'élargir un petit peu le sujet sur, plus globalement, les croyances, les ressentis, les vérités dans le monde du yoga. Pour résumer rapidement le dernier épisode, j'avais expliqué que le package des sept chakras qu'on connaît est une construction beaucoup plus récente qu'on ne le pense, et que dans les textes anciens, c'était plutôt des points de visualisation, des points de concentration. et pas des centres qu'on doit équilibrer, qui sont associés à des organes, à des couleurs, à des aliments, etc. Cette vision-là, elle est beaucoup plus récente. Cet épisode, enfin plutôt le post que j'ai fait à la suite de cet épisode, pour justement annoncer cet épisode, j'ai fait un post Instagram dans lequel, justement, j'explique que la façon de faire, d'affirmer que telle posture soigne tel chakra, pour moi, c'est problématique, a suscité pas mal de réactions. certaines réactions qui allaient dans mon sens et qui me disaient confirmer... mon avis et d'autres qui allaient à l'encontre de ce que j'avais dit en m'expliquant que les chakras sont des réalités tangibles, que les asanas, les postures agissent concrètement dessus. Ça m'a fait réfléchir à un truc beaucoup plus large que les chakras, ça m'a ramené à tout mon cheminement en tant que prof et pourquoi j'en suis arrivée là où j'en suis aujourd'hui sur ces questions de croyance et de discernement. Bienvenue dans Sous le tapis, ici on parle yoga au-delà des clichés. Ce podcast, c'est pour les passionnés qui aiment creuser, comprendre, décoder. Les profs qui veulent enseigner avec plus de confiance, de discernement et de liberté. Celles et ceux qui pratiquent et aiment autant réfléchir qu'éprouver. Les esprits curieux, fascinés et intrigués. Ceux qui pensent que le yoga est un truc trop rigide ou trop perché. Bref, les gens qui doutent, qui s'étonnent, qui se questionnent. Ici, pas de formule magique ni de vérité figée. Juste un espace pour penser, affiner, nuancer. Je suis Marie, prof de yoga et formatrice, passionnée et curieuse, surtout de ce qui se cache sous la surface. On se lève le tapis ? C'est parti ! Donc je fais un rapide retour sur les échanges qui ont eu lieu suite au partage que j'ai fait sur mon épisode de podcast précédent. Dans les réactions que j'ai reçues, il y a eu des personnes qui m'ont dit en gros, les chakras sont réels, les asanas agissent dessus, c'est une réalité tangible. Et quand j'ai demandé... D'où sortait cette information ? On m'a envoyé des textes globalement qui disent qu'effectivement les chakras sont des centres corporels, soit des affirmations du type « je le sens donc ça existe » ou plutôt du type « c'est pas parce que tu ne le sens pas que ça n'existe pas » . Ce à quoi j'ai répondu « en effet, c'est pas parce que je ne le sens pas que ça n'existe pas, par contre c'est pas parce que tu le sens que c'est une vérité absolue, c'est ta vérité, c'est ta perception à toi, c'est ton ressenti, c'est ton expérience » . Mais en revanche, une expérience personnelle n'est absolument en aucun cas une vérité universelle. Et pour moi, ces deux choses, elles ne prouvent pas ce qu'elles prétendent prouver, justement. Donc que ce soit des extraits de textes anciens qui parlent effectivement de centres corporels énergétiques ou des affirmations qui disent « je le ressens, donc ça existe » . Ça ne prouve rien. Que le concept de chakra existe dans les textes anciens, ça prouve que le concept est ancien. Ça ne prouve pas qu'une posture débloque concrètement un centre énergétique. Et dire « je le sens » , ça prouve que toi, tu ressens quelque chose, mais pas que ça existe objectivement pour tout le monde. Du coup, j'ai envie de prendre un petit peu de recul, parce que cette question du discernement, ce n'est pas nouveau pour moi. Ça fait des années que j'y travaille, et ça n'a pas toujours été le cas. Et c'est pour ça, justement, que c'est un sujet qui me tient autant à cœur aujourd'hui. qui est finalement le point central de mon enseignement, de mes formations. C'est pour ça que j'ai créé des formations pour les profs de yoga, pour aider les profs, pour faciliter finalement ce cheminement que moi j'ai fait, qui m'a pris des années, énormément de formations, de lectures, de réflexions, de conversations. J'ai décortiqué tous ces sujets-là en long, en large, en travers, pour pouvoir y voir plus clair, pour pouvoir avoir une meilleure assise. dans mon enseignement, être beaucoup plus sûre de ce que je dis, pourquoi je le dis, est-ce que je le dis, oui, non, peut-être. Au début de mon enseignement, je transmettais plein de choses sans les avoir forcément remises en question, que ce soit des trucs sur l'anatomie, des consignes d'alignement, sur la philosophie, sur les bienfaits de telle ou telle posture, telle ou telle pratique, que j'avais appris pendant ma formation initiale ou pendant mes pratiques avec différents profs, et que je répétais, un peu comme un perroquet, parce que... C'est ce qu'on m'avait enseigné et je faisais confiance à mes formateurs. Et c'est normal, c'est normal. Quand on sort de formation, on apprend des choses. Comme quand j'ai été coach sportif, on m'a rabâché à longueur de journée, engagé les abdos pour protéger les lombaires, ne creusait pas le bas du dos, etc. Qui fait qu'aujourd'hui, j'ai mal au bas du dos parce que pendant des années, j'ai eu peur de creuser mes lombaires et que donc je me suis complètement bloquée ma mobilité en extension lombaire qui fait qu'aujourd'hui, j'ai des problèmes de douleur à cet endroit-là. Et donc c'est justement ces consignes-là alarmistes de « attention, protégez, pour protéger, faites-ci, faites-ça » qui ont été délétères pour moi. Donc j'ai mis des années à déconstruire tout ça et j'ai envie aujourd'hui de partager ce cheminement-là, de faciliter le chemin pour les autres et de vous faire gagner du temps en fait. Donc à un moment donné, je me suis rendue compte que certaines de ces choses étaient carrément fausses, des choses que je pouvais dire, des choses qu'on avait pu me transmettre, Ou en tout cas, largement plus discutable que... ceux qu'on me les avait présentés finalement. Donc, j'ai fait un choix. Je me suis dit, soit j'arrête d'en parler, parce que je ne pouvais plus enseigner en conscience, en tout cas, je ne pouvais plus enseigner ces choses-là en conscience, soit je me renseigne vraiment en profondeur pour comprendre d'où viennent ces informations, pourquoi elles se sont répandues comme ça, si je pouvais continuer à les transmettre en le faisant avec honnêteté. Si ce sont des choses qui font partie de mes croyances, il n'y a aucun problème à les enseigner, mais à les enseigner comme telles, comme des croyances. Selon moi, je crois que blablabla. et pas « c'est blablabla » comme une affirmation universelle. Ça m'a demandé de me former énormément, pas juste d'accumuler des certifications pour me rassurer, mais de vraiment creuser des sujets précis, l'anatomie, l'histoire du yoga, la philosophie, les mythes qui circulent dans notre milieu, bien plus largement d'ailleurs même de façon, si on élargit le métier, je me suis aussi formée à l'entrepreneuriat, plus largement parce que c'est aussi une partie qui est un peu sous-estimée dans notre métier. Et plus je me suis formée, plus j'ai compris un truc essentiel, c'est que plus t'en sais, plus tu te rends compte de la complexité des choses, plus tu te rends compte qu'il y a rarement une seule vérité simple et absolue, mais plutôt des nuances, des contextes, des interprétations différentes, selon les sources et selon les époques et selon les contextes, etc. Donc pourquoi j'en suis là aujourd'hui ? C'est exactement ce cheminement-là qui m'a menée à la position que j'ai aujourd'hui, qui est relativement tranchée, même si elle reste nuancée et extrêmement ouverte et bienveillante. C'est pas de la provocation, c'est pas de la remise en question gratuite pour faire mon intéressante. Le but, dans le dernier post justement que j'ai partagé sur les chakras, c'est pas de heurter qui que ce soit, même si je sais que ça a pu être le cas. Parce que quand on est dans ces croyances-là, on peut se sentir visé alors que ça ne vise personne personnellement. C'est le résultat de plusieurs années à me former, à lire, à me confronter à des sources contradictoires, à devoir accepter que certaines choses que je croyais dures comme faire étaient en fait beaucoup plus discutables que ça. Et ce chemin-là... il m'a amené une forme d'humilité. C'est un peu une petite claque, honnêtement, parce que plus je creuse un sujet, plus je me rends compte de tout ce que je ne sais pas encore, de toutes les nuances que je n'avais pas identifiées avant. Donc, quand j'entends quelqu'un affirmer quelque chose avec une certitude absolue, sans jamais avoir creusé la question, sans jamais avoir accepté de se confronter à des sources qui pourraient nuancer ou contredire sa position, ça m'interpelle, ça me saoule réellement, en vrai, puisque je ne suis pas équanime et je n'ai pas atteint l'éveil absolu. Et ce n'est pas parce que je pense que cette personne est malveillante, qu'elle n'a rien compris, qu'elle est... Il n'y a pas de notion ici de condescendance. Je ne me sens pas supérieure. Mais c'est parce que je trouve que ça manque d'ouverture, en fait. Et il y a une BD que j'aime beaucoup qui s'appelle Yoga Chalala de Jeanne Burgard-Goutal, qui a été illustrée par Aurore Chapon. Et dans cette BD, il y a un chapitre qui s'appelle Les chakras existent-ils, je crois. Attendez, je le retrouve parce que je l'ai sous les yeux. Voilà, les chakras existent-ils ? Et dans ce chapitre-là, donc c'est une BD, donc c'est difficile de vous le lire, mais je vais quand même vous partager une partie, puisque c'est justement ce que je venais de dire. Il y a un personnage qui dit « Pourquoi vous croyez aux chakras et aux nadis, vous ? » Les nadis, ce sont les canaux énergétiques dans lesquels circulerait le prana. Je vous lirai d'ailleurs juste après un petit extrait d'un autre livre qui explique de façon objective selon les tantras. qu'est-ce que sont les chakras, les nadis, etc. Donc, pourquoi vous croyez-vous aux chakras et aux nadis ? Il y a une personne qui répond, c'est mon ressenti. Une autre qui dit, c'est la tradition. Une autre qui dit, fastoche, je les vois, moi, mes chakras. Une autre qui dit, c'est ce que m'a appris mon maître, j'ai confiance en lui. Une autre qui dit, les textes sont stricts. Et puis une autre qui dit, t'es trop dans le mental. Et je trouve que c'est assez... Juste, en fait, cette façon de voir les choses, parce qu'effectivement, la plupart du temps, quand je me suis confrontée à ce genre de conversation, les réponses que j'ai obtenues, ce sont celles-ci. C'est dans les textes, c'est mon ressenti, c'est comme ça qu'on me l'a appris. Dans ma formation, ça fait partie de mon éducation. Ça a toujours été comme ci, ça a toujours été comme ça, parce que je l'ai ressenti, etc. Et jamais, ça s'appuie vraiment réellement sur du tangible, parce que, oui, tout simplement, parce qu'en fait, il n'y a pas. de Tangier parce que les chakras physiquement n'existent pas, parce qu'on ne peut pas prouver, même si on peut ressentir que certaines personnes peuvent y croire parce qu'elles peuvent le ressentir, on ne peut pas affirmer aujourd'hui que les chakras sont des centres énergétiques qu'on vient rééquilibrer en faisant ci, en faisant ça, en faisant telle posture, parce que ce qui est valable pour une personne n'est pas forcément valable pour une autre. Et donc je trouve que cette partie-là du bouquin, en tout cas, moi, m'a fait beaucoup sourire parce que c'est exactement ce à quoi moi j'ai été confrontée. Ça vient me conforter dans mon idée. J'ai conscience que ce bouquin, du coup, ne puisse pas plaire à tout le monde. Mais en tout cas, j'avais envie de parler de cet extrait-là. Et si jamais le cœur vous en dit, je vous invite à acheter cette BD et à la lire en entier parce que c'est assez costaud sur la philo du yoga. Et je trouve que c'est un point de vue très intéressant qui remet beaucoup de choses en question. Je m'en viens à la toute fin de ce chapitre pour vous en lire une toute petite partie. Pour vous lire un dernier extrait, elle a illustré Daniel Audier, qui est un auteur et maître de yoga tantrique. Il y a une petite bulle qui sort de la bouche de Daniel Audier qui dit « Oubliez les chakras, leur perception est complètement conditionnée et illusoire, elle dépend de vos croyances. Si vous en concevez sept, vous en sentirez sept. Si vous en concevez douze, vous en sentirez douze. Si vous ne les concevez pas, vous en sentirez mille. » Je trouve que c'est du coup très révélateur. J'enchaîne directement sur un extrait d'un livre qui s'appelle « L'esprit du yoga, disait Tardant Masculier » . Dans cet extrait-là, c'est un chapitre sur les yogas tantriques, puisque c'est quand même essentiellement dans les tantras que les chakras ont été développés, en tout cas à l'époque, comme des points de visualisation des centres énergétiques. Je vais juste vous faire un petit peu la description issue de ce livre. Elle nous dit que la géographie du corps, selon les tantras, est conçue comme une échelle vers le haut. Le yogi va ramasser au plus bas ses énergies pour les faire monter vers le sommet de son crâne et au-delà. Les forces dispersées dans les différentes fonctions, il les fait converger dans ce mouvement sublimant. Une physiologie subtile, complexe et élaborée supporte cette double visée ascendante et unifiante. La chair opaque enveloppe un corps interne constitué de flux, nadis, et de centres, chakras, énergétiques. Les nadis, rivières, sont les passages où circulent les différents souffles, et les chakras, roues, Les carrefours où ils s'accumulent et d'où ils se déchargent. Il faut bien entendre que nadis et chakras sont, contrairement aux méridiens et points d'acupuncture, introuvables dans l'organisme, charnels. Ils appartiennent à une autre dimension de réalité, plus mobile, donc plus efficace. L'actif du passif qu'est le corps dense, son âme, si l'on entend le terme en son sens étymologique de principe d'animation. Les nombreuses postures et la gamme étendue des exercices respiratoires du Hatha Yoga tantrique travaillent à ce niveau subtil. ce qui distingue la CES d'une simple gymnastique. Les énergies mises en branle, réorganisées, intensifiées, produisent des effets puissants et exigent une précision sans faille. Les yogis tantriques, en véritables explorateurs, ont dessiné des schémas où le nombre de chakras et de nadis, ainsi que leurs emplacements, sont soigneusement indiqués, malgré certaines variantes d'une école à l'autre. Ils ont ainsi mémorisé une connaissance expérimentale qui sert à régénérer et rééquilibrer ce tout que nous distinguons en physique et psychique. et qu'il voit comme l'emboîtement de deux corps, le grossier et le subtil. En se frayant par le yoga, l'accès de l'un à l'autre, il s'ouvre une sorte d'entre-deux-monde intermédiaire entre l'existence et l'essence, ou corps causal. Bref, ceci étant dit, plutôt ceci étant lu, la vision d'un corps subtil, d'un corps énergétique, elle vient effectivement en majorité des tantras. Ce que je dénonce aujourd'hui, c'est les raccourcis qu'on en a fait. Donc, on a pris ces concepts-là, on y a ajouté justement un système de chakras bien ficelé dont je parlais la dernière fois, avec sept chakras du bas vers le haut de la colonne vertébrale, chacun leur... couleurs, chacun leur symbolique, chacun leur correspondance au niveau hormonal, au niveau organe. Avec chacun justement des symboliques de premier chakra, la sécurité, la notion de stabilité, d'ancrage, deuxième chakra, la fluidité, la créativité, la libido, la sexualité, troisième chakra, le courage, la confiance en soi, etc. Qu'on y associe des symboliques, pour moi, ce n'est pas un problème, qu'on puisse avoir ces croyances-là, ou en tout cas ce travail d'intention, de visualisation, il n'y a aucun problème. Qu'on en fasse des affirmations disant « telle posture va réguler tel chakra, qui va agir sur telle problématique » , ça pour moi c'est non. Et donc c'est ça que j'ai vraiment envie de dire, c'est qu'on ne peut pas faire passer nos croyances personnelles ou nos expériences personnelles pour des vérités universelles. Encore une fois, je comprends que ça puisse heurter certaines personnes et ce n'est absolument pas le but. Je ne suis pas en train de dire que ce que tu ressens n'existe pas ou que ta pratique n'a pas de sens pour toi. Mais à un moment donné, il faut être honnête intellectuellement et arrêter de baser un argumentaire uniquement sur « je le ressens, donc c'est vrai » . Ne pas ressentir quelque chose n'exclut pas que ça existe, certes. Le fait que moi, je ne ressente pas d'énergie circulée dans mon corps ne prouve pas que cette énergie n'existe pas pour la personne qui la ressent. Et d'ailleurs, qui sait si je ressens des énergies circulées ou pas dans mon corps ? Mais l'inverse est vrai aussi. Et c'est ça le point que les gens oublient souvent, c'est que ressentir quelque chose très fort n'en fait pas une vérité universelle. Et ce sont deux affirmations différentes et le glissement de l'une vers l'autre, c'est exactement pour moi ce qui pose problème dans notre milieu, ce qui crée autant de discorde et qui amène à autant, je trouve, je pense, de problématiques. Donc je ne dis pas qu'il faut arrêter de croire, arrêter de ressentir, arrêter de pratiquer avec une dimension symbolique ou énergétique ou spirituelle si ça nous parle. Chacun croit ce qu'il veut. Ce n'est pas mon rôle de dire à quelqu'un que sa croyance est fausse ou ridicule. Jamais de la vie. Mais il y a une différence entre transmettre sa croyance, que ce soit les chakras ou quoi que ce soit, que ce soit des circulations énergétiques, que ce soit des croyances anatomiques sur telle posture est dangereuse si on met le genou comme ci ou comme ça, sur si vous n'engagez pas vos abdos, blablabla. Mais on ne peut pas l'imposer comme un fait universel que tout le monde devrait accepter. La première posture, je la respecte. complètement. La deuxième, c'est là que ça devient pour moi problématique parce que ça ferme le débat et ça peut induire les gens en erreur et ça peut être dangereux. Si une personne nous croit sur parole quand on lui dit fais ça pour débloquer tes problèmes de je sais pas quoi, il se peut que du coup elle arrête de consulter un thérapeute parce que elle va nous croire sur parole et qu'elle va suivre nos conseils qui sont du coup pas universels. Et c'est pas parce qu'une posture, moi, me soulage mon mal de dos. qui va soulager le mal de dos d'une autre personne parce que la cause est peut-être différente. Donc voilà, en une phrase, ne pas ressentir quelque chose n'exclut pas que ça existe, mais le ressentir n'en fait pas une vérité universelle. Et cette nuance, elle demande du discernement. Un discernement qui, pour moi, s'est construit avec le temps, avec des années de formation, de remise en question, d'acceptation que je me suis parfois plantée sur des choses que j'enseignais avec conviction. tout ce cheminement-là, ce travail-là que je transmets dans mes formations, mais aussi dans mon enseignement finalement, puisque tout ça, c'est poreux évidemment. Si jamais tu sens que tu as besoin d'affiner ton discernement, tes preuves de yoga ou de pilates d'ailleurs ou de fitness de façon plus générale parce que finalement, ce sont des sujets qui vont au-delà du yoga et que tu aimerais arrêter de répéter des choses sans les avoir vraiment questionnées, sache que c'est Merci. Ça prend du temps, c'est un vrai chemin de comprendre vraiment pourquoi on dit les choses. Ça ne se fait pas du jour au lendemain, mais ça vaut vraiment le coup. Je pense que ça fait partie de notre métier de se former en continu, de s'informer sur les évolutions, les connaissances qui évoluent, etc. Et que c'est la base finalement de notre métier, de se tenir à jour et d'avoir une forme d'honnêteté intellectuelle et de... Je ne veux pas dire le mot sincérité parce qu'en fait, je pense que les personnes qui ont des croyances sont sincères et j'ai des croyances aussi. Mais quand on parle de croyances, quand on transmet des croyances, de les transmettre comme telles. Et ça, c'est de l'honnêteté intellectuelle. Et de ne pas justement utiliser, même si ce n'est pas à mauvais escient, même si ce n'est pas consciemment. La vulnérabilité des personnes pour vendre ce qu'on a à vendre, pour vendre du rêve, pour envoyer de la poudre aux yeux. Voilà, donc c'est le message que j'avais envie de faire passer. Je remercie les personnes qui ont réagi, qui ont commenté, qui ont débattu sous mon poste, même celles qui n'étaient pas d'accord avec moi, parce que ça m'a permis de nourrir un peu plus profondément ma réflexion. Merci de m'avoir écoutée jusqu'ici. Si jamais tu es intéressé par les formations que je propose, il y en a une à la rentrée en octobre à Montpellier. en présentiel et c'est ma formation Yoga Next Step dans laquelle j'ai vraiment rassemblé tout ce qui me semble être essentiel pour être un prof de yoga, une prof de yoga avec une assise, avec une confiance, avec une assertivité dans notre enseignement parce qu'on sait ce qu'on dit, pourquoi on le dit, parce qu'on sait en parler, parce qu'on n'a pas peur d'affirmer ce qu'on fait, pourquoi on le fait et donc ça crée une cohérence dans ce que j'enseigne, comment j'en parle, comment je le fais. Pourquoi je le fais ? Bref, tout ça, c'est vraiment ce qu'on travaille dans cette formation-là. Pour les profs de yoga et plus largement profs de mouvement, j'ai envie de dire. Je mets le lien dans la description. D'ailleurs, je partagerai dans la description plusieurs liens de ce que je propose et des choses à venir. Merci de m'avoir écoutée. Il est temps pour moi de prendre une pause estivale. Donc, on se retrouvera en septembre à la rentrée. D'ici là, il y a un petit programme estival qui vous attend sur mon studio en ligne. Je ne suis pas là, mais je suis quand même là. C'est-à-dire qu'il y a plein de séances accessibles. Et je vous ai préparé un petit planning best-of summer avec des séances que mes élèves adorent. Il y a beaucoup de séances courtes et accessibles, du yoga doux, du yoga plus dynamique, du flow. Et voilà, pour vous permettre de pratiquer cet été dans vos journées d'été, beaucoup plus facilité à intégrer des séances courtes. Je vous retrouve, je l'espère, très bientôt sur le tapis ou sous le tapis.