- Lucie
En France, je me sens pas aussi safe qu'en Norvège. Ça veut dire que ni l'un ni l'autre priorise cette relation. Pour moi, elle est un peu perdue quelque part. Si on veut pas s'adapter à la culture locale, faut partir. Salut, c'est Lucie.
- Alban
Salut, c'est Alban.
- Lucie
Bienvenue chez nous sur un nouvel épisode de Sous les Aurores.
- Alban
Bienvenue sur notre série spéciale Réponds par oui ou par non. Normalement, sans débattre, vous l'avez peut-être vu passer sur les réseaux sociaux. Dans la version longue, on est là pour pouvoir débattre.
- Lucie
Première question.
- Alban
Les expatriés idéalisent trop leur vie sur les réseaux sociaux. 1, 2, 3, oui, à débattre.
- Lucie
Non, je ne sais pas. Je dis oui, mais bon bref. C'est juste que les réseaux sociaux, souvent tu mets des choses qui ne sont pas de ton quotidien. Et quand tu es expatrié, du coup, tout est un peu nouveau. Tout est hors de ton quotidien. Exactement, c'est ça.
- Alban
Je pense qu'il y a aussi cet effet d'arriver dans un pays où tu as la phase de la honeymoon phase, la phase de lune de miel. qu'on a eues aussi en partie.
- Lucie
Mais moi, je ne suis pas d'accord. Par exemple, je mets toujours sur Instagram des photos d'Alba dans la forêt parce que je suis toujours émerveillée par les paysages après sept ans en Norvège.
- Alban
Moi, par exemple, je pense que j'étais vraiment dans le truc « Ah oui, la Norvège, c'est le pays où les gens sont le plus heureux. » Je pense que j'y croyais. Au fil des années, tu comprends que c'est peut-être un état d'esprit pour certains, mais ce n'est pas vrai pour tous. Ça peut être aussi difficile, notamment pour les étrangers, par exemple.
- Lucie
De toute façon, sur les réseaux sociaux, tu montres souvent les beaux paysages. Tu ne montres pas des trucs moches.
- Alban
Non, mais il n'y a pas que les paysages. Il y a le fait de terminer à 16h. Il y a tous ces trucs-là, par exemple, qu'on voit qui reviennent beaucoup. Ou de très bien gagner sa vie. Mais en fait, derrière, tu payes aussi énormément de choses. Toi, tu es en mode Instagrammeuse de paysages. Je parle de la Norvège en général, de ce qui est véhiculé sur les réseaux sociaux, par exemple.
- Lucie
C'est vrai. Du coup, c'est idéalisé dans ce sens-là. Oui, on ne montre pas assez. Ça commence un peu, mais on ne montre pas assez. Ça évolue. Tous les côtés. Dans tous les pays, il y a des bons côtés et des côtés moins...
- Alban
Mais ce qui est normal, je trouve, parce que c'est pas généralement quand tu arrives dans le pays que tu vas forcément te heurter à ce qui est difficile ou à ce que tu comprends pas bien ou à ce qui ne te plaît pas. Prochaine question. Partir vivre à l'étranger rend plus heureux ? 1, 2, 3, non.
- Lucie
Pourquoi j'ai dit oui ? Parce que je trouve que ça t'ouvre tellement le champ des possibles. T'as tellement plus d'options qui s'offrent à toi.
- Alban
mais quel genre d'option tu dirais toi ? je sais pas tu vois plein de modes de vie différents et du coup tu peux trouver le mode de vie où tu vas être le plus heureux oui mais imagine tu pars vivre à un seul endroit pas forcément c'est pour ça que j'ai répondu non c'est parce que je pense qu'avant tout il faut cultiver son petit jardin arriver on peut être heureux dans sa ville natale de laquelle on a jamais bougé du moment que ça nous va et qu'on fait ce qu'il faut pour se sentir heureux Parer à l'étranger, on est peut-être venu chercher quelque chose d'autre. Et puis, au bout de quelques années, ça ne va plus. Il va falloir recultiver son jardin pour en ressentir bien.
- Lucie
Moi, je pense que de toute façon, ce n'est pas le lieu qui fait tout. C'est aussi qu'est-ce que tu fais de tes journées, avec qui tu es. Est-ce que tu voyages toutes les trois semaines ? Comment tu es entouré ? Non, mais tu vois, quand toi, on évoquait la possibilité de peut-être déménager en Allemagne pour le boulot. Désolée pour tous les Allemands, mais l'Allemagne, ce n'est pas ma destination favorite. Rêver. Rêver pour déménager. Mais en même temps, je me disais... Oui, mais si je suis avec toi et les filles, je pense que je peux quand même être heureuse en Allemagne.
- Alban
Mais ça, en même temps, je ne peux pas t'en vouloir. Je serais heureux de déménager avec moi-même. Ça, on est d'accord. Prochaine question. Tout le monde devrait vivre à l'étranger au moins une fois dans sa vie. 1, 2, 3, oui.
- Lucie
Non.
- Alban
C'est peut-être pas vivre à l'étranger.
- Lucie
Ouais. Ah, c'est rude, c'est rude. Moi, j'ai dit non parce que je trouve que ce n'est pas à l'étranger. Genre, si déjà tu es Marseillais et que tu as vécu... à Paris et dans le Cantal, je pense que déjà, ça t'a ouvert un peu... J'avoue complètement.
- Alban
Il y a tellement de sous-cultures déjà en France.
- Lucie
Sortir de ton village, quoi. Enfin, sortir de ton quartier, de là... Ta zone de confort. De là où t'es née. Je pense que ça, ça peut te permettre de t'enrichir, de penser un peu différemment et tout. Parce que sinon, t'es fait dans un seul moule. Si j'avais habité et continue à habiter toute ma vie à Paris, j'aurais jamais soupçonné que la nature était si importante pour moi. Et d'ailleurs, bah... C'est pas en vivant au Panama, c'est pas en vivant à Londres ni à Dubaï que j'ai eu... La révélation pour la nature.
- Alban
Petit name dropping d'endroits où elle a vécu. Mais bon, il manque l'Argentine aussi, notamment.
- Lucie
Non mais c'était pas pour dire là où j'ai vécu. Mais je sais bien, je te tarquive. C'était pour dire qu'il y a des endroits où, même si j'ai vécu dans d'autres endroits, j'aurais pas pu deviner que cette partie-là était si importante pour moi.
- Alban
Alors complètement d'accord avec ce que t'as dit. Par exemple, j'ai adoré la mentalité différente en Bretagne. Bisous les bretons. J'ai adoré vivre un peu là-bas. Ça m'a vraiment changé du sud-est. Il y avait des repères différents, un rythme différent. C'était un peu une transition au final vers la Norvège. Souvent je fais la comparaison entre les deux, on pourra y revenir. Mais contrairement à voyager, il va y avoir cette espèce d'adrénaline du voyage. Mais je trouve qu'au final, pour vraiment avoir maintenant fait plein de voyages et aussi avoir vécu dans plusieurs pays, vivre dans un pays, tu vas atteindre un quotidien où l'adrénaline du voyage va redescendre. Tu ne seras peut-être plus, comme on l'a dit plus tôt, dans la lune de miel et c'est là que tu découvres autre chose sur la vie à l'étranger. Prochaine question. Il est plus facile de se faire des amis parmi les expatriés que parmi les locaux. 1, 2, 3,
- Lucie
non. On n'est pas du tout d'accord.
- Alban
Oui, et ça, je pense que pour le coup, ce n'est pas forcément que la Norvège. On vit à l'étranger, les gens, les locaux ont déjà leur vie établie. Ils ne sont pas forcément en demande de créer de nouveaux liens sociaux, ce qui est le cas des gens comme nous, expats, immigrés, peu importe. On a besoin de se créer un nouveau cercle, notamment quand on arrive.
- Lucie
Pour le coup, à Oslo, il y a plein de Norvégiens qui ne sont pas d'Oslo à la base et du coup, qui sont aussi... en demande de se refaire un cercle. Je pense qu'en fait, dès que les gens sont délocalisés de leur ville d'origine, c'est plus facile de se faire ami avec eux. Voilà, c'est plutôt ça. Prochaine question.
- Alban
Il faut apprendre la langue du pays où l'on vit. Un, deux, trois, oui. Hypocrite. Alors celle-ci a été faite pour toi, à ne pas se cacher. Non, pas que je sois impeccable loin de là, au bout de huit ans.
- Lucie
Non, mais sur le fond, je suis entièrement d'accord. Il faut apprendre la langue du pays où l'on vit. En l'occurrence, nous, ça serait le norvégien.
- Alban
Ça serait, on est quand même sur du conditionnel, on reste...
- Lucie
Non mais clairement, il faut apprendre le norvégien, il n'y a pas de débat. Moi, je mets du temps. Mais pourquoi je mets du temps ? C'est parce que l'anglais est quand même une langue hyper établie en Norvège.
- Alban
La grande différence, je dirais, c'est que la parentalité fait basculer, je trouve, où tu as d'autant plus besoin de la langue. Pour l'école, les liens amicaux, je pense que c'est là que se fait la plus grosse différence pour les gens qui ont peut-être pu vivre en Norvège jusque-là en anglais.
- Lucie
Aussi pour la culture, moi c'est ça qui me manque Parfois j'ai envie d'aller au théâtre J'ai envie de faire des trucs comme ça Je dois toujours attendre qu'il y ait plutôt une version en anglais
- Alban
Et il y a d'ailleurs Même du stand-up, il y a plein de choses C'est fait aussi pour les internationaux Mais bon, apprenez le norvégien, suivez le conseil de Lucie N'hésitez pas Prochaine question On peut être bien intégré sans parler la langue ? Oui,
- Lucie
en Norvège Je pense que par exemple au Panama Si on ne parlait pas espagnol, on n'aurait pas du tout été intégré Oui,
- Alban
complètement
- Lucie
Ça aurait été hyper compliqué de voyager dans le pays. Pour tout, en fait, ça aurait été compliqué. En Norvège, comme on disait, l'anglais, quand même, ça permet de vivre correctement. Et même si je ne parle pas le norvégien couramment, je me sens intégrée. Après, qu'est-ce que l'intégration ? Là aussi, ça peut prendre beaucoup de... C'est un plus grand débat. De formes et de couleurs. Mais j'arrive à vivre une vie normale sans parler la langue.
- Alban
Prochaine question. Il faut s'adapter à la culture locale. plutôt que vouloir la changer. Un, deux,
- Lucie
trois, oui. Oui, si on ne veut pas s'adapter à la culture locale, il faut partir. Bien sûr, il y a des aspects de la culture locale qui sont peut-être plus difficiles à adhérer, mais pour moi, ce n'est pas au pays de changer.
- Alban
Ça ne me rassure pas parce que moi, je suis complètement d'accord avec toi et je pense que sur la majorité des choses, dans notre cas en Norvège, bien sûr, c'est à nous de nous adapter. Mais sans vouloir forcément changer, je pense que donner d'autres clés parfois de lecture en tant qu'étranger, Ça peut enrichir aussi soit les Norvégiens ou la Norvège en général. Surtout sur un pays qui est en général souvent mis en avant comme un peu un idéal, où une fois de plus les gens sont les plus heureux du monde et c'est le meilleur pays. En sortant de Norvège, on se rend compte qu'il y a aussi peut-être des limites au système ou à ce pays en général. Et je trouve que c'est bien de le remettre en question. Après de là, ne pas s'adapter. Comme tu dis, si, il faut toujours s'adapter. C'est juste que moi, je parle plus certainement d'une remise en question parfois. Prochaine question. On finit toujours par adopter les habitudes du pays d'accueil. 1, 2, 3, oui.
- Lucie
Je ne sais pas. Bon, oui. Je ne sais pas si on finit toujours.
- Alban
En tout cas, on dîne entre 17 et 18 heures. Oui, voilà.
- Lucie
C'est difficile de ne pas être influencée et de ne pas… Surtout quand ça nous convient au final. Je connais des Français en Norvège qui dînent toujours à 20h30. Mais je pense que quand déjà tu as un rythme de travail avec des horaires différentes et tout, ça impacte sur ton quotidien.
- Alban
on était complètement contre à la base on disait on ne laissera jamais nos filles dormir dans la poussette dehors c'est n'importe quoi au final quand on a compris que c'était notamment un avantage parce que tu cours ton bébé pour sortir et si tu le rentres aussi couvert il va avoir chaud il se réveillera en deux secondes on s'y est fait très vite à cette habitude quand tu trouves un intérêt pareil manger très tôt ça permettait tu vois que les enfants sont épuisés ils vont aller au lit tôt surtout en hiver ça aussi tu t'adaptes en fait tant que tu trouves que C'est pas une contrainte.
- Lucie
C'est pas une contrainte, c'est facile d'adopter les cultures locales.
- Alban
Prochaine question. On change profondément après plusieurs années à l'étranger. 1, 2, 3, oui. Oui,
- Lucie
en fait... Tu te lies d'amitié avec tellement de personnes différentes, qui viennent d'horizons différents, que ça peut changer un peu ta façon de penser.
- Alban
Oui, moi je trouve que c'est en lien aussi avec la personne que tu deviens. Tu es cet hybride de différentes cultures, de différentes personnes. Il y a des langues qui se rajoutent. Il peut y avoir la parenté vécue à l'étranger. Après, la perte d'une personne vécue à l'étranger. Il y a tous ces schémas qui peut-être rajoutent en partie de la complexité, mais aussi de la douceur. sous d'autres aspects, c'est pour ça que moi je trouve que ça te change de rester peut-être dans ton pays d'origine, je trouve que t'évolues pas pareil, sur le caractère sur certaines choses tu vas rester peut-être la personne que t'es à la base quelqu'un de peut-être très curieux ou de plus ou moins casanier par exemple je trouve que t'évolues à l'étranger,
- Lucie
tu changes au fil des années moi surtout en venant de Paris je trouve que j'avais une vie très parisienne et en Norvège j'ai une vie, enfin maintenant je me dis je peux plus vivre sans la nature, alors que après avoir vécu 15 ans à Paris Je me disais, la nature, c'est bien en vacances. Avant,
- Alban
on ne pouvait pas vivre sans une terrasse.
- Lucie
Oui, voilà, mais c'est vrai. Et du coup, ça te change quand même sur... Maintenant, je sais que j'en ai besoin de la nature, alors qu'avant, ce n'était pas un besoin. Prochaine question.
- Alban
On finit toujours par idéaliser son pays d'origine. 1, 2, 3, oui. Moi, je trouve qu'après beaucoup d'années, et en ayant vécu dans plusieurs pays, ce qui est notre cas... Beaucoup de choses manquent de la France, mais pour moi il y a un espèce de syndrome de l'espatrier ou de l'immigré maintenant.
- Lucie
Oui, mais pas au point de l'idéaliser.
- Alban
Ah oui, tu as raison, c'est peut-être cette nuance que je n'ai pas.
- Lucie
Je suis hyper claire sur le fait qu'en France, je ne me sens pas aussi safe qu'en Norvège par exemple. Je n'idéalise pas du tout la France. J'adore la France. Elle me manque sur plein d'aspects. Mais sur plein d'autres aspects, je ne l'idéalise pas du tout parce que je sais qu'il y a quand même des côtés négatifs par rapport à la Norvège par exemple. Donc non, moi je pense que je ne l'idéalise pas du tout.
- Alban
Prochaine question. Le mal du pays ne disparaît jamais entièrement. 1, 2, 3, oui.
- Lucie
Tu as toujours un peu le mal du pays parce que tu as toujours des aspects de ton pays d'origine qui te manquent. Que ce soit les relations, les gens, la nourriture, les lieux.
- Alban
Et comprendre les choses. En fait, comprendre sans te poser de questions, limite.
- Lucie
Ouais, voilà.
- Alban
On avait parlé dans un épisode, enfin Raphaël, on avait parlé dans un épisode où elle dit, mais c'est bête, mais comprendre les impôts, les services, l'administration.
- Lucie
On n'est pas sûr que...
- Alban
On n'est pas sûr que ça te fasse une grande différence. Ouais, mais tu vois, c'est un truc où tu te... C'est naturel. Ouais,
- Lucie
c'est moins difficile à trouver la réponse. Exactement,
- Alban
il n'y a pas besoin de traduction. Forcément, milieu, tu connais plus ou moins les termes, quelqu'un peut facilement t'aider. Ces choses-là peuvent prendre des proportions un peu plus... Pas qu'un peu, d'ailleurs, ou la santé, ça peut prendre... plus de place.
- Lucie
Prochaine question.
- Alban
Vivre à l'étranger éloigne de sa famille. 1, 2, 3, non.
- Lucie
Alors toi tu dis non, ça m'intéresse.
- Alban
Parce que c'est un peu ce qu'on s'est dit plusieurs fois. Oui, au quotidien, on est moins proche de sa famille, mais on passe des temps, je trouve, plus de qualité. Parce que par exemple, on reçoit sa famille chez soi pendant une semaine, voire 15 jours, voire 6 mois. Et on apprend à revivre ensemble au quotidien. À partager des petites discussions le soir, à partager des petits déjeuners ensemble. Chose, je pense qu'on ne fait plus trop quand on a la trentaine, les enfants, la tête dans le guidon.
- Lucie
C'est vrai, je suis d'accord avec toi que ça permet d'avoir plus de moments de qualité en famille. Mais je trouve quand même que ça éloigne sur les trucs un peu plus spontanés.
- Alban
Sur le quotidien aussi.
- Lucie
Le quotidien, par exemple, les grands-parents qui vont chercher leurs enfants à l'école. Bon, nous, il n'y a pas ça. Mais bon, après, il y a plein de gens qui vivent en France avec leur famille. Et on se rend compte au final qu'il n'y a pas forcément ce quotidien non plus.
- Alban
Parce que la tête dans le guidon. Oui,
- Lucie
parce que tu fais ta vie. Et puis parfois, tu peux être juste à deux heures de route. Mais du coup, tu es éloigné pour les choses du quotidien.
- Alban
Mais d'ailleurs, j'aime beaucoup l'exemple des deux heures de route. Parce que quand on rentre en France, si je dois aller voir quelqu'un à deux heures de route, je m'en fais toute une montagne. Alors que par contre... Limite prendre l'avion pour aller à l'autre part si ensuite il n'y a pas besoin de forcément prendre la voiture et tout. Dans ma tête, c'est beaucoup plus simple. Ça dépend. C'est à chaque fois les barrières mentales et tout.
- Lucie
Il en a beaucoup des barrières mentales. Donc forcément, pauvre de moi. Prochaine question. Prochaine question. Tu te rends compte quand même de tes barrières mentales. C'est très bien.
- Alban
Oui, pour quelqu'un qui n'a pas le permis. Prochaine question. Les fêtes de famille sont ce qui manque le plus quand on vit à l'étranger.
- Lucie
Un,
- Alban
deux, trois.
- Lucie
Non. Toi, tu as dit non.
- Alban
Parce que pour moi, une fête plus, j'avais en tête plutôt le quotidien. Les fêtes de famille manquent, mais je pense que ce sont au final les petites choses parfois du quotidien ou de vivre potentiellement proche de sa famille ou de ses amis qui manquent. Je trouve qu'on ne se débrouille pas trop mal pour quand même faire des rassemblements familiaux quand on rentre. Pour les mariages aussi notamment, en tout cas les grandes occasions. Oui,
- Lucie
voilà, ça reste pour les grandes occasions.
- Alban
Nos filles,
- Lucie
elles ne connaissent pas... Le dimanche, le poulet rôti avec les cousins et les cousines.
- Alban
Bah non, t'es végétarienne, donc de toute façon...
- Lucie
Oui, mais bon. Après, si on habitait en France, à partir du moment où on vient pas des mêmes régions, ça serait de toute manière difficile. Mais en tout cas, les fêtes de famille, comme moi je les ai vécues enfant, où on se réunissait le dimanche chez les grands-parents et tout, ça, ça manque.
- Alban
Prochaine question. On perd des amis en partant vivre à l'étranger. 1, 2, 3... Oui. Tu as le sentiment d'avoir perdu des amis en déménageant ? Sachant que tu as beaucoup déménagé avant la Norvège aussi.
- Lucie
Oui. En fait, je trouve qu'il y a plein de catégories d'amis. Il y a des amis que je n'ai pas perdus, mais avec qui on ne parle pas au quotidien. Mais quand on se revoit, c'est comme si on s'était vus hier. C'est intact et tout. Et pour moi, je ne les ai pas perdus. Il y a les amis avec qui on parle au quotidien et qu'on voit aussi souvent quand on rentre. Et il y a ceux avec lesquels on ne parle pas au quotidien et qu'on ne voit pas forcément quand on rentre. Et du coup... Ça se perd petit à petit. Ça se perd petit à petit. Parce que quand tu ne t'es pas vu depuis 5 ans, même s'il ne s'est rien passé entre nous en soi, mais ça veut dire que ni l'un ni l'autre priorise cette relation. Donc, pour moi, elle est un peu perdue quelque part. Même si on n'a pas de ressentiment envers les personnes.
- Alban
Moi, je pense qu'il y a malheureusement l'effet, je vais peut-être me répéter, la vie de couple déjà, avec le temps, et en plus de ça, la parentalité. Parce qu'en fait, Dans une journée il y a 24 heures, t'es déjà tellement sollicité par ton travail et ta parentalité et ton capital énergie n'est pas forcément très haut donc ensuite devoir entretenir beaucoup d'amitié, je pense que ça devient vite compliqué et c'est pas forcément un tri qui s'opère mais quand plusieurs amis se retrouvent tous dans cette dynamique, forcément c'est difficile Je pense que garder une amitié...
- Lucie
Après ça c'est pas forcément du coup à l'étranger quoi Non complètement,
- Alban
non non non non, pour moi exactement, c'est bien d'y revenir pour moi c'est pas une question de vivre à l'étranger ou pas et c'est pour ça que j'ai répondu que non tu pouvais garder des amitiés en vivant à l'étranger c'est plus l'énergie au quotidien que tu vas engager par rapport à la vie à l'étranger et je le ressens beaucoup quand je rentre quand je rentre en France on doit faire un peu notre liste de ce qu'on voit en fait et
- Lucie
tu dois aussi un peu prioriser ceux que t'as pas vu depuis alors eux je les ai vu la dernière fois donc là je dois prioriser ceux que j'ai pas vu la dernière fois ou Il y a un peu ce management de la relation entre famille et amie. Et puis on ne se dit jamais, on rentre en France et on ne voit personne.
- Alban
Même si parfois je pense que c'est ce qui serait le plus reposant.
- Lucie
Là après on enchaîne, on déjeune avec machin, on dîne avec machin.
- Alban
Surtout que là à côté de moi j'ai un énergumène. C'est-à-dire que parfois à Paris, quand elle se retrouve dans son élément naturel, les bitumes et les terrasses, elle organise des petits déj. des repas du midi, des verres, des apéritifs et des dîners. Et tout ça, parfois, ça peut être avec des personnes différentes, limite. Bah oui,
- Lucie
mais il faut optimiser, quoi.
- Alban
Alors que moi, je viens du Sud, moi, c'est spontané. Mais du coup, souvent, c'est tellement spontané que ça ne se fait pas non plus. Non,
- Lucie
mais bon, et ce modèle, j'y reviens un peu. Maintenant, j'essaye. Mais parce qu'en fait, je ne me vois pas dire à mes amis, je viens et je ne te vois pas.
- Alban
C'est rude.
- Lucie
C'est rude. Mais en fait, j'y reviens un peu parce que je me dis, au lieu de se voir en coup de vent pendant une heure à Paris, Viens nous voir en Norvège.
- Alban
Venez nous voir en Norvège, les amis.
- Lucie
Venez nous voir en Norvège. On passera un moment de qualité. Ou alors, on vient vous voir là où vous vivez. Ou on organise un week-end ensemble. Des vacances ensemble. Des vacances ensemble. Parce qu'en coup de vent, surtout si on est avec les enfants, ça peut vite devenir...
- Alban
Complicado.
- Lucie
Complicado.
- Alban
Prochaine question. Élever ses enfants à l'étranger est une chance. 1, 2, 3, non.
- Lucie
Je ne comprends pas ta réponse.
- Alban
C'est parce qu'en fait, je trouve... qu'élever ses enfants, c'est difficile. Et que du coup, les élever à l'étranger, sans forcément avoir de l'aide, si tenté qu'on puisse avoir de l'aide dans son pays d'origine, ce qui n'est pas forcément acquis non plus, je trouve ça d'autant plus difficile. C'est pour ça. L'aspect après avoir accès à une autre langue, de nouveaux repères, peut-être une biculturalité, voire plus, c'est incroyable. Mais sur, on va dire, plus la gestion du quotidien, ça peut être très lourd. Et je pense que c'est quelque chose aussi qui n'est pas forcément mis en avant, une fois de plus, sur les réseaux sociaux, par exemple.
- Lucie
Je suis d'accord avec toi. Merci,
- Alban
merci.
- Lucie
L'aspect, du coup, tu n'as pas d'aide vu que tu n'as pas de famille proche. C'est complètement vrai. Après, je pense que c'est une chance en termes déjà de langage, le fait qu'ils apprennent plusieurs langues, qu'ils soient confrontés à plusieurs cultures. Des petits, je trouve que c'est une richesse incroyable. Il faudrait qu'on en débatte aussi avec nos filles plus tard parce que c'est une chance. Mais peut-être qu'aussi, dans 10-20 ans, elles nous diront, c'est bizarre, je suis née en Norvège, j'ai fait toute ma vie en Norvège, peut-être Mais en même temps, je ne suis pas norvégienne. Mes parents ne sont pas norvégiens. D'ailleurs,
- Alban
on en a parlé avec des invités déjà. C'est un peu, en anglais, le third culture kid. C'est l'enfant qui a grandi entre différentes cultures, entre différents pays. En Norvège, tu te sens français. Quand tu es en France, tu te sens norvégien. Donc, tu es toujours un peu entre deux. Nous, au final, on est un peu tombé dans ça. Mais je pense que la France reste le pays qui nous définit malgré tout. On va prendre des côtés de la culture norvégienne sur, je ne sais pas moi, les repas, les horaires, la qualité de vie, la nature. Mais le repère reste quand même, je pense, à la base la France, alors que pour ses enfants, je pense que c'est différent.
- Lucie
Prochaine question.
- Alban
Revenir vivre dans son pays d'origine est plus difficile qu'il n'y paraît.
- Lucie
On ne sait pas.
- Alban
Ben voilà. Un, deux, trois, on ne sait pas les gars. Alors nous, effectivement, on l'imagine.
- Lucie
On imagine que c'est plus difficile. Mais après, on a des amis qui ont quitté la Norvège et qui sont très contents en France.
- Alban
On en connaît aussi qui sont partis au final pour mieux revenir. Je pense vraiment que ça dépend du projet familial. C'est important de jauger certainement un peu les besoins de chacun. On espère que ce nouveau format vous a plu.
- Lucie
N'hésitez pas à nous dire en commentaire si vous êtes d'accord ou non avec nos réponses.
- Alban
On vous dit à très vite pour un nouvel épisode. À très bientôt chez nous. Sous les aurores.
- Lucie
Si cet épisode vous a plu, pensez à nous laisser une note et un avis sur votre application d'écoute préférée.
- Alban
Ou un commentaire sur YouTube, ça nous aide énormément à faire grandir le podcast.
- Lucie
Merci et à très vite pour le prochain épisode.