- Tristan Champion
Il y avait des collègues, des femmes qui me parlaient de ça en France, j'en avais rien à foutre. J'étais vraiment genre, mais c'est quoi ces histoires de parentalité, tout le monde passe par là. Et en fait, quand ça t'arrive à toi, tu commences à être ouvert à essayer à comment ça se passe pour les autres. Le congé paternité, en fait, ça touche ton rapport à l'éducation, à la famille, au travail, à des concepts hyper compliqués aussi, genre masculinité, virilité, et de manière générale, sur l'image pour renvoi de flamme.
- Lucie
Salut, c'est Lucie.
- Alban
Salut, c'est Alban.
- Lucie
Bienvenue chez nous sur un nouvel épisode de Sous les Aurores.
- Alban
Aujourd'hui, nous recevons un papa devenu une référence dans le monde du congé parental, aussi bien en France qu'en Orlège. Et d'ailleurs, quand on est arrivé il y a quasiment 7 ans, tu ne sais pas, mais tu avais rapidement attiré mon attention parce que tu travailles dans le CRM, et moi aussi, et puis parce qu'on a utilité autour du congé paternité, mais ça c'était avant même que moi j'ai des enfants. Avant de passer le micro à Lucie pour les petites questions, j'en profite pour faire mon prélœil. de congé paternité. On va beaucoup parler de ça aujourd'hui, mais dans une semaine, je reprends le boulot. Donc, c'est sympa d'en voir les collègues, mais quand même, après presque cinq mois, ils retournent quand même le cœur l'eau. On va pouvoir discuter tout seul. Donc, merci beaucoup pour ta présence. On est super heureux de te recevoir.
- Tristan Champion
Merci de m'inviter et je pense que tu vas vivre la diglouze, ta tablouze. Tu me raconteras.
- Lucie
Je vais commencer par quelques petites questions. Comment tu t'appelles ? Depuis combien de temps vis-tu en Norvège ? Dans quel domaine travailles-tu ? Et si tu peux nous partager un petit culture-choc que tu as vécu à ton arrivée ?
- Tristan Champion
Je m'appelle Tristan, j'ai 40 ans, 3 enfants. Je suis arrivé en Norvège il y a 10 ans. Ma femme est norvégienne, on habitait à Paris avant, puis on a déménagé quand on a eu notre premier enfant. Je travaille dans le marketing, j'ai travaillé pendant 10 ans chez Nespresso, puis là je viens, donc je commence un nouveau travail chez Sats.
- Lucie
Qui est le club de fitness de Norvège, voire des Nordiques.
- Tristan Champion
Des Nordiques, voilà, il y a 700 000 membres dans... Tous les nordiques, donc les Norvégiens, les Danois, les Sédouais, les Fernandais adorent s'entraîner. C'est vraiment culturel ici. D'ailleurs, ça m'avait choqué le premier jour où j'étais venu en Norvège, de les voir tous s'entraîner, courir sur un genre de machine devant des grandes vitres et se montrer un peu tout misclé et tout fort à faire leur footing et à soulever des haltères. C'est des sportifs, ils sont toujours en forme. Quand ils ne sont pas où ils sont, ils sont dans les salles de sport. Et je me suis dit, tiens, c'est pas trop pour moi ça. Puis finalement, livre après.
- Lucie
Ne jamais y être un mec.
- Tristan Champion
J'ai fait un cours de body pump hier, alors je suis un petit peu...
- Alban
Combatturé. Combatturé.
- Tristan Champion
Parce que je ne suis pas assez fort que mes collègues ou quoi.
- Alban
Ça va venir.
- Tristan Champion
En tout cas, moi, ce qui me choque toujours en Norvège et encore aujourd'hui pour venir à ISUI, c'est les comportements des Norvégiens dans les transports en commun. En fait, je trouve que le Norvégien a toujours un peu de mal à... parler à ses passagers qui est juste à côté pour lui dire, est-ce que tu peux te lever parce que je dois passer, par exemple, pour ouvrir la porte. Et donc, les Norvégiens vont te regarder avec insistance pour te faire comprendre que tu dois te lever pour le laisser passer au lieu de dire, une chineuse, est-ce que je peux juste passer ? Rêve-moi. Et en fait, je trouve que ça me choque toujours à quel point parfois je dis qu'ils sont un peu handicapés sociaux, ils n'arrivent pas juste à... Tu sais, dire, excusez-moi, je peux passer ? Et moi, je rejoue un peu, donc du coup, je fais simple, je vois qu'il a envie de sortir.
- Alban
J'attends qu'il me parle pour me décailler un petit peu.
- Lucie
Est-ce que tu pourrais nous parler un peu de ton parcours d'extatriation et de ton parcours de vie ? Qu'est-ce qui t'a amené à Osso ?
- Tristan Champion
Alors, moi, ce qui m'a amené à Osso, c'est l'histoire d'amour. Parce que ma femme est Norvégienne, et puis en fait on s'est rencontrés quand on était étudiants en Autriche. On a fait Erasmus ensemble. Elle étudiait à l'université d'Oslo et moi à la Sorbonne à Paris. On avait chacun une année d'échange à Vienne et on habitait dans la même résidence étudiante eraciste. Coup de foudre, donc je dis que j'ai dragué une Norvégienne en allemand et j'en suis assez fier. En fait, quand j'étais au collège, pour être dans les bonnes classes à mon époque, il fallait faire allemand première langue et latin. Et donc, ma mère m'a fait faire allemand, franglais, allemand et latin. Ça m'a permis d'être fort en allemand, mine de rien. Et comme, quand j'ai voulu postuler pour étudier en Autriche, comme mes cours étaient en allemand, j'étais un peu le seul à postuler de toute la Sorbonne, d'ailleurs, parce qu'il y avait très peu de germanophones. Et donc, du coup, je n'ai pas eu du tout de problème à intégrer l'université de Vienne. Après, les Autrichiens ont un accent hyper difficile à comprendre. donc quand tu te... table de la macroéconomie ou microéconomie en allemand autrichien.
- Lucie
Ça lui a été sympa les cours.
- Tristan Champion
Mais en tout cas, on a bien accroché. Puis c'est vrai que comme la Norvège, moi j'avais un imaginaire hyper positif comme pays, tout de suite, toute sa culture, ça m'avait intéressé.
- Lucie
T'imaginais quoi de la Norvège ?
- Tristan Champion
J'imaginais des grandes étendues blanches, vallonnées, des fjords. J'imaginais beaucoup de balades dans ma nature. Elle, elle me disait, oui, moi, j'habitais dans l'extrême nord. Quand on jette de l'eau dehors, c'est de la glace qui pourrait vraiment, il fait froid. J'imaginais vachement un peu ce qu'on se dit de style de vie hyperactif. Beaucoup de marches, montagnes, etc. Alors bon, je n'avais pas tort. Après, moi, je suis parisien. pas du tout mon univers. J'allais très rarement en montagne en France. Donc, c'était aussi un univers pour le nouveau.
- Alban
Donc, tu es, même avant Vienne, très citadin ?
- Tristan Champion
Oui. Né à Paris, école maternelle, primaire, collège, lycée, université. Je ne sortais pas du périph'. Je le sors. Fin de mon terme, à une maison de... On a une maison de vacances en Normandie, près de Deauville. Donc, on est très clichés.
- Alban
Ah ben voilà. Ça continue.
- Tristan Champion
donc j'ai toute celle qui est du parisien qui ne sort pas de Paris trop content à l'idée de pouvoir aller à Oslo mais Louise ma femme s'appelait Louise elle est de Norvège, elle voulait absolument aussi vivre à Paris et donc après quand on a subi nos études on a eu un deal, on fait 5 ans à Paris de nos 25 à nos 30 ans à Paris et à 30 ans on ira en Norvège j'adore venir de France,
- Alban
petit contrat comme ça,
- Tristan Champion
et on pouvait faire 5 ans en Norvège et après décider et là ça c'est...
- Lucie
Est-ce que vous aviez justement planifié d'abord Paris et ensuite la Norvège en se disant si jamais on agrandit la famille, il vaut mieux être en Norvège ?
- Tristan Champion
C'était Louise qui était beaucoup sur ce schéma-là. Je devais vivre une vie jeune active à Paris, mais elle avait observé que... Oui, avec des enfants, ça se... Même la vie urbaine, elle est hyper aussi autour des balades, près de la rivière. C'est très vert. C'est une drôle de vie. Tu as quand même un peu l'impression d'être à la campagne.
- Alban
Mais complètement. Apparemment, je ne sais pas si c'est toujours le cas, mais j'avais lu il y a quelques temps que c'était la deuxième capitale ou ville la plus verte au monde derrière Singapour.
- Tristan Champion
Elle a joué la carte de la vie familiale sympa. Oské, elle parlait beaucoup. Le rythme de travail à Paris, celui-là, était hyper intense. Elle me dit, non, dans Norvège, c'est plus respectueux. Moi, je ne la croyais pas trop parce que dans mes milieux un peu compétitifs, marketing, vente ou commerciaux, elles ne sont pas de marché, de chiffre d'affaires. Donc, il y a quand même un boulot à délivrer. Mais c'est vrai que quand j'ai commencé, j'ai trouvé un boulot chez Nespresso au début. J'ai commencé, je me rattraperais toujours, de 15h45. les bureaux sont vides. Alors que c'était des gens qui faisaient des multi-chaises de produits. Je ne sais pas, moi, à Paris, on était tous à 19h, on était tous encore au boulot. Et puis moi, j'étais à Reuil-Malnaison, je prenais le RER A par la Défense. J'entrais chez moi, il était 20h15, 20h30. Et j'arrive et ça change. Et du coup, parfois, sur ce truc-là du boulot, parfois, ce que je trouve un peu différent par rapport à la France, c'est qu'en tout cas, moi, dans mes expériences, ... des Français sont très passionnés par leur travail. Ils adorent en parler, ils adorent y être, ils adorent être à la machine à café, ils adorent y battre. Alors que le Norvégien, je trouve qu'il est plus sur un mode « Allez, je pars le plus vite possible pour être avec ma famille. » Il peut être très efficace. Et je trouve que le milieu du travail en France est désormais plus convivial. Il y a plus de conversations. On est fait imaginer des pauses café plus longues, le repas à dire plus longtemps, coller bien ses collègues.
- Alban
Et du coup, est-ce que vous avez eu un enfant en Norvège ou avant ? Comment ça s'est passé ?
- Tristan Champion
On a eu un premier enfant à Paris quand on a eu chacun un trottin, qui est Émile, aîné, dont Paris est le très bien rose toujours. Donc, je travaillais chez I.L.T.N. à l'époque, donc l'entreprise de bière, et puis ça faisait trois ans que j'étais là-bas. J'avais fait un peu le tour, c'était super simple, mais j'avais envie de bouger. Et Louise a dit, c'est peut-être l'opportunité qu'on ait des enfants, comme on s'est dit, d'aller en Norvège. et dont il y a eu Donc, on a déménagé avec Émile qui a d'ailleurs que 3-4 mois. Ah oui, on a financé dans ça. Donc, j'avais fait un petit congé de paternité de 11 jours à l'époque.
- Lucie
Ah oui,
- Alban
le classique, le français. Enfin, maintenant qu'il a été rallongé quand même.
- Tristan Champion
J'essaie d'arriver à 28 jours maintenant.
- Alban
Mais je ne sais pas quelle est ta position sur ça ou ce que tu en penses. Mais j'avais entendu, en tout cas quand ça a commencé, tu avais droit à ce mois. Mais c'était quasiment mal vu de le prendre. Ou c'était délicat.
- Tristan Champion
À Paris, en France, je trouve qu'on a encore une position... En fait, on va être assez dans le jugement quand un homme prend son congé paternité ou un congé parental. Pour les femmes aussi, ça peut être aussi des moments de déter, ça je ne veux pas le dire. Mais je trouve que pour un homme, comme ce n'est pas la norme, on va dire tiens, s'il prend un congé paternité de 20 jours ou s'il tente un congé parental de 2-3 mois, ça veut dire qu'il donne le signe à son entreprise qui privilégie sa vie familiale par rapport à sa vie pro. La femme, elle peut donner ces signaux-là, mais on va lui dire ça paraît plus normal. Et je pense que, en tout cas moi, c'était... Mon cas, je n'allais pas du tout concevoir de m'arrêter plus longtemps pour aimer à Paris parce que personne n'avait fait ça dans mon boulot. Mon chef, il voulait que je délie mes ratos et compagnie. Et en fait, je m'étais dit, si je veux prendre la place du chef, au plus à un moment donné, que je commence à un million et deux, trois mois, sachant qu'on était quatre, cinq à vouloir progresser. Enfin, c'est des milieux compétitifs. En quatre mois, il se passe plein de choses dans l'entreprise et tout. Je ne voulais pas lâcher le morceau de viande. Au final, j'ai démissionné, je suis parti en Norvège, mais... Je m'étais fait toutes ces réflexions.
- Alban
Et ce que j'allais dire, c'est que même, et on va en parler davantage, mais donc là, un congé paternité de quasi 5 mois, j'y ai droit, c'est complètement normal en Norvège, il n'y a pas de sujet sur est-ce qu'un consultant va prendre ta place, est-ce que la charge est répartie avec d'autres collègues ou quoi, mais je suis malgré tout héritier de cette empreinte française, d'un peu de culpabilité de le faire, de ne pas être 100% à l'aise avec ça, de comment ça va être perçu par mon boss, par certains collègues. que pour mes perspectives d'évolution, ça reste quand même ancré en soi. Et pourtant, j'ai peu travaillé en France. Et moi,
- Tristan Champion
j'étais dans ton cas aussi, quand ma deuxième, elle est née, notre deuxième enfant est né en Norvège, j'avais du coup aussi le droit à ces 3, 4 ou 5 mois de congé parentaux. Mais moi, je ne voulais pas les prendre. Non, mais j'étais hyper inquiet. Et Louise, mon femme, elle ne comprenait pas. Elle dit c'est ton droit, c'est la norme, tout le monde fait ça. Et elle m'a dit, parle avec d'autres. de père, parce que du coup, elle m'a encouragé, elle a pris l'allié de tous les mecs de son entourage qui avaient pris au moins 5 mois de congé paternité, et elle a dit « Allez boire un café avec Tristan pour leur expliquer que c'est normal et que ça va pas tuer votre carrière et que tout le monde le fait. » Et c'est l'importance de la norme, en fait. Je reviens toujours à ça, que c'est marrant. Si tout le monde le fait, tu le fais, c'est normal, tu te poses pas de questions. Après, faut pas être naïf non plus, si tu fais un congé par avantage de 20 ans...
- Alban
Il peut se placer des choses.
- Tristan Champion
Il peut se placer des choses, il peut te faire griller des promotions que tu voulais.
- Lucie
Mais ce n'est pas un frein non plus parce que moi, je vois en tout cas des femmes qui, après leur congé mat, ont même des promotions.
- Tristan Champion
Oui,
- Alban
ou en bruche pour changer de pose aussi.
- Tristan Champion
Et ce qui est en plus très juste, c'est que de toute façon, si les femmes passent par ces étapes-là, il y a dans une société qui essaie d'être plus égalitaire, il n'y a pas de raison. que les hommes ne passent pas par ce cap-là non plus. Donc, je reste persuadé que le modèle norvégien est hyper inspirant et qui nous fait passer par des émotions dont on n'a pas l'habitude, nous, les hommes. Et qui, par conséquent, en fait... Et d'ailleurs, c'est un peu de ces émotions que j'ai eues qu'est partie mon idée de faire un vlog sur la paternité à Hosto, parce que je ne dormais pas la nuit à cause de ce congé-patre, parce que... J'avais l'impression, quand à des instants de mon optique, que j'avais m'embêter à la maison. Je devais aller dans le bureau de ma manager pour lui dire que je prenais soin de moi, mais je transpirais comme un fou. Et donc, quand j'ai vu que tout ça se passait en moi, ça se passe chez ma femme, j'ai envie de le raconter.
- Lucie
Et tu as commencé quand, du coup, ton blog ?
- Tristan Champion
Et donc, je suis arrivé en Orveille à 30 ans. Laura, elle est née quand j'avais 33 ans. J'ai commencé le blog trois ans après mon... Mon arrivée en Norvège, j'ai commencé six mois avant mon congé paternité.
- Lucie
Donc elle était déjà née ?
- Tristan Champion
Elle allait naître.
- Lucie
Elle allait naître, ok. Mais du coup, tu réfléchissais déjà beaucoup dessus et ça t'a... Oui. Ça t'a fait besoin.
- Alban
Ça t'a fait un peu un déjubrage, au fait, le mythe.
- Tristan Champion
Oui, oui. Je voulais partager les émotions positives, négatives avec mes potes, mes amis, ma famille. Juste leur dire, c'est ça que je vis en ce moment. Je ne sais pas trop quel mot mettre dessus. Oui, oui. Je ne sais pas trop quel mot m'a décidé, mais l'écrire un blog, ça te fait mettre des mots, on met ce temps-là. Et donc, du coup, j'aimais bien raconter des petites histoires avec des jeux de mots sur ce que c'est d'être au tapas à Oslo. Mon leitmotiv, c'était tout ce qui se passe aujourd'hui avec Nora, ma fille, que je n'ai pas vécu avec Emile, tu le ramontes. Et donc, j'ai disséqué un petit peu toutes les micro scènes de vie que j'avais.
- Lucie
Est-ce que tu as un exemple ?
- Tristan Champion
Il y en a tellement. Celui qui m'a fait partir, c'est justement, j'étais dans le bus pour aller annoncer à ma chef que j'allais prendre Sogmode quand j'ai pas terminé. Il neigeait un Oslo. J'étais dans le bus. J'étais stressé. Je suis en fur et à mesure. Comme aujourd'hui, j'ai raté ma station. Et en fait, il y avait ma chef, Karke Tim, qui partait. Et je voulais son poste. Et j'étais stressé, j'étais angoissé. J'ai fait une école de commerce. Pour moi, il n'y avait pas dans le schéma que j'allais m'absenter pendant ce moment. Et donc, cette scène où je suis dans le bus et je commence à penser à mes sœurs, qu'est-ce qu'elles ont vécu. Je commence à penser à mes anciens collègues de Sherry MacKinnon qui me parlaient de ça. Il y avait des collègues, des femmes qui me parlaient de ça. En France, je n'avais rien à foutre. J'étais vraiment genre, c'est quoi ces histoires de parentalité ? Tout le monde passe par là. Et en fait, quand ça t'arrive à toi, Tu commences à te dire, à être ouvert à comment ça se passe pour les autres.
- Alban
J'en profite pour montrer qu'ensuite, ce blog, au bout de combien de temps, c'est devenu un livre ? La sarbe et le minuit.
- Tristan Champion
Alors, dans l'ordre, j'ai eu le blog. J'ai écrit toute cette micro-scène où je vous parle. Une soixantaine. Et puis après, il y a une maison d'édition qui m'a appelé pour me dire on a vu votre blog, vous avez été assez lisible finalement en France parce que certains de mes articles étaient repris par des médias comme le Huffington Post, etc. Et elle m'a proposé d'en faire un livre. Et donc, la barbe et le biberon, ça retrace ta vie d'un Français en Norvège qui vit son point de congé paternité.
- Alban
Et est-ce que tu veux nous en lire un petit exemple si tu arrives à le retrouver ?
- Tristan Champion
Est-ce que je suis bouffé le jour où j'ai annoncé mon congé de 5 mois à ma chef ?
- Alban
Allez.
- Tristan Champion
Ce jour-là, ma barbe est mon unique signe de virilité. Je ne peux pas me cacher derrière rien. Je vais affronter la modernité en officialisant mon choix auprès de ma chef. Parmi tous mes blocages, le séduit d'un non-congé paternité, c'est devant les conséquences de ma carrière qui m'inquiètent le plus. Je ne sais pas comment ma chatte me va réagir, surtout que j'ai la mauvaise idée de lui demander une promotion le même jour. Comme tous les matins, j'emmène Amy au jardin d'enfants. Sur le trajet, nous jouons sous la pluie à reconnaître les marques de voitures. Avec fierté, il les identifie toutes. Volkswagen, Toyota, Audi. J'avais réussi à lui faire préférer Peugeot, mais il a vite changé pour Tesla et ses modèles électriques de luxe qui ont envahi Oslo et dont le succès illustre à merveille la société norvégienne, riche, soucieuse de l'environnement, moderne, voire en avance sur son temps. Je salue Amel et pères de copains d'Emile, mais je ne tarde pas. Aujourd'hui, je ne suis pas d'humeur, juste angoissé à l'idée de me rendre au rendez-vous de 9h. Au moment de me diriger vers le bus 31 qui roule à l'électrique, fidèle à ma route, tine d'expatriés, je lance ma pélisse de chansons françaises. Dans le bus bloqué dans les engoutillages, je pense à mes sœurs et à mes anciens collègues de France qui ont annoncé leur congé maternité à leur responsable. Elles m'ont raconté leur stress et leur angoisse de rater une belle occasion, avouer leur culpabilité de laisser trop de travail à leurs collègues, faire part de leur frustration de devoir arrêter des projets intéressants. Leur crainte de voir le ou la remplaçante effectuer un meilleur travail et même de leurs inquiétudes de s'embêter à la maison. Rarement, un homme est exposé à ce processus et j'y suis. Michel Sardou chante dans mes oreilles. Dans un voyage en absurdité que j'ai fait lorsque je m'ennuie, j'ai imaginé son complexe, qu'un matin je changeais de sexe, que je vivais à l'étrange drame d'être une femme. C'est non ça, ce matin, je suis une femme enceinte vivante. Le drame d'annoncer la nouvelle association.
- Alban
Ce que j'aime beaucoup, comme on l'a dit juste avant, après une temps, poser des mots sur ça. Alors qu'en soi, sinon, c'est que des bouilles d'émotions, de la grossesse, l'accouchement, ce qui se passe dans le perso, ce qui se passe dans le pro. C'est dur à digérer, tout ça.
- Tristan Champion
Oui, parce que le congé paternité, en fait, ça touche ton rapport à l'éducation, à la famille, au travail, à des concepts hyper compliqués aussi, genre masculinité, virilité, ou hyper compliqués, trouver les bons mots sur ces genres de... de ce sujet-là, parce que c'est un peu intellectuel, technique, et de manière générale, sur l'image qu'on renvoie de Flomen. Dans les sociétés actuelles, prendre un long congé de paternité ou un petit, ça dit beaucoup de soi, de quel type d'homme on est. C'est un marqueur identitaire. Il y en a qui n'ont rien à fondre, c'est quoi cette histoire ? Il y en a qui vont pouvoir s'arrêter deux ans pour s'empêcher d'avoir une éducation des enfants. Ça dit beaucoup de soi.
- Lucie
Et puis en France... Quand il y a un père qui a décidé d'être père au foyer, par exemple, on le voit sur toutes les chaînes de la télé. Oui,
- Alban
voilà. C'est quelque chose de rare.
- Tristan Champion
C'est rare. Et d'ailleurs, cette vénétisation agace certaines femmes. Et à juste titre, on sait qu'il y a beaucoup de femmes au fond.
- Lucie
Et moi, j'ai ma petite théorie, peut-être de psychologue de Contreur.
- Tristan Champion
Mais je trouve que si des couples vivent mal cette période de leur petite enfance et arrivent à se séparer, notamment en France, je trouve aussi que c'est parce qu'il y a justement cette différence,
- Lucie
ce fossé où... la mère prend plus en charge cette petite enfance et que le père ne comprend pas, du coup n'a pas peut-être les bons mots ou le bon soutien et ça amène certainement à des védiclaches qui amènent aussi certainement parfois à des ruptures et je me dis parfois, si ils étaient en Norvège, ça se trouve, ils n'en seraient pas arrivés là. Et toi Tristan, en quoi le congé paternité en Norvège a influencé ta relation avec tes enfants ? ou a influencé ton rôle de père, parce que tu avais déjà vécu un projet pétain de temps en France. Comment tu penses que ça a influencé ça ?
- Tristan Champion
En fait, justement, comme déjà, j'ai développé de l'empathie avec Louise, j'ai compris vraiment le coup mieux. Ce que j'ai vécu, comme tu dis, ce qu'elle, elle vivait, donc on s'est mieux compris. Ça, ça m'a permis, en fait, déjà d'avoir une relation plus apaisée dans le couple que pour le premier enfant où elle faisait tout, j'étais juste dans le soutien. Je l'ai mieux comprise. Et elle, de son côté, elle a un peu plus lâché prise sur les questions des enfants. Je raconte ça un petit peu dans le livre, les bizarres des post-it, parce que quand j'ai commencé mon congé paternité, je ne sais pas si tu as fait ça avec Alban, mais moi, Louise, elle n'était pas forcément très à l'aise avec le fait de me laisser seule. avec les enfants pendant plusieurs mois. En tout cas, au début, elle voulait un peu que je la rassure. Je lui dis, je vais le faire aussi à ma manière et il faut que tu acceptes que ce sera fait un peu différemment. Et il y en a qui n'acceptent pas forcément. Mais il y a aussi des routines à respecter. Du coup, moi, j'ai fait plein d'autres choses qu'elle, elle n'a pas faites parce que je l'ai fait à ma manière. Et ça, elle a mis aussi un peu de temps à l'accepter. Je trouve que ce projet paternité, il a énormément renforcé les liens que j'ai bâtis avec mes enfants. aussi parce que par rapport à la France, ce qu'il faut bien préciser, c'est qu'en Norvège, il est alterné le congé. Le père est seul avec les enfants. On n'est pas deux à s'occuper d'un enfant. Et donc, ça change tout. Puisqu'on passe de copilote à pilote. Et en étant pilote, on peut se tromper. Mais c'est nous qui dirigeons la relation. On ne va pas attendre l'instruction pour faire quelque chose. Et j'ai remarqué que pour Louis, c'est un travail astral de laisser... Après, forcément, je... J'ai passé cinq mois non-stop avec ma fille. J'ai tissé beaucoup de liens. Elle a pris un marché. Il y a un peu plus d'interaction avec le bébé. C'est un gros frein pour beaucoup de pères. On a du mal au début quand il n'y a pas d'interaction. On dit souvent que les gars, il leur faut un échange. On les joue. C'est un peu bête aussi, mais c'est une réalité. D'un autre côté, les mères... Le congé mat, c'est un peu plus cool parce que le bébé dort plus longtemps de zéro à six mois qu'après.
- Alban
Si tu n'as pas les coliques et tout ça, c'est vrai que ça peut être plus calme en tout cas. Alors que nous, on peut avoir, notamment c'était le cas avec Gisèle l'aînée, c'était sous-tenu. Oui,
- Lucie
et puis les premiers mois, tu ne dors pas beaucoup. Si tu as de la chance, pendant le congé pat, si ça tourne, ton bébé fait déjà ses nuits.
- Tristan Champion
Mais les nuits, d'ailleurs, qui chez vous se levait pendant le congé pat ? Qu'est-ce qu'il se lève pour demain ?
- Lucie
Mais moi, je n'ai pas allaité. Donc, vous pouvez tous les deux se lever. Et le congé paternité, c'est Adban qui se lève. Et le congé maternité, c'était moi.
- Tristan Champion
Bonissique. Moi, de toute façon, parfois, je faisais semblant de ne pas entendre les pleurs. Parce qu'on n'a pas le même... On n'a pas la même réaction aux pleurs, souvent. Il y en a qui... Ah, il y a un petit pleur, on y va tout de suite. D'autres, on laisse la pleurer. On s'embrouille tout le temps sur ces sujets-là. C'est le croc classique. Ça fait dix ans que je suis dans les questions de parentalité et paternité. Ce qui est très délicat, c'est de dresser des généralités parce que chaque... Chaque histoire est personnelle. Un couple, c'est deux éducations différentes, parfois des modèles différents qui se rencontrent. Moi, ma femme, on va dire, elle est un peu plus organisée, structurée que moi. Et moi, je suis plus bordélique. Donc, ça va se ressentir quand on demande la part d'entabilité. Et ça va créer des...
- Alban
Des différents.
- Tristan Champion
Des différents.
- Alban
Des challenges.
- Lucie
Moi, avec mes copines, on trouve quand même qu'il y a quelques similarités. entre nos compagnons.
- Alban
Il paraît que nous avons une très mauvaise audition la nuit. C'est possible. Je crois qu'on retrouve ça.
- Tristan Champion
Je pense que la prochaine génération, elle sera moins comme ça, puisqu'elle aura vécu avec le fait que leur père ait, à ses cinq mois de paternité, donc ils vont se dire, bon, c'est mon tour, c'est mon tour.
- Alban
T'imagines, les jeunes garçons, ils vont demander conseil peut-être à leur papa pour s'occuper de leur bébé, c'est génial, ça. Est-ce que t'as déjà vu ça, peut-être en Norvège déjà ? Ça arrive avec la génération précédente ?
- Tristan Champion
Je ne sais pas si ça arrive, mais moi, je vois que Nora, avec qui j'ai fait cinq mois de congé paternité, dès qu'il y a un petit pleur, elle va plus vers moi que vers sa mère quand elle a un petit bobo, un petit pincement au cœur ou quoi. Donc, en tout cas, peut-être qu'il y aura moins un réflexe maternel dès qu'il y a un problème.
- Lucie
Moi, j'ai trouvé que justement, tu disais tout à l'heure que vous aviez la période un peu autour des dix mois de l'enfant. C'est aussi la période où généralement, ils ont cette peur de l'abandon. Et j'ai trouvé que pour les deux filles, quand Albon faisait son congé paternité avec elles, après, c'était des sangsues avec lui. Elles étaient très filles à papa, suite au congé paternité. J'ai trouvé que pour les deux...
- Alban
Mais en même temps, heureusement qu'au bout de 7-8 mois, en fait, elles goûtent enfin en meilleur.
- Tristan Champion
Et moi, ma fille Paris-Au-Veloura, comme mon congé paternité... On se faisait parfois les siestes. Moi, je m'allongeais dans le lit et je laissais dormir sur mon ventre parce que avec ma respiration, elle dormait tout de suite. Et du coup, pendant cinq mois, elle a dormi ses siestes de une heure à la nuit sur le ventre de son papa.
- Alban
Voilà, c'est des moments de vie qu'on n'a pas en France. C'est clair.
- Lucie
Quelle activité tu faisais avec elle pendant ton coujet paternité ?
- Tristan Champion
Alors voilà, en plus, comme tu sais, je faisais un blog. Donc, il fallait que je nourrisse le blog avec des histoires. Parce que raconter des histoires en tête-à-tête avec des enfants, c'est quand même dur d'être un peu innovant, marrant, de raconter. Il se passe un peu toujours les mêmes choses. Et ce que j'ai trouvé de remarquable, c'est que la commune d'Oslo, je ne sais pas si toi tu as pu en profiter à bon, organise énormément d'activités pour les enfants. Donc, il y avait une application qui s'appelle Oslo Barchotil. Tu te géocalises et elle te dit quelles sont toutes les activités avec enfants qui se passent autour de chez toi.
- Lucie
Mais attends, on n'en a jamais entendu.
- Alban
Attends, et que fait la Health Station, le centre de santé ?
- Tristan Champion
Ça te dit chorale pour enfants, baby chino, baby yoga, baby swimming, des cours. J'avais été invité justement vers ma Health Station à la journée du papa, où tous les pères de Greuner local, où j'habite dans mon quartier, seraient initiés pour leur première semaine de congé paternité ensemble. J'avais rencontré une vingtaine de pères ce jour-là avec leurs enfants. Du coup, j'ai pu faire un groupe de naissance, comme on dit ici, avec les pères. Les activités qu'on faisait, c'était... Il y a beaucoup. La numéro un, c'était... Je ne sais pas si vous l'avez fait. D'ailleurs, dans vos quartiers, il y en a beaucoup. Oui, il y en a pas mal. Alors, c'est vrai que par exemple, au début, sur une vingtaine de parents, il y a trois pères et 17 mères. Donc tu vois quand même que c'est quand même plutôt les mères qui font ces activités-là. Parce que quand je demandais à d'autres pères, tu veux pas venir avec moi ? Et des pères qui disaient, c'est un peu compliqué, 3-4 heures de balade en soirée avec ma fille, moi je suis pas sûr d'être capable, il y en a quand même qui sont pas tous à l'aise. Et comme moi j'avais un blog, il fallait que je raconte des choses, mais t'as dit que...
- Alban
J'y vais coûte que coûte.
- Tristan Champion
J'y vais coûte que coûte.
- Alban
Sois et moi, on y va, c'est parti. Dans 4 heures, on aura des histoires.
- Lucie
T'as pas peur de te retrouver au milieu de la forêt, qu'elle est faim, qu'elle est trop... Ouais, c'est ça,
- Alban
exactement.
- Tristan Champion
Non, mais c'est vrai qu'il y a eu deux... Une fois, j'ai blé la tétine. et du coup j'ai un papa qui m'a donné la tétine de son enfant ah gros sympa j'ai jamais dit à ma femme parce qu'elle ne voulait jamais que je prenne la tétine des autres enfants mais tu sais le premier enfant quand la tétine est par terre tu vas la stériliser dans l'eau bouillante et deuxième enfant tu lui passes un petit coup de dos et le troisième tu fais rien tu lui dis arrête avec les tailloux comme ça elle sera immunisée balade en forêt j'utilisais beaucoup de baby swimming à la piscine de Toyon je me fais découvrir le baby yoga cours de cuisine avec enfants super, j'ai pas essayé municipalité d'Oshlo,
- Lucie
trop bien mais pareil à chaque fois j'ai amour j'étais quand même un peu le seul mec ouais parce que baby yoga j'ai pas vu moi j'en ai fait pour notre premier et j'ai pas vu beaucoup de papas pourquoi je suis le seul mec ?
- Alban
moi je pense que c'est justement parce que le rythme d'un bébé plus grand est un peu plus difficile à gérer en termes de mobilité, t'as les siestes bien établies c'est plus des forcément des longues plages horaires. Il y a d'autres...
- Lucie
Ils ont besoin de bouger. Donc, quand tu es en train de faire du yoga, ils sont en bouillie.
- Tristan Champion
Oui, mais les Norvégiens, ils sont tellement forts pour inclure. Il n'y a pas de problème si l'enfant est en pleurs, si l'enfant est agité. Il ne va pas te regarder comme si c'était un mauvais père. Le léger mère, ça fait partie de la vie. Donc, tu le sens quand même à l'aise. Puis, il y a les open barnhagges. Vous savez, ça fait grâce à ça.
- Alban
Justement, je suis content que tu le cites parce que ça a été ma... Bénédiction. Ouais, parce qu'au début, je savais pas trop... comment organiser mes journées. Moi, j'étais, contrairement à Lucie, qui a fait un peu toutes ses activités, je n'étais pas hyper partant parce que je pense que je manquais un peu de confiance dans ce que je pouvais gérer avec les repas, les siestes et tout ça. Par contre, quand j'ai découvert l'Open Barner Hub, donc la crèche, on va dire, ouverte où tu restes avec ton enfant, là, ça a été trop bien parce que j'avais du café chaud, j'avais des adultes qui sont devenus des copains à qui parler et je voyais plein d'offres en fond. Gisèle, on a pris toutes les comptines en norvégien, donc je vais l'exposer aussi à la langue norvégienne, ce qui n'était pas le cas chez nous. J'ai adoré, quoi.
- Tristan Champion
C'est un super concept.
- Alban
Et donc toi, tu as aussi été bon client des Open Barns.
- Tristan Champion
Moi, ma règle, c'était jamais à la maison. Je ne pouvais pas, de toute façon, rester à la maison. Moi, j'étais en ville. Il y a un autre truc qui me stressait, c'était d'être seul. J'avais besoin d'autres parents autour de moi pour parler, pour discuter. Louise, elle est très différente. plus, elle aimerait bien avoir du temps pour elle, donc elle était moins dans ce schéma-là, mais moi, je ne pouvais pas trop rester. J'ai écrit sur le groupe Facebook des Français d'Ostow, « Jeune papa français cherche autre père en congé pas permitté » , et j'ai rencontré des pères aussi comme ça, avec qui on est encore aujourd'hui en contact.
- Alban
Quand est-ce que tu prenais le temps d'écrire tes articles ?
- Tristan Champion
Ah oui, c'est ce que DJ Louise, elle dit, « Je m'occupe des enfants pendant que tu écris tes articles. » Elle n'avait pas trop tort à s'éteindre que l'article. Mais quand même, il y a des périodes de sieste.
- Alban
Oui.
- Tristan Champion
Les enfants se couchent tôt, 18h30, t'as quand même 20h, 22h, tu peux faire un peu de production. Le dimanche matin, j'allais parfois à la bibliothèque, tranquillou.
- Lucie
Et du coup, ta femme est norvégienne ?
- Tristan Champion
Comment se passe l'éducation à la maison ? Est-ce que vous avez une éducation à la française, à la norvégienne ? Un peu des deux. Est-ce que finalement, tu as appris beaucoup plus de l'éducation norvégienne ? Comment tu trouves un peu la balance ?
- Lucie
Je dirais qu'on est un peu plus à la française finalement. Alors, ma femme, elle est prof d'histoire et prof d'amour au collège. Et elle a été prof à Paris quand on m'a dit qu'elle était prof. et elle trouve que... C'était beaucoup mieux d'être prof en France parce qu'il y a un respect du professeur. Les jeunes doivent travailler, elles doivent faire ce qu'elles doivent faire. Alors qu'en Norvège, c'est vrai que c'est plus inclusif, c'est plus sympathique comme groupe, mais les parents appellent tout le temps « Ah, mon enfant ne doit pas faire d'exposé demain parce qu'il est stressé. » Donc, elles trouvent qu'en fait, la culture...
- Alban
Ça manque de cadre.
- Lucie
Oui, ça manque de cadre. C'est trop permissif. Et on est plus sur un schéma un petit peu français, un peu plus strict. Tu t'es relative forcément dans l'éducation, mais en tout cas, les enfants vont à l'école française, par exemple.
- Tristan Champion
D'accord. Ta femme, elle était d'accord depuis le début que ça serait l'école française ?
- Alban
C'était moins limite elle, puisque si elle avait bien aimé être en tant que prof ou...
- Lucie
Déjà, elle trouvait que quand toi, t'es prof et tes enfants, déjà, ils vont à l'école, tu te surimpliques un petit peu dans l'éducation. Donc du coup, être heureux comme moi, il y avait une distance. C'est pas le même programme, c'est pas la même manière de faire. Donc elle s'habitait à nous aussi de ne pas être prof. À l'école, les profs à la maison. Et là, je comprends aussi.
- Tristan Champion
Est-ce qu'ils avaient fait quand même le jardin d'enfants dans le système norvégien ?
- Lucie
On a fait le jardin d'enfants dans le système norvégien et primaire à l'école. Donc, ils sont rentrés, on s'appelle CP, c'est ça ? Oui, à l'école française. Exactement.
- Tristan Champion
Et dans vos habitudes plus à la maison, tu dirais que vous êtes...
- Alban
Alimenté. Non, on mange quand même une teau verte, 10 à top, 3 milliers,
- Lucie
8 heures.
- Tristan Champion
Oui, ça, c'est plutôt...
- Lucie
Étonnant. Après, c'est quand même entré... Plats, fromages, desserts, ce qu'on mange.
- Tristan Champion
D'accord, donc plutôt sur la France.
- Lucie
J'aime bien faire mon salade en entrée. Je n'aime pas commencer par le plat principal. J'aime bien faire des petites salades, des carottes et tout. Et on a quand même... Il n'y a pas de cantine à l'école, donc on fait les matpakes.
- Alban
C'est un bon choix culturel, tu aimes. La culture de la boîte à lunch.
- Lucie
C'est quand même pas très sexy. Enfin, je veux dire... Nous, elle leur fait des sandwiches, mais je n'écoute pas mes beurres et pâtés, par exemple. Ou Zer et Brunus, tous les trucs qu'on a. Oui,
- Tristan Champion
ça c'est un peu dur pour nous.
- Lucie
Ma fille, à un moment donné, elle met bien les tubes de bon fromage.
- Alban
Non utilisés pour l'éducation du chien. Désolé, désolé. Désolé. Aux 5,5 millions de Norvéliens,
- Tristan Champion
je vous présente une excuse. C'est plus conseillé par la prof.
- Lucie
Je trouve qu'il y a ce qui est nul en Norvège, il n'y a pas de cantine pour les enfants dans les écoles et donc du coup, leur relation à la nourriture est pauvre de manière générale. Il y a un manque d'éducation autour des légumes. Enfin, je dirais... Il y a beaucoup de dramatique. Il y a beaucoup de pain.
- Alban
Et est-ce qu'il y a alors d'autres marqueurs de la culture, peut-être norvégienne, chez vous ?
- Lucie
J'ai tellement un couple... On parle peut-être du tout à la maison. Elle a dit qu'on avait un troisième enfant, maintenant elle parle norvégien. Parce qu'elle parle de la haïté norvégienne. Donc, c'est des phrases qui commencent en français et qui finissent en norvégien, ou l'inverse. C'est un peu un petit peu bordel. On joue beaucoup à des jeux de société, et des jeux de cartes. Les jeux de cartes, c'est très français. On joue à la belote, au tarot, aux mains vertes, des trucs comme ça. On est très français quand même. Finalement, je trouve.
- Tristan Champion
Est-ce que tu penses que c'est une force que Louise soit dans les langues et parle le français ? J'ai l'impression que dans les couples biculturels, au final, c'est vraiment une force quand l'autre peut parler la langue pour l'intégration et l'harmonie de la famille.
- Alban
C'est un plus.
- Lucie
C'est plus... Du coup, on est tous inclus dans les discussions qu'elles soient en français ou en norvégien. Elle, en plus, elle n'avait pas étudié le français. Et quand elle arrivait à 25 ans à Paris, elle a trouvé un poste de prof d'allemand dans un lycée ZEP à Paris. Alors, je te dirais, déjà, le lycée ZEP, c'est compliqué. Mais alors, l'allemand dans un lycée... Et donc, elle a été jetée dans le bain comme ça. Elle ne parlait pas un mot de français. Au lieu d'enseigner l'allemand à des collégiens, c'était... Et elle a dit que c'était l'une des meilleures histoires de sa vie parce que c'était la plus dure. en un an et demi elle parlait français et puis après Elle a trouvé au moins justement qu'elle arrivait à faire évoluer des enfants qui étaient vraiment nuls, à leur faire un peu baragouiner. Et elle voyait que ça avait un impact, alors que là, elle est proche d'un collège un peu bourgeois. Les enfants vont s'en sortir dans tous les cas, et l'allemand, de toute façon, ils n'ont un peu rien à faire, et ils n'en ont pas besoin. Donc elle trouve qu'il y a moins de challenge, en tout cas en anglais.
- Tristan Champion
Tu as rapidement parlé Norvégien ?
- Lucie
Quand même, je me suis bien dégrouillé. J'ai pris des cours intensifs. On a parlé beaucoup de norvégien à la maison. La Barmhage, aussi, avec l'enfant, les enfants qui sont dans la loi, je parlais beaucoup de norvégien. Donc, je suis beaucoup moins fort en norvégien qu'en français. D'ailleurs, quand je parle en norvégien à mes enfants dans le tramway, ils ont un 8. J'adore faire ça le matin quand on va à l'école. Je parle fort en norvégien, dans le travail, mais des enfants, ils me disent « Papa, arrête ! »
- Tristan Champion
Est-ce qu'il y a des aspects de la vie en Norvège qui sont pour toi un peu plus difficiles ?
- Lucie
Moi, ce que je trouve rigolo, c'est que là, pendant que je vais commencer un nouveau boulot, je ne sais pas si ça vous a fait le cas, parce qu'on est français, et être français en Norvège, c'est plutôt bien vu. En général, les Français, ils ont un peu la cote. les gens sont très en conflit, ils aiment bien. Mais je trouve quand même que t'es quand même français. C'est-à-dire que c'est un peu sur ça toujours dont on te parle,
- Alban
c'est un peu les clés d'entrée des conversations.
- Lucie
Parfois, je trouve que justement, t'as envie de dire, écoute, on peut parler d'autres choses que... Mais c'est aussi par rapport aux rapports sociaux, etc., c'est super parce que du coup, comme c'est pas forcément toujours des gens qui sont à l'aise à parler à des gens qui connaissent pas bien, au moins, il y a un sujet d'accroche. Je me suis beaucoup intégré dans la société norvégienne. Je joue aux échecs. Disons un joueur d'échecs, Magnus Carlsen, qui est champion du Moumou. Il y a un bar à échecs qui a ouvert à Grenoble. Il y a des soirées où on va dans le club, dans le bar, et on regarde Magnus Carlsen jouer.
- Alban
Énorme.
- Lucie
Oslo, ça t'offre ça. À Norvège, peu importe tes passions, tu vas les trouver.
- Tristan Champion
Tu vas réussir à t'intégrer via tes passions.
- Lucie
Voilà. Et du coup, tu as les habits, tu as les passions. Et je pense que c'est ça qui est peut-être la... Ce qui permet de faciliter l'intégration ici, c'est vraiment justement en basse. Ce qu'on a en commun, c'est qu'on joue aux échecs ou qu'on joue au ping-pong. Et donc, du coup, on peut avoir des discussions un peu plus sympas.
- Tristan Champion
Non, mais c'est vrai ce que je suis dit. Nous, on avait remarqué aussi qu'on s'était beaucoup plus intégrés une fois qu'on avait eu un chien. Du coup, on rencontrait des personnes qui avaient des chiens et ça a créé le lien direct. Et après, avec certains, on est devenus des amis à force de se croiser, surtout quand on était à Thuyan et qu'on allait souvent dans les mêmes endroits. pour promener notre chienne, c'est comme ça qu'on s'est fait certains amis.
- Alban
Quelle est ton identité,
- Tristan Champion
toi ? Est-ce que tu es devenu depuis franco-norvégien ?
- Alban
Et je ne parle pas question papier. Je veux dire vraiment toi, comment tu te sens aussi avec ta famille, ta femme ?
- Lucie
Je pense que je reste à me sentir très français. Finalement, j'ai la possibilité de prendre la nationalité norvégienne. Je suis marié depuis 15 ans. J'habite en Norvège depuis 10 ans. Mais je ne me le sens pas. Je me sens toujours français. Pour autant, j'aime bien suivre les débats politiques en Norvège. J'aime bien voter pour les élections communales et tout ça. Je m'intéresse à la vie médiatique et politique norvégienne. J'ai une relation avec ça. Je n'ai pas besoin de prendre des papiers comme tu dis. Mais c'est surtout que j'ai eu mon année de enfant dans l'école française. Je vois quand même que quand on regarde le billet de fond à la télé, On est pour les Français, alors pour les Norvégiens. Mon fils, par exemple. Si on est Norvégiens contre les Français, il va plutôt supporter les Français, alors qu'il a la double nationalité. Quand il y a des journalistes, parfois, qui veulent venir en Norvège, ils tombent rapidement sur mon profil et ils me contactent. Ils sont marrés de très souvent. Et donc, j'ai déjà été intégré dans des documentaires. J'ai dû faire France 2, France 3, M6. Et donc là, M6, enquête exclusive, voulait faire...
- Alban
Grande fan d'enquête exclusive.
- Lucie
C'est vrai ? Ah ouais, elle adore. T'as ça ? Bah, écoute l'histoire. enquête exclusive Mattel, en me disant on veut faire un reportage sur la Norvège. Ils avaient déjà contacté deux, trois autres Français dans la Norvège. Ils ont déjà contacté. Mais voilà, nous, on veut faire un reportage sur le pétrole, sur le gaz. Mais on veut aussi montrer la vie quotidienne d'une famille en urbaine et tout. Est-ce qu'on pourrait vous montrer vos codes-bots de quotidien à Oslo ? Et donc, ils viennent, ils filment le petit-déj. Je les emmène dans la barn-hide de Norvégienne avec tous les drapeaux mis. LGBT dans les couleurs pour leur montrer de l'inclusion et tout. Ils étaient comme des fous. Je leur montre un petit peu le recyclage. Enfin, ils font plein de brises là-dessus. Et puis, ils rentrent à Paris. Ils sont trop contents et tout. Puis là, ils m'appellent il y a deux jours et ils me disent « Mais en fait, il nous manque un truc un peu plus dans la connexion avec la nature, un peu plus difficile. Vous ne faites pas des trucs un peu plus durs que ça ? » Je recherche vraiment la caricature. Et là, il y a ma femme qui appelle sa mère parce qu'en fait, on a un chalet sans eau ni électricité. Ah,
- Alban
le vrai de vrai.
- Lucie
Le vrai de vrai. Le chalet sans zone électricité pendant 4 jours avec des enfants, c'est un peu costaud. Et donc moi, je ne suis pas très chaud. Et Louise, elle a dit non, on va les emmener 3 jours dans le chalet avec nous, sans zone électricité, là dans 2 semaines.
- Tristan Champion
Avec les enfants ?
- Lucie
Avec les enfants.
- Alban
Ils étaient combien les journalistes ?
- Lucie
Non, on n'a pas encore fait, ils sont 3, ils arrivent là dans 2 semaines.
- Alban
Mais j'adore !
- Lucie
Parce qu'il leur manque une seule pour qu'ils aient fait.
- Alban
Bah tu parles, ils voulaient revenir ici, ils ont kiffé.
- Lucie
Ce qu'il y a là-bas qui est chouette, c'est qu'il y a une sorte de... construction d'un jacuzzi un peu naturel, tu te baignes dedans et tu te sautes dans la neige après et tu reviens.
- Alban
Ils vont adorer.
- Lucie
Et après il me dit mais tu peux pas te baigner dans l'eau glacée ? De toute façon si tu viens, si ma femme elle le fera, moi je n'y irai pas. Ah il me dit, ah je te sais saine. Mais je disais ça pourquoi ? Parce que par rapport au... Ce que tu nous demandais, c'est ce qu'on faisait dans les gens à la maison. Et en fait, ma belle famille, elle m'apporte un peu ce côté-là. Et après, on fait nos grandes balades dans ce qu'ils font dans cette région, la région de Valdresse. On mange du rakfisk, le poisson un peu fermenté qui est trop bon. Et mon beau-père m'a fait découvrir du cœur des lents séchées, tous ces trucs-là.
- Alban
Mais j'adore !
- Lucie
Oui, oui, on est très nord, j'adore. En fait, tous les produits un peu bruts.
- Alban
Attends, mais toi, tous les week-ends, tu pars en enquête exclusive ?
- Lucie
Ben ouais, je pars.
- Alban
Rendez-vous en terrain connu ?
- Lucie
Exactement. Mais en fait, en tout cas, j'essaye de montrer un petit peu. Mais ça reste assez cliché, parce que c'est pas vrai de dire que c'est le quotidien. Il y a une ou deux fois un talent.
- Tristan Champion
Mais ça en fait partie quand même. Ils ont quand même l'Aïta sans électricité, sans eau. Parce que ça devient de plus en plus rare.
- Alban
Il t'inculque à toi, à leurs petits-enfants, à ta femme qui devait connaître avant, mais qui continue de le faire. C'est cette culture-là aussi.
- Tristan Champion
Oui, un peu.
- Lucie
Mon beau-père, il m'a assez... On va dans la forêt, on va couper le sapin. Une Noël dans la forêt.
- Alban
La dernière fois en Farrande, j'avais adoré, c'était fou.
- Lucie
Et après, il connaît quelqu'un qui a des chiens de traîneau, mais ce n'est pas le gros truc hyper touristique. C'est la petite ferme familiale avec des chiens de traîneau où tu fais un petit tour, ce n'est pas un grand circuit. C'est hyper con. Donc voilà, j'ai quand même des petites connaissances norvégiennes avec cette belle famille. Et si, c'est une partie de ma vie.
- Tristan Champion
C'est des choses que tu apprécies.
- Lucie
Oui, énormément. Oui, oui.
- Alban
J'ai montré avant La Barde et le Piberon, qui est le livre issu de ton blog. Et ensuite, La Barde et le Piberon est devenu Quand j'ai battre, qui là, est plutôt sous un format BD. Est-ce que tu peux nous raconter un peu ce qu'on y trouve ? Est-ce que c'est juste un format différent du livre ? Est-ce qu'il y a des choses en plus ou en moins ? Quel était le processus pour en arriver à cette BD ?
- Lucie
Avec plaisir. C'était un super projet où la maison d'édition a dit qu'on était content de la barbette du Brun. On aimerait bien en faire une bande dessinée parce que le congé paternité reste un sujet hyper local et important en France. La maison d'édition a trouvé un dessinateur de 25 ans qui habite à Paris, un scénariste. Il leur a dit de travailler avec Tristan sur un nouveau scénario pour une BD. J'ai travaillé avec des professionnels. Je ne sais pas si vous commencez l'univers de la BD, mais en fait, tu as un scénariste qui écrit le scénario et qui dit première page, bulle 1. Tristan, trois quarts de phase, va dire oh là là, je n'ai pas le temps de chercher les pouces culottes. Et en fait, ils disent comme ça tous les cadrans d'un dessinateur qui exécute.
- Alban
C'est le réalisateur.
- Lucie
Il a vu mon livre et il a vu une BD. Et il a écrit la BD. Il a pris ce qui était une livre. adaptable en BD. Il a rajouté toute une partie parce que mon livre, c'était mon expérience de courrier paternité en Norvège. La BD, c'est le parcours qui commence avec ça et qui finit par tout mon militantisme et mon engagement en France parce qu'après, je me suis engagé en tant que militant pour allonger le courrier paternité en France avec un collectif de pères. Je suis allé beaucoup faire de lobbying auprès des personnalités politiques en France, notamment Adrien Taquet, Marine Schiappa à l'époque pour leur dire c'est ce modèle-là que vous devez suivre. Et il raconte aussi toute cette étape de ma vie après le congé paternel. C'est super l'engagement. C'est dur de faire bouger les choses en France. Le gouvernement disait à l'époque, on va changer la loi, mais rien ne se passait. Et du coup, j'avais créé un collectif de dix pères engagés. J'avais pris les pères les plus influents sur les réseaux sociaux. Il y avait des centaines de billets de followers, etc. Et j'avais écrit une sorte d'article en disant... pourquoi il faut passer le congé patenté à un mois. Et j'étais d'accord sur cet article. Et cet article avait vachement fait bruit. Et je l'avais montré au ministre. Deux, trois semaines après, le ministre appelle et dit, écoutez, voilà, ça fait longtemps qu'on en parle. Au moins, votre tribune a permis de remettre le sujet d'actualité parce que le problème de ce sujet, c'est qu'en fait, il n'existe pas vraiment. On a des problèmes de dette, d'environnement, de pouvoir d'achat, les retraites, le machin. Nous, on est... En fait... L'enjeu, c'est d'en faire un enjeu. Et en fait, il était presque content qu'il y ait des hommes qui s'engagent là-dessus parce que non, on n'est pas si sur ces questions-là. La parentalité, c'est plutôt dominé par les femmes sur les réseaux sociaux et sur les intellectuels. Les hommes sont très faibles là-dessus. On ne s'engage pas sur les questions d'homélière. Et ils sont les mecs pour parler de congés. Il y en a pas. Et donc, on était un peu nouveau. Je te parle de ça, c'était il y a 7 ans. Et donc, il parle un peu de cette trajectoire-là de ma vie où je deviens militant. Il y a beaucoup de personnes différentes. profils qui militent pour des congés parentaux, qui travaillent énormément sur ce sujet et qui n'ont pas eu de bande dessinée dans Vega Life. Et je suis un petit peu privilégié de ce point de vue là, les gens se sont effrayés, ils sont très très fiers.
- Tristan Champion
Toi, ta porte de côté, c'est mon expérience et ça devrait être l'expérience de tout le monde. Et c'est hyper intéressant parce que je pense que pour des autres parents, ça nous parle plus peut-être de lire ta BD que de lire quelque chose de très politique. Donc, ça peut parler peut-être à plus de monde et ça peut amener à, comme tu dis, à en faire un enjeu. Quels sont les retours des personnes qui ont lu ta BD ?
- Lucie
Les hommes qui ont lu la BD, ils adorent toutes les scènes avec les groupes de pères. il voit des Père en bande de 4-5 en poussette.
- Alban
Avec gomme de poussette de père.
- Lucie
Avec gomme de poussette de père. Il y a un moment où justement avec 4 pères, on va dans un chalet. Ça se passe pas vraiment comme prévu. 4 pères avec 4 bébés dans un chalet.
- Tristan Champion
Ouh là là.
- Lucie
Ça c'est un petit peu rigolo. Tu sais, c'est des épisodes qui m'a pas mal. Il y a l'épisode de la pêche, puisque j'ai rencontré un pêcheur aussi en congé paternité qui m'a fait découvrir la pêche. J'adore. Avec le bébé dans le sac à dos. Là, ma femme, elle a dit Tristan, tu vas trop loin, t'as jamais fait de pêche. Tu ne portes jamais ton bublet dans un sac à dos. Tu vas dans un fjord. S'il attrape un gros poissons, qu'est-ce qu'il se passe ? Là, on a adoré le définitoire et ses assurances de bubler. C'est des moments de vie, chez congés parentaux en Norvège, qui vont au-delà de combien de temps ça dure. C'est un vrai mode de vie. Et là, par exemple, je travaille chez Satch. Je ne fais pas de pub pour Satch, mais tu peux aller t'entraîner dans un salle de fitness et on s'occupe de ton enfant. Ça coûte 100 couronnes par mois, 10 euros par mois, et tu peux aller t'entraîner.
- Tristan Champion
Oui, c'est ça. Ils ont une garderie où tu laisses ton enfant, le temps que tu passes ton cours et tu le récupères ensuite. Donc ça s'adresse plutôt au futur papa, mais aussi à ceux qui s'intéressent à comment se passe un congé patte en Norvège et qui pourraient les inspirer à la faire d'eux-mêmes en France.
- Lucie
Exactement. Il y a eu la barbée de biberon et dès qu'il est sorti, la boîte a voulu en faire quelque chose. Puis ils ne trouvaient pas le scénariste qui allait en faire un film, comme la maison d'édition allait trouver un scénariste de la BD hyper facilement pour le film. et là, ça y est, ils ont trouvé le scénariste et donc, du coup, ils sont en phase d'écriture d'un scénario complet.
- Tristan Champion
Donc, ça va être un film français.
- Lucie
Voilà, un film français qui va se passer dans un récit.
- Alban
C'est génial.
- Tristan Champion
J'adore. Oui, attends, moi, je veux lancer ta carrière d'acteur.
- Lucie
Ça va me venir à cave, attends, ouais, de podcaster à acteur.
- Tristan Champion
Tu pourras te mettre vraiment dans le personnel. Ah oui, et puis, je pourrais ramener les Cernes, on sait, sans s'imposer pour l'âme. Peut-être qu'il y aura un troisième, celui-là. Ouh
- Alban
Attends, mais j'allais te faire la blague. Tu l'as faite avant. J'allais te dire, bon, c'est pour craindre qu'il n'y ait rien pour profiter des clubs sass avec gamme d'enfants.
- Lucie
Oui, mais ma femme ne veut pas. Moi, je ne suis pas contre. J'ai quatre ans.
- Alban
Les écarts.
- Lucie
On est quatre à la maison.
- Alban
Ah oui.
- Lucie
On s'est grandi avec une famille de trois frères et soeurs.
- Alban
OK.
- Lucie
Mais non, non, non. Ça, là...
- Alban
On approche de la fin de l'épisode et normalement, on a une question qui revient souvent. c'est quel conseil tu donnerais un 1 une ou un couple ou une famille d'expatriés qui souhaitent venir en Norvège, mais toi, je vais être plus précis encore.
- Tristan Champion
Quel conseil tu donnerais à un papa ou à une maman qui est sur le point de commencer son congé maternité ou paternité en Norvège ?
- Lucie
Numéro 1, l'application Barchatid. Là, tu peux trouver de l'activité. Numéro 2, se faire un groupe de naissance. Je ne sais pas si tu as eu un groupe de maman et c'était avec un groupe de papa, mais le groupe WhatsApp. avec les cinq ou les six pères qui dans ton quartier ont commencé leur congé parentaux, crée-le. Et le Norvégien là-bas, forcément, le ferme parce qu'il n'est pas forcément comme ça extraverti. En plus, si t'es français, peut-être que tu vas se sentir un petit peu moins à l'aise. Vas-y, parce que les Norvégiens, ils sont quand même forts pour faire des activités avec les enfants. Ils ont grandi. Je dis toujours, un mec norvégien par exemple qui a 25 ans, aujourd'hui, il sait que dans cinq ans, il va faire 5 mois quand il ne sera pas il a déjà projeté ce moment là ça ne va pas le mettre dans tous ses états d'aller faire une balade en forêt donc eux ils sont déjà dans le mood sortez le plus possible de chez vous parce que c'est quand même dur parfois être seul chez soi tout le temps et j'ai envie de leur dire de raconter racontez votre vie parce que la Norvège c'est très inspirant il y a 3 pays dans le monde Norvège, Suède, Finlande, un peu d'Allemagne. On peut vivre 4 ou 5 mois de congé de parmentin quand on est papa, c'est tout. Le reste, c'est du monde, on ne connaît pas ça.
- Alban
Puis les acclaques, quand c'est dit comme ça, ça fait bizarre.
- Lucie
Tu peux le faire dans les autres pays du monde, mais c'est mal rémunéré ou pas rémunéré. C'est pas la norme. Et montrez-vous sur les réseaux sociaux et notamment, j'ai envie de dire, les papas qui ont un peu des carrières assez remplies, montrez à la nouvelle génération que c'est normal et que c'est possible. Mais des fois, en plus, vous êtes un peu védétisé, vous allez avoir plein de likes et d'engagement. Bravo, t'as pris un congé patron.
- Tristan Champion
Ça va peut-être faire bouger les mains.
- Alban
Et ça peut faire bouger les mains.
- Tristan Champion
C'est super inspirant de voir une personne qui est passée d'un état où elle ne voulait pas prendre un congé paternité à une personne qui milite en France pour faire allonger le congé paternité.
- Alban
C'est trop bien que t'aies pu te rendre quelque part, prendre ce rôle de porte-parole, parce que comme j'ai essayé de l'expliquer avant, C'est vraiment fondamental pour moi de répartir ce congé. également entre les deux parents pour comprendre ces problèmes de charge mentale, d'équilibre dans le couple et au niveau du boulot aussi la différence des salaires et tout, pour moi ça passe par là, c'est là que ça commence, peut-être même avant et c'est sûr, mais là pour moi c'est trop marquant, il y a trop un gap qu'il faut réduire au maximum.
- Tristan Champion
Et si vous connaissez quelqu'un qui va devenir papa, n'hésitez pas à lui offrir la BD de Tristan qui s'appelle Congé Pâtes, testée et approuvée et à lui partager cet épisode. c'était un plaisir de t'avoir avec nous merci beaucoup et puis on vous dit à très bientôt chez nous sauvez-en au revoir si cet épisode vous a plu pensez à nous laisser une note et un avis sur votre application d'écoute préférée ou un commentaire sur Youtube ça nous aide énormément à faire grandir le podcast merci et à très vite pour le prochain épisode