- Speaker #0
La Sportive Outdoor, le podcast des sports outdoor aux féminins pour s'inspirer, apprendre et oser. Bonjour à toutes, aujourd'hui je reçois Aurore Bayeul, éducatrice sportive spécialisée dans le sport santé, qui a été amputée de la jambe droite suite à un accident. Ensemble, nous allons parler de son parcours, du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle qu'elle a réalisé moins d'un an après son amputation, mais aussi des défis sportifs qu'elle porte pour sensibiliser au handicap. Bienvenue Aurore ! Pour commencer, est-ce que tu peux te présenter déjà ?
- Speaker #1
Bonjour, donc... Je m'appelle Aurore Bayeul, j'ai 47 ans, je suis coach sportive et j'habite en Dordogne.
- Speaker #0
Ok, et est-ce que tu as toujours été très sportive ?
- Speaker #1
J'ai toujours été sportive, oui. Alors très, je ne dirais pas très, je n'ai jamais fait de sport à compétition, mais ce que j'aime c'est faire de l'activité physique. J'en ai toujours fait depuis jeune, j'ai fait du vélo, de la course à pied, un peu de triathlon. Voilà, j'en ai toujours fait, tout le temps, sauf pendant... presque dix ans quand j'ai eu mes filles. J'ai fait une vraie paix.
- Speaker #0
Ah oui, ok. Là, c'est une coupure assez classique. J'ai été vraiment seule. Ah oui, c'est sûr. Comment tu t'es mise à la marche nordique ? Je sais que tu fais de la marche nordique et aussi du nordique yoga. J'aimerais bien que tu nous expliques ce que c'est.
- Speaker #1
Alors, j'étais une marcheuse avant de commencer la marche nordique. Je marchais. Et puis pendant le Covid... Ça a été très compliqué de pratiquer d'autres sports que la marche. Et j'ai commencé à découvrir la marche nordique pendant le Covid. Et j'ai trouvé ça avec les bâtons extraordinaires. Et de là, de fil en guise, j'ai rencontré Thomas, Thomas Fayat, Nordic Yoga. Donc c'est un mélange de marche nordique et de posture de yoga avec les bâtons.
- Speaker #0
Ok, donc comment ça se déroule une séance ?
- Speaker #1
Du coup, on fait un échauffement de marche. Et puis, on fait un petit circuit, on marche et puis d'un seul coup, on s'arrête et on décompose des postures de yoga avec les bâtons, qui est très accessible. Ah oui, d'accord. Ce qui aide l'équilibre et on peut aller chercher toutes les postures de yoga avec l'appui des bâtons.
- Speaker #0
Ok, ah ouais, c'est intéressant, ça combine vraiment deux choses intéressantes.
- Speaker #1
Ouais, et du coup, quand j'ai fait ça, j'ai trouvé qu'il n'y avait pas assez de technique sur la marche nordique dans le nordique yoga. Il y en avait, mais pas suffisamment pour moi parce que j'aime. la technique. Et donc, j'ai été me former auprès de Roland sur la méthode au top de la marche nordique.
- Speaker #0
D'accord. Et cette méthode, c'est quoi ? Est-ce que tu peux nous expliquer ?
- Speaker #1
Roland Z, lui, développe le travail des épaules, du bassin, de la hanche, pour aller chercher beaucoup plus loin dans le travail de la marche nordique avec les bâtons. En vrai, ce n'est pas juste aller vite avec les bâtons, c'est vraiment décomposer le mouvement.
- Speaker #0
D'accord. Et du coup, travailler aussi plus de chaînes musculaires ?
- Speaker #1
Ah oui, beaucoup plus. Déjà, il y a tout le travail des épaules qui se met en place. Il y a un travail de placement du dos qui est vraiment de propulsion. C'est le jour et la nuit comparé à des marcheurs qui font de la marche nordique sans cette méthode. Pour moi, ça a été vraiment une méthode au top. C'est vraiment comme ça que ça s'appelle.
- Speaker #0
C'est ça qui est drôle.
- Speaker #1
Parce qu'à la base,
- Speaker #0
c'est un acronyme.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Et du coup, c'est vraiment ça.
- Speaker #0
C'est un bon acronyme.
- Speaker #1
Oui, très bon.
- Speaker #0
Et tu étais déjà coach sportive et tu t'es formée ensuite spécifiquement à ça ?
- Speaker #1
Oui, j'ai fait une reconversion en 2015. On est arrivés en Dordogne en 2013. Et j'étais auxiliaire de puer et je ne voulais plus faire ce métier. Je ne me retrouvais pas. Je ne me suis jamais trop trouvée dans ce que je faisais avant. Et en 2015, j'ai fait une reconversion pour être éducateur sportif. Je me suis spécialisée à la méthode de Gasquet parce que je ne voulais pas faire du fitness. Je voulais faire vraiment de la posturologie. Donc je me suis formée à la méthode de Bernadette de Gasquet qui est arrêter les massacres sur les abdos. Après je me suis formée à la posturologie qui est spécialisée dans tout ce qui est les problèmes de dos. Et donc j'ai monté ma salle en 2019. Donc aujourd'hui j'ai une salle sport santé déduit aux problèmes de dos et du périnée. Et donc, au Covid 2020, je me suis formée à la marche nordique et Nordic Yoga, pour moi, qui a été une révélation parce que j'aime ma chose préférée. Je crois que c'est la nature, c'est le contact avec la forêt et la randonnée.
- Speaker #0
Donc là, tu as réussi à allier tout ça, en fait.
- Speaker #1
Tout à fait. Et depuis 2015, je me suis trouvée, enfin. Comme quoi, il n'y a pas d'âge.
- Speaker #0
C'est génial.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Oui, alors ça, c'est toujours un bon message, effectivement.
- Speaker #1
elle peut trouver le choix très chaotique moi direct ça voilà c'est ça donc je suis ravie c'est pas difficile de choisir vraiment une voix non pas trop facile non ouais Et puis moi, j'étais en région parisienne. Et en région parisienne, il n'y a pas de forêt, pas trop de forêt. J'étais dans le 92. Donc, je ne pouvais pas, je pense, découvrir qui j'étais vraiment. Et je pense que je suis vraiment connectée à la forêt, à la nature et à tous ces sports extérieurs.
- Speaker #0
Oui, c'est intéressant. Donc aussi, le fait d'être en Dordogne, c'est aussi ça qui t'a permis de trouver ça et de t'épanouir pleinement.
- Speaker #1
Tout à fait. Moi, je ne regrette pas du tout. On pourrait me donner tout l'argent du monde. Je ne repartirais plus dans une grande ville. Ma maison, elle est collée à la forêt.
- Speaker #0
Ça, c'est parfait. Et tu as été victime, je le disais en introduction, d'un gros accident en 2023. Il y a un jeune sous stupéfiant qui t'a coupé la route alors que tu étais à moto. Quel a été ton état d'esprit après l'accident ?
- Speaker #1
Avant l'accident, on va dire que... On ne pense jamais à ce qui peut nous arriver, surtout des choses comme ça. Moi, j'avais déjà pensé que je pouvais tomber malade, avoir un cancer et tout ça. Mais perdre une partie de soi, ça ne m'avait jamais effrayé l'esprit. Et du coup, quand cet accident est arrivé, il m'a renversée. Donc, j'ai perdu connaissance à l'impact et j'ai repris connaissance sur la route. Et là, je me suis dit, le premier mot que ça a été, c'est « je suis vivante » . Je n'avais pas de douleur. Je n'avais rien. Et donc, je me suis dit, je vais bien. Et puis, je me suis tournée. Je sais que ça va être un peu cru, mais il y avait mon pied qui tenait à ma cheville juste avec un petit tendon. Donc, ma jambe, elle n'existait plus rien. Et là, j'ai eu état de choc quand j'ai vu ça. Et les seules choses que je disais en état de choc, comme mon mari m'a dit, c'était, je ne pourrais plus marcher, je ne pourrais plus travailler. Je disais ça à la répétition. Et voilà, la pluie... La chose la plus difficile, ça n'a pas été l'accident, ça n'a pas été tout ça. Ça a été bien sûr la douleur, parce que j'ai vécu des choses très difficiles. Mais c'était le fait de me dire que je ne pourrais plus jamais marcher. Et à l'esprit, ça a été très compliqué au début. Mais on m'a donné deux solutions à l'hôpital. Au bout de trois semaines, on m'a dit, soit vous gardez votre jambe, on va tout faire pour la sauver, mais vous ne marcherez plus, ça sera une jambe en bois. et sera douloureuse, risque d'infection tout le temps, et vous allez passer du temps à l'hôpital, soit on m'ampute, et vous aurez peut-être, selon la force que vous aurez, pouvoir remarcher et refaire des choses. Et sous trois semaines, j'ai pris la décision de m'amputer, parce que je ne pouvais pas vivre avec cette jambe qui n'était plus. Oui,
- Speaker #0
bien sûr. Et après, comment tu as fait ta rééducation ? Déjà, évidemment, physique, j'imagine que c'est très long de... pour réussir à remarcher ? Déjà,
- Speaker #1
on a une grosse perte musculaire. Moi, j'ai eu mon accident le 3 juillet. En un mois et demi, j'ai presque perdu 20 kilos. Parce que j'avais une grosse masse musculaire, donc une grosse perte de masse musculaire. On est dans un fauteuil. Moi, je suis restée un mois à l'hôpital. Donc là, c'est avec des infections, donc des médicaments. Je ne prends jamais de médicaments. Avant mon accident, je n'ai jamais été malade. Donc l'hôpital, tout ça, je ne connaissais pas. À part mes grossesses que j'ai vécues à l'hôpital, pour moi, ça a été vraiment quelque chose de très difficile, l'hôpital. Et le centre de réadaptation, j'étais à la tour de Gacy. Là, on réapprend, on va nous poser la prothèse, on réapprend à marcher, c'est vraiment ça, on réapprend à marcher. On retravaille musculairement, doucement. Et surtout, on essaye de vivre avec cette partie en moins. qui est loin d'être facile au début, et même encore aujourd'hui. Je crois qu'aujourd'hui, j'ai très bien accepté ma protège, j'ai très bien accepté le regard des autres, j'ai très bien accepté l'accident, mais ce que j'ai toujours, ce qui est très difficile, c'est le regard sur moi-même. Ça, c'est compliqué. Le regard dans un miroir est difficile. Et pour moi, la chose qui me sauve, c'était mon schéma corporel, ce qui m'a permis de rester très peu de temps au centre de rééducation. Je suis rentrée... Merci. J'ai eu mon amputation en août et j'ai fait un staphylocoque un mois après. Donc j'ai perdu encore un mois d'hospitalisation. Un jour sur deux, je rentrais au bloc, donc anesthésie générale. Ça pendant un mois. Et après, je suis rentrée au centre de réadaptation en octobre, le 3 octobre. Et je suis ressortie le 17 novembre. Parce que le médecin, lui, il pensait que j'allais... Il m'avait dit, tu sortiras en janvier ou février. J'ai dit, oh non, non. Pour moi, c'était la dépression là-bas. Je n'ai jamais vécu quelque chose d'aussi dur psychologiquement. J'ai appris à être patiente, j'ai appris à attendre, ça m'a eu du bon sur certaines choses. Mais j'avais dit au médecin, je suis née le 20 novembre, je sortirai avant mon anniversaire. Et je suis sortie le 17 novembre.
- Speaker #0
Sans du timing.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça. Et voilà, le but de mon travail là-bas, c'était... Alors je sais qu'il y a beaucoup de gens qui se font beaucoup... Ils arrivent à lier des relations au centre de réadaptation. Moi, c'était, il faut que je sorte. Donc j'allais à mes séances de kiné, j'allais à mes séances de sport. Et dans ma chambre, je faisais des séances de sport pour pouvoir que mon membre puisse porter cette prothèse et pouvoir sortir le plus vite possible.
- Speaker #0
Tu étais vraiment focus sur ton objectif à fond.
- Speaker #1
J'avais ça et j'avais aussi tout le long de ce séjour à la tour de Gacy, j'ai écrit mon projet que j'ai fait, Tandem 2025. J'ai tout écrit de A à Z sur ce petit carnet. Et j'ai reproduit tout ce qui était écrit en juin 2025.
- Speaker #0
C'est excellent. Tu vas nous en parler après. J'ai plein de questions aussi là-dessus. Et d'ailleurs, oui, déjà, tu as réouvert ta salle de sport ensuite, c'est ça ? Est-ce que ça a été compliqué de...
- Speaker #1
La salle, c'est une SCI qu'on a faite avec mon mari. Et j'avais une société, une SAS. Et la SAS, pour l'instant, elle est en suspens. Officiellement, je suis en arrêt maladie. mais j'ai créé cette association Emera où je suis présidente ça me permet de pouvoir gérer et de pouvoir organiser des choses aujourd'hui, avant je faisais 40 heures de cours par semaine, aujourd'hui j'ai plus la capacité je faisais du yoga aujourd'hui j'ai plus la capacité parce que je suis comme je disais pour la marche nordique j'aime tout ce qui est mouvement j'aime le mouvement quand il est propre, quand il est bien fait quand il est corrigé, quand il est dans la biomécanique et aujourd'hui moi j'ai J'ai plus cette possibilité que ça soit propre et bien emmené parce que je n'ai pas l'équilibre sur une jambe. Je n'ai plus la même force encore. Je le travaille, mais voilà. Donc, pour moi, je n'avais plus la légitimité de... Comment on dit ?
- Speaker #0
Légitimité ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça, pardon. De pouvoir donner des cours à des personnes si moi, je n'arrive pas à l'emmener correctement. Donc, aujourd'hui, dans l'association, l'association Lou La Salle m'a essayé, du coup. Et aujourd'hui, il y a des profs. qui sont indépendants et qui viennent donner des cours. Voilà. Qui sont formés avec l'esprit que j'ai, avec une méthode de physiologie et de bien-être et avec la protection du périnée et du dos. Et voilà, aujourd'hui, j'ai une belle équipe avec six coachs. Et c'est super chouette. Donc, la salle, elle vit quelque part. Il y a des gens qui louent la salle pour des cours de danse. Elle vit. Et moi, je suis là encore un peu, mais... Voilà, je donne quelques cours bénévoles, mais surtout, je me... Je me concentre sur mes projets de sensibilisation auprès des jeunes. Je suis pépé-fien de la colle pour les jeunes conducteurs et mes projets.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Ce qui m'aide à avancer tous les jours.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. La salle, au final, elle continue aussi à vivre avec ton identité, ce qui est génial. Tout à fait. Tu as quand même tout ce que tu as mis en place. Et puis, toi, tu te concentres sur des projets essentiels aussi. On va parler déjà de ton chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Ça, c'est complètement fou. Tu t'es lancée sur le chemin de Saint-Jacques, moins d'un an quand même après avoir été amputée. Déjà, comment l'idée t'est venue ? Pourquoi c'était important pour toi de réaliser un défi de cette envergure ?
- Speaker #1
Alors, je ne sais pas. Je ne peux pas vous dire comment ça s'est passé. C'était un soir, j'étais sur le canapé, chemin de compostelle. Je ne suis pas croyante spécialement. Donc, ça n'a rien à voir avec la religion. C'était un soir et c'était au mois de mars, je pense. Et je commence à réfléchir et d'un seul coup, c'est venu à moi comme ça. Je dis, il faut qu'avant que je puisse aider les gens, parce que tout ce que j'avais écrit sur mon carnet, c'était pour aider les gens, il faut que je sache moi où j'en suis aujourd'hui. Et je me suis dit, ce que j'aime, c'est marcher. Ce que j'ai envie, c'est voir où je peux aller, mes limites. Et donc, c'était le chemin de Compostelle. Il est venu comme ça. Et je me suis dit, il faut que je me lance. Et j'ai envoyé un message à mon frère. Et j'ai pensé à mon frère direct. J'ai dit, est-ce que tu me suivrais pendant sept jours sur le chemin de Compostelle ? Il m'a dit, oui, mais bien sûr. Mais quand ? J'ai dit, en mai. Il m'a dit, tu viens de sortir du centre de réadaptation. Alors, mon prothésiste, il m'avait dit non. Et mon docteur de la tour de Gassi m'avait dit, Aurore, c'est trop tôt, beaucoup trop tôt. Il faut, normalement, c'est deux ans. Et je leur ai dit, OK. Mais moi, j'en ai besoin. Donc, je ne les ai pas écoutées. Donc, en sachant que mon moignon, la partie restante, elle n'était pas... Elle n'était pas stable. Ça bougeait, ça grossissait. Je faisais des cloques. Donc, je me suis équipée. Je me suis bien préparée. J'ai tout préparé pour là-bas. Et je dis, il faut que j'y aille. Sinon, c'était à l'intérieur de moi. Il y avait quelque chose qui faisait que si je ne faisais pas ça, je me sentais perdue. C'était un défi personnel.
- Speaker #0
Tu le sentais.
- Speaker #1
Oui. Il fallait que j'y aille. Et c'était ça. C'était la nature. C'était la rando. Et c'était de savoir... Qu'est-ce que... de quoi je suis capable aujourd'hui avec cette prothèse.
- Speaker #0
Et comment tu as préparé ton corps ? Parce que tu le disais, déjà, tu as évidemment la jambe en moins, mais tu avais perdu tous ses muscles. Comment tu as préparé ton corps musculairement, mais même aussi l'aspect logistique de la prothèse, des frottements qu'il peut y avoir, etc. Est-ce que ça se prépare, ça ?
- Speaker #1
Moi, en vrai, je n'ai pas trop pensé à ça, parce qu'avec une seule idée, c'était... de partir, même si mon mari me disait non mais c'est trop tôt, mon protéine me disait trop tôt. Et plus je crois qu'on me disait c'était trop tôt et plus j'avais envie de partir. Et c'était difficile parce que je n'arrivais pas en étant chez moi, j'allais marcher et marcher plus de deux heures c'était compliqué. Et c'était ça qui me faisait peur parce que je me dis le chemin de Compostelle c'est la journée, il faut aller d'une étape à une autre, il n'y a pas le choix. Il faut aller chercher le gîte. Et je me suis dit, je vais y arriver. J'avais un peu de kiné. J'avais deux séances de kiné par semaine. Moi, je faisais un peu d'étirement. J'allais marcher avec mon chien, comme d'habitude. J'essayais de tous les jours faire un quart d'heure de plus. Et voilà, je ne me suis pas préparée à marcher une journée. Je faisais des petites sorties. Je faisais 5 km, 6 km. Et j'ai dit, on verra bien. Et puis pour la... pour la partie restante avec la prothèse. J'ai demandé à mon prothésiste de m'en préparer une juste avant de partir. J'ai marché quelques semaines avec et j'ai fait au mieux. J'ai pris des pansements, j'ai pris des crèmes, je me suis équipée le mieux possible et j'ai essayé de m'écouter un peu sur le chemin quand c'était dur de m'arrêter. Et la chose la plus drôle sur ce chemin, c'est que moi, j'ai fait tout le chemin et mon frère, il a eu un problème au genou. Il a été obligé de s'arrêter une journée. Il n'a pas pu marcher. c'était excellent et ça a fait beaucoup de rire ça a fait beaucoup rire les gens sur le chemin parce qu'on croise beaucoup de gens et donc les gens ils étaient c'est vrai que ça m'a beaucoup porté ce chemin là ils étaient admiratifs c'était chouette, même des gens que j'avais jamais rencontrés qui parlaient de moi sur le chemin où j'étais pas passée encore c'était vraiment extraordinaire ce que j'ai vécu là-dessus avec mon frère et un vrai partage avec mon frère aussi donc c'était quelque chose qui nous a liés aussi Merci. Et ouais, j'ai su m'écouter. Il y a eu juste une journée où c'était très, très dur. Il a su être là et j'ai su ralentir. On est arrivé tard, mais on a fini. J'ai dû me faire quelques blessures, mais rien de grave.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous raconter un peu plus comment ça s'est passé, toute l'aventure, en fait,
- Speaker #1
durant ces 7 jours ? Le premier jour, on est partis du Puy-en-Velay. On est parti directement de la source. Et j'ai fait à peu près entre... On va dire la moyenne, c'est 25 km par jour quand même. Ah oui,
- Speaker #0
c'était pas de petites étapes.
- Speaker #1
La première fut la plus courte quand même. On avait 17 km le premier jour, ce qui a été très difficile. C'était en plus la journée au niveau du temps la plus vieille. il pleuvait, je me rappelle, il pleuvait, c'était humide, des étapes avec des cailloux et tout. J'ai vu des gens balancer leur bâton en disant qu'ils voulaient faire demi-tour. Et quand je suis arrivée, ils ont repris leur bâton et ils sont repartis. Ils ont continué le chemin. Le premier jour a été très difficile physiquement et mentalement. Je me suis dit, qu'est-ce que tu fais là, Aurore ? Je crois que tu as oublié que tu as perdu une partie de toi. Et puis cinq minutes après, c'est pour ça que tu es là. J'ai continué. Le temps a été là pour nous. On a eu un temps magnifique. Et je pense que ça devait être comme ça. C'était bien aligné. Et j'ai vécu des moments de partage. J'ai vécu des moments de douleur. J'ai vécu des moments de doute. J'ai des pleurs, des rires, du partage. Vraiment, c'était, pour dire en quelques mots, c'est on passe par toutes les étapes sur ce chemin. Et c'est vraiment, quand les gens disent que le chemin de Compostelle, c'est on est seul, mais on n'est jamais seul. C'est vraiment ça. On peut arriver à être seul dans sa bulle et marcher tout seul. Et on est quand même seul, mais jamais seul. C'est compliqué, il faut le vivre pour le voir. Et toute cette bienveillance quand on arrive, tous ces gens gentils. Et c'est vrai que... Ce qui s'est passé sur le chemin de Compostelle, c'est que je n'arrivais pas à montrer ma prothèse avant ce chemin de Compostelle. J'étais toujours avec des pantalons longs, très longs, larges. Et un jour, il a fait tellement chaud qu'il y a une dame, il m'a dit « Mais mademoiselle, il faut enlever votre pantalon, il fait très chaud. » Et là, je l'ai regardée, j'ai dit « Mais je ne peux pas, j'ai une prothèse. » Et elle m'a dit « Mais c'est magnifique. » Et c'est beau, on parlait. Et mon frère, il m'a dit « On s'en fout, on est là pour marcher et tout. » Et j'ai dit, c'est génial ce que tu fais. Et du coup, là, j'ai enlevé la fermeture du pantalon et j'ai marché. C'était la première fois depuis que j'avais été amputée que je montrais que j'avais une prothèse.
- Speaker #0
C'est incroyable.
- Speaker #1
Émotionnellement, ça me fait monter les larmes. C'est encore un moment très fort. Ça a été pour moi une des plus grandes étapes. Enlever, me mettre en short devant les autres. Et je me suis rendu compte après que ce n'était pas si dur que ça. Le regard des autres ne me dérangeait pas parce qu'en plus, sur le chemin, il est bienveillant, porteur, encourageant.
- Speaker #0
Oui, mais il fallait quand même réussir à franchir l'étape.
- Speaker #1
C'est ça. Arrivé au gîte, les gens, je n'étais pas encore arrivé au gîte, que les personnes qui nous accueillent savaient qui j'étais. Donc ça, c'était merveilleux.
- Speaker #0
C'est excellent. Et qu'est-ce que tu as trouvé le plus difficile lors de ce chemin ?
- Speaker #1
Le plus difficile, c'est... Je n'ai pas trouvé, à part le premier jour, qui a été une journée très difficile parce qu'il y avait beaucoup de dévers. En étant amputée, c'est très compliqué. Beaucoup de dévers et donc comme il pleuvait, il y avait beaucoup de boue. Moi et la pluie, c'est quand même pas mon fort. J'aime quand même le soleil et la chaleur. Et donc, mentalement et physiquement, c'était dur. Après les autres jours, pour moi ça a été que du bonheur parce que les paysages, les gens, même si la douleur était là, il y avait autre chose de plus fort. Mais j'ai eu mal tout le temps, tout le temps. La douleur elle est tout le temps, même encore aujourd'hui, elle est tout le temps présente mais on s'y habitue quoi, on s'habitue à la douleur.
- Speaker #0
Et donc depuis, tu as fait encore plein de choses. En 2025, tu as lancé un défi en tandem dont tu nous parlais. Donc en fait, c'était ce projet que tu avais inscrit dans ton carnet quand tu étais en rééducation. Est-ce que tu peux nous en parler ?
- Speaker #1
Oui. Alors avant, je veux juste passer une petite étape. Quand j'ai fait le chemin de Compostelle, ça a été un chemin quand même à réaliser. Au niveau physique, à part le premier jour, c'était dur, mais ça allait. Et moi, je suis plutôt une marcheuse et j'aime la montagne. Et je voulais voir aussi si j'étais capable de monter encore tout en haut d'une montagne. Donc, je suis partie avec une association qui s'appelle OZMove partir un week-end. Et je suis partie au Pic du Taillon, qui est un des plus hauts dans les Pyrénées. Et on est partie tout un week-end avec une personne valide et une personne handie. Et ça, ça m'a aidée aussi sur mon projet. Et surtout, ça m'a permis de voir si je pouvais encore grimper ces montagnes. Et donc, ça a été pour moi, là, ça a été quelque chose de difficile, très dur, physiquement, très, très, très dur sur un week-end. Et les montées, c'est dur, mais les descentes, c'est pire que tout pour les amputés. Ça vient taper dans la prothèse, mais j'ai réussi quand même. J'ai réussi parce qu'ils étaient là, parce qu'on était toute une équipe, parce qu'on était tout un groupe. Et c'est l'effet du groupe qui a fait que j'ai réussi. Toute seule, je ne sais pas si j'aurais réussi tellement que c'était compliqué physiquement. Et je me suis dit, mon projet que j'ai écrit, Tandem, c'est ça. C'est d'être porté par un groupe, d'être aidé, d'être soutenu. Et ça, le partage entre handi et valide, pour moi, c'est vraiment ça pour nous qui nous porte. Ça porte les handi, mais ça fait avancer les valides.
- Speaker #0
Oui, ça marche dans les deux sens, évidemment.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et donc ce projet, tu l'as imaginé dans les gorges du Verdon. Et l'idée, c'était de faire quoi ?
- Speaker #1
Donc, quand j'étais à la tour de Gacy, ce jour-là, pareil, un matin, je me réveille. J'ai dit, il faut que je fasse quelque chose pour moi. Et j'ai dit, on n'a pas le droit de penser qu'après qu'il nous arrive un accident de vie comme ça, qu'on n'est plus capable de rien. Et voilà, donc ce projet-là, il est là. J'ai écrit ligne par ligne chaque jour. Pourquoi les gorges du Verdon ? Parce que j'étais partie en vacances avec ma famille. Il y a deux ans ou trois ans avant, je voulais voir les lavandes. On est parti au mois d'août et au mois d'août, il n'y a pas de lavandes. Et donc, j'ai dit, j'ai envie de voir cette nature. J'ai envie de voir cette nature. Ce plein de gens m'ont dit, pourquoi tu ne perds pas de bergerac ? Parce que j'avais envie d'aller voir les lavandes. Et en deux, je voulais mettre du tandem. J'avais mis du tandem parce que le tandem, c'est un partage à deux. Et comme je voulais mettre une personne valide et une personne handicapée, je trouvais que le tandem pour un premier grand défi, pour un partage, pour vraiment vivre quelque chose à deux, c'était vraiment la chose qui était l'idéal pour moi, le tandem. Et donc, j'ai cherché des tandems, j'ai cherché des sponsors, j'ai cherché des personnes qui avaient envie de vivre ce défi. Donc, on était 39 en tout, avec le staff médical, avec le staff réparation de vélo, avec l'assistance, avec les handis, avec les valides. Donc, on était 39 et on est partis de Bergerac pour une partie. Les autres, on s'est rejoints à Manosque. Et moi, j'étais en amont, j'étais partie quelques jours avec une amie, découvrir, je ne connaissais pas trop non plus, découvrir le parcours, faire connaissance aussi avec la mairie de Manosque. Ils nous ont aidé un peu au début à mettre ce projet en place. Ils nous ont proposé la police municipale en moto pour nous escorter jusqu'à la sortie de Manosque. Et après, on est parti. parcourir toutes ces gorges du Verdon en tandem. Le but, c'était de faire de la sensibilisation auprès des jeunes. Donc, on est intervenu dans une école primaire auprès de jeunes enfants pour l'inclusion. Le problème, c'est qu'on y a été en juin et pour avoir des jeunes... ils étaient des jeunes lycéens, ils étaient en pleine révision. Donc ça a été un peu compliqué pour ça. Donc on s'est rabattu sur les écoles. Mais l'inclusion, le regard sur le handicap des tout jeunes, c'était quelque chose qui est très important aussi. Donc on a parcouru cinq jours les Gorges de Verdon, étape par étape. Il y a eu des moments très difficiles. Il y a eu des super beaux moments. Il y a eu du partage, il y a eu de l'entraide, il y a eu des pleurs, il y a eu des rires pour tout le monde. Parce que je n'avais pas demandé que les Andis soient spécialement sportifs, ni les valides. J'avais envie que ceux qui avaient envie de partager ce projet-là, ils viennent avec nous. Et je suis tombée sur des gens qui ne s'étaient pas confrontés à un handicap, qui ne s'étaient pas confrontés à du sport. Donc, beaucoup d'émotions sur ce parcours-là. Et on en a fait un film, le vidéaste. On avait un vidéaste qui nous a suivis tout au long de la semaine. Et il nous a fait « Le chemin de la résilience » , ça s'appelle. Et il a su reproduire... tout ce que nous avons vécu, toutes ces émotions tout le long de ce parcours, sur 59 minutes de film, 50 minutes de film plutôt. Et ça a été extraordinaire. Voilà, ce parcours.
- Speaker #0
Et le film, on peut le voir quelque part ? Sur YouTube.
- Speaker #1
Il est sur YouTube en accès libre. Et on tape les chemins de la résilience de Paul Fourteau. Et au début, il montre, si vous le regardez, vous allez voir, il montre un peu ce qui m'est arrivé. Et puis après, on passe dans les gorges du Verdon et tout ce qu'on a vécu. Et aussi bien que pour les handis que pour les valides, on se rend compte que des fois, quand on voit le monde, comment il tourne aujourd'hui, ça fait un peu peur. On se dit, tout ce qui se passe, toute cette violence, toute cette humanité qui est très moche. Et on se dit, quand on vit ça, encore il y a de l'espoir.
- Speaker #0
C'est vrai, c'est tout à fait ça. Et d'un point de vue logistique, ça doit être passant quand même à organiser. Déjà, même trouver les participants, trouver les sponsors. Oui, tu as mis deux ans.
- Speaker #1
J'ai mis deux ans pour le préparer et j'ai voulu que sur celui-ci, je ne vais pas refaire. Pour celui-là de 2027, je ne vais pas faire la même. Et pour celui-ci, je voulais que ce soit moi qui gère entièrement tout. Donc, j'ai tout géré. Et je ne vais pas mentir que pendant le séjour, il y a une ou deux fois, j'étais un peu... tendu et l'ont senti. Je leur ai même dit un jour, bon là, j'en peux plus, stop, parce que humainement d'avoir...
- Speaker #0
Une trentaine de personnes qui vous disent comment on fait, comment... Après, c'est normal, c'était le but. Mais moi, il ne faut pas... En vrai, les gens oublient que moi aussi, j'ai un handicap. Parce que je mets tellement de choses en place, je fais tellement de choses. Et on me le dit, au revoir, on oublie. Et donc, je pense que même mon mari, il a beaucoup aidé. Il a été énormément là. Et un soir, je lui ai dit, mais tu as oublié que moi aussi, je suis handi. Et je ne suis pas valide. Il faut que je gère tout ça. Il faut que je gère émotionnellement. Il faut que je gère physiquement. Et puis, il faut que je gère l'organisation de tout le monde. Et des fois, ce n'était pas simple. Donc, j'ai trouvé ça magnifique. Mais pour 2027, aujourd'hui, je sais me faire aider.
- Speaker #1
Au moins, tu as appris. Déjà que faire tout tout seul, c'est compliqué. Et puis, au moins, tu connais quelque part un peu tous les postes. Tout ce qu'il faut faire.
- Speaker #0
Et je sais sur qui je peux compter. J'ai vu les gens, les valides, ils ont été extraordinaires humainement. Franchement, il n'y a même pas de mots pour expliquer ce qu'on a vécu et ce qu'ils ont réalisé.
- Speaker #1
Et quel message est-ce que tu souhaitais vraiment faire passer à travers cette mixité, justement le fait de volontairement faire un groupe valide et handi ?
- Speaker #0
Alors, surtout pour les... Alors, la première chose pour les handis, c'est que même s'il nous arrive... Parce que ça nous arrive du jour au lendemain et ça peut arriver à n'importe qui. Ce n'est pas parce qu'on a perdu une jambe ou qu'on est malade ou parce qu'il y avait une personne qui avait la sclérose en plaques. Ça nous tombe dessus comme ça, qu'on n'est plus capable de rien faire et qu'on n'est plus comme les autres. Bien au contraire, on est comme les autres et peut-être encore avec une vision différente de la vie et des choses. Et c'était pour prouver que voilà, on est... même après un accident comme le mien, je parle pour moi, on peut faire encore de très belles choses et surtout on rencontre de très belles personnes, donc il ne faut pas hésiter, il faut y aller. Les seules limites, c'est les nôtres. Et il faut juste savoir s'écouter quand il faut arrêter, on arrête, et quand il faut continuer, mais jamais s'arrêter. Et pour les valides, c'est vraiment la chose, c'est arrêter de se plâmer pour des petites choses et essayer de prendre conscience que la vie est belle, même si quand c'est difficile, on peut continuer à avancer. Et surtout, changer ce regard sur les personnes portant un handicap, aussi bien physique que psychique.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Tu avais des personnes porteuses de handicap, tant physique que psychique ? Non, moi,
- Speaker #0
c'est que moteur. Mon association, elle est surtout dirigée vers les handicaps moteurs, parce que comme il y a un petit côté sportif... C'est plus facile. Mais là, j'essaye de mettre en place un petit défi avec des personnes porteurs de trisomie 21 et des jeunes avec des problèmes avec la justice ou de pouvoir s'engager dans la vie, ou le stupéfiant, l'alcool, tout ça. J'aimerais mélanger ces deux personnes qui ont quand même des défis dans la vie difficiles, aussi bien l'handicap que les jeunes qui sont perdus. Et j'aimerais les emmener sur trisomie. trois jours dans la montagne, randonner et partager leurs différences. Le petit projet s'appelle Au sommet de nos différences. J'essaye d'emmener ça pour le mois de mai. J'essaye parce que ce n'est pas facile de trouver des personnes porteurs d'handicap comme la trisomie 21 et qui viennent se mélanger à d'autres personnes. C'est un peu difficile, mais je ne lâche pas.
- Speaker #1
On peut dire qu'on ne fait pas du choix à lâcher.
- Speaker #0
Non, je lâcherai à mort. Mais les gros projets, c'est handicap moteur. D'accord. Donc, on a eu dans notre défi 2025, on avait des paraplégiques. On avait donc sclérose en plaques, amputé. Et voilà. On a eu amputé, double amputé, les deux jambes fémorales. On a eu amputé et deux autres personnes amputées fémorales. Moi, je suis tibiale, en dessous du genou. Et puis une personne qui est atteinte de sclérose en plaques, qui était un grand, grand sportif. Et donc, pour lui, c'était super beau. Je pense que grâce à nous, il a pu revivre des choses qu'il n'aurait pas pu vivre sans cette équipe. Donc voilà, ça, c'est magnifique. Oui,
- Speaker #1
c'est sûr. Et explique-nous alors ce nouveau projet pour 2027.
- Speaker #0
Alors, le teaser, il va sortir, je pense, la semaine prochaine ou l'autre semaine. Après les vacances scolaires de chez nous, donc ça ne va pas tarder. Donc là par contre, c'est un défi sportif. Voilà. Pareil, on est en binôme. Andy est valide. Mais là, je demande à tout le monde d'avoir une préparation physique. Donc, même dans le teaser, ça se voit, on se prépare physiquement. Parce qu'on va partir de Bergerac. Cette fois-ci, on part de Bergerac. On va faire un grand événement de Bergerac pour le départ. Donc, on invite toute personne à nous rejoindre sur le départ. Et on va parcourir une partie de la France pour retrouver le Pays Basque, la Rune. Et jusqu'à la rune, on voudrait faire du vélo, de la marche, de la course à pied. Peut-être aussi une petite partie avec les chevaux. Et le gros défi, c'est d'arriver en bas de la rune. Donc les personnes paraplégiques sont portées par des joaillettes et des valides très sportifs qui vont les monter tout en haut de la rune. Et si le temps s'y prête, on finira par du parapente. Je pense qu'il doit y avoir pas loin de 300 kilomètres qu'on va faire. Donc là, course à pied, vélo, randonnée et équitation. Et arriver à la Rune, on monte tout en haut de la Rune. On espère que le temps sera avec nous.
- Speaker #1
C'est génial comme projet. En plus, c'est très multisport.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et qu'est-ce qu'on peut faire si on souhaite participer ou soutenir ce projet ?
- Speaker #0
Ça, c'est une très bonne question. Alors, pour le teaser, il faut attendre que le teaser sorte. Toutes les informations seront dans le teaser. Aussi, j'ai une dame qui m'a fait un super cadeau parce que j'ai fait un site internet, Emera Sports Santé. Du coup, il y a plein d'infos aussi dessus. On peut aller dessus. Pour soutenir, il y aura des dons sur une cagnotte et l'oiseau ou par un sponsor professionnel avec des dons. avec attestation. Et après, pour toute personne qui est intéressée, il faut me contacter via le site internet Emira, où il y a c'est mon mail d'Emira, ou soit en ligne directe sur mon numéro de téléphone.
- Speaker #1
Je mettrai déjà les liens, en tout cas, dans la description du podcast, donc comme ça, on pourra directement y aller. Et bonjour !
- Speaker #0
Il ne faut pas qu'ils hésitent à aller voir le film aussi qui a été fait en 2025. Le but, c'est qu'on veut qu'il soit projeté le plus possible. pour qu'il y ait un impact sur toute la France, partout autour de nous. Oui,
- Speaker #1
bien sûr. Je mettrais aussi le lien vers ça, comme ça on peut aller tout voir. Et bon, j'ai une idée de la réponse quand même, mais je te pose quand même la question. Est-ce que tu trouves que le milieu de l'outdoor est aujourd'hui assez inclusif ?
- Speaker #0
Assez ? Non, pas assez. Pas assez du tout, du tout.
- Speaker #1
très bonne idée de la réponse.
- Speaker #0
J'ai quand même attendu avant de réfléchir, j'ai quand même attendu un peu avant de répondre tout de suite, mais non, pas du tout, c'est sûr. C'est très compliqué. En France, il y a quand même beaucoup de choses à faire.
- Speaker #1
Et qu'est-ce qu'il faudrait faire justement, tu vois, pour améliorer ? Est-ce qu'il y a aussi d'autres exemples dans d'autres pays peut-être où ils sont meilleurs ? Et est-ce que tu as des idées concrètes ? de choses à faire, alors peut-être à tous les niveaux, peut-être même en tant qu'individu, d'ailleurs.
- Speaker #0
Ouais, comme idée, déjà, tu vois, le gros souci qu'on a eu, c'est tous les accès, on dit, ça a été une catastrophe. Moi, je m'en suis rendue compte. Alors, quand on n'y est pas, on ne s'en rend pas compte. Quand on est valide, on a l'impression, on les voit, ouais, on ne sait rien, quoi. Mais en vrai, c'est une catastrophe. Les fauteuils, les gens qui sont en fauteuil, ils sont obligés des fois de rouler sur la route. Rien n'est mis en place pour eux. Et puis les hôtels, ils te vendent une chambre PMR. Soit c'est un bureau, soit c'est pas accessible, soit la douche, elle est pas accessible. Si les gens qui regardent le film, on voit Christophe qui est en fauteuil et il est obligé de se doucher à l'extérieur de l'hôtel parce qu'il peut pas rentrer dans sa chambre.
- Speaker #1
C'est hallucinant.
- Speaker #0
Ouais. Donc, je pense qu'à tout niveau, il y a des choses à faire. Au lieu de se tirer dans les pattes en disant qu'ils veulent tous la place pour gérer ce pays, je pense qu'avant de combattre sur plein de choses à financer, il y aurait déjà des choses à faire. Il y a tellement de choses, je ne sais même pas quoi dire tellement que c'est compliqué. Et même,
- Speaker #1
du coup, déjà juste l'accès qui semble être finalement un truc de base, en fait, ce n'est déjà pas du tout le cas.
- Speaker #0
Pas du tout. Quelque chose qui devrait être. de PMR. Nous, on est arrivés dans un premier hôtel. On me dit, vous avez une chambre PMR ? Elle me dit, ah oui, oui, je suis équipée PMR, mais comme il n'y a personne, je m'en sers comme bureau. Et comment ils font pour aller aux toilettes ? Donc voilà, c'est une catastrophe. En vrai, je pense que tant qu'on n'est pas touché, alors il y a des gens qui ne sont pas touchés par le handicap, mais qui sont touchés autrement, mais des gens qui n'ont vraiment rien à faire. Oui,
- Speaker #1
et puis parfois, effectivement, c'est ce que tu dis, je pense qu'il y a plein de situations, en fait, on ne s'en rend pas compte tant qu'on est valide.
- Speaker #0
Moi, du coup, j'arrive à passer d'avant à aujourd'hui. Je me dis non, on ne peut pas se rendre compte, c'est impossible. Après,
- Speaker #1
des projets comme le tien sont géniaux. Nous,
- Speaker #0
on a mis en avant que Christophe prend sa douche dehors, donc s'il n'y a pas d'accès pour les handis. On a mis l'inclusion auprès des tout jeunes. On essaie de mettre dans ce projet, sur le projet, on mettra le sport, comme quoi c'est une force qui nous aide à surmonter tout ça, pour les valides d'arrêter de se plaindre dès qu'ils ont un peu mal. au genou et donc ils arrêtent tout. Les sédentaires qui se plaignent, qui prennent des médicaments, arrêtent de prendre des médicaments et bougent. Le but, c'est tout ça.
- Speaker #1
C'est plein de petits messages. C'est clair. Pour finir, en parlant de messages, j'ai une petite question que je pose un peu tout le temps à la fin des épisodes. C'est quel conseil est-ce que tu donnerais à une femme qui traverse une épreuve aussi difficile que celle que tu traverses toi ?
- Speaker #0
Je me dirais qu'il faut qu'elle fasse ce qu'elle a envie et ce qu'elle ressent au plus profond de soi. Parce que moi, c'est ça qui m'a emmenée sur le chemin de Compostelle. Si j'avais écouté cette deuxième petite voix, j'aurais fait comme tout le monde, je ne suis pas prête. Si tu as envie, il faut le faire. Et il n'y a que toi qui sauras si tu peux ou pas. Donc, je pense que quand il nous arrive un truc comme ça, il faut prendre la vie à pleine main et vivre tout ce qu'il y a à vivre. et le partager avec des belles personnes. Il y a encore de très belles personnes autour de nous. Et je pense que vraiment, après un handicap comme ça, comme le mien ou comme d'autres, on rencontre, on nous met sur des chemins et on rencontre de très belles personnes et peut-être des rencontres qu'on n'aurait jamais faites avant. Donc c'est vrai que c'est dur, mais les belles choses arrivent après.
- Speaker #1
C'est un beau message pour terminer. Merci beaucoup, Aurore, pour tout cet échange. Merci à toi. Bravo pour tous les projets que t'entreprends qui sont vraiment impressionnants. On le disait, ce ne sont pas des projets qui se font comme ça en claquant des doigts. Il y a beaucoup de travail derrière. Félicitations. Je mettrai tous les liens en description d'épisode. À très bientôt.
- Speaker #0
Dès que le teaser sort, je vous l'enverrai.
- Speaker #1
Carrément. Trop bien. À très vite.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode. Si vous a plu, n'hésitez pas à mettre 5 étoiles sur les plateformes de podcast, à nous laisser un commentaire, on lit tout et ça fait vraiment plaisir. Et vous pouvez aussi nous suivre sur Instagram et surtout vous abonner à la newsletter avec plein d'infos sur le sport outdoor au féminin.