- Speaker #0
La Sportive Outdoor, le podcast des sports outdoor aux féminins pour s'inspirer, apprendre et oser. Bonjour à toutes, aujourd'hui je reçois Maud Perrin, championne du monde de parapente acrobatique. Ensemble, nous allons échanger sur son parcours, sur son sport qui est vraiment impressionnant, sur l'accident qui a marqué sa carrière aussi et sur ses futurs projets. Bienvenue Maud, est-ce que tu veux bien te présenter déjà ?
- Speaker #1
Salut, merci beaucoup pour l'invitation sur ton podcast. Je m'appelle Maud Perrin, j'ai 25 ans, j'habite à Chamonix. Et je suis championne du monde en parapente acrobatique. Et je vais la faire course et on développera après.
- Speaker #0
Ça pose déjà le truc. Et tu as grandi en chartreuse, donc en environnement de montagne. Est-ce que déjà, c'est ça qui t'a vraiment donné goût à cet environnement montagneux et peut-être ce goût du vide, je ne sais pas ?
- Speaker #1
Alors, j'ai grandi en chartreuse, mais en fait, j'ai beaucoup bougé depuis que je suis... petite, en fait, avec mes parents, on est partis, donc moi, de mes 1 à 3 ans, on a habité en Angola. Et après, de mes 4 à 7 ans, on était en Écosse. Et c'est là que mon père, en fait, il a commencé le parapente. Et je pense que là, ça m'a un peu donné ce goût du parapente, de voir mon père, voir sa figure paternelle un peu, avoir sa liberté là-dedans. Et en fait, quand on est rentrés en France, moi, j'avais du coup 7-8 ans. Et mon père a passé sa qualification 10 places, donc tandem pour pouvoir emmener des gens. Et donc moi, j'ai fait mon premier vol avec mon papa à 10 ans. Et donc là, on était installés dans les montagnes en chartreuse. Et oui, là, ça m'a donné quand même bien envie de voler.
- Speaker #0
Ah oui,
- Speaker #1
c'est trop bien du coup.
- Speaker #0
Tu t'y es mise très jeune, en fait, au final. Et quel est ton premier souvenir vraiment marquant là-haut ? Est-ce que c'est vraiment ce premier vol ou est-ce que c'est plutôt par la suite ?
- Speaker #1
Je pense que ce premier vol, c'était au lac d'Aigbelette. Ce premier vol au-dessus du lac, c'était trop joli, mais je m'en souviens par cœur. Je pense qu'à partir de là, je les avais décrochés. Après, il y a plein d'étapes qui ont été hyper marquantes sur toute ma progression. Mon premier vol, je ne le fais qu'à partir de 14 ans. Enfin, je dis qu'à partir, mais... Parce qu'en gros, on a le droit de voler seul qu'à partir de 14 ans. Avant ça, il nous faut une dérogation si on a des parents moniteurs. Mon père, il n'était pas moniteur. Et du coup, on avait des règles aussi. Je pense que nos parents, ils ont voulu mettre un cadre à ça. C'est une pratique quand même à risque. Ils nous ont donné certaines conditions. Donc, il fallait, par exemple... qu'on fasse 100 heures de gonflage. Donc ça, c'est du travail au sol avec la voile pour pouvoir... Ça apporte une certaine sécurité, en fait, d'avoir cette expérience-là, du travail au sol au niveau du décollage et de l'atterrissage. Ça donne un feeling, en fait, au sol qui nous met quand même beaucoup plus en sécurité. Je pense que c'est là où il y a quand même beaucoup d'accidents. Et ensuite, à 14 ans, j'ai fait mon premier vol toute seule. petit frère s'est mis en même temps que moi à voler. On a un an et demi d'écart. On a fait beaucoup de nos premiers vols ensemble.
- Speaker #0
C'est trop bien. C'est vraiment une histoire de famille. Ça veut dire que tu t'es vraiment formée à partir de l'âge de 10 ans, même si tu ne pouvais pas voler toute seule. Il y a eu tout ce travail au sol. Ensuite, à partir de l'âge de 14 ans, tu as pu voler toute seule et tu as continué à te former. C'est ça ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Exactement, ça a été un peu des étapes clés qui ont marqué ma progression.
- Speaker #0
Donc en fait, tu as démarré quand même jeune. J'ai du mal à me rendre compte parce que je ne connais pas beaucoup de gens qui font du parapente. Mais j'imagine que tu étais peut-être dans les plus jeunes. Ce n'est pas si courant que ça de démarrer aussi jeune.
- Speaker #1
À cette époque-là, surtout en stage, il n'y avait que nous de stage. Les gens en général avaient plutôt 30-40 ans. Nous, on était vraiment des enfants pour le coup. Mais du coup, on a été bien aussi pris en main à ce niveau-là. En stage, on était vraiment chouchoutés. Mais c'est vrai qu'en fait, aujourd'hui, il y a de plus en plus de jeunes qui s'y mettent parce que la pratique, elle s'est ouverte quand même. Elle s'est un peu plus démocratisée dans les sports de montagne. Mais par contre... Ça reste jeune de commencer à se sècher là. Et aussi à Chamonix, il y a quand même beaucoup de jeunes qui s'y mettent tôt, ce qui change un peu les repères par rapport à la pratique en général. Mais c'est vrai que j'en vois de plus en plus de jeunes, de très jeunes même, se mettre au parapente.
- Speaker #0
Et toi, tu t'es tournée ensuite vers l'acrobatie. Qu'est-ce qui t'a donné envie et qu'est-ce que tu trouvais là-dedans qui te plaisait par rapport à un vol plus classique ?
- Speaker #1
Alors moi, c'est l'aspect technique qui m'attirait beaucoup. C'est ce côté très noir et blanc, en fait. L'erreur globale, on sait qu'elle vient de nous. C'est très... Si je fais une erreur, en fait, ça va être très visible. C'est juste la voile, elle va fermer ou mes suspentes, donc les fils qui tiennent entre la voile et moi, elles vont se détendre. Donc, c'est très visible, en fait. Le problème est très facilement détectable. Et souvent, tout le temps, quasiment, il vient de moi. Les autres disciplines, c'est du... Donc, on a du cross. Ça, c'est du vol de distance. Il y a des compétitions comme ça de vitesse sur des parcours. Et après... c'est du marché-vol le marché-vol ça va être pareil il y a un parcours et en fait il n'y a plus de marché et de voler il y a aussi de la précision d'atterrissage bon ça fait beaucoup en pannelle mais en gros les deux ça va être le cross et l'acrobatie le choix que j'ai voulu faire mon petit frère en fait est parti très jeune au début de lycée, au milieu de lycée au Pôle Espoir à Fourneux Donc ça c'était pour faire du vol de distance. Et je pense qu'il y a aussi eu ça quand j'étais adolescente où je n'avais pas forcément envie d'être en concurrence directe avec mon petit frère et qu'on ait chacun un peu notre discipline. Au début j'étais facilement référencée comme la sœur de Jules. Donc ce qui est au début ça me tendait un peu. Alors aujourd'hui il n'y a plus aucun problème. Mais c'est vrai que ça a joué aussi quand j'étais ado. Et je pense que je m'y mettrais peut-être plus tard ou même dans les prochaines années à essayer d'autres disciplines. Mais c'est vrai que j'étais beaucoup plus attirée par la technicité du sport. Ah ouais,
- Speaker #0
intéressant. Et pour nous expliquer, si on n'y connaît rien, on imagine un peu avec le nom, mais est-ce que tu peux nous expliquer vraiment en quoi consiste la discipline ?
- Speaker #1
Si je fais un peu de manière vulgaire, c'est faire des figures dans le ciel avec son parapente. Donc, on est un peu dans tous les axes, en fait, son côté au-dessus de la voile et on travaille sur tous les axes. Et alors, en compétition, on est noté sur plusieurs aspects. On a trois aspects qu'on est noté. C'est un, la technique, deux, la chorégraphie et le... poser, donc l'atterrissage. Les formats de compétition, ils sont au-dessus de l'eau et on doit atterrir sur un radeau. Et l'idée, ça devait être de venir en spirale au-dessus du radeau pour venir le plus proche et le plus rapidement comme ça au-dessus de l'eau et faire le poser le plus esthétique possible. Et la technique, en fait, ça va être en gros notre run. qu'on présente au juge, c'est un enchaînement de figures et chaque figure elle va être notée, elle a un coefficient et elle va être notée techniquement et la chorégraphie ça va être plutôt l'enchaînement en fait la note qu'on a sur l'enchaînement et la beauté on va dire de l'enchaînement.
- Speaker #0
Et les figures c'est des figures qui sont imposées ou est-ce que, je sais pas, il y a un nombre de figures imposées et toi tu peux rajouter aussi les tiennes et du coup Au total, ça fait quand même ta propre chorégraphie personnelle.
- Speaker #1
Au gros, on a un panel de figures qui existe. Chaque année, il va être mis à jour. Il y a d'autres figures qui sont inventées. Dès qu'il y a des choses qui vont être inventées, chaque année, on va les mettre à jour. Après, on compose notre run en fonction de ce qu'on sait faire et des coefficients que ça apporte. Parce qu'en fait, si par exemple, la manœuvre, on la fait twistée, donc c'est à l'envers, c'est comme si tu es sur une balançoire et tu te mets à l'envers, tu croises les deux fils, c'est pareil, on croise les deux fils. On commence la manœuvre comme ça, à l'envers, pour expliquer grossièrement. Et ça, ça nous apporte pareil un pourcentage en plus. Si on envoie une manœuvre d'un côté et que la rotation, quand on revient sous la voile, on la lance de l'autre côté, Pareil, ça devient de plus en plus technique, mais ça, ça va apporter des points en plus, par exemple. Ou ça va être un trick, donc manœuvre différente. Je ne sais pas si c'est assez clair comment je l'ai expliqué, mais en gros, on est noté sur trois aspects. On a une note à la fin, on a plusieurs runs. Et le total de ces trois runs ou cinq runs, ça donne notre classement.
- Speaker #0
Oui, OK. Il y a quand même un côté où tu choisis toi ce que tu vas faire avec ton niveau de difficulté, etc. Et toi, tu es la première femme à avoir réalisé certaines figures. que ce soit en solo ou en bi-place, donc ça veut dire qu'il y a des fois où tu participes à des compétitions en solo, mais aussi en bi-place ?
- Speaker #1
Non, non, non, alors, les compétitions, non, pas en bi-place, je les fais toujours en solo, mais par contre, c'est vrai qu'il y a des, en fait, les manœuvres en tandem, c'est pas vraiment quelque chose qui est, c'est quelque chose de, en fait, les voiles sont globalement pas forcément conçues pour faire de la con. acrobatie en place. Du coup, on a quand même certaines voiles qui sont conçues pour ça. Et moi, c'est vrai que quand il y avait une des voiles de mes sponsors qui avait sorti en tandem, une version qui était vraiment bien, et du coup, j'avais voulu essayer de faire cette figure en tandem. Et en plus, je me suis fait piquer par un des garçons qui m'a dit que je n'aurais jamais la force de le faire. Du coup, j'ai pris le pari et je suis allée le faire.
- Speaker #0
ça fait toujours une bonne motivation et tu peux m'expliquer c'est les figures, donc j'ai les noms mais c'est Infinity Tumbling et Stall to Infinite,
- Speaker #1
c'est ça ? Ouais, donc c'est un décrochage tout à fait donc en fait le décrochage c'est quand tu perds tu freines, tu freines, tu freines et tu perds en fait toute ta portance jusqu'à ce que la voile décroche et que ça vole plus de manière un peu facile à expliquer on va dire et en gros le Stall to Infinite on va Merci. Quand la voile décroche comme ça, on va trouver un timing assez précis où, en fait, à un certain niveau, on sent que la voile va avoir un regain d'énergie. Et si on lâche les commandes, en fait, on passe au-dessus de la voile. La voile passe sous nous et ensuite, on est sur cette rotation verticale. Ça fait un peu comme de la corde. Ça ressemble un peu à de la corde à sauter, sauf que du coup, nous, on n'est pas à un point fixe. Les deux tournent ensemble. OK.
- Speaker #0
Ça a l'air tellement technique.
- Speaker #1
En fait, ce n'est pas forcément la figure la plus technique, mais c'est vrai que c'est une question de timing, parce que vu qu'on est sur une rotation verticale et au-dessus de la voile, on a certains moments où on peut toucher la voile, et donc ça va jouer sur l'angle qu'on a par rapport à la voile, donc sur notre verticalité. Mais par contre, on a un autre moment, si on touche à la voile, on tombe dedans. Donc c'est très binaire. Oui, il faut être très style. mais du coup... C'est assez facile de faire cette figure, de la réaliser proprement, parce que le timing, c'est très noir et blanc. Ça ne peut pas tout à coup tourner lentement ou ne pas être très propre. Soit ça marche, soit ça ne marche pas, pour la faire simple. L'infinity tumbling, c'est une entrée dans la figure qui est différente, mais par exemple, c'est la même rotation. Pour faire simple, c'est une rotation verticale au-dessus de la voile.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qu'on ressent quand on est... Déjà, quand on fait du parapendant, on est là-haut dans le ciel. Mais quand on est en train de faire ses figures, toi, tu ressens quoi ?
- Speaker #1
Quand je fais des figures, ça dépend beaucoup du moment où je suis dans ma progression, dans la maîtrise de la figure. Parce que si je teste la figure pour la première fois, il y a beaucoup de tensions. C'est la première fois qu'on va le faire, on sait... On sait les aboutissants qu'il peut y avoir, qui ne sont pas forcément très positifs. Donc, ça peut être un peu de stress quand même. Mais après, une fois qu'on maîtrise la manœuvre, c'est hyper agréable parce que du coup, c'est hyper satisfaisant. Ça va vite. Les mouvements, c'est la précision du geste. Et ça, c'est hyper satisfaisant pour vous.
- Speaker #0
Oui, j'imagine. Tu parlais des conséquences qui peuvent être bien dramatiques. En 2023, tu as eu un gros accident. Est-ce que tu peux nous raconter ce qui s'est passé ?
- Speaker #1
Oui, j'ai eu un gros accident à Mio. J'étais en démonstration au Natural Games. Et j'avais tous les voyants qui étaient un peu au rouge. Je venais de changer de voile. Vous avez une voile qui était plus petite, plus technique. J'ai mon égo qui était très piqué à ce moment-là par un sponsor qui avait augmenté les contrats de tous les hommes et pas le mien. Et du coup, je suis partie de la marque. J'aurais dit, soit vous m'alignez, soit je pars. Je suis partie, mais du coup, on va dire que j'étais quand même bien blessée dans mon égo et j'avais beaucoup de choses à me prouver après ça. Et en fait, du coup, j'ai changé de voile au printemps pour l'été, sauf que je n'étais pas bien habituée à ce voile. Et en fait... sur cette démonstration, j'ai fait une figure que je connaissais très bien, que je maîtrisais très bien avec la voile que j'avais avant. J'ai fait cette figure en me disant que ce serait pareil. Sauf qu'en fait, pas du tout. Ma hauteur au niveau du sol, j'étais beaucoup trop basse pour faire cette manœuvre. Et en fait, notre... La tête, elle ne réagit pas de la même manière quand on est très haut dans le ciel ou très bas parce qu'on sent qu'on n'a pas trop le droit à l'erreur, qu'il y a plus de stress, plus de tension. Et en fait, on ne réagit pas bien. Et en plus de ça, je n'avais qu'un seul parachute de course sur les deux parce qu'en démonstration, on est censé voler très safe. Sauf qu'on peut vite se laisser emporter un peu par vouloir faire le saut, même si les gens, en faisant quelque chose de très simple, ils sont... beaucoup plus content que quand, pour nous, on fait quelque chose de très technique. Et en fait, du coup, la manœuvre que j'ai faite pour un pioquer, elle a raté. Et en fait, là, ça a fait un peu cascade d'incidents et je me suis écrasée au sol. Ouais, c'était pas très glorieux. Après, je me souviens de rien. Donc, je me souviens juste de décoller. Après, j'ai un blackout. J'ai 16 heures un peu de blackout jusqu'à l'hôpital après. J'ai été transportée à Milieu puis à Montpellier. Après, c'est plutôt ce qu'on me raconte. Et les vidéos que j'ai pu voir, j'ai mis un an quand même à regarder la vidéo. Mais c'est plutôt après ce qu'on va me raconter. Après tous les débriefs, je les ai faits plutôt de ce qu'on m'a raconté. Le débrief technique, pour moi, il n'était pas forcément hyper intéressant. J'aurais été 1000 mètres plus haut ou 500 mètres plus haut, ça n'aurait pas été un problème. C'était plutôt comment j'en suis arrivée à prendre une décision avec autant de voyants rouges. Et ça, pour moi, ça a été le plus gros sujet à traiter et de tout ce qui en découle de cette mauvaise prise. Comment j'en suis arrivée à faire cette mauvaise prise de décision qui m'a quand même beaucoup aidée.
- Speaker #0
C'est le plus intéressant, clairement. Et là, le verdict médical à ce moment-là était quand même vraiment pas bon. On te disait que tu ne pouvais plus forcément marcher ni voler. Comment tu as réagi ?
- Speaker #1
Alors, je n'ai pas trop eu ce moment où on m'a dit que je ne pouvais plus marcher pour le coup. Parce qu'en fait, tout le moment où mon pronostic vital était engagé, en fait, toutes ces 18 heures, moi, c'est un blackout. Donc en fait, je ne sais pas. Je ne suis pas au courant de tout ça. J'ai découvert limite, il y a plein de choses que j'ai découvertes dans les journaux, dans les livres, de ce qu'ils écrivaient sur ce qui s'est passé. Mais moi, je n'étais pas là. Pour moi, c'est un écran noir de 18 heures. Ils n'ont pas été particulièrement... Enfin, s'ils ont été inquiets, mais sur le fait que je vais pouvoir marcher ou pas, voler, eux, c'était le dernier de leurs problèmes. Mais moi, si je pouvais marcher, je pouvais voler. Ça n'avait pas été un sujet. Je ne me suis pas particulièrement posé la question. En fait, c'est plutôt parce que j'ai eu énormément de douleurs. Parce qu'en gros, j'ai eu tout le bassin fracturé. J'ai eu l'icône cassée. J'ai eu les apoptis transverses. Une fracture du thorax. Après, j'ai fait des complications à l'hôpital. J'ai fait une embolie pulmonaire. J'ai eu un pneumothorax aussi sur moi. J'ai fait une myelangite. Et après, j'ai fait une infection aussi du matériel, en fait, qui a fait que j'ai dû retourner au bloc pour un lavage. Bref, ça a fait beaucoup de complications. Ça a été quand même bien compliqué. Et j'ai eu, du coup, des douleurs quand même horribles. C'est vraiment une très, très mauvaise période de ma vie. Et en fait, ouais, pendant que j'avais, je pense, ces douleurs-là, je me suis quand même vraiment posé la question plutôt de est-ce que je vais vouloir revoler ? Et le choix pour moi il était de mon côté, c'était pas eux qui me disaient si j'allais voler ou pas. Parce que pour moi, de toute façon si je marchais, si je volais, ça n'était pas un problème. Mais en fait en ayant aussi mal, je me suis dit mais pourquoi je fais ça ? C'est quoi l'intérêt de faire ça ? Et en même temps... Je me suis fait les croiser il y a 5-6 ans et je n'avais pas mesuré la différence entre juste se faire les croiser et un impact comme ça. Je me suis dit non mais dans 4 mois il n'y a pas de soucis, moi je suis aux championnats de France. Dans 4 mois j'étais aux certes. Et là je réapprenais à marcher, essayer de courir, même pas correctement. mais en fait après Il y a eu énormément de complications le premier mois, mais après ça, tout s'est assez déroulé, on va dire, comme sur papier. Parce que finalement, la consolidation osseuse, elle s'est faite correctement. Et vu que vraiment la fracture importante, c'était au niveau du bassin, j'ai quand même vite pu remarcher, parce qu'au final, j'ai pu remarcher au bout de trois mois. Trois mois, j'étais debout et je suis sortie de l'hôpital. Mais j'ai fait un premier mois qui était très compliqué. Je n'étais pas sûre de pouvoir revoler. En remontant dans les Alpes et en voyant les montagnes, j'ai dit « Ah si, j'aime bien mon nez quand même. » Puis les douleurs partent et on oublie la douleur au final. On sait qu'on a eu mal, mais on a plus de sensations. Au final, la souffrance part. On sait qu'on a souffert, mais je pense que la beauté... Le sport, chez moi, cette activité, elle est un peu gravée en moi, je pense.
- Speaker #0
Oui, dans ce cas-là, c'est que c'est tellement important. Comment est-ce que tu as fait après, une fois que tu as pu remarcher, est-ce que tu as eu une rééducation très importante ? Comment tu as fait pour te reconstruire physiquement ? Et puis, mentalement, pour faire ce chemin de te rendre compte que c'était super important pour toi et que tu voulais continuer ?
- Speaker #1
Alors... Physiquement, c'était assez simple. Ce n'est pas simple, c'est que sur papier, on t'explique comment faire. Les médecins te disent ce qu'on va faire et tu fais ce qu'on te dit. Je suis partie au CERS, j'ai vu un kiné. Je vois toujours mon kiné. Là, j'ai vu un podologue il y a deux jours parce que j'ai quand même des séquelles au niveau de la jambe droite et des sensations. Il y a la moitié de mon pied droit et je ne sens pas. ou qui ne récupère pas trop ma jambe droite, qui récupère beaucoup moins bien physiquement, musculairement. Et du coup, j'ai plein de choses comme ça sur lesquelles travailler. Mais du coup, je fais beaucoup de préparation physique. Je pense que ça aussi, ça permet d'enlever certaines douleurs, d'être solide musculairement. Ça permet de compenser un peu à ce niveau-là, parce que dès que j'arrête le sport, j'ai beaucoup plus mal. Le plus de sport que je fais, le mieux je me porte. Après, mentalement, le chemin était beaucoup plus long. En gros, j'ai un peu mis des œillères après l'accident pour reprendre à voler. J'ai volé à 4 mois et à 5 mois avec une voile d'agro. Et là, j'ai mis des œillères et j'ai su retourner un peu. tranquillement, mais en même temps, sans trop, trop me poser mille questions. J'avais quand même des fois des crises d'angoisse qui venaient en l'air. Là, j'ai dû passer un peu ces capes-là. Après, en fait, ce que je faisais, c'est que je poussais le moment. Après, j'avais un peu une crise comme ça, où je ne pouvais pas forcément repartir sur une manœuvre. Mais par contre, ça permet de... Je ne sais pas, l'émotion, elle sort, ça part. Ça permet de faire un peu un reset, je trouve, dans la tête. Mais c'est vrai que ça a été un peu des moments pas forcément faciles de pouvoir revenir au niveau où je voulais, reprendre les risques que je voulais. Après, ce que j'ai fait aussi, c'est que du coup, ma gestion du risque, elle est plus réfléchie quand même. J'ai quand même plus peur qu'avant, heureusement. Par exemple, je vais aller en Turquie, m'entraîner au-dessus de l'eau avec beaucoup d'altitude. Ce qui va me permettre de gérer mon risque à ce niveau-là. Dès que je vais essayer quelque chose de nouveau, ou quelque chose où je risque soit de pomper dans la voile, ou en tout cas, je vais devoir potentiellement tirer mon parachute de secours, je vais aller en Turquie, au-dessus de l'eau, avec beaucoup d'altitude, comme ça, ça me laisse du temps pour gérer la situation. Et en plus, finir dans l'eau et avoir un bateau de secours qui vient me chercher. Ça, ça me permet aussi de gérer le risque, surtout dans la tête. Ça permet d'enlever un peu de facteurs de surcharge dans la tête, ce qui fait qu'on ne se focalise pas forcément sur la manœuvre en elle-même. Et après, j'ai fait ma saison de compétition. Mais en fait, ça n'a pas du tout été la saison de mes rêves. En fait, j'ai mon épaule qui n'a fait que se luxer. Donc, à la fin de la saison, elle se luxait en l'air. C'était... Est-ce que ça me va beaucoup que j'aille au championnat du monde et tout ? Parce qu'à tout moment, je perds mon épaule en l'air. C'est gênant. C'est gênant. Et en plus, je me suis dit, retourner à l'hôpital pour ça, ce serait vraiment bête. Donc, à la fin de saison, j'ai quand même calmé l'entraînement. Je faisais vraiment attention à ce niveau-là. Et je suis quand même allée en compétition. J'ai gagné, mais du coup, j'étais plus active cette saison, épuisée psychologiquement. Et là, j'ai plutôt eu des discussions avec une copine à moi, Marion Berti, qui... qui elle est aussi passée par des moments pas forcément faciles psychologiquement et qui m'a dit là je pense qu'il faut vraiment que tu ailles te faire aider par une psy j'ai aussi eu rendez-vous avec une préparatrice mentale qui m'a dit en fait là sportivement je pense pas que je puisse vraiment t'aider pour l'instant je pense qu'il faut plutôt que tu ailles te retrouver en tant que femme et que tu ailles faire un travail sur toi chez une psychologue j'ai dit d'accord du coup je suis allée chez une psychologue et du coup ça fait un an et demi Merci. très bien. Dans les années que je travaillais avec une psychologue aussi, et ça m'a permis vraiment de pouvoir me reconnecter, en fait, plutôt à moi, et après, à retranscrire ça dans ma pratique, plutôt qu'à mettre des œillères et à foncer un peu tout droit, sans trop se poser de questions.
- Speaker #0
Ouais, c'est sûr. J'ai vu que t'avais écrit une phrase qui m'avait marquée, c'est « il a fallu que je m'écrase fort pour savoir où je voulais aller » . Est-ce que c'est ça, du coup, que t'entends par ça ? Enfin, le fait de... Devorer cet accident, mais qui t'a permis d'évoluer toi.
- Speaker #1
Oui, je pense que si c'était à refaire, je ne le reprends pas. Si je pouvais m'éviter tout ça, je l'aurais évité. Mais je pense qu'on tire toujours des leçons des moments difficiles comme ça, des échecs. Sur les Coupes du Monde, j'ai fait deuxième cette année-là. Et j'ai trouvé ça très compliqué à gérer mentalement. Sûrement que tu avais gagné la saison d'Ave. il y a deux ans avant, et la saison de l'accident, c'était quand même une saison où j'aurais dû, en tout cas, c'est ce que j'avais prévu, et c'était de gagner en mix à ce niveau-là, sur le qualifier qu'on montait sur le Tour, donc dans le top 10 mix. Et j'ai trouvé ça très compliqué psychologiquement à gérer. Mais en même temps, ça m'a vraiment permis de déclencher quelque chose plutôt chez moi et en moi pour aller travailler sur... Qu'est-ce qui me pique autant l'ego ? Qu'est-ce que j'ai autant besoin de prouver auprès des hommes ? Il y avait beaucoup de sujets comme ça. Aller travailler, aller creuser, aller trouver un peu la peine à ce niveau-là. Et pas forcément venir retranscrire ça dans ma manière de voler ou dans mon vol. Parce qu'au final, je pense que je me mettais plus en danger qu'autre chose. Je pense que quand on est jeune, quand on est ado, on est un peu insouciant à ce niveau-là. Je ne pense pas qu'on peut vraiment mourir. Puis après, on grandit.
- Speaker #0
On grandit, on se rend compte que si.
- Speaker #1
On se rend compte que si. Et on fait, ah ouais, ok, bon. Du coup, ça fait que j'ai plus peur. L'engagement, je le gère mieux. Mais en même temps, je vais avoir quand même moins de prise de risque que certaines personnes qui vont progresser beaucoup plus vite. Mais ça, je l'ai quand même plus accepté aujourd'hui. Et en fait, je me sens beaucoup mieux. beaucoup moins à l'aise d'aller prendre certains risques que j'ai pu prendre avant, qui, à un certain moment, m'ont fait progresser très vite. Et en même temps, aujourd'hui, je préfère me protéger à ce niveau-là.
- Speaker #0
Ça s'entend aussi.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et donc, tu es quand même championne de France depuis 2021. Tu as quand même dominé le circuit Coupe du Monde en 2025. Comment tu fais aussi pour rester au top physiquement ? Ça consiste en quoi l'entraînement d'une parapentiste ?
- Speaker #1
Niveau préparation physique, j'ai un préparateur physique qui m'envoie des programmes toutes les semaines. Je dois travailler pas mal l'explosivité, parce que physiquement, là où on va avoir plus de mal, ça va être des gestes très répétitifs. On va rapidement développer des tendinites, des choses comme ça. J'ai pas mal de travail au niveau du haut du corps et pour essayer de faire un peu de prévention sur les tendinites.
- Speaker #0
Après, ça, c'est des choses qu'on ne peut pas forcément complètement gérer, à part boire beaucoup d'eau, enfin, certaines choses comme ça. Mais à part ça, c'est plutôt vis-à-vis de mon accident, où je suis obligée de maintenir un gros volume de préparation physique. Mais en soi, pour le parapente, ça va être beaucoup plus mental aussi, où ça se joue, que physique. Après, sinon, il faut passer beaucoup d'heures en l'air. Et ça, c'est plus... plutôt printemps-été où je suis... J'habite beaucoup en Espagne aussi, dans les Pyrénées. Une de mes heures d'endors, c'est à Organia, un petit village. Et on a une montagne un peu magique là-bas. Et ça nous permet en fait de voler toute l'après-midi beaucoup d'heures dans la journée et ça nous donne beaucoup de volume d'entraînement. Voilà.
- Speaker #1
Il faut faire beaucoup d'heures. Le principe reste quand même un peu commun à tous les sports. Oui,
- Speaker #0
c'est un peu commun à tous les sports. L'hiver, après, je fais des rotations ici à Chamonix, à Planpras, avec les remontées mécaniques. Et voilà, j'enseigne comme ça.
- Speaker #1
Oui. Et tu as un peu évoqué tout à l'heure le fait que tu te comparais quand même pas mal aux hommes, etc. Déjà, quelle est la place des femmes dans ce milieu ?
- Speaker #0
Alors, en fait, on a un classement mixte. Donc un scratch qui mélange homme et femme et un classement femme. C'est un peu particulier, mais vu qu'on n'a pas assez de femmes dans le sport, c'est compliqué de totalement diviser les deux catégories. Et en même temps, si on faisait qu'un classement mixte, les femmes, elles seraient un peu invisibles dans le sport. Donc en fait, c'est un peu le compromis qu'ils ont trouvé à ce niveau-là, qui, on va dire, est ni bien ni pas bien. C'est un peu ce qu'on a... Ouais, c'est un peu la moindre solution. Après, il y a quand même de plus en plus de femmes qui se mettent à l'accro, et ça, c'est cool. On a quand même de plus en plus qui s'y mettent, avec de plus en plus de niveaux, donc ça, c'est cool. Après, je pense que les femmes, elles ne sont pas éduquées de la même manière face à l'engagement que les hommes. Et je pense que ça, ça les freine beaucoup pour se lancer dans la pratique. Enfin, il y a plein de choses comme ça. qui vont faire que les femmes vont avoir plus de mal. Puis surtout, vu que c'est un milieu très masculin, en tant que femme, de prendre ta place là-dedans, ce n'est pas facile non plus. Donc, je pense que ça évolue, mais ça met du temps. Et voilà, j'y travaille, mais parfois, ça met un peu du temps à changer, oui.
- Speaker #1
Oui, c'est toujours long. Est-ce que tu vois quand même vraiment des choses concrètes bouger ? Parce que là, tu disais que tu avais quand même un sponsor qui avait augmenté les hommes et pas toi. Est-ce que ce genre de choses, là, ça arrive encore ?
- Speaker #0
Oui, ça arrive encore. Ça arrive complètement. Après, je pense que j'ai quand même une place assez particulière. Vu que c'est un sport qui est quand même très visuel, j'ai eu quand même des opportunités, par exemple, de faire la pub, le sport publicitaire pour AG2R, des choses comme ça. Ils mettent aussi en valeur le sport. Vu qu'ils prennent une femme, ça met aussi toute la dynamique féminine en valeur dans notre sport. Mais ça met du temps à bouger. Je pense qu'on a quand même des opportunités aujourd'hui en tant que femme, même s'il y a plein de choses qui restent injustes. Je pense qu'il faut aussi regarder le côté des opportunités qu'on peut avoir. Sinon, ça passe. C'est un peu déprimant. C'est un peu déprimant. Je pense qu'il y a aussi un peu la narration du risque qui change, et qui a rattaché ce sport beaucoup aux hommes avant. Ça m'a fait un côté très viril de la prise du risque, du danger, du dépassement de soi. Je pense qu'aujourd'hui, ça a évolué aussi beaucoup. Et une vision plus féminine, ça peut apporter une narration qui est plus consciente du risque. plus fine, peut-être plus vulnérable. C'est une vision différente, mais je pense que ça peut compléter à ce niveau-là et puis ça peut apporter aussi aux hommes et aux femmes. Je ne pense pas que ça parle forcément qu'aux femmes. Je pense qu'il y a aussi le côté où ces dernières années, on a une autonomie un peu médiatique qu'on a eue pour les athlètes où on a notre propre... plateforme, on peut évoquer nos propres sujets et on peut avoir, on dépend peut-être un peu moins aussi des fédérations, des marques, des médias traditionnels et ça permet aussi de pouvoir prendre sa place. sans forcément avoir besoin de demander une végétalité qui est plus compliquée à avoir. C'est l'impression.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. C'est notamment à ça qu'elle me sert. Un podcast qui me l'a bien fait.
- Speaker #0
Oui, complètement.
- Speaker #1
Et on va parler de tes... Pardon, vas-y.
- Speaker #0
Non, je veux dire, c'est ce qui est très bénéfique pour les femmes aussi et la visibilité des femmes dans le sport. Oui,
- Speaker #1
je pense que c'est important. Et oui, j'allais parler de tes futurs projets. Tu prépares une expédition... pour l'automne 2026 en Himalaya. Est-ce que tu peux nous en parler ?
- Speaker #0
Oui. En fait, on n'a pas encore trouvé tous les budgets pour partir en expédition. Là, ça a été repoussé d'un an. En fait, ça dépend beaucoup du budget, si on arrive à le trouver ou pas. Moi, c'est un projet qui me tient à cœur. C'est un peu un aboutissement dans ma tête à cet accident que j'ai eu. et de cette récupération physique et de me dire, OK, c'est bon. Je suis revenue à une certaine norme. Je suis revenue à plus que ce que je faisais avant en termes de sport autre que le parapente. Mais c'est un peu un aboutissement pour moi, un peu de récupération physique, de me dire de faire un projet autre que dans le parapente qui me demande de me pousser, mais dans autre chose. Et ça me met un peu à l'épreuve. dans autre chose que mon sport. Et je pense que Chamonix, ça apporte aussi beaucoup ça, cette diversité des sports outdoors et cette accessibilité aussi qu'on a à ces sports.
- Speaker #1
Donc là, l'idée, c'est pas de faire du parapente, c'est d'aller faire de l'alpinisme en Himalaya, c'est ça ?
- Speaker #0
Non, c'est de décoller d'un sommet. Ah ok, d'accord. Ouais, non, ça emmène quand même au parapente.
- Speaker #1
Je me disais, il n'y a plus de parapente, c'est bizarre. Il n'y a plus de parapente, non.
- Speaker #0
J'ai peut-être pas trop bien formulé, mais... totalement prévu d'emmener mon parapente, d'emmener une copine à moi aussi, qu'on fasse ça à deux. C'est plus aussi l'idée de partager quelque chose plus que d'être dans de la performance pure et de la compétition et d'être numéro un. C'est un peu juste un projet différent.
- Speaker #1
C'est une autre approche. Et quels sont tes autres projets pour celui-là, 2026 ou 2027 ? Pour 2026, quels sont tes projets ?
- Speaker #0
Alors là, ça va être ma saison de compétition. Donc là, dès que je m'entraîne l'hiver, mais l'entraînement s'intensifie quand même beaucoup au printemps, au printemps-été. Donc mes compétitions, je garde ma préparation physique. De toute façon, j'ai envie d'aller aussi faire un peu de montagne ici à Cham. Et je finis mon master aussi. Je suis en école de commerce. J'ai tous mes cours à distance. J'ai fini mon master en juin ou juillet. Donc ça, c'est aussi de clôturer ce chapitre. C'est aussi une de mes ambitions de Stanley. Et voilà, je pense que ça va faire quand même pas mal de choses à gérer. J'ai aussi ce projet d'expédition, de film, de trouver des budgets. Ça fait pas mal de choses.
- Speaker #1
Oui, c'est clair. Et tu as un film aussi sur ton parcours qui doit sortir en 2027. Quel message tu avais envie de transmettre à travers ça ?
- Speaker #0
Ça, ça dépend de l'expédition. Tout dépend à côté des budgets. Mais le projet est toujours là. Mais c'est juste qu'on doit clôturer les budgets pour pouvoir lancer ça. Et l'idée, ça va être de parler de... Il va y avoir cet accident de sur-récupération physique et psychologique. Moi, j'ai envie de montrer que la vulnérabilité, c'est... pas forcément une faiblesse, qu'on peut être un peu forte et fragile en même temps. J'ai envie de montrer aussi que je ne suis pas revenue comme avant, donc ça n'a pas été un avant-après où l'accident, j'ai juste revenu comme ce que j'étais avant. Plutôt que j'ai appris aussi à comprendre pourquoi je volais, pourquoi je prenais des risques là, et être plus au comptable de moi et de ce que je fais. pouvoir être alignée sur les risques que je prends. Je pense que le gros danger, ça va être un peu de se perdre de vue à ce niveau-là et du coup de ne plus réussir à joser notre prise de risque, de ne plus réussir à conscientiser cette prise de risque. Et là, je pense que c'est là où on a le plus enclin à l'accident. Moi, ça a été aussi de pouvoir me réapproprier ce que je fais, pourquoi je le fais. C'est un gros sujet pour moi. Il y a un peu mon pléocice que c'est d'être une femme dans un milieu qui est très masculin. montrer par quoi on passe à ce niveau-là. Moi, j'ai eu beaucoup de choses aussi à me prouver. Je pense que je l'ai toujours. Ça ne part pas en un claquement de doigts. Mais par contre, d'être au contact de soi et comprendre le pourquoi, un peu du comment, on en est là. Je pense que ça permet aussi de mieux prendre des décisions pour la suite. Puis j'ai envie de montrer, d'inspirer aussi des... des jeunes filles à ce niveau-là, de montrer ce qu'on peut faire, qu'elles sont légitimes à faire ce qu'elles font, prendre sa place dans le sport. Je pense que c'est un peu tous des sujets qui sont importants pour moi. Il y a aussi cette réussite extérieure, elle ne peut pas compenser un désalignement intérieur qu'on a. Et ça, je pense que c'est un sujet qui est assez... Je pense que chez les sportifs, c'est quelque chose qu'on peut rechercher en cherchant des titres. En étant numéro 1, quand je vois comment certaines personnes, comment on peut être touché si on ne gagne pas, des fois, je trouve que c'est intéressant d'aller creuser le pourquoi du comment. Et voilà, je pense que ce film, c'est un peu une exploration intérieure à ce niveau-là et tout un travail psychologique que j'ai fait sur moi. Je continue toujours ce que je fais, je continue la compétition. C'est toujours les mêmes mécanismes, mais par contre, c'est une autre approche et j'ai envie de parler de cette approche.
- Speaker #1
C'est super intéressant. Du coup, on a hâte de voir le film.
- Speaker #0
J'espère que je pourrai le faire.
- Speaker #1
Appel au sponsor. Il y aurait besoin de ce budget. On regarde pour ça. Pour terminer, quel conseil est-ce que tu aimerais donner encore aux auditrices ?
- Speaker #0
J'ai envie de dire qu'il faut se lancer. Il faut se faire confiance, il faut bien s'entourer. Mais après, j'ai repris le sport qui a failli me tuer, parce que c'est quelque chose qui est profondément gravé chez moi. C'est un sport que je trouve tellement beau. Si quelqu'un veut s'y mettre, il faut s'écouter, il faut se faire confiance et se lancer.
- Speaker #1
super, merci beaucoup Maud pour tous ces partages, c'était vraiment chouette de découvrir ta discipline et puis ton état d'esprit, il y a plein de choses intéressantes, donc plein de bonnes choses pour la suite merci pour l'opportunité, avec plaisir à bientôt merci d'avoir écouté cet épisode si vous a plu, n'hésitez pas à mettre 5 étoiles sur les plateformes de podcast, à nous laisser un commentaire, on lit tout et ça fait vraiment plaisir Et vous pouvez aussi nous suivre sur Instagram et surtout vous abonner à la newsletter avec plein d'infos sur le sport outdoor au féminin.