- Speaker #0
La Sportive Outdoor, le podcast des sports outdoor aux féminins pour s'inspirer, apprendre et oser.
- Speaker #1
Bonjour à toutes, aujourd'hui je reçois Vicky Carbonneau, cofondatrice du Pista Cycling Café au pied du mythique Mont Ventoux. Vicky est une femme investie dans le développement du cyclisme féminin. Aujourd'hui on va parler de son parcours et de ses multiples projets. Bienvenue Vicky, est-ce que tu veux bien te présenter ?
- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous et merci de me recevoir. Et avant de me présenter, je voudrais d'abord dire un grand bravo à... toute l'équipe de la Sportive Outdoor pour ce que vous faites, parce que c'est vraiment top de médiatiser le sport féminin comme ça. Et je sais que c'est beaucoup, beaucoup de boulot pour toutes les recherches, le temps et les interviews. Donc bravo pour votre travail déjà.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Donc pour me présenter en quelques mots, moi je suis une Québécoise de 46 ans qui a atterri en France il y a maintenant 16 ans, donc plus précisément à Paris. Et là, ça fait cinq ans avec mon conjoint Jean-Sébastien. qu'on est dans la région au pied du Mont Ventoux. Et puis, dans ma carrière, grosso modo, moi je viens du monde de la mode. J'ai fait plus de 20 ans là-dedans. Et puis là, on a ouvert ma piste à café en 2022. On commence notre cinquième saison très bientôt.
- Speaker #1
Trop bien, tu vas nous raconter tout ça. Et comment déjà t'es arrivée en France ? Est-ce que c'était par le travail ?
- Speaker #0
Pas du tout. En fait, j'avais besoin, je pense, de sortir. J'avais pris une année sabbatique, donc ça devait être un an au départ. Et, bien, finalement, donc, j'ai exploré. Je suis arrivée à Paris. J'ai exploré un petit peu. Je suis allée faire une saison en Haute-Savoie pour le ski. Donc, les montagnes sont vachement différentes qu'au Québec. Rien à voir. Donc, c'était incroyable comme saison. Et puis finalement, petit à petit, après, à la fin de mon année, de mon visa de travail d'un an, de vacances-travail, j'ai commencé à travailler chez Aigle et eux, ils m'ont demandé de rester. Donc c'est comme ça finalement que j'ai prolongé ma... Mon séjour qui est interminable, finalement. Donc, je suis encore là. Je suis encore là. On te garde. Voilà, c'est des pays qui sont... Et des cultures, même si on se dit qu'on est cousins, c'est quand même assez différent, en fait. Au final, je ne sais pas si toi, tu es déjà allée au Canada. Mais donc, il y a des ressemblances. Mais même juste dans le langage, en fait, il y a déjà des mots. Voilà, il y a de l'adaptation. Des mots, des fois, que je ne comprends toujours pas. Donc, j'apprends. Tu vois, le verlan, ce n'est pas du tout un truc, nous, qu'on parle au Québec. Donc, des fois, c'est... Voilà. Mais c'est... On adore, voilà. C'est un beau pays, la France.
- Speaker #1
C'est le charme des cultures différentes aussi.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Et quelle est ton histoire personnelle avec le vélo ? Est-ce que tu pratiquais déjà beaucoup le cyclisme quand tu étais au Québec ? Ou est-ce que c'est venu plus tard ?
- Speaker #0
Beaucoup, non. Je pense que c'est comme plusieurs. c'est c'est Moi, j'ai appris à faire à pédaler quand j'étais toute petite au Québec. Après, je m'en servais pour aller voir les copines. Et puis, quand j'ai... Donc, moi, je suis née plus vers la ville de Québec. Et après, j'ai fait mes études à Montréal. Et puis, à Montréal, ça me servait finalement de déplacement, comme on peut faire dans les grandes villes ici à Paris. Et donc, je m'en servais pour me déplacer quand c'était l'été. Parce qu'à l'époque, ce n'était pas aussi développé sur les pistes cyclables. Maintenant, ils déneigent au Québec. Ils vont déneiger l'hiver les pistes cyclables pour que les gens puissent continuer, ce qui est incroyable. Ce n'était pas le cas à l'époque. Et puis, c'est vraiment à Paris, quand je suis arrivée, il y avait cette année sabbatique que je m'étais offerte. Je me suis dit, toi, pour te déplacer et tout ça, j'ai un ami qui était à Montréal qui m'a parlé d'une pratique nouvelle qui se faisait là-bas. pignon fixe. Et il m'a dit tu adorerais faire ça. Donc j'ai commencé à chercher sur les petites annonces parisiennes et du coup j'ai trouvé mon premier pignon fixe et je trouvais que le vélo en fait ça a vraiment permis finalement, c'est ça, de découvrir la ville autrement qu'à travers les tunnels du métro. Tu exportes beaucoup plus, tu apprends plus les noms, tu te perds dans les quartiers, du coup tu découvres tandis que le métro tu vas prendre d'un point A au point B et voilà. Donc il y a vraiment ce truc où tu peux... tu peux beaucoup plus voir. C'est comme quand tu fais un voyage en bikepacking, finalement. Au lieu de prendre le train, en vélo, ça te permet d'observer à une certaine vitesse, tu vois, qui est plutôt chouette, qui ne va pas trop vite, mais pas trop lentement non plus. Et du coup, ça permet vraiment de découvrir et d'apprendre la ville. Donc, c'est comme ça, finalement, que j'ai commencé. Et petit à petit, du coup, j'ai allongé les distances. Donc, tu sais, quand t'as fait un quartier, t'en fais un autre et puis après, tu te retrouves à Versailles et puis après, tu t'embarques sur un classique challenge. Moi, j'ai beaucoup évolué avec ça, où à chaque mois, en fait, ils sortaient une map différente et ça m'amenait finalement en Normandie et puis après, toi, un peu plus loin, tout ça. Donc, petit à petit, voilà, j'ai agrandi les boucles comme ça.
- Speaker #1
C'est excellent. Et qu'est-ce que tu aimais particulièrement dans le pignon fixe ?
- Speaker #0
Le pignon fixe, je pense qu'avec Jean-Sébastien, on en pratique encore. C'est vraiment un pédalage qui est très différent. Certains vont dire que c'est un peu comme quand on disait la slow food. En fait, tu ne peux pas, par exemple, forcément, tu ne vas pas aussi vite en descente. Tu es quand même freiné. Le fait que tes jambes doivent suivre. Donc, en fait, tu es dans un rythme et tu es vraiment avec ta machine parce que tu t'arrêtes jamais de pédaler. Donc, oui, il y a ce côté où tu fais un peu corps. Et nous, c'est ça, on fait un événement ici à chaque année au Mont Ventoux qui est attraction où on invite justement les gens à venir explorer le pignon fixe, à faire le défi du Ventoux en pignon fixe. Et donc, qu'il y ait un vélo qui est souvent, forcément, donc au départ, ça vient de la piste. il y a eu cette mode urbaine où le pignon fixe était en ville beaucoup et de dire tu peux l'amener plus loin et nous on n'est pas des athlètes donc on s'est dit si nous on est capable de faire le Ventoux en fait il y en a d'autres qui sont capables de le faire et quand tu montes le Ventoux en pignon fixe tu vois il faut que tu choisisses bien ta gear il faut que tu connaisses un peu tes jambes et ça te pousse parce que le Ventoux c'est pour ceux qui ne connaissent pas Merci. T'as quand même des pourcentages jusqu'à 14% sur Bédouin. Donc tu deviens comme un peu en espèce de trance. Moi, je me souviens la première fois que je l'ai fait, je m'étais mis des barres dans les joues, dans le coin des joues, parce qu'en fait, en vrai, tu ne peux pas lâcher ton guidon parce que si tu arrêtes de pédaler, tu tombes. Tu vois, ce n'est pas comme ta roue libre. Donc voilà, tu te dis, je ne pourrai pas me ravitailler, je vais mettre mon ravito, il sera dans mes joues. Et tranquillement, tu vois, parce que ça prend... Et puis, mais c'est... c'était incroyable, parce que tu es vraiment, en fait, tu es dans cette espèce de trance dans ta bulle. Et tu t'étends, ton effort, tu montes et après, tu as une fierté. Après, le ventou, c'est une fierté pour tous ceux, celles qui le montent, en fait. C'est dur, même pour les pros. Eux, ils sont à un autre niveau, ils vont le monter beaucoup plus vite que toi, mais en fait, voilà, ça reste dur, peu importe le vélo, finalement. Mais voilà, pignon fixe, c'est ça. C'est une jolie pratique, comme d'autres, finalement.
- Speaker #1
Ah ouais, intéressant. Tu vois, je n'ai jamais testé. Et à Paris, tu avais aussi créé un collectif, c'est Girls on Wheels. C'était quoi l'objectif de ce projet ?
- Speaker #0
La... Je peux dire que les Girls on Wheels, aujourd'hui, ça fait partie de l'un de mes plus beaux projets. C'est né d'une rencontre avec trois autres femmes incroyables, Julie, Chiara et Léa. Il y avait une ride qui avait été organisée autour d'un produit cyclisme. En fait, c'était des sacs, un lancement de sacs. À travers les réseaux, j'avais eu connaissance de cette ride. Et puis, on arrive là et il y avait un... paquet de femmes, en fait, qui étaient là à vélo. Et du coup, mais tu sais, moi, je faisais du vélo toute seule, j'en croisais pas beaucoup. Et là, je me suis dit, mais attends, mais je suis pas toute seule, il y en a plein d'autres. Et on a échangé après la ride autour d'une bière. Bon, forcément, des fois, l'alcool, ça aide un peu à avoir des idées. Voilà, on a refait un peu le monde. Et on s'est dit, mais attends, nous, on se connaissait pas, il y avait plein d'autres femmes qui étaient là. Mais clairement, on avait, nous en tout cas, en nous quatre, on avait une envie de se retrouver et de continuer en fait, de se revoir et de faire des rides. Et donc du coup, on s'est dit, attends, on essaye. À l'époque, il y avait, donc tu avais un groupe qui faisait des rides déjà. Tu en avais plusieurs sur Paris. Tu avais donc le PCR et la ride du mercredi, qui étaient déjà des groupes mixtes, mais beaucoup plus masculins. Tu avais très peu de femmes qui y allaient. Mais tu n'avais pas de groupe féminin à l'époque qui était connu en tout cas. Et donc, du coup, on s'est dit, ben, attends, on le fait. Et donc, le lendemain, en fait, ben, déjà, on lance le groupe Facebook, mais privé aux femmes. Et ben, tu le lances, tu vois, à deux, trois copines et ça fait boule de neige. Et finalement, ben, voilà, ça fait maintenant dix ans, en fait, que le groupe existe. Il y a plus de 5000 femmes maintenant dedans. Et c'est rendu, je pense, c'est plus qu'une ride du mercredi où tu rencontres des gens, des copines et tout ça. C'est vraiment, tu as une plateforme, pour celles qui ne connaissent pas en fait, où tu peux aller, tu te sens toi à l'aise en fait d'échanger, de parler, de poser des questions, de proposer d'autres rides aussi. C'est vraiment un endroit assez safe. Et c'est ça, je pense qu'on est arrivé au bon moment finalement. Il y avait peut-être cette demande, tu avais Facebook qui a aidé à cette évolution. Donc avec les Go, moi j'ai vu des femmes finalement. Tu vois, et je pense que c'est ça, il y avait ce besoin, peut-être qu'il y avait beaucoup de gens qui avaient envie de le faire. Donc nous, on était déjà sur les vélos, on roulait déjà. Mais tu sais, moi j'ai vu des femmes arriver, elles avaient un petit vélo de ville. il y en a qui savaient... pratiquement pas faire de vélo. Et puis, petit à petit, on a amené des femmes faire leurs premiers 100 kilomètres. Et après, il y a eu des ateliers mécaniques, parce que c'est quand même l'indépendance de savoir t'occuper de ton vélo si t'as une crevaison sur ton sans-borne. Donc moi, j'étais... Attends, non, tu vas réparer ton vélo, tu vas apprendre à le faire parce que, tu vois, si t'es toujours dépendante de quelqu'un, tu t'empêches après de dire, je vais rouler toute seule, parce que tout à coup que... Et... Et pareil, on faisait des petites, en fait, les filles le font encore, des courses urbaines, des sorties, voilà. Et puis, moi, j'ai vu des femmes évoluer. En fait, c'est ça, des filles qui sont arrivées en jeans, sur leur premier sein, parce qu'elles n'étaient pas équipées. Et puis maintenant, donc, j'ai plusieurs noms en tête, des femmes qui, aujourd'hui, il y en a qui s'occupent des groupes, parce que moi, je ne suis plus là, je me suis retirée, vu que je suis plus loin. Et elles font vivre ce groupe. Tu as des femmes qui font des ultra-distances aujourd'hui, qui demain sera sur la désertus baïcus. Donc en fait, c'est là que tu vois que finalement, ces groupes, en fait, c'est hyper important que ces groupes existent. Je pense que sinon, il n'y aurait pas autant de monde aujourd'hui sur les rides. Quand je vois les photos des rides, tu as une quarantaine de filles, tu vois, sur la ride. C'est cool de se retrouver et puis tu gagnes en confiance. Tu vas sur des rides mix parce que tu as confiance en toi. Finalement, tu te dis, allez, je n'ai pas peur, je me mélange. Je pense que c'est ça. Et je le vois aussi dans d'autres sports. Tu as d'autres sports qui ont créé ce genre de groupe. Et puis, à travers le monde maintenant. Ça, c'est le projet d'Ego, c'est de faire grandir un petit peu. d'aider les femmes qui en avaient besoin. Finalement, certaines n'en ont pas besoin, vont se dire et tout ça. Et t'as encore des gens qui comprennent pas pourquoi. Mais ça c'est pas grave, on s'en fout. L'important c'est qu'en fait, voilà, pour certaines ça marche, et puis voilà.
- Speaker #1
Ouais, l'important c'est qu'en fait, t'aides des femmes par ce biais-là, ceux qui comprennent pas, bon c'est... Ouais. Voilà. Il faut enseigner un petit peu, je pense qu'il finirait par comprendre. Il suffit d'interroger en fait, quelques femmes. qui font cette expérience, qui n'osaient pas se lancer, qui se lancent via des groupes féminins pour comprendre l'intérêt du truc. Et toujours sur le cyclisme féminin, tu as aussi écrit un livre qui s'appelle En danseuse, en 2022. Ça, qu'est-ce qui était derrière ce projet ? Qu'est-ce que tu avais envie de transmettre à travers cet ouvrage ?
- Speaker #0
Je voulais te montrer que les femmes sont présentes. Elles sont là. Parce qu'un jour, je fais ça. Je suis allée dans une grande librairie. Je m'étais dit, j'ai envie d'avoir une lecture. sur le cycliste féminin, en fait, qu'est-ce qui s'est passé avant, qu'est-ce qui se passe, voilà. Et il y avait un grand choix dans le rayon sportif, mais zéro choix, en fait, sur le cycliste féminin. T'avais même pas, en fait, un livre sur le cycliste où t'avais une photo avec une femme, tu vois, même en background ou quelque part. Il n'y a plus rien. Et donc je me suis dit, attends, c'est pas possible. C'est pas possible, en fait, au jour d'aujourd'hui, tu vois, donc j'ai sorti ce livre en 2022 de... pas avoir une représentation même sur un livre mixte. Tu vois, un truc, je sais pas moi, qui te parle de bikepacking en général ou qui te parle du cyclisme en France ou d'avoir en fait zéro photo de femme en fait. Donc du coup, je me suis dit, attends, on va essayer. Après, ça marche, ça marche, ça marche pas, c'est pas grave. Donc j'ai monté un projet avant de tout écrire. J'ai monté vraiment comme une espèce de projet en fait de ce que je voulais dire avec la structure du livre. Je suis allée chercher quelques éditeurs à qui je l'ai présenté et je suis aussi allée voir la FFC. Il y a Marie-Françoise Potterot qui est la VP de la FFC depuis plusieurs années et qui moi j'avais rencontré sur d'autres événements féminins et qui justement elle, une de ses causes en fait c'est d'avoir cette parité finalement dans le sport et elle a toujours soutenu ce genre d'initiative. Donc du coup, je me suis dit, attends, je vais aller la voir, on va aller chercher du soutien. Et du coup, c'est comme ça qu'avec le soutien de la FFC, il y a un éditeur qui m'a dit « Ok, on y va » . Et que le livre est né. Dans le livre, l'idée, c'était de couvrir plusieurs disciplines du vélo. Je raconte toujours en intro un petit peu comment est né le Tour de France, le Tour de France Femmes, qu'est-ce que le cyclocross, d'où ça vient, la descente, le vélo de piste. Et après, tu as le portrait de quelques femmes pros et amateurs. Je voulais en fait aussi que les femmes s'identifient, tu vois, toute personne. Est-ce que toi, tu te dis, moi, j'ai bien compris rapidement que je n'allais pas être pro, si tu veux. Donc, est-ce que moi, j'ai envie de m'identifier à une pro ? Ça fait rêver. Mais peut-être que je vais plus m'identifier à une fille qui me ressemble finalement et dire, attends, si elle, elle est capable, moi aussi, je suis capable. Donc, c'était un peu dans cette idée. Et donc, tu as des portraits de femmes qui pratiquent ces disciplines du vélo. Et tu as aussi, en fait, je voulais aller toucher les métiers parce qu'une des discussions qu'on avait, par exemple, avec Marie-Françoise, c'est qu'il n'y a pas assez de femmes dans les hautes sphères, dans tout ce qui est décisionnel, tout ça. Donc l'idée c'est aussi de se dire, attends mais vous pouvez y aller si vous voulez que le vélo vous ressemble demain. En fait, il faut être sur tous les fronts. pas être gênée d'y être, voilà, parce qu'on a tout le droit et on a plein de bonnes idées, on pense différemment, on pense pour la femme, c'est souvent, tu vas voir des marques aujourd'hui qui font te dire ben, des vêtements pour femme, crée, pensée pour la femme, tu vois, parce que forcément tu connais tes besoins à toi, donc c'est ça qui est important aussi, donc voilà, et puis ben c'est ça, plus il y aura de médiatisation, c'était le but du livre, c'est de médiatiser le sport féminin, du coup là, le cycliste Merci. Plus il y aura de femmes dans cet univers du vélo, que ce soit le sport ou le métier, et puis moins il y aura de commentaires qu'on ne veut pas entendre de la part de certaines personnes. Voilà, c'était un peu l'idée.
- Speaker #1
Et quel regard tu portes sur ce que ça a quand même pas mal évolué au fur et à mesure, même si ce n'est pas encore parfait, mais quel regard tu portes sur l'évolution du cyclisme féminin ?
- Speaker #0
C'est ça, comme tu dis, moi je trouve que... Depuis l'égo, j'ai vu beaucoup d'évolutions depuis 10 ans sur le cycliste féminin. Déjà, on le voit un petit peu plus dans les médias, on en parle plus. Tu as presque une parité. Dans les équipes aujourd'hui, tu auras une équipe femme et une équipe homme dans la plupart. Donc c'est ça, ça va de mieux en mieux, c'est pas fini. T'as les sponsors qui se lancent, qui croient en cycliste féminin. plus en plus d'équipes au niveau professionnel et tu as des statuts professionnels aussi qui sont reconnus maintenant, ils ont des droits ils ont toute une structure en fait qui est en train de se faire, donc ça c'était important parce que en fait on veut des équipes et des coureurs pro, des coureuses du coup pro, mais si elles ne sont pas payées, elles ne peuvent pas s'entraîner à côté parce qu'elles doivent bosser elles n'ont pas le niveau, donc c'est cette espèce de cercle vicieux qui est interminable Donc, voilà. Et puis après, c'est ça, moi, je le vois. On le voit aussi tranquillement sur les courses, on va dire hors pro, comme les ultras, les gravelles. Tu as des femmes qui sont là, qui se battent et qui performent, en fait, super bien. Et pareil, les produits, les marques, voilà, elles arrivent. On pense à la femme aujourd'hui. Donc, il y a encore des trucs à faire, mais ça évolue bien. Et nous, tu vois, au Ventoux, on en parlait hier pour voir, Je pense qu'on pourrait dire entre 25 et 30 % des cyclistes qui viennent chez nous sont des femmes. Donc, tu vois, on n'est pas tout à fait... Voilà, ça reste encore petit, on n'est pas encore aux 50 %. Nous, on aimerait bien un jour voir autant. Mais voilà, 30 % à peu près. Tu vois, qui se lancent sur un défi, qui n'ont pas peur de venir monter le géant. de Provence qui peut faire peur à plusieurs personnes finalement.
- Speaker #1
C'est cool, c'est encourageant. Justement, on va parler du géant de Provence et de ton café, puisque tu as créé le Pista Cycling Café. Déjà, comment est-ce que t'en es venue là ? On a compris Québec, déjà tu t'es installée en France, t'étais à Paris, mais de Paris au Mont Ventoux, il y a encore un pas, et de la mode à un café vélo, il y a aussi un pas. Raconte-nous.
- Speaker #0
Déjà, moi, ça a commencé avec une rencontre avec mon conjoint Jean-Sébastien, qui est passionné de vélo aussi. Je pense qu'on en était venus avec un besoin de changer d'univers et tout ça. Après, moi, j'ai toujours eu un petit peu, donc c'est peut-être ce côté nord-américain, en fait, j'avais cette fibre entrepreneuriale. Donc, ça faisait longtemps que j'avais envie d'avoir mon entreprise à moi. Donc, je pense que le moment était venu vu notre âge. notre expérience ça c'est l'avantagé parce que tu vois voilà j'ai un background derrière et voilà on aime beaucoup rouler moi la fin à paris Je pense que cette sortie de ville me pesait beaucoup. J'avais beaucoup de mal à me dire, je dois encore me taper le canal avec Pied-de-Platon ou le trafic de la ville. Je pense que c'est ça, on avait de toute façon un peu cette envie de partir. Tout ça mis ensemble, je pense que le timing était bon. On s'est dit, et moi je me suis toujours dit, donc encore une fois c'est peut-être cette mentalité qu'on a au Québec, hum... Ben lance-toi, essaie, et puis si ça fonctionne, tant mieux. Si ça fonctionne mal, ben t'auras pas de regrets, tu vois, tu l'auras fait. Arrête de dire je vais le faire, je vais le faire, j'ai envie de... En fait voilà, on se lance, on le fait, et puis ça reste toujours une super expérience. En fait dans tous les cas, que ça fonctionne ou pas, t'en sors enrichi. Et donc pourquoi le ventre tout du coup ? Donc c'est ça au départ, on avait quand même prospecté un petit peu à Paris, c'est toujours plus facile, ça t'évite. des déménagements, tout ça. On avait regardé aux alentours. On avait cette envie de partir. On est allé se faire un long week-end à Annecy. Donc, incroyable aussi comme région. Juste magnifique pour le sport. Et puis après, sur un voyage à Velours, on était en backpacking à travers la France. Moi, c'est... Donc, on est venus au Ventoux parce que c'était sur notre parcours qu'on avait choisi. Moi, je ne l'avais jamais fait. Jean-Sébastien, lui, l'avait déjà fait une fois. Et en fait, c'est là qu'on a eu un déclic. Nous, on était là en plein été, c'était un 14 juillet. Il y avait énormément de cyclistes. C'était incroyable. Donc, on était en backpacking ou en camping. Il fallait qu'on trouve un petit déjeuner. Donc, on s'est ramassé. Le seul endroit où on a trouvé le petit déjeuner, c'était la boulangerie. Donc, ça, c'est l'anecdote que je raconte tout le temps. parce qu'il fallait, rendez-vous compte, monter le ventoux avec... Ce que tu trouves à la boulangerie, c'était des pains au chocolat, par exemple. Et un café, à l'époque, c'était le café du distributeur à l'extérieur, où tu mets un euro. Donc, sachant que la culture cycliste, il y a souvent un lien avec le café, la bière. Attends, on s'est dit, moi, je vais monter. On a réussi à le monter avec des pains au chocolat, mais je pense que ce n'était pas l'idéal. Et du coup, on s'est dit, mais attends, dans un lieu pareil, t'as pas... T'as pas... un endroit qui est vraiment, tu sais, dédié en fait à ça. Donc là, ça a évolué depuis. T'as les trucs qui se mettent en place et tout ça. Mais encore une fois, moi, je me suis dit, attends, c'est ici qu'il faut le faire. La région, elle est juste magnifique. T'as cet appel du Ventoux. Après, quand t'explores aux alentours, il y a quand même plein de trucs à faire en dehors du Ventoux. La région est trop belle pour rouler. Et il n'y avait pas ce que nous, on recherchait. Donc, moi, je me dis toujours, si Merci. Toi, tu as envie d'avoir ce genre de lieu, que ça te manque. Forcément, ça manque à quelqu'un d'autre. Et c'est comme ça, en fait, que l'idée, le concept de Pista est né. Et de se dire, c'est ici qu'on veut s'installer.
- Speaker #1
C'est excellent. Et vous connaissiez bien la région. Tu disais que ton conjoint, il était déjà venu. Mais toi, tu avais un avis sur le coin. Ça reste aussi assez différent d'aller dans le sud.
- Speaker #0
Oui. Non, moi, je ne connaissais pas tant que ça. Donc, Jean-Sébastien, c'est lui qui connaissait beaucoup plus. Il m'a expliqué un petit peu les enjeux locaux. Là, locaux, c'est important. On savait qu'il faisait meilleur dans le coin, en tout cas, ça, c'est sûr, que Paris. Ça, c'est assez facile à battre. Et puis, après, on s'est renseigné. On n'a pas fait le move du jour au lendemain. C'est un projet, en fait, qui a mis quand même deux ans à mettre en place. On a démarré tout ça en région parisienne. On a travaillé, on faisait beaucoup d'allers-retours. Et à un moment, on a décidé de venir s'installer ici, parce qu'en fait, tous les lieux sur lesquels on prospectait, ils nous passaient sous le nez, parce que ça va très vite. Toi, le temps que tu t'organises, tu prends un train, des congés, que tu viennes, souvent, ici, le bouche-à-oreille fonctionnera assez rapidement. Le lieu était vendu. Donc on s'est dit, allez, on veut faire ce projet. On se donne les moyens de le faire. Donc, moi, on avait un appartement à Paris, on a vendu, on s'est pris un petit truc ici, tu vois, c'est vraiment, allez, là, je donne tout pour que ça marche. Moi, je travaillais en télétravail à l'époque, donc c'était facile pour moi, tu vois, de me déplacer. Jean-Sébastien, qui était prof d'anglais, lui, c'était mis en dispo et du coup, il a intégré ici un restaurant, tu vois, il a travaillé là pendant l'été. Et c'est comme ça, du coup, qu'on a pu avancer vraiment et concrétiser le projet ici.
- Speaker #1
Et trouver le bon endroit.
- Speaker #0
Et encore plus sur la région. Et c'est bien parce que là, tu te dis, tu as le temps de dire, est-ce que c'est vraiment ici que je veux m'installer ou pas ? Donc, voilà.
- Speaker #1
C'est sûr super important. Et quel type de clientèle alors vous avez ? Est-ce que c'est que des cyclistes ou il y a aussi d'autres personnes qui viennent au Ventoux ?
- Speaker #0
Il y a vraiment plein. En fait, à Pista, on a vraiment de tout. Forcément, le Ventoux, il est reconnu pour le cyclisme. Il est très médiatisé par rapport à ça. Donc, c'est une clientèle qui est très internationale. En fait, moi, je pense que je ne m'en rendais pas compte. Comme je te disais, quand j'étais au Québec, je faisais une... Petite pratique du vélo, mais tu vois, je ne traînais même pas des outils. Je pense que je ne savais même pas à l'époque comment changer une crevaison. Et j'ai jamais, en fait, j'en ai jamais eu. J'ai eu vachement de chance. Donc, je n'étais pas dans ce truc. Tu vois, je ne connaissais pas. Je entendais le Tour de France, mais pour moi, ça ne me parlait pas autant. Mais en vrai, là, je me rends compte. En fait, tu as des gens pour qui le Mont Ventoux, c'est vraiment un truc à cocher. Donc, on a des gens de l'international vraiment partout, que ce soit Nouvelle-Zélande, Australie, beaucoup de l'Europe forcément. La Belgique, ils sont très, très monts-ventoux. Le Pays-Bas aussi. Et aussi, il ne faut pas oublier, la montagne amène beaucoup de trailer. Ici, les locaux, le sport local, c'est beaucoup le trail. C'est vraiment une terre de runners, de trailer. Et puis, vraiment, la région s'y prête à 100 %. Et donc, tu as ça, tu as les randonneurs, tu as beaucoup d'escalades aussi, très qualitatifs et tout ça. Donc, tu as vraiment... C'est un truc... La région, c'est vraiment... Amène à faire beaucoup plus de sport, en fait, qu'à Paris. En fait, tu te dis, mais les gens sont sportifs. Moi, je n'ai rien fait, du coup, à côté de ça. Et donc, c'est ça. Donc, on a des familles et des gens de l'international. Et vraiment, dans le vélo, Il y a de tout. Tu as le VTT qui se fait beaucoup ici. Tu as maintenant aussi le vélo électrique, mais du coup, qui permet... Forcément, ça amène plus de gens et des fois, des gens qui, peut-être, n'ont pas assez l'habitude, on va dire, parce que le col, il ne faut pas oublier que le Mont Ventoux, c'est quand même un col qui est hors catégorie. Donc, je pense que du coup, le... Donc autant le vélo électrique va amener plus de monde, tu vois, ce qui est l'avantage. Ça va permettre à des gens, des fois moi je trouve ça chouette de dire, tu vois, tu vas avoir un couple. T'en as un qui est sur le vélo musculaire, t'en as un autre qui est sur l'électrique. Donc ça va permettre à ce duo de s'accompagner et de partager un même moment, tu vois, que ce soit sur le col ou ailleurs. Donc ça, je trouve ça vraiment, vraiment chouette. Par contre, ça amène peut-être des fois des gens qui savent pas. n'ont pas la maîtrise du vélo et du coup vont aller sur ce col. La montée, c'est une chose, c'est pas très grave, tu vas pas très vite, mais la descente, ça reste une descente qui est assez rapide, qui est dangereuse, c'est étroit, t'as beaucoup de monde, en plein été t'as les voitures aussi. Donc voilà, il y a un petit peu tout ça, donc je pense qu'il faut se dire que c'est top, mais il faut pas se lancer à l'aveugle aussi, voilà, sur le Mont Ventoux ça reste quand même... Un gros défi, même en vélo électrique. Mais on a vraiment de tout. On a des gens en tandem. En fait, c'est ça qui est cool du Mouvement Tout. Donc, on a beaucoup de gens qui viennent pour relever des défis. Soit des trucs qui sont organisés pour ramasser des fonds pour le cancer. Soit il y a plein de sujets comme ça, des défis sportifs. T'as des gens, c'est ça qui... Mais en fait, à chaque fois que tu le fais... T'as beau l'avoir fait 50, 100, 1000 fois, en fait, t'as cette émotion parce qu'il est dur, parce que c'est vraiment un défi que tu te mets à toi. Et t'as ce gros frisson et sa grosse émotion en haut, en fait, qui est vraiment tripante. Et c'est incroyable parce que les gens qu'on rencontre au café, du coup, nous, on a moins le temps de le monter durant l'été. Mais on vit avec eux à travers tout ça parce que des fois, ils vont venir avant la montée et après. Et... tu les accompagnes, tu vois, dans ce truc. Et elles sont fières. Elles sont fières et ils ont le droit, tu vois. Parce que la personne, et nous, on est aussi contents de la personne qui va mettre trois heures à le monter que l'autre qui a réussi à le faire en, tu vois, une heure quinze. Et c'est un aussi gros défi pour les deux. Complètement. Et donc, ouais, ça donne le fruit. Je t'en parle, j'ai le frisson. C'est trop chouette.
- Speaker #1
Ça me fait vraiment hâte de voir ça, de voir tous ces gens. Pourtant, en fait.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Et ça ressemble à quoi, une journée un peu type, tu vois, dans un café vélo en pleine saison ?
- Speaker #0
Donc, il faut savoir que c'est ça. Donc, le Mont Ventoux, il attire 150 000 personnes à peu près par année qui le montent. Bon, là-dedans, tu as peut-être des gens qui le montent trois fois dans la journée. Tu sais, tu as ces cinglés et tout ça. Bon, je ne sais pas. Ça, ça ne doit pas être pris en compte, mais... Donc, ça attire quand même chaque année beaucoup, beaucoup de monde. Donc, plus ou moins quand t'as le Tour de France ou des événements comme ça. Donc, il faut dire qu'en pleine saison, c'est quand même assez chargé. Donc, c'est des journées qui passent très, très vite. Donc, moi, je suis en cuisine. Et donc, c'est ça. Pour moi, ça veut dire un lever vers 5h, 5h30 du matin. Je commence à faire ma préparation de cuisine et tout. Parce que nous, on a fait le choix, en fait, de travailler avec, quand on peut, avec beaucoup de... de produits locaux et on fait presque tout maison. Donc voilà. Moi, ça me permet de faire ma PrEP parce que quand on ouvre à 9h, là, ça démarre. Et des fois, on a des gens qui attendent au portail. Tu sais. Donc c'est ça. Donc à 9h, pour nous, ça démarre et puis on est en non-stop. C'est-à-dire que comme on connaît le besoin cycliste parce que nous, on est pratiquant nous-mêmes. On a décidé en fait de faire une restauration sur toute la journée, sur toute l'ouverture. Donc on enchaîne le petit déjeuner. Pour le coup, pas des petits pains au chocolat. On a des vrais... Donc c'est ça aussi, tu vois, quand je te parle de... On a développé Pista en pensant vraiment aux besoins. Ce que nous, on aurait besoin, on aurait voulu avoir en fait quand on est venus, c'est d'avoir un vrai petit déjeuner assez consistant qui va te permettre en fait justement, pas nécessairement de performer, mais d'arriver en haut. tu vois, bien manger et tout ça. Et on sait que des fois, en fait, ta ride, tu penses que ça a mis une heure, tu as eu trois crevaisons, du coup, tu en mets trois, tu vois, je ne sais pas, tu as eu un coup de chaud. Et donc, tu arrives et tu sais, tu as ces créneaux dans les restaurants, ce qui est correct en fait, où eux, ils ont le midi, c'est de telle heure à telle heure, après, tu reviens le soir et tout ça. Nous, l'idée, c'est de pouvoir offrir un truc à manger. tout au long de la journée finalement et pas que du sucré du coup, d'avoir un truc un peu salé parce que t'en as marre d'avoir déjà ton taux de sucre qui est très haut donc tout ça pour dire que on travaille en non-stop donc c'est des grosses journées et puis ça passe très vite mais on rencontre plein plein de monde et puis le soir quand on ferme, on ferme tout dépendant de la saison là 18h30 on va dire ben là nous c'est pas fini Merci. Du coup, il y a le nettoyage. Et puis après, tu gères les réseaux sociaux, tu fais tes commandes pour le lendemain. Il y a la boutique en ligne, les e-mails, tout ça. Donc, ça fait des journées super remplies, mais qui passent à une vitesse folle.
- Speaker #1
C'est clair, ça fait des journées. Ça, c'est toujours le truc avec ce genre de métier de l'extérieur. On se dit, c'est chouette, un café vélo. bien sûr mais évidemment c'est beaucoup de travail derrière pour faire un truc sympa aussi c'est ce que tu dis,
- Speaker #0
c'est que vous vous préparez tout vous même avec des produits locaux en fait je pense que les gens se rendent pas compte nécessairement du travail qu'il y a derrière est-ce que nous on s'en rendait compte autant ? peut-être pas Moi, je savais que ça allait être beaucoup de travail. Je savais qu'il y allait y avoir du sacrifice. Et vraiment, il y en a aussi. Il y en a beaucoup. En fait, nous, on roulait à peu près 10 000 à 12 000 kilomètres par année, à peu près.
- Speaker #1
C'est gigantesque.
- Speaker #0
Bien, ça dépend. Tu vois, tu te rends compte maintenant que quand tu discutes avec les gens, t'en as... Donc, on était en région parisienne. Ton dénivelé, il n'est pas non plus... Tu vois, c'est peut-être du 1 000 au 100. ici, en fait, tu te fais une ride, tu fais 30 bornes, tu as 3 fois plus en fait, tu vois ce que je veux dire de déniveler. Donc ta ride, t'as pas besoin si tu veux que tu cherches de l'entraînement ou juste même pour te dépasser ou en fait pour te rendre dans le même état, t'as pas besoin de faire plus de kilomètres, tu peux en faire un peu moins. Donc c'est pour ça on compte pas nécessairement le nombre, mais en tout cas, donc nous on faisait à peu près ça et Merci. Aujourd'hui, on en fait la moitié. On l'a fait par passion du vélo, mais on vit cette passion autrement, en échangeant, en le vivant avec les autres, en créant des trucs, des événements, des collections, des trucs autour du cyclisme. Mais nous, sur la selle, forcément, on ne va pas s'inscrire à un ultra demain. Notre ultra, c'est notre entrepreneuriat. C'est le choix qu'on a fait aujourd'hui et qu'on regrette. pas du tout. Mais je pense que c'est ça, les gens ne se rendent pas toujours compte. On a beaucoup de gens qui nous demandent « Ah, mais nous, on aimerait faire un café vélo dans notre région et tout. » Ou qui nous demandent pour venir travailler chez nous. « J'ai envie de travailler dans un café vélo. » Et on essaie quand même de leur dire. Et donc, eux, je pense qu'on dégage une image qui a peut-être l'air facile. Je pense qu'à un moment, tu vois nos cernes. À la fin de la saison, tu commences à voir les cernes qui poussent, qui comprennent. Mais euh Mais c'est ça, c'est... Et tant mieux si on dégage cette facilité, mais c'est vrai que c'est beaucoup de travail. Je ne sais pas si à 60 ans, j'aurai la même énergie. Il faudra que je prépare la relève.
- Speaker #1
Et en plus, vous faites pas mal d'événements, il me semble, dans l'année. Est-ce que tu peux nous en parler ?
- Speaker #0
Oui, ben c'est... Donc nous, ça fait partie de notre ADN, en fin de compte, à Pista. de faire des événements. Je pense qu'il y a peut-être ce côté communautaire, tu sais, avec les rides qu'on faisait, par exemple, avec les Go, avec d'autres groupes. C'est toujours une super ambiance, en fait, de se retrouver parce que, moi, je trouve que le vélo, les gens vont parler vélo, tu vois, dans le jardin à Pista. C'est ça qui est hyper chouette. Tu arrives toute seule, tu te mets au bar et c'est sûr que tu vas parler à quelqu'un, si tu as envie. Parce que tu auras quelqu'un d'autre au bar qui va te parler ou parce que Jean-Sébastien, il va dire, tu vois cette personne là-bas, en parlant, tu fais des connexions ou tu vois un vélo, tu vois un backpacker qui arrive. Et je trouve que le vélo, tu as cette... Souvent, moi, je ne sais pas ce que les gens font dans la vie. En fait, souvent, on parle vélo, on se rend compte en vélo. Il n'y a pas cette espèce de classe, tu vois. Et donc, je pense que c'est ça, on aime beaucoup ces espèces de regroupements. Donc, on s'est dit, avec Pista, on avait envie d'organiser des événements. En plus, nous, on n'est pas sur le passage. On a fait le choix d'avoir vraiment un espace où on peut accueillir des groupes, des pelotons aussi, et pouvoir mettre aussi justement les vélos en sécurité. Donc, on a un jardin. qui est juste à côté du départ, mais à 50 mètres, mais pas sur le passage. Donc, ça nous permet vraiment d'avoir... On est comme privatisés, en fait, on a cet espace à nous. Et donc, du coup, on organise des super événements toute l'année. Donc, cette année, on aura, par exemple, peut-être en entendu parler, le Mont Ventoute, qui est un événement en mixité avec le... qui est co-organisé avec les Rookies. Et ça, on le fait depuis à peine notre ouverture, en fait. Donc, c'est vraiment un événement qu'on a depuis le début, qui met le cycliste féminin en avant. Et donc, on a très hâte. C'est un événement qui est toujours hyper le fun. Donc, tu as des ateliers, tu as des femmes. L'année dernière, on avait, par exemple, Marie Patouillet et d'autres filles qui sont venues parler. Et puis, forcément, on monte le vent tout. On a l'événement de Pignon Fix aussi. pareil qu'on a vraiment depuis le début après cette année grosse grosse comme l'année dernière on a le Tour de France cette année le Tour de France Femmes en plus avec l'étape du Tour je sais pas si toi les auditeurs et auditrices viendront le faire non mais pour moi la date tombe un peu mal mais c'est dommage que j'aurais bien aimé ah ouais je pense que ça sera incroyable parce que cette année le Tour de France Femmes c'est leur cinquième année si je ne me trompe pas elles ont eu une progression, tu vois, dans le tour, j'ai l'impression, en fait, qui est assez logique. Et là, tu te dis, attends, on a eu Pauline l'année dernière qui a fait le truc de ouf. Les femmes avant aussi, hein, mais là, c'est vrai que Pauline, en tant que française, voilà, ça a été bien médiatisé et tout. Et donc... Elles viennent cocher le ventoux. Tu vois, c'est dingue. Comme je te disais, ce col, il parle vraiment à l'international. C'est un des cols les plus montés. Tu as l'Alpe d'Huez, forcément, aussi. Et donc, moi, j'espérais... Donc, nous, on avait un peu eu des rumeurs, tu vois, des échos comme quoi elles allaient venir cette année. Surtout que l'année dernière, on avait reçu... En fait, Chris avait fait un événement, en fait, justement, les opticiens, là, qui sont donc, eux, partenaires aussi du tour. Ils avaient fait un événement pour promouvoir le cyclisme féminin sur le Mont Ventoux. Donc, ils étaient passés à Pista. C'était le jour avant le Tour de France Hommes. Donc, on s'est dit, attends, mais il y a un lien, c'est sûr, elles vont venir. Et là, je me suis dit, elles ne peuvent pas monter par saut. Si elles montent par saut, donc tu as trois côtés au Mont Ventoux. Tu as Bédouin qui est la plus mythique, qui est une des plus dures. Tu as Malossène qui est très difficile aussi, mais un peu moins connue. et tu as le saut qui est, on va dire, un peu plus, avec un dénivelé plus facile. Elle est plus longue, mais du coup, le dénivelé est un peu moins dur sur les jambes. Je me suis dit, il ne faut pas qu'elle passe par saut. Là, si elle passe, c'est une catastrophe. Parce que tu sais, ça fait genre, les filles, on va leur faire la montée facile. Donc, ils ont fait le bon choix. Ils ont pris vraiment la montée mythique. Donc, ils passeront au pied de Malossène et ils viendront monter le Ventoux par Bédouin. Donc ça, c'est top. Donc ça va être deux jours, en fait, à ne pas manquer. Nous, on aura des petites activations, des trucs qu'on n'a pas dévoilés encore, mais forcément, il y aura des trucs. C'était incontournable, en fait, de faire des trucs autour de ça. Sinon, on aura aussi, ça, c'est un truc qu'on fait aussi depuis quelques années. Tu as une belle communauté là-dedans. C'est le Brompton Ventoux Challenge. Ah oui, j'ai eu huit ans. Voilà, c'est des vélos pliables. Donc, encore une fois, c'est comme le pignon fixe, c'est de dire... On sort ce vélo urbain et on l'amène en fait dans d'autres endroits où tu ne l'attends pas. Et je pense que c'est, moi je le vois de plus en plus en fait, le vélo comme ça, le Brompton. Il y a beaucoup de gens qui partent en micro-aventure, tu vois, sur des week-ends. Ils vont partir justement avec ce vélo. Donc voilà, on aura ça plus. Et puis bon, il y en aura plein d'autres. On a notre calendrier, il est rempli avec des plus petits événements aussi, des runs, des rides. N'hésitez pas à nous suivre là, si vous voulez tout savoir et venir nous voir sur ça.
- Speaker #1
Ça va faire un super programme, ça donne envie. Et là, le café est ouvert pendant la saison et vous avez aussi un temps de fermeture. J'imagine que vous avez aussi plein de choses à faire, genre un peu les choses de l'ombre qu'on ne voit pas. Qu'est-ce que vous faites pendant cette période ? Peut-être organiser l'année qui vient ?
- Speaker #0
Exactement, exactement. Je pense qu'encore une fois, je pense que les gens ne le voient pas. Tout le monde nous souhaite toujours bonnes vacances, comment étaient les vacances, tout ça. Forcément, quand on ferme, d'habitude on ferme aux alentours du mois d'octobre, ça dépend de la saison, de la météo. Et puis dans la foulée, on est un peu sur les rotules. Donc souvent, ce qu'on fait, c'est qu'on nettoie, on ferme et on se prend quelques jours où on éteint tout. On dort. Et c'est aussi là où on se remet un peu plus au vélo. Donc voilà, on allonge les sorties un petit peu plus. L'hiver, on travaille, mais un peu plus à notre rythme. Du coup, là, il n'y a pas de lever à 5 heures du matin. Et puis, on prépare les événements, parce que c'est là que ça se fait. Parce que quand la saison commence, en fait, tout va tellement vite. Parce que sur nos jours de fermeture, tu fais la compta, des choses comme ça. Donc, tu n'as plus le temps de travailler sur ce genre de trucs comme les événements. Moi, je dessine la collection. Et puis,
- Speaker #1
justement, on va en parler.
- Speaker #0
Mais tu as tout. En fait, en tant qu'entrepreneur, tu as toujours des trucs à faire. Mais par contre, oui, c'est sûr que c'est là quand même. On va dire, on va profiter. Si aujourd'hui, il fait soleil, je vais dire, OK, je reporte à demain. Peut-être, soit tu as plus de flexibilité, forcément. Après, c'est vrai que ce truc saisonnier, c'est cool. après nous du coup on roule mais on roule toi tu profites pas de l'été tu roules surtout en hiver donc voilà et du coup ça amène aussi un stress donc c'est cool parce que t'as des vacances plus longues tu te dis je peux partir peut-être toi on en profite des fois on va en voyage mais d'un autre côté en fait t'as cette pression de dire je dois sortir en fait je dois faire un chiffre de temps si je veux si je veux réussir à vivre mon hiver en fait donc T'as des pours et des contres sur ce genre de truc. Donc, pour ceux qui veulent se lancer à bien réfléchir, en fait, sur le stress que ça t'amène, en fait, et ce que t'en ressors au final.
- Speaker #1
Ouais, c'est clair. On ne peut jamais gagner sur tous les tableaux. C'est toujours l'équipe. Ah,
- Speaker #0
parfait.
- Speaker #1
Et tu parlais alors de ta collection. Donc, en fait, vous avez lancé une collection de vêtements. Est-ce que tu peux nous raconter ce projet ? Donc, j'imagine que ça a un lien avec le fait que tu sois équipée du monde de la mode.
- Speaker #0
Ouais, forcément. Donc, c'est ça. Moi, j'ai fait des études dans ce qu'on appelle ça le design de mode à Montréal. Mais bon, on touchait vraiment à tout. Moi, ma carrière s'est portée plus vers... Donc, le développement, en fait, et la production. Donc, je travaillais avec les stylistes pour, du coup, développer des produits. Et j'ai eu la chance, en fait, de toujours travailler sur des produits qui étaient assez, soit sportifs ou techniques. Donc, je disais tout à l'heure, j'ai commencé en France. J'ai commencé chez Egg, puisque j'avais déjà travaillé à Montréal. Ensuite, j'ai travaillé aussi pour Lacoste, qui est le côté un peu streetwear, parce que j'étais sur la partie live. Donc, c'est là. Leur ligne, je crois qu'elle n'existe plus maintenant, mais c'était la partie streetwear. Et puis, comme une marque, par exemple, comme Wilma, sur le cycliste féminin, j'ai aidé Céline à démarrer sa collection et tout ça. Donc, c'était mon métier. Et puis, quand on a démarré Pista, on n'avait pas nécessairement en tête, en fait, que nous, on allait faire notre marque. Mais petit à petit, en fait, c'est ça, on se fait des trucs pour nous, pour le staff. Et on nous demandait, en fait, des choses. Donc on s'est dit, attends, on va lancer un t-shirt, un bidon, ensuite un premier jersey, donc tranquillement comme ça. Et il y a des produits qui sont plus faciles que d'autres à lancer par toi-même et des produits plus techniques où là, ça prend vraiment un savoir-faire, plus de temps. Donc au départ, pour nos jerseys, on passait par ce qu'on appelle du custom, de la personnalisation, donc des marques que vous connaissez sûrement. ta tactique, chef de file, G-sport, tout ça. Donc, c'était juste de créer un design sur un produit, une carcasse, une base, en fait. Et moi, je trouvais ça dommage parce que, vu que c'était mon métier, je me sentais... Moi, j'ai envie d'avoir, par exemple, changé la matière de cette manche ou, je ne sais pas, je veux un col roulé avec des manches courtes. En fait, je n'avais pas de flexibilité sur mon produit et je trouvais ça un peu frustrant. Et en plus, on t'impose forcément des logos, en fait, à plusieurs endroits, qui, ça cache un petit peu le design. Et du coup, on s'est dit, ben attends, on va le faire. Donc, encore une fois, ça, ça a mis vachement de temps, parce que t'as le temps de le faire, mais qu'en hiver. Donc, c'est un processus qui est assez long. Chercher les usines, trouver les matières. Après, ben, tu lances un prototype, parce que l'idée, c'est pas... Donc, aujourd'hui, on va pas... Aujourd'hui, avec ce qu'on a sorti, on révolutionne pas, si tu veux. tu vois, encore, encore, pas encore, les vêtements de sport. Mais l'idée, en fait, déjà, c'était de se sortir, de trouver les bonnes usines, de sortir une première collection. On est assez contents, là. On n'a pas tout montré encore. Donc, on a sorti la collection Trelle, pour l'instant, Trelle et Running, parce que c'est vraiment la saison, comme je te disais, notre saison, nous, va commencer beaucoup avec les championnats de France. de trail qui se déroule sur le Ventoux cette année. Donc, c'est vraiment la saison ici. Donc, on a commencé avec ça. Et puis après, du coup, dans quelques semaines, on va faire le shooting de la collection cyclisme. Donc, on commence tranquillement. On a toujours été un peu comme ça avec Pista. On aime bien évoluer parce qu'on n'a pas de gros investisseurs derrière. Au départ, on n'était que Jean-Sébastien et moi. Aujourd'hui, on a fait rentrer... Donc, une troisième personne qui est Jérémy Richaud, qui lui est un trailer aussi assez fort dans la région, qui travaille à Pista et qui nous permet justement, du coup, de me libérer un peu plus de temps parce que lui, il s'occupe d'autres choses. De dire, je me consacre un peu plus à ça. Donc, nos produits évolueront petit à petit au fil du temps. Donc, voilà, c'était, je pense que c'était important de lancer ces petites collections qui étaient vraiment à notre image et de pouvoir les faire grandir encore une fois avec nos besoins à nous. Nous, on se dit, voilà, j'ai envie de... Je ne sais pas, tu connais ce que tu as besoin en fait, en tant que trailer, en tant que runner ou en tant que cycliste. Et voilà, d'avoir une autre image à nous pour Pista.
- Speaker #1
Oui, c'est une chouette évolution aussi. Est-ce que tu vas proposer du coup certains produits spécifiquement féminins ?
- Speaker #0
Il le faut. Donc, c'est sûr. C'est vrai que ce n'est pas toujours facile de développer et de s'adapter à chacun, que ce soit un genre ou des morphologies. Parce que nous, notre clientèle, c'est pareil. On a des gens du Pays-Bas qui sont très grands. En fait, on a des gens de l'international. Et moi, j'avais cette même problématique. À l'époque, quand j'étais par exemple chez Aigle, on avait des retours de... Parce qu'on vendait à l'international aussi là-bas. On avait des retours, tu vois, des représentants qui nous disaient « Ah ben là, tu vois, dans les pays du Nord, ils trouvent que les manches sont trop courtes. » Après, ben oui, mais... Donc toi, tu essaies de faire un produit qui est à peu près pour tout le monde, tu vois. Donc forcément, c'est assez difficile. Mais je pense que c'était quand même incontournable de développer des produits féminins. Donc là, il y en a un bientôt qui va sortir pour le running et il y a des trucs qui sortiront aussi dans le cyclisme. Et encore une fois, tranquillement, on évoluera comme ça en fonction aussi des retours, c'est-à-dire des retours. Parce que lancer une collection, c'est beaucoup de trésors qui sont. Donc on teste souvent tranquillement et on voit et on se dit OK, on va changer ça, on améliore ça. On en fait plus, on fait plus de coloris. Donc, je pense que c'est important que les gens comprennent qu'on ne peut pas tout faire tout parfait tout de suite. Et l'idée, c'est ça, c'est d'y aller petit à petit. C'est plus safe, en fait, pour une entreprise de faire ça comme ça. Et moi, je le vois, le marché féminin, justement, pour avoir été avec Wilma. Et j'ai vu d'autres marques, tu vois. Tu avais une belle marque aussi allemande qui s'appelait... Véloïne. Je ne sais pas si ça te parle. Non,
- Speaker #1
ce n'est pas ça.
- Speaker #0
C'est une marque qui est restée en 3 et 5 ans, je pense. Eux, c'était Fearless Female Cyclist ou un truc comme ça, un peu leur phrase. En tout cas, elles ont fermé. Tu as d'autres marques aussi, c'est pareil. Le marché, ça veut dire que le féminin, aujourd'hui, on est là, on se parle de pourquoi il n'y a pas autant de femmes. Pourquoi, tu vois. Il y a ce combat qui est là parce qu'il n'y a pas assez de femmes. Donc aujourd'hui, en fait, si tu crées une collection que pour les femmes, que tu es une marque féminine 100%, que tu t'adresses que pour le cyclisme, t'imagines ta niche, elle est comme ça. Tu te bats contre des marques qui font déjà du féminin, même s'ils ne sont pas spécialisés. Tu vois, Rafa, voilà, tu as toutes ces marques et ils font déjà de la femme aussi, même s'ils font de l'homme. Donc, en fait, toi, tu viens et tu te bats sur un marché qui est très petit. Moi, je te disais, au Ventoux, on a 25 à 30 %, c'est des femmes. Toutes ne s'habillent pas en pista, tu vois.
- Speaker #1
Pas encore, pas encore.
- Speaker #0
Non, mais c'est bien qu'il y ait de la diversité, tu vois. Bien sûr. Mais en fait, pour faire vivre toutes ces marques, ça prend plus de femmes. Donc, c'est pour ça, aujourd'hui, tu vas avoir des marques féminines se diversifier sur d'autres sports. Donc, ça, il faut le comprendre aussi. Il ne faut pas les juger. Je pense que c'est important pour Vive de se créer comme ça, de la diversité. Et ce n'est pas facile parce que, du coup, tu es sur un créneau qui est très, très niche.
- Speaker #1
Oui, clairement. Ah ben, dis donc, ça fait plein de projets. J'allais te demander quel était... quels étaient tes projets à venir ? Je ne sais pas si tu nous as parlé de tout déjà, parce que ça fait déjà beaucoup de choses, ou s'il y a encore d'autres projets, parce que je sens que tu es très créatif, donc d'autres choses aussi, d'autres choses que tu aimerais parler ?
- Speaker #0
C'est sûr que Pista prend beaucoup de place dans ma tête. Je pense qu'on a encore une marge de progression qui est... Moi, je le vois à l'infini. Parce qu'on n'est pas juste, c'est ça, un restaurant. On est beaucoup plus. Donc Pista, c'est 100% dans mon esprit aujourd'hui. Mais j'ai dans le coin de ma tête un deuxième...
- Speaker #1
Je savais bien qu'il y avait un truc.
- Speaker #0
Tu sais, quand tu t'ennuies sur les trois jours d'hiver, que tu ne sais pas quoi faire, c'est là que tu te dis, si je ne faisais pas un autre livre sur le cycliste féminin. Et du coup, tu t'embarques dans des trucs. Donc forcément, ça, ça me ferait beaucoup plaisir. Après, je sais que ma priorité, c'est Pista. mais bon je lance des perches Marion Rousse si jamais ou d'autres sont ouvertes à écrire un livre sur le cycliste féminin je pense que je pense qu'en tout cas s'il y en a qui veulent le faire il y a de quoi faire sur le sujet donc voilà donc aujourd'hui c'est plutôt Pista mais je garde ça ici derrière trop
- Speaker #1
bien et pour terminer j'ai une petite question classique et traditionnelle de fin d'épisode est-ce que tu as un message que tu aimerais faire passer aux auditrices j'en ai plusieurs j'en ai plusieurs
- Speaker #0
Donc je voudrais dire, celles qui s'empêchent de pratiquer un sport par peur de ne pas être assez fortes, de ne pas réussir, il ne faut pas se mettre de barrière. On a toutes été débutantes à un moment. Il faut essayer de trouver des gens, que ce soit via les réseaux sociaux, les petits groupes féminins. Tu vois qu'il y a dans ta région d'aller aux sorties sociales, en fait, d'une boutique du coin, du café, en fait, qui propose ce genre de choses. Ça permet toujours, en fait, de rencontrer des gens et de créer des liens et peut-être te motiver à sortir, à pratiquer, à évoluer, en fait, et à passer ces barrières. Donc ça, c'est pour celles-là. Pour celles qui veulent se lancer dans l'entrepreneuriat, je pense que ce que j'aimerais dire, c'est que c'est une aventure qui est incroyablement enrichissante. C'est dur, mais c'est fantastique. Donc, on se réalise, moi, je pense à 100% parce que tu touches à tout. C'est hyper intéressant, enrichissant. Donc, si ton projet est bien pensé, il faut y aller, il faut foncer. et j'encourage aussi toutes les femmes qui créent des groupes féminins ou qui comme toi par exemple mettent le sport féminin en avant parce que chaque petite action est importante si chacune par exemple d'entre nous réussit à convaincre une seule femme. Tu vois, moi, c'était mon but avec les Go, si je peux mettre une femme au vélo et qu'ensuite elle continue et que, tu vois, par exemple, elle en met une autre, parce qu'elle roule finalement avec une copine qu'elle a convaincue, ou elle va courir avec une copine, t'imagines, en fait, on n'aurait pas aujourd'hui ce genre de discussion, on parlerait d'autre chose. Mais voilà, donc je pense que c'est hyper important, en fait, toute petite action. que ce soit de la médiatisation, que ce soit de la pratique du sport. Je pense que c'est important. Il ne faut pas le négliger et il faut y aller. Puis finalement, on vous... Voilà, plaisir de vous accueillir toutes et tous à Pista cette année. Si vous passez dans le coin, nous, on réouvre le 13 mars. Puis je te remercie beaucoup, pour tout ce que tu fais et de m'avoir invitée aujourd'hui dans ce beau podcast.
- Speaker #1
C'est super gentil, avec grand plaisir. Merci pour l'échange. C'est chouette de découvrir un peu les coulisses aussi d'endroits comme ça. Parfois, on passe, on boit un café, mais j'aime bien, moi, comprendre un peu comment ça fonctionne derrière, qui sont les personnes derrière, quels sont les projets. Super intéressant. Merci beaucoup, Vicky, et à bientôt. Merci d'avoir écouté cet épisode. Si vous vous êtes plu, n'hésitez pas à mettre 5 étoiles sur les plateformes de podcast, à nous laisser un commentaire. On lit tout et ça fait vraiment plaisir. Et vous pouvez aussi nous suivre sur Instagram. et surtout vous abonner à la newsletter avec plein d'infos sur le sport outdoor au féminin.