- Speaker #0
La Sportive Outdoor, le podcast des sports outdoor aux féminins pour s'inspirer, apprendre et oser.
- Speaker #1
Bonjour à toutes, aujourd'hui je reçois Sandy Kaminada qui est cycliste d'ultra distance et coach sportive. Elle va nous parler d'un défi qu'elle a réalisé, la course d'ultra distance de 1000 km à travers l'Irlande sur la Poco Loco, qu'elle a réalisé après la naissance de son bébé et en burn-out, elle va partager son expérience avec nous. Bienvenue Sandy, est-ce que tu peux te présenter déjà ?
- Speaker #0
Salut Lorraine, bah oui bien sûr, donc moi Sandy Kaminada. J'ai 34 ans, bientôt 35 malheureusement. Je suis née en Lauserre, dans le plus petit département de France, qui est un département entre Montpellier et Carmon-Ferrand. Des gens qui aiment la nature connaîtront ce département. Et je suis ultra-cycliste, triathlète aussi, une sportive dans l'âme.
- Speaker #1
Oui, effectivement, très sportive. D'ailleurs, on s'est rencontré à un stage de cyclisme féminin.
- Speaker #0
En Lauserre ?
- Speaker #1
Évidemment, en Lauserre. Et quel a été ton parcours professionnel ?
- Speaker #0
Alors, moi, j'ai fait classe préparatoire d'abord aux grandes écoles à Clermont-Ferrand. Après, je suis partie faire une école de commerce à Bordeaux. Je suis partie un petit peu vivre en Argentine, à Buenos Aires, pour faire un MBA en stratégie d'entreprise. Et j'ai terminé, depuis 2015, j'ai été sur Paris pour être manager dans un cabinet de conseil en stratégie marketing et digitale. Et on va en parler, je pense, après. Mais du coup, je suis en reconversion professionnelle. Et j'ai changé de voie. Petit reading.
- Speaker #1
Suspense. Continuez à écouter. Est-ce que tu fais du sport ou du vélo depuis toujours ?
- Speaker #0
Alors, oui. J'ai toujours été sportive globalement. Même au lycée, j'étais en option sport. J'ai toujours aimé ça. J'ai un peu touché à tout. J'ai fait du rugby pendant plus de cinq ans. J'avais fait aussi de l'enduro avant, quand j'étais sur la Lauser. Un peu de volée, j'ai fait de la musculation suite à des grosses blessures au rugby pendant plus de 5 ans. Et depuis 2019, je me suis lancée le défi fou un petit peu de me mettre au triathlon alors que je n'avais pas nagé depuis 20 ans, je n'avais pas fait de vélo depuis toute petite. Et je ne courais pas non plus très très bien, j'étais troisième ligne au rugby, je n'étais pas forcément la plus rapide. Et voilà, depuis 2019, je me suis mise à fond dans ce sport-là, le triathlon, pour faire un Ironman en 2021. Et après, amoureuse du vélo. Et depuis, je ne quitte pas mon vélo et je fais beaucoup de vélo avec de l'ultra-distance.
- Speaker #1
Ça fait un sacré parcours sportif, tu as vraiment fait plein de choses.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que j'aime bien toucher à tout. Je suis typiquement le genre de personne qui, quand il y a les JO, notamment ceux d'hiver qui viennent de commencer, je suis devant ma télé pour regarder tout type de sport. J'adore ça. J'ai voulu un peu toucher à tout. Je t'avoue qu'au début, quand j'ai commencé à parler du triathlon à mon père, il m'a dit « mais Sandy du vélo ? » Comment ça du vélo, Sandy ? Je te poussais sur toutes les côtes quand tu étais jeune. Et en fait, tu vois, finalement, grosse amoureuse du cyclisme maintenant. Donc, comme quoi.
- Speaker #1
C'est rigolo. Et comment est-ce que tu as eu envie de te lancer dans l'ultra distance ?
- Speaker #0
Alors, je pense que c'est venu à la prépa. Quand j'ai commencé ma prépa à triathlon, en fait, moi, j'avais l'objectif de pour mes 30 ans de faire un Ironman directement. Et en fait, je suis tombée vraiment amoureuse du vélo à ce moment là. J'ai adoré ma prépa parce que tu partais sur des longues heures. Je partais sur du 8 heures pour m'entraîner sur du vélo, etc. Et en fait, la sensation de liberté. J'ai vraiment aimé, j'ai fait des paris d'ovile, j'avais fait un peu de la longue distance entre guillemets sur la prépa. Et quand j'ai fini de faire mon Ironman, je me suis dit, moi je suis plutôt une personne de défi et pas une personne entre guillemets de performance. Si j'ai envie de performer dans mes courses, mais ce que je veux dire c'est que j'avais déjà fait un Ironman, donc aller chercher un Ironman en moins de temps que ce que j'avais fait, en sachant que j'avais déjà fait un bon Ironman, je me suis dit pas forcément. Par contre, aller chercher de l'ultra distance et me faire une petite race Cross France, pourquoi pas ? Et donc, du coup, c'est comme ça que ça m'est venu en tête. Et je me suis dit, ben voilà, 2021, j'ai fait mon Ironman. 2022, j'aimerais bien aller faire de la longue distance. Et entre guillemets, je me suis dit, partir sur un 300, c'est trop peu versus ce que j'avais fait en prépa, entre guillemets. Parce que c'est vrai qu'en prépa, des fois, on partait sur du 200 km dans la journée, etc. Sur un Ironman, c'est 180. Donc je me suis dit, le 1000, c'est quand même un peu trop tôt. Je suis vraiment un bébé cycliste, donc on va quand même se laisser un peu de temps. J'ai commencé par le 500, du coup de l'arrêt sur Cross France, et c'est comme ça que je suis tombée dans l'ultra distance en
- Speaker #1
2022. Qu'est-ce que tu as ressenti pendant cette course ? Est-ce que directement tu t'es dit, c'est bon, c'est pour moi, j'adore ça ?
- Speaker #0
Oui, clairement, je me suis sentie à ma place. Je suis venue savoir que je suis fille unique, j'ai perdu ma maman très tôt. Donc en fait, j'ai besoin de ma soupape à moi et mes moments à moi. Et donc sur le vélo, je sens cette liberté-là. Je peux penser, je réfléchis beaucoup, je me retrouve avec moi-même. Et en fait, sur la race Cross France, j'avais fait la 500 qui était une 530, puisque Arnaud aime bien rajouter des petits kilomètres additionnels à chaque fois. Du coup, sur la 530, je l'ai fait d'une traite. Je fais une top 30 et cinquième féminine à peu près, je crois. Donc, du coup, je me suis sentie à ma place. Je ne me suis pas arrêtée pendant 30 heures. Je n'ai pas dormi. Et en fait, ça s'est bien passé. Et j'étais prête physiquement. Et en fait, venant de Lauser, j'avais fait beaucoup de stages en Lauser aussi où j'étais allée manger des kilomètres et des dénivelés. Et en fait, il s'avère que c'était 10 000 de dénivelés. Et je ne dirais pas que je ne l'ai pas sentie. mais je me suis sentie bien et en fait je me suis dit mais c'est pour toi et j'ai regretté à ce moment là de pas avoir fait le 1000 en me disant bah en vrai t'as pas dormi de la nuit donc du coup oui ça fait ultra parce que t'as roulé deux fois de nuit mais d'un côté t'as pas la partie je suis trop trop épuisée il faut quand même que je dorme aussi donc c'est pour ça que fin 2022 je me suis lancée sur la 1800 kilomètres de la Poco Loco.
- Speaker #1
Pas mal de kilomètres d'un coup, là.
- Speaker #0
En fait, le problème, c'est que quand tu te retrouves en juin que tu as fait ta race Cross France, les courses que tu peux trouver dans la fin de l'année, il n'y en a plus beaucoup, parce que souvent, c'est plutôt sur la période de l'été. Et donc là, sur la Poco Loco, il y avait soit la 700. soit la 1700 à base, mais qui était 1780, donc c'est pour ça que je parle de 1800. On est plus proche du 1800. Et du coup, en fait, je me suis dit, j'avais envie dans ma tête de passer à 1000, donc je me suis dit, sinon je fais la 700 et je fais l'aller-retour, puisque c'était Montpellier-Barcelone.
- Speaker #1
Bonne idée.
- Speaker #0
Et en fait, ce qui s'est avéré, tous les gens qui me connaissaient m'ont dit, en fait, Sandy, Non, tu vas être déçue. Si tu fais la 700 et que tu le vis bien comme tu as vécu la 500, tu vas être déçue. Par sur la 1.800, le 1.000, ça s'arrêtait vers Biarritz. Donc au pire, tu fais 1.000, et puis tu as passé ton 1.000, et puis après tu arrêtes, et puis ce n'est pas grave si tu ne te sens pas. Et puis au final, j'ai été jusqu'au bout. Et ça s'est plutôt bien passé. Et en fait, je m'étais dit, c'était vraiment comme challenge perso à la base. et je voulais avoir passé ce 1000 en ayant un petit projet bébé derrière donc je savais que potentiellement ça allait être un peu la dernière année où je pouvais passer ce cap du 1000 en attendant de revenir et donc c'est pour ça que je l'ai fait en plus il s'est avéré que le tracé passait par la Lauser devant chez moi, littéralement devant chez moi vraiment là c'était le destin sur la 1700 et pas sur la 700 donc je me suis dit pas. banco, allez, on part là-dessus. Et je ne regrette pas.
- Speaker #1
Au final, tu l'as bien vécu aussi. C'est chouette d'avoir eu deux expériences vraiment bonnes directement.
- Speaker #0
Oui, alors c'était totalement différent parce que sur la race Cross France, pour le coup, j'ai adoré le fait que je n'étais pas toute seule dans le sens où il y a tellement de monde que j'ai très peu roulé toute seule. Donc pour une première expérience, c'était super parce qu'en plus... Il y avait des concurrents de la 1000 qui arrivaient et même de la 2005. Donc en fait, au final, j'ai rarement été toute seule. Et j'ai senti vraiment beaucoup d'entraide entre les gens, on se motivait. Voilà, c'était vraiment une expérience top pour une première expérience. Sur la Poco Loco, on n'était que 8 au départ. Parce que c'était en octobre et j'étais la seule fille. Et du coup, j'avoue que ce n'était pas la même chose sur la 1700. Je parle parce que sur la 700, ils étaient beaucoup plus nombreux. Et du coup, là, j'ai vraiment vécu ma course toute seule. Je me suis très bien entendue avec les quatre autres personnes. On était surtout cinq à vraiment le faire en mode très, très course. Et donc, les quatre autres personnes, on s'est très bien entendues, mais surtout avec un autre des participants où on s'écrivait beaucoup. Mais on ne se croisait pas, en fait. On ne se voyait pas. Je le doublais pendant la nuit, puis il me redoublait, puis on se redoublait. Puis pendant un moment, on a fait un yo-yo entre le 3, 4, 5. Donc c'était une course totalement différente parce que là, j'étais vraiment toute seule. Toute seule, toute seule. Donc là, c'était un autre type de challenge.
- Speaker #1
Au moins, tu as vécu les deux expériences. Tu as quand même aimé les deux expériences. C'est ça qui est incroyable. Parce que ça pourrait...
- Speaker #0
Ouais. C'est vrai que la 1008 était plus difficile parce que quand vraiment tu ne vois personne, S'il y a un moment, juste au bout du troisième jour, où j'ai croisé un participant, et où là, on a roulé un tout petit peu ensemble, qu'est-ce que ça fait du bien. Quand même. Après, j'utilisais aussi quand même pas mal mes réseaux, parce que quand c'est des petits coups de mou, j'avais besoin d'avoir un petit peu le soutien des gens, etc. Mais c'est vrai que tu as le temps de penser. Sur 1780 kilomètres, tu as le temps de penser beaucoup à plein de choses. Mais c'est ce que j'ai aussi aimé, c'est ce que j'ai été chercher. On n'a pas le droit de l'assistance, donc il n'y a personne sur les routes. C'est vraiment toi et toi-même. J'ai bien aimé l'avoir fait dans ce sens-là. C'est-à-dire d'avoir commencé par une super première expérience, parce qu'il y avait du monde aussi, parce que j'ai croisé des gens, pour après faire du plus long et me retrouver plus toute seule. Sans avoir peur, on va dire, de le faire, sachant que j'étais capable de le faire.
- Speaker #1
Ouais, c'est sûr. Et donc, suite à tout ça, tu as eu une petite fille et tu as traversé aussi un burn-out. Est-ce que tu peux nous expliquer ce qui s'est passé à cette période et comment aussi le vélo t'a peut-être aidé ?
- Speaker #0
Ah oui, le vélo, le sport et le vélo en général m'a, on ne dirait pas sauvée, mais m'a bien aidée, on va dire. Il faut savoir que du coup, avec ce genre de... Préparation sportive, moi j'avais quand même aussi un gros métier, avec beaucoup de pression, avec des horaires qui étaient quand même un peu folles. Et à côté de ça, j'ai une vie de famille, je suis quelqu'un d'assez social, j'aime bien sortir aussi un petit peu, voir mes amis, mon conjoint. J'ai le sport qui me prenait beaucoup de temps, parce que pour se préparer pour des longues distances comme ça, c'est vrai qu'on se prépare. J'avais entre 15 et 20 heures de sport en plus par semaine. Et donc l'arrivée de la petite princesse, entre guillemets, ça change beaucoup de choses. C'est-à-dire qu'en fait, je n'arrivais pas à me retrouver forcément. Je n'arrivais pas à avoir autant de temps pour moi, pour le vélo, pour le sport. Puis des priorités qui changent.
- Speaker #1
J'ai envie de passer plus de temps avec ma fille aussi.
- Speaker #0
Et donc, je pense que c'était quelque chose qui allait m'arriver à un moment donné. La maternité a encore... plus accélérer ça et j'ai dit là ça va pas et donc c'est vrai que j'ai été en arrêt pendant plus de 6 mois et où là le sport m'a totalement aidée puisque mon médecin m'a dit ok en fait ce qu'il faut vous faire c'est faire ce qui vous fait plaisir donc dormir aussi, se reposer parce qu'au niveau mental il fallait pas mal se reposer mais aussi faire du sport et au début je me sentais mal de faire du sport parce que je me disais Merci beaucoup. Attends, tu ne peux pas travailler, mais tu peux faire du sport. Moi qui ai toujours été très carriériste, je ne comprends pas les burn-out, c'est des gens faibles, entre guillemets, là je suis hyper transparente. Mais en fait, je me suis dit, purée, ça t'arrive à toi. Il m'est arrivé plein d'autres trucs dans ma vie plus difficiles,
- Speaker #1
comme je le disais avant. Donc, pourquoi là ? Pourquoi ça ? Pourquoi moi ? c'était mon pote Et en fait, quand il m'a dit « Vous allez faire du sport ? » Je disais « Ok, d'accord. » Et en fait,
- Speaker #0
je me suis inscrite au Marathon de Rome. Tout d'abord, qui avait lieu en mars. En me disant « En vrai, je vais faire une prépa marathon. Et on va voir. » Et donc, c'est vrai que ça m'a beaucoup aidée. Et puis, j'avais en juillet une course, une 1000 km en Irlande de vélo. Pour signer aussi un peu mon retour. Et je m'étais dit « Voilà, c'est les deux trucs là qui me font envie. » C'est les deux seuls trucs qui vont me faire me lever le matin. Donc, je vais préparer ça. Et je vais aussi, en plus, me préparer avec ma fille pour faire ces deux challenges. Et ça m'a donné beaucoup de... Ça m'a fait beaucoup de bien. Et ça m'a permis, en effet, je le raconterai peut-être après, mais c'est vrai que fin juillet, une fois que j'ai fait cette course-là, ben, renouveau, quoi. Ça y est, j'allais mieux. Comme si c'était un point final, en fait, cette course à ces six mois un peu de galère de problèmes de santé mentale, clairement. Donc voilà, le sport, c'est vrai que ça m'a permis de me retrouver, de penser à moi, de me remettre des challenges aussi. Parce que moi, je fonctionne beaucoup aux défis et de retrouver ma place et ma sainteté mentale.
- Speaker #1
Et quel âge avait ta fille alors quand tu t'es lancée dans la prépa Poco Loco ?
- Speaker #0
Sur la prépa du 1000, du coup, elle avait un an et demi. Ok. C'est ça, un an et demi.
- Speaker #1
Tu vas nous en parler. Et pourquoi tu as choisi direct un 1000 ? Parce que le marathon, déjà, c'est déjà un beau challenge. Est-ce que tu avais justement besoin de ce côté challenge important pour sortir la tête de l'eau ?
- Speaker #0
En fait, je suis tombée en Sense alors que j'étais un peu à mon pic de forme sur l'ultra distance. Je finis la 1000 U7. On est dans la seule fille qui finit la course. Vu qu'on n'était pas nombreux non plus, mais ça montre aussi que c'était un moment, on était en octobre, c'était des conditions très difficiles. On a eu trois jours de pluie, trois jours de soleil. C'était pour moi une grosse victoire. Et j'avais en tête de faire l'année d'après, la 2005 de la Race Cross France et puis la 4000 de la Norscape. C'était un petit peu ce qui était dans les projets.
- Speaker #1
Ma vie a mis plus de temps à arriver que prévu.
- Speaker #0
Ce qui peut arriver. Et bizarrement, juste après la course, en fait, elle est arrivée un moment après la course. Comme si, tu vois, hop, voilà, ça y est, t'avais fait la course, t'as passé ton 1000, t'as passé ton challenge et hop, ton corps, il se dit bon, en fait, c'est bon, t'es prête. Et du coup, ça m'avait un petit peu cassée dans cette dynamique-là. Donc, c'est vrai que quand je suis revenue, je me suis dit... Je ne veux pas reprendre à zéro, entre guillemets. J'aimerais bien reprendre quand même sur une distance qui est challenging.
- Speaker #1
Mais ça commence à être challenging.
- Speaker #0
Je ne suis pas partie sur une race en France, parce que pour moi, la race en France, c'est la 2005 ou plus rien, entre guillemets. Donc, en fait, j'avais envie aussi de me dire, je ne veux pas être trop déçue de repartir sur une ville de la race en France pour me dire, en fait, j'aurais pu. faire la 2005 et puis mon objectif de base, c'était la 2005, tu vois. Après, donc, du coup, je me suis dit, prends quelque chose aussi qui est une course qui est à l'étranger. Poco Loco, c'est vrai qu'on s'était en Irlande et c'était sur une édition limitée où c'était uniquement les participants d'autres éditions qui pouvaient participer à celle-là. Donc, en fait, je trouvais le principe cool et surtout... On faisait la traversée en bateau. Il y a une partie un peu écologique derrière aussi. On ne s'est pas retrouvés en Irlande en prenant l'avion, etc. Et tu as toujours un départ qui est en France et une arrivée à l'étranger. C'est un peu le principe de la course. Donc moi, j'avais fait la Montpellier-Barcelone. Il y en a d'autres, Dijon-Stuttgart, ex-Milan, etc. Donc je trouvais le principe... cool de dire je pars de France avec mon vélo et je finis dans un pays proche mais qui n'est pas la France et donc je me suis dit c'est cool j'ai jamais fait l'Irlande tout le monde me dit que c'est magnifique en fait je vais faire une mille en Irlande et c'est stylé et je me mets pas non plus trop de pression parce que c'est vrai que c'est pas une course entre guillemets pour Coloco c'est plus quand même voilà Ciao ! Beaucoup de gens venaient, on l'a fait, il y avait jusqu'à 10 jours pour faire la course, le 1000. Donc il y a certaines personnes qui le faisaient plutôt en mode tranquille, en mode bivouac. Tout le monde peut trouver ce qu'il a envie de trouver avec cette course-là. Et en fait, moi je savais que je voulais la mettre en mode challenge et en mode défi. Je voulais la terminer, la terminer en 3 jours maximum. Et si je pouvais, entre guillemets, gagner, c'était parfait. Mais c'était à la fois, tu vois, quand même bon vivant. Et du coup, si jamais tu n'y arrives pas, je ne me serais pas mis la pression comme sur, entre guillemets, une vraie course. Où je sais que je n'avais pas le même niveau qu'avant. Ça allait potentiellement, mentalement, me donner un petit coup. Et je n'avais pas envie de ça. J'avais juste envie de me dire, personnellement, j'en suis capable. Je refais un mille. Pour fêter ses deux ans, on a fêté ses deux ans en Irlande. Voilà, c'était un peu, c'était ça le défi personnel en fait.
- Speaker #1
Finalement, il y avait plein de critères qui menaient à cette course.
- Speaker #0
Ouais, voilà. En fait, moi, je fonctionne beaucoup comme ça. Il me faut des coups de cœur, c'est parce qu'il y a une signification derrière, parce que je trouve du sens à ce que je fais. Tu vois, là, j'aime faire le marathon des sables en Jordanie, c'était le rêve de mon père. J'ai amené mon père faire le marathon des sables en Jordanie parce qu'il voulait aller dans le désert. Tu vois, je trouve que mes courses, je les sélectionne toujours un peu comme ça parce que je me dis qu'une course où tu as envie vraiment de la faire parce qu'il y a une symbolique derrière ou il y a une date précise ou il y a des choses.
- Speaker #1
tu vas la vivre je pense mieux donc c'est un peu comme ça que je fonctionne au coup de coeur ouais c'est chouette et on va rentrer dans le détail de l'entraînement comment tu t'es préparée alors est-ce que t'avais un peu une semaine type et comment tu t'organisais avec ta fille aussi ouais
- Speaker #0
alors l'avantage entre guillemets c'est vrai que c'est que j'étais en arrêt déjà bon l'avantage aussi c'était que j'avais un peu plus de temps pour le faire j'ai beaucoup fait d'entraînement avec ma fille J'ai la tulle. Non, ce n'est pas pour faire de la pub sur cette marque-là du tout. Mais moi, j'ai la tulle. Et du coup, j'ai fait beaucoup de tours avec elle. En fait, je la prenais sur l'anneau de l'Enchant à Paris, où tous les gens me voyaient. J'étais la seule folle avec mon vélo de course et puis la tulle derrière. Et je me suis entraînée avec elle des deux heures, des deux heures et demie à la prendre. elle est fan de vélo du coup maintenant elle a son petit casque elle me fait comme dire maman vélo maman vélo donc c'était cool je pouvais la prendre en entraînement avec elle surtout que c'est la partie plate on va dire ou puissance en fait mine de rien on me disait bah oui mais c'est du plat que tu fais avec elle ouais mais tractez 25 kilos les gars vous allez voir après ça me donne les jambes elles sont là quoi donc en fait je le travaille différemment J'ai un entraîneur à la maison aussi. Et puis, j'ai un super papa, son papa en tout cas, mon conjoint, qui a pu garder la petite aussi pas mal de temps pour justement faire le stage en Lauser dans lequel j'encadre aussi. Et qui m'a fait avoir un petit peu de dénivelé, positif plus plus, un peu plus de longue distance. j'ai fait quelques gros... challenge aussi perso d'aller prendre le train jusqu'à Clermont et de me faire des Clermont-Marvel-Jolles, qui c'est ma petite ville à moi, aller-retour en deux jours pour essayer de me faire plus de 300 voire 400 bornes sur un week-end. Et je savais que je n'avais pas la même prépa, clairement, que sur une prépa comme j'ai pu faire avant d'être maman d'une petite fille qui est aussi petite. Mais en fait... Ça m'a permis quand même de me débrouiller et de derrière, encore une fois, pas avoir le même niveau. Mais pour moi, sur ce genre de course, c'est aussi beaucoup de mental. Alors oui, il faut du physique, mais il faut aussi beaucoup de mental. Et ça, pour le coup, je savais que ça allait le faire et qu'à part casse mécanique, on va dire, j'irais au bout de la course, même si j'allais mettre plus de temps que j'aurais fait si elle n'était pas là. Mais ça, ce n'était pas grave. L'idée, ce n'était pas ça. Donc voilà, j'ai fait vraiment des prépas comme ça. Après, moi, je ne suis pas loin aussi de la Vallée de Chevreuse. Donc oui, je suis à Paris. Donc oui, je ne peux pas faire beaucoup de dénivelé. Oui, je n'ai pas pu faire mes semaines d'entraînement comme je faisais avant, où j'allais à Annecy et j'allais faire l'école pendant une semaine et faire du gros des plus. J'ai quand même la chance d'être en Lauserre, du coup, de pouvoir... aller amener la petite, prendre la petite et aller chez son papy et ses amis. Et du coup, faire quand même des kilomètres et du dénivelé. Je me suis rangée comme ça. Après, je n'ai pas eu d'énormes prépas. Finalement, j'ai arrêté ma prépa marathon Mars et j'ai enchaîné sur les vélos avril, mai, juin. C'était un peu court.
- Speaker #1
T'as eu l'air de vraiment bien t'organiser. Et tu faisais aussi d'autres trucs que du vélo ?
- Speaker #0
Moi, je fais aussi beaucoup de renfots à côté. Il faut savoir que j'ai un coach depuis 2019 qui me suit sur tous mes défis un peu fous. Pendant cette prépa, j'ai fait aussi un Irox, ce que j'aime bien. C'est un truc un peu plus muscu. Maintenant, je fais du CrossFit. J'essaye quand même de travailler différemment le vélo, puisque le renfot à côté, c'est aussi hyper nécessaire. pour travailler la puissance et la force. Travailler mon grip pour le vélo. Il y a plein de petits exercices que j'ai travaillés avec mon coach et que je travaille aussi de mon côté.
- Speaker #1
C'est super important.
- Speaker #0
Pour pallier aussi les moments où je savais que j'allais avoir moins de temps sur le vélo, en termes d'heures roulées pour me préparer à cette course-là. Mais du coup, j'avais eu du temps plus « quali » peut-être au moment où je faisais mes séances. C'est-à-dire que quand tu pars et que tu sais que tu laisses ta petite pendant trois heures parce que tu vas rouler, tu veux faire vraiment tes trois heures et tu les fais bien. Et puis tu te dis « bon, ok, j'ai bien rentabilisé ma sortie » . Et je ne te dis pas que c'était facile, puisqu'il y a plein de moments où je me suis dit « Mais qu'est-ce que je fous là ? » Mais au lieu d'être avec elle... Voilà. Mais après, je pense que, comme on le voit beaucoup, une maman a une bonne santé mentale aussi. Ça fait qu'un bébé, il fait mieux aussi. Et donc, j'ai vraiment vu la différence. Les moments que j'avais avec elle étaient calis. Pareil que les moments où j'étais sur mon vélo, ils étaient calis. Et voilà. Et puis... Je me rappellerai toujours quand j'étais en stage de vélo, je l'appelais. C'est vrai que c'était difficile pour moi. Je me disais, je l'ai laissée, elle est petite, etc. Mais en fait, elle me disait, maman, je veux voir les vélos. Et je lui montrais tous les vélos et elle était trop contente. Et donc, je me disais, bon, en fait, j'ai tout gagné. Je vois qu'elle est contente quand même. Puis elle est avec son papa, donc il n'y a pas de problème.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Et parfois, je me demande si on ne culpabilise pas trop. Enfin, je n'ai pas d'enfant, je dis, on m'est en général.
- Speaker #0
En général ?
- Speaker #1
Enfin, d'un témoignage d'ami, tu vois. Enfin voilà, c'est pas en train d'abandonner votre bébé. Ouais,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
Des bonnes conditions. Et effectivement, c'est tellement important aussi que la mère, elle se sente bien et qu'ensuite, elle est dans de bien meilleures dispositions pour s'occuper de son enfant aussi.
- Speaker #0
Exactement. Et je pense qu'encore une fois, il faut de tout. C'est-à-dire que moi, j'ai mis beaucoup de temps avant de revenir, entre guillemets. J'ai mis, tu vois, un an et demi ou la première année et demie, j'ai eu du mal. J'ai eu du mal, j'avais pas envie. J'avais envie de... profiter de ma fille, à côté de ça, sur les réseaux, tout ça, c'est vrai que on voit de plus en plus de personnes commencer très tôt, après trois mois, où elles courent déjà, elles font déjà presque 10 kilomètres, c'est très bien, mais attention, c'est normal, c'est pas grave si on n'est pas dans ce cas-là, tu vois. Et en fait, moi, j'essaye de... Ouais, j'essaye un peu de pas banaliser ça, parce qu'en fait, au départ, je m'en suis beaucoup voulue, la première année, de voir Merci. que les autres sont de suite recourues la première année, toi ça fait un an et demi, t'as rien fait ça aussi ça a aidé à ce que je me sente mal je vois des cyclistes là encore aussi maintenant des ultra cyclistes féminines qui doivent accoucher 3 mois après elles sont sur le vélo, elles se sentent bien et tant mieux, et c'est cool de montrer que c'est possible ça c'est très bien mais je veux aussi dire que Merci. Ce n'est pas grave si ce n'est pas le cas. Et si vous avez envie de profiter de vos enfants, et si vous avez envie de ne pas être re à fond comme avant, entre guillemets, ce n'est pas grave. Et ça, je l'ai compris tard, tu vois. Et j'ai mis un an et demi pour m'y remettre et me sentir prête à le faire et prête à laisser un peu plus ma fille. Mais peut-être que, tu vois, il y en a, ils vont peut-être attendre six ans parce qu'ils ont envie de profiter à fond des six premières années. On n'est pas dans l'histoire des gens, on ne sait pas ce qu'ils vivent, on ne sait pas leur passé, on ne sait pas plein de choses. Et du coup, je pense que c'est bien aussi de dire que ce n'est pas grave si ce n'est pas le cas.
- Speaker #1
Je suis d'accord avec toi.
- Speaker #0
Tu vois, parce que...
- Speaker #1
En fait, si on n'adapte pas vraiment à soi, finalement, c'est toujours un peu le mauvais choix. Parce qu'il y a d'un côté, on profite de son enfant, on culpabilise de ne pas faire de sport. Et de l'autre côté, on se remet au sporto, on culpabilise de ne pas être avec son enfant. Alors qu'on est dans une démarche où, comme toi, t'as fini par le comprendre. Au bout d'un moment, apparemment, on se rend compte qu'on avait des besoins à un moment, qu'ils changent à un autre moment. J'imagine qu'on vit quand même beaucoup mieux que si on est toujours dans cette culpabilité d'une situation.
- Speaker #0
Ouais, et je pense que c'est vrai qu'il y a aussi l'effet réseau. Il y a aussi l'effet réseau, il y a beaucoup de femmes qui font du sport enceinte et c'est... très bien. Moi, par exemple, j'ai très peu fait de sport enceinte aussi, donc c'est pour ça que ça a été difficile de voir qu'il y en a d'autres qui courent jusqu'à l'heure 8 mois et toi, tu ne peux pas. Le vélo, j'ai quand même fait jusqu'à longtemps le vélo, mais 5 mois, ce n'est pas longtemps pour certaines, mais tu te dis toujours « ouais, mais moi, je n'ai pas pu » et donc tu culpabilises. De l'autre, c'est aussi bien de montrer qu'il y en a qui peuvent. mais il y en a aussi plein qui ne peuvent pas pour raison médicale ou parce qu'elles n'ont plus l'envie et c'est pas grave moi c'était que je n'avais plus l'envie j'étais pas bien Donc voilà, mais c'est vrai qu'on a tendance en ce moment à un peu trop dire que quand tu veux, tu peux. Et qu'en vrai, si courir à 8 mois, en fait, tu peux tout le temps. Ouais, mais si t'en as pas envie, c'est pas grave. Enfin voilà, moi, c'est vraiment un peu mon discours parce que je trouve qu'en ce moment, on a tendance un peu beaucoup à dire c'est facile, il faut le faire. Et toi, maman, tu cours. ou pas, ou tu ne fais pas de vélo encore à 6 mois, tu pourrais.
- Speaker #1
On est peut-être pas assez venus. C'est peut-être bien juste de montrer que le champ des possibles.
- Speaker #0
Voilà, je pense que les deux sont super bien, ça me motive certaines de voir que tu peux continuer, et ça leur permet de se dire qu'en fait, il ne faut pas avoir peur de, même si on est sportif, qu'on ait fait dans sa carrière, ou pas, ou qu'on est content de ce qu'on est en train de faire sportivement, que ce n'est pas grave, et qu'il y en a d'autres qui continuent, et que ça... Ça ne t'arrête pas ta vie de sportif du tout d'avoir un enfant. Mais c'est bien aussi de dire que si tu n'en as pas envie à ce moment-là, tu reviendras plus tard. Et en fait, il y a combien de mamans et de personnes sur l'ultra-distance qui ont 40, qui ont 50, qui ont pas forcément 20 ans et qui font des super trucs et des super parfs. Donc, on peut revenir plus tard quand les enfants ont 6, 10 ans. Et puis, voilà. C'est pas grave. C'est très bien.
- Speaker #1
C'est ça. Ta Poco Loco Irlande, tu te sentais comment sur la ligne de départ ? Est-ce que tu étais trop contente d'être là ou quand même il y avait un peu d'appréhension ?
- Speaker #0
Ouais, j'étais trop contente. Je me sentais vraiment là où je devais être. Vraiment, plus les gens étaient très sympas, tous, etc. Donc ça, c'était vraiment bien. J'ai adoré les paysages. Après, je te dis pas, la course a été difficile. J'ai eu le petit up and down que je raconterai peut-être. Mais du coup... Du coup, voilà, sur le moment, sur le départ, je savais que c'était ce que je voulais. Je savais que ma fille serait à l'arrivée, parce que du coup, mon conjoint arrivait plus tard pour m'attendre à l'arrivée avec ma fille. Donc, je savais que j'étais au bon endroit.
- Speaker #1
Ça, c'est déjà pas mal. Est-ce que tu peux nous raconter ta course ensuite ? Tu peux nous parler de Up & Down.
- Speaker #0
Ouais, il y a plein de choses à raconter sur une course comme ça. Du coup, ouais, mais... La première journée, plutôt hyper bien. En plus, j'ai eu de la chance parce que c'est vrai que niveau météo, on dit souvent la météo d'Irlande, etc. Tu vas à la tension et tout ça. J'ai eu du beau temps, quasiment tout le temps.
- Speaker #1
Pas mal.
- Speaker #0
Presque. Attendez. Ah, ça m'a même bien. Mais du coup, première journée super, on longeait la côte. En fait, c'était vraiment parté de Cork et on faisait toute la côte ouest. Donc, les plus beaux paysages, selon moi, maintenant que j'ai pas mal. du coup voyager là-bas. Je trouve que c'est vraiment des beaux paysages, donc c'est cool. Je m'étais mis en tête de partir, on est partis à 10h ou 11h, donc un peu tard quand même. Et je m'étais mis en tête de faire à peu près 300 km par jour. Je m'étais dit, tu fais ça, il y avait 10 000 de déplu, ou 13 000, je ne sais même plus. Et je m'étais dit, voilà, comme ça, si tu fais ça, À peu près en trois jours, trois jours et demi, t'as fini et ta fille est arrivée, puisqu'ils arrivaient au bout de trois jours à peu près. Donc je voulais pas les laisser non plus m'attendre trop longtemps. Donc c'était un petit peu challenge et ça s'est bien passé la première journée, hyper bien. Je fais un petit peu moins. Moi, je me connais, je dors les nuits. À partir de minuit et demi, je sais que je vais dormir. Je suis pas très productive après minuit et demi, une heure. Par contre, je peux me relever à 3h, 3h30 et repartir. En fait, j'aime bien cette petite coupure parce que j'ai eu du jour jusqu'à un certain moment. J'ai une petite partie de nuit que j'aime bien. Puis après, je dors et je préfère faire des grosses nuits, entre guillemets. Oui, moi, je vais à l'hôtel. Ouais, parce que je suis une fille toute seule et que, en fait,
- Speaker #1
certaines diront que je ne suis pas vraiment une classiquiste.
- Speaker #0
Les puristes, des puristes, mais si. C'est un débat qu'on peut avoir avec certains. Mais moi, je préfère avoir trois bonnes heures de sommeil à l'hôtel. Et je trouve que c'est même plus difficile parce que je gère la gestion, parce qu'on n'a pas le droit de réserver nos hôtels avant. Donc, je ne sais pas où je vais dormir. Donc, généralement, je fais un petit point vers 20 heures où je me dis, OK, j'en suis là. Il y a tel profil là. Je pense que je peux faire à peu près tant de kilomètres. Donc, cherche un hôtel. qui accepte de prendre quelqu'un qu'il ne va pas voir parce que je vais arriver à minuit et demi et je vais devoir après... On va partir à 3h, donc il faut trouver un hôtel qui accepte que soit tu leur mettes un petit peu de cash à quelque part, et qu'ils aient confiance, soit que tu payes avant. C'est beaucoup de logistique aussi à gérer, en plus sur la course, qui n'est pas forcément facile. Donc c'est même plus dur que ceux qui dorment dans un poulailler. Non, mais du coup, moi je fais ça. Donc première journée, hyper bien. Mais je sentais que j'avais des jambes qui étaient un peu en feu. par rapport à ce que j'avais pu faire dans d'autres courses. Parce que oui, pas forcément moins d'épluisse dans les jambes. Donc ça se voit. Mais ça s'est bien passé. Là où j'ai eu vraiment un coup de down, c'est à la deuxième journée. Puisque la deuxième journée, il faut savoir qu'à partir de 10h du soir, j'ai pris la pluie. Mais j'ai pris la grosse pluie d'Irlande. Et je savais que je ne pouvais pas m'arrêter jusqu'à 1h du mat parce qu'il fallait que je fasse mes kilomètres. Et en fait, en plus de la pluie, il est arrivé un énorme brouillard. Mais énorme. C'est-à-dire que c'est la première fois que je ne voyais vraiment pas à plus d'un mètre, je pense. Même pas, et encore. Et donc, d'habitude, où je rattrape un peu en descente, là, je ne pouvais même pas sur les descentes aller vite. Donc là, mentalement, je me suis dit, mais qu'est-ce que tu fous là ? Il est 22h, tu as jusqu'à 1h du mat à avoir de la pluie. Et encore, ce n'est pas beaucoup, puisque sur ma 10008, tu vois, j'avais eu de la pluie pendant 3 jours non-stop, et ça allait. Mais là, de se dire, OK, j'ai essayé ma gamine pour faire ça, pour avoir en plus de la pluie, pour ne pas voir la beauté du coup des paysages, parce qu'en plus, c'est la nuit et il y a du brouillard. Et donc là, j'ai été un peu dans le mal, surtout que je n'avais pas beaucoup mangé. J'étais aux limites de l'hippo. J'ai beaucoup été aux limites de l'hippo sur cette course. Il n'y a pas de boulangerie en Irlande. Donc voilà, il faut trouver aussi des solutions dans les stations de service, etc.
- Speaker #1
Tu n'as pas toujours trouvé à manger, quoi.
- Speaker #0
Ouais, non, c'était un peu plus compliqué. Et en fait, ce qui a été difficile, c'est que je suis arrivée à une heure du matin à l'hôtel où il n'y avait rien à côté, donc je n'avais pas mangé. Je me suis retrouvée dans un hôtel où déjà, je suis arrivée trempée. Je n'ai pas pu me doucher. Enfin, c'était compliqué. Il n'y avait pas de chauffage qui fonctionnait. Donc, je n'ai pas pu faire sécher mes affaires. C'est des petits trucs, mais quand t'es fatiguée et que tu vois, t'as pas mangé, c'est difficile. À côté, beaucoup de bruit, donc j'ai pas pu dormir. Donc en fait, au final, je me lève le lendemain en me disant « Ok, tu vas partir parce qu'il y a une grosse ville pas loin, comme ça tu vas faire ça. » Et quand tu vas arriver, normalement ça va être ouvert, une espèce de station-service, etc. J'avais vu un truc qui normalement devait être ouvert 7 jours sur 7 et tout, donc je m'étais dit « Nickel » . Et je pars sous la pluie. Et en fait, là, ça a été le coup de grâce parce que j'avais vu la météo. Normalement, il ne devait pas pleuvoir le matin. Tu sais, c'est des trucs tout bêtes, mais du coup, tu te dis, je m'étais fait à l'idée qu'il n'allait pas pleuvoir, que j'allais aller à cette ville-là, que j'allais pouvoir manger. Non, il pleut. J'arrivais à cette ville-là, c'était fermé. J'avais deux heures à attendre. Et sauf que si j'attendais deux heures, en fait, j'ai perdu deux heures de sommeil. Clairement, je réfléchissais à ça. Et surtout, il n'y avait rien après pendant longtemps. Du coup, je savais que c'était à cet endroit-là qu'il fallait que je mange. Et donc là, j'étais vraiment mal.
- Speaker #1
Donc là, grosse chalade. Et puis des petites Irlandaises, des petites mamies qui me consolaient, qui étaient là, qui me voyaient attendre à côté de la station-service, qu'elles l'ouvrent et qui m'ont pris dans leurs bras. Et moi, je pleurais. Je me disais,
- Speaker #0
mais qu'est-ce que c'est ça ? Et ça, ça a été un super moment au final, parce qu'au final, les gens hyper... Je leur expliquais ce que j'étais en train de faire. Ils avaient des yeux comme ça. Ils m'ont dit « Mais pourquoi vous faites ça ? » Je ne sais pas, je ne sais pas. Mais voilà, c'est les trucs de l'ultra. C'est que vraiment, quand tu le vis, que tu peux comprendre. Tu es dans des états. Une fois que j'avais mangé, après, ça allait beaucoup mieux. Pas de problème, je suis repartie comme si de rien n'était. Je pense que la fatigue, le manque de nourriture, etc. Ce sont des choses qui peuvent, des fois, nous faire partir dans des délires un peu... Bizarre. Donc là, ça a été un gros down. Et puis après, le soleil est arrivé. Et puis après, au final, les paysages d'Irlande sont magnifiques. Je recommande tout le monde d'aller se balader un vélo là-bas. Même si parfois, les voitures peuvent être un peu compliquées. Mais en vrai, c'était beau. Donc en fait, ça balaye tout. Puis moi, j'ai eu sur cette course-là, à un moment donné, la... du coup là... Pour la dernière nuit, où pareil, en fait, les nuits, à chaque fois, c'est pas compliqué, où en fait, il était pareil 10h et je voyais qu'il commençait à repleuvoir. Et je me suis dit, non, je repasse pas la même nuit que la nuit dernière. C'est pas possible. Et je ne sais pas, voilà, moi, je parle un petit peu des fois. Tu pars dans tes délires un petit peu quand tu es dans l'ultra. Et c'est vrai que j'ai parlé à certaines personnes qui ne sont plus là, en me disant, mais non, mais aidez-moi, levez-moi ces nuages. Tu sais, tu pars dans des délires un petit peu comme ça. Et bizarrement, plus de nuages et la pluie s'est arrêtée, etc. Donc, ça a été un petit peu un coup aussi pour moi, un peu spirituel aussi, qui m'a fait du bien, bref, un peu le truc tordu à raconter. Mais après, j'ai passé une nuit plutôt convenable. Et puis après, je savais que c'était l'arrivée. Donc ça allait. Mais voilà, il y a des moments, par exemple, comme ça, un peu de up and down qui arrivent à tout le monde sur des distances comme ça. Et chacun a sa propre histoire et ses propres petites choses à raconter. Tu vois, j'en raconte. de là, mais il y en a tellement. Tu vois, l'arrêt pour aller manger une pizza, l'arrêt pour... Et puis, des gens qui te regardent comme ça. Et toi, tu prends les frites et tu les mets sur ton vélo parce que tu veux manger les frites et les nuggets. C'est pas toute sa sortie. T'as faim de la nuit parce que t'as faim. Et voilà, c'est plein de petites histormantes comme ça à raconter.
- Speaker #1
C'est clair, ça fait des anecdotes. Et parle-nous alors, on a fait un super teaser en intro, mais parle-nous de tes nouveaux projets et notamment de ta reconversion.
- Speaker #0
Ouais, du coup, suite à cette course, en fait, où je me suis vraiment ressentie, je ne sais pas, comme si c'était un point final à ce burn-out, je me suis dit, en fait, écoute-toi. Ça fait très longtemps que tu dis que tu as envie de travailler dans le milieu du sport, que tu aimes ça, que c'est ta vie au final. Et surtout que j'aime aider les autres. Enfin, j'adore transmettre, entre guillemets, ce que je peux transmettre et me dire, en fait, montrer aux gens qu'ils sont capables de faire d'énormes choses. Enfin, tu vois, moi, j'ai fait un Ironman, j'avais... Je n'ai pas fait de triathlon depuis jamais de ma vie. Je n'avais même pas fait un marathon chronométré de ma vie. Mon premier marathon, c'est le marathon d'Ironman. Je ne dis pas que c'est bien. Je dis qu'il faut faire une bonne prépa pour le faire, etc. Il ne faut pas non plus parser de tout à rien comme ça. Mais ce que je veux dire, c'est montrer aussi aux gens qui peuvent, à leur niveau. Je ne parle pas forcément d'un triathlon Ironman. Mais déjà, comme je disais tout à l'heure, mon papa, je l'ai amené sur le marathon des sables. Parce que je me suis dit qu'il ne savait pas courir un an avant. Il ne marchait pas non plus, il avait arrêté le sport. Et donc, c'est montrer aux gens qu'ils peuvent. On s'en fiche de savoir s'ils le font en 8h, 15h, je m'en fous de ça. C'est juste de se dire que tu es capable. Et ça, j'adore ça. Et donc, logiquement, je me suis dit que ce que tu aimes, c'est coacher. C'est être là avec les gens, c'est de leur donner un petit peu l'envie de se dépasser. Que ce soit sur des pertes de poids. Moi, j'avais pris beaucoup de kilos. J'avais pris 18 kilos dans ma grossesse. Je ne me sentais vraiment pas bien dans mon corps. Et en fait, prouver que tu peux arriver aussi après. Il faut du temps. Mais tu peux te retrouver bien. Tu peux perdre des kilos. Tu peux te sentir mieux grâce au sport. Et le sport m'ayant sauvée, j'ai aussi envie de transmettre le fait qu'il peut, entre guillemets, sauver d'autres personnes. J'ai fait une formation pour devenir coach de sport, une formation de septembre à janvier. J'ai eu mon diplôme et maintenant je suis coach diplômé d'État. Je me lance à fond là-dedans avec du coaching privé à domicile, des progrès aussi sur l'ultra distance. Voilà, un peu de tout. Et surtout, là, je vais me former aussi pour le sport. en grossesse et postpartum parce que je trouve que c'est des choses où on n'a pas assez de coachs qui s'y connaissent vraiment dessus les américains sont bien mieux formés que nous donc je commence une formation là-dessus avec une école américaine et plein de projets plein de projets j'encadre encore au stage de cyclisme féminin c'est des choses que j'adore faire et et qui maintenant font que ça va devenir ma vie. Et j'adore.
- Speaker #1
C'est trop chouette. Du coup, ça fait un peu la boucle est bouclée. En plus, avec le fait de faire la formation spéciale grossesse, c'est un peu là que tout... Disons que ton évolution a commencé et se termine bien.
- Speaker #0
Ouais, ouais, c'est ça en fait. Alors, je ne dis pas, ça fait peur. Changer toute sa vie, devenir retour entrepreneur à 35 ans quand tu avais une voix toute... de tracé, et puis que t'as une petite fille, etc. Ça fait peur, le challenge est là, mais en fait, je me suis dit, là, j'ai jamais été aussi bien que depuis que je me suis écoutée, que je me suis lancée dans ce que j'aime faire, et tu vois, j'ai déjà des premières clientes, et quand je vois ce qu'elles me disent, voilà, qu'elles sont contentes, qu'elles se sentent appuyées.
- Speaker #1
Je me dis, mais c'est tout gagné.
- Speaker #0
C'est ça que je veux. J'ai trouvé du sens à ce que je faisais et je trouve que c'est hyper important. Et je trouve qu'actuellement, dans la société qu'on a aujourd'hui, où on est beaucoup à se poser plein de questions, à avoir envie de se retrouver, à trouver du sens dans ce qu'on fait, etc., c'est quand même... J'ai eu de la chance que je me suis provoquée, mais c'est de la chance de pouvoir, pour l'instant, en tout cas, me lancer un fond dans ce projet-là.
- Speaker #1
Ouais, bah trop bien, franchement, félicitations, ça me fait plaisir. Et est-ce que tu as des nouveaux défis sportifs que tu as envie de faire aussi pour toi ?
- Speaker #0
Ouais, bah du coup, je suis partie sur, là j'ai l'Alpsman, du coup, en juin, début juin, donc il y a un triathlon en longue distance, pareil, XXL, For My Runman, mais label Alpsman, qui, voilà. Je le fais en parallèle parce que moi, j'adore Annecy. Je suis amoureuse d'Annecy. Donc voilà,
- Speaker #1
c'est une course quand même qui a Annecy. Et surtout avec un vélo, avec plus de 4000 de dépuisses sur la partie vélo. Donc voilà, je vais remonter sur l'école que j'adore d'Annecy. Et donc, c'est pour ça aussi que j'ai choisi cette course-là.
- Speaker #0
Donc c'est vraiment, il y a ça en objectif. Et ensuite, on verra. J'ai des petites choses en tête, mais rien de sûr pour le moment. Mais je garde, tu vois, là encore, ma 2005 et ma 4000, sur lesquelles je sais qu'un jour, je vais aller, quoi.
- Speaker #1
Ouais, tu l'as en tête, quoi.
- Speaker #0
Oui, après, c'est plus que, tu vois, c'est plus long. Enfin, j'ai pas envie de minimiser la distance. C'est-à-dire qu'en fait, je sais très bien l'engagement qu'il faut avoir. Si je me lance sur ces courses-là, je veux faire quelque chose de bien. Je veux pas y aller là pour juste y aller. J'ai envie d'aller chercher quelque chose. Et du coup, je sais l'investissement que je vais devoir mettre dans la prépa. Et je sais qu'aujourd'hui, ça ne va pas avec l'entement d'activité et aussi une vie de famille avec une petite fille qui est toute petite pour l'instant. En tout cas, moi, là, je ne le vois pas de suite comme ça. Donc, je pense que je vais attendre un petit peu. Mais je n'ai juste pas envie de minimiser le truc et de me dire « Bon, je sais que je pourrais y aller et je pourrais la finir. » Aujourd'hui, je le sais. mais j'ai envie de bien le faire. Des fois, il ne faut pas non plus sous-estimer la difficulté de certaines courses, c'est des grosses distances aussi, donc il faut aussi avoir l'humilité de se dire j'y vais en étant bien préparée, pas non plus j'y vais à l'arrache pour le vivre mal.
- Speaker #1
C'est pas ce que j'ai envie.
- Speaker #0
Pour respecter les distances quand même. C'est moi.
- Speaker #1
Il faut avoir aussi d'autres priorités dans sa vie à d'autres moments.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
mais voilà, là t'es en pleine création d'activités, effectivement c'est peut-être pas le bon moment pour faire ça en plus quoi
- Speaker #0
Ouais c'est ça, déjà la Lenspan c'est compliqué, alors on va pas se mettre plus de challenge.
- Speaker #1
Et pour terminer est-ce que t'as un message que t'as envie de faire passer aux auditrices, alors peut-être particulièrement tu vois, aux futures jeunes mamans ou mamans ?
- Speaker #0
Ouais, mais en fait je juste, bah déjà n'ayez pas peur, entre guillemets aussi parce que j'entends beaucoup de personnes qui me disent, c'est trop tôt, je vais mettre un point final à ma carrière, etc. Je connais beaucoup de mamans qui font des trucs exceptionnels. J'ai une très bonne amie, Amélie, qui est aussi un peu sur les réseaux, qui part pour faire les championnats à Hawaï alors qu'elle vient d'avoir son petit qui a un an de triathlon, d'Ironman. Il y a des femmes exceptionnelles qui arrivent à faire des trucs de fous avec des... avec des enfants. Donc déjà, n'ayez pas peur pour ça. On trouve toujours de l'aménagement. C'est sûr que c'est plus compliqué, mais on y arrive. Maintenant, il y a des tulles pour courir avec ses enfants, pour faire du vélo avec ses enfants. Il y a plein de choses qui sont possibles aussi. Donc ça, c'est cool. Et puis en fait, si après, vous n'avez pas envie, ce n'est pas grave non plus. Ça, c'est vraiment le message aussi que j'ai envie de dire. On change, on évolue. En fait, faites ce qui vous... Faites du bien. Juste pensez à vous et à votre santé mentale aussi aujourd'hui. Mais c'est ça, juste lancez-vous. Parce que pareil, il y a plein de filles qui me disent « On a peur de se lancer sur de l'ultra. Nous, on ne se voit pas dormir par terre, etc. » Regardez, moi, je ne dors pas par terre. En fait, chacun fait son truc comme il le veut et comme il le sent pour être bien. dans sa pratique du sport, en fait. C'est ça, le truc que je veux aussi...
- Speaker #1
Le message que je veux.
- Speaker #0
Bah ouais ! Non, mais c'est vrai, tu vois, des fois, on se dit... On s'auto-met des barrières. Oui, mais les autres, ils ne dorment pas pendant... Oui, mais en fait, toi, si tu veux dormir, tu dors. Si toi, tu ne fais pas de micro-sieste et que, tu vois, moi, par exemple, je ne suis pas comme ça, je n'arrive pas à dormir au bord d'une route, en fait, ce n'est pas grave. Ça n'empêche pas de faire des très belles courses. Il faut vraiment trouver... Et tous les gens qui font de l'ultra ne sont pas entre guillemets des gens rouges qui dorment en tente, qui ne se lèvent pas pendant quatre jours. Il faut de tout, en fait. Il y a de tout. tout et la pratique du sport et surtout du cyclisme, je pense, le montre, il y a de tout. Donc, si tu sais, il faut faire les choses pour soi et si tu les fais pour toi, pour ton défi personnel, en fait, tu seras trop fière de toi et tu seras heureuse et tu t'en feras, entre guillemets, comme les autres. On s'en fiche. C'est juste toi te prouver que tu peux y arriver.
- Speaker #1
Totalement. Merci beaucoup, Sandy. Merci pour tout ça, tout ce partage. C'était hyper chouette.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Pour ton lancement d'activité, je mettrai les liens si vous voulez être coaché par Sandy. En description, on te contente. Et puis, bonne Alpsan alors.
- Speaker #0
Oui, merci. Nous, on se revoit vite et du coup, si jamais tu passes en l'OZ, c'est trop cool. Merci beaucoup parce que j'adore tout ce que tu fais, Lorraine. Un plaisir de venir partager ça et n'hésitez pas aussi pour... les personnes qui ont besoin d'en discuter, que ce soit burn-out, maternité, etc., ou plein d'autres choses, ou du ultracitisme, du triathlon, ou des challenges, n'hésitez pas. J'adore partager, discuter, donc c'est trop cool. Merci de m'avoir laissée parler. Salut en tout cas, Lorraine. Merci.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode. Si vous vous a plu, n'hésitez pas à mettre 5 étoiles sur les plateformes de podcast, à nous laisser un commentaire. On lit tout et ça fait vraiment plaisir. Et vous pouvez aussi nous suivre sur Instagram et surtout vous abonner à la newsletter avec plein d'infos sur le sport outdoor au féminin.