- Speaker #0
La Sportive Outdoor, le podcast des sports outdoor aux féminins pour s'inspirer, apprendre et oser.
- Speaker #1
Bonjour à toutes, dans cet épisode, je reçois Sophie Dunagev, photographe professionnelle spécialisée dans la montagne. Sophie va nous parler de sa passion pour les montagnes, de son amour pour le jip à être barbu, et nous expliquer comment elle s'y prend concrètement pour réaliser ses clichés. Et en prime, elle nous donnera quelques petits conseils photos si on veut, nous aussi, essayer d'avoir de beaux clichés de montagne. Bienvenue Sophie, est-ce que tu peux te présenter déjà ?
- Speaker #0
Oui, merci beaucoup d'avoir donné lieu à cet échange. C'est intéressant de pouvoir partager pas mal de choses qui m'animent avec toute ta communauté. Je m'appelle Sophie et je viens de Haute-Savoie, d'un petit village dans les montagnes. Je suis photographe et je travaille aussi dans l'environnement. J'ai 35 ans et aujourd'hui, j'habite dans la vallée de la Haute-Tarentaise en Savoie. J'ai changé de département.
- Speaker #1
Ah oui, tu as quitté la Haute-Savoie.
- Speaker #0
Ça, je peux.
- Speaker #1
Tu as grandi dans un village de montagne. Est-ce que tu as toujours aimé la montagne, même étant enfant ? Est-ce que tu allais aussi peut-être déjà en montagne avec tes parents ?
- Speaker #0
Oui, en fait, j'ai eu beaucoup de chance parce que je viens d'une famille qui a été très proche des montagnes toujours. Je viens vraiment d'un mot typique comme on a dans les villages où en gros, on avait les grands-parents, les oncles et les tantes, cousins, cousines autour. Et donc, on était tous très souvent dehors. Pas forcément loin en montagne, mais on était dehors. Nos parents nous emmenaient toujours cliquer le mercredi ou le week-end dans les alpages au-dessus de la maison. Alors oui, j'ai toujours été très proche de la montagne, de la nature, en sachant que quand on était gamins, avec mon frère et ma sœur, on jouait beaucoup aux jeux vidéo, par exemple, ou on regardait plein de films. Et en fait, on vivait là-dedans, c'est-à-dire que tous ces beaux paysages qu'on voyait finalement sur notre écran quand il faisait mauvais temps et qu'on était dedans, une fois qu'on était dehors, on avait accès à tout ça en vrai. Et on a mis assez longtemps avant de se rendre compte de la chance que c'était, en fait, de pouvoir grandir dans cet environnement-là. Et je me suis vraiment rendue compte quand je suis partie faire mes études. Forcément, j'ai dû quitter les montagnes. Et en fait, je suis partie pour d'abord un an à Grenoble, ce qui était supportable, évidemment. C'est plutôt sympa, Grenoble. Et ensuite, je suis partie, par contre, à Bruxelles, dans le Pla-Pays, en Belgique. et là, c'était une autre paire de manches. En fait, c'est là que j'ai fait, je pense, la seule dépression de ma vie parce que j'étais loin des montagnes. Et à partir de là, il a fallu que je trouve des solutions pour revenir vivre en montagne. J'ai abandonné complètement mes études de traduction et je suis venue en montagne pour travailler d'abord dans le tourisme, pour ne plus jamais quitter les montagnes.
- Speaker #1
L'avantage, c'est qu'au moins, tu as su exactement ce qui était fait pour toi. Tu t'en es éloignée et direct, tu as vu l'effet. Au moins, c'est certain.
- Speaker #0
C'est ça. Finalement, je suis contente d'avoir pu essayer parce que finalement, vivre en ville, c'est chouette aussi parce que ça nous sort de notre toute petite communauté qu'on a dans les villages. Finalement, on a vite fait le tour de la question. On voit souvent les mêmes personnes. Et là, d'aller en ville, culturellement, ça ouvre énormément. Je suis contente d'être passée par cette étape-là.
- Speaker #1
Oui, carrément. Est-ce que tu t'es mise à la photo il y a longtemps ?
- Speaker #0
J'ai toujours aimé faire des photos. ça c'est sûr, depuis que nos parents nous achetaient les appareils photojetables, là déjà j'adorais ça, et en fait j'ai commencé de piquer, avec leur autorisation, mais l'appareil de mes parents, quand j'avais 12, 13, 14 ans, c'était un appareil argentique, avec un 300 mm dessus, donc ça veut dire que c'est déjà un bon zou pour faire de la photo animalière, et donc quand j'ai 12 ans, j'ai eu une chance énorme, j'ai pu aller en montagne toute seule, en partant à Pétit- depuis la maison. Donc, en sachant qu'il n'y avait pas encore les téléphones portables, alors c'est une chance vraiment folle. Je me dis, aujourd'hui, on pourrait peut-être faire ça aussi facilement. Mes parents me laissaient partir avec notre chien et en fait, il fallait que je revienne à une heure donnée. Je n'avais pas le choix. Et ce que j'aimais, c'était partir dans la forêt au-dessus de la maison et j'allais voir les chamois. Et avec ça, c'est comme ça que j'ai fait mes premières photos de chamois. Alors, elles sont drôles, les photos, parce qu'ils sont tout... petits, au milieu de la photo, super loin, on ne les voit pas, mais ce n'est pas grave, c'est mes premières photos. Après, j'ai eu un petit appareil numérique compact, comme ça se faisait beaucoup avant, et ça m'a bien permis d'aller faire plus de photos en montagne, mais il n'avait pas un super zoom. Après quoi, j'ai eu un appareil avec un zoom un peu plus puissant. C'est à 21 ans seulement que je me suis acheté mon propre matériel, un reflex, un Nikon, et depuis, je suis vraiment mordu.
- Speaker #1
Là, c'était parti. Tu as commencé quand même jeune, en fait. Au moins à pratiquer, sans avoir le gros réflexe tout de suite. Et comment as-tu été formée ? Est-ce que tu as vraiment appris de manière autodidacte ou est-ce que par moment, tu es aussi allée faire des formations ?
- Speaker #0
Alors, je n'ai pas fait de formation. Je suis plutôt autodidacte. Par contre, j'ai eu une grande chance. C'est que j'ai beaucoup traîné dans ma vingtaine avec un groupe. On était tout un groupe de photographes, en fait. On aimait faire de la montagne ensemble. On était un groupe de copains. Et dans ce groupe, il y avait des pointures, en fait, en photo de montagne. En paysage, notamment. Moi, je traînais énormément avec un photographe français qui s'appelle Alexandre Deschaux. qui m'a beaucoup ouvert les yeux sur la photo de paysage. Il fait toujours des photos très oniriques, très mystiques, avec beaucoup de brume, et qui était assez avant-gardiste en France là-dessus d'ailleurs. C'est lui qui a, je pense, participé à démocratiser les photos de sommets qui sortent des brumes, par exemple. C'est quelque chose qui me parle beaucoup depuis toujours. Donc finalement, à son contact, j'ai beaucoup appris indirectement. Il ne m'a jamais donné de cours ni rien, mais c'est en regardant qu'on apprend. Après, en photo animalière, on était entraîné avec une autre pointure. Il était jeune à l'époque, un peu moins maintenant. C'est Jérémy Villette, qui est un photographe animalier qui fait des photos d'animaux dans la neige, dans le blanc. Et à nous, quand on l'a connu, il était encore assez anonyme. Mais il faisait déjà ce genre de photos incroyables. Et du coup, ça a été une super inspiration tout de suite pour moi. En fait, j'ai eu ces deux exemples. c'était des piliers en fait et c'est comme ça finalement que j'ai beaucoup appris en sachant qu'en fait je pense qu'on n'a jamais fini d'apprendre celui qui croit qu'il sait déjà tout sur tout, il se plante un petit peu à mon avis, voilà on n'a jamais fini d'apprendre, d'avoir des inspirations d'avoir développé sa sensibilité en fait,
- Speaker #1
voilà ouais c'est sûr que ça s'arrête jamais en fait bon et c'est le côté de toi aussi c'est ça Et toi, qu'est-ce que tu fais ? T'aimes particulièrement dans les photos de montagne, qu'est-ce qui te fait vibrer dans la photo de montagne ?
- Speaker #0
Il y a plein de choses, parce que je fais à la fois des paysages et à la fois de l'animalier. J'aime beaucoup aussi faire des photos d'humains, de silhouettes dans les paysages. C'est ce qui va donner une sorte de dimension à ces énormes montagnes. Globalement, ce que j'aime, c'est qu'à chaque pas, à chaque moment, on peut avoir une surprise et avoir envie de sortir l'appareil, parce qu'il y a quelque chose de très beau qui se produit. En fait, ça dépend tellement déjà d'où on va, des conditions météo, de la saison, du moment de la journée. Il y a plein de choses comme ça qui font qu'à n'importe quelle minute, n'importe quelle seconde dans l'année, on peut faire une photo différente. Et ce que j'aime le plus globalement, c'est ces photos de montagnes qui sortent des brumes, comme je disais tout à l'heure. Ça, c'est vraiment quelque chose que je trouve hyper imposant et à la fois un peu rêvé. C'était, on dirait, des mondes inaccessibles. Donc ça, c'est quelque chose que j'aime bien. J'aime beaucoup les photos, pas mal de photos d'épicéas, de sapins qui sortent des brumes. Globalement, quand il y a les brumes dans les montagnes, ça fait ressortir les détails, les reliefs. Ça donne beaucoup de caractère. Après, j'aime bien aussi les photos de ciel bleu. Moi, ça me fait chaud au cœur parce que ça me rappelle tous ces bons moments passés en montagne, un grand beau temps. Et bien sûr, dans les photos d'animaux. Je vais beaucoup aimer les photos, pas forcément des super gros plans d'animaux, mais avec des belles ambiances ou bien une belle attitude de la part de l'animal. Globalement, j'aime tout ce qui est déjà relié à un bon souvenir, à un bon moment que j'ai vécu en montagne. Et à chaque fois, c'est des surprises.
- Speaker #1
C'est l'avantage, tu te laisses aussi surprendre. Finalement, en fonction de la météo, tu vas aussi avoir des ambiances différentes et que tu apprécies toutes finalement. Je trouve ça chouette, en fait. T'es toujours contente, au final. Et comment est-ce que tu travailles, d'un point de vue pro ? Est-ce que tu vas aller faire des reportages vraiment sur demande, où t'as une commande, en fait, et tu vas comme ça ? Ou alors, tu vas, toi, faire tes randos et tes photos, et puis ensuite, tu vas les vendre sur ton site ou lors d'expositions ?
- Speaker #0
Oui, c'est plutôt la deuxième option. En fait, je ne fais pas tellement de reportages. Donc, il faut savoir que la photo, c'est mon deuxième métier. J'ai un métier principal qui me prend beaucoup de... de temps en fait donc le temps restant pour la photo il me permet pas non plus de m'investir enfin je m'investis déjà énormément mais je préfère faire ce que j'ai envie donc je vais pas forcément répondre à des commandes pour des reportages ou des portraits je les fais avant je ne fais plus en fait et je me concentre vraiment sur ce qui me fait le plus vibrer donc les voilà les paysages les animaux et donc ce que je fais c'est que je vais en montagne en fait je vais je vais hyper rarement en montagne pour faire des photos. Moi je vais en montagne pour aller en montagne parce que c'est ce que j'aime, j'ai besoin de ça. J'ai besoin de marcher, j'ai besoin de m'aérer, j'ai besoin de tout ça. Mais si je ramène une photo, ça va être le bonus en fait. Et ça me fait hyper plaisir de voir que parfois... Certaines photos voyagent, font un bonhomme de chemin, elles vont être appréciées par des personnes, elles vont finir sur les murs de certains. En fait, c'est vraiment des gros bonus pour moi. Je les vends via mon site, mais je n'ai même pas de boutique en ligne. En fait, il faut que les personnes me contactent. En fait, je suis hyper nulle pour me le vendre. Donc, j'ai quand même fait la chance parce qu'on vient me chercher pour des expos. On vient me trouver. Voilà, c'est une grande chance. Mais si je voulais mettre encore plus d'énergie dedans, je pourrais. mais c'est pas trop mon ambition j'aime bien faire comme les choses il y a mais je me laisse porter c'est des choix,
- Speaker #1
il faut bien allouer son temps donc quelque part tu fais le choix qui te convient c'est nickel et puis c'est pas que de la chance je pense si on vient te chercher c'est parce que tes photos sont magnifiques j'ai jamais eu cette question de est-ce que tu sais improviser ou tu pars en rando et ensuite tu fais des photos ou l'inverse donc j'ai eu la réponse Mais du coup, ça veut dire que par contre, tu emmènes toujours ton appareil photo. Tu ne vas jamais te dire non, là, je ne le prends pas parce que je suis assez lourd.
- Speaker #0
Oui, ça m'arrive de ne pas le prendre parce que c'est vrai que j'ai un matériel qui est assez lourd, assez volumineux parce que j'aime bien avoir un zoom. Alors pas forcément que pour les animaux, mais aussi pour les paysages. J'aime bien aller chercher des détails assez loin. Et comme si j'avais une paire de jumelles tout le temps avec moi. Et donc, à cause de ça, c'est vrai que ça peut vite être dans certaines activités. Par exemple, hier, j'ai été faire du triton. Il y avait des conditions qui étaient magnifiques, mais j'ai quand même laissé l'appareil à la maison parce que c'est déjà assez dur comme ça. Globalement, c'est rare que je ne le prenne pas, l'appareil. Ça m'arrive même de le prendre quand je travaille à l'intérieur, au bureau ou quoi, parce que je sais qu'il va y avoir des belles conditions dehors. C'est toujours un œil à l'extérieur, en fait. Ça, c'est vraiment mon truc. Globalement, je prends mon matériel. On va dire 9 fois sur
- Speaker #1
10. D'accord. Et puis comme ça, tu saisis l'opportunité vraiment quand ça se présente. Et concernant, on va parler de tes photos d'animaux, comment est-ce qu'on fait ? Et comment est-ce que tu fais ? Parce qu'il y a plusieurs manières de faire. Mais est-ce que justement, tu vas te promener et t'espères voir des animaux à certains endroits ? Est-ce que tu vas rester vraiment à l'affût en mode statique à attendre et espérer à nouveau, cela dit, de voir des animaux ? Comment est-ce que tu t'organises ?
- Speaker #0
Oui, c'est vrai qu'il y a plusieurs possibilités. Alors, le mieux, c'est sûr que c'est de faire de l'affût. Parce qu'en faisant de l'affût, on a accès à des attitudes hyper naturelles. En fait, quand les animaux ne nous voient pas, c'est ce qui fait qu'ils vont avoir des attitudes naturelles. Moi, je n'aime pas trop les photos d'animaux qui nous ont vus ou qui fuient. Voilà, il y a quelque chose de triste derrière, finalement. Mais quand on arrive à se faire tout, c'est quand même pas mal. mais pour autant je fais quasiment jamais d'affût tout simplement parce que j'étais pas équipée en matériel en matériel photo pour faire de l'affût faut être faut avoir un gros gros gros zoom quand même en gros et ça fait pas si longtemps que je me suis équipée avec un zoom conséquent donc maintenant je vais pouvoir faire un petit peu plus d'affût même si c'est un peu frustrant pour moi parce que moi ce que j'aime c'est quand même me déplacer j'aime marcher, j'aime évoluer après je suis capable de rester statique pendant hyper longtemps ça y'a pas de problème mais quand on fait de l'affût en plus on n'est jamais sûr de voir quelque chose alors que quand on marche en fait on se balade c'est toujours génial en fait on voit toujours quelque chose même si on fait pas forcément tout slow voilà donc après je vais perdre l'affût si vraiment je me fixe un objectif en me disant j'ai vu ça, il faut absolument que j'y aille pour passer du temps mais c'est plutôt rare je vais plutôt me balader et puis comme je disais, la photo, elle vient en bonus. Après, avec les animaux, il faut quand même bien connaître la faune, il faut connaître ses habitudes parce que ça, c'est hyper important. Il faut surtout éviter au maximum de les déranger. Notre activité, ça ne justifie pas qu'on aille déranger la faune. Donc en fait, à partir de là, il faut connaître un peu leur lieu de vie. Ils peuvent changer suivant les saisons, suivant la météo.
- Speaker #1
et en fait à partir de là le mieux c'est d'aller chercher déjà avec une paire de jumelles ou une longue vue on peut déjà préparer et après essayer une approche discrète voilà donc en fait ce que tu fais c'est que tu connais les habitudes des animaux et la manière de ne pas les déranger quand on dit ne pas les déranger spontanément je pense à des périodes où il y a les petits et du coup il ne faut absolument pas déranger mais est-ce qu'il y a d'autres choses comme ça qu'on aurait Merci. pas forcément en tête. Je ne fais pas du tout de photos d'animaux, donc je n'ai pas du tout de réflexes de ce côté-là.
- Speaker #0
C'est des réflexes, c'est des choses qu'il faut avoir en tête même si on ne fait pas de photos, c'est-à-dire que par notre pratique outdoor, en fait, on... On est hyper envahissant pour les milieux naturels et donc pour la faune. Et en fait, là, on est en hiver actuellement. C'est la période la plus critique pour la faune sauvage. Parce qu'en tout cas, en montagne, il y a de la neige, même si on a des hivers qui sont quand même un peu moins rigoureux qu'avant. Il y a quand même de la neige. Là, il est tombé pas mal ces derniers jours. Et avec ça, ça va faire que les animaux, ils ont du mal à se déplacer. Comme nous, dans la neige, si on n'a pas de ski. ski ou de raquettes, on a du mal à avancer, c'est hyper fatigant. Même quand on doit faire la trace avec des skis ou des raquettes, c'est dur. Donc pour eux, c'est pareil, en fait, ils passent une énergie folle. Alors qu'en plus, l'hiver, c'est une période à laquelle ils ont très peu d'énergie parce qu'ils n'ont pas grand-chose à manger. C'est hyper dur de trouver de la nourriture. Donc voilà, l'hiver, en fait, c'est la période la plus critique pour la faune sauvage. Et c'est aussi la plus... À la limite, en été, en montagne, on est un peu canalisé sur les chemins de randonnée. On sort rarement. Alors qu'en hiver, chacun veut faire sa trace en ski de rando. On va un peu partout dans les pentes. Donc, on peut déranger vachement plus facilement la faune. Et ça, c'est quelque chose qu'il faut garder à l'esprit.
- Speaker #1
Ah oui, je n'avais pas réalisé ça pour l'hiver. Je ne me sais pas sortir des pistes. Je n'avais pas trop le problème. La recommandation, en tout cas pour tout le monde, c'est la recommandation classique qui est de rester sur les sentiers. Au moins, on va quand même moins déranger de se prendre du village en été. Et en hiver, mais qu'est-ce que... Tu vois, toi, concrètement, comment tu fais si tu sais que tu es complètement hors-piste ? Comment tu sais que tu as un risque de déranger ? Comment tu fais tes arbitrages du coup ?
- Speaker #0
Là, encore une fois, quand on a un peu de connaissances de la faune, on sait un peu dans quelles zones on peut trouver certaines espèces. Et justement, c'est les zones qu'il faut éviter au maximum. Après, quand on prend dans les domaines skiables, par exemple, il y a de plus en plus des zones de quétude qui sont mises en place pour les tétralyres, par exemple. Parce que les tétralyres, c'est des espèces de poules sauvages qui est qui font comme un trou dans la neige. Elles font comme un petit clou. Elles se laissent recouvrir par la neige quand il neige. Et donc, ces tétralyres, ils sont invisibles. Et on peut passer dessus avec les skis. Et un simple envol, en fait, ils ne mangent tellement rien l'hiver qu'un simple envol, ça peut compromettre leur survie. Donc, c'est pour ça que les domaines skiables, ils mettent en place, il y a des concertations pour mettre en place ce genre de zone avec des cordes et tout. Donc, si on voit ça dans un domaine skiable, même s'il y a de la super poudreuse, hyper alléchante, en fait, il ne faut pas y aller Merci. parce que c'est une zone de repos pour ces oiseaux, et le moindre dérangement pourrait compromettre leur survie. Donc voilà, en fait, il y a pas mal de choses comme ça qui font qu'en connaissant un peu les espèces, on peut facilement éviter. Et voilà, après, c'est divers, c'est sûr que notre simple présence, en soi, c'est problématique, c'est sûr que si on est groupé, un peu tous au même endroit, ça va, mais il n'y a pas vraiment de solution à part celle de parfois se dire « Ok, là, je n'y vais pas parce que je vais déranger » . Il y a quand même une chose assez facile qui vaut toute l'année, c'est que si on voit un animal, quel qu'il soit, il ne faut pas chercher à l'approcher. En fait, il faut absolument essayer de le laisser faire. Parfois, ils vont nous tolérer, on peut être assez proche, mais dans tous les cas, il ne faut pas forcer pour aller faire la photo et tout. Il faut vraiment leur laisser de l'air, parce que même si on les dérange juste une fois dans la journée, en fait, le lendemain, ils vont être dérangés 50 fois, et ils vont toujours fuir, ça va les épuiser. des petites choses qui sont... pas mal à garder à l'esprit.
- Speaker #1
C'est tellement important, je trouve, de rappeler ça. En fait, c'est des trucs un peu de base, finalement, mais qui sont essentiels. Et puis, on peut vite, en plus, se faire un peu entraîner par l'instant où on se dit « Ah, c'est trop beau ! » et on a même juste le réflexe d'avancer, alors qu'il faut rester à sa place et attendre gentiment. C'est ça,
- Speaker #0
c'est ce qui est dur. C'est ce qui est difficile. personne irréprochable, y compris moi en fait. Je ne vais pas m'imposer en donneuse de leçons, ce n'est pas du tout le but, mais plus pour prendre conscience que dans cet environnement, on n'est pas tout seul et que la montagne, malheureusement, on la qualifie trop de terrain de jeu et ce n'est pas un terrain de jeu en fait, c'est un terrain de vie. Il y a plein d'autres espèces que nous qui vivent et qui n'ont pas un frigo rempli toute l'année, qui n'ont pas toutes les facilités que nous on a pour vivre. Donc en fait, je pense qu'en ayant juste ça à l'esprit, en se plaçant pas au dessus de tout ça mais vraiment à égalité avec tout ça et bah on a une approche complètement différente qui est vachement saine.
- Speaker #1
Ouais complètement d'accord c'est clair que c'est essentiel, c'est une bonne base à avoir et une fois que tu as enfin toi du coup si tu vois un animal et comment est ce que tu vas faire un peu pour avoir une photo sympa donc tu vas pas donc évidemment le pourchasser pour essayer d'avoir une photo Mais est-ce que là, vraiment, tu restes très statique à ce moment-là et tu vas attendre qu'il soit dans une position sympa, qu'il ait une attitude sympa ? Et est-ce que ça peut durer un moment, du coup, à ce moment-là ?
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Si je le vois loin, si je juge que c'est trop loin et que la photo ne va pas être terrible, je ne sors même pas l'appareil. C'est quelque chose qu'on apprend au fur et à mesure du temps. Je trouve que c'est de ne pas sortir systématiquement l'appareil parce qu'on sait que ça ne va pas être joli, ça ne va pas être la peine. Après, si je le vois loin, si c'est un bouctin qui est sur une crête lointaine, c'est sûr que là, suivant l'attitude qu'il adopte, s'il est en train de marcher, ça peut être hyper beau. À ce moment-là, pour le coup, je vais éviter. mitraillé. Tout le temps, quand je fais une photo d'animaux ou de paysages, je prends plein de photos, enfin plusieurs photos de la scène parce que il peut y avoir un petit mouvement qui fait toute la différence ou un petit nuage qui fait la différence ou même une photo ratée dans le tas. Il faut toujours prendre une série, je trouve. Comme ça, on espère avoir une photo réussie dans le tas. Mais c'est sûr que bien connaître les animaux, là encore une fois, ça permet d'anticiper un petit peu leurs mouvements. et leurs attitudes, et du coup, de cliquer au bon moment, finalement.
- Speaker #1
Oui, j'imagine que c'est l'essentiel, en fait. Et quand on est, on parlait un peu d'affût, du coup, je me suis toujours un peu demandé, je t'avoue, quand on reste à l'affût hyper longtemps, genre vraiment plusieurs heures et tout, on pense à quoi ? Est-ce qu'on est vraiment focus juste sur sa photo, et en fait, on est en train de penser à est-ce que l'animal, il va arriver ? Ou alors, est-ce que tu pars complètement sur autre chose et potentiellement, je ne sais pas, tu es en train de faire ta liste de cours dans ta tête ?
- Speaker #0
Alors, je pense que ça dépend des gens. Pour ma part, quand on est en montagne ou quand on est dehors, d'une manière générale, je trouve qu'on a toujours les idées très claires. On réfléchit bien tout le temps. Il y a tout qui est cristallin. Donc, moi, j'aime bien ça. J'aime bien réfléchir à plein de choses. Je me laisse complètement méditer sur divers sujets en sachant que j'essaye de ne pas m'alourdir avec des sujets qui me pèsent. sur l'actualité ou quoi que ce soit d'autre. Tous ces sujets-là, je les laisse en bas. J'aime bien quand je suis en haut, penser à des choses assez positives, assez pures. Moi, comme je suis quelqu'un qui réfléchit tout le temps, qui pense tout le temps, je n'ai pas le temps de m'ennuyer. Je m'évade hyper facilement, je m'égare même. Après, si on attend un animal, on peut forcément avoir d'autres surprises avec d'autres animaux qui viennent, qu'on voit d'un peu loin. qui nous émerveillent. Rien que ça, rien que le fait de voir passer le temps, de voir passer la journée, de voir tout ce qui se passe, c'est merveilleux.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est une chouette expérience. Est-ce qu'il y a un animal qui t'a donné du fil à retente ? Alors évidemment, ce n'est pas une lutte, mais tu rêvais de photographier et tu n'y arrivais jamais pour une raison ou une autre.
- Speaker #0
Il y en a plein. Le numéro 1, c'est un peu classique, mais j'ai envie de faire le loup. Parce qu'on passe pas mal de temps à le chercher. Alors après, moi, je ne le cherche pas du tout assez. C'est-à-dire que si on veut vraiment faire une photo de loup, enfin des photos de loup ou juste observer, ça passe par là, en fait. L'observation avant la photo. Il faut passer un temps sur le terrain énorme pour comprendre les déplacements, pour comprendre tout un tas de choses. Et globalement, les loups, en fait, je les cherche sans les chercher. Je sais où... il faut aller en hiver pour tomber sur des traces, mais à chaque fois que je tombe sur des empreintes et que je suis une piste, il y a toujours un moment où je vais faire bitou, je vais abandonner parce que je sens, j'ai des pressentiments, je sens que j'arrive dans un coin secret et en fait, je n'ai même pas envie d'entrer là-dedans et je les laisse un peu tranquilles. C'est mon interprétation à moi, mais c'est comme ça que je le ressens. Et en fait, quand on essaye de jouer à ça, finalement de c'est d'espérer les voir mais sans trop espérer non plus et juste se dire qu'ils sont là en fait je trouve ça génial et tout ça en fait pour le seul look que j'ai vu de ma vie c'était en voiture à 500 mètres de chez mes parents donc j'ai une photo au téléphone portable voilà qui était courrie mais par contre c'était une rencontre vraiment magnifique là il était dans les phares de la voiture il marchait au début puis après il a commencé à trotter en direction de la forêt et ouais j'ai jamais vu un animal aussi qui dégage autant de poils puissance et de majesté, ça m'a vraiment fait ce qu'il était là. Et forcément, j'aimerais bien un jour faire une photo de loup, de jour, sympa, mais en sachant très bien, je ne la ferai sûrement jamais.
- Speaker #1
Peut-être ! Il se présentait comme ça devant une voiture, peut-être qu'un jour, tu auras la surprise. Est-ce que tu as un autre souvenir marquant à partager sur une rencontre qui t'a particulièrement marquée avec un animal ?
- Speaker #0
Alors, il y en a plein, Si je devais choisir une rencontre, ce serait tout simplement ma première rencontre avec un chamois, quand j'étais toute seule. J'ai parlé tout à l'heure du fait que quand j'étais ado, j'ai eu le droit de partir toute seule de la maison à pied. Et dans ces toutes premières sorties que j'ai eu le droit de faire, donc c'était en été. à trois quarts d'heure de marche à peu près de la maison, je suis tombée nez à nez avec un jeune chamois en plein milieu du chemin. Donc c'était un étherlou, ça correspond un peu à un adolescent. Et on est tombés l'un devant l'autre comme ça, nez à nez, deux adolescents un peu tout seuls qui prennent leur liberté pour la première fois presque en fait. Et on s'est regardés et il est parti tout tranquillement en contrebas. Et en fait, je garde un souvenir merveilleux de cette rencontre parce que c'était hyper beau. C'est pas souvent qu'on voit des chamois tout. près. Et en plus, il n'a pas eu trop peur. Il était assez tranquille. Et je me souviens, quand je suis redescendue après ma balade, vers chez mes grands-parents, je suis tombée sur l'un de mes oncles qui devait couper du bois dehors ou quelque chose comme ça. Et je lui ai raconté. Et en fait, j'ai très bien vu qu'il ne m'avait pas cru. Et ça m'avait frustrée. Je me disais, mais ce n'est pas possible. Et mine de rien, c'est aussi pour ça qu'après, j'ai pris l'appareil photo. C'était pour prouver que je voyais vraiment des chamois du haut de mes 12-13 ans. Une fille toute seule. Que je ne racontais pas des couacs. C'est trop marrant,
- Speaker #1
j'imagine. Elle est mignonne. C'est drôle, parfois, ces petits souvenirs-là qui déclenchent aussi des choses. Peut-être que sans ça, tu n'aurais pas été aussi fan de photos.
- Speaker #0
Peut-être.
- Speaker #1
Et donc toi, tu es aussi complètement amoureuse, je pense qu'on peut le dire, du j'ai pas hâte barbu. Qu'est-ce qui est si fascinant dans cet oiseau à tes yeux ?
- Speaker #0
il y a plein de choses esthétiquement c'est un oiseau qui est magnifique il est très marquant n'importe qui qui a vu un j-paillette barbu dans sa vie de près reste vraiment marqué parce que c'est un oiseau qui est énorme déjà il fait quasiment 3 mètres d'envergure d'un bout à l'autre de l'aile alors moi je suis toute petite je fais 1m50 à l'an de j-paillette c'est deux fois moi c'est déjà énorme et le j-paillette il a cette classe il a toujours l'air implacable Il a ce plumage doré et noir. Je trouve que c'est deux couleurs qui vont hyper bien ensemble. Il est hyper beau et il est fascinant parce qu'il a des mœurs qui sont assez étonnantes. Il casse des os pour se nourrir. Il va prendre des bains de boue pour se colorer, se maquiller aussi. On ne sait toujours pas exactement pourquoi, mais il fait ça. Et puis, il a cette manie de venir voir les humains hyper près quand il a envie. Là où un grand rapace comme l'aigle royal va être hyper près. pas rouges, le jipaïque il peut très bien venir te survoler et faire demi-tour un peu plus loin et revenir te survoler tout près, t'examiner. C'est un oiseau qui est facile à plein d'égards.
- Speaker #1
C'est marrant ça. Tu disais qu'il casse des os, tu peux nous expliquer ce qu'il fait avec ça ?
- Speaker #0
C'est assez étonnant, il mange des os, il vient vraiment en bout de chaîne alimentaire, le jipaïque barbu. C'est vraiment un nettoyeur des montagnes, il fait partie de la famille des vautours. En Europe, on a quatre espèces de vautours et la plupart se nourrissent de la chair et tout ça. Et le gypaète, il peut se nourrir de la chair, des carcasses, mais à la fin, il va manger les os. Donc il va vraiment nettoyer. Il va prendre les os dans son bec, il va les avaler tout rond. Et si les os sont trop gros pour être avalés d'un coup, en sachant qu'il arrive déjà à avaler des os immenses, il arrive à tordre son gosier, c'est assez impressionnant. Mais si les os sont trop gros, il va les prendre dans ses serres. il va emmener l'os avec lui supéro, enfin supéro, pas non plus énorme mais au sud d'un pierrier donc une zone bien dure, il va lâcher l'os et là paf l'os il va s'éclater contre un caillou en plusieurs morceaux et là il va pouvoir le manger et il mange les os notamment parce qu'à l'intérieur il y a de la moelle et la moelle c'est hyper nourrissant voilà.
- Speaker #1
Ah oui c'est un grand malin en fait super malin. Faut pas être dessous quand il a décidé de casser des os Ils savent que ça se casse sur les pierres. Je trouve ça fascinant ce genre de choses.
- Speaker #0
Oui, ils apprennent. J'ai déjà vu un jeune jip à être barbu qui s'était envolé du nid depuis pas longtemps. Le nid, ce n'est pas la maison des oiseaux. Le nid, c'est plutôt le berceau. Les oeufs sont pondus dans le nid. Ils vont éclore. Le petit va grandir jusqu'à atteindre la taille adulte. Dans le nid, ils ont encore la taille adulte. Ils ont déjà la taille adulte. Ils prennent leur premier envol et après, une fois qu'ils volent pour la première fois, ils ne retournent pas dans le lit. Bref, ce jeune type a été barbu. On le reconnaît parce qu'il a un plumage qui est très sombre par rapport à l'adulte. Il essayait de casser des eaux, mais sur une pente d'herbe, ça ne marchait pas. Ça rebondissait et tout ça. Alors je me dis qu'il y a quand même de l'observation. Ils doivent voir leurs parents faire. Et après, ils comprennent qu'il faut que ça casse sur un pierrier pour que ce soit plus efficace. Il y a une petite phase d'apprentissage à l'école. Est-ce que tu te souviens de ta toute première rencontre avec cet oiseau ?
- Speaker #1
Oui, je m'en souviens bien. C'était en 2011, avec mon papa. Il m'avait emmenée, parce que c'est quand j'avais 20-21 ans que j'ai vraiment commencé de m'intéresser très fort aux oiseaux. Et en fait, il m'a emmenée en montagne faire une randonnée dans les montagnes de Styx. Et on était au-dessus du refuge de la Vosgeal, où d'ailleurs j'ai bossé quelques années après. Et on regardait en direction de ce qu'on appelle le bout du monde, le fond de la fonde, et il y a un jipette qui est passé en bas de nous, un jeune, et il était immense. Il y avait le soleil qui se reflétait sur son dos, sur son plumage. Là, c'était magnifique. Et ce n'était pas une observation hyper proche, mais j'ai quand même été complètement subjouée par cet oiseau. Et comme mon père savait qu'il y avait un couple à Sixte, en fait... Il m'a emmenée là-bas aussi pour ça. Il m'a emmenée aussi dans ma cible du bar J. Et là, c'est là que j'ai fait mes premières observations très proches. Et mes premières photos qui ressemblent à quelque chose.
- Speaker #0
C'était quand même le coup de cœur au premier regard.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. J'ai même retrouvé une photo de moi, gamine, dans ma chambre, avec une photo de J-Pet qui était punisée sur la poutre. Bon, je ne m'en souviendrai pas spécialement, mais ça ne vient pas de nulle part, il faut croire.
- Speaker #0
Est-ce que tu as eu une photo justement de J-Paed dont tu es particulièrement fière ?
- Speaker #1
Ah ! Alors déjà, j'ai du mal à être fière d'une photo. Mais en tout cas, contente, oui, il y en a plein. Contente de pas mal de photos de J-Paed. En fait, j'en ai plein maintenant. Mais bizarrement, je n'ai pas une photo que je trouve vraiment extra. C'est bizarre. C'est peut-être parce qu'on voit beaucoup, beaucoup de photos de J-Paed barbus. Et en fait, je n'arrive pas à me dire, ouais, j'ai fait une chute. super photo là. Non, je pense que je suis encore en attente de la faire. Et à la fois, il y en a plein que j'adore parce qu'ils sont liés à des super souvenirs où en fait, ils sont venus me voir tout près ou bien il y avait un super paysage derrière. Il y a tellement tellement de belles rencontres que j'ai faites avec ces oiseaux. C'est incomparable en fait, surtout que dans ma vallée, là où je vis aujourd'hui, on a pas mal de couples autour. Ils ont tous un petit nom en fait, le mâle et la femelle. On arrive à les reconnaître par leur plumage. Il y a des petites différences qui sont assez infimes, mais grâce à des spécialistes, on arrive à déterminer. Et le fait de pouvoir les nommer, de pouvoir leur donner un petit nom et les identifier quand on les voit, c'est génial. On ne peut pas dire que c'est de nos amis, parce que ce ne sera jamais le cas. On ne va pas faire d'anthropomorphisme, mais en tout cas, on s'y attache, c'est clair.
- Speaker #0
Il y a quand même une relation de proximité, d'une manière ou d'une autre, qui se crée.
- Speaker #1
C'est ça. tellement de fois où ils sont venus voir tout près et je me dis mais c'est pas possible est-ce que peut-être ils me reconnaissent c'est un peu prétentieux de dire ça je pense parce qu'on saura jamais si ça se trouve c'est complètement faux mais en fait on sait pas quoi parce qu'ils voient pas tout à fait comme nous ils voient pas comme nous, ils voient les UV alors est-ce qu'ils voient des choses un peu différemment je sais pas c'est la part de mystère qui est sympa c'est ça et on va passer à quelques petits conseils pratiques si
- Speaker #0
Les auditrices et auditeurs qui nous écoutent ont envie aussi de faire des belles photos de montagne. Bon, on ne va pas réussir tout de suite à faire des photos aussi belles que les tiennes, mais peut-être que tu as quand même quelques petits conseils qu'il faut donner pour quelqu'un qui souhaiterait débuter en photo de montagne.
- Speaker #1
Eh bien, oui. Alors déjà, la base de la vase, c'est qu'il faut se faire plaisir. Moi, je pense qu'il ne faut pas se forcer à faire quelque chose. Il ne faut pas dire « Ah tiens, je vais faire la même photo que ça » . Il faut vraiment aller en montagne, se laisser porter et dès qu'on trouve quelque chose, beau, on essaie de le prendre en photo. Forcément, les premières fois, ça ne rend pas aussi bien que ce qu'on voudrait. Après, mine de rien, le matériel, ça joue aussi. On a la chance maintenant de pouvoir se procurer du bon matériel assez facilement sans dire d'avoir des appareils qui coûtent des milliers d'euros. Ça peut faire déjà une bonne différence d'avoir un bon matériel, mais ce n'est pas obligé. On peut faire des super photos avec un smartphone sans problème juste parce que la scène est hyper jolie. On a bien cadré tout ça. Il y a vraiment une histoire de feeling, de sensibilité qui s'affine avec le temps. C'est une histoire de regard, en fait. Je pense que tant qu'on n'a pas la sensibilité, qu'on n'a pas un regard, pas forcément hyper poétique, mais un petit peu quand même, on fera des photos qui sont peut-être un peu plus dénuées de sens ou en tout cas un peu plus brutes, mais qui peuvent être très jolies aussi. En fait, c'est une histoire d'appréciation. On n'aime pas toutes les mêmes choses. Mais en tout cas, il faut bien connaître les conditions en montagne. Ça, c'est assez indispensable. Parce que suivant la lumière, le moment de la journée, la saison, tout est différent. Suivant la météo, bien sûr aussi. Donc bien apprendre à regarder ça et se dire, tiens, c'est quoi qui me fait vibrer ? Qu'est-ce que j'aime forcément regarder ? Voilà. Et après, on va développer quelque chose qui nous ressemble.
- Speaker #0
Il faut tester et puis affiner au fur et à mesure. C'est ça. Et comment est-ce qu'on arrive justement, tu parlais de ce qui fait vibrer, du côté aussi émotion et sensible. Les montagnes, quelque chose qui n'est pas simple non plus, c'est que... du coup c'est quand même très magistral, quand on le voit c'est en 3D et on se retrouve avec une photo qui est en 2D ou parfois si on a pris la photo on se dit mais c'est un peu comme si c'était écrasé et ça rend pas ce côté magistral et sur des photos comme les tiennes je trouve que justement ça va ressortir vraiment par exemple ces photos on parlait des petites ambiances de brume et tout mais pas que est-ce que ça c'est pareil en fait ça vient un peu au fur et à mesure et on apprend un peu à voir Cette chose dans la montagne qui, en fait, est peut-être un petit point de détail, mais qui fait que ça va ressortir vraiment majestueux,
- Speaker #1
je dirais. Oui, c'est sympa ce que tu dis déjà. Ça me fait plaisir que tu aies ressenti ça sur mes photos. Effectivement, le fait de ressortir la majesté ou le côté imposant, ce n'est pas évident. Après, ça va dépendre d'abord, je pense, du type d'objectif qu'on va utiliser. Si on fait une photo en grand angle, c'est-à-dire très large, où on voit vraiment plein de montagnes, forcément ça va écraser un peu plus les sommets. Alors que moi, je travaille beaucoup avec un bon zoom. Le fait que je vais zoomer sur les sommets, ça va tout de suite leur donner un peu de détail, leur donner une force. Après, il y a une histoire de cadrage quand même. On peut faire résonner cette grandeur avec un petit élément sur la photo. Je parlais soit d'un animal, d'une personne, d'un chalet. Ça va donner beaucoup plus de force aux plans. Il y a aussi un effet assez magique avec le zoom, c'est que quand on va zoomer sur une suite de chaînes de montagne, ça va écraser les plans et les montagnes qui sont au fond vont paraître encore plus grandes. Ça, c'est un effet optique naturel que j'adore utiliser aussi. Et puis enfin, dans un second temps, il y a vraiment les conditions météo qui vont faire ressortir ça. Je parlais des brumes, la lumière qui va arriver sur le sommet. Le lever ou le coucher de soleil, ça fait son effet aussi. Voilà, c'est différentes choses qui vont faire qu'on va réussir à faire ressortir ce côté majestueux.
- Speaker #0
Il y a plein de choses dont on peut se servir, apprendre à se servir pour faire ressortir ça. Est-ce que tu as quelques astuces aussi à partager pour la photo animalière cette fois ?
- Speaker #1
Oui, alors déjà, être très patient, forcément, parce qu'on voit passer plein de photos magnifiques sur les réseaux. Et en fait, c'est dur d'arriver à ça, souvent. Donc le premier truc, comme je disais, c'est d'être patient, d'avoir une éthique vraiment importante, c'est-à-dire de ne pas chercher à pâter les animaux, de ne pas chercher à les faire fuir, de ne pas même faire des voyages pour aller faire des photos d'animaux au-delà de la planète, où ils sont dans des afflux, ils leur donnent de la bouffe et tout. Moi je trouve que c'est un peu dommage après, chacun fait ce qu'il veut. Ça enlève une part de magie qui est énorme. Et puis, ça fait vraiment celui qui utilise la faune pour sa propre gloire, un peu. Je ne suis pas sûre que ce soit vraiment pour servir les animaux. Et au contraire, il faut garder à l'esprit que si on fait des photos d'animaux, ce n'est pas pour nous, mais c'est pour eux, en fait. C'est pour essayer de les mettre un peu en valeur et de sensibiliser sur leur existence, tout simplement. Et donc, il faut être patient. Il faut connaître leurs habitudes, comme j'ai dit plus tôt. Ça, c'est hyper important. on peut y passer énormément de temps parce que suivant les espèces, les habitudes on peut passer une vie à essayer de les comprendre et on ne les comprendra pas tout à fait voilà, mais toujours se dire que ce n'est pas forcément la photo de tout près qui va être la meilleure parfois on peut rester assez loin et avoir des super ambiances des super poses,
- Speaker #0
voilà ça fait plein de bons conseils tout ça Et quels sont tes projets, toi, alors, pour les prochains mois ? Est-ce que tu as des expos, des livres ? Raconte-nous ton actualité.
- Speaker #1
Alors, expo, j'ai le plaisir d'exposer dans... Alors, ce n'est pas une grande salle d'expo, mais c'est un endroit que j'adore. C'est le centre nordique de Pézé-Valandry, Pézé-Nancroix. Donc, c'est là où on va faire du ton. C'est à côté de chez moi, en fait. Et moi, j'adore cette vallée. Je fais beaucoup de photos là-bas. Je travaille aussi en partie là-bas. Donc je vais exposer là-bas fin janvier, début février. Et ensuite, je n'ai pas d'expo spécialement prévue parce qu'en fait, comme je disais au début, je ne me vends pas du tout. En fait, je ne démarche pas. J'ai du bol parce qu'on vient me chercher quand même pour des expos, mais je ne démarche pas du tout. Après, il faudrait que je démarche un petit peu plus. par principe, parce que sinon ça va pas. Donc j'aimerais bien, j'ai un rêve en fait, de faire un livre sur ma vallée actuelle. J'ai déjà fait un livre qui est sorti il y a un an sur ma vallée d'origine en Haute-Savoie, donc c'est le village de Bellevaux qui est dans le Ausha. Et là j'aimerais faire un livre sur la Haute-Tarentaise, c'est vraiment mon objectif suivant, je suis pas sûre de réussir à l'atteindre, parce que faire un livre c'est quand même beaucoup de... d'investissement dans tous les sens du terme, qui est assez énorme. Mais j'aimerais vraiment réussir à faire ça. Mais pour le faire, il faudrait que je fasse un peu plus de photos d'animaux, peut-être. En paysage, j'ai déjà ce qu'il faut, mais voilà, pas mal de photos d'animaux sur certaines espèces, pour que ce soit quelque chose d'assez complet, où j'ai des choses à lire.
- Speaker #0
C'est un chouette projet dans tous les cas, même s'il ne sort pas tout de suite, parce que c'est effectivement plein d'énormément de travail. Ça fait quand même un beau projet et l'expo, c'est sympa aussi. Et pour terminer, j'ai toujours une petite question traditionnelle. Est-ce que tu as un message que tu as envie de passer aux sportives outdoors qui nous écoutent ?
- Speaker #1
Oui, franchement, la montagne, c'est hyper beau. Donc pour celles qui ne connaissent pas la montagne, venez faire apport. On a plein de massifs qui sont très beaux, très différents les uns des autres. Donc il y a vraiment de quoi s'éclater en fond de plein les yeux. Et puis surtout, par rapport à tout ce que j'ai dit avant, le principal, c'est de prendre le temps. ne pas forcément chercher à faire de la performance tout le temps, juste des fois s'arrêter, regarder, contempler, prendre le temps et se dire qu'on n'est pas tout seul à vivre là. Comme j'ai déjà dit, vraiment se mettre au niveau de tout ce qui nous entoure et en fait, ça peut être que hyper bénéfique. Voilà, rappelez-vous qu'on est hyper nombreux à partager cet espace.
- Speaker #0
C'est un bon message pour terminer. Et bien merci beaucoup Sophie, c'était ultra intéressant de comprendre ton approche, de comprendre comment tu fais, de voir toutes ces infos sur la photo de montagne, de nature, vraiment intéressant. Donc un grand merci et puis bientôt pour de nouvelles aventures sur la Sportive Outdoor.
- Speaker #1
Merci beaucoup !
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode. Si il vous a plu, n'hésitez pas à mettre 5 étoiles sur les plateformes de podcast, à nous laisser un commentaire, on l'écoute et ça fait vraiment plaisir. Et vous pouvez aussi nous suivre sur Instagram. et surtout vous abonner à la newsletter avec plein d'infos sur le sport outdoor au féminin.