- Speaker #0
La Sportive Outdoor, le podcast des sports outdoors aux féminins pour s'inspirer, apprendre et oser.
- Speaker #1
Bonjour à toutes, aujourd'hui je reçois le docteur Stéphanie Leclerc-Mercier, dermatologue et traileuse, pour parler d'un sujet qui nous concerne toutes dès qu'on met le nez dehors, comment protéger sa peau lorsqu'on pratique les sports outdoors. Dans cet épisode très concret, Stéphanie va faire tomber certaines idées reçues et nous donner les bons gestes à adopter. Bienvenue Stéphanie, est-ce que tu peux te présenter déjà et puis nous expliquer ton parcours de dermatologue ?
- Speaker #0
Bonjour Lorraine, tout d'abord merci de me recevoir, ça me fait très plaisir. J'ai un parcours de dermato, on va dire pas très classique, souvent les dermato s'installent et puis voilà ce qui se passe. Et moi j'ai fait un parcours hospitalier long, à temps plein et à temps partiel, une installation au cabinet format classique du coup. du centre de santé. Et aujourd'hui, j'ai même fait aussi une expérience dans l'industrie dermocosmétique, avec toujours une activité de consultante aujourd'hui. Et donc, pour la partie dermato, actuellement, je travaille encore un peu à l'hôpital. Je suis installée comme dermato en cabinet. Et je travaille aussi à l'INSEP. Donc, tu connais l'INSEP, au Bois de Vincennes, où j'ai une vacation de dermatologie pour les sportifs de haut niveau. C'est très sympa. Et puis, je travaille aussi beaucoup sur un gros projet, comme tu le sais, sur le sport et la dermatologie, avec le lancement cette année, en 2026, d'une association qui va être complètement dédiée à ce projet, à la fois pour la recherche et pour la sensibilisation.
- Speaker #1
Ça fait plein d'expertises différentes. C'est vrai que là, tu es allée toucher à plein de choses dans ton secteur. C'est hyper intéressant.
- Speaker #0
Et du coup, c'est effectivement varié et passionnant.
- Speaker #1
Oui, j'imagine. Et quel sport tu pratiques alors ?
- Speaker #0
Alors beaucoup, comme pour la Dormato, un peu touche à tout. Bien sûr, beaucoup de courses à pied, beaucoup de trails, de la rondeau dès que je peux. Et partout où je suis, à la fois en montagne, à la mer, en campagne. J'adore marcher, découvrir les endroits en marchant ou en courant d'ailleurs. Et puis l'hiver, du ski, beaucoup de ski de fond, de ski de rondeau. Et puis au quotidien, du vélo pour me déplacer et du pilates pour faire du bien à mon corps.
- Speaker #1
Ça fait plein de trucs. Et comment ça t'est venu de t'intéresser à la peau des sportifs en particulier ? Est-ce que c'est venu, tu vois, à force de voir peut-être des cas où tu disais juste, il y a eu pas mal de soucis de ce côté-là ? Est-ce que c'est juste parce que toi, tu pratiques et du coup, forcément, tu es très sensible à ça ?
- Speaker #0
En fait, ça fait un moment que du coup, je me dis, je conseille quand je peux des gens que je croise, des amis, des gens au club. qui peuvent avoir un problème de peau, etc. Et c'est vrai qu'au début, je n'avais pas pensé à la fois mettre les deux expertises ensemble, la connaissance du milieu sportif et la dermatologie. Et puis là, quand je me suis réinstallée en cabinet, je me suis dit que je ne voulais pas faire que du cabinet et que j'avais envie de travailler beaucoup sur la prévention aussi. Il n'y a pas de temps, aujourd'hui, médical qui est accordé à la prévention. En ce moment, c'est la semaine de la grève de la médecine libérale. Je suis en grève, ce qui me permet de... d'être avec toi ce matin, effectivement, et notamment, une des revendications qu'on peut faire, c'est que le temps est vraiment dédié 100% au traitement et pas du tout à la prévention. Et pourtant, la prévention, c'est crucial. Et je me suis dit, j'ai envie de faire de la prévention. J'ai envie d'avoir une activité qui me porte et qui me motive énormément à côté de ma pratique de dermato classique. Et en fait, vraiment, le facteur déclenchant, ça a été ma course sur l'échappée belle. où en 2024, il a fait une météo incroyable. Et j'ai vu à la fois les gens tomber comme des mouches à cause de la chaleur, qui était vraiment importante, même en altitude. Et du coup, pas du tout protégé, pas de chapeau, pas de casquette. Donc, des coups de chaud, pas protégé du coup du soleil sur le plan dermatologique. Donc, des coups de soleil. Et je me suis dit, en fait, c'est ça mon sujet. Je suis sur le terrain. Je vois les gens insuffisamment protégés parce qu'on n'en parle pas, parce qu'on n'y pense pas. Et en fait, c'est ça que je veux faire. Je ne veux pas me dire que je suis restée les bras croisés à regarder ça et ensuite, dans dix ans, voir tous les sportifs, jeunes ou moins jeunes, arriver en consultation de dermatologie alors que j'aurais pu bouger sur ce sujet. Donc voilà comment ça s'est lancé.
- Speaker #1
C'est un beau projet, je trouve. C'est clair que la prévention, c'est tellement important. Et puis, c'est ce que tu dis. En fait, ça paraît absurde qu'on n'en parle pas. autant parce que finalement c'est un peu évident quand on se met dehors on reste de longues heures dehors et pour autant c'est vrai qu'on va plus se préoccuper de trucs qui sont plus futiles j'ai l'impression finalement que ce soit les organisations de course les FEDE avec
- Speaker #0
qui je suis en contact maintenant pour mon projet tout le monde me dit mais ouais t'as raison C'est vraiment juste que le sujet n'était pas au centre. Il ne doit pas être au centre, bien sûr. Il y a d'autres sujets dans l'activité sportive, mais en tout cas, il doit vraiment faire partie des sujets santé, longévité pour les sportifs. Ça, c'est certain.
- Speaker #1
C'est sûr. Et lors du dernier UTMB, tu as mené une étude. Est-ce que tu peux nous expliquer quel était l'objectif ? Est-ce que les conclusions ont déjà été tirées ou est-ce que c'est en cours ?
- Speaker #0
Absolument. Donc effectivement, on a fait une grosse étude au début. Moi, j'avais prévu une petite étude française et puis j'ai eu la chance de pouvoir collaborer avec une équipe américaine. On s'est retrouvés à envoyer, moi d'abord et eux ensuite, un projet à la commission médicale de l'UTMB qui m'a proposé du coup de pouvoir collaborer avec cette équipe puisqu'on voulait parler de photoprotection. Et donc en fait, le projet a été double, à la fois faire une enquête auprès des trailers qui participaient aux courses de l'UTMB sur le soleil, leur connaissance du soleil, leurs habitudes de photoprotection. Et pour ça, on a recueilli 2600 questionnaires, ce qui est vraiment énorme. C'est la plus grosse étude jamais faite sur le sujet. Et puis aussi un deuxième objectif qui était effectivement de sensibiliser, d'en parler, mais pas seulement les coureurs, mais aussi leurs familles, leurs enfants, les bénévoles sur place, et parler aux plus de personnes possibles du soleil. Et on a sensibilisé plus de 6000 personnes, ce qui est aussi énorme. On était une petite équipe, une dizaine. Et donc, on parlait de 8h du matin jusqu'au soir. On était à la sortie des dossards. Ceux qui nous ont croisés doivent s'en souvenir. Et donc, les premiers résultats, effectivement, c'est un peu enfoncer des portes ouvertes. On savait qu'on n'aurait pas des très bons résultats. La photoprotection est loin d'être optimale, et notamment vestimentaire. Donc ça, on va en reparler sur comment bien se protéger du soleil. Et c'est vrai qu'on n'adapte pas forcément nos conditions. de protection solaire aux conditions météo, par exemple, etc. Donc, il va falloir qu'on renforce ça. On va refaire une étude cette année qui sera du coup plus sur l'éducation et voir effectivement est-ce qu'on améliore cette attitude de protection solaire en faisant une petite éducation sur comment bien se protéger, quels sont les risques, etc.
- Speaker #1
Super intéressant. Avant de démarrer sur tous les bons gestes à adopter, est-ce que tu peux nous rappeler les risques qui sont associés à l'exposition au soleil sans protection ? On s'est rencontrés au Trail Summit, une expérience qui était à Aix-les-Bains. Tu as fait une conférence. Lors de la conférence, je me souviens m'être dit que les risques sont énormes. J'avais déjà l'impression d'être sensibilisée au sujet, de faire attention. Mais pour autant... Vous ne pensez pas que c'était à ce point-là. Je pense que c'est important de le rappeler.
- Speaker #0
Oui, absolument. Le risque à 100%, je vais le dire tout de suite, parce que comme ça, on le met de côté, c'est le vieillissement cutané. Dans 100% des cas, plus on prend le soleil et c'est cumulatif, plus on va avoir la peau qui vieillit. Les phototypes clairs, c'est-à-dire les personnes à peau plutôt claire, vont avoir beaucoup de rides. Ces fameux visages burinés, creusés, qu'on voit par exemple sur les guides de montagne, moniteurs de ski ? les gens qui font beaucoup de voiles, etc. Donc ce visage très creusé par le soleil, avec ses petites rides en parallèle sur les joues. Et aussi les tâches qui sont présentes chez les gens qui ont la peau claire, mais aussi vraiment beaucoup plus encore chez les gens à peau plus pigmentée, puisque le soleil, bien sûr, affecte aussi énormément les peaux pigmentées, contrairement à ce qu'on peut penser. Et puis bien sûr, le risque le plus grave, c'est le risque de cancer de la peau. Puisque les UV sont responsables en moyenne de 80% des cancers cutanés, donc c'est vraiment énorme, c'est le facteur de risque numéro 1. Au sein de ces facteurs de risque, le risque le plus important, c'est le fait de prendre des coups de soleil. Donc il faut vraiment éviter de prendre des coups de soleil. Moi, je dis à mes patients, et c'est vrai, depuis que je suis devenue dermato, je n'ai plus pris de coups de soleil, mais vraiment, réellement. J'ai compris le risque que je prenais en prenant un coup de soleil sur ma peau. Et notamment, effectivement, dans l'enfance, avant 15 ans, c'est-à-dire qu'on sait qu'un seul coup de soleil, ça, c'est des publications scientifiques, ce n'est pas moi qui l'invente, un seul coup de soleil avant 15 ans double le risque de développer un mélanome, qui est le cancer cutané le plus grave. Et là, il y a une étude récente, dont je n'ai pas parlé au Trail Summit, mais qui est sortie, et qui dit qu'avant 15 ans, chaque coup de soleil supplémentaire augmente ce risque de 3%. Donc, c'est vraiment très important. Et donc, protégez-vous, si vous m'écoutez, et protégez vos enfants. Vraiment, en fait, il ne faut pas exposer les enfants au soleil. Ils sont en plein développement de leur système immunitaire. Il n'est pas mature. Leur barrière cutanée, chez les plus petits, n'est pas non plus complètement mature. Et donc, il faut vraiment complètement les protéger. et protégés entre guillemets comme un enfant de dermato. C'est-à-dire que moi, il y a quelques années, la protection était moins développée que maintenant. Et déjà à l'époque, mes enfants à la plage, déjà on les reconnaissait parce qu'ils n'étaient pas à la plage aux heures à risque. Et puis c'était ceux qui avaient le t-shirt anti-UV, le chapeau, les lunettes. Enfin voilà quoi. Et maintenant, heureusement, les parents, et ça c'est vraiment un plaisir au cabinet, de voir qu'il y a quand même de plus en plus d'attention portée à la protection solaire des enfants. Mais il n'y a pas que les enfants, il faut aussi que vous vous preniez soin de votre peau.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est incroyable. Je trouve le fait de se dire que même un seul coup de soleil, en fait, ça a un tel impact.
- Speaker #0
C'est énorme.
- Speaker #1
C'est énorme. Je trouve qu'on a quand même tendance à se dire, bon, je fais attention, j'en entends normal. Et ah bah là, j'ai oublié, il y en a un et ce n'est pas très grave. Mais en vrai, c'est déjà grave.
- Speaker #0
C'est ce que je dis. Je dis effectivement, un coup de soleil, ce n'est pas un souvenir de vacances, c'est un vrai risque pris pour sa peau. Vraiment.
- Speaker #1
C'est une bonne punchline, ça. Et pourquoi est-ce que les sportifs d'endurance sont particulièrement exposés ? Parce qu'il y a bien sûr le temps passé dehors, mais il y a aussi d'autres facteurs, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, tu as raison. Le temps passé dehors, bien sûr, est hyper important puisque c'est un risque cumulatif. Plus on prend des UV, plus on a un risque. Donc ça, c'est vraiment un gros facteur. Le fait que ce temps soit aussi en milieu de journée, le milieu de journée, les heures à risque, c'est entre 11h et 16h à peu près en France métropolitaine. Ça dépend d'où on se trouve dans le monde. Et puis, effectivement, des facteurs supplémentaires comme l'altitude, par exemple. Tous les 1000 mètres, on prend 10% d'UV supplémentaire. Donc, par exemple, en Alpi, à 3000 ou 3500 ou plus, tu imagines bien combien d'UV on prend. L'albédo, c'est-à-dire la capacité d'un sol à refléter les UV. Et donc, tout ce qui va être roche claire et surtout la neige vont refléter énormément. La neige, ça reflète selon la nature de la neige, 80 à 90% des UV. Ça veut dire que tu prends 100% par le haut et 80 à 90% par le bas. C'est vraiment la double peine. Et puis la transpiration qui majeure la capacité d'absorption des UV. Et ça, il y a des études qui montrent des 17 minutes de course à pied. Ça, ça a été très bien étudié. Il y a beaucoup d'études sur le sujet. Et puis parce que quand on fait de l'endurance, on oublie de se recrémer. tout simplement, quand on dépasse les fameux deux heures, on conseille nous les dermatos de réappliquer de la crème toutes les deux heures les entraînements sont souvent supérieurs à deux heures et du coup voilà, on a parfois ça part pas d'une mauvaise volonté,
- Speaker #1
la crème elle est dans le sac mais on n'en remet pas c'est vrai qu'on oublie en fait une fois qu'on est un peu dans son truc on peut avoir pensé vraiment avant mais une fois qu'on est dans sa séance ou dans son trail ou sa sortie
- Speaker #0
Exactement, et souvent les heures à risque sont aussi les heures les plus chaudes, et donc c'est celles durant lesquelles on va se découvrir, pour les garçons parfois courir torse poil, pour les filles en brassière, et ça c'est la cata en fait, c'est au contraire les heures où il faut se couvrir et se protéger.
- Speaker #1
Ah ouais, c'est sûr. Mais je trouve ça fou en fait de voir vraiment l'impact aussi, enfin pareil, la transpiration, le fait que ça conduise, enfin ouais, on est vraiment dans la situation bien pourrie en fait.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça, il y a aussi... L'immunité aussi, parce que le sport à haute dose va modifier l'immunité. Et cette déviation immunitaire, ce shift de l'immunité vers un autre type d'immunité. Et le fait que le soleil soit aussi un immunosuppresseur, puisqu'on utilise des UV thérapeutiques dans certaines maladies de peau, on connaît cet effet, vont aussi faire un combo qui va favoriser la carcinogénèse. Donc vraiment, il faut faire attention. Et après, comme je dis, moi je veux mettre... personne dans une boîte et je suis la première à gambader dehors, été comme hiver. Mais voilà, il faut juste se protéger.
- Speaker #1
Et justement, pour la protection, on a souvent l'impression que si on met de la crème solaire, c'est bon, on a tout bon. Mais il me semble qu'en vrai, c'est un petit peu différent.
- Speaker #0
Oui, alors tout à fait, c'est vraiment différent. Et tu as raison, moi, dans mon interrogatoire, typiquement au cabinet, sur les dépistages, il y a... quel métier vous faites, pour savoir si c'est un métier exposé, et est-ce que vous avez une activité sportive en extérieur ? Alors souvent les gens pensent que la rando ce n'est pas du sport, je leur dis si vous randonnez c'est aussi considéré comme tel, et donc tout le monde me répond, ah ouais non mais moi la crème solaire c'est du 50, et donc voilà, on a l'impression que quand on a fait ça, on a tout fait. Alors la crème solaire c'est la dernière étape de la protection solaire, mais c'est une des étapes. En effet, je ne le nie pas et en effet, il faut mettre du 50. Mais la première étape, c'est essayer dans la mesure du possible d'éviter les heures à risque. C'est-à-dire si on a dans notre programme du jour une heure de footing ou une heure d'entraînement, si on peut le mettre plutôt le matin tôt ou plutôt fin de journée, c'est mieux que de le mettre en milieu de journée pour sa peau. Je pense que c'est mieux aussi d'une manière générale pour sa santé parce que c'est des heures quand c'est l'été ou quand même c'est plein peau. au niveau transpiration, malaise potentiel, etc. Donc ça, c'est la première chose. Éviter d'être au soleil aux heures à risque. Se mettre à l'ombre, bien sûr, quand on peut choisir d'être à l'ombre. Moi, dans la rue, l'été, je choisis toujours le trottoir à l'ombre, évidemment. Et puis, donc ça, c'est la première chose. Et la deuxième protection, c'est les vêtements. Donc chapeau, casquette, le bob, c'est le mieux. 7 cm, c'est ce qui a été prouvé comme étant la meilleure protection. Moi, vous me croiserez toujours quelque part avec un bob. Je suis la reine du bob. Je m'en suis acheté un très beau, d'ailleurs, cet hiver que j'ai trouvé à la montagne qui m'a beaucoup plu. Bien sûr, tout le monde s'est moqué. Encore un bob ! Eh oui ! Encore un bob ! Pour assortir à chaque tenue. Et les vêtements, c'est ce que je disais tout à l'heure, ne pas être torse poil ou embrassière, sauf le matin tôt ou en fin de journée, ça ne me dérange pas. Mais... Aux heures à risque, on couvre les épaules et même si possible, on couvre les bras. Moi, l'été, si je vais au marché, ça me bassine de mettre de la crème partout sur mon corps. Je me mets une chemise légère en coton qui couvre les bras. Et comme ça, je fais mon marché tranquille avec un chapeau et roule. Et puis la crème solaire, c'est la dernière étape. Et on la met sur toute la peau qui ne peut pas être protégée par le soleil. Donc le visage, même si on a un chapeau, parce qu'il y a l'albédo, on risque quand même de se prendre des UV par le bas, donc il faut s'en protéger. Et puis après, toutes les zones comme les mains, les bras, les jambes, toutes ces zones-là qu'il ne faut pas oublier de crémer. La crème, il faut en mettre une grande quantité. Ça aussi, c'est une chose qui n'est pas très bien connue. On considère qu'il faut mettre une cuillère, c'est ce qui est recommandé, une cuillère à café pour couvrir l'équivalent d'un visage et d'un cou. C'est beaucoup. Oui, en fait, c'est beaucoup. C'est vraiment beaucoup. Donc, il faut en mettre beaucoup plus que ce qu'on pense. Si on se crémait des pieds à la tête nus comme des verres, Normalement, on devrait... consommer 30 ml de crème, c'est-à-dire presque un petit tube de 50, pour une seule application. Donc en fait, c'est énorme. Il faut vraiment mettre beaucoup. Donc bien sûr, avec toutes les polémiques que les gens ensuite me remontent, ah oui, mais la crème solaire, ce n'est pas bon pour l'environnement. Est-ce qu'il y a des risques pour ma peau, etc. Moi, c'est vrai qu'aujourd'hui, comme je dis, tant que le seul risque que je connaisse à 100% d'avoir un cancer, c'est les UV, enfin à 80%, comme vous l'avez compris. et qu'on n'a pas prouvé qu'il y avait des risques liés à l'application de filtres chimiques de la crème solaire. Moi, je me crème, je crème toute ma famille. Mais en tout cas, s'il y a une crainte sur la crème, ce n'est pas grave. Habillez-vous le plus possible et comme ça, vous limitez votre application de crème. Et c'est aussi pour des raisons financières. Effectivement, plus on a la peau couverte, moins on a de crème à mettre. Donc voilà, ceux qui ne sont pas fans de la crème, faites comme ça. Couvrez que les zones qui dépassent et ça sera très bien.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr. Et sur les crèmes solaires, est-ce que, tu vois, pour parler des crèmes qui seraient meilleures ou pas, moi, j'ai tendance à regarder sur Yuka un peu plus. Est-ce que c'est une bonne manière de faire et est-ce qu'il y en a quand même qui sont meilleures a priori pour l'environnement ?
- Speaker #0
Voilà, c'est une vraie question et c'est super légitime. Alors, je rappelle que Yuka, quand on scanne une plaquette de beurre, il y a un gros warning en disant que c'est gras. Donc bon, voilà. Des fois, ça nous fait un peu des portes ouvertes. Et je me rappelle aussi qu'il y a beaucoup de gens qui me disent « Ah oui, mais les crèmes, ah oui, mais pour mon enfant, etc. » et qui, à côté de ça, mangent absolument n'importe quoi. Donc, si vous êtes à ce point optimal que votre alimentation est parfaite, irréprochable, qu'elle ne comporte pas d'aliments transformés, vous avez entendu les études récentes qui montrent que ça, pour le coup, les aliments transformés, c'est dangereux pour la santé. Oui, vous pouvez regarder de près des crèmes. Il y a un label dessus, protège les océans. Donc, vous pouvez choisir ce type de crème. Je ne vous conseille absolument pas de faire vos crèmes vous-même. Faire une crème solaire, c'est des années d'expertise pour la stabilité. On ne s'invente pas chimiste, pharmacien dans sa cuisine. Donc, on prend des risques quand on fait ça. Et donc, effectivement, il faut prendre une crème SPF 50. Ça, ça protège contre un type de rayonnement solaire qui s'appelle les UVB. Mais il faut prendre aussi une crème avec une protection UVA, puisque les UVA sont impliqués non seulement dans le vieillissement cutané, mais aussi dans certains cancers de la peau. Donc il faut vraiment que ça protège les deux. Et après, il y a toujours la question filtre chimique, filtre minéral. Aux Etats-Unis, par exemple, ils sont beaucoup plus filtres minéraux. Mais il faut savoir que pour avoir une texture efficace, agréable, plutôt des filtres minéraux, souvent, du coup, c'est des nano-encapsulations. Et il y a aussi des polémiques sur les nanoparticules. Bref, donc voilà. Donc de toute façon, oui, c'est des produits chimiques. Il n'y a aucun doute là-dessus. Aujourd'hui, je ne connais pas de filtre naturel qui soit aussi efficace qu'un filtre chimique. Donc voilà, il faut se protéger, il faut protéger sa famille contre un risque certain, le soleil. Et oui, garder en tête que peut-être tout n'est pas parfait, mais qu'en tout cas aujourd'hui, il faut vraiment se protéger. Et encore une fois, que si on ne veut pas en mettre beaucoup, on s'habille le plus possible.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Et juste pour être sûre d'avoir bien compris, quand c'est SPF 50, tu disais que c'est les UVB, mais il faut écrire aussi que ça protège des UVA ? Oui,
- Speaker #0
exactement. Il faut prendre du 50+, et le logo UVA, c'est un petit logo rond, avec marqué UVA dedans. Tout ça est très réglementé. Et pour qu'il y ait ce logo UVA marqué, il y a une réglementation européenne qui dit qu'il faut que la protection UVA soit au minimum d'un tiers la protection UVB. Voilà. Ah oui, d'accord. Quand on a le logo, c'est que voilà. Dans le choix,
- Speaker #1
il faut quand même vraiment regarder qu'il y a ces deux... Oui.
- Speaker #0
Et il y a même maintenant des protections supérieures avec des filtres qui vont même cibler les UVA longs, ce qu'on appelle les UVA longs, qui vont être impliqués effectivement aussi dans le vieillissement, les tâches, etc. Ah ok,
- Speaker #1
donc on est au sort !
- Speaker #0
Voilà, chaque année il y a des innovations qui ne sont pas galvaudées. De chaque année, les filtres solaires et les crèmes solaires sont de plus en plus efficaces, avec des textures... de plus en plus agréable. Et c'est vrai qu'il y a quelques années, mettre de la crème solaire, c'était une tannée. Et je dirais qu'aujourd'hui, ceux qui me disent « ah ouais, mais moi j'aime pas la texture, etc. » , je pense que c'est parce qu'ils n'ont pas essayé d'en remettre depuis 20 ans. Parce que franchement, aujourd'hui, il n'y a plus le sujet de la texture. Ceux qui n'aiment pas le gras peuvent trouver une texture gel. Enfin bon, vraiment, il y a toutes les textures.
- Speaker #1
Ouais, c'est clair maintenant, c'est quand même hyper différent d'avant. Et le SPF 50+, en fait, le plus, ça correspond à quoi ?
- Speaker #0
Alors le plus, c'est parce qu'il y a quelques années, je ne sais pas si tu te souviens, mais il y avait du 100, du 80, etc. Et en fait, on a montré que le delta entre 50 et 100 était minime. Donc ça devenait un argument marketing qui faisait vendre des crèmes beaucoup plus cher et ça ne protégeait pas plus le consommateur. Et donc, il a été décidé de réglementer en 50+. Donc ça veut dire qu'on est au-dessus de 50, point. Et comme ça, au moins, ça évite de vendre des crèmes hors de prix sous prétexte qu'il est marqué 100 dessus. Et que du coup, comme les gens sont stressés, ils veulent se protéger au mieux. Et donc, ils sont prêts à dépenser pour acheter du 100 alors qu'ils vont avoir un gain marginal de protection par rapport à un 55 par exemple.
- Speaker #1
Ah oui, d'accord. Donc, si je résume, sur le choix de la crème solaire, évidemment, d'abord les vêtements. Et en deux, sur le choix de la crème solaire, il faut prendre SPF 50+. Oui. qui est le label UVA. Enfin, le label, mais la mention UVA. Et éventuellement, du coup, tu disais quand même le label protection des océans. Je me dis que tant qu'à faire, c'est quand même important aussi. Oui,
- Speaker #0
et aujourd'hui, les grandes marques de cosmétiques travaillent avec les instituts océanographiques, avec des entreprises à vocation écologique justement pour faire leurs tests, etc. Donc, ce n'est pas juste un argument marketing. Quand c'est écrit, c'est vraiment que ça a été testé.
- Speaker #1
Oui, ça, c'est bon à savoir.
- Speaker #0
et tu parlais du bob la logique c'est qu'en fait par exemple une casquette finalement c'est pas suffisant parce que ça couvre plus que le devant en fait la casquette ça va couvrir devant une petite zone ça va pas du tout couvrir les oreilles par exemple, ça va pas couvrir le cou et ça va pas couvrir l'arrière de la nuque qui est un endroit où je pense tout le monde a pris des coups de soleil et donc c'est pour ça que le bob c'est la meilleure protection ou alors éventuellement une casquette saharienne non. Il y a beaucoup de gens qui n'aiment pas le look de la casquette parienne. J'en fais partie, j'avoue. Et sinon, un bœuf pour couvrir les oreilles et le cou. Mais donc moi, du coup, je trouve que le bob, c'est le plus pratique. Il y a des tissus hyper respirants. Il y a des bobs en tissu anti-UV. Enfin bon, bref, il y a vraiment de quoi faire. Des couleurs sympas, des trucs qui se plient vraiment complètement pour mettre dans le sac de trail quand la nuit tombe et qu'on n'en a plus besoin. Franchement, voilà. Moi, ça me sert aussi à me protéger de la pluie, finalement. Comme une casquette. C'est pas mal,
- Speaker #1
c'est multi-usage.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
On met le bob à la mode.
- Speaker #0
Moi, je suis pour le bob.
- Speaker #1
J'ai l'impression que ça revient en plus. Oui,
- Speaker #0
oui. J'ai décidé qu'une de mes missions, c'était de faire du Bob l'emblème du trailer. On le reconnaîtrait comme ça, en se disant « Ah, c'est un trailer, il a un Bob. » Ben oui, c'est grâce à Svia Outdoor Dermato.
- Speaker #1
Trop bien. Non, mais tes goûts, tu m'as convaincue. L'été prochain, tu me verras avec un Bob.
- Speaker #0
Ah,
- Speaker #1
c'est sympa. Je t'envoie une photo. Et quand on s'entraîne, tôt le matin ou en fin de journée, ce que tu recommandais, est-ce qu'il faut aussi appliquer de la crème solaire ? Parce que c'est pareil, j'ai l'impression que par moment, quand il y a un grand soleil, on se dit « oui, bien sûr, je vais mettre de la crème solaire » ou justement mettre des vêtements un peu plus couvrants. Et sur des moments où peut-être il y a un peu moins de soleil, où on est un peu plus à l'ombre, etc., quelque part, c'est un peu genre freestyle, on oublie tout. Mais qu'est-ce qu'il faut faire dans ces moments-là ?
- Speaker #0
Eh bien, il faut regarder l'index UV. Et en fait, l'index UV que tu trouves dans les applis météo et qui est adapté à l'endroit où tu te trouves dans le monde, puisqu'il y a des capteurs UV partout, va te dire quel est ton risque. Au-dessus de 3, on sait qu'on a un risque en termes de cancer cutané. Donc moi, je conseille qu'au-dessus de 3, on se protège de manière vraiment stricte. En dessous de 3, je dirais que c'est un parti pris. On se protège du vieillissement de la peau en se protégeant. si tu sais que c'est en dessous de 3 mais que tu vas rester longtemps dehors, je conseille quand même de mettre une photoprotection si tu restes dehors et que tu es en montagne que tu es en altitude, que tu es sur la neige etc. Mais sinon moi par exemple, clairement en ce moment, région parisienne trajet maison-boulot je ne mets pas de crème solaire le matin du tout.
- Speaker #1
Alors que en hiver, potentiellement dans d'autres zones si tu passais un peu plus de temps il faudrait quand même en mettre aussi.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Ce n'est pas que pour l'été. Non. Tu parlais aussi des vêtements anti-UV. C'est quelque chose où je me suis longtemps demandé si c'était un truc un peu marketing. Parce que je me disais, si on est couvert avec un vêtement normal, est-ce que vraiment il y a des choses qui passent ? Est-ce que c'est juste un argument marketing qui aide à vendre le truc très cher ? Ou est-ce qu'il y a une vraie utilité ?
- Speaker #0
Alors, il y a une vraie utilité parce que c'est en fait un tissage spécial, souvent un peu plus épais du coup, qui va permettre d'avoir effectivement ce label anti-UV. Et donc, je sais que les marques travaillent beaucoup justement pour à la fois pouvoir être anti-UV, mais tout en restant léger et respirant pour les vêtements de sport. Il y a aussi des couleurs à choisir, c'est-à-dire que le t-shirt blanc un peu transparent, il y a un risque de prendre un coup de soleil. Donc il vaut mieux, si c'est du blanc, il faut qu'il soit quand même très épais. Et sinon, il vaut mieux de la couleur qui protège mieux du soleil. Dans le désert, il n'y a pas de Touareg habillé en blanc en fait. C'est pas faux. Et il n'y a pas de Touareg avec des vêtements très légers. disons au contraire, des vêtements bien épais pour bien se protéger. Donc voilà. Donc non, ce n'est pas juste marketing. Ça offre une photoprotection supplémentaire. Et donc, quand on est longtemps dehors, qu'on est en altitude, etc., ça a vraiment un intérêt.
- Speaker #1
C'est intéressant, c'est bon à savoir. Et quand on... Donc tu disais, il y a un peu cette règle des deux heures qu'on connaît un peu de manière classique. Mais quand on est dans une situation de sport où justement on va quand même transpirer, est-ce que... Il faut en mettre encore plus souvent ?
- Speaker #0
Alors oui, probablement. Moi, j'ai retrouvé, il y a très peu de données sur le sujet. J'avais trouvé une vieille donnée qui était une recommandation de la Haute Autorité de Santé qui date d'il y a de longues années, qui à l'époque ne s'appelait même pas la HAS d'ailleurs, qui disait que quand on transpirait, il fallait réappliquer de la crème toutes les 30 minutes. N'est-ce pas ? Donc aujourd'hui, je n'ai pas réussi à retrouver la source de cette information. Et donc, dans mes projets avec mon asso, il y a aussi un projet, justement, de faire une vraie étude sur la transpiration et pour voir, effectivement, au bout de combien de temps la crème n'est pas efficace. Et pour voir aussi si la crème solaire empêche de transpirer, puisque ça, c'est aussi ce que certains sportifs me demandent en me disant que ça va altérer la performance. Je rappelle que si on en met sur... peu de zone puisqu'on est couvert par des vêtements par ailleurs, on a tout le reste du corps pour transpirer et que donc il n'y a pas de soucis. Et il y a une petite étude qui avait été faite il y a quelques années qui avait montré que ça n'altérait absolument pas la transpiration. Mais ça aussi, du coup, je vais retravailler là-dessus aussi.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que c'est bien d'essayer de lever tous les freins aussi.
- Speaker #0
T'as tout compris.
- Speaker #1
Essayer de démonter un par un les arguments qui feraient dire qu'on ne peut pas se protéger du soleil, mais non, on peut.
- Speaker #0
Forcément très pertinent. Et quand on part sur des courses longues, est-ce que toi, je ne sais pas, tu vois, mais il y a un peu des astuces pour justement penser à remettre de la crème ? Tu te mets une alarme ?
- Speaker #1
Je rigole, mais quand je pars en rando avec la famille, et notamment mes ados, ouais je mets une alarme donc c'est assez marrant parce que hop on a la petite alarme qui sonne et on sait que ça fait deux heures et que voilà comme ça j'y pense même pas et puis eux ils s'arrêtent, ils sortent le sac à dos ils sortent leur tube de crème et voilà mais par contre c'est vrai que sur les sorties longues type course, trail etc vraiment le mieux c'est encore une fois les vêtements essayer de voir donc moi Merci. J'essaie de développer effectivement la présence sur les organisations de course de la possibilité d'avoir de la protection solaire au ravito, pour pouvoir se recrémer quand on passe au ravito. Si vous avez la chance d'avoir une assistance, vous donnez votre crème solaire à votre assistance. Si vous n'avez pas envie de vous recrémer parce que vous êtes crade, que vos jambes sont dégoûtantes, laissez votre assistance faire. Elle est là pour ça, elle vous aime, donc elle va vous protéger du soleil, elle va vous mettre de la crème. Et après, dans l'équipe de mon assaut, il y a Claire Jacquin, qui est une dermatologue également, qui est traileuse et qui, contrairement à moi, je fais des trails et elle gagne des trails. Et en fait, elle m'a fourni beaucoup de photos d'ailleurs d'elle en course, où elle est dans des zones et des pays très chauds. C'est une baroudeuse, donc elle court à la Martinique. Là, en ce moment, elle est au Vietnam, elle va faire un trail au Vietnam, etc. Et elle court en Manchong. Donc, si elle y arrive et qu'elle arrive à faire le podium à chaque fois, parce qu'a priori, la majorité des amateurs devraient y arriver et les trailer élites peut-être aussi, du coup.
- Speaker #0
Oui, certainement. En fait, j'ai l'impression que ces trucs-là, finalement, c'est aussi une question d'habitude. Ça ne nous vient même pas à l'idée de mettre un manche longue, alors que ça ne veut pas dire qu'on ne serait pas confortable, si on prend l'habitude de le faire.
- Speaker #1
Exactement, et je pense qu'on sait tous... pris à un moment de notre vie un coup de soleil qui nous a gâché nos vacances. Et quand on s'est pris un coup de soleil entre elles, genre ceux qui ont mis le débardeur et le sac à dos et qui ont ensuite un coup de soleil sur les épaules, je ne pense pas qu'ils repartent le lendemain avec le sac à dos sur les épaules tellement ça fait mal. Donc voilà, pensez-y en fait.
- Speaker #0
Oui, c'est clair. Et est-ce que tu remarques qu'il y a des zones du corps qu'on oublie quasi systématiquement de protéger ? Que ce soit justement avec les vêtements ou la crème ?
- Speaker #1
Oui, il y a une première zone qui est les lèvres, auxquelles on ne pense pas du tout. Les lèvres sont naturellement très mal protégées du soleil puisqu'il y a très peu de mélanine. Donc il faut mettre un stick solaire, vraiment, c'est hyper important. Donc stick solaire quand on met dehors. Et puis les mains, les pieds quand on met sur des sports plutôt aquatiques qui sont exposés. Les plis des genoux, derrière les genoux, c'est une zone souvent exposée. Le cou. Tout ça, c'est des zones qui sont très souvent oubliées et qu'il faut absolument protéger.
- Speaker #0
Le pli des genoux, ça fait hyper mal en plus. Hyper mal. J'ai souvenirs. Exactement.
- Speaker #1
Tu vois, moi, c'était des souvenirs d'avant mon époque de dermato où je m'en suis pris là aussi. On n'a plus envie. Quand on a oublié une fois, on n'oublie pas deux fois en général.
- Speaker #0
C'est sûr. Et concernant tout ce qui est produit après soleil, est-ce que c'est une utilité d'une manière ou d'une autre ?
- Speaker #1
Alors, c'est très utile de prendre soin de ça. peau après avoir été au soleil, parce qu'on a été dehors, donc de toute façon, entre le sec, le vent, le froid parfois, le soleil, on a altéré sa barrière cutanée. Et donc, notre barrière cutanée, c'est une grande passoire. Le fait de l'altérer, les trous de la passoire vont être plus grands, et donc il faut réparer cette passoire. Donc la première chose, c'est laver avec un produit très doux, et ensuite hydrater. Donc après, les produits après soleil, en plus d'apporter de l'hydratation, vont pouvoir avoir un des composants un peu anti-inflammatoires, par exemple. Si on a pris un coup de soleil, ce qu'on ne doit pas faire, bien sûr, après tous les conseils que je vous ai donnés, mais sait-on jamais si ça arrivait ? Donc oui, du coup, il y a des produits calmants, apaisants, anti-inflammatoires qui peuvent être confortables. Donc oui, bien sûr, ça peut être mis. En tout cas, déjà une hydratation de la peau, c'est déjà super.
- Speaker #0
D'accord. Et il y a un autre souci ? qui concerne régulièrement les sportifs, c'est le sujet des frottements sur la peau.
- Speaker #1
Ah oui, oui, complètement.
- Speaker #0
Est-ce que tu as des conseils aussi là-dessus pour les éviter ?
- Speaker #1
Oui, alors tu as raison. La première question, c'est pour les éviter. C'est-à-dire qu'on sera toujours meilleur pour les frottements en prévention qu'en traitement parce qu'une fois qu'on l'a, c'est compliqué. C'est très fréquent. Moi, j'ai fait un papier qui a été accepté sur les frottements liés à la brassière chez les sportives, effectivement. Et il n'y a pas que les brassières, bien sûr. Il y a le sac à dos, il y a l'entrejambe, etc. Donc... Première chose à faire, tester son matériel en amont. C'est vraiment le secret, c'est-à-dire le t-shirt donné par l'orga de course qu'on a envie de se mettre et qu'on n'a jamais testé avant. Pour les gars, les mamelons, au revoir. J'ai un copain pareil qui m'avait fourni une photo pour une présentation où il avait mis le t-shirt de l'association pour laquelle il courait, ce que je comprends parfaitement. Et en fait, il a fait un marathon et il en a saigné au niveau des mamelons à la fin. Première chose, la prévention. On ne s'amuse pas à porter plusieurs heures quelque chose qu'on n'a jamais essayé avant, que ce soit le short, les chaussettes, le t-shirt, etc. Avoir un sac de trail bien ajusté. Donc vraiment tout ce qui va être préventif. Tester les tissus, tester les matières avant de se lancer sur du long avec. Et après, on peut utiliser les crèmes anti-frottement qui vont être souvent efficaces. Crème anti-frottement, crème barrière, ça va faire un genre de bouclier sur la peau. donc sur les zones où ça frotte. toujours et où malgré le fait que vous ayez optimisé complètement vos vêtements, votre sac, votre short, etc., ça continue à frotter. C'est vrai que les crèmes anti-frottement sont intéressantes, mais elles vont être quand même vite absorbées. Donc pareil, il faut prévoir d'en remettre au ravito. Pareil, vous le donnez à votre assistance qui vous le remettra. Et après, oui, la prévention, c'est vraiment le mieux. Une fois que c'est arrivé, pareil, lavage avec un savon très doux, crème réparatrice, crème cicatrisante. et puis essayer d'éviter le frottement pendant quelques jours. C'est facile à dire.
- Speaker #0
C'est pas simple. Et sur la brassière, spécifiquement, justement, est-ce que tu as des recommandations spécifiques, même sur le choix de la brassière ?
- Speaker #1
Moi, je pense que pour les filles, le choix d'une brassière pour une fille, ça doit être aussi long que le choix d'une paire de baskets. En fait, il faut en essayer plusieurs et il faut trouver celle qui convient à ta morphologie, avec le tissu qui te convient. Moi, j'ai mis vachement de temps à trouver la marque qui fait que je n'ai jamais de frottement. Du coup, j'en ai encore d'autres marques que j'utilise vraiment pour les petits footings très courts, les petites sorties très courtes. Et dès que je sais que je vais faire du plus long, je ne mets pas ça parce que je sais que je vais me retrouver sous la poitrine à vif.
- Speaker #0
C'est quoi ta marque qui fonctionne bien pour toi ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si j'ai le droit de citer des marques. Comme ce n'est pas une marque de cosmétique et que je suis dermaco, je vais avoir le droit. C'est une marque qui s'appelle Lulu Lemon. C'est une marque nord-américaine.
- Speaker #0
Je n'ai jamais testé. C'est intéressant. J'ai des choses aussi pour mettre sur la sportive outdoor et pour avoir des retours. Évidemment, ça dépend toujours de la morphologie. Mais ça peut donner des pistes quand même.
- Speaker #1
Moi, c'est vraiment la seule. J'en ai essayé des tonnes. Puisque à chaque fois, j'ai le problème.
- Speaker #0
Oui, forcément. C'est vrai qu'on trail. Ça fait tellement mal après quand on est sous la douche.
- Speaker #1
C'est terrible. C'est vraiment terrible. Tu as raison, la douche, c'est une épreuve difficile à ce moment-là.
- Speaker #0
Et d'une manière générale, au quotidien, quelles sont tes recommandations pour protéger sa peau ? Évidemment, tout ce que tu nous as dit sur la protection par les vêtements, la crème solaire pour les zones dénudées. Mais est-ce qu'il y a d'autres recommandations pour préserver sa peau de manière générale ?
- Speaker #1
Oui, alors moi, je recommande... En fait, je dirais que pour les gens qui ont une peau normale... On peut se laver avec les produits qui nous font plaisir et hydrater sa peau avec ce qu'on aime. Mais en tout cas, d'une manière générale, pour les peaux peut-être un peu plus fragiles ou qui ont besoin d'un peu plus d'attention ou qui vont effectivement souvent dehors, donc soumises aux conditions climatiques qui vont assécher la peau, moi je recommande plutôt d'utiliser des savons qu'on appelle des savons sans savon ou alors des savons sur gras qu'on trouve en pharmacie mais qu'on trouve aussi en grande surface. Sans souci, il y a des marques de grande surface qui ont développé ça. Et puis effectivement, on sent quand on a la peau qui est restée longtemps dehors, qu'elle est sèche. Donc hydrater sa peau le matin, hydrater sa peau le soir. Mais voilà, après une peau normale n'a pas non plus besoin de soins complètement. Il y a une grosse tendance sur les réseaux de cosmétiques, de mettre des multicouches, la cosmétique coréenne, etc. Bon, si vous avez le temps et que ça vous plaît, faites-le. Maintenant, il n'y a pas d'obligation, il n'y a pas d'injonction à faire ça. Je dirais qu'il faut faire attention, faire attention aux risques allergiques, faire attention à tout ce qui est huiles essentielles qui peuvent donner beaucoup d'allergies, qui peuvent aussi photosensibiliser. Donc, tout n'est pas à jeter, mais vraiment faire attention et toujours se dire avant de tester un produit, le tester sur une très petite zone de la peau avant de s'en tartiner et que ce soit trop tard. Voilà, toujours penser à faire ça.
- Speaker #0
Oui, c'est sûr. C'est vrai que ça peut vite avoir des...
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et est-ce qu'il y a des signaux d'alerte aussi à surveiller ou directement, voilà, il faut aller consulter un dermatologue ?
- Speaker #1
Oui, alors effectivement, il y a quelques années, moi, quand j'ai commencé la dermatologie, on disait qu'il fallait dépister tout le monde, que tout le monde devait voir un dermatologue au moins une fois par an, etc. Donc en fait, il y a plusieurs études maintenant qui ont montré que le dépistage de masse en dermatologie n'était pas utile et pas nécessaire pour tous. C'est vraiment individuel. En tout cas, si on a beaucoup de grains de beauté sur la peau, oui, c'est bien d'aller au moins une fois voir le dermato. Après, le dermato dira le rythme de suivi. Ce qu'on peut faire soi-même aussi, c'est les règles d'autosurveillance. Vous pouvez les retrouver sur mon compte Insta. Vous les retrouvez sur le site. Il y a un site qui est très bien qui s'appelle Dermato Info. C'est le site grand public de la Société Française de Dermato. Vous ne trouverez que des infos scientifiques sur ce site. et pas de fake ou d'erreur. Et donc, on utilise des règles qui s'appellent ABCDE. Donc, on regarde l'asymétrie, le côté bord irrégulier, couleur inhomogène, diamètre et surtout le critère E qui est l'extension de quelque chose qui bouge. Donc, ces règles-là, elles peuvent être utilisées pour faire de l'autosurveillance. Effectivement, on peut tous le faire et moi, je le conseille à tous mes patients. Je leur donne la fiche ABCDE. Ils partent avec quand je les ai vus en consultation de dépistage pour faire ça chez eux.
- Speaker #0
C'est bon à savoir, effectivement, d'être un peu autonome sur le début et puis ensuite d'aller consulter.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
En plus, ce n'est quand même pas évident de consulter, parce que c'est quand même hyper compliqué d'avoir un rendez-vous d'hermato.
- Speaker #1
À qui le dis-tu ? J'entends ça tous les jours.
- Speaker #0
C'est compliqué. En tout cas, hyper intéressant tout ce que tu nous as dit. Pour conclure, est-ce que tu as un dernier message que tu as envie de passer aux sportives et sportifs qui nous écoutent ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Déjà, merci de m'avoir reçu. Ça m'a fait très plaisir et j'espère que l'épisode aura été utile pour tes auditeurs. Et donc, effectivement, se dire qu'on a une peau, on en a une seule, elle doit durer toute la vie. Et donc, comme notre cœur, comme tous nos organes, en fait. Et donc, si on veut durer longtemps dans sa vie, mais en sport notamment, et avoir une belle longévité dans sa pratique sportive, il faut en prendre soin. Et donc effectivement, garder une belle peau, pas se dire qu'on n'a pas fait attention au soleil et qu'on va se retrouver avec une peau de manette 70 ans quand on en a 50 par exemple. Et puis vous l'avez compris, en toile de fond, le cancer de la peau, donc vraiment se protéger. Et voilà, comme ça, on sait qu'on va être tranquille pendant des années. Et moi, je préfère me dire qu'un jour, je vous rencontrerai pour qu'on aille courir ensemble. plutôt que de vous rencontrer à mon cabinet parce que vous êtes inquiet à cause d'un grain de beauté qui a changé, par exemple.
- Speaker #0
C'est vrai que ce programme est nettement meilleur.
- Speaker #1
C'est plus sympa.
- Speaker #0
Et en plus, là, franchement, avec toutes les infos que tu as données, je trouve qu'on n'a plus trop d'excuses, parce que là, c'est très clair. Moi, ça a clarifié.
- Speaker #1
Je ne suis pas un ayatollah de la protection solaire, en fait. Je n'ai pas envie de dire aux gens, faites-ci, faites-pas ça. Je sais qu'en course, c'est très difficile, etc. Mais en tout cas, en entraînement... Je pense qu'on peut tous faire cet effort de se protéger. Et l'entraînement, c'est la majorité de notre temps sportif. Donc, il faut vraiment mettre le paquet sur l'entraînement. Là, vraiment, se dire, je suis stricte et je me protège bien. Et puis, parfois, en course, oui, ça peut arriver. On n'est plus très étanche, on est fatigué. Mais en entraînement, pas d'excuses.
- Speaker #0
C'est vrai que c'est bien de le rappeler. L'entraînement, c'est quand même le maximum du temps.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Merci pour tous les conseils. On peut te retrouver sur Instagram, ton compte The Outdoor Dermato. Il y a plein de conseils aussi. Je mettrai les liens dans la description de l'épisode.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Je vais essayer de le mettre à jour le plus possible et en fonction des questions que je reçois. Si vous avez des sujets sur lesquels vous aimeriez avoir des précisions, comme ça, je les traite après et ça permet de répondre aux questions.
- Speaker #0
Parfait. Merci beaucoup Stéphanie.
- Speaker #1
Merci à toi Lorraine. Très bonne fin de journée.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode. S'il vous a plu, n'hésitez pas à mettre 5 étoiles sur les plateformes de podcast, à nous laisser un commentaire, on lit tout et ça fait vraiment plaisir. Et vous pouvez aussi nous suivre sur Instagram et surtout vous abonner à la newsletter avec plein d'infos sur le sport outdoor au féminin.