- Speaker #0
La Sportive Outdoor, le podcast des sports outdoor aux féminins pour s'inspirer, apprendre et oser.
- Speaker #1
Bonjour à toutes, aujourd'hui je reçois Hélène Mathieu qui est accompagnatrice en moyenne montagne. Hélène va nous parler de son parcours, bien varié puisqu'elle a eu pas mal d'activités avant celle-ci, mais aussi de sa passion pour la montagne et des stages de trail qu'elle organise dans le brillant sonnet. Bienvenue Hélène, est-ce que tu peux te présenter déjà ?
- Speaker #0
Bonjour Lorraine, merci de m'avoir invitée à ton podcast, ça me fait super plaisir. Alors du coup je suis Hélène... accompagnatrice en moyenne montagne l'été, donc diplômée, et en train de passer à 44 ans et des bananes, mon diplôme d'état de monitrice de ski nordique, donc ski de fond et biathlon, pour plein de raisons. Je me lance dans tous ces rêves actuellement. Et il y a trois ans, pour avoir un métier un peu de fond, être sûre de pouvoir assurer les arrières, mais aussi parce que ça me rapproche du ski nordique. que j'adore. J'ai été diplômée de mon pisteur nordique secouriste. Je peux travailler sur les domaines scléables nordiques en tant que pisteur secouriste.
- Speaker #1
Tu as fait déjà pas mal d'activités. On va revenir sur ton parcours parce que tu as fait vraiment plein de choses. Déjà, ton enfance s'est déroulée entre les Pyrénées et la Norvège. Est-ce que c'est là qu'est né ton goût pour les montagnes ? Est-ce que tu gardes aussi en toi une part de culture norvégienne ?
- Speaker #0
Exactement. Alors les Pyrénées, c'est mon enfance. Mes parents sont originaires du Massif Central, donc l'Auxerre, Aubrac et Cantal pour mon papa. Et en fait, par le travail de mon père, on s'est retrouvés à vivre dans le Sud-Ouest. Donc moi, c'est comme si j'étais née là-bas, on va dire. Donc le Béarn, qui est peu connu, qui est situé entre les Hautes-Pyrénées et le Pays Basque, donc Pau, il y a souvent le Tour de France qui passe par là. Il y a tous les cols, le col du Tourmalet, le col d'Aspin, enfin on est un peu dans ce coin-là. Et donc notre fameux Henri IV pour situer le Béarn. Et donc c'est toute mon enfance. Mon père qui nous a fait qu'initier parce que tous les week-ends, on n'avait pas la télévision, il fallait qu'on aille en montagne. Donc en randonnée avec mes frères, j'ai deux petits frères. Et donc c'était rando samedi, dimanche, mercredi, jour de repos. Et l'hiver, c'était ski club. Donc le mercredi et le samedi, on retournait sur les skis ou en montagne avec les parents. Donc montagne, mais par contre pas jamais dans un esprit de performance vraiment juste le plaisir d'aller en montagne et d'apprendre cet univers cet environnement et que ça fasse presque partie intégrante de notre vie et ensuite on a été vivre en Norvège pour les mêmes raisons professionnelles, toujours pour mon papa donc sur la côte sud-ouest à Stavanger donc sous les fameux fjords de Bergen et alors c'était peut-être un poil moins sportif montagne que ce qu'on a vécu dans les Pyrénées. Moi, j'y suis arrivée pour l'âge de 10 ans. On y est resté 3-4 ans. Et en fait, ce qui était plutôt extraordinaire, c'est qu'on a vécu en lycée français à l'étranger avec un rythme norvégien. Donc, on commençait à 8h du matin les cours, on terminait à 13-14h. Et tous les après-midi étaient dédiés au sport. Mais, parcimonieusement, on testait plein de sports. Donc, on allait faire un peu de... Moi, des fois, j'avais 2h de patins à glace. Après, on allait courir autour d'un lac. Mes frères, ils faisaient du hockey sur glace. Au printemps, ils passaient au football. Il y avait une international school, donc j'ai testé le baseball avec les Américains. On a fait du basketball avec les Américains. Et donc, en fait, on était plus à faire de la multi-activité, à tester plein d'activités, mais on était moins, par exemple, le ski de fond, que j'adore maintenant. J'en ai plus fait comme ça en loisir avec mes parents le week-end, toujours dans un mode randonnée. plus que vraiment en club là où on était en Norvège c'était pas vraiment le spot pour faire du ski de fond en club comme ça peut exister plutôt vers Oslo vers les Lameurs tous les gros spots de ski de fond norvégiens il y a plus de 30 ans c'est
- Speaker #1
quand même super c'est chouette d'avoir grandi aussi dans cet environnement et ton père en fait il était lui-même accompagnateur est-ce que c'est ça qui t'a donné envie directement de devenir toi aussi AMM ?
- Speaker #0
Oui, alors mon père est de métier, il est accompagnateur en montagne, avec une double formation de géologue, donc il a fait une école de géologie à Nancy. Et donc c'était un accompagnateur en montagne passionné de géologie. Et du coup, il nous menait en montagne tous les week-ends. Et il avait cette transmission, je me rappelle, toujours des refuges. Alors il était très passionné de refuges, je ne me rappelle pas. Donc on allait toujours manger la tarte à la myrtille. On passait, mais juste des fois pour une petite randonnée, je me rappelle, on allait dormir en refuge. juste pour redescendre le lendemain pour le plaisir d'être là-haut. Et toujours dans ce souci, je me rappelle, dès que je courais en montagne, je me faisais gronder, il fallait qu'on puisse être en capacité de lire une carte, de savoir où on était, le souci de la sécurité en montagne déjà à l'époque. Donc lui, le trail aujourd'hui, il suit le truc, mais il a bien compris qu'ils sont tous fous. Heureusement qu'ils sont un peu encadrés par des pros ou par des organisateurs d'événements. Et donc, on a appris vite à lire les cartes, à savoir s'orienter, etc. Et la deuxième chose, c'est ma maman qui était peut-être un poil moins sportive. On était plus dans quelque chose de... Oh ben, on va aller manger la tarfane à la myrtille. On est plus dans le contemplatif, en fait. Et pareil, mon papa, il sortait les jumelles, on observait les sommets. On mettait des objectifs. Bon, on va arriver à tel col. Mais c'était toujours dans un souci vraiment très pédagogique et pas du tout performance. Mes parents, ils ne connaissent pas ça. Par contre, on était dehors tout le temps. Il n'y avait pas ce... Voilà. Mais ce n'était pas le club avec les chronos, les performances, aller faire des courses, des compétitions. Ils ne connaissaient absolument pas. Et en Norvège, à tel point que du coup, ce n'était pas des grands skieurs de fond. Mes parents, ils tombaient par terre. Des fois, on se prenait des, je m'en rappelle, ma mère s'était pris des gamelles sur des crottes d'élan, sur les pistes de ski en descendant. Ce n'était pas des grands sportifs. Mais par contre, le matin, ils nous avaient acheté des skis de fond. Et on allait au collège ou à l'école primaire en ski de fond. Il y avait de la neige, on s'en prenait. C'était génial.
- Speaker #1
Ah ouais, carrément. C'est génial quand même comme apprentissage. C'est très équilibré aussi. Il n'y a pas besoin d'être dans la performance. Tu as dû apprendre tellement de choses déjà étant petite. Et après, tu as eu un parcours super varié. Tu as fait Sciences Po Grenoble, tu as fait de la communication, du tourisme. Tu as eu un poste de secrétaire médical. Est-ce que ça t'a apporté à chaque fois des choses différentes, ces différentes expériences ?
- Speaker #0
Exactement. Ce qui s'est passé, c'est que mes parents nous ont mis dans ce truc du sport. Pas de télé, être dehors, la nature. mais étant eux-mêmes enfants de paysans, ou de parents entre guillemets pauvres, ils ont voulu pour moi et mes frères l'ascension sociale entre guillemets. Et ma mère, typiquement, la neige l'hiver dans sa ferme en Lauserre, la neige c'est la galère pour le fermier. Donc c'est des contraintes pour les animaux, c'est des contraintes, il fait froid, on n'est pas en 2025 avec le chauffage, le wifi, le cocooning. Donc pour elle, c'est hors de question que j'aille faire monitrice de ski ou accompagnatrice en montagne. Mon premier projet à 10 ans, je me rappelle, j'ai retrouvé la lettre, j'avais écrit à l'UCPA. pour savoir s'ils ne pouvaient pas me prendre dans leur cursus de formation pour devenir à la base monétrice de ski alpin. Et j'ai gardé la lettre. Malheureusement, on est parti en Norvège. Bon, avec du recul, ce fut un bon choix. Mais en fait, on a vachement suivi finalement la vie de mes parents qui voulaient plutôt avancer, progresser socialement. Et du coup, on a suivi le travail de mon père qui était ingénieur. Du coup, il a été accompagnateur en montagne. Très peu de temps, finalement, il a bifurqué sur son métier d'ingénieur géologue. Voilà. Et donc, du coup, j'ai vécu les rêves de mes parents avant de vivre l'Inde. Donc, ma mère, comme j'étais quand même une bonne élève, elle a brillé. Puis à l'époque, on n'avait pas trop les conseils d'orientation. Bon, j'ai l'impression que je suis vieille en parlant comme ça, mais c'était moins structuré qu'aujourd'hui. On était dans les lycées français à l'étranger. Après la Norvège, on a été vivre aux Pays-Bas. Et donc, on dépendait de l'Académie de Lille. De temps en temps, on descendait à Lille où il y avait quelqu'un qui montait à nous orienter sur les métiers. Moi, je voulais juste faire monitrice de ski. Du coup, tu t'arrêtes là et tu t'obéis au rêve de tes parents. C'est vrai que c'est des âges, des époques où on ne discutait pas trop. Quand on était dans des familles un peu éduquées, un peu dures, on respectait nos parents. Du coup, j'ai fait Sciences Po. J'étais prise à Paris. J'étais sixième sur liste d'attente, donc j'aurais été prise. Et en fait, j'ai dit à ma mère, écoute, j'ai eu Grenoble, alors je veux bien faire ton Sciences Po, mais par contre, je veux qu'il y ait du ski à côté et des montagnes. Donc, je suis partie à Grenoble.
- Speaker #1
Excellent.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Et après, à 30 ans, tu t'es installée dans les Alpes du Sud, dans le Briançonnet. Pourquoi est-ce que tu as choisi cette région ?
- Speaker #0
Et bien, alors du coup, j'ai essayé de mixer, après mes études supérieures, j'ai fait STAPS en marketing du sport, après Sciences Po, pour me recadrer toujours dans ce sport, parce que j'y croyais toujours. Et donc, j'ai essayé de me dire... Je vais essayer de trouver un métier qui me permette quand même de conjuguer le sport et l'intellect, entre guillemets, pour essayer de... Ce n'était pas pour faire plaisir à mes parents, mais me dire que je n'ai pas fait tout ça pour rien au niveau des études. Mais en fait, je me suis très vite rendu compte que ça ne me convenait pas. Et qu'en fait, j'étais toujours en quête de... Moi, j'ai commencé à courir à l'âge de 12-13 ans en Norvège, bien avant que ce soit la mode du running, du trail, parlons pas. On a l'impression que je suis un dinosaure. Je me rappelle quand je faisais mes footings, même à Grenoble, même après quand je suis allée vivre dans le sud-ouest, à Bordeaux. J'ai l'impression que j'étais la seule à courir sur les quais de Bordeaux. Aujourd'hui, il y a des nuées de gens et de joggers qui courent sur les quais de Bordeaux. Et donc du coup, je m'étais dit, c'est bien, je garde le sport à côté en loisir. Et puis on m'avait toujours dit, ne pas vivre de sa passion pour ne pas se brûler les ailes. Et en fait, moi, je voyais que ça me rongeait. J'étais malheureuse. C'était comme les derniers boulots. Ce critère médical, pourquoi je l'ai choisi ? Parce que quand on travaille dans un CHU, on fait 9h, 16h. Et à 16h, on peut aller courir. On a 9 semaines de congés payés. On peut aller faire des trails. On peut faire des stages de trails. On peut aller courir. Et donc du coup, je m'étais trouvé cette stratégie-là. Puis en fait, au bout d'un moment, à plus de 30 ans, ça ne tient pas. Donc, j'ai décidé de bouger, d'aller en montagne. C'était quand même plus pratique de prendre ses vacances pour aller en montagne. Il dit, on va aller vivre sur place. Et donc, c'était un peu un pari quand même. Et sachant que du coup, j'hésitais à revenir sur mes Pyrénées natales ou à partir carrément dans les Alpes. Et je m'étais dit, il faut que je choisisse un lieu un peu intéressant. Je fais de l'asthme et je suis souvent des problèmes un peu d'origine. un peu de ORL, on va dire. Et donc, c'est vrai que le sud-ouest est très humide. Mes amis d'enfance avaient tout quitté les Pyrénées, il n'y avait plus personne. J'ai dit, tant qu'à refaire la vie à zéro, on va aller dans les Alpes du Sud, qui sont réputées avec un climat très sec. Et surtout, le brillant sonnet que j'avais découvert avec des stages de sport UCPA à Serre-Chevalier. Mais merveilleux, tellement sauvage. Un patrimoine, une architecture en bois, en pierre, à laquelle même quelqu'un qui est de l'étranger Merci. On peut se référer, ça fait style montagne, mais ça ne fait pas le chalet savoyard qui fait très savoyard, ou le chalet basque, blanc, rouge, vert, qui fait très basque. Donc là, au niveau identitaire, c'est des endroits où on peut s'intégrer à se dire, je peux m'installer là, finalement, je me reconnecte facilement aux choses, parce que pour moi, c'est la montagne. Et puis ce climat sec, ce soleil, la vitamine D, et ce n'est pas un mythe, 300 jours de soleil par an à Briançon, c'est la réalité, même avec le réchauffement climatique.
- Speaker #1
Ah oui, là, comme ça, ça fait rêver.
- Speaker #0
Ah ouais, ça fait rêver.
- Speaker #1
Et est-ce que tu as eu un élément déclencheur ? Parce que tu t'es dit, oui, je veux être en montagne, etc. Mais à quel moment tu t'es dit, mais en plus, ce que je veux faire, c'est vraiment AMM et je quitte cette vie de bureau où finalement, tu avais un job, mais plus pour un peu alimentaire, on va dire, pour pouvoir faire ta passion à côté.
- Speaker #0
Exactement. En fait, c'est en arrivant à Briançon. J'étais secrétaire médicale hospitalière, j'avais passé les concours. Et en fait, à Brianson, c'est... Il faut savoir que c'est une petite ville, il y a 10-11 000 habitants. Il y a un petit hôpital qui fonctionne très bien l'hiver avec les urgences, notamment par rapport aux accidents de ski, à l'accidentologie de ski. Mais ça reste une petite ville à Taïmen. Il n'y a pas une grosse industrie, même comme par exemple en vallée de Morienne, ou en Savoie, Chambéry. Même en Morienne, il y a plein d'industries. Il y a la liaison Turin-Lyon-Paris. Donc il y a le TGV, il y a l'autoroute, il y a le tunnel du Fréjus. C'est très pauvre ici en fait. C'est un des territoires les moins peuplés de France, je crois, et même les plus pauvres, les Hautes-Alpes. Donc, il y a beaucoup d'agriculture. Et après, ça vit essentiellement du tourisme. Donc, j'ai bricolé tellement de CDD, des remplacements, un peu de saisonnier, un peu de « tu vas travailler dans une boutique » . J'essayais de trouver du boulot, mais ça bricolait, ça n'avançait pas. Un jour, ça m'a épuisée. J'ai dit « En fait, tu sais quoi ? En fait, j'ai bientôt 40 ans, c'est maintenant ou jamais. » Et en fait, j'ai dit « Je suis en train d'en vouloir mes parents aussi. Je m'évertue à faire un an. » Il y a eu un hiver où j'ai tellement voulu aller faire du ski de fond entre midi et deux au travail, du coup je ne mangeais pas. Du coup je me suis enchaîné une mononucléose au printemps parce qu'en fait du coup, je pleurais, j'engueulais ma mère. Je lui dis écoute tu me gonfles, je suis là c'est pour être à la montagne, faire du sport, c'est pas pour être dans un putain de bureau fermé et tout. Faut que j'aille m'entraîner, faut que j'aille faire du ski, je fais quelque chose. Et en fait ça a été le truc de la mononucléose, j'ai dit bon voilà, il faut que je sois dehors en fait parce que je me tue à la tâche pour être dehors. Je travaille des heures de fou dans un bureau, en plus ça ne me plaît pas, je suis toujours en train de changer de boulot, je me rebats pour changer. Là, je vais me trouver un truc stable. Et si je suis un peu intelligente, le marché de l'emploi au Alpin, en tout cas brillant sonné, ça vit du tourisme. Alors on va être malin et on va se mettre à la place de ce qu'attendent les employeurs dans le coin. Il se trouve qu'on recrute des accompagnateurs en montagne et des moniteurs de ski.
- Speaker #1
Logique. Est-ce que tu savais directement que tu voulais être spécialisée dans le trail ?
- Speaker #0
Alors le trail, non, pas forcément. C'est un rêve que j'avais depuis un moment, parce que je voyais les stages UCP à Trail, j'avais participé à ces stages-là en tant que cliente. notamment à Argentia, à côté de Chamonix, il y a 15-20 ans. Donc là, des fois, j'entends des gens, oui, elle a créé sa boîte de trail parce que c'est à la mode, tout ça, ça n'a rien à voir. Donc déjà, je courrais bien avant vous tous sur les réseaux sociaux. Donc voilà, on va mettre les choses au clair.
- Speaker #1
Les gens sont toujours très sympathiques.
- Speaker #0
Ils sont toujours très agréables. Alors oui, je ne m'appelle pas client de journée, sinon je ne serais pas là et je ne serais pas en train de passer des diplômes d'État. Mais en attendant, j'ai un certain niveau, en tout cas, j'ai une certaine expertise. Et quand on me dit que ça fait un an qu'on court et qu'on va se mettre sur le marathon de Paris et que j'ai une période sti... depuis les machins, c'est sûr que là, ce n'est peut-être pas forcément la meilleure des solutions de commencer par un marathon. J'ai peut-être d'autres choses à apporter aux gens, et notamment entre elles, du fait que quand j'étais gosse, je courais en montagne et mon papa me grondait. Il m'appelait mon petit cabri, parce que j'étais toujours la première à arriver sur les refuges. Mais en attendant, l'idée était quand même un peu là, et je me disais, sans copier non plus l'UCPA, si je veux faire quelque chose en projet pro pour la compagnie en montagne, il y aura quand même un lien avec le trail. C'est quand même une passion. En fait, j'adore courir.
- Speaker #1
C'est une saine passion. Tu as obtenu ton diplôme le jour de tes 43 ans, c'était quand même un symbole plutôt sympa. Est-ce que la période de formation, quand on reprend une formation à cet âge-là, non pas que ce soit vieux, mais c'est plus tard que quand on fait des trucs à 20 ans, est-ce que ça a été facile parce que de toute façon tu étais motivée ou est-ce que c'était un peu dur ?
- Speaker #0
et bien donc je l'ai eu le jour de mes 43 ans le plus beau cadeau d'anniversaire que je me sois offert parce que c'est un peu une revanche aussi sur la vie et mes parents qui n'ont pas voulu que je fasse ça donc j'étais je crois que des fois je ne réalise toujours pas d'ailleurs et en fait en soi physiquement par rapport à tout ce qu'on fait en effort de trail par rapport à ce qu'on me demande sur le diplôme d'état de ski de fond physiquement ça m'a demandé pour moi c'était même l'examen d'entrée du probatoire D'aller trouver des balises avec 14 kilos sur le dos, ça demande un effort. Mais ce n'était pas le plus compliqué. Ce qui m'a beaucoup peiné, c'était le côté affectif de me dire, déjà j'ai mis de l'argent de côté pour pouvoir me payer ma formation. En fait, ça va être mon gain de pain. Je ne peux pas peiner 40 000 ans en formation, il faut que j'avance assez vite dans le diplôme pour être vite diplômée. Même si dans tous ces diplômes, on accède vite au titre de stagiaire, qui nous permet déjà de travailler contre rémunération. c'est encore pas les mêmes statuts, même je le vois vis-à-vis des autres diplômés d'État, t'as pas la même envergure, la même prestance, on te regarde, c'est pas le stagiaire à photocopie, mais il y a quand même un peu cette image-là derrière. Donc je me dis, il faut que j'avance, et au moins sur mes deux diplômes d'État, j'en valide un pour au moins assurer les arrières. Et donc en fait, ce qui était très dur, c'est ce côté psychologique qu'à chaque fois que je rentrais, donc on fait des formations qui durent 15 jours, 3 semaines, on appelle ça des UF, des unités de formation. Donc un coup c'est dans le Jura, un coup c'est dans les parcs nationaux des volcans de Verne, un coup c'est à la Bresse dans les Vosges. J'ai pas mal bougé, ça c'était chouette. Mais à chaque fois du coup je me disais, bah déjà dedans t'as pas trop les moyens mais en fait tu bouges. Le Airbnb, le logement, moi j'ai pas de van aménagé. Et donc à chaque fois c'est des coups, et tu te dis, coups de formation. Tu peux pas te permettre de rater en fait, donc il faut réussir. Et donc il y a cette espèce de pression, plus peut-être que d'autres, mais peut-être que c'est moi qui me suis mis trop la pression de me dire, faut que j'avance vite. Il ne faut pas que je rate les échéances et il faut que je réussisse à chaque fois. Et donc, il y avait un peu ça, sachant que pendant nos formations, on avait des cours un petit peu théoriques et on avait souvent des ateliers avec des jurys juste derrière nous, derrière le sac à dos, quasiment continuellement. Et là, c'est comme si tu avais des yeux qui te surveillaient tout le temps pour juger ce que tu faisais, même un mauvais commentaire ou une mauvaise interaction. Je me rappelle d'un jeune qui était arrivé en retard un jour. et qui avait donné comme excuse, 20 minutes en retard, à Chamonix, qu'il n'avait pas trouvé l'ENSA ni le parking pour se garer, il s'est fait laminer, parce qu'en fait, tu es accompagné de toi en montagne, c'est-à-dire que tu ne sais pas lire une carte pour un parking, et qu'en fait, si tu n'es pas à l'heure pour venir en cours, est-ce que tu seras à l'heure avec tes clients, est-ce que c'est professionnel ? Et donc, le moindre petit fait pas bien, c'était vite, dans le rouage, tu ne marquais pas des points, et c'était déjà exigeant, donc je trouve qu'il ne fallait quand même pas se planter. Et on avait quand même des jurys. Bon, il y a souvent un peu ces jeux-là en France. On aime bien, même à Sciences Po, le gentil et le méchant, même dans les oraux. Donc, il y a toujours un peu ce petit jeu-là. Mais moi, je trouve que c'est d'ailleurs plutôt rassurant, parce que ça veut dire que derrière, on va diplômer des professionnels qui sont solides. Mais c'est très, très exigeant. Et pour moi, c'est une formation que j'ai trouvée plus dure que Sciences Po. Mais au niveau vraiment émotionnel, vraiment de gérer ce stress, de devoir réussir les étapes. Il y avait toujours des petits examens, des petits écrits, des petits oraux, des petites mises en situation. Et chaque fois, je me disais, il ne faut pas se louper.
- Speaker #1
Ça, tu étais un peu sous pression permanente.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça, exactement.
- Speaker #1
Et là, tu disais dans l'introduction, tu es en train de devenir aussi monitrice de ce qu'ils te font. Tu es aussi pisteur secouriste diplômée. Pourquoi est-ce que tu as tout le temps envie d'apprendre aussi de nouvelles choses ? Est-ce que c'est aussi pour équilibrer ton activité hiver-été ?
- Speaker #0
Et bien c'est ça, exactement. C'est-à-dire qu'en fait, en montagne, on ne travaille que de la saisonnalité. Donc en gros, c'est des métiers qu'on exerce. En fait, on ne se rend pas compte. On se dit, c'est six mois, six mois. Non, non, non. En vrai, preuve en est, c'est que je propose mes stages de trail au mois de mai. Et que ça a des fois du mal à partir. Donc en fait, ma saison, elle commence vraiment, on va dire mi-juin, quand il y a vraiment les nevées en montagne qui sont parties. Et puis elle va se terminer. On va traîner un peu dans la vallée de la Clarée. On a de la chance, c'est les Alpes du Sud. Donc on va pouvoir travailler jusqu'à mi-fin octobre. mais pareil on va pas s'épuiser quand j'ai fait un trek une semaine dix jours et bien forcément le temps de rentrer faire un peu la lessive, repartir il y a forcément deux trois jours d'attente donc il faut quand même pouvoir enchaîner et ce que m'ont dit les formateurs aussi à l'école nationale c'est qu'il faut penser à son futur et en fait il faut quand même aussi se prémunir donc on n'est pas des robots notre corps c'est notre métier c'est nous même donc il faut qu'on puisse enchaîner mais tout en se considérant, en prenant soin de notre corps Donc on a une saison qui va finalement presque, si on collait tout, peut-être ne durerait que trois mois l'été. Et l'hiver, c'est pareil, mine de rien. Oui, certes, ça fait décembre, janvier, février, jusqu'à mi-mars, en ce qui te faut, on travaille à peu près. En vrai, le gros du travail, c'est aux Jeux cette semaine, en ce moment. Finalement, j'ai tellement travaillé la semaine dernière, ce n'était pas prévu, j'ai fait 60 heures en cinq jours, que du coup, cette semaine, mon directeur m'a un peu allégé le programme. pour faire travailler aussi d'autres moniteurs, c'est très bien, comme ça c'est un travail d'équipe. Mais en vrai, on travaille surtout Noël, Nouvel An, même de plus en plus, on remarque au niveau des socioprofessionnels que c'est plutôt Nouvel An, une fois que les gens ont fait les fêtes de Noël. Et après février, ça va vraiment être les vacances de février. Et typiquement, nous par exemple, la zone de Grenoble, elle vient très peu chez nous, parce qu'elle préfère aller en Savoie, ou alors elle a tout simplement la montagne à portée de Grenoble, donc elle n'a pas besoin de venir chez nous. Donc finalement, même on pourrait réduire nos vacances de février à trois semaines. On va avoir beaucoup les Marseillais, les Parisiens, les gens du nord, de l'est, ils adorent les Alpes du Sud. Donc ça se réduit finalement, l'hiver, ça peut peut-être faire que cinq, six semaines de travail. Donc il y a intérêt, là c'est des journées, des fois au niveau physiologie du sport et gestion de notre corps, on n'en prend pas forcément beaucoup soin parce qu'en fait, il faut juste qu'on soit opérationnel et au travail. Le back-office à la maison, les lessives, faire les courses, manger. On fait ce qu'on peut.
- Speaker #1
C'est vraiment hyper concentré. Comment est-ce que toi, tu définirais ton approche, ton métier d'accompagnatrice en général ?
- Speaker #0
Eh bien, alors moi, du coup, ne venant pas d'une formation du tout biologiste ou scientifique, n'étant pas gardien d'un parc même régional, où il y a plein de jeunes qui ont des formations un petit peu dans ce domaine-là, qui font le diplôme d'accompagnateur en montagne, ils ont bien raison parce qu'ils ont des super compétences. J'ai un apport théorique, évidemment, que j'ai appris en formation un peu standard, un peu classique, qui, quand je vois l'évolution de la société, qui est même, malgré tout, même notre génération de 40 ans, quand même vachement sur les réseaux sociaux, sur le téléphone, sur les écrans, on lit vachement moins, on est moins curieux, on est vachement plus urbain, on est vachement plus 5G, tout est intuitif, etc. Du coup, je suis même étonnée, des fois, de voir. même jusqu'à 50 ans, des fois, des gens qui ne font pas, par exemple, la différence entre un chamois, un bouctin, ils vont se dire, une fois, on m'avait fait une remarque sur c'est quoi, on se croit haute-juive, c'est quoi tous ces fils barbelés ? Non, alors les fils barbelés, c'est pour les clôtures, en fait, c'est pour protéger les animaux, c'est leur terrain de pâturage, donc c'est normal, c'est pas haute-juive, et c'est comme ça en montagne, en fait, dans certains coins de montagne. Ah bon, mais on met pas des clôtures en bois, et pas partout, et puis des fois, on n'en met pas, ça dépend. Donc des fois, en fait, on ne se rend pas compte, mais on a l'impression qu'on a des petites connaissances et que ça ne suffit pas. En fait, pour la majorité des gens, ça suffit. Donc moi, je la diffuse avec grand plaisir et j'essaye d'être le plus pédagogique du monde parce que je me mets vraiment à la place de ces gens. Je préfère qu'ils en sachent moins, mais qu'ils comprennent bien. Mais par contre, je me rends compte que par rapport à d'autres accompagnateurs en montagne qui ont peut-être même des fois 30 ans d'expérience, pour le coup, qui ont peut-être 60, 70 ans, qui sont des puits de science. Et c'était des époques où je pense que, encore une fois, les gens lisaient plus. ils se cultivaient, ils apprenaient c'est vraiment des générations les accompagnateurs qui m'ont donné envie il y a mon papa mais il y a aussi plein de stages du CPA où j'ai vu ces vieux messieurs de 50-60 ans à l'époque, moi j'étais toute jeune et ils nous racontaient plein d'histoires sur la montagne et des choses que si on racontait tout ça aujourd'hui les gens auraient l'impression d'être dans un musée vivant de plus randonner, de plus être en montagne ça les gonflerait, donc il ne faut pas trop en dire donc c'est un espèce de juste milieu donc du coup, moi je me suis mis sur un autre créneau qui me correspond bien maintenant. Tout à l'heure, je disais à mes parents, pas du tout performance, etc. Mon histoire dans les Hautes-Alpes, la rencontre avec mon conjoint m'a fait goûter un petit peu à ce sport performance. En tout cas, pareil, dans l'histoire de l'évolution de la société, même de se rendre compte qu'il y a des gens sportifs, malgré tout, sur certains efforts, ils n'ont pas la capacité à gérer leur corps pour randonner ou pour tenir une semaine de sport, etc. Je suis vachement dans cette chose-là, comme quand je fais mes tours du Mont-Blanc. C'est un peu des défis d'amener tout le monde à bon port. On va faire le tour du Mont-Blanc en 10 jours, en 7 jours. Et t'inquiète pas, on va y arriver, on va aller au bout. Donc on va gérer l'effort pendant la semaine. Donc je suis vachement plus à intervenir, alors à mon petit niveau, mais sur comment gérer l'effort physique en montée. Ok, aujourd'hui on fait comme ça, demain on en garde trop de main. Je vais découper les étapes pour donner un peu le moral des faux gens. Bon, ben là tu devrais alléger un peu ton sac parce que là, aujourd'hui on va rajouter de l'eau. Au niveau nutrition. Je ne suis pas du tout nutritionniste, mais des petits tips que les gens, des fois, ils sont tellement dans leur quotidien, même ceux qui vont peut-être aller au travail un peu à vélo, mais qui sont dans leur voiture, il y a les bouchons, il y a les enfants à gérer, les amener à l'école, on est toujours dans un truc sans fin, on a des vies surmenées. Donc des fois, et même de conscientiser, ce que je dis à certains, des fois je vois la génération des 70 ans. Blablabla, ça râle un peu, ça souffle un peu. J'ai dit, t'as 70 ans, tu viens de faire 1000 mètres de dénivelé, on va bientôt arriver au refuge. Est-ce que quand tu vois le contexte international aujourd'hui, tu te rends compte de la chance que t'as d'être là ? Entre guillemets, pas de cancer, t'es en bonne santé, t'as de l'argent pour te payer le séjour parce qu'il n'est quand même pas donné. Regarde la beauté de la montagne devant toi. Là, on va arriver au refuge, on va passer une bonne soirée. Je pense quand même qu'on a passé une bonne journée. Donc déjà aussi, des fois, les gens, de les mettre un peu en pleine conscience. Pareil, je ne suis ni surprologue, ni yoga woman, ni quoi que ce soit. Mais de conscientiser les choses, de se dire, ouvrons les yeux, levons les yeux. Tu es en vacances, tu es à la retraite, mais waouh ! Enfin, je ne sais pas. Et donc, je suis plus dans ce truc-là de vraiment de... Je suis dans le soutien aux gens. Je suis un peu une espèce de pilier qui va les amener le plus haut possible en montagne. Le plus loin possible.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui, toi, te fait vibrer quand tu te lèves tous les matins dans ton nouveau métier versus ton ancienne vie ?
- Speaker #0
C'est que même quand je suis fatiguée, c'est incroyable, l'humain, le fait de rencontrer des gens, d'aller travailler pour l'humain et de me mettre à communiquer avec un humain en face de moi et d'être debout sur mes skis ou sur mes chaussures de trail sans être sur un bureau derrière un ordinateur, de ne pas être sur un écran. Là, il y a deux jours, j'avais de la fièvre. Même avec de la fièvre, au bout d'une demi-heure, j'ai une pêche et je suis partie pour la journée. C'est juste le contact d'être avec les gens, mais c'est un bonheur. Moi, ça me fait trop du bien.
- Speaker #1
C'est génial de ressentir ça. Et Alain, je sais qu'il y a des choses que tu trouves quand même un peu difficiles dans ce métier-là. J'imagine qu'il y en a aussi.
- Speaker #0
Et il y en a aussi. Alors, ce qui est très, très dur, c'est la face cachée de tous ces métiers. On en parlait d'ailleurs ce matin avec un accompagnateur. C'est qu'en fait, il y a le côté bonheur sur le terrain la journée ou la semaine. Et en fait, tout ce qu'on ne voit pas, c'est l'iceberg immergé. C'est toute la partie préparation. par exemple, on va raccrocher tout à l'heure avec Lorraine, et pour demain il faut que je prépare un petit topo sur le patrimoine de la ville de Nevache dans la vallée de la Clarée alors sans rentrer dans les grands détails parce que pareil c'est pour un public enfant, jeune, mais sur l'église sur le village, comment il a été construit les maisons autrefois comment les habitants vivaient les ressources, le seigle, etc et donc peut-être que je pourrais un peu l'improviser mais j'aime bien faire quelque chose de bien Donc je vais aller essayer de me documenter, trouver des photos, montrer ça aux enfants, pas faire quelque chose de trop théorique. Et toute cette partie-là, les deux heures tout à l'heure, demain sur le terrain, je vais me régaler. Les gamins, ils disent « Waouh, super comme métier, il n'y a que ça à faire. Tu mets tes raquettes, tu vas parler. » Et non, non, en amont, j'ai travaillé. Quand je prépare mon tour du Mont-Blanc, c'est pareil. La trousse de secours, à vérifier les dates de péremption des produits, de faire attention que le sac, j'ai pris ça au cas où. Bon, allez, s'il y a une cliente, peut-être qu'elle aura oublié sa cape de plus, j'en prends une deuxième. Donc on se charge. Et donc il y a aussi ce truc d'avoir souvent un équipement, je trouve notamment l'été, qui est très lourd, même extrêmement lourd. Il faut quand même se protéger le dos, s'y faire attention par rapport aux clients parce qu'en fait, on est leur garde-fou. Donc ça, des fois, ça pèse un peu. Tu te dis que tu aimerais bien avoir un petit sac de trail dans le dos.
- Speaker #1
C'est normal. Il y a ça dans pas mal de métiers, en fait. Il y a toujours la face cachée du truc sur le papier. On a l'impression que c'est hyper facile, mais c'est en général pas le cas. Est-ce que tu as un moment préféré, toi, dans une journée un peu classique en montagne avec des clients ? Est-ce que c'est le lever du soleil, le déjeuner, le refuge ?
- Speaker #0
Eh bien, je suis devenue accro des refuges du fait de mon papa. Je lui fais un peu de bivouac, notamment pour la formation. J'en ai fait un petit peu pour moi. J'estime que j'ouvre la fenêtre de mon refuge le matin et je vois la même vue sur les grandes Jorasses que si j'ai dormi dans la tente en dessous. Jusque la veille au soir, j'ai fini par faire un petit apéro avec les clients. On a joué aux cartes, au show. On a discuté italien avec le gardien du refuge de Burton. Donc moi, j'adore le côté, encore une fois, humain. Et donc ce côté social du refuge. Alors des fois, t'es mal accueilli. J'en ai tellement des gardiens de refuge. Bon, ils sont peut-être plus de ce monde, mais un peu bourrin là. Le fou montagnard, donc t'en vas pas t'accueillir. Toi, t'es accompagnateur montagne, ça va bien t'accueillir. mais c'est pas grave, du coup ça crée un truc que j'aime bien notamment sur les il y a des gens qui critiquent, des accompagnateurs qui n'aiment pas parce que c'est l'autoroute, c'est chiant c'est le tour du Mont Blanc, moi je me régale parce que le fait de passer sur les trois pays avec la Suisse la France, l'Italie, c'est extra et t'arrives en Italie et tu parles italien, tu bricoles un italien un peu pourri mais c'est pas grave, t'as l'ambiance le soir le repas les verres, les gens qui trinquent, ils boivent un coup de rouge, ça discute, il y a des tablés à fond là. ils te servent la polente, ils font le tour des tables on se croit à la cantine, tout le monde est heureux c'est pareil, encore une fois quelque chose d'humain, c'est des moments mais c'est incroyable, ça me donne une énergie moi je peux y refaire 15 fois les tours du Mont Blanc, je me régale toujours autant donc je pense que j'aime bien le soir après la rando,
- Speaker #1
juste la petite arrivée vers 17h rien que d'en parler tu me donnes envie tu proposes pas mal de stages de trail à partir aussi d'endroits assez variés, est-ce que tu as un coin vraiment favori ?
- Speaker #0
Eh bien, sans contexte, il y a un coin que j'adore, mais que je n'ai pas réussi à commercialiser pour le moment. Du coup, je ne le propose plus. Mais si toutefois, quelqu'un était intéressé, ou quelques-uns, on pourrait ouvrir cette date. Moi, j'adore le côté... Alors, c'est méconnu. On n'est pas loin de la frontière avec l'Isère. C'est entre le col du Lotaré et un petit peu en dessous de la Grave. Donc, c'est vraiment le bout du bout des Hautes-Alpes. C'est notre petit Mont Blanc en fait, c'est tout, on a toute une vue sur les écrins. Et donc c'est tout, on appelle ça un peu le pays des écrins on va dire, donc entre le nord de Cerf-Chevalier, Monétier-les-Bains, le haut du massif des Cerfs, col du Galibier, l'Otaré, et puis c'est ça, donc après on a tout le Chaselet, tous ces petits villages là derrière, c'est magnifique, et puis après c'est un peu sauvage, on arrive presque sur les aiguilles d'arves, presque on rebifurque derrière sur Valoire-Galibier, la Savoie. Tout ce coin-là, la mèche, pour moi, c'est somptueux. Pareil, l'entrée presque sur la... Je suis en mode ski de fond l'hiver, j'ai un peu perdu les noms. Le début, l'entrée du parc national des Écrins, après le côte de l'Otari, ça bifurque vers Chamoisière. Tout ça, c'est le Réhoud d'Arcine, col d'Arcine. Tout ce coin-là, c'est grandiose.
- Speaker #1
Ça donne envie, ça fait des belles options. Et dans tes stages, tu as des stages ouverts à tous et tu as aussi des stages qui sont 100% féminins. Est-ce que tu observes un changement dans la dynamique de groupe, dans les échanges, dans les stages qui sont uniquement pour les femmes ?
- Speaker #0
Eh bien, l'idée des stages au féminin, au début, je n'avais pas forcément pensé à ça. C'est Justine, une jeune fille qui est coach sportive, avec qui j'ai un petit peu collaboré l'année dernière, qui m'avait suggéré l'idée. Mais du coup, on en a fait un, tous les deux, qui a... Bon, on a quand même eu trois petites curieuses qui sont venues dans la clarée l'automne dernier, avec qui ça s'est super bien passé. Au final, on s'est régalé et effectivement, il y a bien eu une dynamique. En fait, les filles, quand elles viennent, ça les rassure vachement parce qu'elles savent qu'elles vont être entre filles. Même si des fois, il y a ce côté un peu compétitrice entre nanas. Je trouve quand même que ça baisse un peu la tension, même le premier jour. On n'est pas en train de trop se regarder par rapport à d'autres stages au mixte où on a toujours peur que les garçons soient plus forts, soient plus ci, soient plus là. Voilà, ça fait un peu moins compétition. mais en vrai moi comme je suis quand même toujours dans la convivialité toujours dans ce côté humain avant tout j'ai pas forcément ressenti non plus de très grande différence parce que finalement les garçons ceux qui sont venus en tout cas ils ont bien compris pourquoi ils venaient, leurs objectifs ils étaient là aussi pour découvrir un territoire qu'ils ne connaissaient pas donc ils ont un peu enlevé de leur côté l'ego et les conditions chronométriques ils ont compris qu'ils étaient en stage pour progresser, pour apprendre ou pour faire du volume Donc la course, c'était évidemment pas le jour du stage, mais après le stage. Donc finalement, moi j'ai toujours quand même créé des ambiances, même à l'UCPH, donc ça crée quand même des groupes qui vont bien. Néanmoins, j'observe pour l'année 2026, que l'unique et seul stage au féminin que j'ai préparé, que j'ai proposé, il est quasiment rempli, déjà depuis un paquet de temps. Et pour le moment, que les choses soient claires, c'est le seul que je confirme pour l'année 2026, vraiment. Parce qu'il est vraiment bien rempli. Et les questions que j'ai eues de la part des filles et qui sont inscrites, Elles avaient vraiment besoin d'être rassurées. Et je pense que ce stage marche parce qu'il n'est pas dans les Alpes. Il est chez ma maman en Lauser sur le plateau de l'Aubrac, sur lequel il y a moins de gros dénivelés, c'est moins technique. Parce que les Alpes du Sud, comme la Corse, c'est quand même très caillouteux. Il y a beaucoup de racines, c'est très technique. Il y a beaucoup de gros dénivelés. Et surtout, à moins de faire du hors-senti, on pourrait en faire, mais on traite le... Généralement, si on arrive déjà à faire un bel effort sur un sentier balisé, c'est bien. Du coup, ça fait peur aux filles, justement. Et donc là, ce stage sur l'Aubrac avec moins de dénivelé, des choses plus douces, on fait plus un peu de course à pied, on a peut-être moins le risque de mettre des milliards de choses dans le sac à dos, ça sera moins lourd. On fait des demi-journées, on s'arrête à midi. Et puis voilà, l'Aubrac, tout de suite, avec les chemins de Saint-Jacques de Compostelle, c'est quand même un peu la destination à la mode ces dernières années. Et bien, ça rassure. Et comme j'ai rajouté une partie un peu patrimoine, un peu gastronomie, on va les manger dans un bureau, on va faire un après-midi bien-être dans un superbe spa terme historique de l'Aubrac. On va rencontrer aussi un des trailers de chez Cimalp, Rémi Brassac, qui est l'osérien, qui a la gentillesse de venir sur le stage courir avec les filles. Et ben voilà, ça fait des petits ateliers, ça fait pas des grosses choses, des grosses sorties à la journée, ça rassure énormément. Et du coup, je pense que d'après les... inquiétudes des filles avant de s'inscrire, ça répond à leur demande. Donc si je vois que peut-être que ça marche mieux sur l'Aubrac, sur les terrains plus doux, peut-être qu'en futur, j'irai m'expatrier chez ma maman, momentanément, de temps en temps, pour les stages de trail. Voilà.
- Speaker #1
C'est intéressant d'avoir tous ces retours aussi. Là, du coup, ça fait un stage un peu moins axé performance pure, avec d'autres côtés, tu disais gastronomie, patrimoine, etc. C'est intéressant de voir que ça, ça plaît aussi. À mesure, tu auras plein de retours de participants. Après, ça ne veut pas dire que ça ne plairait pas aux hommes non plus, mais ça peut te donner des idées aussi, même après, pour d'autres stages mixtes.
- Speaker #0
Exactement. C'était un peu lié que j'avais à Briançon et ceux qui sont venus, parce que je les remercie vraiment chaleureusement. Les quelques curieux qui sont venus me voir depuis que j'ai créé mes stages d'autre elle, ça fait maintenant que ça fera le deuxième printemps. Les filles ou les garçons allaient visiter la vieille ville de Briançon, c'était vos banques et patrimoine mondial de l'UNESCO. Une ou deux fois, ils sont allés faire le spa, le hammam à la piscine municipale de Briançon. qui a priori est bien doté. Un coup, il y avait... Il y en avait qui voulaient faire une double sortie. Ils allaient refaire une petite sortie l'après-midi. Je leur donnais une trace GPX. Donc finalement, il y a quand même cette optique. Un coup, ils se sont retrouvés pour manger ensemble. Après un coup, ils avaient été boire un verre. Ça reste quand même toujours ce côté convivial. Et là, en plus, on a créé des... Cette année, j'ai eu la chance d'avoir le label en travaillant beaucoup. C'est pareil, ça ne se voit pas, mais de grosses recherches pendant plusieurs mois pour trouver quelqu'un qui puisse m'héberger, on va dire. pour que je devienne, je puisse avoir en tout cas le label agence de voyage pour proposer du séjour tout compris, parce qu'il faut savoir qu'il y a un paquet de monde sur les réseaux sociaux je ne ferai pas de délation qui propose du séjour tout compris sans être dans les clous,
- Speaker #1
donc il n'y a aucun numéro d'immatriculation c'est une réglementation hyper spécifique en plus des agences de voyage donc dès qu'on package normalement,
- Speaker #0
il faut l'avoir il faut l'avoir et le jour où il arrive un problème sur juste un repas même une allergie ou un oedème de Queen, je ne sais quoi qui, voilà. Et bien, si tu n'as pas le petit label qui va derrière, qui te protège, etc. au niveau de l'hébergement ou de la restauration. Voilà, je pense que de toute manière, ce n'est pas une histoire. Il vaut mieux être dans les clous. Donc toujours est-il que cette année, c'est la première année que je peux en proposer. Donc grâce à un contact que j'ai sur Saint-Gervais à côté de Chamonix, une petite agence qui paraît qui est très curieuse, qui donne les moyens, qui fait plein de choses différentes. Et donc du coup, avec Florian Olivier de chez Cimalp, qui est directeur marketing de chez Cimalp. On va lancer un séjour tout compris tous les deux avec deux niveaux de trail. Donc lui peut-être plus avec un peu les performants, moi peut-être plus avec les gens qui veulent débuter ou s'initier. Ou même des fois des gens qui courent déjà, mais en fait, peut-être découvrir un nouveau territoire, le faire plus calmement sous forme d'un stage, d'apprendre des petits tips, d'échanger avec les autres. Et peut-être pas toujours de prendre un dossard, un dossard, un dossard, etc. Et de se payer peut-être quelques jours de vacances comme ça. Donc on sera dans la vallée de la Clarée à Neyvache. dans un petit hôtel sympathique qui s'appelle L'Échaillon. Et là, pareil, dans l'histoire de la convivialité, j'y travaille l'hiver à L'Échaillon, par le biais de l'école de ski français. On y mange super bien, bon produit de terroir. Il y a le spa, le hammam, il y a des massages. Le côté gastronomie, patrimoine, etc. Il est là aussi. C'est quand même toujours un peu cette note que j'aime bien pour tout le monde. Mixed ou pas mixed.
- Speaker #1
Oui, carrément. C'est une bonne combinaison, je trouve. On va parler un peu de tes souvenirs marquants, on va dire. Tu as fait un tour de la Vanoise en solo et apparemment ça a été un kiff absolu pour toi. Est-ce que tu peux nous parler de cette aventure ?
- Speaker #0
Eh bien, du coup, c'était pour préparer le diplôme d'accompagnateur en montagne. On a des randonnées obligatoires à faire. Et du coup, moi, vraiment, j'ai une passion de l'itinérance, mais en refuge. Mais j'adore ça. Chaque fois, j'arrive dans une nouvelle maison. Comme si c'était un nouvel lot. J'aime bien cette idée-là. Et puis, pareil, ce côté de se recentrer sur toi. Tu arrives pas trop tard dans l'après-midi. Les gens, ils ont l'impression qu'ils vont arriver tout refuge. Ils vont s'ennuyer. Ils vont jouer au cart. Mais oui, mais en fait, c'est parce que dans la vie, on fait tellement de choses tout le temps à fond à fond qu'on n'est plus capable de s'ennuyer. Mais tu sais quoi, moi, s'il y a une petite rivière juste en dessous, un petit ruisseau, je vais tremper les pieds deux secondes, je vais aller me faire une sieste, je vais aller regarder les marrons d'autu, je prends les jumelles. Enfin, je ne m'ennuie pas et en même temps, des fois, de s'asseoir, se poser, boire un verre, manger une petite tarte à la myrtille, regarder la montagne, c'est magnifique. Et alors, la vanoise, je l'avais eu faite avec mon papa quand j'étais jeune, adolescente, à 15 ans et je m'étais dit, je vais me le refaire. Et en fait, en grandissant, en faisant du trail, Je me suis rendu compte que le tour de la Vanoise, d'ailleurs, il y a un trail, le grand tour de la Vanoise, qui se fait en une fois. Je crois que ça fait 70 kilomètres. Et je m'étais dit, mais en fait, voilà, je vais faire sur deux, trois jours un peu en rando-course. Et pareil, c'était comme je préparais mon diplôme. C'était un peu une des premières fois que je faisais un peu un truc toute seule en montagne. Je m'étais un peu préparé mon sac au cas où. Et voilà, justement, de prévoir. Bon, après, oui, j'avais trouvé une bonne météo. J'avais eu de la chance. Il fallait bien réserver les refuges. D'ailleurs, je m'étais trompée. J'avais fait ça trop tard, donc j'avais été obligée de faire le tour de la Vanoise en sens anti-horaire, alors que le classique, il se fait plutôt dans l'autre sens. Mais c'est pas grave, je m'étais débrouillée, ça m'avait appris aussi deux, trois petits détails comme ça de réservation de refuge. Et je m'étais régalée, parce qu'en fait, bon, déjà tu cours pour toi, tu fais à ton rythme ou tu marches à ton rythme. Et surtout, j'avais fait ça au mois de juin. Et juin, c'est parfait, c'est la bonne saison, il n'y a personne, enfin il y a un peu de monde et ça reste encore calme. Un peu les fleurs qui commencent à sortir, les animaux qui sortent, parce qu'ils ne sont pas encore trop dérangés par les vacanciers et les nombreux passages de l'été. Et ce petit bonheur d'être libre, t'as juste arrivé au refuge, et puis tu te poses. Et là, tu te ressources pleinement. Téléphone, il capte pas. Hop là, pas de réseaux sociaux pendant trois jours. Et c'est tellement beau. Moi, la Vanoise, je suis pas allée m'installer là-bas parce qu'il pleut trop, la Moriane. Mais encore que c'est peut-être pas si vrai que ça. Mais en tout cas, c'est un endroit où j'aurais pu vivre. Tellement beau.
- Speaker #1
Ça a l'air incroyable, effectivement. Je connais un peu la Moriane, mais pas spécifiquement le tour de la Vanoise. On a déjà parlé à chaque fois en très positif, donc c'est sur ma liste, ma longue liste.
- Speaker #0
Ah oui, vas-y, fais le tour de la Vanoise, tu vas te régaler. Puis c'est très balcon, c'est des sentiers, c'est jamais des gros dénivelés où tu descends en fond de vallée comme le Tour des Écrins, et hop, il faut tout remonter, ou le GR20 en Corse. Alors les gens n'y vont pas parce que pareil, quand c'est trop facile, on n'y va pas. Évidemment, c'est pas trop à la mode, c'est trop facile. Alors on va tous aller faire le GR20, comme ça c'est bien dur, on fait un truc déjà bien costaud. Ah mince, j'ai le vertige, je ne savais pas. Le nord, c'est compliqué. La Vannose, c'est de la haute montagne, tout en étant un peu accessible. Il y a ce mix de glaciers. Malheureusement, ils ont fondu. Glaciers, alpages. On arrive dans les petits villages, les jolis petits chalets savoyards. Moi, je suis fan. Le bruit des cloches des vaches. L'eau qui coule. Des grandes vallées glaciaires qu'on descend. Tu peux courir un peu, tu te lâches. Moi, j'adore.
- Speaker #1
je vais y retourner c'est sûr trop bien ça nous a bien mis et côté trail t'as aussi couru des épreuves vraiment mythiques type Cierginal l'OCC est-ce que t'as un souvenir vraiment particulier marquant d'un dossard comme ça qui t'a vraiment plu ?
- Speaker #0
ouais alors j'ai fait j'aime bien faire les courses pareil comme je fais de la course à pied depuis l'âge donc j'ai 44 ans j'en fais depuis l'âge de 12 ans mes premiers trails je les ai faits ouais on va dire quand j'étais à Bordeaux ouais c'était un peu en fait autrefois on appelait ça des courses nature Toute la France entière, on est d'accord, où que ce soit. À partir du moment où on n'est pas sur quelque chose d'alpin, normalement ça s'appelle la course nature. À partir du moment où c'est quelque chose qui ne dépasse pas 15, 20, 30 kilomètres. Donc moi, à l'époque, on appelait ça la course à pied. Donc j'en faisais pas mal sur Bordeaux. Et en fait, mes premiers trails alpins, je les ai faits en 2015. J'avais fait le trail des Aiguilles Rouges. Donc celui-là, il m'a vachement marqué en 2015 parce que j'étais une grosse débutante. J'ai fait les mêmes erreurs que tout le monde. si ce n'est quand même que j'avais une condition physique que je faisais beaucoup de randonnées en vacances et que je faisais de la course à pied toute l'année mais en fait tout de suite je suis complètement débile je me suis inscrite aux 50 km alors qu'il y avait un dossard pour un 15 bornes et en fait je crois que j'ai fini avant avant dernière bon après j'étais dans les temps ils m'ont laissé passer mais j'ai souffert les 3-4 000 mètres de dénivelé alors maintenant que j'ai tellement progressé même au niveau mental au niveau expérience en montagne ça passerait comme ça Et à la fin, je me rappelle, je râlais, je râlais, je râlais, mais je n'en pouvais plus. Et la dernière descente des zouches, je n'en pouvais tellement plus, tellement mal aux genoux, aux cuisses, à tout ce qu'on voulait, aux quadris. J'étais descendue à l'envers sur les pistes de ski, je me rappelle, parce que j'étais au bout de ma vie. Mais en fait, avec du recul, j'ai fait la même connerie que beaucoup de débutants. Alors que... Pour le coup, j'avais quand même de l'expérience. Et en fait, avec du recul, c'était ridicule. Et alors, à contrario, ma plus belle, mon plus beau souvenir, mais vraiment mon plus beau, donc le Cierre-Zénal, c'était chouette. Moi, j'adore voyager, le côté humain. Voilà, les Saint-Bernard, Grimens, il y a des villages magnifiques avec les maisons suisses, les géraniums en fleurs, les drapeaux suisses. C'est tellement beau, tout en bois et tout, c'est magnifique, avec des vues sur le Servin, toutes ces grandes montagnes suisses, c'est incroyable. Mais par contre, la course qui m'a le plus marquée, c'est vraiment le Cross du Mont-Blanc. Donc c'est pareil. Et vas-y que je prends mon dossard pour le Marathon du Mont-Blanc, parce que c'est à la mode, parce qu'il y a les Golden Series dessus, nanani, nanana. En fait, la plus vieille course de France, une des plus vieilles courses de France de montagne, c'est le Cross du Mont-Blanc, avec la montée du Nid d'Aigle. Donc si tu veux faire un truc un peu connu, tu aurais plutôt intérêt à faire ça. Ben oui, c'est une courte distance, 23 km. Et je t'assure que c'est comme un 10 km sur route. Si tu le prépares bien et que tu le fais bien, c'est sûr que si tu vas pour faire de la randonnée pédestre, et si tu le prépares bien, c'est un très gros effort, très dur. Et c'est un ratio 23 kilos et 1400-1600, je crois qu'il y a 2D+. Et bien en fait, si tu le fais bien, ça envoie les chaussettes. Et donc c'est une course à une époque, mais c'était juste après le Covid ou pendant. Et en fait, j'avais hyper bien préparé, j'avais perdu un peu de poids et j'ai fait beaucoup de renfots. Je ne sais pas, je m'étais mis dans le truc, je commençais à être vraiment bien dans ce truc de performance, de physiologie du sport, de préparation physique, mais pareil, toute seule, je n'ai personne qui m'aide à m'entraîner. Et en fait, je suis partie trop vite parce que j'étais en pleine forme. Dans les Hautes-Alpes, on est très haut en altitude, donc quand on va à Chamonix, ça nous paraît bas. Et donc, je suis partie trop vite, j'étais à 14-15 km heure. Les gars du club des sports de Chamonix, tes premières Masters 0 et tout, je suis là, tac, et tout, j'y vais, je passe au tour, tes premières Masters 0. Je me suis dit, mais c'est quoi ce truc de fou ? Et en fait, je monte. Et en fait, je suis arrivée. J'arrive à la flégère. Et moi, on m'avait dit que c'était un semi-marathon. Je me suis dit 21 kilomètres. En fait, il y en avait encore 4. Et là, en fait, tellement je l'avais préparé dans ma tête sur un semi, ça m'a effondré. Et les 4 derniers kilomètres, mais un calvaire, je n'avançais plus. Les 4 filles qui sont passées devant moi, les 5 filles, elles m'ont doublée à la fin. Parce qu'en fait, je marchais. Je ne sais pas si c'est le mental qui s'est effondré ou mon corps, mais impossible. Et donc, j'ai fini. Bon, ce n'est pas dégueulasse non plus. Ce n'est pas une course à saucissons, mais sixième Master 0. Et donc là, il y avait ce côté de gestion de mon corps. Je ne sais pas, j'ai conscientisé les choses. C'était assez incroyable dans ma tête, dans mon corps. Et en même temps, je pense que c'est un de mes plus beaux classements de sport. Parce que quand même, tu peux faire un podium tous les jours à côté de chez toi, dans une course locale. Ça reste la petite course du coin. Là, il y a quand même un peu du monde qui s'inscrit à cette course. Oui,
- Speaker #1
je suis méchante.
- Speaker #0
Et puis il faisait beau, c'était incroyable, c'était trop une belle journée.
- Speaker #1
Ah ouais sympa, beau souvenir. Est-ce que tu as d'autres défis, que ce soit course ou pas course, ou randonnée en itinérance, en tout cas projet sportif que tu as envie de réaliser bientôt ?
- Speaker #0
Là mon gros projet c'est dans mon diplôme d'état de ski de fond, ça a l'air ridicule mais il y a un chrono de 7,5 km à réaliser en ski classique, donc en alternatif. et en fait l'alternatif les gens pareil le ski de fond c'est vieillot tout le monde fait du skating parce que c'est à la mode maintenant les trailers se mettent au skating ils prennent pas de cours en fait ils évolueront jamais mais ça c'est bien leur truc c'est con prenez un cours à 50 euros tu te payes pas ton resto une fois de temps en temps tu partages un copain j'ai pris plusieurs cours même
- Speaker #1
plusieurs cours bon bref c'est technique
- Speaker #0
C'est technique. Alors après, l'avantage du skating, c'est qu'on progresse très vite. Et après, du coup, on glisse vite. Donc, ce n'est pas le problème. Mais le classique, c'est ringard, c'est les vieux, etc. Regardez les JO en ce moment. Donc, déjà, regardez les premières médailles d'où elles viennent. Les skis de fond, le ski nordique. Et accessoirement, du coup, c'est le même principe que le skating. Sauf que ça va être un transfert du poids qui est dans l'axe. Donc, on est dans l'axe du corps. Donc, il faut qu'on puisse gagner de la vitesse et de la glisse tout en étant dans l'axe. Par rapport au skating où le fait de patiner va nous faire prendre de la vitesse. Et bien c'est toute une certaine stratégie. Et généralement les enfants qui passent le diplôme d'état de ski de fond, en fait ils ont 17, 18, 20 ans. Ils ont été en club. Donc c'est pour ça que je parlais de parents. Moi les miens n'étaient pas performants. Ils ont des parents performants derrière qui les poussent à la compétition, etc. Et donc ils arrivent, même s'ils passent l'examen que je lui ai passé, même à 25 ans, ils en font depuis qu'ils sont gamins. Et en fait ils savent faire. Donc même au niveau psychologique, au niveau du mental, ils n'ont pas peur. Et puis ils y vont. Et surtout ils ont la technique. Pour moi, c'est ça mon grand rêve, c'est de réaliser ce 7,5 km en classique. Je l'ai raté il y a trois semaines au Grand Bournon à 26 secondes. Et du coup, j'ai la charge mentale très haute là-dessus parce que je suis tellement passionnée, je veux tellement réussir à avoir ce diplôme, ce métier, que du coup, ma vie s'arrête là. J'ai l'impression que je n'arrive pas à avoir de rêve derrière. Donc faisons ça par étapes et puis ça va se réouvrir derrière.
- Speaker #1
C'est bien d'avoir un objectif à la fois.
- Speaker #0
Ouais, exactement. Et après, ça ne sera pas forcément dû avec Dossard, parce que ce tour de la Vanoise sans Dossard, en solo ou même avec des copines, ça m'avait vachement plu. Oui, heureusement,
- Speaker #1
il n'y a pas toujours besoin de mettre en Dossard.
- Speaker #0
Exactement. Mais c'est vrai que des fois, les gens, c'est tellement devenu, je ne sais pas ce qu'il y a là en quelques années, le trail, qu'on a l'impression que... Je ne sais pas, si les gens prennent certains même vraiment plaisir dans leur pratique. J'ai des doutes des fois, ça me fait un peu peur.
- Speaker #1
J'essaie de ne pas se poser de questions, en tout cas. Voilà,
- Speaker #0
exactement Donc j'ai donc, mon rêve c'est un 7,5 km en ski de fond,
- Speaker #1
le 11 mars prochain dans le Pira On va croiser les doigts pour toi Voilà Et pour terminer, j'ai toujours une petite question traditionnelle Est-ce que tu as un conseil que tu aimerais donner à des femmes qui aimeraient peut-être changer de vie aussi pour aller vers une carrière plus sportive sans être sportive de haut niveau mais liée au sport
- Speaker #0
Moi je dis qu'il faut tenter, qu'il faut oser Merci. ça c'est sûr, mais ça c'est une certitude, il faut croire en soi alors évidemment il ne faut peut-être pas quand même venir d'un milieu qui est complètement à l'opposé parce que je pense quand même qu'il y a un fond un peu culturel moi je vois sur la compagnie en montagne quand on arrive, même si on a des examens d'entrée des jurys, etc. il y a des prérequis en fait mais en fait ils ne vont même pas revenir dessus en formation pour eux c'est évident tu pars en randonnée, ton matériel est dans un sac en plastique au fond du sac à dos au cas où il pleuve Alors la fameuse cape de pluie des 4 longs, sur tous les sacs à dos que je vois, c'est mignon, mais c'est vraiment l'invention. Bon, c'est bien, ils font des inventions, c'est bien. Mais en fait, la base, un petit sac en plastique poubelle qui coûte 3 francs 6 sous, va très bien aussi dans ton sac, tu mets tes affaires dedans, il ne pleut plus pas, tu es tranquille, pas besoin de sortir ta cape de pluie. Et bien ça, c'est des choses, tu l'acquiers avec ton papa ou avec ton copain, ou quand tu as fait une coulée. Ou à la limite, avoir fait des classes vertes, un peu en montagne, ou des classes montagnes. Les enfants que j'ai cette semaine en scolaire à Nevache, c'est des enfants qui viennent d'à côté de Marseille. et qui viennent de milieux sociaux qui n'ont rien à voir avec la montagne. Par contre, ça fait des années, CE1, CE2, CM1, CM2, que les maîtresses, 15 jours par an, elles les amènent à Neva, on fait de la raquette, on fait du ski de fond. Là, demain, on va visiter le patrimoine de montagne. Ces gamins, ils sont déjà dedans. Et donc, plus tard, par exemple, il y a une gamine, elle a toujours passionné les animaux, le lynx et tout, on en a parlé pendant des minutes. Mais je me dis, autant cette gamine, c'est pas improbable que dans quelques années, je la vois pas devenir un compatrice en montagne. Mais parce qu'il y a eu un truc quand même de contact avec la montagne. ou en tout cas de petits rendez-vous chaque année à Neva, qui la met quand même en contact avec la montagne. Et donc, ça ne peut pas sortir nulle part. Mais par contre, ses parents, tout ça, ça vient vraiment d'ailleurs. Et je pense qu'ils sont plus à faire de la voile ou de l'optimiste sur les temps de Berck. Mais par contre, son cerveau a suscité un peu un intérêt par rapport à la montagne ou à ces sports-là. Et pourquoi plus tard, ça ne reviendrait pas sur elle ? Mais par contre, il faut oser. Il faut y aller. Après, c'est facile à dire. C'est sûr qu'il faut malgré tout un peu d'argent de côté pour payer la formation. Moi, j'ai eu un peu des aides le plan formation. Quand on est salarié, on cumule un peu de l'argent du plan formation. Mais oui, sans argent, il ne faut pas être hypocrite. On ne fait pas grand-chose. Après, j'ai pris des AirBnB. Il y en a qui ont la chance d'avoir des vannes. Du coup, ils ont fait leur formation dans le van. Ça leur a moins de recours d'hébergement, de restauration. Mais voilà, un petit peu quand même d'argent de côté. Il ne faut pas être hypocrite. Mais après, par contre, il faut y aller. Et pareil, les candidats attendent. Des fois, on se dit, je suis une fille. Ou par exemple, l'UEF neige. Je vais avoir mes règles et tout, ça va être la guerre. Eh bien, tant pis, on y va. En fait, on va y arriver, les filles. Comme on dit chez nous, on n'est pas plus con qu'ailleurs.
- Speaker #1
Effectivement. Merci Hélène pour ce message dynamique de fin.
- Speaker #0
Merci beaucoup Lorraine pour ton invitation. Ça m'a vraiment touchée. Sympa comme ton.
- Speaker #1
Avec grand plaisir. C'est toujours chouette d'avoir un bon retour d'expérience comme ça. Surtout là où tu as fait plein de choses. Je pense que ça pourra vraiment intéresser plein de gens.
- Speaker #0
Et puis après, si vraiment il y en a qui sont intéressés. Alors pas la question que j'ai souvent sur les réseaux sociaux. En fait, c'est la réponse. ça fait partie aussi du système D c'est que la réponse tu la trouves à l'école nationale il y a des gens dont c'est le métier, les secrétaires qui répondent au téléphone il y a un site internet donc ça je ne peux pas donner la réponse de quelque chose dont la réponse est facilement trouvable d'ailleurs en plus c'est du du partage de l'expérience de vie tout ça avec plaisir,
- Speaker #1
il ne faut pas hésiter à me contacter de toute façon je mettrai les liens vers tes réseaux sociaux qui sont quand même bien actifs ton compte Instagram dans les pages notamment
- Speaker #0
C'est gentil. Il est un peu moins en ce moment parce qu'on est un peu débordé, mais on essaye de mettre un petit truc de temps en temps.
- Speaker #1
Il y a plein de choses. Merci, à bientôt.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Lorraine, à bientôt.
- Speaker #1
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