- Speaker #0
La Sportive Outdoor, le podcast des sports outdoor aux féminins pour s'inspirer, apprendre et oser.
- Speaker #1
Bonjour à toutes, aujourd'hui je reçois Lise et Laura, kinés spécialisées dans la santé pelvienne et fondatrices de Women in Progress. Ensemble, on va parler sans tabou de fuite urinaire, de périnée, de sport, il y a plein de choses à apprendre, vous allez voir. Bienvenue Lise et Laura, pour commencer, est-ce que vous pouvez vous présenter et nous raconter un peu votre parcours ?
- Speaker #0
Hello, hello tout le monde, merci beaucoup de nous recevoir. Du coup, on est avant tout deux copines, mais on est aussi deux pros de santé, deux sportives. On est toutes les deux kinés, kinés du sport et kinés spécialisées en santé pelvienne, de la femme majoritairement. Quel est notre parcours ? On est passés par un parcours STAPS et c'est là qu'on s'est rencontrés. C'est là où on a tout de suite vu que ça allait matcher entre nous et sur le plan perso et sur le plan pro, que le sport, c'était un élément qui nous rassemblait. Et on a toutes les deux fait nos études ensemble. On a fait une école à Rennes, une école de kiné. On ne s'est pas lâchées. On a bossé ensemble. On a fait du sport ensemble. Et puis après, nos parcours se sont un tout petit peu séparés géographiquement. Moi, je suis partie quelques années à Paris. Et en fait, on est toutes les deux bretonnes. Et Laurent est resté autour de là où on a fait nos études en Bretagne. Et par contre, on a continué de se former toutes les deux. ensemble, c'était un moyen de passer du temps ensemble et puis de se former encore sur la kiné. On a un gros bloc de formation sur la kiné du sport, tout ce qui va être musculo-squelettique, baissure du sportif. On a un gros bloc de formation aussi sur le rachis, donc je ne sais pas si tu connais, mais la méthode Mackenzie.
- Speaker #1
Si, ouais,
- Speaker #0
je connais. On s'est formés aussi en pilates, on a donné des cours de pilates toutes les deux. Et à côté de ça, on s'est formé au maximum sur ce qu'on a pu trouver, en tout cas en France, sur la santé pélvienne de la femme et donc ce qu'on peut appeler la rééducation périnéale. Et puis, on a toutes les deux bossé dans des cabinets. Donc, toi, Laura, tu avais ton cabinet. Moi, j'étais, on va dire, assistante à Paris. Et en fait, au bout de quelques années, on avait déjà pas mal épuisé un peu toutes les formations qu'on voulait faire. On commençait à tourner un petit peu en rond au cabinet, à se retrouver un petit peu moins dans notre pratique de cabinet. Et on s'est dit qu'il était temps de changer les choses. Et donc, on s'est fait aider, on s'est fait accompagner par des kinés qui faisaient déjà ça depuis très longtemps et qui ont créé ce qui s'appelle la TT School. Donc, c'est Training Therapy qui a créé ça. De façon à pouvoir réinventer notre métier, surtout nous sur le sujet du périnée, et pouvoir travailler un peu différemment. Je pense qu'on va rentrer un peu dans les détails, ce qui nous a amenés à quitter le cabinet classique et aider les femmes en travaillant à distance sur le Périnée.
- Speaker #1
C'est trop chouette comme parcours. Vous êtes vraiment formée à plein de choses et l'idée est venue au fur et à mesure. C'est comme ça que vous avez lancé WIP. Je ne sais pas comment vous le dites, ou même une progresse en tout cas. Coach. Et est-ce que vous, du coup, vous avez toujours été sportive, j'imagine, avec Staps, mais quels étaient vos sports de prédilection ?
- Speaker #0
Du coup, on a toujours été sportive toutes les deux. Moi, j'ai commencé par la gym, la natation synchronisée et j'ai fait un sport étude en natation. Après, comme là, on est sur la sportive outdoor. Moi, j'ai toujours couru. J'ai la chance d'avoir des parents qui sont assez sportifs. Et du coup, il y avait toujours au moins le footing du dimanche. Donc, j'ai toujours fait un peu de course à pied. Même, je pense que dans... nos entraînements à côté, on a toujours fait de la course à pied, donc c'est un sport qui fait partie un peu de notre équilibre sur une semaine, on va dire. Après, nous, on est très touche-à-tout maintenant, on aurait envie de faire plein de choses. Moi, je suis passée par le trail. Après, on choisit un peu en fonction de nos objectifs du moment, de nos objectifs de compétition, vers quel sport on met la priorité, ce qui fait que moi, j'ai laissé un tout petit peu le trail de côté en ce moment pour d'autres objectifs. Mais voilà, maintenant, on aime faire plein de choses et on touche à tout. Notamment du crossfit, moi je continue à nager, courir, faire du pilates, du yoga. Toi après ton parcours est un tout petit peu différent.
- Speaker #2
Ouais, moi j'ai fait essentiellement de l'équitation, amoureuse des chevaux, donc plutôt tout le temps dehors. petit à petit, en fait c'est vrai que Staps nous a fait toucher aussi à tout et nous a fait découvrir aussi des sports qu'on ne connaissait pas. J'ai bien aimé la muscu et en fait suite à ça je me suis mis pas mal au crossfit. Donc fitness d'abord et après crossfit. Là, je fais essentiellement de crossfit, mais comme dit Lise, en fait, on touche à tout. Au moins une à deux fois par semaine, je sors courir dehors. Et on prépare aussi un IROX prochainement. Et on aimerait aussi faire accessoirement un IROX.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça, préparer un IROX.
- Speaker #2
Accessoirement. Voilà, plus tard, mais ça fait partie de nos projets en tout cas.
- Speaker #1
C'est trop bien de toucher à tout et puis d'avoir plein de projets. On va attaquer le grand sujet du périnée. Déjà, est-ce que vous pouvez nous expliquer ? Parce que finalement, j'ai l'impression qu'on connaît tout le mot, on en entend parler, mais ça reste quand même assez flou. Est-ce que déjà, vous pouvez nous expliquer ce qu'est le périnée et ce qu'est son rôle exact ?
- Speaker #0
Alors le périnée, c'est très divers et très complet parce qu'en gros, le périnée, c'est utilisé dans la littérature pour décrire un ensemble de muscles, mais pour faire plus largement et qu'on comprenne tout, c'est un ensemble de muscles, de tissus de soutien. de ligaments, de fascias, entremêlés pour fermer le petit bassin. Donc c'est ce qui vient fermer le bas du tronc au niveau de l'entrejambe, qui vient fermer les os du bassin. Et en fait, ce qui est miraculeux avec le périnée, c'est qu'il a plein de rôles. On le connaît pour des rôles dans la continence. Donc il permet du coup de soit permettre de faire pipi ou de retenir l'envie de faire pipi. Pareil pour gaz et sel. Ça vient un peu fermer nos sphincters. Ça, c'est un des rôles du périnée. Après, il a plein de rôles parce qu'à partir du moment où on est passé de position quadrupède à position bipède, il permet de maintenir un peu, soutenir, permettre d'être un petit trampoline qui va retenir les viscères, les organes péluviens et gérer aussi les pressions intra-abdominales.
- Speaker #2
Et participer à la posture.
- Speaker #0
Participer à la posture. Il a une grande fonction aussi dans la partie reproduction et sexuelle. Voilà pour les grands... Donc,
- Speaker #1
il sert quand même à beaucoup de choses.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et pourquoi est-ce que... J'ai l'impression que ça reste... Alors, ça l'est de moins en moins, mais que ça reste un peu un sujet tabou, voire limite honteux au sein des sportifs. Comment ça s'explique ?
- Speaker #2
C'est vrai qu'on s'est, nous aussi, posé cette question-là. On a cherché énormément de littérature, même sur le sujet, de ce que les femmes pensent. du périnée. Et t'as raison déjà d'une, dès qu'elles ont des problématiques, leur retour globalement, c'est que c'est inévitable, que c'est incurable les problématiques périnéales et que en fait, je pense qu'on nous apprend, vu qu'en fait, on ne nous apprend pas grand-chose dessus, je pense que c'est assez tabou parce qu'en fait, on n'y connaît rien. Parce qu'on est très peu sensibilisés sur le périnée, sur comment on fonctionne. Parce que les gens sont aussi très peu formés, tout simplement. Et parce que, aussi, c'est une zone qui est liée à l'intime. C'est une zone qu'on ne voit pas fonctionner. Donc, en fait, l'association de tout ça fait que ça en devient tabou et que les femmes n'osent pas en parler dès qu'elles ont des problématiques, même si tout va bien, parce qu'en fait, ça serait chouette qu'on apprenne à savoir comment ça fonctionne, déjà, avant de se dire, justement, quand ça dysfonctionne, qu'est-ce qu'il faut que je fasse et est-ce qu'il y a des choses à mettre en place pour moi ?
- Speaker #0
C'est vrai que la grande majorité des femmes, elles apprennent ce que c'est un périnée quand elles arrivent autour de... De la S. Quand on commence à parler d'accouchement, on dit attention au périnée. Mais en fait, qu'est-ce que c'est le périnée ? Souvent même, elles en entendent parler avant et elles le découvrent une fois l'accouchement passé. Après, il y a certaines sportives qui, peut-être à cause de problématiques, en entendent parler plus tôt. Mais c'est vrai que la sphère un peu pipi-caca, c'est des fois tabou. Nous, on essaie de véhiculer un message de façon à ce que ce ne soit pas tabou et que ce soit comme n'importe quelle autre partie du corps. Mais on espère que ça va évoluer quand même sur le sujet.
- Speaker #2
Et puis, une autre partie aussi très importante, c'est que le périnée, il fonctionne de manière automatique. Quand tout va bien, on pense rarement à notre périnée, ce qui fait qu'on a appris à vivre sans trop se questionner. Comme la respiration, on ne pense pas réellement à respirer. On a appris, enfin voilà, ça s'est fait de manière automatique. Et pour le périnée, c'est exactement la même chose. Et c'est pour ça qu'on se questionne peu dessus. Sauf justement quand... à certains moments de notre vie ou quand il se met à dysfonctionner où là, on se penche souvent un peu plus sur le sujet.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr. Et justement, vous parliez du périnée et grossesse. J'ai l'impression que souvent, on s'en préoccupe un peu qu'à ce moment-là. Mais pourquoi c'est une erreur de penser que ça concerne en gros que des femmes enceintes ou jeunes mamans ?
- Speaker #2
Parce qu'en fait, notre périnée nous envoie des petits messages. Il peut nous envoyer plein de... Petite problématique, si on y prêtait un petit peu plus attention, on pourrait régler déjà des inconforts que les femmes ont. En plus de ça, étant sportive, le périnée participe vraiment à une activité physique parce que, comme on l'a dit, il a un rôle postural, il a un réel rôle de gérer les pressions. Donc, il participe vraiment à notre quotidien, mais aussi aux activités physiques. Et que si, en fait, il fait bien son job, forcément, on va être plus performante, on va avoir aussi moins de douleurs associées. Il y a plein de petites choses comme ça à prendre en compte.
- Speaker #0
Et puis comme c'est un sujet qui est tabou, je pense que les femmes qui ont peut-être des problématiques de périnée sans lien avec la maternité, elles ne sont pas au courant que potentiellement avoir des fuitures inertes, ce n'est pas normal. Avoir des douleurs au rapport, ce n'est pas normal. Et du coup, en fait, comme on leur en parle de leur périnée que autour de la grossesse et qu'on dit faire la rééducation périnée à l'écœur après l'accouchement, on associe tout de suite périnée-accouchement. Alors en fait, il y a plein de femmes qui ont des problèmes un peu autour du périnée. Elles ne sont pas vraiment au courant que c'est ça le problème.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr. Et quels sont les principaux mythes ou les idées reçues que vous entendez le plus souvent justement sur la santé belgienne ?
- Speaker #0
Comme là, on est sur le sujet de la sportive. Souvent, on entend que si tu as des fuites, c'est parce que ton périnée est faible. Donc musculairement, en gros, ce n'est pas suffisant et du coup, tu as des fuites. C'est pour ça que souvent, on fait la rééducation en contractant le périnée. Et en fait, pour plein de femmes qui vont nous écouter, elles vont se retrouver et elles vont se rendre compte. Peut-être qu'elles auront déjà essayé ce genre de choses et qu'elles ont vu que ça n'avait pas solutionné. Ça fait partie des gros mythes où on associe tout de suite problème de périnée à problème de muscle.
- Speaker #2
C'est ça. Alors qu'en fait, c'est beaucoup plus complexe et c'est pour ça que ce n'est pas toujours évident de trouver des solutions tout de suite parce que c'est multifactoriel les problématiques de périnée. C'est une association de plusieurs choses qui peuvent faire que le périnée va se mettre à dysfonctionner. Et donc, en tout cas, si ça peut rassurer certaines... Il y a plein de pistes à explorer et que ça dépend de pas mal de choses, et en trop de ce qu'elles font aussi comme activité physique dans leur quotidien, et que tout ça va participer justement au bon fonctionnement ou non de leur périne.
- Speaker #1
Et les soucis que vous voyez le plus fréquemment justement dans des sports outdoor, alors type trail, rando, vélo, escalade, qu'est-ce que c'est ?
- Speaker #2
Alors juste pour revenir avant, je pense par rapport aux sports... sport à l'extérieur, je pense que ça pourrait être bien aussi un mythe qu'on voit très souvent, c'est que les sports d'impact comme la course à pied sont mauvais pour le périnée. Ça, je pense qu'on l'entend. Ouais, c'est ça. Les femmes qui font de la course à pied, je pense qu'elles l'entendent énormément. Et on voudrait juste rappeler que ce n'est pas le cas. En fait, ces sports-là mettent juste en évidence une fragilité et que vu que ces sports-là, en effet, sont contraignants pour le périnée, en tout cas, ils exposent à des contraintes modérées. Et que ça peut mettre en évidence une fragilité. Mais pour autant, ça ne veut pas dire qu'il faut arrêter cette activité physique-là. Il faut peut-être adapter dans un premier temps, aller voir un professionnel. Mais ça ne veut pas dire que c'est mauvais pour le périnée. Au contraire, si des femmes qui nous écoutent n'ont pas de problématiques et courent, ne sont pas gênées, ça veut dire que leur périnée est sacrément en forme et que c'est un outil aussi pour entretenir bien le périnée.
- Speaker #0
Oui. la course à pied c'est même un outil pour faire travailler le périnée et une solution pour que le périnée aille mieux à condition que ce soit bien choisi, bien dosé qu'il n'y ait pas de problématiques associées alors là en tout cas pour répondre à ta question sur les problématiques qu'on rencontre, alors nous on est un peu patients futurinaires donc nous nos sportistes elles ont grande majorité des problématiques de futurinaires, tu vois par exemple sur des traîneuses, sur des descentes, l'impact aux descentes, c'est là où elles vont avoir des fuites urinaires. Pareil, quand il y a dans des cadres des conditions d'escalade, quand il y a des réceptions, souvent sur la partie de saut, quand c'est terminé, quand elles retombent de leur bloc, elles ont des fuites aussi à ce moment-là.
- Speaker #2
Autrement, sur l'escalade, c'est un petit peu plus rare des fuites urinaires. par rapport aux contraintes que ça engendre. Sur le vélo, on va être plus sûr, en fait, cette histoire de compression du périnée et qui peut devenir douloureux. Ça peut même créer des sensations de fourmillement, des irradiations dans cette région-là, comme des décharges en lien avec, justement, des nerfs qui vont être comprimés, le nerf pudendal. Donc ça, on est moins sur les futurs iner, mais plutôt sur des symptômes de douleur.
- Speaker #1
Oui, du coup, on répète aussi qu'ils ne sont pas normales.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
Parce que c'est un truc qu'on entend par moments chez les cyclistes. Quelque part, c'est normal. C'est comme avoir mal aux fesses sur une selle, c'est normal.
- Speaker #2
Oui, absolument pas.
- Speaker #1
Et pourquoi ? Il y a un truc qui m'échappe un peu. Ce sont des problématiques qui sont quand même très courantes. Pourquoi est-ce qu'en fait, globalement, ce n'est quand même pas très bien géré par le corps médical classique ? Et bon, heureusement, il y a des gens comme vous qui... qui prennent le problème à bras-le-corps et qui aident les femmes sur ces sujets-là. Mais j'ai l'impression que globalement, il y a un peu une errance, soit de femmes qui ne savent même pas qu'elles peuvent se faire aider là-dessus, mais même qui ne reçoivent pas d'aide même quand elles en parlent.
- Speaker #0
En fait, c'est un peu comme le parallèle où, tu sais, quand une femme était enceinte à l'époque, elle ne devait rien faire, s'allonger, plus bouger. Maintenant, elle s'est recommandée de faire de l'activité physique enceinte. Je pense que pour des sportifs, c'est un peu... Comme si on leur donnait un petit peu plus de voix. Et que du coup, les femmes sont peut-être encore plus sportives qu'avant. Et peut-être qu'elles osent plus en parler. C'est pour ça que la rééducation n'a pas encore suivi l'évolution. La progression de ces femmes qui sont ultra dynamiques. Et que du coup, dans les recommandations, ça tend à évoluer. Et oui, alors nous, on est totalement d'accord avec toi. On aimerait que ce soit, tu vois, que toutes les femmes sportives puissent avoir une solution qui va être adaptée à sa problématique de sportive. Mais malheureusement, ça a aussi un manque de formation. Oui,
- Speaker #2
c'est ça.
- Speaker #0
Les études mettent du temps aussi. Alors, il y a peu d'études sur les femmes, peu d'études sur la santé pélienne de la femme. Du coup, ça arrive, ça évolue. Mais c'est pour ça que du coup, comme les études de base ne sont pas encore... extrêmement nombreux, encore moins sur la sportive, du coup, la rééducation peine un peu à suivre et à progresser aussi vite que la femme progresse.
- Speaker #2
Et puis, comme tu l'as dit, je pense qu'on n'est pas suffisamment formés, même, en fait, sur nos formations de base. Je pense que les médecins, même des fois, même les gynécologues, etc., même si c'est, en fait, leur boulot, ils sont très, très peu formés. Ça ne va pas très, très loin. Je pense. Et donc, forcément, les femmes ont plus de difficultés à trouver réellement des solutions. Mais même les coachs, en fait, je pense que les coachs, dans leur formation, ils n'abordent même pas réellement ce que c'est le périnée, en tout cas dans des rares formations. Donc, je pense que tout simplement, en fait, on ne forme pas du tout dessus. Mais parce que, justement, comme disait Lise, il y a encore peu d'études sur le sujet, parce qu'il y a plein de choses encore qu'on ne comprend pas. Et donc, je pense qu'il n'y a pas encore de recommandations, des fois, basiques. comme on pourrait avoir sur d'autres pathologies. Et ce flou crée que les femmes, malheureusement, il y a un désert un peu thérapeutique dans ce monde-là. Oui,
- Speaker #1
c'est sûr, ça explique effectivement. Et vous, alors, quelle est la philosophie derrière Whip Coach et comment est-ce que ça diffère justement d'une approche un peu plus classique et moins globale ?
- Speaker #2
Normalement, les femmes qui ont des problématiques de périnée, quand elles vont voir un kiné, La rééducation périnéale se fait souvent en endocavitaire, c'est-à-dire avec un toucher vaginal, ou par sonde, par exemple. En tout cas, c'est souvent ce qui est préconisé, ce qui est fait, c'est le goal standard. Nous, on a voulu s'éloigner un petit peu de cette prise en charge pour plusieurs raisons. La première, c'est qu'en fait, c'est une prise en charge qui est centrée uniquement sur le périnée. Et ça, ça ne nous correspondait pas totalement, parce qu'en fait, comme on l'a expliqué au début, Quand le périnée se met à dysfonctionner, c'est à cause de plusieurs problématiques et souvent c'est multifactoriel. Et donc si on n'agit pas sur l'ensemble des facteurs, malheureusement on ne va jamais régler ce problème de périnée. Donc nous on a vraiment cette envie de dézoomer. Et oui, on va peut-être travailler sur le périnée, mais pas que. Et on va travailler sur tout ce qu'il y a autour qui peut influencer le périnée. Déjà c'est une chose. Et au-delà de ça, en fait, on s'était rendu compte aussi que la rééducation classique, comme là on a pu euh La dire ne marchait pas chez les sportives, que serrer le périnée, oui ça peut être bien, oui ça peut être des premières étapes, sauf que serrer les périnées pour une femme qui fait un marathon, ça ne sera pas suffisant et ça ne sera pas transférable. Elle ne trouvera pas réellement de solution à son problème. Donc on s'est dit, ok, il faut qu'on creuse ça parce qu'à nos sportives, en fait, ça ne règle pas réellement le problème. Donc c'est pour ça qu'on est allé un petit peu plus loin dans notre démarche. Et puis aussi, une chose qui est primordiale pour nous, c'est qu'en fait, on avait envie que les femmes... est le choix dans l'approche thérapeutique et que si elle n'avait pas envie de passer par un toucher vaginal, il y avait des solutions et qui étaient tout aussi efficaces, voire plus efficaces. Et donc, c'est pour ça qu'on a creusé vraiment cette démarche-là.
- Speaker #1
Super intéressant, effectivement bien plus complet. Et du coup, pour donner un exemple, si vous avez une femme qui arrive, qui a des problèmes de fuite urinaire à l'effort, en courant par exemple. Ça va être quoi la démarche ? Vous allez avoir d'abord toute une phase de bilan et ensuite une mise en place d'exercices assez différents ?
- Speaker #2
Oui, totalement. Après, c'est vrai que nous, on fonctionne à distance maintenant, c'est-à-dire qu'on ne voit plus les femmes en présentiel, mais on fonctionne comme tu l'as dit, c'est-à-dire qu'on leur envoie en amont un testing à réaliser. Il y a un testing où on a besoin qu'elles se prennent en vidéo et il y a un testing où c'est essentiellement sur leur ressenti. À partir de ça, on fait un bilan visuel. où là, on fait vraiment, on essaye de comprendre réellement sa problématique et on commence déjà à mettre le doigt sur ce qui peut poser problème. Et à partir de ça, c'est un mélange vraiment, un mélange entre une forme d'éducation, parce qu'en fait, il y a plein, plein de choses qu'il va falloir qu'elles changent, des habitudes de vie, mais même peut-être taper sur de l'alimentation, des choses comme ça, à mettre en place. En parallèle, nous, on a fait plein de capsules vidéo où elles peuvent aussi apprendre mieux à se connaître même au-delà du périnée. Et à côté de ça, du coup, on échange beaucoup avec elles. Elles ont en fait un accompagnement à base essentiellement d'exercices qui sont plus ou moins variés en fonction de leurs problématiques. Et elles ont un petit planning qu'elles suivent. Et elles nous font des retours réguliers. Et en fonction de ça, en fait, on ajuste.
- Speaker #1
Et il faut compter combien de temps ? temps alors à peu près, alors j'imagine qu'évidemment il n'y a pas de règles, que c'est individuel mais disons que tu vois en moyenne est-ce que ce type de problématique ça prend des mois ou est-ce qu'en soi en quelques semaines ça peut quand même être réglé,
- Speaker #0
je me rends absolument pas content mais c'est là où t'as raison en fait ça dépend, ça c'est toujours la réponse qu'on fournit au début et qu'on répète, ça va dépendre de de la femme qu'on a en face de nous de la durée depuis quand elle a des problématiques tu vois par exemple Merci. Une sportive qui a des problématiques depuis jusque quelques mois, si on devait prendre deux profils différents, une femme qui a des problématiques depuis quelques mois, on fait trois mois d'accompagnement, parce que dans la science de la kinésithérapie, on sait que pour avoir des résultats qui vont être présents, stables et durables dans le temps, il faut à peu près trois mois, le temps que tous les tissus s'adaptent et se modifient, se renforcent et évoluent avec le temps. Après, une autre femme, qui a des problématiques depuis très longtemps, l'accompagnement va être plus long, et puis peut-être que ces femmes-là en plus, elles ont développé des stratégies qui font que ça a complexifié ces problématiques de début, ou alors il y a d'autres femmes qui ont des soucis annexes qu'il faut régler avant d'aller régler le périnée, par exemple sur des soucis digestifs ou hormonaux, et donc qui font que là, ça pourrait allonger un peu le parcours de soins.
- Speaker #2
Mais pour autant, c'est important que les femmes qui ont des problématiques, peut-être depuis des années, pensent qu'elles sont foutues. Ce n'est pas le cas. En fait, le corps, c'est une magnifique machine qui est capable de s'adapter. Il faut juste trouver les bonnes contraintes. Il faut juste des fois prendre un petit peu plus de temps. Mais c'est tout à fait possible de trouver des solutions.
- Speaker #0
Oui, nous, on est plutôt de la team où on ne baisse jamais les bras et qu'il y a toujours des solutions à trouver aux femmes, même si ce ne sera des fois pas forcément des solutions qui vont être définitives sur les symptômes. À partir du moment où elle va... apprendre à se connaître, commencer à avoir des améliorations. Peut-être qu'elle aura moins besoin de nous, mais qu'elle va pouvoir continuer à cheminer dans le temps. Et c'est jamais perdu.
- Speaker #2
Et après, on donnait des exemples essentiellement pour les fuites urinaires. Après, il y a d'autres problématiques au niveau périnéal. Il y a des prolapsus. Prolapsus, c'est quoi ? Des centres d'organes, mais on n'aime pas du tout ce terme parce que ce n'est pas réellement une descente d'organes. On a un peu peur des centres d'organes. Oui,
- Speaker #0
c'est un peu violent comme terme.
- Speaker #2
Donc là, ça peut prendre aussi un petit peu plus de temps parce que les tissus mettent quand même plus de temps pour s'adapter. Mais il y a aussi plein de solutions à mettre en place. Il y a aussi des douleurs pelviennes. Enfin, voilà, là, on est concentré un peu plus sur le fluide parce que c'est un petit peu plus commun, ce qu'on retrouve nous le plus. Mais il y a aussi d'autres problématiques qui existent et des solutions adaptées en conséquence.
- Speaker #1
Je trouve ça encourageant de se dire qu'il y a des solutions, en fait. globalement pour tous les cas. Après, même si ça prend du temps, mais que c'est un problème qu'on a depuis longtemps et qu'on arrive à trouver une solution, c'est quand même génial. Mais par contre, ça rappelle quand même aussi que c'est important, quelque part, de bien aller consulter un peu dès les premiers signes, parce que plus on attend et plus ça va être long à soigner. Et là-dessus, est-ce qu'il y a des signaux d'alerte vraiment, genre les gros red flags qui doivent vraiment inciter une femme à aller consulter ?
- Speaker #0
En fait, si on doit vraiment rester sur le plan périnéal, il n'y a pas de gros red flag. Par contre, on peut parler un peu des yellow flag.
- Speaker #2
C'est-à-dire red flag, on parle pour nous, c'est plutôt dans le langage. Ah oui, d'accord, dans ce sens-là. Et on doit y aller maintenant, tout de suite. Donc on est plutôt sur, en effet, ça doit t'alerter, tu dois aller consulter, mais ce n'est pas une urgence.
- Speaker #1
Oui, dans ce sens-là, effectivement.
- Speaker #0
Dans ces signaux-là, il y a la fuite urinaire ou fuite fécale, ou aussi des fois des pertes de gaz qui sont incontrôlées. Des sensations de pesanteur, Laura parlait de prolapsus. Certaines femmes vont sentir comme un tampon mal mis ou une boule dans le vagin. Tout ça, ça peut faire penser qu'il y a une petite anomalie au niveau des structures et qu'il y a un affaissement dans le vagin. après tout ce qui va être... Des tiraillements, finalement aussi même des douleurs au rapport. Il y a beaucoup de femmes, ça c'est pareil, c'est des sujets qui sont très tabous, on en parle très peu, mais qui vont avoir des douleurs au rapport. Et en fait, des fois, on peut rentrer un peu dans des cercles vicieux qui vont nous faire que les douleurs s'installent, ça traîne. Donc en fait... d'écouter ces petits yellow flags au début et de se dire ok bon une douleur c'est pas totalement normal, des fuites urinaires alors s'il y a une fois exceptionnellement des fuites urinaires ça va mais si c'est des fuites qui sont assez récurrentes ou alors des fuites par exemple quand on a une envie hyper urgente d'aller faire pipi genre souvent on le décrit le syndrome de la clé dans la porte, on est sur le paillasson, on essaye de mettre la clé dans la porte, on a hyper envie de faire pipi Et quand c'est systématique et que ça aboutit sur des fuites, ça, c'est des choses où on se dit, OK, bon, c'est pas tout à fait normal. C'est peut-être le moment où il faut que j'en parle autour de moi et d'aller consulter. Après, c'est pour ça qu'on utilise le terme Yellow Flag et pas Red Flag, parce que c'est des informations qui sont à prendre en compte, mais on veut pas que ce soit des alarmes, de se dire, OK, j'arrête tout parce que j'ai eu une fuite en courant. Tu vois, c'est de se dire, OK, mon corps m'envoie une information. Il faut que je l'écoute. Il ne faut pas forcément tout arrêter. Mais plutôt, nous, on est plutôt de se dire qu'il faut adapter et trouver des solutions pour continuer à bouger et de faire du sport, parce que ça nous fait trop du bien. Mais sans aller au-delà un peu des compétences du périnée, parce que le périnée se manifeste en disant « Oh là, il faut regarder par ici, je vous envoie des informations, ça ne va pas fort fort encore » .
- Speaker #2
Et tu vois, Lorraine, pour revenir sur une question que tu avais au début, je pense que si c'est si compliqué au niveau périnéal, parce qu'en fait, ce n'est pas comme un mollet. Tu vois, quand... Tu forces un peu, tu vas avoir mal par exemple à ton tendon d'Achille, il va être douloureux. Et la douleur va te faire, ok, il y a un truc qui commence à pas bien se passer, je vais aller consulter. Sauf qu'en fait, un périnée, c'est pas spécialement douloureux. Et c'est ça qui nous pose problème parce qu'en fait, les autres signaux que nous a dit Lise, on sait pas trop quoi en faire, ce que ça veut dire. Et il faut se dire que c'est comme une douleur, ça nous envoie un message comme quoi il y a un dysfonctionnement et qu'il va falloir aller consulter.
- Speaker #1
C'est intéressant, effectivement. C'est très différent, c'est moins facile de se rendre compte de quelque chose qui se passe au niveau du périnée que du mollet. Est-ce qu'il y a même des petits messages encore plus subtils que le périnée pourrait envoyer, où on aurait tendance de base à ne pas trop le prendre en compte, mais cumuler, c'est quand même un signe justement là aussi qu'il nous envoie en nous faisant coucou. Il y a peut-être un petit truc qui se passe.
- Speaker #0
Tu vois, pas forcément à chaque fois des signaux, mais des petites choses qu'on met en place. Genre quand on fait la vaisselle et qu'en mettant les mains sous l'eau, on a très envie de faire pipi. Même chose pour le froid, quand on est sous la douche et que le fait d'entendre l'eau couler, on fait pipi sous la douche. Des petites choses qui font que ça nous fait quand même penser sur le plan... des urines.
- Speaker #2
Et puis des stratégies qu'on pourrait mettre en place qu'on ne se rend pas réellement compte. C'est-à-dire, je vais faire un petit running, systématiquement je vais faire pipi, presque par peur ou un peu par précaution, sauf qu'en fait, je ne me suis pas rendu compte. Ou quand on commence à mettre des serviettes hygiéniques au cas où, des fois, si on ne prête pas vraiment attention, certaines femmes ont du mal à ressentir des fuites urinaires, ça peut vous aiguiller un peu. Et puis aussi, on n'a pas fait part de ces symptômes-là, Les femmes qui ont des problématiques périnéales peuvent aussi avoir des douleurs de dos, de hanches associées. Et donc, même ces sensations aussi qu'au niveau bas-ventre, on s'en sent moins tonique, que ça fait moins le job. Tout ça, c'est des petits symptômes comme quoi, en fait, l'ensemble, la sphère, en tout cas, commence à dysfonctionner. Et que ça, peut-être, ça compense sur d'autres structures ou d'autres structures ne font peut-être pas leur job et que ça vient à venir compenser au niveau périnéal.
- Speaker #1
C'est intéressant comme il faut prendre le corps dans sa globalité, il peut y avoir des signes qui viennent un peu d'ailleurs. Est-ce que vous avez des conseils sur des gestes à faire ou à ne pas faire d'ailleurs du quotidien pour prévenir aussi d'éventuels soucis ?
- Speaker #0
Justement, par exemple, tu vois, le pipi de précaution avant l'entraînement, avant le run, avant la sortie, ça, c'est pas forcément une bonne habitude. On va préférer, tu vois, si on est en note. en outdoor, sur un trail, on va préférer ne pas aller faire pipi avant l'entraînement, avant la sortie, et puis se mettre sur un côté et se mettre accroupi, faire un pipi nature, plutôt que de forcer un peu la vessie à aller faire pipi alors qu'elle n'a pas envoyé de message, que ce n'est pas forcément le bon moment.
- Speaker #1
Et ça, pourquoi ce n'est pas bon de la forcer à ce moment-là ?
- Speaker #0
En fait, pour faire un peu simple, quand on a envie de faire pipi, quand la vessie est pleine, elle va envoyer des informations au cerveau, qui vont envoyer des informations au périnée. Et puis du coup, dans ce cas-là, on va aux toilettes et puis il y a tout un automatisme qui fait que le périnée se relâche et la vessie se vidange. Et du coup, quand il n'y a pas forcément cet échange d'informations et qu'on va faire pipi un peu de manière forcée, ça peut bouleverser un petit peu la vessie. et les messages qu'elle va envoyer au cerveau, et puis créer un petit peu ce qu'on appelle des urgenturies, où on va avoir de plus en plus envie de faire pipi de manière urgente, alors que c'est des petits dérèglements, qui mettent longtemps avant de se mettre en place, parce qu'on fait un pipi de précaution, que c'est foutu pour la vessie, mais ce n'est pas forcément des bonnes stratégies. On parlait du pipi sous la douche, c'est pareil en fait, le fait de faire pipi, déjà, un, on est debout, on n'est pas trop, le périnée n'est pas... On n'est pas censé faire pipi debout par rapport au périnée.
- Speaker #1
Parce qu'il n'est pas relâché.
- Speaker #0
Il est encore contracté quand on est debout, parce qu'on a parlé de cet aspect de maintien. Il a un petit tonus de base quand on est debout. La position assise, on sait que le périnée est plus relâché dans ces moments-là. Et puis comme ça, on n'associe pas non plus l'eau au fait de faire pipi. Et du coup, pareil, la vessie, elle dissocie l'eau de l'action de faire pipi.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, c'est des automatismes qui se créent très facilement où la vessie, en fait, après, elle ne comprend plus. Et donc, du coup, elle va automatiser, elle va envoyer des messages comme quoi il y a besoin de se vider, alors qu'en fait, ce n'est pas nécessaire. Et donc, c'est vraiment des automatismes qui ne sont pas top. Et puis même, si on n'apprend jamais à notre périnée à aller courir avec une vessie moitié pleine, en fait, le périnée ne s'adaptera jamais à soutenir justement une vessie qui est un petit peu remplie. Et au-delà de ça, il y a pas mal de femmes qui sont constipées. Donc déjà, si elles écoutent ce podcast, c'est qu'elles font de l'activité physique. Donc ça, c'est chouette. C'est-à-dire qu'elles bougent et ça aide au transit. Mais donc, les femmes qui sont constipées poussent beaucoup aux toilettes. Et ça, il faut le dire, la poussée aux toilettes fragilise grandement le périnée sur du long terme. Donc, ce qu'on leur conseille, c'est de mettre en place des choses pour régler ce problème de constipation, d'aller voir des professionnels de santé. Mais juste déjà, de faire de l'activité physique, ça va aider, de bien s'hydrater. Et ce qu'elles peuvent faire, c'est de surélever leurs pieds aux toilettes, que leurs genoux soient plus hauts que leurs hanches, parce que dans cette position-là, un peu comme à croupis, ce qu'on pourrait faire en forêt, le périnée est totalement relâché. Donc elles vont moins pousser. L'objectif, c'est qu'elles ne poussent pas. On ne devrait pas pousser aux toilettes, parce que quoi qu'il arrive, ça le fragilise sur du long terme. Et donc ça, c'est vraiment pas top.
- Speaker #2
Finalement, il y a quand même pas mal de petites choses, même juste du quotidien, où il faut faire un peu attention, si on veut préserver son périnée. Et du coup, vous parliez de faire pipi sous la douche, donc d'être debout. J'avais testé en fait un moment pour écrire sur la sportive outdoor un pis debout. Et justement, je m'étais posé la question. C'est pratique, mais est-ce que c'est idéal de faire pipi comme ça ? Et la réponse est non, a priori, pour cette raison-là. Parce qu'en fait, on n'est pas du tout fait pour ça.
- Speaker #1
Exactement. Le périnée, comme disait Lise, en position debout, il est censé être contracté pour faire son job. Et donc, on vient au-delà un petit peu.
- Speaker #2
peu de sa nature. Et donc,
- Speaker #1
ça pourrait enjouderer... Il y a pas mal de femmes aussi qui vont aux toilettes et qui ne prennent pas le temps de se poser et de se relâcher. Et ce qui se passe en position debout, ça pourrait être un peu similaire, c'est qu'on ne vide pas totalement la vessie parce qu'on n'est pas totalement relâchée. Donc, il y a un espèce de résidu mictionnel qui reste. Et ça, sur du long terme, ça peut venir aussi irriter la vessie parce que l'urine va être de plus en plus acide et ça peut être aussi un nid à bactéries et créer des infections urinaires. Toutes les femmes aussi qui ont des infections urinaires, on vous conseille grandement de... Voilà, il y a plein de petites habitudes qu'on pourrait mettre en place pour les limiter. Mais s'hydrater, déjà, c'est une des priorités. De régler ça parce que ça fragilise également le périnée.
- Speaker #0
Mais du coup, au même titre que le conseil de ne pas faire pipi debout, souvent, tu sais, quand on n'est pas à la maison, on n'ose pas s'asseoir. Et du coup, c'est le même principe. Le périnée, dans cette position-là, comme disait Laura, il n'est pas relâché. Donc, vaut mieux... s'asseoir sur les toilettes pour que ce soit totalement relâché. Il y a peu de chances quand même qu'il y ait des bactéries qui viennent jusqu'à la vulve assise sur la cuvette. Et si vraiment ça vous dégoûte, l'astuce de mettre du papier sur la cuvette pour pouvoir s'asseoir parce que c'est ça le plus pérenné friendly.
- Speaker #1
Ou d'acheter des lingettes. Il y a toujours des petites solutions qui sont possibles de mettre en place, mais de s'asseoir et d'être totalement relâché.
- Speaker #2
Ok, donc ça c'est vraiment hyper important. Et sur le sujet des abdos, il y a toujours ce truc où on se dit mais du coup si je veux renforcer mes abdominaux, est-ce que les abdos, la classique, je ne sais même plus comment ça s'appelle, mais quand on est à un moment, est-ce que c'est complètement à bannir, est-ce que ça dépend à nouveau ? Comment muscler ses abdos ?
- Speaker #1
Déjà, c'est très chouette. Je pense que de faire des abdos, c'est vraiment très intéressant, encore plus pour la sphère pelvienne, parce qu'en fait, les abdos travaillent avec le périnée. Il y a vraiment des synergies qui se font, c'est-à-dire des co-contractions. Quand le périnée se contracte, les abdos se contractent et inversement. Et donc, ça va être vraiment chouette de venir travailler les abdos parce que ça peut venir aussi soutenir le périnée et le bosser. Donc, on encourage vraiment à travailler la sangle abdominale. Après, c'est comme tout. En fait, tout dépend déjà comment c'est fait. Parce que si, oui, vous passez votre temps à faire des abdos, mais que vous êtes en apnée, que vous n'êtes pas progressif, que vous forcez, forcément, ce n'est pas l'idéal. Mais nous, on n'est pas de la team à bannir certains abdos, parce que sincèrement, s'ils sont bien faits, on peut faire tout type d'abdos. Et on vous encourage vraiment à en faire et d'aller même vers des abdos qui paraissent un peu plus difficiles, un peu hyperpressifs, qui pourraient mettre des pressions sur le périnée. Mais si c'est bien dosé et bien fait, il n'y a pas de raison. que ça soit délétère pour le périnée.
- Speaker #0
C'est vrai que les abdos hyper pressifs, genre un crunch, ça a eu très mauvaise presse pendant un moment donné. Mais en fait, ce qu'il faut se dire, c'est que l'impact de la course, par exemple, ça peut être, dans certaines conditions, supérieur à juste la pression qu'on met avec des abdos. Donc, c'est vraiment primordial de continuer à les bosser. Après, comme disait Laura, il faut bien les faire. Et puis, faire un petit peu de... tout, parce que finalement, il y a aussi beaucoup des sportifs, des fois, qui ont des problématiques de périnée, à qui on dit, faites des abdos, tu vois, un peu hypopressifs ou des choses qui sont très douces, alors qu'en fait, les sports, souvent, ça a des exigences très importantes, par exemple, à l'escalade, des fois, quand on a, sur une prise, on a la hanche très en flexion, du coup, ça peut générer quand même beaucoup de pression au niveau du ventre, et il va falloir fournir un effort, donc pousser pour passer à la prise suivante et tout. On va utiliser nos abdos, il va y avoir de la pression. Il faut que le corps de la femme soit prêt à gérer ça. Des fois, juste des abdos un peu hypopressifs faciles, ça ne va pas simuler les problématiques du sport. C'est intéressant aussi. Il faut réussir à faire un peu de tout.
- Speaker #2
Finalement, c'est toujours une question d'équilibre et de comment on fait les choses, comme sur un peu tous les sujets.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #2
Quels sont vos projets pour Weep Coach dans les prochains mois ?
- Speaker #1
Alors nous, on a pas mal de petits projets. Alors déjà, nous, on fait trois promos par an. On accompagne les femmes qui ont des problématiques de fuite. Justement, des femmes, par exemple, qui font de la course à pied ou qui ont des difficultés aux impacts. Beaucoup de femmes qui ont des problématiques dès qu'elles font des jumping jacks, des sauts. Et donc, on est toujours en train d'améliorer cet accompagnement-là où on va justement faire une nouvelle promo en avril. Ça, c'est un gros travail qu'on fait. Et puis, tu l'as abordé. En fait, nous, on aimerait que... On forme actuellement les kinés pour avoir une prise en charge similaire à la nôtre. Et on veut aller plus loin. Et là, actuellement, on est en train de travailler sur un e-learning pour que justement, les coachs puissent mieux accompagner les femmes enceintes et en postpartum, et qu'ils aient aussi des outils et qu'ils puissent réorienter et qu'ils soient sensibilisés là-dessus. Donc là,
- Speaker #0
c'est notre gros travail du moment.
- Speaker #2
Ça, c'est trop bien. Du coup, vous allez vraiment diffuser ça de manière plus large.
- Speaker #0
On espère.
- Speaker #2
Et pour terminer, est-ce que vous avez un dernier message ? Vous nous avez donné plein de conseils, mais un dernier message que vous voudriez vraiment faire passer aux auditrices ?
- Speaker #0
Il y a peut-être plusieurs messages. Le premier, ce serait de se dire que la femme a le choix aussi dans sa rééducation, dans le sens où, un, pas de tabou entre nous, et qu'il faut que vous en parlez quand vous avez des choses que vous trouvez anormales. Faites-vous confiance, faites confiance à votre ressenti. Vraiment, dans la grande majorité des cas, vous avez raison. Écoutez-vous, essayez d'en parler. Trouvez des personnes autour de vous qui vont être qualifiées et pour les problématiques périnéales et pour les exigences du sport. Nous, on conseille toujours, par exemple, quand on fait appel à des kinés, d'aller voir un kiné spécialisé en rééducation périnéale et du sport. Parce qu'une traileuse... Une nana qui roule ou qui fait de l'escalade, elle aura des problématiques qui seront spécifiques à son sport. Donc, c'est vraiment important de se faire accompagner par des personnes qui vont être qualifiées.
- Speaker #1
Et d'oser, ce que disait Lise, surtout d'oser en parler. Parce que je pense qu'on pourrait aussi lever davantage les tabous si on osait en parler. Et malheureusement, en fait, on crée aussi un tabou, nous, en tant que femmes, parce qu'on n'en parle pas. Et on devrait banaliser, dire à des coachs, à des entraîneurs, à des gens qui nous entourent. à des gens qui nous entraînent, de dire, en fait, là, j'ai une fuite urinaire, ou là, j'ai eu des règles, de banaliser ce genre de choses pour qu'ils puissent être conscients de tout ça, qu'ils puissent par la suite se former, et puis qu'ils puissent peut-être adapter des fois les entraînements. Et malheureusement, ils ne le font pas parce qu'en fait, ils ne sont pas au courant, parce qu'on n'ose pas en parler.
- Speaker #0
Donc, il faut en parler. Et pour celles qui sont un peu dépitées, qui vont se dire, pour moi, c'est foutu, c'est jamais foutu. Il y a toujours des solutions.
- Speaker #1
Et puis que le mouvement, c'est la vie. On est vraiment contre un peu des croyances qu'il pourrait y avoir comme quoi le sport, c'est mauvais, qu'il faut arrêter telle ou telle chose. Nous, pour nous, le mouvement, c'est vraiment la vie. Donc, continuer à bouger, c'est la priorité. Et en effet, apprenez à vous écouter. Et à écouter, il y a peut-être certains symptômes qui font qu'il y a peut-être besoin de faire un petit travail spécifique. mais vraiment continuez à bouger, c'est le principal, ne vous arrêtez pas à cause de ça.
- Speaker #2
Ah bah trop bien, c'est un bon message, plein d'espoir en plus pour terminer. Et bah j'invite tout le monde aussi à vous suivre sur Instagram, parce que vous partagez vraiment plein plein de choses, alors parfois c'est très drôle, et parfois c'est instructif, parfois les deux. Non mais vraiment, on voit que vous faites un super travail, c'est très éducatif et pédagogique. Je mettrai le lien en description de l'épisode. Merci pour cet épisode et pour tous les conseils que vous avez donnés. Je pense que ça aurait aidé à sensibiliser un peu sur le sujet. Merci pour les femmes. A bientôt.
- Speaker #0
A bientôt.
- Speaker #2
Merci d'avoir écouté cet épisode. Si vous vous êtes plu, n'hésitez pas à mettre 5 étoiles sur les plateformes de podcast, à nous laisser un commentaire. On l'écoute et ça fait vraiment plaisir. Vous pouvez aussi nous suivre sur Instagram et surtout vous abonner à la newsletter. avec plein d'infos sur le sport d'or féminin.