- Speaker #0
Il y a celle qui gagne des médailles, pulvérise les records et font rêver les petites filles. Celle qui semble être née, basket au pied, qui faisait du sport en famille le week-end et qui annonce qu'elle prépare un marathon avec assurance et non-chalance. Et puis il y a ces femmes qui se sont mises au sport malgré le sentiment que ce n'était pas fait pour elles, malgré le manque de confiance et la peur de la première foulée, malgré la flemme et un emploi du temps déjà bien chargé. Elles vous raconteront ici comment elles s'y sont prises, ce que cela a transformé dans leur vie, et vous transmettront la bonne dose de motivation pour vous donner envie de rejoindre le club des sportives par surprise. Bienvenue dans ce podcast, je suis Alexandra, j'accompagne des sportives de haut niveau grâce aux outils de la sophrologie. Mais ici, je voulais parler à toutes les femmes qui ont envie de se mettre au sport, mais à qui il manque... la petite dose de confiance, la motivation sur la durée, ou le déclic pour dépasser certaines croyances limitantes. Je fais le pari que l'écoute de ce podcast peut être un très bon point de départ. Dans cet épisode, je reçois Clara qui m'a raconté, avec beaucoup d'humour, comment le sport l'avait aidé à surmonter d'abord un départ brutal d'un emploi qu'elle adorait, puis le chômage, et enfin la période où il faut s'armer de... toute la confiance en soi possible pour retrouver un emploi. J'ai adoré son parcours hyper motivant jusqu'à courir le marathon encouragé par sa nouvelle boss. Donc je suis très contente de vous proposer cet épisode. Salut Clara !
- Speaker #1
Salut Alexandra !
- Speaker #0
Merci d'être sur le podcast.
- Speaker #1
Merci à toi de me recevoir.
- Speaker #0
La deuxième fois avec moi, on se disait en off, c'est rigolo parce que je t'avais interviewée, donc il y a... je ne sais pas, 4-5 ans ?
- Speaker #1
6 ans même, je pense.
- Speaker #0
À l'époque d'Histoire de Prénoms, où on n'avait jamais parlé de sport, et ce n'était pas du tout dans nos préoccupations, ni pour toi, ni pour moi. Et du coup, là, quand j'ai lancé le podcast, tu m'as écrit pour me dire, c'est rigolo, à peu près en même temps que toi, je suis moi aussi devenue sportive par surprise. Tu vas nous raconter ton histoire. Est-ce qu'avant, tu peux te présenter rapidement sur le plan pro et sur le plan perso ?
- Speaker #1
Ouais, donc moi je m'appelle Clara, j'ai 36 ans, je suis directrice marketing chez Olicare, une boîte qui fait de la santé mentale pour les entreprises, on soigne les gens en burn-out dans les entreprises. Et je suis mariée à Thibaut depuis 9 ans, 7 ans, 6 ans, je sais plus. Entre 6 et 9 ! Non, en fait on est ensemble depuis genre 14 ans et mariée depuis 2018. Et on a deux garçons, Octave et Jules, qui ont 6 et 4 ans, et j'attends une petite troisième pour le mois de mai. Voilà.
- Speaker #0
Très bien. Félicitations. Et pour rentrer tout de suite dans le sujet qui nous intéresse aujourd'hui, est-ce que tu peux me dire en une phrase, quelle place a le sport dans ta vie aujourd'hui ?
- Speaker #1
Eh bien, je dirais que c'est l'endroit où je me sens vraiment moi-même à ma place.
- Speaker #0
Ok. On va remonter un peu, comme à chaque fois, le fil de ta relation au sport, puis jusqu'au fameux déclic. Est-ce que tu peux me dire, c'était quoi un peu ta... t'étais quel genre de petite fille et c'était quoi ta relation au sport quand t'étais vraiment enfant et puis après, plus tard, dans l'adolescence ?
- Speaker #1
Ouais, donc j'ai eu de la chance parce que mes parents, ils nous ont toujours inscrits à une activité sportive. Donc j'ai fait beaucoup de tennis, les années où j'en avais marre du tennis, je faisais de la natation. En tout cas, c'était sûr qu'on avait une activité le mercredi qui était du sport. Donc ça, je les remercie d'ailleurs, parce que vraiment, je pense que c'est beaucoup plus dur de se mettre au sport après, si vraiment on n'en a jamais fait.
- Speaker #0
Et eux étaient sportifs ?
- Speaker #1
Et eux étaient... Alors ma mère, non, pas trop. Mon père, ouais, assez sportif. Il faisait du foot avec ses copains. Enfin, en tout cas, c'était une pratique. Voilà, chaque semaine, il avait un peu cet espace pour lui. Après, il s'est mis pas mal à courir. Donc ouais, c'est plutôt côté mon père, le sport. Et ensuite, quand j'ai commencé école de commerce et tout ça, donc là, zéro sport. Mais vraiment, je suis passée du tennis une fois par semaine à plus rien du tout pendant des années. Mais du coup,
- Speaker #0
le tennis, tu l'as quand même tenu ?
- Speaker #1
Ouais, jusqu'à mes 18 ans.
- Speaker #0
Ah ouais, donc toute la période collège-lycée, alors que souvent, c'est un peu une période où les petites filles décrochent, tu vois.
- Speaker #1
Ouais, non, non. une heure de sport par semaine donc j'ai continué à faire ça et ouais donc école de commerce zéro gramme de sport pendant cinq ans et ensuite j'allais courir de temps en temps quand j'ai eu mon premier cdi j'avais un peu besoin déjà d'un sas pour parler de mon taf des évolutions de qui est promu qui est pas promu machin et du coup j'allais courir avec mon père on se faisait un petit jogging il faisait mon coach je... coach de vie.
- Speaker #0
Ah, mais sympa !
- Speaker #1
Donc, on se faisait un petit jogging comme ça le week-end, avant le déjeuner, en famille. Et donc, j'avais parfois ma sœur, mon frère qui venait. Et tu parlais comme ça ? Et ouais, on parlait. Donc, tu vois, on faisait de l'endurance fondamentale, déjà à l'époque.
- Speaker #0
Trop bien !
- Speaker #1
Et voilà. Mais j'étais la sportive du dimanche. Enfin, en gros, j'ai toujours fait une petite heure de sport. Mais voilà, c'était tout, quoi. Et je courais qu'avec lui. Et s'il ne pouvait pas, je n'y allais pas.
- Speaker #0
Ouais, mais bon, c'est déjà pas mal. Ouais, ouais,
- Speaker #1
ouais. C'est déjà ça. C'est clair. Et j'ai gardé cette heure de tennis ensuite pendant longtemps quand j'ai commencé à bosser. Je pouvais me payer mon petit cours co du vendredi au dej. Donc, je me suis mis dans un cours de tennis. Et à chaque fois que je déménageais, je me reprenais un cours de tennis dans les endroits où j'habitais.
- Speaker #0
Donc, pendant le début de ta vie active. Oui, exactement.
- Speaker #1
Ensuite, j'ai eu des enfants. Et donc là, en fait, je profitais du congé maternité pour faire un peu de piscine. Et de natation, parce que ça me faisait vachement de bien. Et je faisais un peu de yoga, genre le congé mat. Mais je n'étais pas non plus la plus sportive, mais quand même, je faisais un peu de piscine. Et puis, le gros déclencheur, ça a été une rupture conventionnelle. Donc, après huit ans dans la même boîte, je me suis fait... En vrai, j'ai eu une rupture conventionnelle, mais je me suis fait un peu virer du jour au lendemain. Et donc là, ça a été l'énorme choc psychologique pour moi, parce que j'avais eu zéro alerte, que ça faisait huit... temps que je pensais que ça se passait bien, en fait. Et ça s'est fait très vite. Donc, en fait, un peu du jour au lendemain, enfin, en un mois, je me suis retrouvée à plus aller au boulot.
- Speaker #0
Ah oui, un jour, on te convoque. Un jour,
- Speaker #1
on me convoque. On me dit en fait, ça va pas du tout. On me prend pendant une heure dans une salle. Mon manager, avec qui je m'entendais, je pensais très bien, m'enchaîne et me dit, on va te proposer une rupture conventionnelle. Je te suggère de fortement l'accepter. Donc le truc met un petit mois avant de se solder, mais entre temps, je ne retourne pas au bureau et je n'y suis jamais retournée. Du jour au lendemain,
- Speaker #0
à l'américaine.
- Speaker #1
À l'américaine, c'était une boîte américaine. Et je leur en ai beaucoup voulu parce que derrière, ce manager, il avait mon numéro de portable, il ne m'a jamais contacté pour me dire « Viens, je t'explique, je te dis ce qui se passe, sans rancune, fais ton pot de départ. » Donc en fait, j'ai passé huit ans dans une boîte. et j'ai même pas fait de pot de départ bah moi si tu veux j'avais méga honte genre en gros je me suis direct dit je crois qu'il y a un truc que j'ai pas vu en fait j'étais peut-être nulle, j'ai pas vu les alertes et tout, bon en vrai bien sûr qu'il y avait pas eu d'alerte et c'est pour ça que je suis partie avec quand même un petit chécosse et tout ça avait rien à me reprocher mais pendant longtemps je me suis dit bon bah en vrai c'est pas arrivé par hasard j'ai forcément pas dû être au top donc je me suis beaucoup beaucoup remis en question et du coup ça a été ça le déclencheur je me suis retrouvée avec 100% du temps pour moi J'avais eu deux enfants, donc en fait ça faisait quelques années que je m'étais quand même pas mal oubliée, d'un point de vue perso. Je voyais des copines, j'allais au ciné, mais j'avais pas d'activité, à part cette petite heure de tennis du vendredi, mais j'avais rien vraiment à moi. Ouais, pour toi. Exactement, et je me suis aussi rendue compte que je savais même pas ce qui me faisait plaisir. Parce que j'avais mon mari qui me disait « mais t'as trop de chance là, t'as ta semaine devant toi, qu'est-ce que t'as envie de faire, tu peux tout faire ! »
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et moi, j'étais angoissée en me disant, mais je ne sais même pas ce qui me fait plaisir, en fait. Je ne me connais plus, j'en sais rien. Du coup, le premier truc que j'ai fait, c'est bon, à 17h, je serai à la sortie de l'école et je vais m'occuper de mes enfants. C'était mon premier réflexe.
- Speaker #0
Ce qu'on peut comprendre, mais c'est vrai que c'est un peu triste de dire. Mais de 9h à 17h, je fais quoi ?
- Speaker #1
Exactement. Et donc, les premiers jours, j'étais complètement perdue. Assez vite, en plus, comme cette rupture conventionnelle, elle m'a complètement traumatisée. je rumine du négatif et tout.
- Speaker #0
Est-ce que tu dirais qu'avant, tu avais plutôt confiance en toi et que tout d'un coup, toute confiance en toi est sapée ?
- Speaker #1
Exactement. J'avais quand même un taf dans une boîte un peu reconnue. J'ai un super entourage. J'avais une vie hyper trépidante. Évidemment, pas assez de temps pour moi, mais j'étais hyper occupée. Et du jour au lendemain... En plus, pour le coup, c'est arrivé à beaucoup de mes copines là depuis 2-3 ans d'avoir des réorgues, de quitter le boulot, de se faire un peu virer et tout ça. Là, moi, je suis la première à qui ça arrive de toute la bande et je me dis c'est la honte. Genre, c'est vraiment la honte. On m'a dégagée. En fait, je suis une merde. Vraiment, je me dis ça.
- Speaker #0
C'est violent. C'est violent.
- Speaker #1
Et en fait, ça se passe en juin. Donc, on embraye sur trois mois d'été où je fais un peu un déni. J'y pense pas. Je profite de l'été. On arrive en septembre, je remets tout le monde à l'école. Mon mari part bosser. Et là, je me dis, waouh, il va vraiment falloir que je me prenne en main. Donc, je vois un psy pour essayer un peu de m'aider et tout. Mais en fait, je me rends compte que ça ne marche pas trop. Et très vite, j'ai une copine qui me dit, je suis inscrite à une course avec le boulot. C'est 10 kilomètres. C'est 10 kilomètres de Paris. « Tu ne veux pas la faire avec moi ? » Et je me dis « J'avoue, j'ai toujours un peu couru. Why not avoir un peu cet objectif qui, du coup, va me permettre d'aller courir une fois de temps en temps ? » Et l'histoire drôle, c'est que je m'inscris à cette course et en fait, je me trompe et je prends les 10 kilomètres des Champs-Élysées, qui étaient le même jour que cette copine qui court, mais deux courses différentes. Ah non ! On ne s'est même pas vues. Tu l'as fait toute seule. Je l'ai fait toute seule. Mais en fait, c'était « Men to be » . En fait, c'était ça. Et donc... Donc en gros, mon père, il m'avait toujours dit quand tu prépares une distance, il faut que tu aies en cumulé le nombre de kilomètres dans la semaine. Donc en gros, là, c'était 10 kilomètres. Donc il me dit tu fais deux fois cinq, deux fois cinq dans la semaine, c'est deux fois 30 minutes. Et donc, je me mets à faire ça.
- Speaker #0
Du coup, tu t'inscris pour la course combien de temps avant ?
- Speaker #1
Un mois avant. Ah ouais ? Ouais, début septembre, j'ai ce truc et c'est le 25 septembre.
- Speaker #0
Ah ouais, ok.
- Speaker #1
Et je me mets à faire deux fois 30 minutes. Et je me rends compte que ça me fait trop de bien. Parce que du coup, je mets un peu à distance cette histoire de rupture conventionnelle. Parfois, je suis méga en colère et ça me permet de vivre ma colère par mon corps aussi. Et petit à petit... Et tu le ressens,
- Speaker #0
quoi. Tu vas courir, si tu as des pensées tout d'un coup qui t'énervent et tout, tu sens que de courir à chaque foulée, ça t'évacue. Oui,
- Speaker #1
ça m'aide. En gros, je me dis... Moi, je suis vraiment du matin. Donc, je me dis quand je vais courir, c'est le matin. Parce qu'après, sinon, je ne fais que reporter et j'annule. Donc c'est le premier truc en début de semaine et en fin de semaine. Je me dis allez je me fais 30 minutes le matin et parfois je me rends compte que je cours un peu plus. J'allonge mon tour et tout ça. Mais au début ça commence comme ça, léger quoi. Et en parallèle je me dis j'ai 7 heures du vendredi de tennis que j'aime bien. Et je me dis le tennis c'est cool, c'est un jeu. Et donc je vais prendre un petit cours particulier en plus de tennis avec un prof pour m'occuper. Et à ce cours de tennis, le prof, il m'envoie la balle, mais enfin, parfois je me tape des fous rires tellement je suis nulle, en fait, je me rends compte en one-on-one avec lui. Parfois, il m'envoie la balle, je peux même pas la rattraper parce que, en fait, c'est con, mais j'ai eu deux enfants. Pendant huit ans, je me suis pas trop écoutée, j'ai pas fait tellement de sport non plus, donc j'ai pas de cardio. Donc quand il m'envoie une balle et qu'elle est à l'opposé, j'explose de rire et il me dit « mais pourquoi tu rigoles ? » Et je suis là genre « bah parce que c'est la cata, quoi ! » Et il me dit « bah un conseil si t'as envie de t'améliorer, et il faut que t'améliores ton cardio, et que tu rattrapes toutes les balles. Et déjà, voilà, on aura travaillé ça. Et donc, de courir, je vois que ça m'aide au tennis. Et qu'il y a de moins en moins de balles que je ne rattrape plus, en fait. Et donc, je me dis, mais j'ai trop envie de continuer pour ça. En fait, je vois des petits effets un peu positifs où je me dis, OK, je vais garder ces trucs-là parce que ça m'occupe dans ma semaine, ça me fait me sentir bien, ça me rend fière dans un moment où je suis au fond du trou, en fait.
- Speaker #0
Génial.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Génial. J'adore cette histoire, parce que je pense que... Enfin, t'as tout dit, je pense que ça va aider plein de gens. On a tous, toi c'est le boulot, mais on peut avoir plein de moments, une rupture, le fait d'être quitté, d'être trahi et tout, où on se sent, comme tu dis, vraiment nul. Et de savoir qu'il y a cette petite solution qui est à notre portée, c'est trop bien.
- Speaker #1
Oui, et donc en fait, cette copine, Victoire, quand elle m'écrit et qu'elle me dit « je fais cette course, inscris-toi » , Je lui dis merci parce qu'en fait, c'est ça qui m'a... Je ne serais jamais allée courir toute seule comme ça. Déjà, à cette époque, j'avais l'impression d'être une paumée, donc je me serais encore moins dit. J'ai une très basse estime de moi-même. Je ne me serais pas dit tiens, là, tu vas aller courir avec de la musique et ça va être stylé. Je me disais alors là, on touche le fond. donc quand elle me dit ça en fait elle me met un cadre et comme je suis inscrite à cette course il faut que j'y aille et donc j'ai un objectif et donc ça me rend fière et je vois que j'y arrive et que... Donc voilà, c'est ça qui me met le pied à l'étrier, en fait.
- Speaker #0
Et c'est cool, là, attends, je te coupe juste sur un truc, c'est cool ce que tu dis. Moi, alors je peux peut-être un peu des fois passer pour la copine relou, et auquel cas, je m'excuse auprès de mes copines, mais il y en a, tu vois, qui sont moyennement sportives, mais je sens qu'elles ont un peu quand même envie, et je les offre en cadeau une inscription à une course, un anniversaire, et franchement, les filles, faites-le, essayez de vous motiver les unes les autres. Je fais des petites distances, évidemment, je n'offre pas un semi-marathon. Mais justement, une petite course de 10 kilomètres,
- Speaker #1
c'est génial comme cadeau.
- Speaker #0
Et c'est trop bien à faire ensemble en plus.
- Speaker #1
Oui, carrément.
- Speaker #0
Du coup, tu cours ta course le 25 septembre.
- Speaker #1
Exactement. Toute seule. Exactement. Et là, je vis un truc de dingue. Déjà, j'ai une adrénaline de fou avant de partir. Ensuite, le départ est lancé. Et là, je pars pleine balle. Le truc à ne pas faire, mais je pars pleine balle. Et je tiens mon pleine balle pendant les 10 kilomètres. Tellement, je pense que j'avais à évacuer de ma colère, de mon ressentiment. En fait, mon corps, il avait tellement encaissé, je pense, pendant ces années, que là, je lui disais, ça y est là. « Mon gars, t'es libre ! Montre-nous ce dont t'es capable ! » Et du coup, j'ai un pote la veille qui me dit « Essaye de faire moins d'une heure » . Et alors là, j'avais un peu le truc dans la tête, tu vois. Bon, je fais une heure pile. Bon, voilà, c'était marrant, mais j'étais hyper contente.
- Speaker #0
Bah de fou, pour une première !
- Speaker #1
Mais je me suis arrachée. À la fin, je suis arrivée sur la ligne d'arrivée, je pouvais plus respirer, j'étais rougée carlade, j'avais tout donné, quoi. Mais j'ai trouvé ça trop bien, j'ai été portée par la musique. Et je me suis dit, j'ai envie de recommencer, j'ai envie de m'améliorer, ça va être ça un peu mon truc cette année. Je me suis sentie moi en fait. Et c'était le premier moment depuis longtemps où je me suis dit, waouh, j'étais enfouie. Et là, ça y est, j'ai un peu gratté les parois, je suis en train de revenir quoi. Donc voilà, ça c'était le truc. Et puis... Un soir, je sors faire un cours de théâtre. Parce que du coup, à cette époque, j'étais un peu en mode je teste tout. Donc je teste un cours de théâtre. Je croise une copine dans la rue qui me dit mais je vais faire de la gym suédoise. Le cours, il est incroyable. C'est un peu de la danse, mais en même temps, c'est un peu une choré et tout. Viens avec moi la semaine prochaine. Tu vas voir, tu vas trop kiffer. Et je me dis, cette nana que je ne croise jamais dans mon quartier et tout, elle n'est pas là par hasard. Ouais, je m'inscris, j'y vais avec elle. Et alors là, du coup. C'est devenu ma passion, deux fois par semaine, donc ça a rajouté à ce que je faisais déjà. Ah ouais,
- Speaker #0
donc attends, du coup là, tu te retrouves à faire quoi ?
- Speaker #1
Bah du coup je cours deux fois par semaine, je fais mes deux fois 5-6 kilomètres, j'ai mon heure de tennis du vendredi, j'ai un petit cours une semaine sur deux avec ce prof en plus de tennis, et je commence la gym suédoise, et donc là je fais un cours par semaine, puis très vite en fait j'en fais deux, et c'est en fait du renforcement musculaire. Je vois bien qu'en faisant des planches et des squats, je me renforce aussi pour la course. Et que c'est des trucs qui se répondent. Ça se nourrit. Après,
- Speaker #0
tu deviens super forte au tennis.
- Speaker #1
Et surtout, je me dis, courir seule, il faut vraiment se motiver. Il ne faut pas avoir la flemme. Il ne faut pas annuler. C'est vraiment une rigueur personnelle qui est énorme. Là, j'ai un rendez-vous. J'ai payé. il y a une prof qui m'attend pour donner le cours c'est collectif donc en fait tu danses la gym sud-ouest t'en as peut-être déjà fait t'as le truc collectif quand t'as une bonne musique moi je suis en trance quoi enfin franchement je vis un moment incroyable et du coup j'ai réussi à alterner un peu le course toute seule et rendez-vous avec des gens et donc ça ça me fait du bien aussi parce que je suis dans une période où je suis méga seule la journée en fait même si de temps en temps j'ai mes enfants le mercredi et tout j'en profite pour beaucoup plus les voir du coup j'arte la nounou et je m'en occupe moi, enfin ils vont à l'école donc je fais tout le péri-scolaire mais la journée globalement je suis quand même assez seule et aussi un truc que j'ai pas dit, je prends la décision pendant 6 mois de pas chercher de boulot et de vraiment me retrouver pour que le jour où je cherche je me sois un peu retrouvée et pas à faire, parce que j'avais commencé à postuler à des trucs et puis en fait très vite j'étais pas prise donc ça me faisait redescendre d'un cran donc je me suis dit là, jusqu'à Noël je vis ma vie je me retrouve et puis on verra après Merci.
- Speaker #0
super c'est une bonne stratégie parce qu'effectivement si à chaque fois que t'es pas prise et ça peut être pour un million de raisons qui sont complètement dépendantes de ta valeur mais si ça te remet complètement donne ça sert à rien alors que se dire j'y vais une fois que je suis sûre d'avoir ma jauge de confiance en moi et que ça va pas m'atteindre c'est génial du coup vraiment tu meubles si je peux dire mais dans le sens positif Merci. C'est six mois avec du sport, Et t'en es à une fois par jour. Enfin, limite un cours de sport par jour.
- Speaker #1
Limite 40 minutes par jour. Oui, exactement.
- Speaker #0
Génial. Et plein de pratiques différentes.
- Speaker #1
Oui, exactement. Du coup, je vois aussi mon corps fondre. Les huit kilos que j'avais entre autres, d'un coup, ils commencent à disparaître. Alors, ça ne se fait pas du tout du jour au lendemain. Mais je vois quand même que mon corps change, que je prends du muscle et tout. Et que mes copains, enfin, mes copines me disent « Mais t'es devenue méga sportive. C'est un truc de dingue et tout. » Et même encore aujourd'hui, quand elle me le dit, je suis là « Mais vous... » vous parlez de quelqu'un d'autre. Parce que c'est tellement dur. Après des années où t'as rien fait comme sport, quand on te dit « Mais attends, tu fais du sport trois fois par semaine » , t'es là « Ouais, j'avoue, mais je suis pas non plus si sportif que ça » . Et puis, on se compare toujours sur les réseaux à des gens plus forts que nous. Donc, bon, voilà.
- Speaker #0
Et puis, tu sais, ça, c'est un épisode que j'ai fait avec Capucine. Elle disait, il faut quand même vraiment un peu réhabiliter ce mot de la sportive, parce que nous, les femmes, on n'ose pas dire « ouais, je suis sportive » . En fait, tu fais du sport trois fois par semaine, ouais, t'es sportif. Et même quelqu'un qui nous écoute, qui va courir une fois 10 km par semaine, c'est sportif déjà. On a beaucoup plus de mal à se dire sportive, comme dans... C'est pas pour... Alimenter un cliché, mais comme dans pas mal de choses, tu vois, on a l'impression qu'il faut qu'on atteigne un niveau d'excellence avant d'oser revendiquer le titre, quoi, tu vois.
- Speaker #1
Complètement, complètement. Et d'ailleurs, donc, entre-temps, je me suis inscrite à un marathon parce que, du coup, donc, on arrive en janvier. Là, je me dis OK, je vais commencer à postuler, trouver un taf. Je me rends compte que le marché n'est pas dingue. Ça va prendre un peu de temps. Je me fais aider d'une coach trop bien parce que... Après huit ans de boîte, tu ne sais plus passer un entretien. Ton CV, il est merdique. Tu ne sais pas comment l'améliorer. Bref. Et elle, elle me donne un bon conseil. Elle me dit garde le sport parce que tu as besoin d'évacuer. Tu as besoin de vivre. Tu vas avoir des moments très forts intellectuels à passer des entretiens, à réfléchir et tout. Il faut que tu aies des moments où il n'y a que ton corps qui vive. Qui vive,
- Speaker #0
ouais.
- Speaker #1
Et donc, super conseil. Et donc là, je vais vivre six mois d'entretien slash sport. Parce que du coup, en janvier,
- Speaker #0
tu dis... Et donc, je passe en marathon, enfin, je retrouve un taf et je m'inscris au marathon. Non, non,
- Speaker #1
je me dis juste, je retrouve un taf. Et on arrive au mois d'avril. J'ai toujours pas trouvé de boulot. Mais là, je me dis, je sens que je vais pas tarder à retrouver. Enfin, en tout cas, dans les entretiens, je vois que je vais de plus en plus loin, que je vais toujours un peu en phase finale. C'est toujours l'autre personne qui est prise, mais je vois qu'il y a un peu un switch, que mon CV, déjà, il passe tous les cuts. Et donc, je me dis, je pense que je vais bientôt retrouver. Et donc, cette année, qui aura été une année complète de chômage, du coup, je me dis, il y a des rêves que je n'ai pas faits et que j'ai envie de réaliser. Et donc là, je me dis, le premier... Et il y a quoi ? Il y a Saint-Jacques-de-Compostelle, aller marcher. Et je me dis, je fais tellement de sport là, je ne suis quand même pas loin d'une paire sportive, tu vois. Et donc, je me dis, un marathon, je ne serai jamais aussi près du but. Donc, mon père a fait un marathon trois ans avant. Et mon frère a fait un marathon deux ans avant. Je me souviens que quand ils m'annoncent qu'ils vont courir un marathon, ma première réaction c'est « Non mais vous êtes tarés, mais vous êtes des malades, mais enfin… » Pourquoi ? Je me dis mais…
- Speaker #0
Non mais tu leur dis pas, j'ai envie de dire pourquoi, parce que moi aussi quand mon frère m'a annoncé qu'il allait courir un marathon… Limite tu me dis,
- Speaker #1
c'est une envie de se fouetter dans le sport que vraiment je comprends pas, et vraiment je les mets à distance, tu vois, en me disant « Mais vraiment on est des personnes complètement différentes, alors moi ça ne m'arrivera jamais. » Et vraiment, et en plus, quand mon frère dit je vais faire un marathon, je suis là tout ça pour ressembler à papa. Enfin, c'est ridicule. Trouve autre chose. C'est vraiment l'hôpital qui se fait la charité. Mais donc, à ce moment là, c'est vrai, je me dis je fais vachement de sport. J'aimerais bien que ça serve un peu à un truc. Et j'avoue, c'est débile, mais j'avais un peu envie de cocher une petite case. Bon, tu l'as fait quoi. Et comme à ce moment-là, en avril, je fais le semi-marathon et tout, je me dis, bon, t'es à la moitié, il reste une autre moitié. Ah,
- Speaker #0
donc tu t'es quand même inscrite à un semi en avril. Oui, j'étais inscrite au semi en avril. Mais t'es passée de courir 10 kilomètres à en courir 22. C'est déjà vraiment pas rien. Franchement, c'est déjà une performance, le semi-marathon. Oui, complètement.
- Speaker #1
En fait, petit à petit, dans la semaine, je fais toujours un peu mon truc de 5 kilomètres et il y a une sortie que j'allonge. Et donc, cette sortie que j'allonge, au début, elle fait 12. donc pendant longtemps elle fait 12 et puis elle fait 15 et puis petit à petit je m'approche des 20 toute seule en fait sans course et donc c'est à ce moment là où je me dis allez je fais un semi et après ce semi je me dis allez l'année prochaine je fais semi et marathon canon
- Speaker #0
et donc du coup ça le marathon tu le réserves pour quelle date ?
- Speaker #1
donc c'était en avril de l'année d'après ok un an après et entre temps tu retrouves un boulot ? Et entre temps, en septembre, juste après les vacances scolaires, je retrouve un boulot. Et je recommence en novembre. Et là, je me dis, il va falloir que je cumule un taf plus ma prépa.
- Speaker #0
Plus tes deux enfants. C'est pas rien parce qu'une prépa marathon, c'est combien de sorties par semaine du coup ?
- Speaker #1
À l'époque, alors moi, je fais un mix. Je ne fais pas le truc classique. En gros, moi, je me suis inscrite au marathon en me disant, je vais me faire... plaisir, c'est le plaisir en premier je veux le faire sans souffrir et je vais m'entraîner en gros à partir du mois d'avril quand je m'inscris je me dis je commence ma prépa, mais je fais pas une prépa comme ce que tu peux voir sur internet ou via des applis et tout ça je fais ma prépa toute seule, et donc en gros ma prépa à moi c'est de continuer le renforcement musculaire deux fois par semaine, c'est d'aller à la piscine deux fois par semaine pour remplacer le fractionné que je veux pas faire parce que ça m'amuse pas je garde ma sortie longue
- Speaker #0
Et je crois que j'ajoute une sortie en plus.
- Speaker #1
Mais du coup, ta sortie longue, c'est que tu dois courir. Et tu cours combien de temps ?
- Speaker #0
Et je cours une heure, une heure et demie, deux heures. Et après, dans ma prépa, j'allonge le nombre de kilomètres que je fais.
- Speaker #1
Il y a des fois le week-end où tu sors trois heures.
- Speaker #0
Ah bah exactement. Et en plus, ce qui est cool, c'est que je trouve un job dans lequel ils valorisent vachement l'équilibre vie pro-vie perso. Donc, ils nous invitent et ils disent l'heure du déj, allez faire du sport en vrai. Si vous êtes bien, vous serez bien au taf. Donc, allez-y, on vous soutient à fond. Et tu vois, ma boss, elle est venue me voir au marathon. Elle m'a tapé dans la main kilomètre 30. Et elle a couru 500 mètres avec moi. Donc, ce qui est cool, c'est que je suis arrivée dans un taf où c'était OK. Après, toutes mes heures de sport étaient sur des heures perso. Enfin, pour le coup... Donc,
- Speaker #1
tout en ayant un taf salarié avec des horaires pointés, machin et tout, t'arrives à faire cinq... Oui, mais c'est... Incroyable !
- Speaker #0
En vrai, ça a marché pendant une période. c'était pas tenable deux ans. C'était tenable six mois. Pour ton objectif. Oui, exactement. Parce que du coup, les deux fois où je vais à la natation, je pars à 7h le matin pour aller nager, pour être à 9h15 au taf. Donc ça déjà... Pas tout le temps. Non, en fait c'est chiant. Même si tu te sens trop trop bien après, là ça ne me viendrait pas à l'idée de le refaire. J'irais sur un horaire de déj par exemple. J'essaye de caler beaucoup de sport le matin. Ça qui est cool quand tu as des enfants, c'est que tu te lèves à 7h du mat. Après, si tu ne les déposes pas à l'école, ta matinée peut être un peu longue avant le boulot. Parfois, je faisais les semis du jeudi. Le jeudi, je pars à 7h du mat. Je peux faire un semi-marathon solo. À 9h30, je suis derrière mon ordi.
- Speaker #1
Allucinant. Ça veut dire que tu vas courir à 7h ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu te lèves à 6h du coup ?
- Speaker #0
En fait, j'essaie d'être prête à 7h. Donc à 6h45, tu vois, je me lève, je m'habille. Enfin, je ne fais rien d'autre. Je m'habille, je pars.
- Speaker #1
Et là, tu cours combien de temps du coup ?
- Speaker #0
Je cours jusqu'à 9h. Donc je cours 2h. Et après, je prends une douche vite fait. Et je suis derrière mon ordi à 9h30. En télétravail. En télétravail, exactement.
- Speaker #1
Incroyable.
- Speaker #0
Oui, mais ça, je ne le referai plus.
- Speaker #1
Mais bon.
- Speaker #0
À l'époque, je me motive. Enfin, je ne sais pas, je suis portée en fait. J'ai cet objectif. J'ai envie d'y arriver. Je vois que je progresse. que j'arrive à allonger les kilomètres, que mon corps change vachement aussi, on va pas se mentir, ça aide à tenir quand t'as la flemme.
- Speaker #1
Tu le valorises et ça te fait sentir bien. Et du coup, t'as réussi à le courir, à le finir, t'es un finisher du Marathon de Paris.
- Speaker #0
Ouais, je suis une finisher, exactement. Finicheuse ? Finicheuse. Et franchement, c'était une expérience incroyable. J'ai des copains qui m'ont fait la surprise de venir courir avec moi. Sur la deuxième partie du marathon, ça m'a porté et franchement j'ai trop kiffé. En fait ça a été vraiment que du kiff, j'ai été en sous-régime, c'est-à-dire que je me suis pas... Limite après j'ai un peu regretté, j'ai pas donné 100%, tu vois. J'avais tellement peur de me prendre le mur et d'abandonner que j'y suis allée hyper safe. Donc en fait sur les 20 premiers kilomètres, j'étais bien en dessous de l'allure que j'ai normalement, volontairement. Et ensuite, je ne me suis pas dit, tiens, je vais accélérer. En vrai, tu as mal aux jambes, tu es crevé, tu finis.
- Speaker #1
Oui, mais bon.
- Speaker #0
Mais voilà, ça me donne envie d'en refaire un. Ou pour le coup, je m'arracherai un peu plus.
- Speaker #1
Avec un chrono.
- Speaker #0
Avec un chrono et tout. Là, j'y allais un peu en mode, vas-y, on y va tranquille. On y va pour kiffer. J'avais mes enfants qui étaient là. C'était trop mignon. C'était top. Vraiment top.
- Speaker #1
Est-ce que c'était ça, ton plus beau souvenir sportif ? Cette ligne d'arrivée là ?
- Speaker #0
Ouais, parce que cette ligne d'arrivée, je pense que parce que c'était un truc solo, c'était aussi un peu l'aboutissement de je me suis relevé. Je me suis vachement souvenu de ce jour où on m'annonce que je suis virée, où je ne revois même pas mes collègues avec qui j'étais cinq minutes avant. On me descend mes affaires en bas de l'immeuble. Entre ce moment et l'arrivée du marathon, je me dis, il s'est passé tellement de trucs. Alors raconté comme ça, on se dit l'histoire est belle et tout, mais il y a eu des vrais moments de doute, des moments durs. Je suis passée par plein d'états et du coup, là, ça signait un peu le j'y suis arrivée. J'ai retrouvé un boulot. Je suis trop heureuse dedans. J'ai ma boss qui est là, kilomètre 30. J'ai ma famille qui est là. Je me suis retrouvée en fait. Parce que aussi, quand tu prépares un marathon, tu ne peux plus sortir autant avec tes potes. Donc tu réfléchis mieux à tes sorties. T'arrêtes un peu l'alcool. Donc t'as plus de moments aussi de lucidité. J'ai un peu réorganisé mes sorties, mon entourage, les gens que je voyais et tout ça. Et donc là, d'arriver sur cette ligne d'arrivée, c'était un peu en mode... La vie te met des difficultés sur ton chemin, mais quand tu les saisis et que tu prends le truc, finalement, c'est pour le mieux, en fait. C'est pour être mieux après.
- Speaker #1
J'adore. Mais méga, méga inspirant. Franchement. Trop sympa de dire ça. Parce que vraiment,
- Speaker #0
on était loin au début.
- Speaker #1
Non, j'adore. Et du coup, là, tu l'as dit, il y a un challenge sportif dont tu rêves, c'est peut-être refaire un marathon avec un chrono ou il y a autre chose qui te fait encore envie ? Oui,
- Speaker #0
je me dis, pour mes 40 ans, parce que là, on va avoir un troisième enfant, donc il y a un peu les trois ans du postpartum, donc je me dis, ça matcherait un peu avec mes 40 ans de refaire un marathon. Mais après le marathon, je me suis inscrite à un swimrun avec un copain.
- Speaker #1
c'est quoi ça swimrun ?
- Speaker #0
t'alternes portion de nage et portion de course à pied et reportion de nage et tu ne fais qu'alterner et au moment où on s'est inscrit nous on est tarés, on a pris la plus grande distance c'est en Bretagne et c'est en même temps que le triathlon de Dinard et donc on a fait un swimrun L, donc c'est 22 km de course et 5 km de natation à deux Donc, tu as une longe, donc tu es tirée.
- Speaker #1
Mais tous les deux personnes font les 22 et les 5 ? Exactement.
- Speaker #0
Et comme je nageais pas mal, je me suis dit, trop bien, la natation, ça ne sert pas à rien. Je vais pouvoir faire ce challenge et tout. J'ai adoré. C'est que du trail parce que c'est sur des collines et des falaises en Bretagne. Donc, c'est magnifique. Et ça, j'ai vraiment kiffé. C'est dur, mais ce n'est pas dur comme un marathon. Tu n'es pas seule, tu es à deux, tu peux un peu papoter et tout ça. Tu te soutiens vachement et ça, j'ai adoré et j'aimerais bien le refaire.
- Speaker #1
Ok, génial. Plus qu'un marathon limite. Ah ouais, le côté être deux.
- Speaker #0
Ouais, le côté être deux et le côté nage dans la mer en fait, en eau libre. C'est une sensation de dingue en fait. Alors que courir, c'est un peu chiant en fait au bout d'un moment. Un marathon, c'est 42 kilomètres, 195. à la fin tu cours mais c'est plus tellement agréable tu cours pour terminer la course et c'est un peu lancinant, c'est un pied devant l'autre là ce qui est génial c'est que dès que t'en as marre de nager tu repasses debout et tu te mets à courir et dès que t'en as marre de courir tu passes à longer et tu te mets à nager donc en termes de plaisir pour le corps qui est moi ma motivation première c'est le truc que j'ai préféré faire j'ai eu plus de plaisir dans mon corps à faire ce swimrun que à courir le marathon et le fait d'être deux aussi Et le fait d'être deux, ça aide vachement. C'est cool.
- Speaker #1
Mais du coup, il y a quelqu'un qui, lui, court pendant que toi, tu nages ?
- Speaker #0
Non. En fait, on a une longe, toutes les deux. On va courir deux kilomètres. Après, on va toutes les deux aller dans la mer. Vous faites la même chose en même temps. Exactement.
- Speaker #1
Je n'ai jamais entendu parler de ça.
- Speaker #0
Ah bah, écoute, si ça te tente.
- Speaker #1
Alors, je ne sais pas si j'ai les mêmes facultés que toi en natation. Je t'avoue, mais super. Et du coup... J'allais te dire, mais bon, je pense que tu y as vachement répondu. Qu'est-ce que ça t'a apporté ? Ben, énormément de choses, mais quand même sur la santé mentale et la confiance en soi, j'ai l'impression que ça a été incroyable. Oui,
- Speaker #0
en fait, quand je cours, je m'encourage. Donc ça, c'est un des seuls endroits dans ma vie où, en fait, moi, j'avoue, quand je pars courir, je ne mets pas du tout mon cerveau sur off. Au contraire, j'ai plein d'idées qui me viennent. Tous mes problèmes du quotidien, j'arrive à les analyser de manière plus froide et plus détendue. Ça met un peu de distance avec mes problèmes du quotidien. Donc en gros, ce que ça m'apporte, c'est ces encouragements de me féliciter, d'être sympa avec moi-même, de me dire c'est bien, tu continues, ce que tu fais, c'est top. C'est le seul endroit. où je me dis ça. Parce que en tant que mère de deux enfants, je me dis jamais ça. Je me dis pas, là, t'es forte avec tes enfants. Au contraire, je me dis, mais tu gueules trop, les pauvres, tu les traumatises. Enfin, pareil, en couple, il y a plein de trucs où je me dis, mais là, t'as été nulle, c'était pas du tout la manière dont il fallait le dire. Dans mon taf, pareil, je fais plein de bourdes. Il y a plein de moments où je me dis, j'aurais dû prendre le truc comme ça. Eh ben non, quand je cours,
- Speaker #1
c'est le seul endroit où je suis bienveillante envers toi-même et où tu t'encourages. C'est génial. On arrive sur un petit jeu. Je te dis un mot et tu me dis hyper rapidement ce que ça t'évoque. Irox.
- Speaker #0
Ce que ça m'évoque, si j'ai envie d'en faire ? Non.
- Speaker #1
Trop intense.
- Speaker #0
Être dans une salle où ça pue la transpi. Moi, j'ai besoin de nature, d'être dehors. Pilates. Pilates. Eh bien, Pilates, c'est horrible. Parce que c'est tellement le poids de... de ton corps et du renforcement musculaire profond. Moi, je suis nulle à ça. Enfin, vraiment. En tout cas, je me sens très nulle à ça, mais je sais que c'est indispensable et j'admire vraiment les personnes qui arrivent à tenir sur la longue durée un cours de pilates par semaine parce que c'est essentiel pour se sentir bien et bien vieillir, surtout.
- Speaker #1
Vélo dans le noir.
- Speaker #0
Dynamo. J'en ai fait une fois. J'ai détesté.
- Speaker #1
Ah ouais ? On y va.
- Speaker #0
J'ai détesté... Bon, je l'avais fait avec mon ancien taf aussi, peut-être que ça aide pas, mais non, je sais pas, j'ai pas aimé, il y a trop de... En fait, ce que j'aime bien, ce que j'aime bien dans le mouvement collectif, déjà, c'est de se voir. Donc là, c'est dans le noir, moins fan.
- Speaker #1
J'ai l'impression, moi j'en ai jamais fait, donc je peux pas trop répondre, mais que t'as vraiment les deux, t'en as qui sont hyper fans, et il y en a plein qui me disent, ah non, mais moi je suis close trop, je pouvais pas. Montre connectée.
- Speaker #0
Ouais, montre connectée, j'en ai une, moi. Ok. J'en ai une pour la natation. Je la mets pas pour courir, parce que j'ai ce travail. Mais je la mets pour la natation. Je pense que c'est avec parcimonie, quoi. C'est juste pour suivre sa performance perso.
- Speaker #1
Et bah, du coup, j'en ai un dernier souvent que je pose, mais toi, t'as répondu marathon.
- Speaker #0
Prochaine étape.
- Speaker #1
Est-ce que... J'arrive sur les petites questions de la fin. Est-ce que tu peux... Me donner le nom d'une femme dont la pratique sportive, que ce soit une sportive professionnelle ou une sportive amatrice de ton entourage ou autre, que tu connais ou que tu ne connais pas, t'a inspiré et t'inspire encore ?
- Speaker #0
J'en ai quelques-unes. Une sportive comme ça que j'adore, Laure Manodou, je l'adore. Aussi, la joie, elle essaye de faire un peu de course à pied et tout. Je trouve ça incroyable, quand tu as été championne de natation, de te dire, je prends une autre discipline et je m'y mets. Et elle a fait un documentaire trop bien. Oui, je l'ai vu. Il est génial. Il est génial. Sur Canal+,
- Speaker #1
sur un peu le...
- Speaker #0
Le poids médiatique horrible. Qui l'entourait. Exactement. Donc, ça m'a fait encore plus l'aimer. Et après, il y a une nana que je suis sur les réseaux et que je trouve géniale, qui s'appelle Lucille Woodward. et en fait elle fait des swimruns et elle fait des swimcamps donc en fait tu t'entraînes au swimrun genre tu pars en Grèce avec un groupe de nanas et ce qui est top c'est qu'elle est vraiment en mode pour les débutantes et elle donne des conseils pour les débutants et je trouve ça agréable d'avoir encore des coachs de sport qui sont pas non plus des tarés, des ayatollahs et qui prennent le truc dès le début et qui conseillent les gens en mode tu fais rien ok bah demain ajoute 5 minutes de marche à ce que tu fais d'habitude et vraiment c'est le petit pas par petit pas moi ça m'a vachement parlé et donc je l'aime bien pour les conseils qu'elle donne et peut-être un dernier truc dans les nanas qui m'inspirent c'est toutes mes copines qui depuis se sont mis à la course à pied, pas du tout à cause de moi mais parce que la course à pied c'est un truc facile tu mets tes baskets, tu pars qui du coup c'est le début, donc elle court en 7 7.30 et qui se démotive pas et qui continue et qui n'ont pas la pression de la pli, l'allure, les gens autour les comparaisons et tout,
- Speaker #1
je crois que elle c'est le podium elle court pour le plaisir et... et pour le, tu vois,
- Speaker #0
se retrouver toutes ces raisons mais elles sont quand même sur des applis où tout le monde peut voir ce qu'elles font et même si elles ont pas une allure cible tu vois, proche de ce que Toutes les nanas font, en fait, elles courent quand même et je trouve que c'est trop bien.
- Speaker #1
Mais d'ailleurs, s'il y en a que ça bride de se mettre sur Strava, qui est une appli sur laquelle on peut voir son temps et tout, moi, j'ai une appli où je peux tout voir aussi. Personne ne peut me voir. Ou tu peux en cocher, quoi. Non, mais en l'occurrence, je ne le fais pas pour ça. C'est juste que j'ai la flemme de changer d'appli et je m'en fous du chrono. Mais ça s'appelle RunKeeper. C'est juste pour savoir combien de kilomètres j'ai couru. Donc ça existe aussi et personne ne peut voir où j'ai couru, quand j'ai couru.
- Speaker #0
Moi, tu vois, c'est un peu un sujet là d'être enceinte. Forcément, mon allure de course... Ah,
- Speaker #1
donc là, tu cours enceinte ? Oui,
- Speaker #0
je cours enceinte. Donc j'ai repris le tout début de quand j'ai commencé. Donc je fais deux fois cinq kilomètres par semaine, donc 30 minutes. Et évidemment, mon allure, elle change toutes les semaines. Enfin, en fait, c'est horrible, elle s'empire. Évidemment, plus je prends du ventre, plus je cours lentement. Et tu vois... de temps en temps, j'ai un peu ces pensées de me dire là je vais mettre mon truc sur Strava bah ouais je cours plus du tout comme avant il y a une minute de différence et tout le temps j'essaie de me dire mais on s'en fout le mieux c'est quand même d'être partie de son canapé et d'y être allée quoi,
- Speaker #1
donc en fait fuck ce truc d'allure et de courir vite et puis non mais je pense franchement vu qu'il faut que ça reste un truc pour soi, je trouve que le réseau qui induit la comparaison et de se sentir mal, vu que c'est quand même le gros problème des réseaux c'est... hyper dommage. C'est super contre-productif avec le fait d'aller au sport pour se sentir mieux. Exactement. Je n'ai pas envie de me mettre à dos ce travail, mais si on sent qu'on rentre dans ce truc-là, autant ne pas y aller. Du coup, je pense que toute ton interview est en soi inspirante, mais si tu devais encourager les femmes qui nous écoutent et qui ne sont pas du tout sportives pour le moment, mais qui ont un peu envie de s'y mettre, tu leur conseillerais quel sport et à quel rythme ?
- Speaker #0
En fait, je dirais le bon sport, c'est celui qui donne envie de revenir. Donc, je dirais, premier conseil, essayez de trouver quelque chose qui vous amuse et de faire passer le plaisir en premier. Donc, il y a des nanas, c'est de la danse. D'autres, ça va être un sport où on est tout seul. D'autres, ça va être la salle. Donc, en fait, ça dépend tellement de chacun.
- Speaker #1
Et toi, d'ailleurs, c'est ça, le tennis ? Oui, c'était le jeu,
- Speaker #0
le jeu du tennis, où je n'avais pas l'impression de faire du sport. Et c'est par ça que ça a commencé. et donc je conseillerais ça de trouver ce truc là où on n'y va pas pour faire du sport on y va pour s'amuser en fait on y va pour prendre du plaisir et après petit pas par petit pas et je conseille aussi toujours la marche c'est sous coté et on l'oublie mais si tu marches une demi-heure,
- Speaker #1
une heure par jour c'est déjà du sport en soi c'est de l'activité physique si tu marches à la bonne allure clairement ok super et j'ai une petite question un peu philosophique Tout est relatif. Qu'est-ce que tu sais aujourd'hui qui t'aurait motivée à te mettre au sport si tu l'avais su avant ?
- Speaker #0
Alors moi, ça va être... C'est peut-être un peu plus perso, mais on a tous notre âme d'enfant, une part d'enfant en nous. Et je pense que moi, avec les années et tout, j'ai mis beaucoup de couches dessus, je l'ai balayée. Si on m'avait dit, cette part d'enfant, elle existe encore en toi et il faut que tu arrives à trouver le domaine dans ta vie. dans lequel tu le fais ressortir et elle va ressortir, je m'y serais mise un peu plus tôt. J'aurais essayé de jamais la perdre.
- Speaker #1
Et ça, c'est un truc dans le sport.
- Speaker #0
Oui. En fait, quand je fais vivre mon corps, je retrouve des émotions de liberté d'enfant que j'ai dans aucun domaine de ma vie. Comme une espèce de créativité dans ton corps qui s'exprime que par le mouvement. En fait.
- Speaker #1
Et bah pour finir, dernière question, question signature comme on dit, si j'avais demandé à la toile, pas qui n'avait jamais fait de sport, parce que finalement t'as toujours eu ce petit cours, mais qui se contentait entre guillemets, parce qu'en vrai c'est déjà super, mais de cette petite heure de tennis en collectif où en fait tu rattrapais pas toutes les balles et tu t'en fichais un peu, il y a combien de pourcentages de chance sur une échelle de 1 à 100 ? Que tu te mettes au sport et que tu finisses avec cette routine de 3 à 5 séances par semaine et que tu finisses par courir un marathon, t'aurais dit combien ?
- Speaker #0
Mais zéro. Si tu m'avais dit il y a 5 ans, tu vas faire un marathon, j'aurais dit, je vais vraiment changer de personnalité.
- Speaker #1
Incroyable. Super, merci beaucoup. Merci à toi. C'était génial.