- Speaker #0
Il y a celle qui gagne des médailles, pulvérise les records et font rêver les petites filles. Celle qui semble être née, basket au pied, qui faisait du sport en famille le week-end et qui annonce qu'elle prépare un marathon avec assurance et non-chalance. Et puis il y a ces femmes qui se sont mises au sport malgré le sentiment que ce n'était pas fait pour elles, malgré le manque de confiance et la peur de la première foulée, malgré la flemme et un emploi du temps déjà bien chargé. Elles vous raconteront ici comment elles s'y sont prises, ce que cela a transformé dans leur vie, et vous transmettront la bonne dose de motivation pour vous donner envie de rejoindre le club des sportives par surprise. Bienvenue dans ce podcast, je suis Alexandra, j'accompagne des sportives de haut niveau grâce aux outils de la sophrologie. Mais ici, je voulais parler à toutes les femmes qui ont envie de se mettre au sport, mais à qui il manque... la petite dose de confiance, la motivation sur la durée, ou le déclic pour dépasser certaines croyances limitantes. Je fais le pari que l'écoute de ce podcast peut être un très bon point de départ. Je raconte aussi sous forme de chronique comment je suis moi-même devenue sportive par surprise. Alors si vous voulez lire ça, je vous mets le lien en descriptif de l'épisode. Et maintenant, place à l'écoute ! Dans cet épisode, je reçois... Anna. Et comme j'ai promis de vous livrer les coulisses de ce podcast dans ces petites introductions, Anna, on se connaît, c'est une copine de crèche et d'école maintenant, puisque nos enfants ont toujours été dans la même classe. Et c'est vraiment la fille que je voyais en tenue de sport, trop belle, quasiment tous les jours. Et pour moi, c'était vraiment la quintessence de la sportive inatteignable. Et donc on est devenues copines au fil des années et quand je lui ai parlé de mon projet de podcast au tout début, elle m'a dit qu'en fait elle-même était une sportive par surprise et qu'elle n'était pas du tout sportive quand elle était jeune et qu'elle s'y était mise tardivement, encouragée par son mari très très sportif aussi. Donc je suis un peu tombée des nues, totalement même tombée des nues quand elle m'a fait cette révélation. Et j'ai eu envie de l'interviewer et de comprendre comment on peut passer de pas du tout sportive à si sportive. Je suis très heureuse de vous laisser avec cet épisode qui met aussi en valeur les personnes qui partagent notre vie et qui peuvent nous accompagner dans notre parcours sportif. Belle écoute ! Salut Anna !
- Speaker #1
Hello !
- Speaker #0
Merci d'accepter de répondre à mes questions. Est-ce que tu peux commencer par te présenter rapidement, nous dire quelques mots sur le pro, le perso ?
- Speaker #1
Bien sûr. Alors, Anna, bientôt 38 ans. Je suis ingénieure, je travaille dans la FinTech, donc finance et technologie. Je suis maman de deux enfants, bientôt 7 ans et 3 ans, Axel et Alma, et je suis mariée. Depuis bien, bien longtemps maintenant.
- Speaker #0
Depuis combien de temps ?
- Speaker #1
En 2014, donc ça fait 11 ans.
- Speaker #0
Ok. En une phrase, quelle est la place du sport dans ta vie aujourd'hui ?
- Speaker #1
Eh bien, le sport, c'est ma vie.
- Speaker #0
Ah ouais ? Oh, trop bien. J'ai hâte que tu nous racontes. Donc, le sport, c'est ta vie aujourd'hui, mais puisque le podcast s'appelle Sportif par surprise, ça n'a pas toujours été le cas. Je le sais, tu vas nous raconter. Est-ce que tu peux déjà commencer par me dire, toi, dans l'enfance, déjà, où tu as grandi ? Et si tu étais sportive ou pas du tout, si tes parents te mettaient au sport, si c'est quelque chose que tu détestais ?
- Speaker #1
Alors, j'ai grandi à Tunis. J'y ai passé la moitié de ma vie maintenant.
- Speaker #0
Est-ce que tu es arrivée en France à quel âge ?
- Speaker #1
À 19 ans. Donc, toute petite, je n'ai quasiment jamais fait de sport. Moi, je faisais de la musique qui prenait pas mal de mon temps. J'adorais ça. Et le sport, je ne m'y intéressais pas du tout en fait. Un, déjà je trouvais que c'était fatigant, que je ne comprenais pas trop l'intérêt. Et deux, j'avais des problèmes de genoux quand j'étais petite. Et du coup, je me sentais plus faible aussi. Et je pense que c'est l'une des raisons pour lesquelles je ne voulais pas en faire. Pour ne pas me sentir... Parce que j'aime bien être... très bonne dans tout ce que je fais. Et donc, en fait, comme je voyais que, voilà, je partais avec un petit handicap, c'est que je ne voulais pas en faire, en fait.
- Speaker #0
Ah ouais, pour potentiellement ne pas être la moins bonne. C'est ça. Ah, ok, intéressant. Et tes parents, déjà, en Tunisie, est-ce que c'est comme chez nous, on met les enfants, dès la primaire ou dès la maternelle même, on leur fait faire une activité physique ou culturelle, on inscrit les petites filles à la danse ou à je ne sais quoi ? C'est pareil ?
- Speaker #1
Ce n'est pas systématique. Après, moi, j'ai eu de la chance dans mon entourage. C'est vrai qu'on en faisait pas mal parce que les parents, ils pensaient que c'était important pour les enfants. Mais plus dans ma famille, en tout cas, plus les activités artistiques que sportives. Aujourd'hui, ma sœur, par exemple, qui vit toujours en Tunisie, ses enfants, ils font des activités physiques. Et aussi artistique. Après, c'est dans le privé. Ce n'est pas les mairies comme ici qui proposent des activités.
- Speaker #0
OK. Donc, c'est développé, mais un peu moins que chez nous. OK. Et du coup, tu as fait ton lycée en Tunisie, ton collège en Tunisie. C'est comme chez nous, tu avais du sport au programme et du sport même à l'équivalent du bac ?
- Speaker #1
C'est ça, oui, effectivement. Et donc, comme j'étais studieuse, je le bossais juste pour les examens. OK. Je faisais mon maximum pour avoir des bonnes notes. Après, comme je faisais bon élève, les profs m'arrangeaient, mais je n'étais pas excellente.
- Speaker #0
J'étais très,
- Speaker #1
très normale.
- Speaker #0
Et tu n'aimais pas ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Et du coup, quand tu arrives en France, comment ça se passe ? Tu es une jeune fille, tu es toute seule ?
- Speaker #1
Oui, je suis toute seule. Donc, je suis venue, j'ai commencé par Bordeaux. Donc, je n'étais pas à Paris. À Bordeaux pour faire des études d'ingénieur. Et moi, c'était la fête tout le temps, donc forcément, le sport n'avait pas du tout de place dans ma vie, à part danser le soir dans les boîtes de nuit et les bars. Et oui, ça avait continué comme ça jusqu'à ce que je monte à Paris pour mon stage de fin d'année.
- Speaker #0
T'as quel âge là ?
- Speaker #1
Là, j'avais 23 ans et j'avais rencontré Samy, du coup, mon mari actuel. Et je me plaignais pas mal de douleurs aux genoux, aux jambes, etc. Et là, un jour, il me regarde, il me dit « Non mais t'as 23 ans et tu te plains déjà de douleurs, mais qu'est-ce que ça va devenir quand tu seras un peu plus âgée, quand tu auras la cinquantaine ou plus, tu vas être sur une chaise roulante. » Et donc là, ça m'avait marquée.
- Speaker #0
Tu ne l'avais pas mal pris ?
- Speaker #1
Non, pas du tout. je savais que Il pouvait être maladroit des fois, mais non, mais je voyais ça plus, il me challengeait pour me pousser à m'activer.
- Speaker #0
Lui, il était sportif ?
- Speaker #1
Très sportif. Et aussi, tu vois, il passait pas mal de temps de ses soirées au foot ou à la piscine, etc. Donc moi aussi, je me retrouvais des fois toute seule, je me sentais abandonnée à cause d'une activité physique. Je me suis dit non, mais...
- Speaker #0
T'étais jalouse du sport ? Oui,
- Speaker #1
oui, un peu, oui. Après, j'ai... Fin. Donc là, il m'a poussé à aller à la piscine. Dans un premier temps, il m'a dit, tiens, les dimanches, je vais t'emmener à la piscine. Tu vas commencer un peu à t'activer. Je te conseille aussi de faire du vélo à la salle. Et on se donne rendez-vous dans un mois. Si jamais tu te sens mieux, tu continues. Et sinon, tu arrêtes. Et j'ai aimé. J'ai aimé. Et surtout, en fait, je n'avais plus du tout mal aux genoux. Et donc, je me suis dit, en fait, il a raison. Et c'est comme ça que ça avait commencé.
- Speaker #0
Mais t'as aimé tout de suite ?
- Speaker #1
Tout de suite, pas la piscine, c'était plutôt les cours en fait. J'ai commencé par les cours collectifs, de la danse, un peu de cardio, un peu de muscu. Et je voyais qu'il y avait une bonne ambiance. Et c'est comme ça qu'en fait j'ai aimé. Et surtout, j'avais plus les soirées toutes seules. Et je me sentais bien dans mon corps. Après, je ne me suis jamais sentie mal dans mon corps avant, pour être honnête, mais je me sentais encore mieux.
- Speaker #0
Et tu dirais que tu te sentais mieux, toi tu avais une meilleure image de ton corps, ou c'est juste que physiquement tu te sentais plus forte, moins de douleur, plus d'énergie ?
- Speaker #1
Donc déjà moins de douleur, dans un premier temps, et après je me libérais la tête, et je sentais en fait que après une journée de travail, etc. Même si ma vie à l'époque n'était pas très stressante. Mais il y avait de l'impact positif sur le stress.
- Speaker #0
Ah oui, intéressant. Et du coup, il te dit un mois après, quand vous faites votre bilan, tu lui dis « bon, je continue » .
- Speaker #1
Je dis « ouais, en fait, tu avais raison » . Même si je n'aime pas trop lui dire ça, mais il avait raison, donc je l'ai admis.
- Speaker #0
Et lui, il a réagi comment de te voir ? Et bien en fait,
- Speaker #1
il a continué à m'encourager. jusqu'à aujourd'hui en fait. Même des fois quand j'ai la flemme et ça ne m'arrive pas, souvent, il me dit tu vas faire une petite séance, tu te bouges le corps, ne serait-ce que 30 minutes, et tu vas voir, tu vas complètement changer de mood. Et c'est vrai.
- Speaker #0
C'est cool d'avoir un mec qui t'encourage comme ça, surtout que là vous avez deux enfants, donc forcément quand il te dit vas-y, va faire une séance, c'est qu'il te dit je garde les enfants.
- Speaker #1
Et ça, c'est vachement important. Et je suis reconnaissante, en fait. Parce qu'effectivement, c'est tellement... Il sait à quel point ça peut faire du bien. Donc, pour lui, garder les enfants deux heures pour que j'aille à la salle, il sait que derrière, en fait, je vais être de bonne humeur. Je vais bien m'occuper de tout le monde. Et voilà, il y aura un retour sur investissement.
- Speaker #0
C'est génial de sa part de le réaliser. Et c'est sûrement parce que... lui-même est sportif et qui sait l'impact que ça a sur son moral et son mental aussi. Est-ce que tu te rappelles, ou peut-être que t'en as pas eu, quand tu t'y es mise, du coup t'avais quel âge ? 23 ans. Est-ce que il y a eu des difficultés ou est-ce que depuis 23 ans t'en as 38 maintenant, il y a eu des moments où t'avais plus envie, où c'était difficile de te tenir à une routine ou non, ça a été tellement...
- Speaker #1
Alors au début, je me... prenait pas du tout au sérieux. C'est-à-dire que en fait, je le faisais pas en mode sérieux où je m'inscrivais à des courses ou à des compètes ou quoi que ce soit. Je faisais les cours collectifs quand j'avais le temps. Donc non, je me sentais à ma place. Après, quand j'ai commencé un peu à vouloir avoir une image de sportive avec des muscles, etc., c'est là où... C'est devenu un peu plus compliqué parce que j'avais compris que le sport tout seul ne suffit pas, il faut une discipline alimentaire. Et moi, je suis très gourmande et jusqu'à aujourd'hui, en fait, je me renseigne vachement sur le domaine de l'alimentation. J'ai vu déjà une nutritionniste une fois qui m'avait vachement aidée à me donner des astuces. Mais c'est surtout la combinaison sport-alimentation que je trouve très challengeante, en fait.
- Speaker #0
Et c'est quand que tu as voulu... Avoir ce corps de sportive et que c'est devenu important pour toi ?
- Speaker #1
Je dirais deux ou trois ans après la pratique. Parce que je me suis dit que maintenant que je vais à la salle quasiment minimum trois fois par semaine, ça serait bien d'avoir le corps athlétique qui va avec. Et donc je me suis intéressée aux filles de fitness, des influenceuses. Ça a commencé tout juste à l'époque. Et voilà, je me suis faite influencer, je l'admets.
- Speaker #0
Et c'était quelque chose de motivant pour toi ? Tu te sentais mieux dans ton corps ou au contraire c'était complexant et tu avais l'impression de courir toujours après l'image du corps « parfait » ou musclé ?
- Speaker #1
Alors, en fait, je pense que moi déjà de base, je suis quelqu'un de très dur avec moi-même. Donc, c'était un peu compliqué, j'avoue. Après, les gens, ils me font beaucoup de compliments, en fait. Et ils me disent, oui, en fait, t'es quand même de mieux en mieux foutue, bah t'as un beau corps. Surtout au fil des années, je voyais mes copines, on avait toutes de très beaux corps, la vingtaine. Et après, après les accouchements, etc., on voit qu'il y a une différence. Donc, je reçois pas mal de compliments. Mais moi, en fait, c'était pas suffisant. Jusqu'à aujourd'hui, d'ailleurs, je suis toujours dans une quête du corps parfait. Et des fois, je me dis qu'il faut arrêter. Parce que c'est énergivant. Et surtout, il faut s'accepter. Et on est toutes belles. Et je me suis dit qu'il faut que le sport soit plus un moyen pour me faire du bien plutôt que me stresser. Et surtout, je ne suis pas pro, en fait, donc pourquoi je me mets la pression ?
- Speaker #0
Et c'est quand que tu as eu cette prise de conscience ?
- Speaker #1
Eh ben, je dirais après mon deuxième accouchement. Parce qu'après mon premier accouchement, je me suis vraiment mise la pression. J'avais pris 20 kilos. Et trois mois après, j'étais plus mince qu'avant ma grossesse. Je mangeais, je pense, je ne sais pas, une pomme et un yaourt par jour, quoi. Et en fait, je ne m'acceptais pas. J'avais hâte de retrouver un corps de jeune fille. Donc, c'était assez traumatisant.
- Speaker #0
Ça, c'était après l'accouchement d'Axel, ton grand. Oui, c'est ça. Et du coup, après l'accouchement d'Alma, tu reprends 20 kilos ?
- Speaker #1
J'ai pris 13 parce que j'avais le diabète. Donc, j'ai fait attention à ce que je mangeais pendant la grossesse. Donc, j'ai fini par prendre 13 kilos. Mais après, pendant le postpartum, je me suis dit, mais je n'ai pas envie de refaire la même chose. Ce n'est pas grave si ça me prend un an ou deux pour retrouver un corps de jeune fille. J'estime aujourd'hui, je ne l'ai pas retrouvé. Mais ça te va ? Oui, ça me va parce que mon corps a changé et parce que j'ai donné aussi naissance à deux beaux enfants. Je suis contente.
- Speaker #0
Ok, c'est intéressant. Et du coup, aujourd'hui, c'est quoi ? Tu as dit, aujourd'hui, le sport, c'est ma vie. C'est quoi ta routine sportive ? Tu y vas combien de fois par semaine ? Tu fais quoi ?
- Speaker #1
Déjà, je pars du principe que si j'ai un petit créneau dans mon emploi du temps journalier, j'irai à la salle ou je fais du sport chez moi. Donc en fait, à la base, j'en ai besoin. Mon corps me le réclame, mon esprit me le réclame tous les jours. Mais en pratique, ce n'est pas comme ça que ça se passe. J'ai deux enfants, je travaille toute la journée. Donc je dirais aujourd'hui, je suis à cinq fois par semaine. Donc ce que je fais, je fais pas mal de courses à pied. Donc j'essaie de me mettre des petits challenges sportifs. Et donc forcément, quand j'ai une course, je vais préparer un tout petit peu. Donc je cours en moyenne, quand j'ai des petites courses de 10 km, deux fois par semaine. Quand c'est un peu plus long, ça va être trois fois. Et sur les deux autres jours, je fais de la musculation. Parce que j'ai besoin de me tonifier le corps pour protéger mes articulations. Je dirais deux fois muscu et trois fois cardio. Ou sinon, si je ne prépare pas une longue course, c'est deux fois de course à pied ou d'autres types de cardio aussi.
- Speaker #0
Et trois fois de muscu. Malgré les deux enfants, un boulot à plein temps, tu trouves le temps sur la pause-déjeuner, le week-end ou le soir ?
- Speaker #1
Ça peut être tout. Justement, c'est pour ça que... Je ne m'impose pas un créneau, je suis flexible. Par exemple, quand je suis en télétravail, ça dépend de mon emploi du temps. Je peux le faire tôt le matin après avoir déposé les enfants à l'école. Je peux le faire entre midi et deux. Quand je vais au boulot, aussi, je le fais entre midi et deux. J'ai de la chance parce que mon bureau est à côté du bois de Boulogne, donc je vais courir dans le bois. Ou sinon, j'ai un autre abonnement dans une salle à côté, là-bas. Donc, je vais faire de la muscu toute seule entre midi et deux. Et si je n'ai pas le temps, ni le matin, ni entre midi et deux, je vais essayer de me rattraper le soir. Je n'aime pas trop m'entraîner le soir, mais des fois, après une journée stressante, ça me fait du bien. Je ne fais pas d'entraînement intense le soir.
- Speaker #0
Ok, donc tu as deux abonnements dans deux salles de sport différentes. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Ah ouais,
- Speaker #0
c'est un budget.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et j'allais te demander, C'est quoi ton plus beau souvenir sportif ? Est-ce que c'est en rapport avec peut-être une des courses que tu as décidé de faire ?
- Speaker #1
Alors, il y a deux courses. Donc une qu'on avait faite ensemble, la course des Lumières. Et une deuxième, c'était le semi-marathon de Paris. Donc la course des Lumières, c'était après ma chirurgie. Donc en fait, j'avais enlevé une tumeur bénigne. J'avais très très peur que ça soit un cancer, pour être honnête. Donc je l'avais vraiment... Enfin, psychologiquement, c'était une période très très compliquée. Et surtout, moi qui avais donné naissance à mes enfants par voie basse, je me trouve ouverte en césarienne. Donc j'ai mis du temps à récupérer. Pour moi, c'était, on dirait, un troisième accouchement. Donc c'était très très dur psychologiquement à vivre. Et surtout, je me dis, mais en fait, je suis sportive, je fais attention à ce que je mange. Je ne comprenais pas que ça m'arrivait en fait. Donc je n'acceptais pas aussi ce qui m'était arrivé. Bon, après j'ai eu de la chance par rapport à d'autres personnes. donc je suis très contente de l'issue de tout ça maintenant le poste opératoire était compliqué parce que déjà j'étais deux mois à mobilité réduite je ne pouvais pas m'entraîner j'avais mal aux abdominaux du coup j'ai dû aussi refaire une rééducation abdominale et j'avais repris le sport trois mois après Et c'est marrant parce que j'avais acheté, après mon premier accouchement, un entraînement à la maison pour postpartum. Donc je l'avais repris. Et petit à petit, j'étais patiente et je me suis dit en fait, non mais je vais redevenir plus forte qu'avant. Et donc la course des Lumières qu'on avait faite ensemble avait un sens très important pour moi. Parce que 1, ça faisait un moment que je n'avais pas couru.
- Speaker #0
Parce que la course des Lumières, c'est pour... tous les gens qui ont le cancer. En fait, c'est une course qu'on fait à Paris. C'est un petit peu moins de 10 kilomètres et les fonds sont reversés en grande partie, je pense, à Gustave Roussy ou d'autres organismes comme ça. Et on court le soir avec des bâtons lumineux pour que ce soit une lumière dans la recherche.
- Speaker #1
Voilà, donc en fait, c'était une renaissance, on va dire. Donc, c'était très, très important pour moi. Et surtout parce que... Je mesurais la chance aussi. Et j'avais aussi envie d'être entourée de personnes qui couraient pour des gens malades. Ou même des gens qui eux-mêmes... Il y a aujourd'hui des personnes qui sont atteintes de cancer et qui continuent à avoir de l'activité physique. Et je trouve ça vraiment génial. Donc après, il y avait le semi-marathon de Paris. Donc c'était mon premier semi-marathon et il était... Un an après la course des Lumières, et du coup, voilà, moi j'avais toujours une admiration pour les gens qui courent des longues distances, parce que je trouve que la course à pied, je dirais, est l'un des sports les plus compliqués, que moi en tout cas j'avais fait. C'est challengeant à chaque pas en fait, c'est facile de courir moins vite. Mais dès que tu te mets dans un esprit compétitif, etc., où tu as envie de faire des records personnels, etc., c'est vraiment challengeant. Je trouve que ça sollicite toutes les parties du corps, donc les muscles, les articulations, les organes. Et en fait, ça t'impose aussi une discipline alimentaire et même de vie, une hygiène de vie. En fait, quand j'avais le semi-marathon, je me rappelle très bien de me coucher tôt. J'avais arrêté de boire. Sinon, je n'arrivais pas à m'entraîner déjà. Donc pendant trois mois, j'avais une discipline très, très importante. Et quand je courais, j'avais de l'estime pour moi. Je me suis dit, avant, je m'étais promise qu'un jour, je serais en fait moi sur ces rues-là, les rues de Paris ou dans une autre ville, en train de courir avec ces gens-là. Et je l'avais fait. J'étais fière de moi après tout ce que j'avais vécu. Je parlais de ma chirurgie, mais aussi de mes accouchements. C'était très émouvant de voir mon mari et mes deux enfants qui avaient fait le déplacement pour moi à Vincennes, au 12e kilomètre. Je me rappelle très bien, je les cherchais. Je savais que j'allais passer quelques secondes avec eux. Et aussi de voir la fierté dans leurs yeux, ça m'a fait énormément plaisir. Je leur avais offert la médaille d'ailleurs. Ils étaient tous contents tous les deux après.
- Speaker #0
Trop mignon. Et toi qui disais que t'étais vachement exigeante envers toi-même et que c'était dur d'arriver à avoir une bonne image de toi, là ce jour-là... Oui,
- Speaker #1
j'étais très fière.
- Speaker #0
Ok,
- Speaker #1
c'est cool.
- Speaker #0
Super beau, ça me donne envie de pleurer. Est-ce que là, il y a un challenge sportif que tu rêves de faire ?
- Speaker #1
Le marathon.
- Speaker #0
Ah ouais, c'est la prochaine étape. T'es inscrite ?
- Speaker #1
Pas encore. En fait, l'année dernière... En 2025, j'ai fait le semi, j'ai fait les 20 kilomètres de Paris. J'ai aussi pris conscience du temps que ça demande de s'entraîner pour un semi. Donc pour un marathon, ça veut dire qu'en fait, je vais doubler tout ça. Je ne te cache pas qu'avec l'emploi du temps actuel, je me suis dit, je vais prendre une année à la coule avec des petites courses, histoire de garder. l'habitude de courir, mais ça ne sera pas cette année. Je voulais souffler, je voulais que les enfants grandissent un tout petit peu plus, parce que je sais que je vais passer tous mes week-ends à m'entraîner. Les matinées de dimanche, par exemple, les sorties longues de trois heures, aujourd'hui, ce n'est pas possible.
- Speaker #0
Et c'est bien en même temps que tu arrives à canaliser, et toi qui étais toujours dans la recherche de performance, et se dire, en vrai, tu as toute la vie. C'est ça,
- Speaker #1
oui. On voit des gens qui ont 70 ans, qui sont sur les pistes.
- Speaker #0
Ok super, on va passer au jeu questions réponses express je te dis un mot et tu me dis ce que ça t'évoque sans réfléchir Irox
- Speaker #1
Intensité et partage
- Speaker #0
T'en as déjà fait ?
- Speaker #1
Je voulais m'inscrire au Grand Palais mais j'ai pas réussi à avoir des places donc là je suis sur liste d'attente
- Speaker #0
Pilates
- Speaker #1
Reformeur et douceur
- Speaker #0
Vélo dans le noir
- Speaker #1
Alors, j'aime pas ça, je suis claustrophobe
- Speaker #0
claustrophobie t'es pas la première à me répondre ça montre connectée
- Speaker #1
Garmin t'en as une ?
- Speaker #0
oui et t'aimes bien tu la mets tout le temps ?
- Speaker #1
oui maintenant tout le temps même quand je cours pas parce que je me suis habituée à voir en fait déjà par exemple le sommeil si je dors bien pas bien aussi le nombre de pas je trouve ça utile quand je suis stressée Elle te dit que t'es stressée. J'aime bien, en fait. C'est comme la relation avec Tchad GPT, maintenant.
- Speaker #0
OK. Et après, j'en avais un, mais c'était marathon. Donc, toi, tu nous as dit un jour. Est-ce que tu peux me donner le nom d'une femme, qu'il soit sportive, professionnelle ou pas du tout, dont la pratique sportive t'influence, t'a influencée, tu vois, t'a impressionnée ?
- Speaker #1
Alors, il y a Joséphine. En fait, elle est connue sur les réseaux. C'est elle qui a fait le Paris-Milan l'année dernière. Enfin, cette année, il y a quelques mois, à pied.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je ne connais pas. Elle a couru.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Elle a traversé la France et est allée jusqu'à... Jusqu'à 1000 ans et je trouvais ça très très impressionnant. Il y a aussi, on parlait de femmes, c'est marrant mais c'était la nounou d'Alma, de ma fille. Kalida qui est assistante maternelle, qui elle, elle a 5 enfants. Au moins maintenant ils sont grands mais elle s'occupe aussi de nos petits. Et elle se réveillait tous les jours à 4h du mat' pour pouvoir aller à la salle avant d'accueillir les enfants chez elle. Je trouvais ça impressionnant à son âge. Elle a la cinquantaine, elle n'est pas si vieille que ça. Mais d'ailleurs, elle est super en forme. Et j'aimerais bien, à son âge, toujours continuer à avoir cette motivation-là. Je me dis, 4h du mat', c'est quand même chaud. Mais elle me dit, vous voyez, elle a besoin de préparer à manger pour les petits qu'elle va accueillir, de ranger sa maison, etc. Et à 6h, elle est à la salle.
- Speaker #0
Incroyable.
- Speaker #1
Et des fois, le soir, elle y retourne.
- Speaker #0
Ok, bravo Kalida, j'avoue, c'est impressionnant. Si toi, tu voulais encourager les femmes qui écoutent cet épisode, tu leur conseillerais quel sport et à quel rythme, tu vois, pour commencer et pour s'y mettre ?
- Speaker #1
Alors, je pense qu'il faut faire le sport pour les bonnes raisons. Sinon, on ne peut pas en fait tenir sur la longueur. Donc en fait, les gens qui n'aiment pas la salle, je peux très bien comprendre, aller sur les machines, ne pas savoir qu'est-ce qu'il faut faire, etc. Donc il faut... trouver quelque chose qu'on aime. Ne serait-ce que marcher, en fait. C'est du sport, la marche, c'est très très bien. Il faut bouger le corps, enfin, bouger son corps. Et il y en a qui aiment la danse, il y en a qui aiment le paddle. Et pour celles qui ont du mal, je pense que c'est important de se faire accompagner. Donc, il y a plusieurs, enfin, maintenant, personnes disponibles, que ce soit en ligne ou physiquement. Et franchement, c'est pas très cher. Ouais, les coachs sportifs, oui. Voilà.
- Speaker #0
Surtout que c'est comme un service à la personne. On peut avoir un crédit d'impôt, etc.
- Speaker #1
Et même dans les salles, en fait, des fois, c'est gratuit avec l'abonnement. Donc, n'hésitez pas.
- Speaker #0
C'est vrai que dans les salles, souvent, justement, ils t'apprennent à te servir de toutes les machines où ça peut être un peu impressionnant quand tu ne le connais pas et on peut même se faire mal et tout au début. Et tu as raison. Super. Qu'est-ce que tu sais aujourd'hui qui t'aurait... motivé à te mettre au sport, tu vois, quand t'étais jeune et que ça te paraissait quelque chose dont t'avais pas envie ?
- Speaker #1
Je pense la confiance en soi, en premier. Je pense que c'est quelque chose que, déjà, mes enfants, je voudrais qu'ils fassent du sport jeune et surtout pendant l'adolescence, parce que c'est la période où, en général, on manque de confiance en soi, on est à la recherche de soi, etc. Donc, je trouve que le sport... ça te permet d'avoir confiance en toi. Il y a aussi la prévention des maladies. Aujourd'hui, malheureusement, on voit qu'on parle de cancer, mais il y a d'autres maladies comme l'Alzheimer. Dernièrement, je suis tombée sur un article qui explique que le sport permet de prévenir aussi des maladies neurologiques. Donc investissez en vous-même parce que personne ne le fera à votre place.
- Speaker #0
Ouais, t'as raison. Si j'avais demandé à la toi qui faisait rien en Tunisie, qui avait mal aux genoux, il y avait combien de pourcentages de chances que tu deviennes sportive et aussi sportive ? T'aurais dit combien de pourcents de 1 à 100 ?
- Speaker #1
Zéro, je dirais. En dessous de 1. Non, mais en fait, c'était même pas sur ma liste, quoi. Donc, pas du tout.
- Speaker #0
Donc, comme quoi... Tout est possible. Oui. Et pour tout le monde.
- Speaker #1
La vie est faite de rencontres. Donc, j'ai eu de la chance de tomber sur Samy qui m'avait sortie du lit. Et maintenant, voilà, je n'ai pas besoin de quelqu'un pour le faire.
- Speaker #0
Super. Merci beaucoup, Anna.
- Speaker #1
Merci.