Simon DesjardinsÉpisode 15 du podcast T'es correct, c'est une émission qui est spéciale. Ce que j'aurais aimé entendre quand j'étais au fond du trou. Je le fais pour toi, je le fais pour moi, pour me rappeler d'où est-ce que je viens. C'est tellement important. Puis pour toi, de donner peut-être une dose d'espoir, ou peut-être d'avoir espoir en quelqu'un que... que tu connais de près de loin. On regarde ça après ceci. Ici Simon, bienvenue sur T'es correct. Le podcast qui te parle avec authenticité, sans détour, mais surtout sans bullshit. Juste toi, moi, pis des outils pour retrouver la paix. T'aimer un peu plus, pis surtout pour te dire correct. Très heureux d'être avec toi cette semaine. Ouais, ouais, ouais, c'est un épisode qui, on pourrait dire, qui vient me toucher un petit peu. Qui vient un peu... Ouais, qui vient brasser certaines affaires. Tu sais, si tu me suis depuis longtemps, tu sais que ça fait quand même assez longtemps que j'ai fait la paix avec mon passé. Qu'aujourd'hui, je suis pas parfait, mais je suis beaucoup plus heureux, joyeux et surtout libre de qui j'ai... J'ai été à un moment de ma vie. Évidemment, quand je fais un épisode spécial comme ça, puis que ça me ramène un petit peu à hier, parce qu'on dirait que c'est hier, même si ça fait bientôt 16 ans que j'ai complètement arrêté toute consommation, mais on s'entend que ça ne fait pas 16 ans que ma vie est allée se caler aujourd'hui. J'avais envie justement de... De me ramener là, puis de t'amener là un peu, puis c'est pour ça que j'ai intitulé ce que j'aurais aimé entendre. Parce qu'évidemment, si tu ne connais pas ma vie, bien moi, j'ai été longtemps à chercher une façon d'être bien. J'ai fait huit thérapies, j'ai vu cinq psychologues. Écoute, j'en ai cherché des façons d'être bien, mon ami. Tu ne peux pas t'imaginer. Et je ne suis pas mieux que personne d'autre. Non, j'ai choisi ma propre voie. J'ai fait mes propres expériences. Mais j'avais vraiment envie de... de voir ça, puis d'en discuter avec toi. Tu sais, la première chose que j'aurais aimé entendre, puis probablement que je l'ai entendue, mais peut-être que je ne voulais pas l'entendre, parce que des fois, on est comme ça. Des fois, on a la réponse, la recette dans la face, mais des fois, on ne veut pas le voir. Tu sais, regarde, tu n'es pas tout seul, même si tu penses que oui. Même si tu penses que oui. Moi, c'est quelque chose que j'ai vécu longtemps, la solitude, même si j'étais en gang, même si j'étais entouré de gens dans ma consommation. Je me sentais tout le temps, tout le temps, au fond de moi, seul. Et j'étais persuadé que c'était vrai. Et quand j'arrête ça avec du recul aujourd'hui, c'est pas vrai que j'étais tout seul. Par contre, peu importe la dépendance qu'on prend, que ce soit alcool, drogue, jeu, sexualité, affectif, nourriture. limite, cette dépendance-là nous amène à cette solitude-là. Elle nous détruit petit à petit, petit à petit. Des fois, c'est insidieux. Des fois, on ne s'en aperçoit même pas. Des fois, on pense que c'est à cause de ça, mais c'est souvent les choix qu'on fait. Pour moi, la première chose que j'aurais aimé entendre, c'est « Hey, t'es pas tout seul. » Et je le dis à toi, t'es pas tout seul. Parce que c'est un choix de dire « Hey, » Je vais refaire ce que moi j'appelle l'isolationnisme. Ça veut dire que je vais m'isoler tout seul. Parce que même si on est entouré, on peut se sentir tout seul. Parce qu'on ne parle plus des vraies choses. On se met à nous-mêmes que ça va bien. Mais c'est tellement pas vrai. Un autre chose que j'aurais aimé entendre, c'est que t'es pas brisé. T'es simplement blessé. Il y a une grosse différence pour moi entre les deux. Parce que j'ai été longtemps me dire, mais voyons... Je suis fucké. Moi, je ne m'en sortirai jamais. Comment ça que je ne suis pas capable et que les autres sont capables à côté de moi ? Hey, tu n'es pas brisé. Tu es simplement blessé. Et une blessure, ça soigne. Une blessure, ça s'accueille. Une blessure, ça se comprend. Mais évidemment, seul, très, très, très, très, très difficile. Très difficile. Mais j'aurais aimé ça que quelqu'un me dise, hey, Simon. Tu n'es pas brisé, tu es simplement blessé. Parce que j'étais longtemps pensé que j'étais fou. Puis c'était comme rien à faire avec moi, rentrez-moi chez les fous, peu importe. Une autre chose aussi, c'est que ce que tu vis maintenant ne sera pas pour toujours. Tu sais, il y a deux mots qu'on devrait enlever du vocabulaire français. C'est les extrêmes. Toujours et jamais. Oui. Ça va-tu toujours être de même, ma vie ? Bien, si tu continues à poser les mêmes actions, oui. Si tu fais des choses différentes ? Non. Mais je peux te dire que tu n'es pas seul, que tu n'es pas brisé, puis que non, ce que tu vis présentement, ça ne sera pas toujours comme ça. Ça, je te le dis. Pourquoi ? Parce que j'ai passé par là. Parce que tu sais quoi ? Tu as le droit d'avoir mal, mais surtout sans te sentir coupable. Parce que la vie, la grande réalité, une grande vérité, et ça pour tout le monde, peu importe ce qu'on est, même tout dépendant de ce qu'on fait, elle est difficile. Chacun a ses batailles. Chacun a ses batailles. Et ça, c'est pour tout le monde. Mais on a le droit à des périodes de pas bien aller. Ouais, et c'est OK. Il faut s'accueillir là-dedans. Il faut se dire, hey, je suis correct. Ouais. C'est peut-être pas comme que j'aimerais, mais j'ai le droit aujourd'hui de pas bien aller. Tu sais, de se donner ce droit-là. C'est ça, se donner des doses d'amour. Mais surtout de pas se sentir coupable. Moi, j'ai tellement été longtemps, longtemps, longtemps me sentir coupable pour... Ma blonde pleure, je me sens coupable. Mon fils n'a pas l'air heureux, je me sens coupable. Mes parents n'ont rien à inquié, je me sens coupable. C'est comme si moi, j'étais le responsable de leur bonheur. Toujours cette culpabilité-là. Oui, évidemment, il y a des choses que j'ai faites au cours de ma vie que je n'en suis pas fier, ça c'est sûr. Fait qu'évidemment, tant qu'on ne fait pas la paix avec son passé, qu'on ne fait pas la paix avec soi, bien oui, on va avoir toujours un sentiment de culpabilité. Mais de se donner le droit, c'est... tellement important. Dis-toi une chose, peu importe ta situation aujourd'hui, dis-toi que t'es nécessaire. Dis-toi que t'as quelque chose à apporter à quelqu'un d'autre, même si tu y crois pas. Même si tu penses que toi, t'es irrécupérable, même si tu penses que toi, tu t'en sortiras jamais. Ce que t'es en train de traverser présentement va te donner tellement de force pour demain. Tu ne peux même pas t'imaginer. Moi, je dis souvent, oui, j'ai des diplômes universitaires, mais mon plus beau diplôme, c'est l'expérience de la vie. C'est la souffrance. C'est d'avoir été dans le fond. C'est d'avoir souffert affectivement. D'avoir souffert affectivement. D'avoir souffert émotionnellement. D'avoir souffert mentalement. D'avoir souffert physiquement. C'est ce qui fait en sorte que je suis capable de te comprendre. que je suis capable de savoir ce que tu as de besoin, puis surtout, quel chemin prendre. Et ça, là, ça ne s'apprend pas à l'école. Ça ne s'apprend pas dans les livres. Ça se vit. Et c'est pour ça que je te dis, peu importe, puis moi, je me souviens, je vais ouvrir une petite parenthèse, mais je me souviens, moi, je suis dans la consommation, j'étais sur le bord, parce que moi, j'étais un gars de bord, j'étais dans les bords, on ne va pas dire 24 sur 24, parce que des fois, j'allais me coucher, mais aussitôt que je suis à bout, tu m'as aidé un bord Il y a des gens qui venaient toujours s'asseoir à côté de moi et qui me demandaient... C'est comme si j'avais déjà un peu la flamme du thérapeute. La flamme de « Ah, Simon a des bons conseils. » Je ne sais pas quoi, mais j'avais ça en moi. Il y a une de mes amies encore qui m'a connue à l'époque, quand j'avais à peu près 25 ans. Même encore aujourd'hui, c'est une amie qui me dit « Même quand tu étais bien fucké, même quand tu étais bien saoul. » Mais tu étais toujours quelqu'un qui était capable de faire la part des choses et de donner quand même des bons conseils quand on te le demandait. C'est fou pareil. Alors comme je te dis, peu importe comment tu peux te sentir, peu importe où est-ce que tu es dans ton trou, dans ta souffrance aujourd'hui. Des fois, juste de s'accrocher à ça, ton histoire, ce que tu vis, tu ne peux pas t'imaginer comment ça peut aider quelqu'un. Parce qu'un jour, tu vas aider quelqu'un avec ce que tu as traversé, c'est sûr. Pourquoi que nous, les êtres humains, on avance, on chemine ? C'est parce qu'on va suivre, qu'on va écouter, qu'on va regarder des gens qui ont parti avec une même souffrance que nous, que ce soit une dépendance, une blessure, peu importe quoi, un abandon, un rejet, une humiliation, puis qui s'en ont sorti. Ça nous donne espoir que nous, avec. Et la chose la plus importante, mon ami, c'est de ne pas te comparer. ne te compare pas avec personne. Parce qu'on est chacun unique. Même si nos blessures peuvent très bien se ressembler, même si des fois, on n'a même pas le parcours. Le même parcours. Vous savez, moi, j'anime les sessions plan de match, puis évidemment, moi, je suis un alcoolique cocaïnomane. Et la majorité des gens que j'ai et que j'aide ne sont pas des alcooliques cocaïnomanes. Je dirais 50 %, peut-être. Mais on se rejoint quelque part avec les autres, l'autre 50 % de gens. Oui, parce qu'un coup que tu enlèves la dépendance, que ce soit affective, que ce soit l'alcool, il reste quoi ? Il reste un être humain. Pas brisé, mais blessé. Et c'est cette souffrance-là, souvent, qui va faire qu'on va se rejoindre. C'est cette souffrance-là qui va faire, « Hey, je te comprends. » « Moi, avec, je suis comme ça. » « Même moi, si je n'ai pas consommé, moi, avec, j'ai ce comportement-là. » Un exemple d'impulsif. « Moi, avec, je suis perfectionniste. » « Moi, avec, je suis tellement impatient sur la route. » On va se rejoindre par nos comportements qui vont faire en sorte que ce qui nous relie ensemble, nous, tous les êtres humains, c'est cette souffrance-là. Rappelle-toi de ça. Tu n'es pas seul. Tu n'es pas brisé. Tu es simplement blessé. Ce que tu vis maintenant, ce n'est pas pour toujours. Le dicton, ouais, c'est un dicton, c'est un cliché, mais c'est juste pour aujourd'hui. C'est juste pour aujourd'hui. Puis t'as le droit d'aller mal, mais t'as le droit aussi d'aller bien. Et surtout sans te sentir coupable. Enlève cette putain de culpabilité-là qui t'habite, qui te paille sur les épaules. Si tu sais pas comment, viens vers moi ou va vers quelqu'un, mais libère-toi de ça. T'as encore quelque chose à apporter dans cette humanité-là. Tu sais, moi, c'est ce qui donne un sens à ma vie aujourd'hui. C'est ce qui donne un sens à ce que je fais. C'est ce qui donne un sens de pourquoi je m'investis comme ça à aider les gens. C'est pas juste pour réparer le tort que j'ai fait. Ça, c'en est parti, oui. Mais l'autre partie, c'est que ça donne un sens à ma vie. Le pourquoi que je me lève le matin. Et surtout, le... pourquoi j'ai vécu ces souffrances-là. Alors, peu importe ce que tu vis, peu importe ce que tu as vécu, si tu m'écoutes présentement encore là, à la fin de l'épisode, c'est que tu n'as pas abandonné. Et ça, c'est une force incroyable. C'est une force immense que tu vas chercher quand tu reprends chez un 24 heures de plus. qui va dans le sens de ton bien-être, quand tu poses les actions qui vont pour te sortir de où tu es, parce que c'est correct en tabarouette, puis tu es correct peut-être d'être fatigué, d'être épuisé, d'être démoralisé, d'être écoeuré. Mais dis-toi une chose, dis-toi une chose, que tu n'es pas seul, tu n'es pas seul. Je suis là, le plan de match est là. Mais s'il te plaît, sors de ton isolationnisme. Il y a juste toi qui peux le faire et personne d'autre. Des fois, juste de m'appeler, de m'écrire, peut être le premier pas d'une grande guérison. Salut !