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TCA etc - Comprendre et lutter contre les troubles alimentaires

De la performance au piège des TCA : le parcours de Bruno E.157

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56min |29/08/2025
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Description


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Bruno est le 2e homme à venir témoigner à mon micro et le 1er à le faire sur un volet uniquement perso (cf épisode avec Jordan qui est coach sportif).
Il se livre avec lucidité sur ce qui l’a amené à développer des troubles alimentaires (d’abord très restrictifs puis compulsifs) et nous parle de ses prises de conscience et des choix très forts qu’il a du faire pour prioriser le soin.

C’est un échange d’une grande richesse que nous avons eu, encore un immense merci à toi Bruno! 


Au programme : 

Présentation de Bruno 

Le rapport à son corps et à l’alimentation durant l’enfance

Le début du trouble alimentaire

La difficile prise de conscience qu’il y a un problème

Comment il va aujourd’hui

Ce qui l’a aidé jusqu’ici

Ce que Bruno aimerait vous dire 


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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Bienvenue dans TCA, etc., le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour, parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Mitsono, et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie, les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes, et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur Flavie.mtca. Très belle écoute. Bienvenue Bruno dans le podcast. Alors attention, c'est un grand jour puisque tu es le premier homme à venir témoigner à mon micro. Donc un immense bienvenue. Oui, bien sûr, tu es le premier, tu ne savais pas.

  • Speaker #1

    Je n'ai pas encore écouté tous les podcasts.

  • Speaker #0

    Ouais, tu es le premier. Tu n'es pas du tout le seul homme à écouter le podcast, ça je le sais. Il y a un certain nombre d'hommes qui me suivent sur Insta et qui écoutent le podcast et qui peuvent m'écrire en off. J'ai aussi déjà accompagné des hommes dans mon travail, mais tu es le premier à venir témoigner et c'est trop chouette. Je suis vraiment contente que tu sois venu vers moi parce que je ne sais pas ce que tu vas me dire. Je ne connais pas ton histoire, mais ce que je sais, c'est que ça va forcément parler. à des hommes, à des femmes, à plein de monde. C'est trop bien aussi que tu viennes prendre la parole en tant qu'homme.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup, ça me fait plaisir. En vrai, je trouvais aussi que... C'est vrai que... Du coup, je reparlerai plus tard, mais je suis aussi suivi en ce moment dans un centre thérapeutique de jour. Et pareil, là-bas, je suis le seul homme, en tout cas, je sais qu'il y en a d'autres qui sont suivis ou qui, en tout cas, ont des rendez-vous, mais... qui participent aux activités, qui viennent au groupe de parole, personne, il n'y en a aucun, je suis le seul. Donc c'est vrai que c'est assez spécial pour l'instant, mais je pense que c'est quelque chose qui tend quand même à augmenter parce que je pense que les hommes ont et vont avec la société avoir de plus en plus de problèmes, pareil au niveau de TCA, rapport à l'alimentation, rapport au corps, tout ça. Et je pense que pour l'instant, juste, il y en a plein qui ont déjà des soucis, mais qui ne s'en rendent juste pas compte. Et voilà, quoi. Donc, ouais.

  • Speaker #0

    Ouais, je pense que c'est important, effectivement, de mettre en lumière. Je suis assez d'accord avec toi sur le fait que, malheureusement, je pense que la proportion d'hommes va vraiment augmenter chez les personnes qui souffrent de troubles alimentaires. Je pense que si on refait le point... et des études statistiques sur ce sujet dans 10-15 ans, ça aura explosé en fait.

  • Speaker #1

    Oui, je pense aussi. Parce qu'avec déjà tout ce qui est, tout cet avènement de la culture du corps, de la musculation, la mode, que ce soit la musculation, la course, tout le monde doit faire un marathon aujourd'hui, tout ce genre de choses, c'est quelque chose, je sais, qui moi aussi, mais encore plus les gens. plus jeunes que moi, les jeunes hommes et les jeunes femmes aussi. Les jeunes femmes aussi, pour tout le monde, c'est la même chose. Mais il y a ce besoin, la société qui te demande de devenir sportif, en plus d'être sportif limite à haut niveau, en plus d'être juste une personne normale, d'avoir un bon travail, de réussir à tous ses points de vue. Et donc, je pense, en tout cas, moi, c'est comme ça que je le vois. C'est peut-être un peu... pessimiste mais je pense qu'il y a beaucoup, il va y avoir de plus en plus de gens qui vont avoir des problèmes à cause de ça.

  • Speaker #0

    Bon on a déjà commencé à rentrer dans le sujet qui va être hyper intéressant c'est sûr mais est-ce que tu pourrais te présenter ?

  • Speaker #1

    Oui pardon.

  • Speaker #0

    Quelques mots pour que les personnes sachent un petit peu qui tu es déjà.

  • Speaker #1

    Alors du coup moi je suis, je m'appelle Bruno, je suis architecte, dessinateur de bande dessinée et Pizza Yolo aussi.

  • Speaker #0

    Trop cool. Tu fais beaucoup de choses, ça.

  • Speaker #1

    J'ai un parcours un peu spécial et ça a été un peu long avant de trouver quelque chose de stable, on va dire.

  • Speaker #0

    Ok, trop chouette. Et si tu es à mon micro aujourd'hui, c'est pour parler d'un sujet qui a dû aussi prendre de la place, en prend peut-être encore beaucoup aujourd'hui. En fait, je n'en sais rien, je vais découvrir avec les auditeurs et les auditrices. On va parler de troubles alimentaires. Tu le sais, si tu écoutes le podcast, j'aime bien faire un petit retour à l'enfance pour commencer l'échange. Et j'aimerais bien que tu me dises comment c'était toi quand tu étais un petit garçon. que ce soit dans le rapport à ton corps ou à l'alimentation, de quoi tu te souviens ?

  • Speaker #1

    Alors, ce qu'il faut savoir, et c'est une des seules choses que je, on va dire avant de faire le podcast, je ne savais pas trop comment j'allais pouvoir, on va dire, utiliser tout ça, mais c'est qu'en fait, de base, je suis quelqu'un qui n'a pas une très bonne mémoire, donc des souvenirs très clairs. Donc, par rapport aux choses de l'enfance, je me souviens de quelques trucs, mais je pense que Globalement, je ne suis pas sûr que ce soit tout juste. Mais peu importe, je vais parler de ce que j'ai moi. Par rapport aux souvenirs, on va dire qu'ils sont liés à l'alimentation. Je sais que j'ai quelque chose qui remonte quand même à il y a très longtemps. Il y a un moment, j'avais mon grand-père qui a fait une fête. Je ne sais plus exactement pourquoi, mais peu importe. Il y avait beaucoup d'invités. Et donc, beaucoup de parents et d'enfants, il y avait une table avec que des enfants, on était tous à manger. Et je me souviens de ce truc de, je sais que moi à l'époque, en fait, j'étais resté le dernier, j'étais le seul et le dernier à finir mon assiette. Là où tous les autres enfants avaient été partis jouer, ils faisaient des avions avec leurs serviettes en papier et tout. Et en fait, j'étais le seul à table à avoir tout mangé et finir mon assiette. Et je crois même que c'est quelque chose que, enfin moi j'en ai un souvenir vague du coup, mais je crois que c'est quelque chose qui a été noté par les adultes et qu'on m'a raconté après. Donc ça ce serait par rapport à la nourriture. Et par rapport à mon corps, en fait c'est assez particulier parce qu'en étant jeune, assez vite j'ai eu un peu, enfin j'ai eu un complexe par rapport à mon corps parce que j'étais très vite petit en fait. Et après, j'ai eu un retard de croissance. Donc, j'ai été suivi aussi en hôpital pour ça. Et en fait, ça a pris du temps. Et ce qui était un peu délicat, c'était que pendant longtemps, on m'a dit oui, en fait, votre croissance, elle va venir. Vous n'avez pas besoin de traitement. Mais bon, il faut quand même que vous soyez suivi parce que c'est un peu limite. Et donc, pendant longtemps, juste moi, je devais attendre. en plaçant ma confiance dans ce que me disaient les médecins. Et en attendant, je passais un peu des sales moments au collège et au lycée. Donc, je pense que ça, par rapport à mon corps, ça a été, on va dire, un bon départ d'une mauvaise relation. Oui,

  • Speaker #0

    ok. Quand tu dis que tu passais des sales moments, c'est que tu subissais des moqueries ?

  • Speaker #1

    Oui, clairement. En fait, je pense que déjà en primaire... Même si en primaire c'était assez ok, parce que j'étais petit, tout le monde n'était pas très grand non plus, mais j'étais déjà quand même dans une moyenne basse. Déjà là il y avait quelques remarques et à partir du moment où j'étais au collège, ça a commencé très vite à y avoir un bel écart quand même. Et ouais, c'est des remarques, je sais qu'il y avait des troisièmes qui venaient me voir souvent. parce que justement j'étais petit pour faire des blagues, ce genre de choses. Et puis ça, ça a continué au moins jusqu'au lycée, jusqu'en seconde.

  • Speaker #0

    Et qu'est-ce qui fait que ça s'est calmé après la seconde ?

  • Speaker #1

    Je pense qu'au lycée, les gens ont commencé à grandir un peu.

  • Speaker #0

    Oui, c'est marrant de le dire comme ça.

  • Speaker #1

    Oui, voilà.

  • Speaker #0

    Ils disaient que tu étais petit, mais c'était eux qui avaient besoin de grandir.

  • Speaker #1

    Oui, voilà. Et puis, c'était moins important. Et puis, j'ai commencé petit à petit à grandir à partir de la première, en vrai, et même un peu plus tard. En gros, première terminale, j'étais encore plus petit que quasiment tous mes camarades jusqu'au moment où après, je suis allé en études et là, j'ai fini de grandir vers entre 18 et 20 ans. C'est vraiment... Au point où, par exemple, quand je suis revenu à un certain moment et j'ai revu certains amis du lycée en se retrouvant plus tard, effectivement je les avais rattrapés et ils étaient tous surpris parce qu'ils avaient encore le fait que j'étais toujours plus petit qu'eux.

  • Speaker #0

    Ok. Tu penses que ça a joué quelque chose, tout ce que tu as vécu ? complexes que tu as développés et les moqueries que tu vivais, collège, lycée, est-ce que ça a joué quelque chose dans le rapport à toi-même d'une manière plus globale et sur ta façon de manger ? Quand est-ce qu'il y a quelque chose qui s'est un peu dérégulé dans ta manière de manger ? Tu dirais que ça a débuté à quel âge ça ?

  • Speaker #1

    En fait, on va dire que moi je ne suis pas je pense pas malade depuis... aussi longtemps que beaucoup de gens que j'ai pu croiser ou que pareil j'ai pu entendre sur ce podcast. En fait, en soi, je crois que ça fait à peu près 5 ans que vraiment j'ai des soucis, des PCA. Mais par contre, avant, jusque vers la fin de mes études d'architecture, donc jusque vers 22 ans, 23 ans, on va dire que ça allait. En fait, pendant longtemps, je pensais que je n'avais vraiment aucun problème. Et quand je vivais cette période, pour moi, il n'y avait pas de souci. Je mangeais en réalité ce que je voulais, dans les quantités que je voulais. Et je n'avais pas d'arrêt repensé par rapport à ça. Mais justement, en faisant mes suivis, ce genre de choses, dernièrement, j'ai quand même réalisé que je pense que je n'avais pas un rapport anodin à mon corps déjà à ce moment-là. et qu'il y avait déjà des soucis depuis longtemps. C'est clair que le complexe de ma taille n'est encore aujourd'hui pas réglé, même aujourd'hui je me trouve toujours très petit et j'ai encore beaucoup du mal à le vivre. En fait, je pense que c'est quelque chose qui est propre à ma personne, mais j'ai du mal à faire le deuil des choses que je fais. que je ne peux pas changer moi-même. Et c'est quelque chose que je n'arrive pas à accepter depuis très longtemps. Et je pense que ça a été, on va dire, un bon moteur de détestation corporelle, le fait d'être trop petit. Parce que du coup, en fait, au début collège, au même moment où on va dire, on commençait les moqueries et tout ça, J'ai commencé à faire des arts martiaux. Au départ, je suis tombé amoureux des arts martiaux et j'ai adoré ça. Mais très vite, j'ai cherché à être très bon. J'avais un peu le rêve de pouvoir en vivre, de devenir sportif professionnel là-dedans. alors qu'à l'époque ça n'existait pas du tout. Et du coup j'en ai fait pendant 10 ans et plus j'avançais, plus je m'imposais une discipline, on va dire dingue, jusqu'à ce que ça devienne monstrueux et que je détruise mon rapport avec ce sport-là parce que je me mettais trop de pression et j'avais plus aucun plaisir. à le pratiquer. Et encore aujourd'hui, je ne sais même pas si je pourrais le faire. Je suis désolé, je suis parti un peu dans tous les sens, j'ai l'impression, mais j'espère que c'était possible de suivre.

  • Speaker #0

    Oui, je pense. Je trouve que c'est intéressant parce que tu ouvres d'autres portes aussi, peut-être. Moi, ça me donne envie de te poser des questions quand je t'entends dire ça. Ce qui me vient tout de suite, c'est de me dire mais est-ce qu'il n'y a qu'avec ce sport-là... tu as agi comme ça ou est-ce que tu as l'impression que c'est un peu une facette de ta personnalité aussi, ce côté vivre le truc tellement jusqu'au bout, tu vois. Juste faire un peu le truc, ce n'est pas possible quoi. Il faut le faire à fond, il faut être le meilleur.

  • Speaker #1

    Ouais non, j'ai ça dans tout. En fait, au départ, à l'école, j'étais bon mais sans trop... Je ne travaillais pas non plus d'arrache-pied, je travaillais quand même assez, mais je n'avais pas cette exigence par rapport à l'école. Je crois aussi parce que je n'aimais pas spécialement ça, je ne me mettais pas trop de pression. Et en fait, cette relation que j'ai développée avec le sport, après, effectivement, ça s'est étendu dans tous les aspects de ma vie. Aujourd'hui, j'ai du mal, il faut que je fasse attention. C'est un travail que je fais, à ne pas être à ce point dans le perfectionnisme dans tout ce que je fais.

  • Speaker #0

    Et tu as des pistes d'explication de ça ? Pourquoi est-ce que tu fonctionnes comme ça ?

  • Speaker #1

    Je pense que... Alors pour moi, il y a plusieurs choses. Il y a déjà un besoin d'essayer une trace, je pense. C'est assez profond, mais je sais que depuis tout petit, j'avais eu des réflexions. Ça va paraître, je ne sais pas, un peu bête, mais en tant qu'enfant, je sais que je me disais, en fait, dans la vie... Si tu n'es pas quelqu'un comme Albert Einstein, par exemple, à partir du moment où tu meurs, tout le monde t'oublie. Et ça, je sais que j'ai eu très tôt comme réflexion. Et donc, je pense que ça, c'est quelque chose qui m'habite forcément, et qui me pousse à vouloir réussir, à vouloir trouver quelque chose, marquer un domaine ou quoi que ce soit. Et je pense qu'il y a aussi un... Il y a eu une relation un peu compliquée avec mon père et ce genre de choses qui a fait que du coup par opposition à ce qu'il était et à comment il vivait les choses, je voulais tout faire bien pour pas du tout lui ressembler. Je me suis vraiment construit pendant très longtemps. dans le rejet et dans l'opposition de mon père.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu as l'impression que c'est aussi ça qui s'est joué dans ton rapport à l'alimentation, que c'est ce perfectionnisme qui t'a fait basculer dans les troubles alimentaires ?

  • Speaker #1

    Oui je pense, clairement. De toute façon c'est quelque chose qu'on retrouve quand on parle avec des gens qui sont là. Tout le monde a un peu ce trait de caractère, même si en soi. Ce n'est même pas sûr que de base, c'est vraiment de caractère. Peut-être qu'à force, on développe juste ou en tout cas, on l'entretient aussi avec la maladie. Mais oui, c'est sûr qu'à partir du moment où un jour, en fait, comment je suis tombé dans la maladie, on va dire, puisque je faisais déjà du sport depuis très longtemps. Un jour, je me suis juste décidé, j'ai dit OK, je veux sécher un peu. Et donc à partir de ce moment-là, ça a été le début de la fin, j'ai commencé à réduire mes apports, à faire beaucoup plus de sport. Et en plus, j'avais les outils. Comme je faisais du sport depuis longtemps, je m'y connaissais quand même un tout petit peu en alimentation. Je savais comment manger correctement, manger moins ou moins calorique, on va dire. Ça a été assez facile de faire ces changements-là. Sauf qu'au départ, je ne m'en suis pas du tout rendu compte que je perdais et que ce n'était jamais assez, forcément.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce qui fait que tu avais les outils, comme tu dis, pour le sport ? J'ai bien compris que ça faisait un moment que tu étais très sportif, mais tu dis que tu avais des connaissances en nutrition. Quoi faire, comment faire, qu'est-ce qui fait que tu t'étais autant intéressé à ça ?

  • Speaker #1

    En fait, je pense que de base, je suis quand même quelqu'un de très curieux. Et en plus, comme je voulais réussir dans mon sport, être quasiment professionnel, j'ai essayé de mettre tout de mon côté. Donc, en fait, j'avais lu quand même... des choses à ce sujet là, mais pas que, je m'informais par exemple juste sur l'histoire des sports, ce genre de choses, plein de choses comme ça. Et pareil, je pense qu'en même temps que j'ai grandi, il y avait aussi cet avènement de la musculation, l'arrivée aussi du fait que l'accès à ce genre d'informations, tout ce qui est euh calories, combien de protéines tu as besoin en fonction de ton poids de corps, ce genre de choses. En fait, ça a été le moment où ça a été de plus en plus accessible, on va dire juste quand j'en avais besoin. Et comme j'étais un peu tout seul dans mon projet de réussir à ce point-là, du coup, j'étais en fait mon coach, j'étais mon... préparateur sportif, je m'occupais tout de moi tout seul donc je cherchais à... à savoir un peu tout dans tous les domaines pour pouvoir être le plus performant possible.

  • Speaker #0

    Oui, j'ai bien compris que la performance, ça avait une place importante dans tes livres à tous les niveaux. Et du coup, tu dis que tu as commencé en mode finalement dans quelque chose qui était habituel pour toi, parce que justement, tu avais déjà eu l'habitude d'aller chercher plein d'infos pour être toujours plus performant. Donc là, ce jour-là, tu t'es dit tiens, enfin si d'ailleurs, attends, avant d'aller plus loin, question quand même. Pourquoi est-ce que tu t'es dit tout d'un coup, tiens, j'aimerais sécher ? De quoi c'est parti, ça ?

  • Speaker #1

    Parce que pendant longtemps, justement, je pense qu'il y avait le fait que longtemps, je me trouvais trop petit. Et je sais que depuis que j'étais au collège, j'ai toujours trouvé qu'on ne voyait pas assez mes abdos. Et c'était quelque chose qui m'habitait. qui était là et pendant longtemps, on va dire que j'y prêtais pas spécialement attention parce que justement je considérais que mon corps était tel qu'il devait être pour le sport que je faisais et que du coup, dans une certaine mesure, son aspect était ok pour ça puisque en gros, à force de m'entraîner et tout ça, il se modulait. comme il devrait être pour qu'il soit le plus efficace. Et en fait, c'est arrivé à un moment où je remettais en question justement le fait de cette pratique. Et comme je disais, je n'avais plus autant de plaisir à en faire et tout. Et en gros, j'ai reçu ce truc de « Ah tiens, ce serait peut-être sympa qu'on voit un peu plus mes ados » . Et en fait, pour être tout à fait honnête, c'est venu aussi en même temps après un an. on va dire, j'étais amoureux de quelqu'un et ce n'était pas possible. Et du coup, je pense qu'il y a eu le besoin de retrouver du contrôle sur mon corps et de me trouver plus désirable. Donc en fait, il y a eu ces deux choses en même temps et je pense que du coup, ce n'était pas le bon côté.

  • Speaker #0

    Et tout jeune, c'est surprenant quand même, parce que les premières fois où tu t'es dit on ne voit pas assez mes abdos, tu étais tout jeune. À qui tu te comparais à ce moment-là ? Qu'est-ce qui te permettait de te dire on ne les voit pas assez mes abdos ?

  • Speaker #1

    Alors, le seul truc dont je me souviens, c'est qu'en fait, j'avais revu une photo de moi encore plus jeune, où quand j'étais plus petit, je crois que du coup j'étais assez sec. Et du coup, en voyant cette photo-là, je m'étais dit, « Ah putain, j'ai changé, c'est plus pareil. » Et de base, ça a été ça. Et puis après, forcément, je me comparais aux gens qui réussissaient dans mon sport. Et ça a été un peu des deux à force.

  • Speaker #0

    En même temps, je trouve ça hyper intéressant ce que tu as dit par rapport au sport où j'ai l'impression que ça a été un garde-fou pendant longtemps. Du coup, tu avais une forme de confiance dans ton corps. Ton objectif était le sport et tu avais confiance dans ton corps, dans le fait qu'il était comme il devait être pour cette pratique. Je trouve ça assez fou et assez génial. Et c'est fou aussi à quel point ça a changé, ça s'est un peu brisé, au moment où tu lâches un peu ce sport et du coup, hop, tu remets le focus sur ton corps. En fait, au lieu d'être dans cette confiance, là, tu reviens à un truc où tu veux le maîtriser. et le changer quoi.

  • Speaker #1

    Ouais ouais, alors c'est passé de, effectivement, comme t'as dit, une source de confiance à juste en fait un outil pour me faire souffrir quoi au final.

  • Speaker #0

    Ouais, c'est clair, ça me fait penser, tout à l'heure je disais que t'étais le premier homme à témoigner, après je me suis dit « Ah, faudrait pas qu'il prenne mal » , il y a Jordan qui avait témoigné quand même, mais Jordan qui était venu au titre de coach sportif, qui a osé parler aussi quand même de ses troubles alimentaires, ce qui était hyper courageux. mais qui venait plutôt avec un aspect professionnel. Et ce que tu dis me fait penser vachement à l'échange que j'avais eu avec lui aussi, sur un rapport au sport à la base qui est plutôt sain et porteur, et qui se transforme finalement.

  • Speaker #1

    Pareil, quand j'avais écouté son témoignage, je me retrouvais effectivement dans pas mal de choses quand même.

  • Speaker #0

    Bon, et donc du coup, tu me dis, OK, je me dis, tiens. Et si je devenais un peu plus sec, tu mets en place des outils que tu avais déjà. En fait, tu fais des choses que tu étais déjà en mesure de faire. Donc, tu es dans une sorte de maîtrise. Et il y a un moment donné où ça bascule et où tu dis au début, tu ne le sens pas. À quel moment tu comprends que tu as des troubles alimentaires et est-ce qu'il y a des gens qui ont été un peu alertés autour de toi ?

  • Speaker #1

    En fait, ça a été assez particulier parce que du coup, personne n'a vraiment vu grand chose. Maintenant, quand je revois les photos, ça se voit quand même que j'étais plus maigre, même si là, depuis, je n'ai pas encore repris tout le poids que j'avais perdu. Mais en tout cas, sur le début... ça se voyait que j'avais beaucoup perdu mais comme justement tout le monde savait que je faisais beaucoup de sport que tout ça personne s'est vraiment trop posé de questions et et en plus c'était dans un moment où je finissais mes études d'architecture donc je travaillais beaucoup et en fait juste je voyais pas beaucoup ma famille quoi je voyais des potes avec qui j'étais tous les jours mais pareil justement eux ils sont pas posés trop de questions à ce sujet là et Moi j'ai mis du temps à réaliser que j'avais ce problème là. En fait le souci c'est que j'ai été à ce... Je pense qu'au départ j'ai eu une phase d'anorexie mentale. Et donc je réduisais tous mes abords jusqu'à manger quasiment plus rien dans mes journées. Et puis je faisais quasiment un triathlon chaque matin. C'est un crèche. Mais du coup, ça n'avait vraiment aucun sens maintenant que j'y repense. Mais c'était comme ça qu'à l'époque, ça fonctionnait pour moi. Et du coup, j'ai quand même beaucoup maigri, mais assez vite. En fait, je crois que j'ai quand même eu ce truc d'avoir des compulsions. Parce que, en fait, avant, comme j'ai toujours fait beaucoup de sport, j'étais habitué à quand même manger beaucoup. et mon corps avait besoin d'énergie. Et donc les compulsions sont arrivées très vite et je me souviens quand même souvent de moments où on m'invitait au resto et je finissais des assiettes de tout le monde, je pouvais reprendre de tout et plein de choses et en fait encore une fois ça passait inaperçu parce que c'était déjà plus ou moins quelque chose que je faisais avant. Et du coup, c'est comme si rien n'avait vraiment changé. Et donc ça, c'était un peu difficile. Et forcément, ça ne m'aidait pas à me rendre compte que j'avais un souci non plus. Puisque personne ne s'en rendait compte. Pour moi, c'était difficile. Et à un moment, quand même, j'ai commencé à avoir la peau qui a commencé à jaunir. Vraiment, je n'avais plus d'énergie pour rien. Et justement, je commençais à avoir des moments de compulsion où je me sentais un peu bizarre. Je sentais vraiment que je perdais le contrôle, que je ne pouvais plus m'arrêter, que je faisais des repas qui étaient vraiment… Enfin, je sentais que ce n'était vraiment pas normal quoi. Et c'est là que j'ai commencé à me dire, bon, il y a peut-être un problème. Mais après, de là à me dire, ok, je fais peut-être de la norixie ou de la boulimie et ce genre de choses, ça a été encore vraiment plus long.

  • Speaker #0

    Oui. Et quand tu as commencé à te dire « Ok, il y a peut-être un problème » , est-ce que tout de suite tu as cherché des infos à ce sujet ? Est-ce que tu as cherché de l'aide ? Est-ce que tu en as parlé autour de toi ?

  • Speaker #1

    Au début, pas trop, non. Je crois que j'étais un peu dans le déni quand même. En fait, j'avais juste pas envie de reprendre le poids. Et j'en avais trop peur. J'en ai toujours très peur, plus aujourd'hui. mais ouais j'avais pas envie de reprendre de quoi j'avais pas et j'ai commencé à en parler petit à petit mais en fait c'était des choses qu'on pas suffit donc j'ai quand même pu faire des petits changements et avancer dans ma vie en fait mais pendant longtemps c'est resté quand même dans un rapport où ouais je fais du sport à outrance et J'avais beaucoup de contrôle dans mon alimentation, on va dire, et avec des crises, des compulsions de temps en temps. Et en gros, je pense que là, ça a été comme ça à peu près pendant 4 ans.

  • Speaker #0

    Ah ouais, quand même. Pendant 4 ans, tu étais dans cette phase restriction-compulsion où tu te dis, ouais, ok, effectivement, les phases de perte de contrôle. c'est tellement difficile en plus à vivre qu'on est un peu obligé de se dire attend il y a un truc qui va pas mais en même temps bon c'était un peu devenu ton quotidien et tu faisais avec quoi ouais c'est ça surtout qu'en plus assez vite j'ai déménagé donc j'étais loin de ma famille j'étais à l'étranger donc j'avais pas de d'accès aux soins ou en tout cas beaucoup plus difficile fin parce que du coup j'avais pas de sécurité sociale donc il fallait que je paye tout de ma poche si je voulais n'importe quelle faire n'importe quoi quel examen ou quoi que ce soit. Donc forcément ça n'aidait pas à progresser dans la guérison. Et c'est pour ça que, au bout d'un moment, il n'y a pas longtemps, j'ai dû décider de redéménager, revenir pour entamer un suivi parce que ce n'était plus possible.

  • Speaker #1

    Ok, c'est ça qui t'a fait rentrer ? Oui,

  • Speaker #0

    oui, oui. Oui, j'étais trop mal, je ne pouvais plus. Je ne pouvais plus gérer ça tout seul. Il a fallu que je rentre.

  • Speaker #1

    À qui tu en as parlé ? La question que je me pose, c'est déjà, est-ce que tu as des proches à toi qui sont au courant aujourd'hui de ce que tu vis ?

  • Speaker #0

    Oui, quasiment tout le monde dans ma famille est au courant. Ma mère, mes soeurs, mon père. D'ailleurs, quand j'ai voulu rentrer, j'ai dû prévenir mon père. Ça faisait cinq ans que j'étais malade. Il m'a dit que je n'avais rien vu. Il n'était pas au courant. Ma mère, je lui en avais parlé déjà depuis quelques temps. Donc, elle, elle savait. Mais du coup, elle ne pouvait pas faire grand-chose malgré me soutenir, on va dire par téléphone de temps en temps, quand ça n'allait vraiment pas. Et voilà, pardon, je suis désolé, je crois que j'ai oublié la question.

  • Speaker #1

    C'était de savoir si tu en avais parlé à tes proches, parce que je sais que c'est quelque chose de… de difficile.

  • Speaker #0

    Ouais, non, c'est possible.

  • Speaker #1

    Je ne peux pas m'empêcher de me dire que peut-être c'est encore plus difficile du fait d'être un homme, parce que déjà, en fait, c'est hyper répandu, les troubles alimentaires, mais ça reste assez tabou pour la majorité des gens. Et puis, c'est quand même, encore aujourd'hui, majoritairement féminin. La population qui souffre de TCA est majoritairement féminine. Et du coup, j'imagine, en tout cas, c'est ce que je promets, que moi, c'est encore plus dur d'en parler de ta place d'homme.

  • Speaker #0

    Alors je sais pas parce que je pense que pour moi ça a jamais été trop un problème parce que je sais que ma famille elle est assez à l'écoute donc j'ai pas eu trop peur de leur en parler et même mes amis que je me suis fait en école d'architecture avec qui je suis très très proche. j'ai réussi à leur en parler on va dire assez tôt je pense parce que je sais pas je suis quelqu'un quand même pas trop trop de mal à exprimer certaines choses je crois et qui sont surtout quand c'est important comme ça en fait par exemple juste pour reprendre l'exemple de mes amis d'école d'architecture en fait il y a un moment je leur ai dit écoutez il faut que je vous parle parce que Justement, il y avait une période où quand on finissait notre diplôme, j'avais des comportements bizarres. J'ai changé d'un moment à un autre. Peut-être que vous ne l'avez pas beaucoup remarqué, mais c'était ça. C'est parce que j'ai commencé à avoir des troubles du comportement alimentaire. Et ça me tenait à cœur de vous l'expliquer parce qu'on est très proches et j'avais envie que vous compreniez pourquoi j'ai peut-être été… plus forcément le même que celui que vous avez connu les années d'avant. Parce que, clairement, les troubles du comportement alimentaire, ça te change. Et je ne sais même pas si je redeviendrai normal, on va dire, une fois que je serai guéri.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Tu serais OK pour en dire davantage sur ce que ça a changé en toi, des comportements peut-être que tu as eus ? Quand tu dis « je redeviendrai normal » , du coup, qu'est-ce que… que tu vis, peut-être encore aujourd'hui, qui est anormal selon toi ?

  • Speaker #0

    C'est juste des choses bêtes, mais par exemple, aller moins en soirée, sortir moins parce que soit tu es en train de faire du sport, ou parce que tu penses que si tu bois un verre, ou si tu manges quoi que ce soit, du coup ça ne correspond pas avec ce que toi tu avais prévu. Je sais que aussi, quand je mangeais très peu, j'étais beaucoup plus... J'ai jamais été quelqu'un de colérique mais j'avais des accès d'énervement. Je sais aussi que de base je suis quelqu'un de quand même assez joyeux. qui va faire beaucoup de blagues et pendant longtemps juste la fatigue et l'épuisement que ce soit physique et mental juste a fait que genre profondément je me sens et je me sentais plus le même plus capable de d'être la personne que j'étais avant en fait parce que les troubles du comportement alimentaire prenait trop de place dans ma tête parce que j'étais épuisé à à marcher des kilomètres et des kilomètres. par jour en plus de faire 5-6 séances de muscu par semaine enfin voilà quoi des trucs complètement et ce qu'il faut savoir c'est que en plus j'ai eu des blessures en même temps donc par exemple il y a un moment où je me suis cassé une vertèbre qui n'était pas liée aux troubles du comportement alimentaire mais j'ai quand même entre guillemets réussi à maintenir le sport à outrance justement en marchant comme un dingue ou ce genre de choses. Ce qui est assez terrible, c'est que la maladie était tellement forte, alors même que je devais prendre soin de mon corps, m'arrêter, qu'il y a des moments où ce n'est pas possible.

  • Speaker #1

    Et tu as peur de jamais redevenir celui que tu es à la base ?

  • Speaker #0

    Oui, au fond, je pense un peu. Même si je pense qu'en grande partie, je vais pouvoir... on va dire me reconnecter à qui je suis vraiment mais je pense que je serai à jamais un peu changé en vrai après ce que je te souhaite c'est que tu sois à jamais changé mais en

  • Speaker #1

    gardant que le positif dans le sens où je crois sincèrement et là je vais parler de mon expérience mais pas que du nombre de personnes quand même que j'ai croisé sur le chemin là depuis 4 ans et demi On retrouve la légèreté, on retrouve la rigolade facile, les sorties et la liberté d'esprit. C'est-à-dire de ne plus du tout penser à ça. Quand tu sors, tu as profité avec tes potes et il n'y a plus de questions sur les calories dans l'alcool, dans la bouffe, tout ça. Tout ça, ça se retrouve. Par contre, là où je te rejoins, je crois que cette expérience, elle change à tout jamais. Mais ça fait mûrir de fou aussi. Tu es en thérapie et tout. Tu as déjà, là, certainement appris énormément sur toi. Et tu vas continuer. Et tu vois, tu as déjà vachement de recul sur ton fonctionnement, sur ce côté très perfectionniste, sur tout ça. Et du coup, ce que je te souhaite, franchement, c'est juste que tu ressortes de tout ça avec que le bon, c'est-à-dire, bon, ok, je me connais. Donc, il faut que je fasse gaffe à y aller mollo dès que je me lance dans un truc. Il faut que je sois attentif, assis à ça, et que le reste soit derrière toi.

  • Speaker #0

    Ouais, en fait, effectivement, déjà, merci. Mais ce qui est aussi assez dur, je trouve, pour moi, c'est que justement, j'ai l'impression quand même d'être assez clair avec mon fonctionnement et tout ça. Mais j'ai beaucoup de mal à faire changer les choses et à ne pas continuer à vivre comme ça. Donc, après, c'est pour ça que je me fais suivre, que j'ai besoin d'entamer un parcours. cours de soins sérieux parce que justement tout seul c'était vraiment pas gérable et j'arrive pas c'est même pas possible tout seul quasiment c'est hyper rare je pense de guérir des troubles du comportement alimentaire tout seul ouais je pense aussi mais

  • Speaker #1

    ce que tu dis c'est vraiment la différence entre le pourquoi et le comment et très souvent, moi je me reconnais dans ce que tu dis à l'époque où j'étais presque fatiguée d'aller chez les psys Salut ! J'arrivais, j'étais capable d'expliquer exactement pourquoi j'en étais là. Tout était limpide dans ma tête. Mais comment je peux en sortir ? Ça, j'avais l'impression que personne ne pouvait m'y aider. Tu vois le truc ? Bon, après, moi, je suis plus vieille. Je parle d'un truc d'il y a des années. Et du coup, franchement, je n'ai jamais trouvé de thérapeute spécialisé vraiment sur les troubles alimentaires. Et à l'époque, il n'y avait pas encore les TCC qui sont prouvés comme étant aujourd'hui les thérapies les plus efficaces. les thérapies cognitivo-comportementales les plus efficaces, pas pour tout mais pour les troubles des corps voilà aujourd'hui il y a vraiment des outils qui permettent d'agir sur le comment et c'est très juste ce que tu dis effectivement je pense qu'on peut tout comprendre en plus dans les TCA on a cette faculté à tout intellectualiser donc voilà, ça c'est pas le souci mais derrière c'est ok il faut passer à l'action et il faut y aller il faut prendre le risque d'y aller Et même d'y aller avec la peur, la peur de grossir, la peur de tout ce que ça pourra engendrer. Comment tu vas aujourd'hui ? Comment tu dirais que tu vas ?

  • Speaker #0

    C'est une bonne question. En fait, du coup, je suis rentré en France depuis plusieurs mois maintenant. J'ai commencé ce parcours de soins qui m'aide beaucoup. Et c'est sûr qu'il a fait changer beaucoup de choses. Mais en même temps, en tout cas pour l'instant... La maladie a beaucoup évolué on va dire et là je traverse des moments où c'est vraiment très compliqué. J'ai eu des périodes d'amélioration, j'ai même eu il n'y a pas si longtemps, peut-être il y a un mois, un mois et demi, une grosse période où pendant deux semaines j'ai fait aucune crise, j'ai mangé tout à fait normalement. Pendant ces deux semaines-là, je me disais, ça y est, je suis guéri, c'est bon. C'est comme ça d'être guéri, c'est génial, trop bien. Et depuis, j'ai une période qui est vraiment compliquée, où j'ai une grosse, grosse prudence des compulsions, avec des compensations que je ne faisais pas avant. Et donc, c'est très difficile à vivre pour moi. Mais du coup, heureusement que je suis suivi et que je vais pouvoir... continuer à essayer d'en parler. Là, il n'y a pas très longtemps, avec l'infirmière qui me suit, on a quand même évoqué le fait potentiellement de, si ça continue, d'envisager une hospitalisation quand même, juste pour être dans un cadre comment dire, beaucoup plus réglé et pouvoir avoir l'esprit. pouvoir laisser moins de place à la possibilité de faire des compulsions, ce genre de choses.

  • Speaker #1

    Ça a repéré quelque chose qui aurait pu expliquer le fait que ça rebascule comme ça ? Il y a eu quelque chose, un événement, une prise de poids, une perte de poids, un truc en lien avec le sport ?

  • Speaker #0

    En fait, j'avoue que je ne sais pas trop. Il y a eu beaucoup de choses qui sont arrivées en même temps. J'ai signé un contrat avec une maison de publication pour une bande dessinée, ce qui était mon rêve depuis petit. C'est trop bien,

  • Speaker #1

    félicitations.

  • Speaker #0

    Merci, merci beaucoup. Donc ça, ça a été incroyable et c'était de la meilleure nouvelle de mon année, j'étais très content. Mais en même temps, j'ai aussi signé un contrat pour un travail alimentaire, parce que pour l'instant, vivre... que de l'ABD, ce n'est pas possible. C'est du coup un travail qui est exigeant, qui me demande du temps. J'étais en période de probation encore jusqu'à maintenant. C'est un travail en restauration. C'est assez fatigant. Forcément, en restauration aussi, il y a le fait que la nourriture est disponible tout le temps, ce genre de choses. Et puis, je pense qu'aussi au niveau de... de mes émotions et de ce que je peux ressentir par rapport aux autres ou à moi-même. Dès qu'il y a quelque chose d'un peu fort, je ne sais pas les gérer. Donc, ça se transforme assez rapidement en crise. Et je pense que du coup, tout cet ensemble de choses qui arrivaient tout d'un coup fait que ça fait un ensemble un peu explosif. Et que du coup, là, en ce moment, dès que j'ai le moindre truc... ça part en vrille assez vite.

  • Speaker #1

    Je vois. Et puis, on n'imagine pas à quel point les bonnes nouvelles, les émotions, je ne vais pas dire positives, mais plutôt agréables, peuvent aussi être déclencheurs. Oui. Comme je vois bien chez les personnes que j'accompagne, la perte de poids est souvent plus un déclencheur qu'une prise de poids. Sur le retour des compulsions. Quand j'entends ce que tu dis sur la publication qui représente un rêve de gosse, je ne peux pas m'empêcher de me dire, qu'est-ce que c'est venu réactiver chez toi de la perfection que tu dois avoir. Aussi en lien avec ton corps, l'envie d'avoir la maîtrise de tout ça. Je peux facilement imaginer que finalement, c'est déclencher des choses un peu anxiogènes.

  • Speaker #0

    Bah ouais je pense aussi, en fait au début quand j'ai reçu la confirmation, forcément j'étais très content. Effectivement tout le monde m'a dit mais c'est trop bien et puis ça va te donner de la force par rapport à ce que tu vis et tout, ça va aller mieux. En fait c'est comme si tout d'un coup il fallait que à cause de cette nouvelle tout était réglé en fait. Et même moi je m'étais dit, pour moi ça a été aussi un moteur de recevoir cette confirmation. de publication, je m'étais dit ok, ben, c'est cool parce qu'effectivement, je peux me motiver, je peux essayer de me dire que, ok, ben, mon objectif, c'est effectivement que ça aille de mieux en mieux pour pouvoir vraiment faire la meilleure bande dessinée que je peux faire, quoi. Et, mais voilà, mais en même temps, là, c'est pas simple, quoi.

  • Speaker #1

    Mais oui, mais oui. Je trouve ça vachement difficile. Et bon, voilà, on ne peut pas en vouloir à tes proches qui ont juste envie que tu ailles mieux. Mais il y a souvent beaucoup de maladresse parce qu'il y a beaucoup de méconnaissances du trouble alimentaire. Et de dire, ben voilà, ça y est, trop bien, ça va t'aider, ça va aller mieux. Il y a une attente presque des proches que ça aille mieux, mais c'est bien plus complexe que ça. Oui,

  • Speaker #0

    et parce qu'il y a aussi le truc de ça fait des années que je travaille pour avoir un contrat comme ça. Et donc, entre guillemets, c'est ça y est, tout est réglé. Donc, maintenant, c'est bon. Tu peux vivre du dessin. Donc, tu vas être content, quoi, en fait. Et donc, si tu es content, tu n'as plus besoin d'avoir des problèmes avec l'alimentation. Il n'y a plus de souci. Tu n'as plus de problème avec ton corps. Tu n'as plus de problème avec le sport. C'est bon, c'est fini. Alors que malheureusement, ça ne marche pas comme ça.

  • Speaker #1

    Non, c'est clair. OK. Qu'est-ce qui… Comment je pourrais te demander ça ? Qu'est-ce qui t'a aidé ? jusqu'ici parce que tu as vécu pas mal de choses sur les dernières années j'ai l'impression que ça a quand même beaucoup bougé qu'est ce qui t'a aidé et qu'est ce qui c'est un peu bizarre comme question mais qu'est ce qui va t'aider tu penses à l'avenir alors

  • Speaker #0

    qu'est ce qui m'a aidé en vrai c'est un ensemble de choses forcément en parler aux gens autour de soi ça c'est je pense que forcément ça déjà ça enlève comme un poids même si tu peux pas parler de tout même si on vit des choses parfois qui sont tellement bizarre ou tellement spécial on en arrive à faire des choses tellement extrême je veux dire avec son corps que il ya certaines choses pensent qu'ils sont juste pas partageable ou c'est pas forcément souhaitable d'échanger avec des gens avec qui tu es très proche de ce genre de choses. Donc voilà, mais en tout cas, de pouvoir quand même aborder un peu le sujet, je pense que déjà, ça, ça aide. Ensuite, il y a forcément être suivi, ça, c'est le plus important pour moi. Depuis que j'ai un suivi, quand même, je pense qu'il y a beaucoup de choses qui ont changé, même s'il y a des évolutions qui sont difficiles, tout ça, en fait, je sais qu'il y a des gens derrière moi, il y a des gens à qui je... peux en parler si vraiment ça va pas comme je les évoquais tout à l'heure peut-être qu'il faudra que je me fasse hospitaliser s'il ya besoin que ça passe par ça je passerai par ça mais au moins je sais que je suis pas tout seul et je pense que ça c'est vraiment le plus important parce que c'est trop dur en fait si nous en il ya ensuite il ya ouais et aussi justement ton podcast ou d'autres, mais le tien effectivement quand je suis tombé dessus je trouvais que c'était très intéressant puisque le mix entre les témoignages et quand même les... on va dire les... enfin moi je me suis fait des fiches du coup sur ton podcast, des choses très concrètes et tout et ça ça aide pas mal je pense et voilà après je pense que en soi aussi le plus important c'est d'essayer des trucs. Moi, je sais que j'ai essayé plein de choses, qu'il y a des choses qui marchent sur un moment et qui m'aident sur un moment et qui, peut-être, le lendemain, elles ne marchent plus. Mais si déjà, ça fait que pendant quelques minutes, quelques heures, quelques jours, tu te sens mieux, c'est déjà pas mal.

  • Speaker #1

    C'est clair.

  • Speaker #0

    Et puis, voilà. Donc, qu'est-ce qui m'aidera plus tard ? J'avoue que je ne sais pas, parce que là, j'en suis quand même à un point où j'ai essayé beaucoup de choses. Et j'avoue qu'il y a un peu quand même de découragement ces derniers temps vis-à-vis de la dureté des moments. Mais comme dit, je vais essayer de continuer à essayer ce qu'on me propose et à essayer de changer des choses dans comment je vis, comment je... Je gère mes émotions, comment j'aborde mes repas, ce genre de choses. Je pense que tout n'est pas perdu, mais c'est juste que parfois, c'est dur de savoir justement ce qui va t'aider.

  • Speaker #1

    Mais est-ce qu'il y a des choses que soit les professionnels qui te suivent t'ont proposé de faire ou des choses que tu as entendues, lues et que tu n'as pas encore osé mettre en place, par exemple ?

  • Speaker #0

    Je ne crois pas pour l'instant. Pour l'instant plus ou moins tout ce que les professionnels m'ont proposé de faire j'ai dit oui et j'ai fait ou je suis en train de le faire. Et de ce que j'ai vu ou lu, pareil j'essaye. Après je ne dis pas que je le fais forcément bien tout de suite. Mais en général j'essaie de le mettre en place et souvent ça marche. C'est aussi par exemple pour ça que j'avais une période où ça allait bien.

  • Speaker #1

    mais ouais je pense que ça reviendra j'espère c'est à peu près sûr que ça va revenir t'as cette force de mettre en place les choses, d'expérimenter c'est génial c'est une force incroyable et ce que t'as vécu sur ces deux semaines où il n'y a plus de compulsion je sais à quel point c'est violent quand ça te revient en pleine figure mais ce truc là tu l'as vécu donc tu sais que ça existe tu sais que ça existe Merci. ça va revenir en fait et quoi qu'il arrive c'est génial de l'avoir expérimenté et de l'avoir vécu dans ton corps parce que du coup c'est pas juste un truc dont on te parle ou une oasis au loin comme ça,

  • Speaker #0

    une illusion non tu sais que ça existe oui c'est vraiment possible je sais que je peux y arriver effectivement c'est déjà vachement bien est-ce que t'as l'impression qu'on a fait le tour de ce dont t'avais envie de parler ou est-ce qu'il y a des trucs sur lesquels je t'ai pas emmené ? Non, en vrai, je pense qu'on a fait le tour.

  • Speaker #1

    Il y a une question que j'aime bien poser aux personnes qui viennent discuter avec moi pour terminer l'épisode, c'est de proposer de t'adresser aux personnes qui nous écoutent et qui sont peut-être dans les troubles alimentaires plus, plus, plus, qui ont peut-être déjà essayé plein de trucs ou pas encore. Enfin, peu importe, en fait, on ne sait pas qui nous écoute, on sait juste qu'il y a des chances que ce soit des gens qui n'aillent pas très bien. Qu'est-ce que tu aurais envie de leur transmettre comme message ?

  • Speaker #0

    Moi, j'ai envie de leur dire que je peux comprendre. On a tous envie d'abandonner un moment. Et j'ai rencontré des gens qui sont malades depuis tellement longtemps et avec qui c'est tellement, pour eux, une partie de leur vie qu'ils n'ont plus envie de guérir, qu'ils ne cherchent plus à guérir. Et je trouve que c'est tellement triste d'en arriver là, parce que par exemple, les personnes que j'ai rencontrées pour qui c'est ce cas-là, en fait, c'est des personnes qui sont des belles personnes, qui sont intéressantes, qui peuvent avoir des beaux sourires, qui sont gentilles et pourtant qui souffrent tellement, qui du coup... dans l'incapacité de pouvoir avancer. Donc, oui, continuer à essayer des choses et ne pas lâcher parce que c'est vraiment trop dommage. Oui.

  • Speaker #1

    Oui, ne pas lâcher. Et expérimenter. Merci, franchement, c'est top. Je suis contente que tu mettes l'accent sur l'expérimentation parce que c'est quelque chose, c'est une chose sur laquelle j'insiste beaucoup. Je sais que... Quand on souffre d'un TCA, on intellectualise beaucoup et c'est important de commencer par comprendre avec sa tête et c'est OK. Mais une fois qu'on a compris, il faut y aller, quoi. Parce que sinon, il ne se passera rien. Et je trouve ça cool que tu mettes l'accent là-dessus.

  • Speaker #0

    Merci.

  • Speaker #1

    Merci, un immense merci pour cet échange. Je suis hyper contente d'avoir discuté avec toi.

  • Speaker #0

    Merci à toi, je suis très content aussi.

  • Speaker #1

    Je suis vraiment... Je suis reconnaissante aussi du fait que toi et toutes ces autres personnes veniez vers moi pour échanger avec moi et que vous m'accordiez de la confiance aussi, que ce soit par l'écoute du podcast, mais par le fait de venir témoigner. Merci beaucoup. C'était hyper riche. Et franchement, je te souhaite tout le meilleur. Et comme on disait tout à l'heure, je te souhaite juste de garder le bon de cette étape de ta vie, parce qu'il y a du bon à en tirer, et puis de te libérer de tout le reste.

  • Speaker #0

    D'accord. Merci beaucoup, c'est très gentil, ça fait plaisir. Et merci à toi pour la plateforme et pour l'aide que tu lui as apportée. Je pense que c'est très important. Et comme nous tous, je pense que ce soit toi ou... nous qui venons témoigner, en fait, le fait qu'on se retrouve autour de ça, c'est parce qu'on a envie que les autres gens qui vivent la même chose aillent mieux et on sait à quel point ils souffrent. Et donc, c'est cool. Merci pour ça et merci d'avoir mis ça en place.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup. À bientôt. Ciao. Un grand merci à toi qui est encore là à la fin de cet épisode. Comme je te le dis souvent, ton soutien est super important. C'est même ça qui permet au podcast d'exister encore aujourd'hui. Alors, si mon contenu t'apporte de l'aide d'une quelconque manière que ce soit, sache que tu peux m'en redonner à ton tour. Pour ça, il y a plusieurs façons de faire. Tu peux tout d'abord partager le podcast, en parler autour de toi, à tes proches mais aussi à des professionnels. Tu peux laisser 5 étoiles, notamment sur Spotify ou Apple Podcast, ou laisser ton meilleur commentaire. Mais depuis peu, j'ai aussi apporté une nouveauté qui te permet de me soutenir encore plus. plus concrètement avec de l'argent. Effectivement, tu trouveras en description de cet épisode un lien qui te permettra de faire un don à la hauteur de ce que tu trouves que ce podcast t'a apporté. Merci, merci beaucoup. C'est grâce à ton soutien que ce travail va pouvoir continuer. Je te souhaite de prendre soin de toi autant que ce sera possible et je te dis à très bientôt sur un nouvel épisode. Ciao !

Chapters

  • Présentation de Bruno

    04:11

  • Le rapport à son corps et à l’alimentation durant l’enfance

    05:08

  • Le début du trouble alimentaire

    10:22

  • La difficile prise de conscience qu’il y a un problème

    25:04

  • Comment il va aujourd’hui

    39:48

  • Ce qui l’a aidé jusqu’ici

    46:49

  • Ce que Bruno aimerait vous dire

    52:36

Description


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Bruno est le 2e homme à venir témoigner à mon micro et le 1er à le faire sur un volet uniquement perso (cf épisode avec Jordan qui est coach sportif).
Il se livre avec lucidité sur ce qui l’a amené à développer des troubles alimentaires (d’abord très restrictifs puis compulsifs) et nous parle de ses prises de conscience et des choix très forts qu’il a du faire pour prioriser le soin.

C’est un échange d’une grande richesse que nous avons eu, encore un immense merci à toi Bruno! 


Au programme : 

Présentation de Bruno 

Le rapport à son corps et à l’alimentation durant l’enfance

Le début du trouble alimentaire

La difficile prise de conscience qu’il y a un problème

Comment il va aujourd’hui

Ce qui l’a aidé jusqu’ici

Ce que Bruno aimerait vous dire 


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Transcription

  • Speaker #0

    Bienvenue dans TCA, etc., le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour, parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Mitsono, et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie, les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes, et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur Flavie.mtca. Très belle écoute. Bienvenue Bruno dans le podcast. Alors attention, c'est un grand jour puisque tu es le premier homme à venir témoigner à mon micro. Donc un immense bienvenue. Oui, bien sûr, tu es le premier, tu ne savais pas.

  • Speaker #1

    Je n'ai pas encore écouté tous les podcasts.

  • Speaker #0

    Ouais, tu es le premier. Tu n'es pas du tout le seul homme à écouter le podcast, ça je le sais. Il y a un certain nombre d'hommes qui me suivent sur Insta et qui écoutent le podcast et qui peuvent m'écrire en off. J'ai aussi déjà accompagné des hommes dans mon travail, mais tu es le premier à venir témoigner et c'est trop chouette. Je suis vraiment contente que tu sois venu vers moi parce que je ne sais pas ce que tu vas me dire. Je ne connais pas ton histoire, mais ce que je sais, c'est que ça va forcément parler. à des hommes, à des femmes, à plein de monde. C'est trop bien aussi que tu viennes prendre la parole en tant qu'homme.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup, ça me fait plaisir. En vrai, je trouvais aussi que... C'est vrai que... Du coup, je reparlerai plus tard, mais je suis aussi suivi en ce moment dans un centre thérapeutique de jour. Et pareil, là-bas, je suis le seul homme, en tout cas, je sais qu'il y en a d'autres qui sont suivis ou qui, en tout cas, ont des rendez-vous, mais... qui participent aux activités, qui viennent au groupe de parole, personne, il n'y en a aucun, je suis le seul. Donc c'est vrai que c'est assez spécial pour l'instant, mais je pense que c'est quelque chose qui tend quand même à augmenter parce que je pense que les hommes ont et vont avec la société avoir de plus en plus de problèmes, pareil au niveau de TCA, rapport à l'alimentation, rapport au corps, tout ça. Et je pense que pour l'instant, juste, il y en a plein qui ont déjà des soucis, mais qui ne s'en rendent juste pas compte. Et voilà, quoi. Donc, ouais.

  • Speaker #0

    Ouais, je pense que c'est important, effectivement, de mettre en lumière. Je suis assez d'accord avec toi sur le fait que, malheureusement, je pense que la proportion d'hommes va vraiment augmenter chez les personnes qui souffrent de troubles alimentaires. Je pense que si on refait le point... et des études statistiques sur ce sujet dans 10-15 ans, ça aura explosé en fait.

  • Speaker #1

    Oui, je pense aussi. Parce qu'avec déjà tout ce qui est, tout cet avènement de la culture du corps, de la musculation, la mode, que ce soit la musculation, la course, tout le monde doit faire un marathon aujourd'hui, tout ce genre de choses, c'est quelque chose, je sais, qui moi aussi, mais encore plus les gens. plus jeunes que moi, les jeunes hommes et les jeunes femmes aussi. Les jeunes femmes aussi, pour tout le monde, c'est la même chose. Mais il y a ce besoin, la société qui te demande de devenir sportif, en plus d'être sportif limite à haut niveau, en plus d'être juste une personne normale, d'avoir un bon travail, de réussir à tous ses points de vue. Et donc, je pense, en tout cas, moi, c'est comme ça que je le vois. C'est peut-être un peu... pessimiste mais je pense qu'il y a beaucoup, il va y avoir de plus en plus de gens qui vont avoir des problèmes à cause de ça.

  • Speaker #0

    Bon on a déjà commencé à rentrer dans le sujet qui va être hyper intéressant c'est sûr mais est-ce que tu pourrais te présenter ?

  • Speaker #1

    Oui pardon.

  • Speaker #0

    Quelques mots pour que les personnes sachent un petit peu qui tu es déjà.

  • Speaker #1

    Alors du coup moi je suis, je m'appelle Bruno, je suis architecte, dessinateur de bande dessinée et Pizza Yolo aussi.

  • Speaker #0

    Trop cool. Tu fais beaucoup de choses, ça.

  • Speaker #1

    J'ai un parcours un peu spécial et ça a été un peu long avant de trouver quelque chose de stable, on va dire.

  • Speaker #0

    Ok, trop chouette. Et si tu es à mon micro aujourd'hui, c'est pour parler d'un sujet qui a dû aussi prendre de la place, en prend peut-être encore beaucoup aujourd'hui. En fait, je n'en sais rien, je vais découvrir avec les auditeurs et les auditrices. On va parler de troubles alimentaires. Tu le sais, si tu écoutes le podcast, j'aime bien faire un petit retour à l'enfance pour commencer l'échange. Et j'aimerais bien que tu me dises comment c'était toi quand tu étais un petit garçon. que ce soit dans le rapport à ton corps ou à l'alimentation, de quoi tu te souviens ?

  • Speaker #1

    Alors, ce qu'il faut savoir, et c'est une des seules choses que je, on va dire avant de faire le podcast, je ne savais pas trop comment j'allais pouvoir, on va dire, utiliser tout ça, mais c'est qu'en fait, de base, je suis quelqu'un qui n'a pas une très bonne mémoire, donc des souvenirs très clairs. Donc, par rapport aux choses de l'enfance, je me souviens de quelques trucs, mais je pense que Globalement, je ne suis pas sûr que ce soit tout juste. Mais peu importe, je vais parler de ce que j'ai moi. Par rapport aux souvenirs, on va dire qu'ils sont liés à l'alimentation. Je sais que j'ai quelque chose qui remonte quand même à il y a très longtemps. Il y a un moment, j'avais mon grand-père qui a fait une fête. Je ne sais plus exactement pourquoi, mais peu importe. Il y avait beaucoup d'invités. Et donc, beaucoup de parents et d'enfants, il y avait une table avec que des enfants, on était tous à manger. Et je me souviens de ce truc de, je sais que moi à l'époque, en fait, j'étais resté le dernier, j'étais le seul et le dernier à finir mon assiette. Là où tous les autres enfants avaient été partis jouer, ils faisaient des avions avec leurs serviettes en papier et tout. Et en fait, j'étais le seul à table à avoir tout mangé et finir mon assiette. Et je crois même que c'est quelque chose que, enfin moi j'en ai un souvenir vague du coup, mais je crois que c'est quelque chose qui a été noté par les adultes et qu'on m'a raconté après. Donc ça ce serait par rapport à la nourriture. Et par rapport à mon corps, en fait c'est assez particulier parce qu'en étant jeune, assez vite j'ai eu un peu, enfin j'ai eu un complexe par rapport à mon corps parce que j'étais très vite petit en fait. Et après, j'ai eu un retard de croissance. Donc, j'ai été suivi aussi en hôpital pour ça. Et en fait, ça a pris du temps. Et ce qui était un peu délicat, c'était que pendant longtemps, on m'a dit oui, en fait, votre croissance, elle va venir. Vous n'avez pas besoin de traitement. Mais bon, il faut quand même que vous soyez suivi parce que c'est un peu limite. Et donc, pendant longtemps, juste moi, je devais attendre. en plaçant ma confiance dans ce que me disaient les médecins. Et en attendant, je passais un peu des sales moments au collège et au lycée. Donc, je pense que ça, par rapport à mon corps, ça a été, on va dire, un bon départ d'une mauvaise relation. Oui,

  • Speaker #0

    ok. Quand tu dis que tu passais des sales moments, c'est que tu subissais des moqueries ?

  • Speaker #1

    Oui, clairement. En fait, je pense que déjà en primaire... Même si en primaire c'était assez ok, parce que j'étais petit, tout le monde n'était pas très grand non plus, mais j'étais déjà quand même dans une moyenne basse. Déjà là il y avait quelques remarques et à partir du moment où j'étais au collège, ça a commencé très vite à y avoir un bel écart quand même. Et ouais, c'est des remarques, je sais qu'il y avait des troisièmes qui venaient me voir souvent. parce que justement j'étais petit pour faire des blagues, ce genre de choses. Et puis ça, ça a continué au moins jusqu'au lycée, jusqu'en seconde.

  • Speaker #0

    Et qu'est-ce qui fait que ça s'est calmé après la seconde ?

  • Speaker #1

    Je pense qu'au lycée, les gens ont commencé à grandir un peu.

  • Speaker #0

    Oui, c'est marrant de le dire comme ça.

  • Speaker #1

    Oui, voilà.

  • Speaker #0

    Ils disaient que tu étais petit, mais c'était eux qui avaient besoin de grandir.

  • Speaker #1

    Oui, voilà. Et puis, c'était moins important. Et puis, j'ai commencé petit à petit à grandir à partir de la première, en vrai, et même un peu plus tard. En gros, première terminale, j'étais encore plus petit que quasiment tous mes camarades jusqu'au moment où après, je suis allé en études et là, j'ai fini de grandir vers entre 18 et 20 ans. C'est vraiment... Au point où, par exemple, quand je suis revenu à un certain moment et j'ai revu certains amis du lycée en se retrouvant plus tard, effectivement je les avais rattrapés et ils étaient tous surpris parce qu'ils avaient encore le fait que j'étais toujours plus petit qu'eux.

  • Speaker #0

    Ok. Tu penses que ça a joué quelque chose, tout ce que tu as vécu ? complexes que tu as développés et les moqueries que tu vivais, collège, lycée, est-ce que ça a joué quelque chose dans le rapport à toi-même d'une manière plus globale et sur ta façon de manger ? Quand est-ce qu'il y a quelque chose qui s'est un peu dérégulé dans ta manière de manger ? Tu dirais que ça a débuté à quel âge ça ?

  • Speaker #1

    En fait, on va dire que moi je ne suis pas je pense pas malade depuis... aussi longtemps que beaucoup de gens que j'ai pu croiser ou que pareil j'ai pu entendre sur ce podcast. En fait, en soi, je crois que ça fait à peu près 5 ans que vraiment j'ai des soucis, des PCA. Mais par contre, avant, jusque vers la fin de mes études d'architecture, donc jusque vers 22 ans, 23 ans, on va dire que ça allait. En fait, pendant longtemps, je pensais que je n'avais vraiment aucun problème. Et quand je vivais cette période, pour moi, il n'y avait pas de souci. Je mangeais en réalité ce que je voulais, dans les quantités que je voulais. Et je n'avais pas d'arrêt repensé par rapport à ça. Mais justement, en faisant mes suivis, ce genre de choses, dernièrement, j'ai quand même réalisé que je pense que je n'avais pas un rapport anodin à mon corps déjà à ce moment-là. et qu'il y avait déjà des soucis depuis longtemps. C'est clair que le complexe de ma taille n'est encore aujourd'hui pas réglé, même aujourd'hui je me trouve toujours très petit et j'ai encore beaucoup du mal à le vivre. En fait, je pense que c'est quelque chose qui est propre à ma personne, mais j'ai du mal à faire le deuil des choses que je fais. que je ne peux pas changer moi-même. Et c'est quelque chose que je n'arrive pas à accepter depuis très longtemps. Et je pense que ça a été, on va dire, un bon moteur de détestation corporelle, le fait d'être trop petit. Parce que du coup, en fait, au début collège, au même moment où on va dire, on commençait les moqueries et tout ça, J'ai commencé à faire des arts martiaux. Au départ, je suis tombé amoureux des arts martiaux et j'ai adoré ça. Mais très vite, j'ai cherché à être très bon. J'avais un peu le rêve de pouvoir en vivre, de devenir sportif professionnel là-dedans. alors qu'à l'époque ça n'existait pas du tout. Et du coup j'en ai fait pendant 10 ans et plus j'avançais, plus je m'imposais une discipline, on va dire dingue, jusqu'à ce que ça devienne monstrueux et que je détruise mon rapport avec ce sport-là parce que je me mettais trop de pression et j'avais plus aucun plaisir. à le pratiquer. Et encore aujourd'hui, je ne sais même pas si je pourrais le faire. Je suis désolé, je suis parti un peu dans tous les sens, j'ai l'impression, mais j'espère que c'était possible de suivre.

  • Speaker #0

    Oui, je pense. Je trouve que c'est intéressant parce que tu ouvres d'autres portes aussi, peut-être. Moi, ça me donne envie de te poser des questions quand je t'entends dire ça. Ce qui me vient tout de suite, c'est de me dire mais est-ce qu'il n'y a qu'avec ce sport-là... tu as agi comme ça ou est-ce que tu as l'impression que c'est un peu une facette de ta personnalité aussi, ce côté vivre le truc tellement jusqu'au bout, tu vois. Juste faire un peu le truc, ce n'est pas possible quoi. Il faut le faire à fond, il faut être le meilleur.

  • Speaker #1

    Ouais non, j'ai ça dans tout. En fait, au départ, à l'école, j'étais bon mais sans trop... Je ne travaillais pas non plus d'arrache-pied, je travaillais quand même assez, mais je n'avais pas cette exigence par rapport à l'école. Je crois aussi parce que je n'aimais pas spécialement ça, je ne me mettais pas trop de pression. Et en fait, cette relation que j'ai développée avec le sport, après, effectivement, ça s'est étendu dans tous les aspects de ma vie. Aujourd'hui, j'ai du mal, il faut que je fasse attention. C'est un travail que je fais, à ne pas être à ce point dans le perfectionnisme dans tout ce que je fais.

  • Speaker #0

    Et tu as des pistes d'explication de ça ? Pourquoi est-ce que tu fonctionnes comme ça ?

  • Speaker #1

    Je pense que... Alors pour moi, il y a plusieurs choses. Il y a déjà un besoin d'essayer une trace, je pense. C'est assez profond, mais je sais que depuis tout petit, j'avais eu des réflexions. Ça va paraître, je ne sais pas, un peu bête, mais en tant qu'enfant, je sais que je me disais, en fait, dans la vie... Si tu n'es pas quelqu'un comme Albert Einstein, par exemple, à partir du moment où tu meurs, tout le monde t'oublie. Et ça, je sais que j'ai eu très tôt comme réflexion. Et donc, je pense que ça, c'est quelque chose qui m'habite forcément, et qui me pousse à vouloir réussir, à vouloir trouver quelque chose, marquer un domaine ou quoi que ce soit. Et je pense qu'il y a aussi un... Il y a eu une relation un peu compliquée avec mon père et ce genre de choses qui a fait que du coup par opposition à ce qu'il était et à comment il vivait les choses, je voulais tout faire bien pour pas du tout lui ressembler. Je me suis vraiment construit pendant très longtemps. dans le rejet et dans l'opposition de mon père.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu as l'impression que c'est aussi ça qui s'est joué dans ton rapport à l'alimentation, que c'est ce perfectionnisme qui t'a fait basculer dans les troubles alimentaires ?

  • Speaker #1

    Oui je pense, clairement. De toute façon c'est quelque chose qu'on retrouve quand on parle avec des gens qui sont là. Tout le monde a un peu ce trait de caractère, même si en soi. Ce n'est même pas sûr que de base, c'est vraiment de caractère. Peut-être qu'à force, on développe juste ou en tout cas, on l'entretient aussi avec la maladie. Mais oui, c'est sûr qu'à partir du moment où un jour, en fait, comment je suis tombé dans la maladie, on va dire, puisque je faisais déjà du sport depuis très longtemps. Un jour, je me suis juste décidé, j'ai dit OK, je veux sécher un peu. Et donc à partir de ce moment-là, ça a été le début de la fin, j'ai commencé à réduire mes apports, à faire beaucoup plus de sport. Et en plus, j'avais les outils. Comme je faisais du sport depuis longtemps, je m'y connaissais quand même un tout petit peu en alimentation. Je savais comment manger correctement, manger moins ou moins calorique, on va dire. Ça a été assez facile de faire ces changements-là. Sauf qu'au départ, je ne m'en suis pas du tout rendu compte que je perdais et que ce n'était jamais assez, forcément.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce qui fait que tu avais les outils, comme tu dis, pour le sport ? J'ai bien compris que ça faisait un moment que tu étais très sportif, mais tu dis que tu avais des connaissances en nutrition. Quoi faire, comment faire, qu'est-ce qui fait que tu t'étais autant intéressé à ça ?

  • Speaker #1

    En fait, je pense que de base, je suis quand même quelqu'un de très curieux. Et en plus, comme je voulais réussir dans mon sport, être quasiment professionnel, j'ai essayé de mettre tout de mon côté. Donc, en fait, j'avais lu quand même... des choses à ce sujet là, mais pas que, je m'informais par exemple juste sur l'histoire des sports, ce genre de choses, plein de choses comme ça. Et pareil, je pense qu'en même temps que j'ai grandi, il y avait aussi cet avènement de la musculation, l'arrivée aussi du fait que l'accès à ce genre d'informations, tout ce qui est euh calories, combien de protéines tu as besoin en fonction de ton poids de corps, ce genre de choses. En fait, ça a été le moment où ça a été de plus en plus accessible, on va dire juste quand j'en avais besoin. Et comme j'étais un peu tout seul dans mon projet de réussir à ce point-là, du coup, j'étais en fait mon coach, j'étais mon... préparateur sportif, je m'occupais tout de moi tout seul donc je cherchais à... à savoir un peu tout dans tous les domaines pour pouvoir être le plus performant possible.

  • Speaker #0

    Oui, j'ai bien compris que la performance, ça avait une place importante dans tes livres à tous les niveaux. Et du coup, tu dis que tu as commencé en mode finalement dans quelque chose qui était habituel pour toi, parce que justement, tu avais déjà eu l'habitude d'aller chercher plein d'infos pour être toujours plus performant. Donc là, ce jour-là, tu t'es dit tiens, enfin si d'ailleurs, attends, avant d'aller plus loin, question quand même. Pourquoi est-ce que tu t'es dit tout d'un coup, tiens, j'aimerais sécher ? De quoi c'est parti, ça ?

  • Speaker #1

    Parce que pendant longtemps, justement, je pense qu'il y avait le fait que longtemps, je me trouvais trop petit. Et je sais que depuis que j'étais au collège, j'ai toujours trouvé qu'on ne voyait pas assez mes abdos. Et c'était quelque chose qui m'habitait. qui était là et pendant longtemps, on va dire que j'y prêtais pas spécialement attention parce que justement je considérais que mon corps était tel qu'il devait être pour le sport que je faisais et que du coup, dans une certaine mesure, son aspect était ok pour ça puisque en gros, à force de m'entraîner et tout ça, il se modulait. comme il devrait être pour qu'il soit le plus efficace. Et en fait, c'est arrivé à un moment où je remettais en question justement le fait de cette pratique. Et comme je disais, je n'avais plus autant de plaisir à en faire et tout. Et en gros, j'ai reçu ce truc de « Ah tiens, ce serait peut-être sympa qu'on voit un peu plus mes ados » . Et en fait, pour être tout à fait honnête, c'est venu aussi en même temps après un an. on va dire, j'étais amoureux de quelqu'un et ce n'était pas possible. Et du coup, je pense qu'il y a eu le besoin de retrouver du contrôle sur mon corps et de me trouver plus désirable. Donc en fait, il y a eu ces deux choses en même temps et je pense que du coup, ce n'était pas le bon côté.

  • Speaker #0

    Et tout jeune, c'est surprenant quand même, parce que les premières fois où tu t'es dit on ne voit pas assez mes abdos, tu étais tout jeune. À qui tu te comparais à ce moment-là ? Qu'est-ce qui te permettait de te dire on ne les voit pas assez mes abdos ?

  • Speaker #1

    Alors, le seul truc dont je me souviens, c'est qu'en fait, j'avais revu une photo de moi encore plus jeune, où quand j'étais plus petit, je crois que du coup j'étais assez sec. Et du coup, en voyant cette photo-là, je m'étais dit, « Ah putain, j'ai changé, c'est plus pareil. » Et de base, ça a été ça. Et puis après, forcément, je me comparais aux gens qui réussissaient dans mon sport. Et ça a été un peu des deux à force.

  • Speaker #0

    En même temps, je trouve ça hyper intéressant ce que tu as dit par rapport au sport où j'ai l'impression que ça a été un garde-fou pendant longtemps. Du coup, tu avais une forme de confiance dans ton corps. Ton objectif était le sport et tu avais confiance dans ton corps, dans le fait qu'il était comme il devait être pour cette pratique. Je trouve ça assez fou et assez génial. Et c'est fou aussi à quel point ça a changé, ça s'est un peu brisé, au moment où tu lâches un peu ce sport et du coup, hop, tu remets le focus sur ton corps. En fait, au lieu d'être dans cette confiance, là, tu reviens à un truc où tu veux le maîtriser. et le changer quoi.

  • Speaker #1

    Ouais ouais, alors c'est passé de, effectivement, comme t'as dit, une source de confiance à juste en fait un outil pour me faire souffrir quoi au final.

  • Speaker #0

    Ouais, c'est clair, ça me fait penser, tout à l'heure je disais que t'étais le premier homme à témoigner, après je me suis dit « Ah, faudrait pas qu'il prenne mal » , il y a Jordan qui avait témoigné quand même, mais Jordan qui était venu au titre de coach sportif, qui a osé parler aussi quand même de ses troubles alimentaires, ce qui était hyper courageux. mais qui venait plutôt avec un aspect professionnel. Et ce que tu dis me fait penser vachement à l'échange que j'avais eu avec lui aussi, sur un rapport au sport à la base qui est plutôt sain et porteur, et qui se transforme finalement.

  • Speaker #1

    Pareil, quand j'avais écouté son témoignage, je me retrouvais effectivement dans pas mal de choses quand même.

  • Speaker #0

    Bon, et donc du coup, tu me dis, OK, je me dis, tiens. Et si je devenais un peu plus sec, tu mets en place des outils que tu avais déjà. En fait, tu fais des choses que tu étais déjà en mesure de faire. Donc, tu es dans une sorte de maîtrise. Et il y a un moment donné où ça bascule et où tu dis au début, tu ne le sens pas. À quel moment tu comprends que tu as des troubles alimentaires et est-ce qu'il y a des gens qui ont été un peu alertés autour de toi ?

  • Speaker #1

    En fait, ça a été assez particulier parce que du coup, personne n'a vraiment vu grand chose. Maintenant, quand je revois les photos, ça se voit quand même que j'étais plus maigre, même si là, depuis, je n'ai pas encore repris tout le poids que j'avais perdu. Mais en tout cas, sur le début... ça se voyait que j'avais beaucoup perdu mais comme justement tout le monde savait que je faisais beaucoup de sport que tout ça personne s'est vraiment trop posé de questions et et en plus c'était dans un moment où je finissais mes études d'architecture donc je travaillais beaucoup et en fait juste je voyais pas beaucoup ma famille quoi je voyais des potes avec qui j'étais tous les jours mais pareil justement eux ils sont pas posés trop de questions à ce sujet là et Moi j'ai mis du temps à réaliser que j'avais ce problème là. En fait le souci c'est que j'ai été à ce... Je pense qu'au départ j'ai eu une phase d'anorexie mentale. Et donc je réduisais tous mes abords jusqu'à manger quasiment plus rien dans mes journées. Et puis je faisais quasiment un triathlon chaque matin. C'est un crèche. Mais du coup, ça n'avait vraiment aucun sens maintenant que j'y repense. Mais c'était comme ça qu'à l'époque, ça fonctionnait pour moi. Et du coup, j'ai quand même beaucoup maigri, mais assez vite. En fait, je crois que j'ai quand même eu ce truc d'avoir des compulsions. Parce que, en fait, avant, comme j'ai toujours fait beaucoup de sport, j'étais habitué à quand même manger beaucoup. et mon corps avait besoin d'énergie. Et donc les compulsions sont arrivées très vite et je me souviens quand même souvent de moments où on m'invitait au resto et je finissais des assiettes de tout le monde, je pouvais reprendre de tout et plein de choses et en fait encore une fois ça passait inaperçu parce que c'était déjà plus ou moins quelque chose que je faisais avant. Et du coup, c'est comme si rien n'avait vraiment changé. Et donc ça, c'était un peu difficile. Et forcément, ça ne m'aidait pas à me rendre compte que j'avais un souci non plus. Puisque personne ne s'en rendait compte. Pour moi, c'était difficile. Et à un moment, quand même, j'ai commencé à avoir la peau qui a commencé à jaunir. Vraiment, je n'avais plus d'énergie pour rien. Et justement, je commençais à avoir des moments de compulsion où je me sentais un peu bizarre. Je sentais vraiment que je perdais le contrôle, que je ne pouvais plus m'arrêter, que je faisais des repas qui étaient vraiment… Enfin, je sentais que ce n'était vraiment pas normal quoi. Et c'est là que j'ai commencé à me dire, bon, il y a peut-être un problème. Mais après, de là à me dire, ok, je fais peut-être de la norixie ou de la boulimie et ce genre de choses, ça a été encore vraiment plus long.

  • Speaker #0

    Oui. Et quand tu as commencé à te dire « Ok, il y a peut-être un problème » , est-ce que tout de suite tu as cherché des infos à ce sujet ? Est-ce que tu as cherché de l'aide ? Est-ce que tu en as parlé autour de toi ?

  • Speaker #1

    Au début, pas trop, non. Je crois que j'étais un peu dans le déni quand même. En fait, j'avais juste pas envie de reprendre le poids. Et j'en avais trop peur. J'en ai toujours très peur, plus aujourd'hui. mais ouais j'avais pas envie de reprendre de quoi j'avais pas et j'ai commencé à en parler petit à petit mais en fait c'était des choses qu'on pas suffit donc j'ai quand même pu faire des petits changements et avancer dans ma vie en fait mais pendant longtemps c'est resté quand même dans un rapport où ouais je fais du sport à outrance et J'avais beaucoup de contrôle dans mon alimentation, on va dire, et avec des crises, des compulsions de temps en temps. Et en gros, je pense que là, ça a été comme ça à peu près pendant 4 ans.

  • Speaker #0

    Ah ouais, quand même. Pendant 4 ans, tu étais dans cette phase restriction-compulsion où tu te dis, ouais, ok, effectivement, les phases de perte de contrôle. c'est tellement difficile en plus à vivre qu'on est un peu obligé de se dire attend il y a un truc qui va pas mais en même temps bon c'était un peu devenu ton quotidien et tu faisais avec quoi ouais c'est ça surtout qu'en plus assez vite j'ai déménagé donc j'étais loin de ma famille j'étais à l'étranger donc j'avais pas de d'accès aux soins ou en tout cas beaucoup plus difficile fin parce que du coup j'avais pas de sécurité sociale donc il fallait que je paye tout de ma poche si je voulais n'importe quelle faire n'importe quoi quel examen ou quoi que ce soit. Donc forcément ça n'aidait pas à progresser dans la guérison. Et c'est pour ça que, au bout d'un moment, il n'y a pas longtemps, j'ai dû décider de redéménager, revenir pour entamer un suivi parce que ce n'était plus possible.

  • Speaker #1

    Ok, c'est ça qui t'a fait rentrer ? Oui,

  • Speaker #0

    oui, oui. Oui, j'étais trop mal, je ne pouvais plus. Je ne pouvais plus gérer ça tout seul. Il a fallu que je rentre.

  • Speaker #1

    À qui tu en as parlé ? La question que je me pose, c'est déjà, est-ce que tu as des proches à toi qui sont au courant aujourd'hui de ce que tu vis ?

  • Speaker #0

    Oui, quasiment tout le monde dans ma famille est au courant. Ma mère, mes soeurs, mon père. D'ailleurs, quand j'ai voulu rentrer, j'ai dû prévenir mon père. Ça faisait cinq ans que j'étais malade. Il m'a dit que je n'avais rien vu. Il n'était pas au courant. Ma mère, je lui en avais parlé déjà depuis quelques temps. Donc, elle, elle savait. Mais du coup, elle ne pouvait pas faire grand-chose malgré me soutenir, on va dire par téléphone de temps en temps, quand ça n'allait vraiment pas. Et voilà, pardon, je suis désolé, je crois que j'ai oublié la question.

  • Speaker #1

    C'était de savoir si tu en avais parlé à tes proches, parce que je sais que c'est quelque chose de… de difficile.

  • Speaker #0

    Ouais, non, c'est possible.

  • Speaker #1

    Je ne peux pas m'empêcher de me dire que peut-être c'est encore plus difficile du fait d'être un homme, parce que déjà, en fait, c'est hyper répandu, les troubles alimentaires, mais ça reste assez tabou pour la majorité des gens. Et puis, c'est quand même, encore aujourd'hui, majoritairement féminin. La population qui souffre de TCA est majoritairement féminine. Et du coup, j'imagine, en tout cas, c'est ce que je promets, que moi, c'est encore plus dur d'en parler de ta place d'homme.

  • Speaker #0

    Alors je sais pas parce que je pense que pour moi ça a jamais été trop un problème parce que je sais que ma famille elle est assez à l'écoute donc j'ai pas eu trop peur de leur en parler et même mes amis que je me suis fait en école d'architecture avec qui je suis très très proche. j'ai réussi à leur en parler on va dire assez tôt je pense parce que je sais pas je suis quelqu'un quand même pas trop trop de mal à exprimer certaines choses je crois et qui sont surtout quand c'est important comme ça en fait par exemple juste pour reprendre l'exemple de mes amis d'école d'architecture en fait il y a un moment je leur ai dit écoutez il faut que je vous parle parce que Justement, il y avait une période où quand on finissait notre diplôme, j'avais des comportements bizarres. J'ai changé d'un moment à un autre. Peut-être que vous ne l'avez pas beaucoup remarqué, mais c'était ça. C'est parce que j'ai commencé à avoir des troubles du comportement alimentaire. Et ça me tenait à cœur de vous l'expliquer parce qu'on est très proches et j'avais envie que vous compreniez pourquoi j'ai peut-être été… plus forcément le même que celui que vous avez connu les années d'avant. Parce que, clairement, les troubles du comportement alimentaire, ça te change. Et je ne sais même pas si je redeviendrai normal, on va dire, une fois que je serai guéri.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Tu serais OK pour en dire davantage sur ce que ça a changé en toi, des comportements peut-être que tu as eus ? Quand tu dis « je redeviendrai normal » , du coup, qu'est-ce que… que tu vis, peut-être encore aujourd'hui, qui est anormal selon toi ?

  • Speaker #0

    C'est juste des choses bêtes, mais par exemple, aller moins en soirée, sortir moins parce que soit tu es en train de faire du sport, ou parce que tu penses que si tu bois un verre, ou si tu manges quoi que ce soit, du coup ça ne correspond pas avec ce que toi tu avais prévu. Je sais que aussi, quand je mangeais très peu, j'étais beaucoup plus... J'ai jamais été quelqu'un de colérique mais j'avais des accès d'énervement. Je sais aussi que de base je suis quelqu'un de quand même assez joyeux. qui va faire beaucoup de blagues et pendant longtemps juste la fatigue et l'épuisement que ce soit physique et mental juste a fait que genre profondément je me sens et je me sentais plus le même plus capable de d'être la personne que j'étais avant en fait parce que les troubles du comportement alimentaire prenait trop de place dans ma tête parce que j'étais épuisé à à marcher des kilomètres et des kilomètres. par jour en plus de faire 5-6 séances de muscu par semaine enfin voilà quoi des trucs complètement et ce qu'il faut savoir c'est que en plus j'ai eu des blessures en même temps donc par exemple il y a un moment où je me suis cassé une vertèbre qui n'était pas liée aux troubles du comportement alimentaire mais j'ai quand même entre guillemets réussi à maintenir le sport à outrance justement en marchant comme un dingue ou ce genre de choses. Ce qui est assez terrible, c'est que la maladie était tellement forte, alors même que je devais prendre soin de mon corps, m'arrêter, qu'il y a des moments où ce n'est pas possible.

  • Speaker #1

    Et tu as peur de jamais redevenir celui que tu es à la base ?

  • Speaker #0

    Oui, au fond, je pense un peu. Même si je pense qu'en grande partie, je vais pouvoir... on va dire me reconnecter à qui je suis vraiment mais je pense que je serai à jamais un peu changé en vrai après ce que je te souhaite c'est que tu sois à jamais changé mais en

  • Speaker #1

    gardant que le positif dans le sens où je crois sincèrement et là je vais parler de mon expérience mais pas que du nombre de personnes quand même que j'ai croisé sur le chemin là depuis 4 ans et demi On retrouve la légèreté, on retrouve la rigolade facile, les sorties et la liberté d'esprit. C'est-à-dire de ne plus du tout penser à ça. Quand tu sors, tu as profité avec tes potes et il n'y a plus de questions sur les calories dans l'alcool, dans la bouffe, tout ça. Tout ça, ça se retrouve. Par contre, là où je te rejoins, je crois que cette expérience, elle change à tout jamais. Mais ça fait mûrir de fou aussi. Tu es en thérapie et tout. Tu as déjà, là, certainement appris énormément sur toi. Et tu vas continuer. Et tu vois, tu as déjà vachement de recul sur ton fonctionnement, sur ce côté très perfectionniste, sur tout ça. Et du coup, ce que je te souhaite, franchement, c'est juste que tu ressortes de tout ça avec que le bon, c'est-à-dire, bon, ok, je me connais. Donc, il faut que je fasse gaffe à y aller mollo dès que je me lance dans un truc. Il faut que je sois attentif, assis à ça, et que le reste soit derrière toi.

  • Speaker #0

    Ouais, en fait, effectivement, déjà, merci. Mais ce qui est aussi assez dur, je trouve, pour moi, c'est que justement, j'ai l'impression quand même d'être assez clair avec mon fonctionnement et tout ça. Mais j'ai beaucoup de mal à faire changer les choses et à ne pas continuer à vivre comme ça. Donc, après, c'est pour ça que je me fais suivre, que j'ai besoin d'entamer un parcours. cours de soins sérieux parce que justement tout seul c'était vraiment pas gérable et j'arrive pas c'est même pas possible tout seul quasiment c'est hyper rare je pense de guérir des troubles du comportement alimentaire tout seul ouais je pense aussi mais

  • Speaker #1

    ce que tu dis c'est vraiment la différence entre le pourquoi et le comment et très souvent, moi je me reconnais dans ce que tu dis à l'époque où j'étais presque fatiguée d'aller chez les psys Salut ! J'arrivais, j'étais capable d'expliquer exactement pourquoi j'en étais là. Tout était limpide dans ma tête. Mais comment je peux en sortir ? Ça, j'avais l'impression que personne ne pouvait m'y aider. Tu vois le truc ? Bon, après, moi, je suis plus vieille. Je parle d'un truc d'il y a des années. Et du coup, franchement, je n'ai jamais trouvé de thérapeute spécialisé vraiment sur les troubles alimentaires. Et à l'époque, il n'y avait pas encore les TCC qui sont prouvés comme étant aujourd'hui les thérapies les plus efficaces. les thérapies cognitivo-comportementales les plus efficaces, pas pour tout mais pour les troubles des corps voilà aujourd'hui il y a vraiment des outils qui permettent d'agir sur le comment et c'est très juste ce que tu dis effectivement je pense qu'on peut tout comprendre en plus dans les TCA on a cette faculté à tout intellectualiser donc voilà, ça c'est pas le souci mais derrière c'est ok il faut passer à l'action et il faut y aller il faut prendre le risque d'y aller Et même d'y aller avec la peur, la peur de grossir, la peur de tout ce que ça pourra engendrer. Comment tu vas aujourd'hui ? Comment tu dirais que tu vas ?

  • Speaker #0

    C'est une bonne question. En fait, du coup, je suis rentré en France depuis plusieurs mois maintenant. J'ai commencé ce parcours de soins qui m'aide beaucoup. Et c'est sûr qu'il a fait changer beaucoup de choses. Mais en même temps, en tout cas pour l'instant... La maladie a beaucoup évolué on va dire et là je traverse des moments où c'est vraiment très compliqué. J'ai eu des périodes d'amélioration, j'ai même eu il n'y a pas si longtemps, peut-être il y a un mois, un mois et demi, une grosse période où pendant deux semaines j'ai fait aucune crise, j'ai mangé tout à fait normalement. Pendant ces deux semaines-là, je me disais, ça y est, je suis guéri, c'est bon. C'est comme ça d'être guéri, c'est génial, trop bien. Et depuis, j'ai une période qui est vraiment compliquée, où j'ai une grosse, grosse prudence des compulsions, avec des compensations que je ne faisais pas avant. Et donc, c'est très difficile à vivre pour moi. Mais du coup, heureusement que je suis suivi et que je vais pouvoir... continuer à essayer d'en parler. Là, il n'y a pas très longtemps, avec l'infirmière qui me suit, on a quand même évoqué le fait potentiellement de, si ça continue, d'envisager une hospitalisation quand même, juste pour être dans un cadre comment dire, beaucoup plus réglé et pouvoir avoir l'esprit. pouvoir laisser moins de place à la possibilité de faire des compulsions, ce genre de choses.

  • Speaker #1

    Ça a repéré quelque chose qui aurait pu expliquer le fait que ça rebascule comme ça ? Il y a eu quelque chose, un événement, une prise de poids, une perte de poids, un truc en lien avec le sport ?

  • Speaker #0

    En fait, j'avoue que je ne sais pas trop. Il y a eu beaucoup de choses qui sont arrivées en même temps. J'ai signé un contrat avec une maison de publication pour une bande dessinée, ce qui était mon rêve depuis petit. C'est trop bien,

  • Speaker #1

    félicitations.

  • Speaker #0

    Merci, merci beaucoup. Donc ça, ça a été incroyable et c'était de la meilleure nouvelle de mon année, j'étais très content. Mais en même temps, j'ai aussi signé un contrat pour un travail alimentaire, parce que pour l'instant, vivre... que de l'ABD, ce n'est pas possible. C'est du coup un travail qui est exigeant, qui me demande du temps. J'étais en période de probation encore jusqu'à maintenant. C'est un travail en restauration. C'est assez fatigant. Forcément, en restauration aussi, il y a le fait que la nourriture est disponible tout le temps, ce genre de choses. Et puis, je pense qu'aussi au niveau de... de mes émotions et de ce que je peux ressentir par rapport aux autres ou à moi-même. Dès qu'il y a quelque chose d'un peu fort, je ne sais pas les gérer. Donc, ça se transforme assez rapidement en crise. Et je pense que du coup, tout cet ensemble de choses qui arrivaient tout d'un coup fait que ça fait un ensemble un peu explosif. Et que du coup, là, en ce moment, dès que j'ai le moindre truc... ça part en vrille assez vite.

  • Speaker #1

    Je vois. Et puis, on n'imagine pas à quel point les bonnes nouvelles, les émotions, je ne vais pas dire positives, mais plutôt agréables, peuvent aussi être déclencheurs. Oui. Comme je vois bien chez les personnes que j'accompagne, la perte de poids est souvent plus un déclencheur qu'une prise de poids. Sur le retour des compulsions. Quand j'entends ce que tu dis sur la publication qui représente un rêve de gosse, je ne peux pas m'empêcher de me dire, qu'est-ce que c'est venu réactiver chez toi de la perfection que tu dois avoir. Aussi en lien avec ton corps, l'envie d'avoir la maîtrise de tout ça. Je peux facilement imaginer que finalement, c'est déclencher des choses un peu anxiogènes.

  • Speaker #0

    Bah ouais je pense aussi, en fait au début quand j'ai reçu la confirmation, forcément j'étais très content. Effectivement tout le monde m'a dit mais c'est trop bien et puis ça va te donner de la force par rapport à ce que tu vis et tout, ça va aller mieux. En fait c'est comme si tout d'un coup il fallait que à cause de cette nouvelle tout était réglé en fait. Et même moi je m'étais dit, pour moi ça a été aussi un moteur de recevoir cette confirmation. de publication, je m'étais dit ok, ben, c'est cool parce qu'effectivement, je peux me motiver, je peux essayer de me dire que, ok, ben, mon objectif, c'est effectivement que ça aille de mieux en mieux pour pouvoir vraiment faire la meilleure bande dessinée que je peux faire, quoi. Et, mais voilà, mais en même temps, là, c'est pas simple, quoi.

  • Speaker #1

    Mais oui, mais oui. Je trouve ça vachement difficile. Et bon, voilà, on ne peut pas en vouloir à tes proches qui ont juste envie que tu ailles mieux. Mais il y a souvent beaucoup de maladresse parce qu'il y a beaucoup de méconnaissances du trouble alimentaire. Et de dire, ben voilà, ça y est, trop bien, ça va t'aider, ça va aller mieux. Il y a une attente presque des proches que ça aille mieux, mais c'est bien plus complexe que ça. Oui,

  • Speaker #0

    et parce qu'il y a aussi le truc de ça fait des années que je travaille pour avoir un contrat comme ça. Et donc, entre guillemets, c'est ça y est, tout est réglé. Donc, maintenant, c'est bon. Tu peux vivre du dessin. Donc, tu vas être content, quoi, en fait. Et donc, si tu es content, tu n'as plus besoin d'avoir des problèmes avec l'alimentation. Il n'y a plus de souci. Tu n'as plus de problème avec ton corps. Tu n'as plus de problème avec le sport. C'est bon, c'est fini. Alors que malheureusement, ça ne marche pas comme ça.

  • Speaker #1

    Non, c'est clair. OK. Qu'est-ce qui… Comment je pourrais te demander ça ? Qu'est-ce qui t'a aidé ? jusqu'ici parce que tu as vécu pas mal de choses sur les dernières années j'ai l'impression que ça a quand même beaucoup bougé qu'est ce qui t'a aidé et qu'est ce qui c'est un peu bizarre comme question mais qu'est ce qui va t'aider tu penses à l'avenir alors

  • Speaker #0

    qu'est ce qui m'a aidé en vrai c'est un ensemble de choses forcément en parler aux gens autour de soi ça c'est je pense que forcément ça déjà ça enlève comme un poids même si tu peux pas parler de tout même si on vit des choses parfois qui sont tellement bizarre ou tellement spécial on en arrive à faire des choses tellement extrême je veux dire avec son corps que il ya certaines choses pensent qu'ils sont juste pas partageable ou c'est pas forcément souhaitable d'échanger avec des gens avec qui tu es très proche de ce genre de choses. Donc voilà, mais en tout cas, de pouvoir quand même aborder un peu le sujet, je pense que déjà, ça, ça aide. Ensuite, il y a forcément être suivi, ça, c'est le plus important pour moi. Depuis que j'ai un suivi, quand même, je pense qu'il y a beaucoup de choses qui ont changé, même s'il y a des évolutions qui sont difficiles, tout ça, en fait, je sais qu'il y a des gens derrière moi, il y a des gens à qui je... peux en parler si vraiment ça va pas comme je les évoquais tout à l'heure peut-être qu'il faudra que je me fasse hospitaliser s'il ya besoin que ça passe par ça je passerai par ça mais au moins je sais que je suis pas tout seul et je pense que ça c'est vraiment le plus important parce que c'est trop dur en fait si nous en il ya ensuite il ya ouais et aussi justement ton podcast ou d'autres, mais le tien effectivement quand je suis tombé dessus je trouvais que c'était très intéressant puisque le mix entre les témoignages et quand même les... on va dire les... enfin moi je me suis fait des fiches du coup sur ton podcast, des choses très concrètes et tout et ça ça aide pas mal je pense et voilà après je pense que en soi aussi le plus important c'est d'essayer des trucs. Moi, je sais que j'ai essayé plein de choses, qu'il y a des choses qui marchent sur un moment et qui m'aident sur un moment et qui, peut-être, le lendemain, elles ne marchent plus. Mais si déjà, ça fait que pendant quelques minutes, quelques heures, quelques jours, tu te sens mieux, c'est déjà pas mal.

  • Speaker #1

    C'est clair.

  • Speaker #0

    Et puis, voilà. Donc, qu'est-ce qui m'aidera plus tard ? J'avoue que je ne sais pas, parce que là, j'en suis quand même à un point où j'ai essayé beaucoup de choses. Et j'avoue qu'il y a un peu quand même de découragement ces derniers temps vis-à-vis de la dureté des moments. Mais comme dit, je vais essayer de continuer à essayer ce qu'on me propose et à essayer de changer des choses dans comment je vis, comment je... Je gère mes émotions, comment j'aborde mes repas, ce genre de choses. Je pense que tout n'est pas perdu, mais c'est juste que parfois, c'est dur de savoir justement ce qui va t'aider.

  • Speaker #1

    Mais est-ce qu'il y a des choses que soit les professionnels qui te suivent t'ont proposé de faire ou des choses que tu as entendues, lues et que tu n'as pas encore osé mettre en place, par exemple ?

  • Speaker #0

    Je ne crois pas pour l'instant. Pour l'instant plus ou moins tout ce que les professionnels m'ont proposé de faire j'ai dit oui et j'ai fait ou je suis en train de le faire. Et de ce que j'ai vu ou lu, pareil j'essaye. Après je ne dis pas que je le fais forcément bien tout de suite. Mais en général j'essaie de le mettre en place et souvent ça marche. C'est aussi par exemple pour ça que j'avais une période où ça allait bien.

  • Speaker #1

    mais ouais je pense que ça reviendra j'espère c'est à peu près sûr que ça va revenir t'as cette force de mettre en place les choses, d'expérimenter c'est génial c'est une force incroyable et ce que t'as vécu sur ces deux semaines où il n'y a plus de compulsion je sais à quel point c'est violent quand ça te revient en pleine figure mais ce truc là tu l'as vécu donc tu sais que ça existe tu sais que ça existe Merci. ça va revenir en fait et quoi qu'il arrive c'est génial de l'avoir expérimenté et de l'avoir vécu dans ton corps parce que du coup c'est pas juste un truc dont on te parle ou une oasis au loin comme ça,

  • Speaker #0

    une illusion non tu sais que ça existe oui c'est vraiment possible je sais que je peux y arriver effectivement c'est déjà vachement bien est-ce que t'as l'impression qu'on a fait le tour de ce dont t'avais envie de parler ou est-ce qu'il y a des trucs sur lesquels je t'ai pas emmené ? Non, en vrai, je pense qu'on a fait le tour.

  • Speaker #1

    Il y a une question que j'aime bien poser aux personnes qui viennent discuter avec moi pour terminer l'épisode, c'est de proposer de t'adresser aux personnes qui nous écoutent et qui sont peut-être dans les troubles alimentaires plus, plus, plus, qui ont peut-être déjà essayé plein de trucs ou pas encore. Enfin, peu importe, en fait, on ne sait pas qui nous écoute, on sait juste qu'il y a des chances que ce soit des gens qui n'aillent pas très bien. Qu'est-ce que tu aurais envie de leur transmettre comme message ?

  • Speaker #0

    Moi, j'ai envie de leur dire que je peux comprendre. On a tous envie d'abandonner un moment. Et j'ai rencontré des gens qui sont malades depuis tellement longtemps et avec qui c'est tellement, pour eux, une partie de leur vie qu'ils n'ont plus envie de guérir, qu'ils ne cherchent plus à guérir. Et je trouve que c'est tellement triste d'en arriver là, parce que par exemple, les personnes que j'ai rencontrées pour qui c'est ce cas-là, en fait, c'est des personnes qui sont des belles personnes, qui sont intéressantes, qui peuvent avoir des beaux sourires, qui sont gentilles et pourtant qui souffrent tellement, qui du coup... dans l'incapacité de pouvoir avancer. Donc, oui, continuer à essayer des choses et ne pas lâcher parce que c'est vraiment trop dommage. Oui.

  • Speaker #1

    Oui, ne pas lâcher. Et expérimenter. Merci, franchement, c'est top. Je suis contente que tu mettes l'accent sur l'expérimentation parce que c'est quelque chose, c'est une chose sur laquelle j'insiste beaucoup. Je sais que... Quand on souffre d'un TCA, on intellectualise beaucoup et c'est important de commencer par comprendre avec sa tête et c'est OK. Mais une fois qu'on a compris, il faut y aller, quoi. Parce que sinon, il ne se passera rien. Et je trouve ça cool que tu mettes l'accent là-dessus.

  • Speaker #0

    Merci.

  • Speaker #1

    Merci, un immense merci pour cet échange. Je suis hyper contente d'avoir discuté avec toi.

  • Speaker #0

    Merci à toi, je suis très content aussi.

  • Speaker #1

    Je suis vraiment... Je suis reconnaissante aussi du fait que toi et toutes ces autres personnes veniez vers moi pour échanger avec moi et que vous m'accordiez de la confiance aussi, que ce soit par l'écoute du podcast, mais par le fait de venir témoigner. Merci beaucoup. C'était hyper riche. Et franchement, je te souhaite tout le meilleur. Et comme on disait tout à l'heure, je te souhaite juste de garder le bon de cette étape de ta vie, parce qu'il y a du bon à en tirer, et puis de te libérer de tout le reste.

  • Speaker #0

    D'accord. Merci beaucoup, c'est très gentil, ça fait plaisir. Et merci à toi pour la plateforme et pour l'aide que tu lui as apportée. Je pense que c'est très important. Et comme nous tous, je pense que ce soit toi ou... nous qui venons témoigner, en fait, le fait qu'on se retrouve autour de ça, c'est parce qu'on a envie que les autres gens qui vivent la même chose aillent mieux et on sait à quel point ils souffrent. Et donc, c'est cool. Merci pour ça et merci d'avoir mis ça en place.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup. À bientôt. Ciao. Un grand merci à toi qui est encore là à la fin de cet épisode. Comme je te le dis souvent, ton soutien est super important. C'est même ça qui permet au podcast d'exister encore aujourd'hui. Alors, si mon contenu t'apporte de l'aide d'une quelconque manière que ce soit, sache que tu peux m'en redonner à ton tour. Pour ça, il y a plusieurs façons de faire. Tu peux tout d'abord partager le podcast, en parler autour de toi, à tes proches mais aussi à des professionnels. Tu peux laisser 5 étoiles, notamment sur Spotify ou Apple Podcast, ou laisser ton meilleur commentaire. Mais depuis peu, j'ai aussi apporté une nouveauté qui te permet de me soutenir encore plus. plus concrètement avec de l'argent. Effectivement, tu trouveras en description de cet épisode un lien qui te permettra de faire un don à la hauteur de ce que tu trouves que ce podcast t'a apporté. Merci, merci beaucoup. C'est grâce à ton soutien que ce travail va pouvoir continuer. Je te souhaite de prendre soin de toi autant que ce sera possible et je te dis à très bientôt sur un nouvel épisode. Ciao !

Chapters

  • Présentation de Bruno

    04:11

  • Le rapport à son corps et à l’alimentation durant l’enfance

    05:08

  • Le début du trouble alimentaire

    10:22

  • La difficile prise de conscience qu’il y a un problème

    25:04

  • Comment il va aujourd’hui

    39:48

  • Ce qui l’a aidé jusqu’ici

    46:49

  • Ce que Bruno aimerait vous dire

    52:36

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Bruno est le 2e homme à venir témoigner à mon micro et le 1er à le faire sur un volet uniquement perso (cf épisode avec Jordan qui est coach sportif).
Il se livre avec lucidité sur ce qui l’a amené à développer des troubles alimentaires (d’abord très restrictifs puis compulsifs) et nous parle de ses prises de conscience et des choix très forts qu’il a du faire pour prioriser le soin.

C’est un échange d’une grande richesse que nous avons eu, encore un immense merci à toi Bruno! 


Au programme : 

Présentation de Bruno 

Le rapport à son corps et à l’alimentation durant l’enfance

Le début du trouble alimentaire

La difficile prise de conscience qu’il y a un problème

Comment il va aujourd’hui

Ce qui l’a aidé jusqu’ici

Ce que Bruno aimerait vous dire 


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Transcription

  • Speaker #0

    Bienvenue dans TCA, etc., le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour, parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Mitsono, et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie, les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes, et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur Flavie.mtca. Très belle écoute. Bienvenue Bruno dans le podcast. Alors attention, c'est un grand jour puisque tu es le premier homme à venir témoigner à mon micro. Donc un immense bienvenue. Oui, bien sûr, tu es le premier, tu ne savais pas.

  • Speaker #1

    Je n'ai pas encore écouté tous les podcasts.

  • Speaker #0

    Ouais, tu es le premier. Tu n'es pas du tout le seul homme à écouter le podcast, ça je le sais. Il y a un certain nombre d'hommes qui me suivent sur Insta et qui écoutent le podcast et qui peuvent m'écrire en off. J'ai aussi déjà accompagné des hommes dans mon travail, mais tu es le premier à venir témoigner et c'est trop chouette. Je suis vraiment contente que tu sois venu vers moi parce que je ne sais pas ce que tu vas me dire. Je ne connais pas ton histoire, mais ce que je sais, c'est que ça va forcément parler. à des hommes, à des femmes, à plein de monde. C'est trop bien aussi que tu viennes prendre la parole en tant qu'homme.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup, ça me fait plaisir. En vrai, je trouvais aussi que... C'est vrai que... Du coup, je reparlerai plus tard, mais je suis aussi suivi en ce moment dans un centre thérapeutique de jour. Et pareil, là-bas, je suis le seul homme, en tout cas, je sais qu'il y en a d'autres qui sont suivis ou qui, en tout cas, ont des rendez-vous, mais... qui participent aux activités, qui viennent au groupe de parole, personne, il n'y en a aucun, je suis le seul. Donc c'est vrai que c'est assez spécial pour l'instant, mais je pense que c'est quelque chose qui tend quand même à augmenter parce que je pense que les hommes ont et vont avec la société avoir de plus en plus de problèmes, pareil au niveau de TCA, rapport à l'alimentation, rapport au corps, tout ça. Et je pense que pour l'instant, juste, il y en a plein qui ont déjà des soucis, mais qui ne s'en rendent juste pas compte. Et voilà, quoi. Donc, ouais.

  • Speaker #0

    Ouais, je pense que c'est important, effectivement, de mettre en lumière. Je suis assez d'accord avec toi sur le fait que, malheureusement, je pense que la proportion d'hommes va vraiment augmenter chez les personnes qui souffrent de troubles alimentaires. Je pense que si on refait le point... et des études statistiques sur ce sujet dans 10-15 ans, ça aura explosé en fait.

  • Speaker #1

    Oui, je pense aussi. Parce qu'avec déjà tout ce qui est, tout cet avènement de la culture du corps, de la musculation, la mode, que ce soit la musculation, la course, tout le monde doit faire un marathon aujourd'hui, tout ce genre de choses, c'est quelque chose, je sais, qui moi aussi, mais encore plus les gens. plus jeunes que moi, les jeunes hommes et les jeunes femmes aussi. Les jeunes femmes aussi, pour tout le monde, c'est la même chose. Mais il y a ce besoin, la société qui te demande de devenir sportif, en plus d'être sportif limite à haut niveau, en plus d'être juste une personne normale, d'avoir un bon travail, de réussir à tous ses points de vue. Et donc, je pense, en tout cas, moi, c'est comme ça que je le vois. C'est peut-être un peu... pessimiste mais je pense qu'il y a beaucoup, il va y avoir de plus en plus de gens qui vont avoir des problèmes à cause de ça.

  • Speaker #0

    Bon on a déjà commencé à rentrer dans le sujet qui va être hyper intéressant c'est sûr mais est-ce que tu pourrais te présenter ?

  • Speaker #1

    Oui pardon.

  • Speaker #0

    Quelques mots pour que les personnes sachent un petit peu qui tu es déjà.

  • Speaker #1

    Alors du coup moi je suis, je m'appelle Bruno, je suis architecte, dessinateur de bande dessinée et Pizza Yolo aussi.

  • Speaker #0

    Trop cool. Tu fais beaucoup de choses, ça.

  • Speaker #1

    J'ai un parcours un peu spécial et ça a été un peu long avant de trouver quelque chose de stable, on va dire.

  • Speaker #0

    Ok, trop chouette. Et si tu es à mon micro aujourd'hui, c'est pour parler d'un sujet qui a dû aussi prendre de la place, en prend peut-être encore beaucoup aujourd'hui. En fait, je n'en sais rien, je vais découvrir avec les auditeurs et les auditrices. On va parler de troubles alimentaires. Tu le sais, si tu écoutes le podcast, j'aime bien faire un petit retour à l'enfance pour commencer l'échange. Et j'aimerais bien que tu me dises comment c'était toi quand tu étais un petit garçon. que ce soit dans le rapport à ton corps ou à l'alimentation, de quoi tu te souviens ?

  • Speaker #1

    Alors, ce qu'il faut savoir, et c'est une des seules choses que je, on va dire avant de faire le podcast, je ne savais pas trop comment j'allais pouvoir, on va dire, utiliser tout ça, mais c'est qu'en fait, de base, je suis quelqu'un qui n'a pas une très bonne mémoire, donc des souvenirs très clairs. Donc, par rapport aux choses de l'enfance, je me souviens de quelques trucs, mais je pense que Globalement, je ne suis pas sûr que ce soit tout juste. Mais peu importe, je vais parler de ce que j'ai moi. Par rapport aux souvenirs, on va dire qu'ils sont liés à l'alimentation. Je sais que j'ai quelque chose qui remonte quand même à il y a très longtemps. Il y a un moment, j'avais mon grand-père qui a fait une fête. Je ne sais plus exactement pourquoi, mais peu importe. Il y avait beaucoup d'invités. Et donc, beaucoup de parents et d'enfants, il y avait une table avec que des enfants, on était tous à manger. Et je me souviens de ce truc de, je sais que moi à l'époque, en fait, j'étais resté le dernier, j'étais le seul et le dernier à finir mon assiette. Là où tous les autres enfants avaient été partis jouer, ils faisaient des avions avec leurs serviettes en papier et tout. Et en fait, j'étais le seul à table à avoir tout mangé et finir mon assiette. Et je crois même que c'est quelque chose que, enfin moi j'en ai un souvenir vague du coup, mais je crois que c'est quelque chose qui a été noté par les adultes et qu'on m'a raconté après. Donc ça ce serait par rapport à la nourriture. Et par rapport à mon corps, en fait c'est assez particulier parce qu'en étant jeune, assez vite j'ai eu un peu, enfin j'ai eu un complexe par rapport à mon corps parce que j'étais très vite petit en fait. Et après, j'ai eu un retard de croissance. Donc, j'ai été suivi aussi en hôpital pour ça. Et en fait, ça a pris du temps. Et ce qui était un peu délicat, c'était que pendant longtemps, on m'a dit oui, en fait, votre croissance, elle va venir. Vous n'avez pas besoin de traitement. Mais bon, il faut quand même que vous soyez suivi parce que c'est un peu limite. Et donc, pendant longtemps, juste moi, je devais attendre. en plaçant ma confiance dans ce que me disaient les médecins. Et en attendant, je passais un peu des sales moments au collège et au lycée. Donc, je pense que ça, par rapport à mon corps, ça a été, on va dire, un bon départ d'une mauvaise relation. Oui,

  • Speaker #0

    ok. Quand tu dis que tu passais des sales moments, c'est que tu subissais des moqueries ?

  • Speaker #1

    Oui, clairement. En fait, je pense que déjà en primaire... Même si en primaire c'était assez ok, parce que j'étais petit, tout le monde n'était pas très grand non plus, mais j'étais déjà quand même dans une moyenne basse. Déjà là il y avait quelques remarques et à partir du moment où j'étais au collège, ça a commencé très vite à y avoir un bel écart quand même. Et ouais, c'est des remarques, je sais qu'il y avait des troisièmes qui venaient me voir souvent. parce que justement j'étais petit pour faire des blagues, ce genre de choses. Et puis ça, ça a continué au moins jusqu'au lycée, jusqu'en seconde.

  • Speaker #0

    Et qu'est-ce qui fait que ça s'est calmé après la seconde ?

  • Speaker #1

    Je pense qu'au lycée, les gens ont commencé à grandir un peu.

  • Speaker #0

    Oui, c'est marrant de le dire comme ça.

  • Speaker #1

    Oui, voilà.

  • Speaker #0

    Ils disaient que tu étais petit, mais c'était eux qui avaient besoin de grandir.

  • Speaker #1

    Oui, voilà. Et puis, c'était moins important. Et puis, j'ai commencé petit à petit à grandir à partir de la première, en vrai, et même un peu plus tard. En gros, première terminale, j'étais encore plus petit que quasiment tous mes camarades jusqu'au moment où après, je suis allé en études et là, j'ai fini de grandir vers entre 18 et 20 ans. C'est vraiment... Au point où, par exemple, quand je suis revenu à un certain moment et j'ai revu certains amis du lycée en se retrouvant plus tard, effectivement je les avais rattrapés et ils étaient tous surpris parce qu'ils avaient encore le fait que j'étais toujours plus petit qu'eux.

  • Speaker #0

    Ok. Tu penses que ça a joué quelque chose, tout ce que tu as vécu ? complexes que tu as développés et les moqueries que tu vivais, collège, lycée, est-ce que ça a joué quelque chose dans le rapport à toi-même d'une manière plus globale et sur ta façon de manger ? Quand est-ce qu'il y a quelque chose qui s'est un peu dérégulé dans ta manière de manger ? Tu dirais que ça a débuté à quel âge ça ?

  • Speaker #1

    En fait, on va dire que moi je ne suis pas je pense pas malade depuis... aussi longtemps que beaucoup de gens que j'ai pu croiser ou que pareil j'ai pu entendre sur ce podcast. En fait, en soi, je crois que ça fait à peu près 5 ans que vraiment j'ai des soucis, des PCA. Mais par contre, avant, jusque vers la fin de mes études d'architecture, donc jusque vers 22 ans, 23 ans, on va dire que ça allait. En fait, pendant longtemps, je pensais que je n'avais vraiment aucun problème. Et quand je vivais cette période, pour moi, il n'y avait pas de souci. Je mangeais en réalité ce que je voulais, dans les quantités que je voulais. Et je n'avais pas d'arrêt repensé par rapport à ça. Mais justement, en faisant mes suivis, ce genre de choses, dernièrement, j'ai quand même réalisé que je pense que je n'avais pas un rapport anodin à mon corps déjà à ce moment-là. et qu'il y avait déjà des soucis depuis longtemps. C'est clair que le complexe de ma taille n'est encore aujourd'hui pas réglé, même aujourd'hui je me trouve toujours très petit et j'ai encore beaucoup du mal à le vivre. En fait, je pense que c'est quelque chose qui est propre à ma personne, mais j'ai du mal à faire le deuil des choses que je fais. que je ne peux pas changer moi-même. Et c'est quelque chose que je n'arrive pas à accepter depuis très longtemps. Et je pense que ça a été, on va dire, un bon moteur de détestation corporelle, le fait d'être trop petit. Parce que du coup, en fait, au début collège, au même moment où on va dire, on commençait les moqueries et tout ça, J'ai commencé à faire des arts martiaux. Au départ, je suis tombé amoureux des arts martiaux et j'ai adoré ça. Mais très vite, j'ai cherché à être très bon. J'avais un peu le rêve de pouvoir en vivre, de devenir sportif professionnel là-dedans. alors qu'à l'époque ça n'existait pas du tout. Et du coup j'en ai fait pendant 10 ans et plus j'avançais, plus je m'imposais une discipline, on va dire dingue, jusqu'à ce que ça devienne monstrueux et que je détruise mon rapport avec ce sport-là parce que je me mettais trop de pression et j'avais plus aucun plaisir. à le pratiquer. Et encore aujourd'hui, je ne sais même pas si je pourrais le faire. Je suis désolé, je suis parti un peu dans tous les sens, j'ai l'impression, mais j'espère que c'était possible de suivre.

  • Speaker #0

    Oui, je pense. Je trouve que c'est intéressant parce que tu ouvres d'autres portes aussi, peut-être. Moi, ça me donne envie de te poser des questions quand je t'entends dire ça. Ce qui me vient tout de suite, c'est de me dire mais est-ce qu'il n'y a qu'avec ce sport-là... tu as agi comme ça ou est-ce que tu as l'impression que c'est un peu une facette de ta personnalité aussi, ce côté vivre le truc tellement jusqu'au bout, tu vois. Juste faire un peu le truc, ce n'est pas possible quoi. Il faut le faire à fond, il faut être le meilleur.

  • Speaker #1

    Ouais non, j'ai ça dans tout. En fait, au départ, à l'école, j'étais bon mais sans trop... Je ne travaillais pas non plus d'arrache-pied, je travaillais quand même assez, mais je n'avais pas cette exigence par rapport à l'école. Je crois aussi parce que je n'aimais pas spécialement ça, je ne me mettais pas trop de pression. Et en fait, cette relation que j'ai développée avec le sport, après, effectivement, ça s'est étendu dans tous les aspects de ma vie. Aujourd'hui, j'ai du mal, il faut que je fasse attention. C'est un travail que je fais, à ne pas être à ce point dans le perfectionnisme dans tout ce que je fais.

  • Speaker #0

    Et tu as des pistes d'explication de ça ? Pourquoi est-ce que tu fonctionnes comme ça ?

  • Speaker #1

    Je pense que... Alors pour moi, il y a plusieurs choses. Il y a déjà un besoin d'essayer une trace, je pense. C'est assez profond, mais je sais que depuis tout petit, j'avais eu des réflexions. Ça va paraître, je ne sais pas, un peu bête, mais en tant qu'enfant, je sais que je me disais, en fait, dans la vie... Si tu n'es pas quelqu'un comme Albert Einstein, par exemple, à partir du moment où tu meurs, tout le monde t'oublie. Et ça, je sais que j'ai eu très tôt comme réflexion. Et donc, je pense que ça, c'est quelque chose qui m'habite forcément, et qui me pousse à vouloir réussir, à vouloir trouver quelque chose, marquer un domaine ou quoi que ce soit. Et je pense qu'il y a aussi un... Il y a eu une relation un peu compliquée avec mon père et ce genre de choses qui a fait que du coup par opposition à ce qu'il était et à comment il vivait les choses, je voulais tout faire bien pour pas du tout lui ressembler. Je me suis vraiment construit pendant très longtemps. dans le rejet et dans l'opposition de mon père.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu as l'impression que c'est aussi ça qui s'est joué dans ton rapport à l'alimentation, que c'est ce perfectionnisme qui t'a fait basculer dans les troubles alimentaires ?

  • Speaker #1

    Oui je pense, clairement. De toute façon c'est quelque chose qu'on retrouve quand on parle avec des gens qui sont là. Tout le monde a un peu ce trait de caractère, même si en soi. Ce n'est même pas sûr que de base, c'est vraiment de caractère. Peut-être qu'à force, on développe juste ou en tout cas, on l'entretient aussi avec la maladie. Mais oui, c'est sûr qu'à partir du moment où un jour, en fait, comment je suis tombé dans la maladie, on va dire, puisque je faisais déjà du sport depuis très longtemps. Un jour, je me suis juste décidé, j'ai dit OK, je veux sécher un peu. Et donc à partir de ce moment-là, ça a été le début de la fin, j'ai commencé à réduire mes apports, à faire beaucoup plus de sport. Et en plus, j'avais les outils. Comme je faisais du sport depuis longtemps, je m'y connaissais quand même un tout petit peu en alimentation. Je savais comment manger correctement, manger moins ou moins calorique, on va dire. Ça a été assez facile de faire ces changements-là. Sauf qu'au départ, je ne m'en suis pas du tout rendu compte que je perdais et que ce n'était jamais assez, forcément.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce qui fait que tu avais les outils, comme tu dis, pour le sport ? J'ai bien compris que ça faisait un moment que tu étais très sportif, mais tu dis que tu avais des connaissances en nutrition. Quoi faire, comment faire, qu'est-ce qui fait que tu t'étais autant intéressé à ça ?

  • Speaker #1

    En fait, je pense que de base, je suis quand même quelqu'un de très curieux. Et en plus, comme je voulais réussir dans mon sport, être quasiment professionnel, j'ai essayé de mettre tout de mon côté. Donc, en fait, j'avais lu quand même... des choses à ce sujet là, mais pas que, je m'informais par exemple juste sur l'histoire des sports, ce genre de choses, plein de choses comme ça. Et pareil, je pense qu'en même temps que j'ai grandi, il y avait aussi cet avènement de la musculation, l'arrivée aussi du fait que l'accès à ce genre d'informations, tout ce qui est euh calories, combien de protéines tu as besoin en fonction de ton poids de corps, ce genre de choses. En fait, ça a été le moment où ça a été de plus en plus accessible, on va dire juste quand j'en avais besoin. Et comme j'étais un peu tout seul dans mon projet de réussir à ce point-là, du coup, j'étais en fait mon coach, j'étais mon... préparateur sportif, je m'occupais tout de moi tout seul donc je cherchais à... à savoir un peu tout dans tous les domaines pour pouvoir être le plus performant possible.

  • Speaker #0

    Oui, j'ai bien compris que la performance, ça avait une place importante dans tes livres à tous les niveaux. Et du coup, tu dis que tu as commencé en mode finalement dans quelque chose qui était habituel pour toi, parce que justement, tu avais déjà eu l'habitude d'aller chercher plein d'infos pour être toujours plus performant. Donc là, ce jour-là, tu t'es dit tiens, enfin si d'ailleurs, attends, avant d'aller plus loin, question quand même. Pourquoi est-ce que tu t'es dit tout d'un coup, tiens, j'aimerais sécher ? De quoi c'est parti, ça ?

  • Speaker #1

    Parce que pendant longtemps, justement, je pense qu'il y avait le fait que longtemps, je me trouvais trop petit. Et je sais que depuis que j'étais au collège, j'ai toujours trouvé qu'on ne voyait pas assez mes abdos. Et c'était quelque chose qui m'habitait. qui était là et pendant longtemps, on va dire que j'y prêtais pas spécialement attention parce que justement je considérais que mon corps était tel qu'il devait être pour le sport que je faisais et que du coup, dans une certaine mesure, son aspect était ok pour ça puisque en gros, à force de m'entraîner et tout ça, il se modulait. comme il devrait être pour qu'il soit le plus efficace. Et en fait, c'est arrivé à un moment où je remettais en question justement le fait de cette pratique. Et comme je disais, je n'avais plus autant de plaisir à en faire et tout. Et en gros, j'ai reçu ce truc de « Ah tiens, ce serait peut-être sympa qu'on voit un peu plus mes ados » . Et en fait, pour être tout à fait honnête, c'est venu aussi en même temps après un an. on va dire, j'étais amoureux de quelqu'un et ce n'était pas possible. Et du coup, je pense qu'il y a eu le besoin de retrouver du contrôle sur mon corps et de me trouver plus désirable. Donc en fait, il y a eu ces deux choses en même temps et je pense que du coup, ce n'était pas le bon côté.

  • Speaker #0

    Et tout jeune, c'est surprenant quand même, parce que les premières fois où tu t'es dit on ne voit pas assez mes abdos, tu étais tout jeune. À qui tu te comparais à ce moment-là ? Qu'est-ce qui te permettait de te dire on ne les voit pas assez mes abdos ?

  • Speaker #1

    Alors, le seul truc dont je me souviens, c'est qu'en fait, j'avais revu une photo de moi encore plus jeune, où quand j'étais plus petit, je crois que du coup j'étais assez sec. Et du coup, en voyant cette photo-là, je m'étais dit, « Ah putain, j'ai changé, c'est plus pareil. » Et de base, ça a été ça. Et puis après, forcément, je me comparais aux gens qui réussissaient dans mon sport. Et ça a été un peu des deux à force.

  • Speaker #0

    En même temps, je trouve ça hyper intéressant ce que tu as dit par rapport au sport où j'ai l'impression que ça a été un garde-fou pendant longtemps. Du coup, tu avais une forme de confiance dans ton corps. Ton objectif était le sport et tu avais confiance dans ton corps, dans le fait qu'il était comme il devait être pour cette pratique. Je trouve ça assez fou et assez génial. Et c'est fou aussi à quel point ça a changé, ça s'est un peu brisé, au moment où tu lâches un peu ce sport et du coup, hop, tu remets le focus sur ton corps. En fait, au lieu d'être dans cette confiance, là, tu reviens à un truc où tu veux le maîtriser. et le changer quoi.

  • Speaker #1

    Ouais ouais, alors c'est passé de, effectivement, comme t'as dit, une source de confiance à juste en fait un outil pour me faire souffrir quoi au final.

  • Speaker #0

    Ouais, c'est clair, ça me fait penser, tout à l'heure je disais que t'étais le premier homme à témoigner, après je me suis dit « Ah, faudrait pas qu'il prenne mal » , il y a Jordan qui avait témoigné quand même, mais Jordan qui était venu au titre de coach sportif, qui a osé parler aussi quand même de ses troubles alimentaires, ce qui était hyper courageux. mais qui venait plutôt avec un aspect professionnel. Et ce que tu dis me fait penser vachement à l'échange que j'avais eu avec lui aussi, sur un rapport au sport à la base qui est plutôt sain et porteur, et qui se transforme finalement.

  • Speaker #1

    Pareil, quand j'avais écouté son témoignage, je me retrouvais effectivement dans pas mal de choses quand même.

  • Speaker #0

    Bon, et donc du coup, tu me dis, OK, je me dis, tiens. Et si je devenais un peu plus sec, tu mets en place des outils que tu avais déjà. En fait, tu fais des choses que tu étais déjà en mesure de faire. Donc, tu es dans une sorte de maîtrise. Et il y a un moment donné où ça bascule et où tu dis au début, tu ne le sens pas. À quel moment tu comprends que tu as des troubles alimentaires et est-ce qu'il y a des gens qui ont été un peu alertés autour de toi ?

  • Speaker #1

    En fait, ça a été assez particulier parce que du coup, personne n'a vraiment vu grand chose. Maintenant, quand je revois les photos, ça se voit quand même que j'étais plus maigre, même si là, depuis, je n'ai pas encore repris tout le poids que j'avais perdu. Mais en tout cas, sur le début... ça se voyait que j'avais beaucoup perdu mais comme justement tout le monde savait que je faisais beaucoup de sport que tout ça personne s'est vraiment trop posé de questions et et en plus c'était dans un moment où je finissais mes études d'architecture donc je travaillais beaucoup et en fait juste je voyais pas beaucoup ma famille quoi je voyais des potes avec qui j'étais tous les jours mais pareil justement eux ils sont pas posés trop de questions à ce sujet là et Moi j'ai mis du temps à réaliser que j'avais ce problème là. En fait le souci c'est que j'ai été à ce... Je pense qu'au départ j'ai eu une phase d'anorexie mentale. Et donc je réduisais tous mes abords jusqu'à manger quasiment plus rien dans mes journées. Et puis je faisais quasiment un triathlon chaque matin. C'est un crèche. Mais du coup, ça n'avait vraiment aucun sens maintenant que j'y repense. Mais c'était comme ça qu'à l'époque, ça fonctionnait pour moi. Et du coup, j'ai quand même beaucoup maigri, mais assez vite. En fait, je crois que j'ai quand même eu ce truc d'avoir des compulsions. Parce que, en fait, avant, comme j'ai toujours fait beaucoup de sport, j'étais habitué à quand même manger beaucoup. et mon corps avait besoin d'énergie. Et donc les compulsions sont arrivées très vite et je me souviens quand même souvent de moments où on m'invitait au resto et je finissais des assiettes de tout le monde, je pouvais reprendre de tout et plein de choses et en fait encore une fois ça passait inaperçu parce que c'était déjà plus ou moins quelque chose que je faisais avant. Et du coup, c'est comme si rien n'avait vraiment changé. Et donc ça, c'était un peu difficile. Et forcément, ça ne m'aidait pas à me rendre compte que j'avais un souci non plus. Puisque personne ne s'en rendait compte. Pour moi, c'était difficile. Et à un moment, quand même, j'ai commencé à avoir la peau qui a commencé à jaunir. Vraiment, je n'avais plus d'énergie pour rien. Et justement, je commençais à avoir des moments de compulsion où je me sentais un peu bizarre. Je sentais vraiment que je perdais le contrôle, que je ne pouvais plus m'arrêter, que je faisais des repas qui étaient vraiment… Enfin, je sentais que ce n'était vraiment pas normal quoi. Et c'est là que j'ai commencé à me dire, bon, il y a peut-être un problème. Mais après, de là à me dire, ok, je fais peut-être de la norixie ou de la boulimie et ce genre de choses, ça a été encore vraiment plus long.

  • Speaker #0

    Oui. Et quand tu as commencé à te dire « Ok, il y a peut-être un problème » , est-ce que tout de suite tu as cherché des infos à ce sujet ? Est-ce que tu as cherché de l'aide ? Est-ce que tu en as parlé autour de toi ?

  • Speaker #1

    Au début, pas trop, non. Je crois que j'étais un peu dans le déni quand même. En fait, j'avais juste pas envie de reprendre le poids. Et j'en avais trop peur. J'en ai toujours très peur, plus aujourd'hui. mais ouais j'avais pas envie de reprendre de quoi j'avais pas et j'ai commencé à en parler petit à petit mais en fait c'était des choses qu'on pas suffit donc j'ai quand même pu faire des petits changements et avancer dans ma vie en fait mais pendant longtemps c'est resté quand même dans un rapport où ouais je fais du sport à outrance et J'avais beaucoup de contrôle dans mon alimentation, on va dire, et avec des crises, des compulsions de temps en temps. Et en gros, je pense que là, ça a été comme ça à peu près pendant 4 ans.

  • Speaker #0

    Ah ouais, quand même. Pendant 4 ans, tu étais dans cette phase restriction-compulsion où tu te dis, ouais, ok, effectivement, les phases de perte de contrôle. c'est tellement difficile en plus à vivre qu'on est un peu obligé de se dire attend il y a un truc qui va pas mais en même temps bon c'était un peu devenu ton quotidien et tu faisais avec quoi ouais c'est ça surtout qu'en plus assez vite j'ai déménagé donc j'étais loin de ma famille j'étais à l'étranger donc j'avais pas de d'accès aux soins ou en tout cas beaucoup plus difficile fin parce que du coup j'avais pas de sécurité sociale donc il fallait que je paye tout de ma poche si je voulais n'importe quelle faire n'importe quoi quel examen ou quoi que ce soit. Donc forcément ça n'aidait pas à progresser dans la guérison. Et c'est pour ça que, au bout d'un moment, il n'y a pas longtemps, j'ai dû décider de redéménager, revenir pour entamer un suivi parce que ce n'était plus possible.

  • Speaker #1

    Ok, c'est ça qui t'a fait rentrer ? Oui,

  • Speaker #0

    oui, oui. Oui, j'étais trop mal, je ne pouvais plus. Je ne pouvais plus gérer ça tout seul. Il a fallu que je rentre.

  • Speaker #1

    À qui tu en as parlé ? La question que je me pose, c'est déjà, est-ce que tu as des proches à toi qui sont au courant aujourd'hui de ce que tu vis ?

  • Speaker #0

    Oui, quasiment tout le monde dans ma famille est au courant. Ma mère, mes soeurs, mon père. D'ailleurs, quand j'ai voulu rentrer, j'ai dû prévenir mon père. Ça faisait cinq ans que j'étais malade. Il m'a dit que je n'avais rien vu. Il n'était pas au courant. Ma mère, je lui en avais parlé déjà depuis quelques temps. Donc, elle, elle savait. Mais du coup, elle ne pouvait pas faire grand-chose malgré me soutenir, on va dire par téléphone de temps en temps, quand ça n'allait vraiment pas. Et voilà, pardon, je suis désolé, je crois que j'ai oublié la question.

  • Speaker #1

    C'était de savoir si tu en avais parlé à tes proches, parce que je sais que c'est quelque chose de… de difficile.

  • Speaker #0

    Ouais, non, c'est possible.

  • Speaker #1

    Je ne peux pas m'empêcher de me dire que peut-être c'est encore plus difficile du fait d'être un homme, parce que déjà, en fait, c'est hyper répandu, les troubles alimentaires, mais ça reste assez tabou pour la majorité des gens. Et puis, c'est quand même, encore aujourd'hui, majoritairement féminin. La population qui souffre de TCA est majoritairement féminine. Et du coup, j'imagine, en tout cas, c'est ce que je promets, que moi, c'est encore plus dur d'en parler de ta place d'homme.

  • Speaker #0

    Alors je sais pas parce que je pense que pour moi ça a jamais été trop un problème parce que je sais que ma famille elle est assez à l'écoute donc j'ai pas eu trop peur de leur en parler et même mes amis que je me suis fait en école d'architecture avec qui je suis très très proche. j'ai réussi à leur en parler on va dire assez tôt je pense parce que je sais pas je suis quelqu'un quand même pas trop trop de mal à exprimer certaines choses je crois et qui sont surtout quand c'est important comme ça en fait par exemple juste pour reprendre l'exemple de mes amis d'école d'architecture en fait il y a un moment je leur ai dit écoutez il faut que je vous parle parce que Justement, il y avait une période où quand on finissait notre diplôme, j'avais des comportements bizarres. J'ai changé d'un moment à un autre. Peut-être que vous ne l'avez pas beaucoup remarqué, mais c'était ça. C'est parce que j'ai commencé à avoir des troubles du comportement alimentaire. Et ça me tenait à cœur de vous l'expliquer parce qu'on est très proches et j'avais envie que vous compreniez pourquoi j'ai peut-être été… plus forcément le même que celui que vous avez connu les années d'avant. Parce que, clairement, les troubles du comportement alimentaire, ça te change. Et je ne sais même pas si je redeviendrai normal, on va dire, une fois que je serai guéri.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Tu serais OK pour en dire davantage sur ce que ça a changé en toi, des comportements peut-être que tu as eus ? Quand tu dis « je redeviendrai normal » , du coup, qu'est-ce que… que tu vis, peut-être encore aujourd'hui, qui est anormal selon toi ?

  • Speaker #0

    C'est juste des choses bêtes, mais par exemple, aller moins en soirée, sortir moins parce que soit tu es en train de faire du sport, ou parce que tu penses que si tu bois un verre, ou si tu manges quoi que ce soit, du coup ça ne correspond pas avec ce que toi tu avais prévu. Je sais que aussi, quand je mangeais très peu, j'étais beaucoup plus... J'ai jamais été quelqu'un de colérique mais j'avais des accès d'énervement. Je sais aussi que de base je suis quelqu'un de quand même assez joyeux. qui va faire beaucoup de blagues et pendant longtemps juste la fatigue et l'épuisement que ce soit physique et mental juste a fait que genre profondément je me sens et je me sentais plus le même plus capable de d'être la personne que j'étais avant en fait parce que les troubles du comportement alimentaire prenait trop de place dans ma tête parce que j'étais épuisé à à marcher des kilomètres et des kilomètres. par jour en plus de faire 5-6 séances de muscu par semaine enfin voilà quoi des trucs complètement et ce qu'il faut savoir c'est que en plus j'ai eu des blessures en même temps donc par exemple il y a un moment où je me suis cassé une vertèbre qui n'était pas liée aux troubles du comportement alimentaire mais j'ai quand même entre guillemets réussi à maintenir le sport à outrance justement en marchant comme un dingue ou ce genre de choses. Ce qui est assez terrible, c'est que la maladie était tellement forte, alors même que je devais prendre soin de mon corps, m'arrêter, qu'il y a des moments où ce n'est pas possible.

  • Speaker #1

    Et tu as peur de jamais redevenir celui que tu es à la base ?

  • Speaker #0

    Oui, au fond, je pense un peu. Même si je pense qu'en grande partie, je vais pouvoir... on va dire me reconnecter à qui je suis vraiment mais je pense que je serai à jamais un peu changé en vrai après ce que je te souhaite c'est que tu sois à jamais changé mais en

  • Speaker #1

    gardant que le positif dans le sens où je crois sincèrement et là je vais parler de mon expérience mais pas que du nombre de personnes quand même que j'ai croisé sur le chemin là depuis 4 ans et demi On retrouve la légèreté, on retrouve la rigolade facile, les sorties et la liberté d'esprit. C'est-à-dire de ne plus du tout penser à ça. Quand tu sors, tu as profité avec tes potes et il n'y a plus de questions sur les calories dans l'alcool, dans la bouffe, tout ça. Tout ça, ça se retrouve. Par contre, là où je te rejoins, je crois que cette expérience, elle change à tout jamais. Mais ça fait mûrir de fou aussi. Tu es en thérapie et tout. Tu as déjà, là, certainement appris énormément sur toi. Et tu vas continuer. Et tu vois, tu as déjà vachement de recul sur ton fonctionnement, sur ce côté très perfectionniste, sur tout ça. Et du coup, ce que je te souhaite, franchement, c'est juste que tu ressortes de tout ça avec que le bon, c'est-à-dire, bon, ok, je me connais. Donc, il faut que je fasse gaffe à y aller mollo dès que je me lance dans un truc. Il faut que je sois attentif, assis à ça, et que le reste soit derrière toi.

  • Speaker #0

    Ouais, en fait, effectivement, déjà, merci. Mais ce qui est aussi assez dur, je trouve, pour moi, c'est que justement, j'ai l'impression quand même d'être assez clair avec mon fonctionnement et tout ça. Mais j'ai beaucoup de mal à faire changer les choses et à ne pas continuer à vivre comme ça. Donc, après, c'est pour ça que je me fais suivre, que j'ai besoin d'entamer un parcours. cours de soins sérieux parce que justement tout seul c'était vraiment pas gérable et j'arrive pas c'est même pas possible tout seul quasiment c'est hyper rare je pense de guérir des troubles du comportement alimentaire tout seul ouais je pense aussi mais

  • Speaker #1

    ce que tu dis c'est vraiment la différence entre le pourquoi et le comment et très souvent, moi je me reconnais dans ce que tu dis à l'époque où j'étais presque fatiguée d'aller chez les psys Salut ! J'arrivais, j'étais capable d'expliquer exactement pourquoi j'en étais là. Tout était limpide dans ma tête. Mais comment je peux en sortir ? Ça, j'avais l'impression que personne ne pouvait m'y aider. Tu vois le truc ? Bon, après, moi, je suis plus vieille. Je parle d'un truc d'il y a des années. Et du coup, franchement, je n'ai jamais trouvé de thérapeute spécialisé vraiment sur les troubles alimentaires. Et à l'époque, il n'y avait pas encore les TCC qui sont prouvés comme étant aujourd'hui les thérapies les plus efficaces. les thérapies cognitivo-comportementales les plus efficaces, pas pour tout mais pour les troubles des corps voilà aujourd'hui il y a vraiment des outils qui permettent d'agir sur le comment et c'est très juste ce que tu dis effectivement je pense qu'on peut tout comprendre en plus dans les TCA on a cette faculté à tout intellectualiser donc voilà, ça c'est pas le souci mais derrière c'est ok il faut passer à l'action et il faut y aller il faut prendre le risque d'y aller Et même d'y aller avec la peur, la peur de grossir, la peur de tout ce que ça pourra engendrer. Comment tu vas aujourd'hui ? Comment tu dirais que tu vas ?

  • Speaker #0

    C'est une bonne question. En fait, du coup, je suis rentré en France depuis plusieurs mois maintenant. J'ai commencé ce parcours de soins qui m'aide beaucoup. Et c'est sûr qu'il a fait changer beaucoup de choses. Mais en même temps, en tout cas pour l'instant... La maladie a beaucoup évolué on va dire et là je traverse des moments où c'est vraiment très compliqué. J'ai eu des périodes d'amélioration, j'ai même eu il n'y a pas si longtemps, peut-être il y a un mois, un mois et demi, une grosse période où pendant deux semaines j'ai fait aucune crise, j'ai mangé tout à fait normalement. Pendant ces deux semaines-là, je me disais, ça y est, je suis guéri, c'est bon. C'est comme ça d'être guéri, c'est génial, trop bien. Et depuis, j'ai une période qui est vraiment compliquée, où j'ai une grosse, grosse prudence des compulsions, avec des compensations que je ne faisais pas avant. Et donc, c'est très difficile à vivre pour moi. Mais du coup, heureusement que je suis suivi et que je vais pouvoir... continuer à essayer d'en parler. Là, il n'y a pas très longtemps, avec l'infirmière qui me suit, on a quand même évoqué le fait potentiellement de, si ça continue, d'envisager une hospitalisation quand même, juste pour être dans un cadre comment dire, beaucoup plus réglé et pouvoir avoir l'esprit. pouvoir laisser moins de place à la possibilité de faire des compulsions, ce genre de choses.

  • Speaker #1

    Ça a repéré quelque chose qui aurait pu expliquer le fait que ça rebascule comme ça ? Il y a eu quelque chose, un événement, une prise de poids, une perte de poids, un truc en lien avec le sport ?

  • Speaker #0

    En fait, j'avoue que je ne sais pas trop. Il y a eu beaucoup de choses qui sont arrivées en même temps. J'ai signé un contrat avec une maison de publication pour une bande dessinée, ce qui était mon rêve depuis petit. C'est trop bien,

  • Speaker #1

    félicitations.

  • Speaker #0

    Merci, merci beaucoup. Donc ça, ça a été incroyable et c'était de la meilleure nouvelle de mon année, j'étais très content. Mais en même temps, j'ai aussi signé un contrat pour un travail alimentaire, parce que pour l'instant, vivre... que de l'ABD, ce n'est pas possible. C'est du coup un travail qui est exigeant, qui me demande du temps. J'étais en période de probation encore jusqu'à maintenant. C'est un travail en restauration. C'est assez fatigant. Forcément, en restauration aussi, il y a le fait que la nourriture est disponible tout le temps, ce genre de choses. Et puis, je pense qu'aussi au niveau de... de mes émotions et de ce que je peux ressentir par rapport aux autres ou à moi-même. Dès qu'il y a quelque chose d'un peu fort, je ne sais pas les gérer. Donc, ça se transforme assez rapidement en crise. Et je pense que du coup, tout cet ensemble de choses qui arrivaient tout d'un coup fait que ça fait un ensemble un peu explosif. Et que du coup, là, en ce moment, dès que j'ai le moindre truc... ça part en vrille assez vite.

  • Speaker #1

    Je vois. Et puis, on n'imagine pas à quel point les bonnes nouvelles, les émotions, je ne vais pas dire positives, mais plutôt agréables, peuvent aussi être déclencheurs. Oui. Comme je vois bien chez les personnes que j'accompagne, la perte de poids est souvent plus un déclencheur qu'une prise de poids. Sur le retour des compulsions. Quand j'entends ce que tu dis sur la publication qui représente un rêve de gosse, je ne peux pas m'empêcher de me dire, qu'est-ce que c'est venu réactiver chez toi de la perfection que tu dois avoir. Aussi en lien avec ton corps, l'envie d'avoir la maîtrise de tout ça. Je peux facilement imaginer que finalement, c'est déclencher des choses un peu anxiogènes.

  • Speaker #0

    Bah ouais je pense aussi, en fait au début quand j'ai reçu la confirmation, forcément j'étais très content. Effectivement tout le monde m'a dit mais c'est trop bien et puis ça va te donner de la force par rapport à ce que tu vis et tout, ça va aller mieux. En fait c'est comme si tout d'un coup il fallait que à cause de cette nouvelle tout était réglé en fait. Et même moi je m'étais dit, pour moi ça a été aussi un moteur de recevoir cette confirmation. de publication, je m'étais dit ok, ben, c'est cool parce qu'effectivement, je peux me motiver, je peux essayer de me dire que, ok, ben, mon objectif, c'est effectivement que ça aille de mieux en mieux pour pouvoir vraiment faire la meilleure bande dessinée que je peux faire, quoi. Et, mais voilà, mais en même temps, là, c'est pas simple, quoi.

  • Speaker #1

    Mais oui, mais oui. Je trouve ça vachement difficile. Et bon, voilà, on ne peut pas en vouloir à tes proches qui ont juste envie que tu ailles mieux. Mais il y a souvent beaucoup de maladresse parce qu'il y a beaucoup de méconnaissances du trouble alimentaire. Et de dire, ben voilà, ça y est, trop bien, ça va t'aider, ça va aller mieux. Il y a une attente presque des proches que ça aille mieux, mais c'est bien plus complexe que ça. Oui,

  • Speaker #0

    et parce qu'il y a aussi le truc de ça fait des années que je travaille pour avoir un contrat comme ça. Et donc, entre guillemets, c'est ça y est, tout est réglé. Donc, maintenant, c'est bon. Tu peux vivre du dessin. Donc, tu vas être content, quoi, en fait. Et donc, si tu es content, tu n'as plus besoin d'avoir des problèmes avec l'alimentation. Il n'y a plus de souci. Tu n'as plus de problème avec ton corps. Tu n'as plus de problème avec le sport. C'est bon, c'est fini. Alors que malheureusement, ça ne marche pas comme ça.

  • Speaker #1

    Non, c'est clair. OK. Qu'est-ce qui… Comment je pourrais te demander ça ? Qu'est-ce qui t'a aidé ? jusqu'ici parce que tu as vécu pas mal de choses sur les dernières années j'ai l'impression que ça a quand même beaucoup bougé qu'est ce qui t'a aidé et qu'est ce qui c'est un peu bizarre comme question mais qu'est ce qui va t'aider tu penses à l'avenir alors

  • Speaker #0

    qu'est ce qui m'a aidé en vrai c'est un ensemble de choses forcément en parler aux gens autour de soi ça c'est je pense que forcément ça déjà ça enlève comme un poids même si tu peux pas parler de tout même si on vit des choses parfois qui sont tellement bizarre ou tellement spécial on en arrive à faire des choses tellement extrême je veux dire avec son corps que il ya certaines choses pensent qu'ils sont juste pas partageable ou c'est pas forcément souhaitable d'échanger avec des gens avec qui tu es très proche de ce genre de choses. Donc voilà, mais en tout cas, de pouvoir quand même aborder un peu le sujet, je pense que déjà, ça, ça aide. Ensuite, il y a forcément être suivi, ça, c'est le plus important pour moi. Depuis que j'ai un suivi, quand même, je pense qu'il y a beaucoup de choses qui ont changé, même s'il y a des évolutions qui sont difficiles, tout ça, en fait, je sais qu'il y a des gens derrière moi, il y a des gens à qui je... peux en parler si vraiment ça va pas comme je les évoquais tout à l'heure peut-être qu'il faudra que je me fasse hospitaliser s'il ya besoin que ça passe par ça je passerai par ça mais au moins je sais que je suis pas tout seul et je pense que ça c'est vraiment le plus important parce que c'est trop dur en fait si nous en il ya ensuite il ya ouais et aussi justement ton podcast ou d'autres, mais le tien effectivement quand je suis tombé dessus je trouvais que c'était très intéressant puisque le mix entre les témoignages et quand même les... on va dire les... enfin moi je me suis fait des fiches du coup sur ton podcast, des choses très concrètes et tout et ça ça aide pas mal je pense et voilà après je pense que en soi aussi le plus important c'est d'essayer des trucs. Moi, je sais que j'ai essayé plein de choses, qu'il y a des choses qui marchent sur un moment et qui m'aident sur un moment et qui, peut-être, le lendemain, elles ne marchent plus. Mais si déjà, ça fait que pendant quelques minutes, quelques heures, quelques jours, tu te sens mieux, c'est déjà pas mal.

  • Speaker #1

    C'est clair.

  • Speaker #0

    Et puis, voilà. Donc, qu'est-ce qui m'aidera plus tard ? J'avoue que je ne sais pas, parce que là, j'en suis quand même à un point où j'ai essayé beaucoup de choses. Et j'avoue qu'il y a un peu quand même de découragement ces derniers temps vis-à-vis de la dureté des moments. Mais comme dit, je vais essayer de continuer à essayer ce qu'on me propose et à essayer de changer des choses dans comment je vis, comment je... Je gère mes émotions, comment j'aborde mes repas, ce genre de choses. Je pense que tout n'est pas perdu, mais c'est juste que parfois, c'est dur de savoir justement ce qui va t'aider.

  • Speaker #1

    Mais est-ce qu'il y a des choses que soit les professionnels qui te suivent t'ont proposé de faire ou des choses que tu as entendues, lues et que tu n'as pas encore osé mettre en place, par exemple ?

  • Speaker #0

    Je ne crois pas pour l'instant. Pour l'instant plus ou moins tout ce que les professionnels m'ont proposé de faire j'ai dit oui et j'ai fait ou je suis en train de le faire. Et de ce que j'ai vu ou lu, pareil j'essaye. Après je ne dis pas que je le fais forcément bien tout de suite. Mais en général j'essaie de le mettre en place et souvent ça marche. C'est aussi par exemple pour ça que j'avais une période où ça allait bien.

  • Speaker #1

    mais ouais je pense que ça reviendra j'espère c'est à peu près sûr que ça va revenir t'as cette force de mettre en place les choses, d'expérimenter c'est génial c'est une force incroyable et ce que t'as vécu sur ces deux semaines où il n'y a plus de compulsion je sais à quel point c'est violent quand ça te revient en pleine figure mais ce truc là tu l'as vécu donc tu sais que ça existe tu sais que ça existe Merci. ça va revenir en fait et quoi qu'il arrive c'est génial de l'avoir expérimenté et de l'avoir vécu dans ton corps parce que du coup c'est pas juste un truc dont on te parle ou une oasis au loin comme ça,

  • Speaker #0

    une illusion non tu sais que ça existe oui c'est vraiment possible je sais que je peux y arriver effectivement c'est déjà vachement bien est-ce que t'as l'impression qu'on a fait le tour de ce dont t'avais envie de parler ou est-ce qu'il y a des trucs sur lesquels je t'ai pas emmené ? Non, en vrai, je pense qu'on a fait le tour.

  • Speaker #1

    Il y a une question que j'aime bien poser aux personnes qui viennent discuter avec moi pour terminer l'épisode, c'est de proposer de t'adresser aux personnes qui nous écoutent et qui sont peut-être dans les troubles alimentaires plus, plus, plus, qui ont peut-être déjà essayé plein de trucs ou pas encore. Enfin, peu importe, en fait, on ne sait pas qui nous écoute, on sait juste qu'il y a des chances que ce soit des gens qui n'aillent pas très bien. Qu'est-ce que tu aurais envie de leur transmettre comme message ?

  • Speaker #0

    Moi, j'ai envie de leur dire que je peux comprendre. On a tous envie d'abandonner un moment. Et j'ai rencontré des gens qui sont malades depuis tellement longtemps et avec qui c'est tellement, pour eux, une partie de leur vie qu'ils n'ont plus envie de guérir, qu'ils ne cherchent plus à guérir. Et je trouve que c'est tellement triste d'en arriver là, parce que par exemple, les personnes que j'ai rencontrées pour qui c'est ce cas-là, en fait, c'est des personnes qui sont des belles personnes, qui sont intéressantes, qui peuvent avoir des beaux sourires, qui sont gentilles et pourtant qui souffrent tellement, qui du coup... dans l'incapacité de pouvoir avancer. Donc, oui, continuer à essayer des choses et ne pas lâcher parce que c'est vraiment trop dommage. Oui.

  • Speaker #1

    Oui, ne pas lâcher. Et expérimenter. Merci, franchement, c'est top. Je suis contente que tu mettes l'accent sur l'expérimentation parce que c'est quelque chose, c'est une chose sur laquelle j'insiste beaucoup. Je sais que... Quand on souffre d'un TCA, on intellectualise beaucoup et c'est important de commencer par comprendre avec sa tête et c'est OK. Mais une fois qu'on a compris, il faut y aller, quoi. Parce que sinon, il ne se passera rien. Et je trouve ça cool que tu mettes l'accent là-dessus.

  • Speaker #0

    Merci.

  • Speaker #1

    Merci, un immense merci pour cet échange. Je suis hyper contente d'avoir discuté avec toi.

  • Speaker #0

    Merci à toi, je suis très content aussi.

  • Speaker #1

    Je suis vraiment... Je suis reconnaissante aussi du fait que toi et toutes ces autres personnes veniez vers moi pour échanger avec moi et que vous m'accordiez de la confiance aussi, que ce soit par l'écoute du podcast, mais par le fait de venir témoigner. Merci beaucoup. C'était hyper riche. Et franchement, je te souhaite tout le meilleur. Et comme on disait tout à l'heure, je te souhaite juste de garder le bon de cette étape de ta vie, parce qu'il y a du bon à en tirer, et puis de te libérer de tout le reste.

  • Speaker #0

    D'accord. Merci beaucoup, c'est très gentil, ça fait plaisir. Et merci à toi pour la plateforme et pour l'aide que tu lui as apportée. Je pense que c'est très important. Et comme nous tous, je pense que ce soit toi ou... nous qui venons témoigner, en fait, le fait qu'on se retrouve autour de ça, c'est parce qu'on a envie que les autres gens qui vivent la même chose aillent mieux et on sait à quel point ils souffrent. Et donc, c'est cool. Merci pour ça et merci d'avoir mis ça en place.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup. À bientôt. Ciao. Un grand merci à toi qui est encore là à la fin de cet épisode. Comme je te le dis souvent, ton soutien est super important. C'est même ça qui permet au podcast d'exister encore aujourd'hui. Alors, si mon contenu t'apporte de l'aide d'une quelconque manière que ce soit, sache que tu peux m'en redonner à ton tour. Pour ça, il y a plusieurs façons de faire. Tu peux tout d'abord partager le podcast, en parler autour de toi, à tes proches mais aussi à des professionnels. Tu peux laisser 5 étoiles, notamment sur Spotify ou Apple Podcast, ou laisser ton meilleur commentaire. Mais depuis peu, j'ai aussi apporté une nouveauté qui te permet de me soutenir encore plus. plus concrètement avec de l'argent. Effectivement, tu trouveras en description de cet épisode un lien qui te permettra de faire un don à la hauteur de ce que tu trouves que ce podcast t'a apporté. Merci, merci beaucoup. C'est grâce à ton soutien que ce travail va pouvoir continuer. Je te souhaite de prendre soin de toi autant que ce sera possible et je te dis à très bientôt sur un nouvel épisode. Ciao !

Chapters

  • Présentation de Bruno

    04:11

  • Le rapport à son corps et à l’alimentation durant l’enfance

    05:08

  • Le début du trouble alimentaire

    10:22

  • La difficile prise de conscience qu’il y a un problème

    25:04

  • Comment il va aujourd’hui

    39:48

  • Ce qui l’a aidé jusqu’ici

    46:49

  • Ce que Bruno aimerait vous dire

    52:36

Description


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Bruno est le 2e homme à venir témoigner à mon micro et le 1er à le faire sur un volet uniquement perso (cf épisode avec Jordan qui est coach sportif).
Il se livre avec lucidité sur ce qui l’a amené à développer des troubles alimentaires (d’abord très restrictifs puis compulsifs) et nous parle de ses prises de conscience et des choix très forts qu’il a du faire pour prioriser le soin.

C’est un échange d’une grande richesse que nous avons eu, encore un immense merci à toi Bruno! 


Au programme : 

Présentation de Bruno 

Le rapport à son corps et à l’alimentation durant l’enfance

Le début du trouble alimentaire

La difficile prise de conscience qu’il y a un problème

Comment il va aujourd’hui

Ce qui l’a aidé jusqu’ici

Ce que Bruno aimerait vous dire 


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Transcription

  • Speaker #0

    Bienvenue dans TCA, etc., le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour, parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Mitsono, et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie, les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes, et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur Flavie.mtca. Très belle écoute. Bienvenue Bruno dans le podcast. Alors attention, c'est un grand jour puisque tu es le premier homme à venir témoigner à mon micro. Donc un immense bienvenue. Oui, bien sûr, tu es le premier, tu ne savais pas.

  • Speaker #1

    Je n'ai pas encore écouté tous les podcasts.

  • Speaker #0

    Ouais, tu es le premier. Tu n'es pas du tout le seul homme à écouter le podcast, ça je le sais. Il y a un certain nombre d'hommes qui me suivent sur Insta et qui écoutent le podcast et qui peuvent m'écrire en off. J'ai aussi déjà accompagné des hommes dans mon travail, mais tu es le premier à venir témoigner et c'est trop chouette. Je suis vraiment contente que tu sois venu vers moi parce que je ne sais pas ce que tu vas me dire. Je ne connais pas ton histoire, mais ce que je sais, c'est que ça va forcément parler. à des hommes, à des femmes, à plein de monde. C'est trop bien aussi que tu viennes prendre la parole en tant qu'homme.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup, ça me fait plaisir. En vrai, je trouvais aussi que... C'est vrai que... Du coup, je reparlerai plus tard, mais je suis aussi suivi en ce moment dans un centre thérapeutique de jour. Et pareil, là-bas, je suis le seul homme, en tout cas, je sais qu'il y en a d'autres qui sont suivis ou qui, en tout cas, ont des rendez-vous, mais... qui participent aux activités, qui viennent au groupe de parole, personne, il n'y en a aucun, je suis le seul. Donc c'est vrai que c'est assez spécial pour l'instant, mais je pense que c'est quelque chose qui tend quand même à augmenter parce que je pense que les hommes ont et vont avec la société avoir de plus en plus de problèmes, pareil au niveau de TCA, rapport à l'alimentation, rapport au corps, tout ça. Et je pense que pour l'instant, juste, il y en a plein qui ont déjà des soucis, mais qui ne s'en rendent juste pas compte. Et voilà, quoi. Donc, ouais.

  • Speaker #0

    Ouais, je pense que c'est important, effectivement, de mettre en lumière. Je suis assez d'accord avec toi sur le fait que, malheureusement, je pense que la proportion d'hommes va vraiment augmenter chez les personnes qui souffrent de troubles alimentaires. Je pense que si on refait le point... et des études statistiques sur ce sujet dans 10-15 ans, ça aura explosé en fait.

  • Speaker #1

    Oui, je pense aussi. Parce qu'avec déjà tout ce qui est, tout cet avènement de la culture du corps, de la musculation, la mode, que ce soit la musculation, la course, tout le monde doit faire un marathon aujourd'hui, tout ce genre de choses, c'est quelque chose, je sais, qui moi aussi, mais encore plus les gens. plus jeunes que moi, les jeunes hommes et les jeunes femmes aussi. Les jeunes femmes aussi, pour tout le monde, c'est la même chose. Mais il y a ce besoin, la société qui te demande de devenir sportif, en plus d'être sportif limite à haut niveau, en plus d'être juste une personne normale, d'avoir un bon travail, de réussir à tous ses points de vue. Et donc, je pense, en tout cas, moi, c'est comme ça que je le vois. C'est peut-être un peu... pessimiste mais je pense qu'il y a beaucoup, il va y avoir de plus en plus de gens qui vont avoir des problèmes à cause de ça.

  • Speaker #0

    Bon on a déjà commencé à rentrer dans le sujet qui va être hyper intéressant c'est sûr mais est-ce que tu pourrais te présenter ?

  • Speaker #1

    Oui pardon.

  • Speaker #0

    Quelques mots pour que les personnes sachent un petit peu qui tu es déjà.

  • Speaker #1

    Alors du coup moi je suis, je m'appelle Bruno, je suis architecte, dessinateur de bande dessinée et Pizza Yolo aussi.

  • Speaker #0

    Trop cool. Tu fais beaucoup de choses, ça.

  • Speaker #1

    J'ai un parcours un peu spécial et ça a été un peu long avant de trouver quelque chose de stable, on va dire.

  • Speaker #0

    Ok, trop chouette. Et si tu es à mon micro aujourd'hui, c'est pour parler d'un sujet qui a dû aussi prendre de la place, en prend peut-être encore beaucoup aujourd'hui. En fait, je n'en sais rien, je vais découvrir avec les auditeurs et les auditrices. On va parler de troubles alimentaires. Tu le sais, si tu écoutes le podcast, j'aime bien faire un petit retour à l'enfance pour commencer l'échange. Et j'aimerais bien que tu me dises comment c'était toi quand tu étais un petit garçon. que ce soit dans le rapport à ton corps ou à l'alimentation, de quoi tu te souviens ?

  • Speaker #1

    Alors, ce qu'il faut savoir, et c'est une des seules choses que je, on va dire avant de faire le podcast, je ne savais pas trop comment j'allais pouvoir, on va dire, utiliser tout ça, mais c'est qu'en fait, de base, je suis quelqu'un qui n'a pas une très bonne mémoire, donc des souvenirs très clairs. Donc, par rapport aux choses de l'enfance, je me souviens de quelques trucs, mais je pense que Globalement, je ne suis pas sûr que ce soit tout juste. Mais peu importe, je vais parler de ce que j'ai moi. Par rapport aux souvenirs, on va dire qu'ils sont liés à l'alimentation. Je sais que j'ai quelque chose qui remonte quand même à il y a très longtemps. Il y a un moment, j'avais mon grand-père qui a fait une fête. Je ne sais plus exactement pourquoi, mais peu importe. Il y avait beaucoup d'invités. Et donc, beaucoup de parents et d'enfants, il y avait une table avec que des enfants, on était tous à manger. Et je me souviens de ce truc de, je sais que moi à l'époque, en fait, j'étais resté le dernier, j'étais le seul et le dernier à finir mon assiette. Là où tous les autres enfants avaient été partis jouer, ils faisaient des avions avec leurs serviettes en papier et tout. Et en fait, j'étais le seul à table à avoir tout mangé et finir mon assiette. Et je crois même que c'est quelque chose que, enfin moi j'en ai un souvenir vague du coup, mais je crois que c'est quelque chose qui a été noté par les adultes et qu'on m'a raconté après. Donc ça ce serait par rapport à la nourriture. Et par rapport à mon corps, en fait c'est assez particulier parce qu'en étant jeune, assez vite j'ai eu un peu, enfin j'ai eu un complexe par rapport à mon corps parce que j'étais très vite petit en fait. Et après, j'ai eu un retard de croissance. Donc, j'ai été suivi aussi en hôpital pour ça. Et en fait, ça a pris du temps. Et ce qui était un peu délicat, c'était que pendant longtemps, on m'a dit oui, en fait, votre croissance, elle va venir. Vous n'avez pas besoin de traitement. Mais bon, il faut quand même que vous soyez suivi parce que c'est un peu limite. Et donc, pendant longtemps, juste moi, je devais attendre. en plaçant ma confiance dans ce que me disaient les médecins. Et en attendant, je passais un peu des sales moments au collège et au lycée. Donc, je pense que ça, par rapport à mon corps, ça a été, on va dire, un bon départ d'une mauvaise relation. Oui,

  • Speaker #0

    ok. Quand tu dis que tu passais des sales moments, c'est que tu subissais des moqueries ?

  • Speaker #1

    Oui, clairement. En fait, je pense que déjà en primaire... Même si en primaire c'était assez ok, parce que j'étais petit, tout le monde n'était pas très grand non plus, mais j'étais déjà quand même dans une moyenne basse. Déjà là il y avait quelques remarques et à partir du moment où j'étais au collège, ça a commencé très vite à y avoir un bel écart quand même. Et ouais, c'est des remarques, je sais qu'il y avait des troisièmes qui venaient me voir souvent. parce que justement j'étais petit pour faire des blagues, ce genre de choses. Et puis ça, ça a continué au moins jusqu'au lycée, jusqu'en seconde.

  • Speaker #0

    Et qu'est-ce qui fait que ça s'est calmé après la seconde ?

  • Speaker #1

    Je pense qu'au lycée, les gens ont commencé à grandir un peu.

  • Speaker #0

    Oui, c'est marrant de le dire comme ça.

  • Speaker #1

    Oui, voilà.

  • Speaker #0

    Ils disaient que tu étais petit, mais c'était eux qui avaient besoin de grandir.

  • Speaker #1

    Oui, voilà. Et puis, c'était moins important. Et puis, j'ai commencé petit à petit à grandir à partir de la première, en vrai, et même un peu plus tard. En gros, première terminale, j'étais encore plus petit que quasiment tous mes camarades jusqu'au moment où après, je suis allé en études et là, j'ai fini de grandir vers entre 18 et 20 ans. C'est vraiment... Au point où, par exemple, quand je suis revenu à un certain moment et j'ai revu certains amis du lycée en se retrouvant plus tard, effectivement je les avais rattrapés et ils étaient tous surpris parce qu'ils avaient encore le fait que j'étais toujours plus petit qu'eux.

  • Speaker #0

    Ok. Tu penses que ça a joué quelque chose, tout ce que tu as vécu ? complexes que tu as développés et les moqueries que tu vivais, collège, lycée, est-ce que ça a joué quelque chose dans le rapport à toi-même d'une manière plus globale et sur ta façon de manger ? Quand est-ce qu'il y a quelque chose qui s'est un peu dérégulé dans ta manière de manger ? Tu dirais que ça a débuté à quel âge ça ?

  • Speaker #1

    En fait, on va dire que moi je ne suis pas je pense pas malade depuis... aussi longtemps que beaucoup de gens que j'ai pu croiser ou que pareil j'ai pu entendre sur ce podcast. En fait, en soi, je crois que ça fait à peu près 5 ans que vraiment j'ai des soucis, des PCA. Mais par contre, avant, jusque vers la fin de mes études d'architecture, donc jusque vers 22 ans, 23 ans, on va dire que ça allait. En fait, pendant longtemps, je pensais que je n'avais vraiment aucun problème. Et quand je vivais cette période, pour moi, il n'y avait pas de souci. Je mangeais en réalité ce que je voulais, dans les quantités que je voulais. Et je n'avais pas d'arrêt repensé par rapport à ça. Mais justement, en faisant mes suivis, ce genre de choses, dernièrement, j'ai quand même réalisé que je pense que je n'avais pas un rapport anodin à mon corps déjà à ce moment-là. et qu'il y avait déjà des soucis depuis longtemps. C'est clair que le complexe de ma taille n'est encore aujourd'hui pas réglé, même aujourd'hui je me trouve toujours très petit et j'ai encore beaucoup du mal à le vivre. En fait, je pense que c'est quelque chose qui est propre à ma personne, mais j'ai du mal à faire le deuil des choses que je fais. que je ne peux pas changer moi-même. Et c'est quelque chose que je n'arrive pas à accepter depuis très longtemps. Et je pense que ça a été, on va dire, un bon moteur de détestation corporelle, le fait d'être trop petit. Parce que du coup, en fait, au début collège, au même moment où on va dire, on commençait les moqueries et tout ça, J'ai commencé à faire des arts martiaux. Au départ, je suis tombé amoureux des arts martiaux et j'ai adoré ça. Mais très vite, j'ai cherché à être très bon. J'avais un peu le rêve de pouvoir en vivre, de devenir sportif professionnel là-dedans. alors qu'à l'époque ça n'existait pas du tout. Et du coup j'en ai fait pendant 10 ans et plus j'avançais, plus je m'imposais une discipline, on va dire dingue, jusqu'à ce que ça devienne monstrueux et que je détruise mon rapport avec ce sport-là parce que je me mettais trop de pression et j'avais plus aucun plaisir. à le pratiquer. Et encore aujourd'hui, je ne sais même pas si je pourrais le faire. Je suis désolé, je suis parti un peu dans tous les sens, j'ai l'impression, mais j'espère que c'était possible de suivre.

  • Speaker #0

    Oui, je pense. Je trouve que c'est intéressant parce que tu ouvres d'autres portes aussi, peut-être. Moi, ça me donne envie de te poser des questions quand je t'entends dire ça. Ce qui me vient tout de suite, c'est de me dire mais est-ce qu'il n'y a qu'avec ce sport-là... tu as agi comme ça ou est-ce que tu as l'impression que c'est un peu une facette de ta personnalité aussi, ce côté vivre le truc tellement jusqu'au bout, tu vois. Juste faire un peu le truc, ce n'est pas possible quoi. Il faut le faire à fond, il faut être le meilleur.

  • Speaker #1

    Ouais non, j'ai ça dans tout. En fait, au départ, à l'école, j'étais bon mais sans trop... Je ne travaillais pas non plus d'arrache-pied, je travaillais quand même assez, mais je n'avais pas cette exigence par rapport à l'école. Je crois aussi parce que je n'aimais pas spécialement ça, je ne me mettais pas trop de pression. Et en fait, cette relation que j'ai développée avec le sport, après, effectivement, ça s'est étendu dans tous les aspects de ma vie. Aujourd'hui, j'ai du mal, il faut que je fasse attention. C'est un travail que je fais, à ne pas être à ce point dans le perfectionnisme dans tout ce que je fais.

  • Speaker #0

    Et tu as des pistes d'explication de ça ? Pourquoi est-ce que tu fonctionnes comme ça ?

  • Speaker #1

    Je pense que... Alors pour moi, il y a plusieurs choses. Il y a déjà un besoin d'essayer une trace, je pense. C'est assez profond, mais je sais que depuis tout petit, j'avais eu des réflexions. Ça va paraître, je ne sais pas, un peu bête, mais en tant qu'enfant, je sais que je me disais, en fait, dans la vie... Si tu n'es pas quelqu'un comme Albert Einstein, par exemple, à partir du moment où tu meurs, tout le monde t'oublie. Et ça, je sais que j'ai eu très tôt comme réflexion. Et donc, je pense que ça, c'est quelque chose qui m'habite forcément, et qui me pousse à vouloir réussir, à vouloir trouver quelque chose, marquer un domaine ou quoi que ce soit. Et je pense qu'il y a aussi un... Il y a eu une relation un peu compliquée avec mon père et ce genre de choses qui a fait que du coup par opposition à ce qu'il était et à comment il vivait les choses, je voulais tout faire bien pour pas du tout lui ressembler. Je me suis vraiment construit pendant très longtemps. dans le rejet et dans l'opposition de mon père.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu as l'impression que c'est aussi ça qui s'est joué dans ton rapport à l'alimentation, que c'est ce perfectionnisme qui t'a fait basculer dans les troubles alimentaires ?

  • Speaker #1

    Oui je pense, clairement. De toute façon c'est quelque chose qu'on retrouve quand on parle avec des gens qui sont là. Tout le monde a un peu ce trait de caractère, même si en soi. Ce n'est même pas sûr que de base, c'est vraiment de caractère. Peut-être qu'à force, on développe juste ou en tout cas, on l'entretient aussi avec la maladie. Mais oui, c'est sûr qu'à partir du moment où un jour, en fait, comment je suis tombé dans la maladie, on va dire, puisque je faisais déjà du sport depuis très longtemps. Un jour, je me suis juste décidé, j'ai dit OK, je veux sécher un peu. Et donc à partir de ce moment-là, ça a été le début de la fin, j'ai commencé à réduire mes apports, à faire beaucoup plus de sport. Et en plus, j'avais les outils. Comme je faisais du sport depuis longtemps, je m'y connaissais quand même un tout petit peu en alimentation. Je savais comment manger correctement, manger moins ou moins calorique, on va dire. Ça a été assez facile de faire ces changements-là. Sauf qu'au départ, je ne m'en suis pas du tout rendu compte que je perdais et que ce n'était jamais assez, forcément.

  • Speaker #0

    Qu'est-ce qui fait que tu avais les outils, comme tu dis, pour le sport ? J'ai bien compris que ça faisait un moment que tu étais très sportif, mais tu dis que tu avais des connaissances en nutrition. Quoi faire, comment faire, qu'est-ce qui fait que tu t'étais autant intéressé à ça ?

  • Speaker #1

    En fait, je pense que de base, je suis quand même quelqu'un de très curieux. Et en plus, comme je voulais réussir dans mon sport, être quasiment professionnel, j'ai essayé de mettre tout de mon côté. Donc, en fait, j'avais lu quand même... des choses à ce sujet là, mais pas que, je m'informais par exemple juste sur l'histoire des sports, ce genre de choses, plein de choses comme ça. Et pareil, je pense qu'en même temps que j'ai grandi, il y avait aussi cet avènement de la musculation, l'arrivée aussi du fait que l'accès à ce genre d'informations, tout ce qui est euh calories, combien de protéines tu as besoin en fonction de ton poids de corps, ce genre de choses. En fait, ça a été le moment où ça a été de plus en plus accessible, on va dire juste quand j'en avais besoin. Et comme j'étais un peu tout seul dans mon projet de réussir à ce point-là, du coup, j'étais en fait mon coach, j'étais mon... préparateur sportif, je m'occupais tout de moi tout seul donc je cherchais à... à savoir un peu tout dans tous les domaines pour pouvoir être le plus performant possible.

  • Speaker #0

    Oui, j'ai bien compris que la performance, ça avait une place importante dans tes livres à tous les niveaux. Et du coup, tu dis que tu as commencé en mode finalement dans quelque chose qui était habituel pour toi, parce que justement, tu avais déjà eu l'habitude d'aller chercher plein d'infos pour être toujours plus performant. Donc là, ce jour-là, tu t'es dit tiens, enfin si d'ailleurs, attends, avant d'aller plus loin, question quand même. Pourquoi est-ce que tu t'es dit tout d'un coup, tiens, j'aimerais sécher ? De quoi c'est parti, ça ?

  • Speaker #1

    Parce que pendant longtemps, justement, je pense qu'il y avait le fait que longtemps, je me trouvais trop petit. Et je sais que depuis que j'étais au collège, j'ai toujours trouvé qu'on ne voyait pas assez mes abdos. Et c'était quelque chose qui m'habitait. qui était là et pendant longtemps, on va dire que j'y prêtais pas spécialement attention parce que justement je considérais que mon corps était tel qu'il devait être pour le sport que je faisais et que du coup, dans une certaine mesure, son aspect était ok pour ça puisque en gros, à force de m'entraîner et tout ça, il se modulait. comme il devrait être pour qu'il soit le plus efficace. Et en fait, c'est arrivé à un moment où je remettais en question justement le fait de cette pratique. Et comme je disais, je n'avais plus autant de plaisir à en faire et tout. Et en gros, j'ai reçu ce truc de « Ah tiens, ce serait peut-être sympa qu'on voit un peu plus mes ados » . Et en fait, pour être tout à fait honnête, c'est venu aussi en même temps après un an. on va dire, j'étais amoureux de quelqu'un et ce n'était pas possible. Et du coup, je pense qu'il y a eu le besoin de retrouver du contrôle sur mon corps et de me trouver plus désirable. Donc en fait, il y a eu ces deux choses en même temps et je pense que du coup, ce n'était pas le bon côté.

  • Speaker #0

    Et tout jeune, c'est surprenant quand même, parce que les premières fois où tu t'es dit on ne voit pas assez mes abdos, tu étais tout jeune. À qui tu te comparais à ce moment-là ? Qu'est-ce qui te permettait de te dire on ne les voit pas assez mes abdos ?

  • Speaker #1

    Alors, le seul truc dont je me souviens, c'est qu'en fait, j'avais revu une photo de moi encore plus jeune, où quand j'étais plus petit, je crois que du coup j'étais assez sec. Et du coup, en voyant cette photo-là, je m'étais dit, « Ah putain, j'ai changé, c'est plus pareil. » Et de base, ça a été ça. Et puis après, forcément, je me comparais aux gens qui réussissaient dans mon sport. Et ça a été un peu des deux à force.

  • Speaker #0

    En même temps, je trouve ça hyper intéressant ce que tu as dit par rapport au sport où j'ai l'impression que ça a été un garde-fou pendant longtemps. Du coup, tu avais une forme de confiance dans ton corps. Ton objectif était le sport et tu avais confiance dans ton corps, dans le fait qu'il était comme il devait être pour cette pratique. Je trouve ça assez fou et assez génial. Et c'est fou aussi à quel point ça a changé, ça s'est un peu brisé, au moment où tu lâches un peu ce sport et du coup, hop, tu remets le focus sur ton corps. En fait, au lieu d'être dans cette confiance, là, tu reviens à un truc où tu veux le maîtriser. et le changer quoi.

  • Speaker #1

    Ouais ouais, alors c'est passé de, effectivement, comme t'as dit, une source de confiance à juste en fait un outil pour me faire souffrir quoi au final.

  • Speaker #0

    Ouais, c'est clair, ça me fait penser, tout à l'heure je disais que t'étais le premier homme à témoigner, après je me suis dit « Ah, faudrait pas qu'il prenne mal » , il y a Jordan qui avait témoigné quand même, mais Jordan qui était venu au titre de coach sportif, qui a osé parler aussi quand même de ses troubles alimentaires, ce qui était hyper courageux. mais qui venait plutôt avec un aspect professionnel. Et ce que tu dis me fait penser vachement à l'échange que j'avais eu avec lui aussi, sur un rapport au sport à la base qui est plutôt sain et porteur, et qui se transforme finalement.

  • Speaker #1

    Pareil, quand j'avais écouté son témoignage, je me retrouvais effectivement dans pas mal de choses quand même.

  • Speaker #0

    Bon, et donc du coup, tu me dis, OK, je me dis, tiens. Et si je devenais un peu plus sec, tu mets en place des outils que tu avais déjà. En fait, tu fais des choses que tu étais déjà en mesure de faire. Donc, tu es dans une sorte de maîtrise. Et il y a un moment donné où ça bascule et où tu dis au début, tu ne le sens pas. À quel moment tu comprends que tu as des troubles alimentaires et est-ce qu'il y a des gens qui ont été un peu alertés autour de toi ?

  • Speaker #1

    En fait, ça a été assez particulier parce que du coup, personne n'a vraiment vu grand chose. Maintenant, quand je revois les photos, ça se voit quand même que j'étais plus maigre, même si là, depuis, je n'ai pas encore repris tout le poids que j'avais perdu. Mais en tout cas, sur le début... ça se voyait que j'avais beaucoup perdu mais comme justement tout le monde savait que je faisais beaucoup de sport que tout ça personne s'est vraiment trop posé de questions et et en plus c'était dans un moment où je finissais mes études d'architecture donc je travaillais beaucoup et en fait juste je voyais pas beaucoup ma famille quoi je voyais des potes avec qui j'étais tous les jours mais pareil justement eux ils sont pas posés trop de questions à ce sujet là et Moi j'ai mis du temps à réaliser que j'avais ce problème là. En fait le souci c'est que j'ai été à ce... Je pense qu'au départ j'ai eu une phase d'anorexie mentale. Et donc je réduisais tous mes abords jusqu'à manger quasiment plus rien dans mes journées. Et puis je faisais quasiment un triathlon chaque matin. C'est un crèche. Mais du coup, ça n'avait vraiment aucun sens maintenant que j'y repense. Mais c'était comme ça qu'à l'époque, ça fonctionnait pour moi. Et du coup, j'ai quand même beaucoup maigri, mais assez vite. En fait, je crois que j'ai quand même eu ce truc d'avoir des compulsions. Parce que, en fait, avant, comme j'ai toujours fait beaucoup de sport, j'étais habitué à quand même manger beaucoup. et mon corps avait besoin d'énergie. Et donc les compulsions sont arrivées très vite et je me souviens quand même souvent de moments où on m'invitait au resto et je finissais des assiettes de tout le monde, je pouvais reprendre de tout et plein de choses et en fait encore une fois ça passait inaperçu parce que c'était déjà plus ou moins quelque chose que je faisais avant. Et du coup, c'est comme si rien n'avait vraiment changé. Et donc ça, c'était un peu difficile. Et forcément, ça ne m'aidait pas à me rendre compte que j'avais un souci non plus. Puisque personne ne s'en rendait compte. Pour moi, c'était difficile. Et à un moment, quand même, j'ai commencé à avoir la peau qui a commencé à jaunir. Vraiment, je n'avais plus d'énergie pour rien. Et justement, je commençais à avoir des moments de compulsion où je me sentais un peu bizarre. Je sentais vraiment que je perdais le contrôle, que je ne pouvais plus m'arrêter, que je faisais des repas qui étaient vraiment… Enfin, je sentais que ce n'était vraiment pas normal quoi. Et c'est là que j'ai commencé à me dire, bon, il y a peut-être un problème. Mais après, de là à me dire, ok, je fais peut-être de la norixie ou de la boulimie et ce genre de choses, ça a été encore vraiment plus long.

  • Speaker #0

    Oui. Et quand tu as commencé à te dire « Ok, il y a peut-être un problème » , est-ce que tout de suite tu as cherché des infos à ce sujet ? Est-ce que tu as cherché de l'aide ? Est-ce que tu en as parlé autour de toi ?

  • Speaker #1

    Au début, pas trop, non. Je crois que j'étais un peu dans le déni quand même. En fait, j'avais juste pas envie de reprendre le poids. Et j'en avais trop peur. J'en ai toujours très peur, plus aujourd'hui. mais ouais j'avais pas envie de reprendre de quoi j'avais pas et j'ai commencé à en parler petit à petit mais en fait c'était des choses qu'on pas suffit donc j'ai quand même pu faire des petits changements et avancer dans ma vie en fait mais pendant longtemps c'est resté quand même dans un rapport où ouais je fais du sport à outrance et J'avais beaucoup de contrôle dans mon alimentation, on va dire, et avec des crises, des compulsions de temps en temps. Et en gros, je pense que là, ça a été comme ça à peu près pendant 4 ans.

  • Speaker #0

    Ah ouais, quand même. Pendant 4 ans, tu étais dans cette phase restriction-compulsion où tu te dis, ouais, ok, effectivement, les phases de perte de contrôle. c'est tellement difficile en plus à vivre qu'on est un peu obligé de se dire attend il y a un truc qui va pas mais en même temps bon c'était un peu devenu ton quotidien et tu faisais avec quoi ouais c'est ça surtout qu'en plus assez vite j'ai déménagé donc j'étais loin de ma famille j'étais à l'étranger donc j'avais pas de d'accès aux soins ou en tout cas beaucoup plus difficile fin parce que du coup j'avais pas de sécurité sociale donc il fallait que je paye tout de ma poche si je voulais n'importe quelle faire n'importe quoi quel examen ou quoi que ce soit. Donc forcément ça n'aidait pas à progresser dans la guérison. Et c'est pour ça que, au bout d'un moment, il n'y a pas longtemps, j'ai dû décider de redéménager, revenir pour entamer un suivi parce que ce n'était plus possible.

  • Speaker #1

    Ok, c'est ça qui t'a fait rentrer ? Oui,

  • Speaker #0

    oui, oui. Oui, j'étais trop mal, je ne pouvais plus. Je ne pouvais plus gérer ça tout seul. Il a fallu que je rentre.

  • Speaker #1

    À qui tu en as parlé ? La question que je me pose, c'est déjà, est-ce que tu as des proches à toi qui sont au courant aujourd'hui de ce que tu vis ?

  • Speaker #0

    Oui, quasiment tout le monde dans ma famille est au courant. Ma mère, mes soeurs, mon père. D'ailleurs, quand j'ai voulu rentrer, j'ai dû prévenir mon père. Ça faisait cinq ans que j'étais malade. Il m'a dit que je n'avais rien vu. Il n'était pas au courant. Ma mère, je lui en avais parlé déjà depuis quelques temps. Donc, elle, elle savait. Mais du coup, elle ne pouvait pas faire grand-chose malgré me soutenir, on va dire par téléphone de temps en temps, quand ça n'allait vraiment pas. Et voilà, pardon, je suis désolé, je crois que j'ai oublié la question.

  • Speaker #1

    C'était de savoir si tu en avais parlé à tes proches, parce que je sais que c'est quelque chose de… de difficile.

  • Speaker #0

    Ouais, non, c'est possible.

  • Speaker #1

    Je ne peux pas m'empêcher de me dire que peut-être c'est encore plus difficile du fait d'être un homme, parce que déjà, en fait, c'est hyper répandu, les troubles alimentaires, mais ça reste assez tabou pour la majorité des gens. Et puis, c'est quand même, encore aujourd'hui, majoritairement féminin. La population qui souffre de TCA est majoritairement féminine. Et du coup, j'imagine, en tout cas, c'est ce que je promets, que moi, c'est encore plus dur d'en parler de ta place d'homme.

  • Speaker #0

    Alors je sais pas parce que je pense que pour moi ça a jamais été trop un problème parce que je sais que ma famille elle est assez à l'écoute donc j'ai pas eu trop peur de leur en parler et même mes amis que je me suis fait en école d'architecture avec qui je suis très très proche. j'ai réussi à leur en parler on va dire assez tôt je pense parce que je sais pas je suis quelqu'un quand même pas trop trop de mal à exprimer certaines choses je crois et qui sont surtout quand c'est important comme ça en fait par exemple juste pour reprendre l'exemple de mes amis d'école d'architecture en fait il y a un moment je leur ai dit écoutez il faut que je vous parle parce que Justement, il y avait une période où quand on finissait notre diplôme, j'avais des comportements bizarres. J'ai changé d'un moment à un autre. Peut-être que vous ne l'avez pas beaucoup remarqué, mais c'était ça. C'est parce que j'ai commencé à avoir des troubles du comportement alimentaire. Et ça me tenait à cœur de vous l'expliquer parce qu'on est très proches et j'avais envie que vous compreniez pourquoi j'ai peut-être été… plus forcément le même que celui que vous avez connu les années d'avant. Parce que, clairement, les troubles du comportement alimentaire, ça te change. Et je ne sais même pas si je redeviendrai normal, on va dire, une fois que je serai guéri.

  • Speaker #1

    Qu'est-ce que tu veux dire par là ? Tu serais OK pour en dire davantage sur ce que ça a changé en toi, des comportements peut-être que tu as eus ? Quand tu dis « je redeviendrai normal » , du coup, qu'est-ce que… que tu vis, peut-être encore aujourd'hui, qui est anormal selon toi ?

  • Speaker #0

    C'est juste des choses bêtes, mais par exemple, aller moins en soirée, sortir moins parce que soit tu es en train de faire du sport, ou parce que tu penses que si tu bois un verre, ou si tu manges quoi que ce soit, du coup ça ne correspond pas avec ce que toi tu avais prévu. Je sais que aussi, quand je mangeais très peu, j'étais beaucoup plus... J'ai jamais été quelqu'un de colérique mais j'avais des accès d'énervement. Je sais aussi que de base je suis quelqu'un de quand même assez joyeux. qui va faire beaucoup de blagues et pendant longtemps juste la fatigue et l'épuisement que ce soit physique et mental juste a fait que genre profondément je me sens et je me sentais plus le même plus capable de d'être la personne que j'étais avant en fait parce que les troubles du comportement alimentaire prenait trop de place dans ma tête parce que j'étais épuisé à à marcher des kilomètres et des kilomètres. par jour en plus de faire 5-6 séances de muscu par semaine enfin voilà quoi des trucs complètement et ce qu'il faut savoir c'est que en plus j'ai eu des blessures en même temps donc par exemple il y a un moment où je me suis cassé une vertèbre qui n'était pas liée aux troubles du comportement alimentaire mais j'ai quand même entre guillemets réussi à maintenir le sport à outrance justement en marchant comme un dingue ou ce genre de choses. Ce qui est assez terrible, c'est que la maladie était tellement forte, alors même que je devais prendre soin de mon corps, m'arrêter, qu'il y a des moments où ce n'est pas possible.

  • Speaker #1

    Et tu as peur de jamais redevenir celui que tu es à la base ?

  • Speaker #0

    Oui, au fond, je pense un peu. Même si je pense qu'en grande partie, je vais pouvoir... on va dire me reconnecter à qui je suis vraiment mais je pense que je serai à jamais un peu changé en vrai après ce que je te souhaite c'est que tu sois à jamais changé mais en

  • Speaker #1

    gardant que le positif dans le sens où je crois sincèrement et là je vais parler de mon expérience mais pas que du nombre de personnes quand même que j'ai croisé sur le chemin là depuis 4 ans et demi On retrouve la légèreté, on retrouve la rigolade facile, les sorties et la liberté d'esprit. C'est-à-dire de ne plus du tout penser à ça. Quand tu sors, tu as profité avec tes potes et il n'y a plus de questions sur les calories dans l'alcool, dans la bouffe, tout ça. Tout ça, ça se retrouve. Par contre, là où je te rejoins, je crois que cette expérience, elle change à tout jamais. Mais ça fait mûrir de fou aussi. Tu es en thérapie et tout. Tu as déjà, là, certainement appris énormément sur toi. Et tu vas continuer. Et tu vois, tu as déjà vachement de recul sur ton fonctionnement, sur ce côté très perfectionniste, sur tout ça. Et du coup, ce que je te souhaite, franchement, c'est juste que tu ressortes de tout ça avec que le bon, c'est-à-dire, bon, ok, je me connais. Donc, il faut que je fasse gaffe à y aller mollo dès que je me lance dans un truc. Il faut que je sois attentif, assis à ça, et que le reste soit derrière toi.

  • Speaker #0

    Ouais, en fait, effectivement, déjà, merci. Mais ce qui est aussi assez dur, je trouve, pour moi, c'est que justement, j'ai l'impression quand même d'être assez clair avec mon fonctionnement et tout ça. Mais j'ai beaucoup de mal à faire changer les choses et à ne pas continuer à vivre comme ça. Donc, après, c'est pour ça que je me fais suivre, que j'ai besoin d'entamer un parcours. cours de soins sérieux parce que justement tout seul c'était vraiment pas gérable et j'arrive pas c'est même pas possible tout seul quasiment c'est hyper rare je pense de guérir des troubles du comportement alimentaire tout seul ouais je pense aussi mais

  • Speaker #1

    ce que tu dis c'est vraiment la différence entre le pourquoi et le comment et très souvent, moi je me reconnais dans ce que tu dis à l'époque où j'étais presque fatiguée d'aller chez les psys Salut ! J'arrivais, j'étais capable d'expliquer exactement pourquoi j'en étais là. Tout était limpide dans ma tête. Mais comment je peux en sortir ? Ça, j'avais l'impression que personne ne pouvait m'y aider. Tu vois le truc ? Bon, après, moi, je suis plus vieille. Je parle d'un truc d'il y a des années. Et du coup, franchement, je n'ai jamais trouvé de thérapeute spécialisé vraiment sur les troubles alimentaires. Et à l'époque, il n'y avait pas encore les TCC qui sont prouvés comme étant aujourd'hui les thérapies les plus efficaces. les thérapies cognitivo-comportementales les plus efficaces, pas pour tout mais pour les troubles des corps voilà aujourd'hui il y a vraiment des outils qui permettent d'agir sur le comment et c'est très juste ce que tu dis effectivement je pense qu'on peut tout comprendre en plus dans les TCA on a cette faculté à tout intellectualiser donc voilà, ça c'est pas le souci mais derrière c'est ok il faut passer à l'action et il faut y aller il faut prendre le risque d'y aller Et même d'y aller avec la peur, la peur de grossir, la peur de tout ce que ça pourra engendrer. Comment tu vas aujourd'hui ? Comment tu dirais que tu vas ?

  • Speaker #0

    C'est une bonne question. En fait, du coup, je suis rentré en France depuis plusieurs mois maintenant. J'ai commencé ce parcours de soins qui m'aide beaucoup. Et c'est sûr qu'il a fait changer beaucoup de choses. Mais en même temps, en tout cas pour l'instant... La maladie a beaucoup évolué on va dire et là je traverse des moments où c'est vraiment très compliqué. J'ai eu des périodes d'amélioration, j'ai même eu il n'y a pas si longtemps, peut-être il y a un mois, un mois et demi, une grosse période où pendant deux semaines j'ai fait aucune crise, j'ai mangé tout à fait normalement. Pendant ces deux semaines-là, je me disais, ça y est, je suis guéri, c'est bon. C'est comme ça d'être guéri, c'est génial, trop bien. Et depuis, j'ai une période qui est vraiment compliquée, où j'ai une grosse, grosse prudence des compulsions, avec des compensations que je ne faisais pas avant. Et donc, c'est très difficile à vivre pour moi. Mais du coup, heureusement que je suis suivi et que je vais pouvoir... continuer à essayer d'en parler. Là, il n'y a pas très longtemps, avec l'infirmière qui me suit, on a quand même évoqué le fait potentiellement de, si ça continue, d'envisager une hospitalisation quand même, juste pour être dans un cadre comment dire, beaucoup plus réglé et pouvoir avoir l'esprit. pouvoir laisser moins de place à la possibilité de faire des compulsions, ce genre de choses.

  • Speaker #1

    Ça a repéré quelque chose qui aurait pu expliquer le fait que ça rebascule comme ça ? Il y a eu quelque chose, un événement, une prise de poids, une perte de poids, un truc en lien avec le sport ?

  • Speaker #0

    En fait, j'avoue que je ne sais pas trop. Il y a eu beaucoup de choses qui sont arrivées en même temps. J'ai signé un contrat avec une maison de publication pour une bande dessinée, ce qui était mon rêve depuis petit. C'est trop bien,

  • Speaker #1

    félicitations.

  • Speaker #0

    Merci, merci beaucoup. Donc ça, ça a été incroyable et c'était de la meilleure nouvelle de mon année, j'étais très content. Mais en même temps, j'ai aussi signé un contrat pour un travail alimentaire, parce que pour l'instant, vivre... que de l'ABD, ce n'est pas possible. C'est du coup un travail qui est exigeant, qui me demande du temps. J'étais en période de probation encore jusqu'à maintenant. C'est un travail en restauration. C'est assez fatigant. Forcément, en restauration aussi, il y a le fait que la nourriture est disponible tout le temps, ce genre de choses. Et puis, je pense qu'aussi au niveau de... de mes émotions et de ce que je peux ressentir par rapport aux autres ou à moi-même. Dès qu'il y a quelque chose d'un peu fort, je ne sais pas les gérer. Donc, ça se transforme assez rapidement en crise. Et je pense que du coup, tout cet ensemble de choses qui arrivaient tout d'un coup fait que ça fait un ensemble un peu explosif. Et que du coup, là, en ce moment, dès que j'ai le moindre truc... ça part en vrille assez vite.

  • Speaker #1

    Je vois. Et puis, on n'imagine pas à quel point les bonnes nouvelles, les émotions, je ne vais pas dire positives, mais plutôt agréables, peuvent aussi être déclencheurs. Oui. Comme je vois bien chez les personnes que j'accompagne, la perte de poids est souvent plus un déclencheur qu'une prise de poids. Sur le retour des compulsions. Quand j'entends ce que tu dis sur la publication qui représente un rêve de gosse, je ne peux pas m'empêcher de me dire, qu'est-ce que c'est venu réactiver chez toi de la perfection que tu dois avoir. Aussi en lien avec ton corps, l'envie d'avoir la maîtrise de tout ça. Je peux facilement imaginer que finalement, c'est déclencher des choses un peu anxiogènes.

  • Speaker #0

    Bah ouais je pense aussi, en fait au début quand j'ai reçu la confirmation, forcément j'étais très content. Effectivement tout le monde m'a dit mais c'est trop bien et puis ça va te donner de la force par rapport à ce que tu vis et tout, ça va aller mieux. En fait c'est comme si tout d'un coup il fallait que à cause de cette nouvelle tout était réglé en fait. Et même moi je m'étais dit, pour moi ça a été aussi un moteur de recevoir cette confirmation. de publication, je m'étais dit ok, ben, c'est cool parce qu'effectivement, je peux me motiver, je peux essayer de me dire que, ok, ben, mon objectif, c'est effectivement que ça aille de mieux en mieux pour pouvoir vraiment faire la meilleure bande dessinée que je peux faire, quoi. Et, mais voilà, mais en même temps, là, c'est pas simple, quoi.

  • Speaker #1

    Mais oui, mais oui. Je trouve ça vachement difficile. Et bon, voilà, on ne peut pas en vouloir à tes proches qui ont juste envie que tu ailles mieux. Mais il y a souvent beaucoup de maladresse parce qu'il y a beaucoup de méconnaissances du trouble alimentaire. Et de dire, ben voilà, ça y est, trop bien, ça va t'aider, ça va aller mieux. Il y a une attente presque des proches que ça aille mieux, mais c'est bien plus complexe que ça. Oui,

  • Speaker #0

    et parce qu'il y a aussi le truc de ça fait des années que je travaille pour avoir un contrat comme ça. Et donc, entre guillemets, c'est ça y est, tout est réglé. Donc, maintenant, c'est bon. Tu peux vivre du dessin. Donc, tu vas être content, quoi, en fait. Et donc, si tu es content, tu n'as plus besoin d'avoir des problèmes avec l'alimentation. Il n'y a plus de souci. Tu n'as plus de problème avec ton corps. Tu n'as plus de problème avec le sport. C'est bon, c'est fini. Alors que malheureusement, ça ne marche pas comme ça.

  • Speaker #1

    Non, c'est clair. OK. Qu'est-ce qui… Comment je pourrais te demander ça ? Qu'est-ce qui t'a aidé ? jusqu'ici parce que tu as vécu pas mal de choses sur les dernières années j'ai l'impression que ça a quand même beaucoup bougé qu'est ce qui t'a aidé et qu'est ce qui c'est un peu bizarre comme question mais qu'est ce qui va t'aider tu penses à l'avenir alors

  • Speaker #0

    qu'est ce qui m'a aidé en vrai c'est un ensemble de choses forcément en parler aux gens autour de soi ça c'est je pense que forcément ça déjà ça enlève comme un poids même si tu peux pas parler de tout même si on vit des choses parfois qui sont tellement bizarre ou tellement spécial on en arrive à faire des choses tellement extrême je veux dire avec son corps que il ya certaines choses pensent qu'ils sont juste pas partageable ou c'est pas forcément souhaitable d'échanger avec des gens avec qui tu es très proche de ce genre de choses. Donc voilà, mais en tout cas, de pouvoir quand même aborder un peu le sujet, je pense que déjà, ça, ça aide. Ensuite, il y a forcément être suivi, ça, c'est le plus important pour moi. Depuis que j'ai un suivi, quand même, je pense qu'il y a beaucoup de choses qui ont changé, même s'il y a des évolutions qui sont difficiles, tout ça, en fait, je sais qu'il y a des gens derrière moi, il y a des gens à qui je... peux en parler si vraiment ça va pas comme je les évoquais tout à l'heure peut-être qu'il faudra que je me fasse hospitaliser s'il ya besoin que ça passe par ça je passerai par ça mais au moins je sais que je suis pas tout seul et je pense que ça c'est vraiment le plus important parce que c'est trop dur en fait si nous en il ya ensuite il ya ouais et aussi justement ton podcast ou d'autres, mais le tien effectivement quand je suis tombé dessus je trouvais que c'était très intéressant puisque le mix entre les témoignages et quand même les... on va dire les... enfin moi je me suis fait des fiches du coup sur ton podcast, des choses très concrètes et tout et ça ça aide pas mal je pense et voilà après je pense que en soi aussi le plus important c'est d'essayer des trucs. Moi, je sais que j'ai essayé plein de choses, qu'il y a des choses qui marchent sur un moment et qui m'aident sur un moment et qui, peut-être, le lendemain, elles ne marchent plus. Mais si déjà, ça fait que pendant quelques minutes, quelques heures, quelques jours, tu te sens mieux, c'est déjà pas mal.

  • Speaker #1

    C'est clair.

  • Speaker #0

    Et puis, voilà. Donc, qu'est-ce qui m'aidera plus tard ? J'avoue que je ne sais pas, parce que là, j'en suis quand même à un point où j'ai essayé beaucoup de choses. Et j'avoue qu'il y a un peu quand même de découragement ces derniers temps vis-à-vis de la dureté des moments. Mais comme dit, je vais essayer de continuer à essayer ce qu'on me propose et à essayer de changer des choses dans comment je vis, comment je... Je gère mes émotions, comment j'aborde mes repas, ce genre de choses. Je pense que tout n'est pas perdu, mais c'est juste que parfois, c'est dur de savoir justement ce qui va t'aider.

  • Speaker #1

    Mais est-ce qu'il y a des choses que soit les professionnels qui te suivent t'ont proposé de faire ou des choses que tu as entendues, lues et que tu n'as pas encore osé mettre en place, par exemple ?

  • Speaker #0

    Je ne crois pas pour l'instant. Pour l'instant plus ou moins tout ce que les professionnels m'ont proposé de faire j'ai dit oui et j'ai fait ou je suis en train de le faire. Et de ce que j'ai vu ou lu, pareil j'essaye. Après je ne dis pas que je le fais forcément bien tout de suite. Mais en général j'essaie de le mettre en place et souvent ça marche. C'est aussi par exemple pour ça que j'avais une période où ça allait bien.

  • Speaker #1

    mais ouais je pense que ça reviendra j'espère c'est à peu près sûr que ça va revenir t'as cette force de mettre en place les choses, d'expérimenter c'est génial c'est une force incroyable et ce que t'as vécu sur ces deux semaines où il n'y a plus de compulsion je sais à quel point c'est violent quand ça te revient en pleine figure mais ce truc là tu l'as vécu donc tu sais que ça existe tu sais que ça existe Merci. ça va revenir en fait et quoi qu'il arrive c'est génial de l'avoir expérimenté et de l'avoir vécu dans ton corps parce que du coup c'est pas juste un truc dont on te parle ou une oasis au loin comme ça,

  • Speaker #0

    une illusion non tu sais que ça existe oui c'est vraiment possible je sais que je peux y arriver effectivement c'est déjà vachement bien est-ce que t'as l'impression qu'on a fait le tour de ce dont t'avais envie de parler ou est-ce qu'il y a des trucs sur lesquels je t'ai pas emmené ? Non, en vrai, je pense qu'on a fait le tour.

  • Speaker #1

    Il y a une question que j'aime bien poser aux personnes qui viennent discuter avec moi pour terminer l'épisode, c'est de proposer de t'adresser aux personnes qui nous écoutent et qui sont peut-être dans les troubles alimentaires plus, plus, plus, qui ont peut-être déjà essayé plein de trucs ou pas encore. Enfin, peu importe, en fait, on ne sait pas qui nous écoute, on sait juste qu'il y a des chances que ce soit des gens qui n'aillent pas très bien. Qu'est-ce que tu aurais envie de leur transmettre comme message ?

  • Speaker #0

    Moi, j'ai envie de leur dire que je peux comprendre. On a tous envie d'abandonner un moment. Et j'ai rencontré des gens qui sont malades depuis tellement longtemps et avec qui c'est tellement, pour eux, une partie de leur vie qu'ils n'ont plus envie de guérir, qu'ils ne cherchent plus à guérir. Et je trouve que c'est tellement triste d'en arriver là, parce que par exemple, les personnes que j'ai rencontrées pour qui c'est ce cas-là, en fait, c'est des personnes qui sont des belles personnes, qui sont intéressantes, qui peuvent avoir des beaux sourires, qui sont gentilles et pourtant qui souffrent tellement, qui du coup... dans l'incapacité de pouvoir avancer. Donc, oui, continuer à essayer des choses et ne pas lâcher parce que c'est vraiment trop dommage. Oui.

  • Speaker #1

    Oui, ne pas lâcher. Et expérimenter. Merci, franchement, c'est top. Je suis contente que tu mettes l'accent sur l'expérimentation parce que c'est quelque chose, c'est une chose sur laquelle j'insiste beaucoup. Je sais que... Quand on souffre d'un TCA, on intellectualise beaucoup et c'est important de commencer par comprendre avec sa tête et c'est OK. Mais une fois qu'on a compris, il faut y aller, quoi. Parce que sinon, il ne se passera rien. Et je trouve ça cool que tu mettes l'accent là-dessus.

  • Speaker #0

    Merci.

  • Speaker #1

    Merci, un immense merci pour cet échange. Je suis hyper contente d'avoir discuté avec toi.

  • Speaker #0

    Merci à toi, je suis très content aussi.

  • Speaker #1

    Je suis vraiment... Je suis reconnaissante aussi du fait que toi et toutes ces autres personnes veniez vers moi pour échanger avec moi et que vous m'accordiez de la confiance aussi, que ce soit par l'écoute du podcast, mais par le fait de venir témoigner. Merci beaucoup. C'était hyper riche. Et franchement, je te souhaite tout le meilleur. Et comme on disait tout à l'heure, je te souhaite juste de garder le bon de cette étape de ta vie, parce qu'il y a du bon à en tirer, et puis de te libérer de tout le reste.

  • Speaker #0

    D'accord. Merci beaucoup, c'est très gentil, ça fait plaisir. Et merci à toi pour la plateforme et pour l'aide que tu lui as apportée. Je pense que c'est très important. Et comme nous tous, je pense que ce soit toi ou... nous qui venons témoigner, en fait, le fait qu'on se retrouve autour de ça, c'est parce qu'on a envie que les autres gens qui vivent la même chose aillent mieux et on sait à quel point ils souffrent. Et donc, c'est cool. Merci pour ça et merci d'avoir mis ça en place.

  • Speaker #1

    Merci beaucoup. À bientôt. Ciao. Un grand merci à toi qui est encore là à la fin de cet épisode. Comme je te le dis souvent, ton soutien est super important. C'est même ça qui permet au podcast d'exister encore aujourd'hui. Alors, si mon contenu t'apporte de l'aide d'une quelconque manière que ce soit, sache que tu peux m'en redonner à ton tour. Pour ça, il y a plusieurs façons de faire. Tu peux tout d'abord partager le podcast, en parler autour de toi, à tes proches mais aussi à des professionnels. Tu peux laisser 5 étoiles, notamment sur Spotify ou Apple Podcast, ou laisser ton meilleur commentaire. Mais depuis peu, j'ai aussi apporté une nouveauté qui te permet de me soutenir encore plus. plus concrètement avec de l'argent. Effectivement, tu trouveras en description de cet épisode un lien qui te permettra de faire un don à la hauteur de ce que tu trouves que ce podcast t'a apporté. Merci, merci beaucoup. C'est grâce à ton soutien que ce travail va pouvoir continuer. Je te souhaite de prendre soin de toi autant que ce sera possible et je te dis à très bientôt sur un nouvel épisode. Ciao !

Chapters

  • Présentation de Bruno

    04:11

  • Le rapport à son corps et à l’alimentation durant l’enfance

    05:08

  • Le début du trouble alimentaire

    10:22

  • La difficile prise de conscience qu’il y a un problème

    25:04

  • Comment il va aujourd’hui

    39:48

  • Ce qui l’a aidé jusqu’ici

    46:49

  • Ce que Bruno aimerait vous dire

    52:36

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