Speaker #0Bienvenue dans TCA etc, le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Mizzono et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie, les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes et pour ce faire mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur flavie.mtca. Très belle écoute ! Pourquoi est-ce que tu as l'impression de réussir seulement quand tu te prives ? C'est la question à laquelle on va tenter de répondre aujourd'hui dans ce nouvel épisode de TCA etc. Bienvenue par ici et bonne écoute ! Pour mieux comprendre pourquoi cette réussite associée à la privation est ancrée chez toi, Il faut repartir au tout début de tes troubles alimentaires. Et il faut noter que pour l'immense majorité des personnes, les débuts des troubles alimentaires coïncident avec une perte de poids ou au moins un désir de perte de poids. À la base, je voulais même dire ça coïncide forcément avec un désir de perte de poids et je me suis corrigée parce qu'un certain nombre d'entre vous ont perdu du poids de manière complètement involontaire mais ont été tellement valorisés, se sont sentis tellement mieux dans ce corps-là. pas tant parce qu'en vrai elles sont beaucoup mieux mais parce que la société survalorisait ce nouveau corps, que c'est devenu un stress énorme de reprendre du poids et que de là les troubles alimentaires se sont installés. Donc il faut bien imaginer que quand on ne veut surtout pas grossir ou qu'on est dans un désir de perdre de poids, eh bien on fait le lien au bout d'un moment avec l'alimentation parce qu'on nous balance sans arrêt que... On pourrait changer son corps selon ce qu'on mange et que voilà, tout ça, ça paraît très facile. Et que donc réussir à se priver, ça devient un pas vers la réussite de l'objectif. Pour la majorité d'entre vous, l'objectif de votre vie, ça a été d'être plus mince ou de le rester ou en tout cas d'améliorer votre apparence corporelle. Bon, eh bien quand ça c'est l'objectif total de ta vie, finalement tout ce que tu fais qui te donne l'impression que tu vas aller vers ça... C'est une forme de réussite. Ouais, c'est bon, je suis sur le bon chemin, etc. Donc ça, c'est quand même une énorme piste d'explication qui fait que tu continues de penser que, même si aujourd'hui t'es dans un esprit de libération de tout ça et peut-être sur le chemin de guérison, ça me semble normal que, si ça a été l'objectif de ta vie depuis toujours, que ben ouais, tu continues de penser que réussir, c'est se priver. Alors même que ça va peut-être à l'inverse de ce que t'es en train de travailler avec ton ou ta thérapeute. Une autre piste d'explication, c'est le fait qu'on vit, j'ai déjà dit un peu tout à l'heure, mais dans une société qui survalorise un certain type de corps, mais qui survalorise aussi surtout la maîtrise de soi et la performance. Et donc se maîtriser lorsqu'on a envie de manger, se maîtriser et donc s'empêcher de manger, ne pas répondre à ses envies de manger, ça devient une force, une qualité, voire même une valeur morale. Je fais partie des personnes qui ont vraiment une volonté d'acier, qui sont capables de s'empêcher de manger. Il y a quelque chose comme ça qui peut aussi expliquer que tu as l'impression de réussir que quand tu te prives. Parce que oui, il y a un truc un peu ambiant comme ça dans notre société qui est complètement délirant. À mon sens, c'est aussi délirant que si on survalorisait les gens qui étaient capables de se retenir, de faire pipi toute la journée. Ouah, mais attends, tu te rends compte ? Elle n'est pas allée aux toilettes de la journée. Ah, le truc de fou ! Elle ne fait pipi qu'une fois quand elle arrive chez elle le soir. Ouais, super ! En fait, en entendant ça, ça vous paraît sans doute un peu débile. Et puis surtout, on peut facilement se dire « Attends, quel problème de santé elle va déclarer en lien avec ça ? » Combien de troubles urinaires ? Combien de problèmes de vessie ? Combien de problèmes peut-être du rétro ? J'en sais rien. Eh ben oui, mais c'est la même chose. Tu ne peux pas imaginer ne pas répondre à un besoin physiologique tel que celui de manger sans que ça ait des conséquences en fait sur ta santé. Mais il n'empêche que voilà, aussi fou que ça puisse paraître, ou justement le problème c'est que ça ne paraît plus assez fou, mais moi ça me paraît vraiment dingue, aussi dingue que ça puisse me paraître, eh bien notre société survalorise le fait de se maîtriser dans son comportement alimentaire et donc bien souvent de ne pas répondre à ses envies, mais parfois non plus à ses besoins. Et puis, il y a ce côté très performatif qui est dans notre société. On est censé tout réussir, tout le temps. Et en fait, on est censé faire toujours plus et toujours mieux. Et cette façon d'agir a complètement glissé même sur notre comportement alimentaire. En ce moment, on entend beaucoup de critiques sur le développement personnel et j'ai envie de dire c'est tant mieux. Je pense que comme dans beaucoup de choses, tout n'est pas à jeter mais il est temps d'inverser la tendance. C'est-à-dire que s'il y a des conseils qui pourraient être utiles, sympas dans le développement personnel... L'ambiance globale qui a été créée, l'état d'esprit qu'on nous vend aujourd'hui en étant très imprégné du développement personnel, c'est quelque chose à mon sens d'hyper toxique, qui prône la non-écoute de soi, qui prône la compétition et donc potentiellement l'écrasement des autres. Le fait d'être toujours la meilleure version de soi, donc en fait il faut toujours être mieux que l'autre, et moi je trouve ça déjà un peu questionnant, mais mieux que soi. En fait, aujourd'hui, je dois être mieux que celle que j'étais hier. Mais pourquoi ? Pourquoi ? Dans quel objectif ? Est-ce que ça va me rendre plus heureuse ? Non, je ne suis pas sûre. Ça va me rendre plus performante peut-être, mais au service de quoi ? De mon propre bonheur ou d'un mécanisme sociétal auquel je n'ai pas forcément envie d'adhérer ? Donc je vous invite à remettre aussi toutes ces questions de performance en question quand on voit que... On va nous conseiller, si on a l'impression de ne pas avoir de temps pour soi, si on ne fait pas assez de sport, on va nous conseiller de nous lever une heure plus tôt pour aller faire du sport. Mais au secours ! Est-ce qu'on ne peut pas juste remettre en question l'organisation de nos sociétés ? Alors c'est sûr que ça ne va pas régler le problème tout de suite, genre tu n'as pas le temps de faire du sport. Et du coup, moi je te dis, bah non, mais le problème c'est que tu bosses 9 heures par jour. Oui, mais pour le moment tu n'as peut-être pas le choix. Encore que, peut-être que si, en réalité. Je pense qu'il y a un certain nombre de personnes aussi qui se sentent toujours le devoir de faire plus, De rester toujours une heure de plus au boulot alors que personne ne leur a demandé. Ou de toujours faire plus en termes de ménage, d'entretien à la maison alors qu'elles pourraient demander davantage aux conjoints à la maison et prendre cette heure-là de linge, de ménage, de cuisine ou je ne sais quoi pour avoir un peu de temps pour soi. En tout cas, ouais c'est compliqué d'avoir du temps pour soi. Oui c'est compliqué de faire du sport pour un certain nombre de personnes. Mais le problème, il est vachement plus structurel qu'individuel. Et je trouve ça vachement dur de se faire entendre dire que c'est des fausses excuses, que quand on veut, on peut et qu'il suffirait de se lever une heure plus tôt. Petite parenthèse, mais ce discours « quand on veut, on peut » , c'est un discours très masculin de jeune homme blanc. Tu vois, tu... Je ne sais pas, entre 25 et 30 ans. C'est un peu le discours typique. Ces mecs-là, par définition... ne porteront jamais de bébé, ne sont pas des femmes et donc ne savent pas ce que c'est que de grandir en tant que femme aussi et de la charge qui pèse sur nous même encore en 2026 dans un système familial. Et donc voir ce genre de type qui se spécialise sur les réseaux sociaux pour accompagner des femmes et notamment par exemple des femmes qui viennent d'accoucher pour leur dire que bien sûr qu'elles ont le temps, que c'est une question de choix et tout ça, au secours. Ça me donne envie de vomir franchement. Donc merci de prendre du recul par rapport à ça. En tout cas, moi je vous le conseille parce que ça ne peut que vous soulager. Et donc attention à ce système très performatif dans lequel on évolue qui, donc je le disais, j'ai pas mal divagué mais qui a beaucoup glissé aussi sur la question de l'alimentation et en fait on doit être performant aussi sur ce qu'on mange quoi, c'est un truc de fou. Voilà, on est complètement obsédé par les protéines. Par exemple, aujourd'hui, je pense qu'il y a beaucoup de gens qui mangent un quota de protéines qui serait équivalent à celui d'un grand sportif alors qu'ils ne sont pas de grands sportifs. C'est pas... Enfin, il y a des choses qui peuvent être anodines, il y a des choses qui peuvent être plus dangereuses en fait. Le danger principal, je le vois au niveau de la dérégulation de votre comportement alimentaire mais il y a aussi à d'autres niveaux, c'est-à-dire que manger... beaucoup de protéines, ça peut causer d'autres problèmes en termes notamment d'élimination pour le corps. Bon, c'est pas mon sujet de prédilection, je vais pas rentrer là-dedans. En tout cas, je suis pas sûre qu'on soit censés performer tout le temps. Et que... avoir des assiettes parfaites chaque jour, je crois que surtout c'est un énorme piège. Et que ça nous fait perdre de vue le fait que notre corps, il est censé se réguler aussi tout seul sur l'alimentation, même si on a le droit d'y mettre une attention et une intention et de faire des choix conscients. Mais il n'empêche qu'on n'est pas censé performer sans arrêt sur tout et notamment pas sur l'alimentation. Mais ça peut expliquer le fait que... plus de contrôle, plus de privation pour toi c'est égal à la réussite parce qu'on baigne quand même vachement là-dedans. Il y a une autre piste d'explication qui peut te faire ressentir ça, c'est le vocabulaire que tu as fait, tiens, que tu as internalisé. Là encore on évolue dans quelque chose de très axé diet culture et culte de la minceur qui font qu'on a tout un vocabulaire qui va avec et ce vocabulaire devient notre façon de penser. Ça m'a fait un gros tilt l'autre jour lors d'un rendez-vous individuel avec une des femmes que j'accompagne. Parce qu'en fait, on a bien avancé et tout déjà, et à un moment donné, elle m'a parlé de craquage. Je lui ai dit mais qu'est-ce que c'est que cette histoire de craquage ? C'est quoi craquer pour toi ? Alors que finalement, là où on est rendu, vraiment, elle a beaucoup avancé, déconstruit plein de trucs et c'était comme un relan de diète culture qui était encore dans son vocabulaire mais aussi dans ses pensées. Heureusement qu'elle l'a nommée, puisqu'on a pu agir dessus. En fait, elle parlait de craquage alors même qu'elle travaille à l'inverse. C'est-à-dire qu'elle est en train de chercher à enlever toute la restriction, et notamment la restriction cognitive. Sauf qu'il y a ce mot de craquage qui est arrivé, qui est sorti de nulle part et qui était encore relié au fait de ne pas suivre la règle comme il faut, ne pas réussir à se restreindre. Et donc là, on est en plein dedans quand tu te poses peut-être cette question de dire mais bon sang de bonsoir, pourquoi est-ce que pour moi forcément réussir c'est relié au fait de me priver de manger ? Ben tu vois, si toi t'as évolué là-dedans ou si ta maman elle a passé son temps aussi à faire ça, à faire attention et à parler de craquage et à associer les craquages à de la culpabilité, au fait d'échouer. Bon ben voilà, tu vois, c'est hyper internalisé. Que tu sois capable de voir où se situent les explications qui te font ressentir ça, c'est de pouvoir aussi agir directement dessus. Si je reprends l'exemple de performer, je vous invite vraiment à vous décaler de cet objectif-là. Mais déjà, ce serait peut-être intéressant de le questionner. Je veux faire mieux pour quoi ? Pour qui ? Qu'est-ce que je crois que ça va m'apporter ? au final dans ma vie, est-ce que ça va m'apporter plus de bonheur, plus de bien-être, plus de sérénité ? Peut-être creuser vraiment cette question-là. Regardez si vous êtes dans la réalité, c'est-à-dire que parfois on va se dire « bah ouais, si je performe, alors je serai forcément plus heureuse » . C'est intéressant de déconstruire, décortiquer un peu. Ok, qu'est-ce qui te fait penser que tu seras plus heureuse ? Qu'est-ce qui, dans le fait de performer, va t'emmener vers plus de bonheur ? Aller décortiquer parce que souvent c'est des trucs tout faits qu'on nous a fait avaler encore une fois beaucoup sur les réseaux alors qu'en réalité quand on décortique ça n'a pas énormément de sens. Donc peut-être commencer par se poser sur cette question là. Ensuite choisir consciemment de se décaler de cet objectif là. Peut-être que performer, faire toujours mieux n'est plus l'objectif. Peut-être qu'on peut se dire mon objectif c'est de vivre pleinement maintenant. Vivre pleinement maintenant... C'est pas nécessairement de s'accrocher à cet objectif de perte de poids, de se lever plus tôt pour faire ci, d'être la meilleure, d'avoir des assiettes parfaites. Vivre pleinement maintenant, c'est déjà vivre un peu plus aujourd'hui, moins dans le passé qui est souvent emprunt de nostalgie ou d'émotions un peu tristounettes j'ai envie de dire. Oh là là, c'était tellement mieux avant, oh à cette époque-là j'étais mince, etc. Et pas non plus dans le futur, même si bien sûr on se projette etc. Mais pas que dans le futur, pas que dans tiens quand je serai mince, là mon objectif dans trois mois j'aurai perdu tant de poids. Et finalement d'avoir l'impression d'être dans une espèce de parenthèse, de salle d'attente de ce futur tu vois. Mais dans ce qui se déroule maintenant. Parce que ce qui se déroule maintenant c'est des moments qui ne se rattrapent pas. Et donc tu peux vivre beaucoup plus maintenant. Et ça c'est assez différent que de choisir de performer. Souvent choisir de performer, c'est en lien avec déjà de la validation extérieure, beaucoup. En lien avec le regard de l'autre qui va dire « waouh, c'est bien ou c'est super » . Et c'est souvent en lien avec du futur en fait, de « tiens comme ça je vais faire ci, atteindre ça » . C'est cool d'avoir des projets, c'est cool de se projeter, c'est pas ça le problème. C'est juste qu'il ne faut pas oublier de vivre maintenant en fait. Il y a aussi le fait d'arrêter de vouloir toujours faire mieux, mais déjà commencer par être juste dans le faire de son mieux. Et avoir en tête que faire de son mieux, c'est forcément en lien avec les possibilités du moment. Et que ces possibilités du moment, elles sont ultra variables. Je précise parce que faire de son mieux pour moi, ça peut être aussi toxique que faire toujours mieux. Faire de son mieux, pour certaines personnes, et je sais que vous êtes nombreuses à m'écouter, les perfectionnistes, là je vous vois, pour vous toutes, les reines du perfectionnisme, faire de son mieux, c'est beaucoup trop élevé. En fait, faire de son mieux, ça peut être ultra différent d'un jour à l'autre. Il y a des jours où vous aurez l'énergie et l'envie aussi de faire de votre mieux. Et il y a des jours où ce sera hyper lourd, hyper pesant. Et que faire de son mieux dans ces jours-là, c'est ne pas chercher à faire mieux. Faire de son mieux, c'est déjà vivre sa journée. C'est déjà avancer, mettre un pied devant l'autre. C'est déjà se lever, s'habiller et peut-être emmener les enfants à l'école pour certaines. Peut-être d'autres, allez travailler. Enfin, peu importe en fait, mais ce sera déjà énorme. Arrêtez d'attendre de vous toujours plus et même au-delà de ça, arrêtez d'attendre de vous toujours quelque chose d'équivalent. Ce n'est pas parce qu'un jour tu as été capable de te lever, de faire un brin de ménage, de t'occuper des gosses, de bosser, de rentrer, de faire à manger et peut-être même une séance de sport que tu es censé faire ça tous les jours. C'est super ! Il y a eu une journée où tu as été capable de faire des trucs de fou trop bien, bravo à toi, félicite-toi, sois heureuse d'avoir des journées où tu es capable de ça. Mais si tu veux que tu aies des journées où tu t'en sens capable naturellement et où tu prends du plaisir, il va falloir accepter qu'il y ait des journées où tout soit difficile et que tu aies peut-être beaucoup plus envie ou peut-être juste envie de rester au fond de ton lit. Et que déjà ces jours-là, c'est énorme de vivre une vie normale, c'est-à-dire sans performer. Pour revenir sur le vocabulaire diète-culture, volonté, craquage, tout ça, j'aimerais aussi vous inviter à faire très attention à ça et à virer ce genre de vocabulaire de votre façon de parler mais aussi de votre façon de penser. Je pense que c'est ultra intéressant d'inverser les objectifs. On pourrait utiliser, si vous avez envie de continuer à utiliser ce genre d'objectif, Attention, je vais mettre des warnings quand même, mais admettons, vous êtes encore dans ce truc de craquage, réussite, échec. Le craquage, quand on a envie de sortir des troubles alimentaires, c'est pas de manger du chocolat ou une deuxième part de gâteau. Le craquage, quand on veut sortir des troubles alimentaires, c'est d'avoir cédé à la petite voix du contrôle. C'est d'avoir cédé à cette voix qui disait que non vraiment, t'es... pas assez bien pour faire ci, que t'es trop grosse pour t'habiller comme ça, que t'es vraiment pas à ta place pour aller à cette soirée ou oser dire ci ou ça à ton conjoint que non, tu n'as pas le droit de manger cette part de gâteau et puis le lendemain tu t'es tapé une grosse crise sur du gâteau comme par hasard. Tu vois mais en fait t'as craqué face à la voie du contrôle c'est intéressant de vraiment inverser ça pour aller vers une vie épanouie et sans troubles alimentaires, cette notion de craquage devrait être mise sur l'inverse de d'habitude. Où jusqu'ici, justement, tu as l'impression de réussir uniquement quand tu te prives. Et bien finalement, là, la réussite est du côté de l'écoute. Elle n'est pas nécessairement à l'inverse du côté de manger. Sortir d'un trouble alimentaire, ce n'est pas passer son temps à manger, c'est être capable de s'écouter et de répondre à ses besoins. Réussir n'est pas se priver, réussir c'est s'écouter. Il y a un dernier point super important pour vous aider à ne plus mettre tout ça au centre, c'est le fait d'essayer de vous décaler de la perte de poids. En fait, mon propos, ce n'est pas de dire « arrête d'avoir envie de maigrir » . Je veux dire, bon, ça réglerait tellement plein de problèmes. C'est comme si je vous disais « oui, arrête d'avoir des troubles alimentaires » . Non, mon propos, c'est de dire « ok, peut-être qu'il y a cette perte de poids qui est... » présente à ton esprit, et comme je le disais plus tôt dans l'épisode, qui a peut-être été l'objectif de ta vie depuis toujours, donc on ne va pas pouvoir l'effacer comme ça. Mais tu vois, c'est comme si tu dessinais un énorme cercle qui représentait ta vie, tout ce qu'il y a dans ta vie. Eh bien, il y a des chances que la perte de poids pour toi, elle soit pas mal au centre de ce cercle-là. Moi, ce que je te propose, c'est de la prendre, ne pas la virer du cercle parce que... Tu n'y arriveras pas, en fait. Ce serait peut-être l'idéal, mais encore, je ne sais même pas. Ce serait peut-être trop déstabilisant pour toi. Non, l'idée, c'est que tu la mets un peu sur le côté. Et peut-être qu'au milieu de ce cercle, la perte de poids, c'est un énorme rond bien central et qu'on peut réussir à un tout petit peu la rendre moins grosse, mais surtout... la décaler. On met ça un peu sur le côté, de manière à ce que tu n'aies plus que ça sous les vieux. Si tu regardes ta vie, que ce soit plus le truc tout le temps central, que tout dans ta vie ne soit pas teinté de ça. Parce qu'en fait aujourd'hui c'est ça. Si tu fais du sport, c'est orienté pour ça. Quand tu t'habilles, ton but c'est toujours de t'amincir. Quand tu manges, tu penses qu'à ça. Quand tu passes un moment avec tes enfants, potentiellement t'es encore en train de penser à ça. Si ton amoureux ou ton amoureuse te fait un câlin, peut-être que toi tu ne penses qu'à ça et à ces parties de ton corps qu'elle sent par exemple en te serrant dans ses bras. Donc il y a ce truc très central et l'idée c'est de « ok » . Cette envie de perdre du poids, mon propos ce n'est pas de dire qu'elle n'existe plus, c'est qu'on la décale un petit peu pour t'alléger et retrouver du plaisir à vivre plein d'autres choses. Tu ne peux pas prendre de la distance. avec l'image de ton corps si toutes tes journées sont orientées pour changer ton corps, tu vois. Donc peut-être que tu perdras du poids en plus sur le chemin, moi j'en sais rien du tout. Donc en fait l'idée c'est pas de dire anti-perdre de poids, non c'est ok, on met pas ça au centre. Souvent ce que tu vises dans ton objectif de perdre de poids, et d'ailleurs je t'invite là aussi peut-être à passer à l'écrit et à te poser pour réfléchir, ok, pourquoi je veux perdre du poids ? Qu'est-ce que j'imagine de mieux dans ma vie ? À quoi ça va me servir de perdre du poids ? Qu'est-ce que je vise en fait ? Souvent, les personnes visent le fait de se sentir mieux dans leur peau. Pourquoi tu veux te sentir mieux dans ta peau ? Pour pouvoir faire plus ci et ça et ça. Ok, pourquoi tu veux faire plus ci, ça et ça ? Ben, pour être épanouie, pour être heureuse. Tu vois, au final on va tirer les objectifs, il y a moyen qu'on arrive à quelque chose de cet ordre là. Ok. En fait, ce que tu veux, c'est être heureuse. Ce que tu veux, c'est être épanoui et vivre pleinement ta vie. On est d'accord ? Bon, ça, on va le remettre au centre de ta vie. C'est ça qu'il faut poursuivre. Tu n'as pas besoin d'attendre de mincir pour poursuivre cet objectif. Et peut-être que la perte de poids jusqu'ici, pour toi, c'était le seul moyen d'y arriver. Et peut-être d'ailleurs, je le redis encore une fois, peut-être que tu perdras du poids et que ça t'aidera à y arriver, mais il y a plein d'autres moyens. Tu peux ajouter plein de choses en fait. Et plus tu ajouteras toutes ces autres choses, tous ces moyens de vivre tout de suite pleinement ta vie, moins la perte de poids sera centrale et mieux tu te sentiras dans ta peau. Je te propose un petit exercice. Je te propose de réfléchir à l'écrit, je trouve ça toujours plus efficace, à ce que tu ferais si tu étais dans un corps que tu aimes. Si ça y est, tu avais perdu du poids ou pas, en fait on peut imaginer aussi que t'es dans un corps que tu aimes alors qu'il n'a pas bougé, mais sans doute que tu vas... utiliser ton imaginaire pour aller plutôt vers le changement de ton corps. En tout cas, tu es complètement satisfaite de ton corps. Tu n'as pas honte de ton corps et tu te sens plutôt bien dedans et voilà. Ok, tu te projettes là-dedans. Maintenant j'aimerais que tu réfléchisses à ce que ça changerait dans ta vie. Qu'est-ce que tu ferais ? Qu'est-ce que tu aurais aussi de différent ? Qu'est-ce que tu ferais en termes d'activité ? Comment tu te comporterais ? Qu'est-ce que tu dirais aussi ? Est-ce que tu aurais une façon différente de t'exprimer ? Comment tu t'habillerais ? Quels sont les vêtements que tu porterais ? Est-ce qu'il y aurait des changements au niveau de la forme, de la longueur des vêtements, de la couleur des vêtements, du tissu ? Qu'est-ce qui serait différent pour toi ? Comment ça jouerait sur tes relations à ton avis ? Que ce soit personnel, familial et même professionnel dans ton travail. Est-ce qu'il y a des choses que tu oserais plus faire au niveau de ton travail ? Est-ce qu'il y a des sports que tu commencerais à faire. J'aimerais que tu poses vraiment tout ça par écrit, que tu prennes le temps nécessaire pour le faire et peut-être pour y revenir dans les jours qui vont venir. Et une fois que tu as tout ça décrit, j'aimerais que tu choisisses au moins trois choses que tu décides de tester, de mettre en place dès aujourd'hui. Parce qu'en fait, il y a fort à parier qu'il y a des tas de choses que tu t'empêches de vivre en étant accrochée à l'idée que tu seras légitime quand tu seras plus mince ou que tu auras un corps qui te plaît plus. Sauf qu'en réalité, tu as tous les droits de vivre tout ce que tu veux et de dire ce que tu veux et de faire les choix que tu veux dès aujourd'hui sans attendre que ton corps change. Donc je te propose de choisir trois choses et de fixer une date dans laquelle tu vas essayer ces choses-là. Alors ça dépend si c'est des toutes petites choses, par exemple. Si tu dis « Ah je porterais de la couleur rouge, j'adore cette couleur mais j'ose pas parce que je trouve que ça attire trop le regard sur moi. » Ben tu peux te dire dans un premier temps, tu pourrais t'acheter un foulard rouge, une écharpe rouge, des petites choses, tu vois des tout petits détails rouges qui seraient peut-être pas ultra engageants et ça, ça peut peut-être se faire rapidement. Donc ça veut dire que tu peux peut-être le cumuler avec une autre chose. Si c'est des choses un peu plus longues, difficiles à mettre en place, alors étale plus. Tu peux te dire que les trois choses, tu peux décider d'en faire une par semaine, donc ça te prendra trois semaines, ou t'auras besoin de deux semaines pour en mener une, puis ensuite tu t'attaqueras à l'autre, ou tu les feras un peu en parallèle parce qu'elles vont ensemble. Peu importe, l'idée c'est que tu réfléchisses à ces choses-là, que tu en sélectionnes trois et que tu te mettes en action vraiment. Ne minimise pas ce que ça peut t'apporter. dans le fait de changer la façon dont tu vis les choses dès aujourd'hui, changer aussi le rapport que tu as à ton corps et changer, parce que c'était le thème quand même de l'épisode, cette impression de réussir uniquement quand tu te prives de manger. Ça, ce sera vraiment efficace. Bon, j'espère que t'auras trouvé des outils dans cet épisode de podcast et qu'il t'aura parlé. 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