Speaker #0On a tous cette habitude, on s'accroche à une relation, à un travail, à une identité, à une routine. Pas parce que ça nous rend vraiment heureux, mais parce que c'est connu. Et ce qui est connu, par nature, rassure. Ton cerveau préférera toujours un inconfort familier à une incertitude nouvelle. Alors on reste, on attend, on espère, on s'invente des excuses. Bienvenue dans ce nouvel épisode de The EvoMind, revenir à soi-même. Aujourd'hui, on va explorer ensemble pourquoi la peur du changement est intimement liée à nos attachements. Pourquoi derrière l'impression d'être perdu, on sait souvent déjà ce qu'on veut, mais on n'ose pas. Et comment la clarté et la structure deviennent finalement l'antidote pour assurer ton système nerveux et t'aider à avancer malgré la peur. Mon intention, c'est que tu sors de cet épisode avec une vision plus lucide de là où t'en es aujourd'hui. Et surtout, avec des repères simples pour avancer, pas à pas, sans rester prisonnier ou prisonnière. de l'attachement. Bonne écoute ! Pour commencer cet épisode aujourd'hui, j'ai envie de te parler de ce premier obstacle finalement à la peur du changement. Qu'est-ce qui nous empêche de changer, d'opérer des changements dans sa vie ? Et une des causes, ça va être celle de l'attachement. Et là du coup, j'ai envie de te parler de Boris Cyrulnik, un grand neuropsychiatre et psychanalyste français, qui est très connu pour avoir... popularisé en France le concept de la résilience. Et dans son dernier livre, il parle notamment de cette différence entre l'amour et l'attachement. Et qu'est-ce qu'il nous dit justement ? L'attachement, c'est avant tout une recherche de sécurité. Il nous explique que l'enfant s'attache à son parent pour survivre, et adulte, on va s'attacher à une personne, à un lieu, à une idée. Même parfois à une institution, parce que ça nous donne une base stable. Mais l'attachement, du coup... à deux faces. Il peut soit être sain et servir de socle qui nous équilibre, soit il peut devenir une forme de dépendance qui va nous enfermer et nous empêcher d'évoluer. Et c'est exactement ce qui se joue dans cette peur du changement. On croit parfois avoir peur de l'inconnu, mais en réalité ce qu'on redoute le plus au-delà de cette peur de l'inconnu, c'est finalement de perdre nos attaches. Et c'est là que l'attachement devient un faux refuge. le piège dans lequel on tombe. Il faut comprendre que quand t'es attaché, ce qui te retient, c'est pas forcément ton cœur, mais c'est la peur. La peur de perdre, la peur de manquer. Alors ce qui va se passer, c'est qu'on va rester. On va rester dans des situations qui ne nous conviennent plus forcément, qui sont pas au plus bonnes pour nous, mais qui restent confortables, dans le sens où elles nous sont familières. Tu vas rester par exemple dans une relation qui nourrit plus ton âme, parce que au moins tu sais à quoi t'atteindre. Ou bien tu vas rester dans le job qui te vide parce que c'est stable et la stabilité c'est précieux. Ou bien tu restes dans des habitudes qui t'élèvent plus mais qui te donnent l'impression de contrôler quelque chose. En surface, l'attachement il te sécurise, il te rassure. Mais dans la profondeur de ton âme, l'attachement il t'immobilise. L'attachement il t'entretient dans une forme de brouillard et il va surtout te drainer dans cette énergie vitale que t'as à l'intérieur de toi. L'attachement, c'est ce qui va t'empêcher de voir. Les portes qui s'ouvrent devant toi, toutes ces possibilités qui s'offrent à toi, mais que t'as pas encore envie d'aller regarder parce que t'as peur. Et c'est ces peurs qui font que t'en viens à te dire à un moment donné « Je suis perdue, je sais plus ce que je veux, j'arrive plus à savoir ce que je veux vraiment. » Pourtant c'est pas vrai, tu sais déjà ce que tu veux plus. Et au fond, tu sais aussi ce que tu veux. Le problème c'est pas le manque de clarté. C'est ce que la peur de ce que cette clarté implique. Ça arrive, c'est ce qui se passe avec mes coachées, quand elles viennent me voir, elles me disent « je suis perdue, je ne sais plus du tout où j'en suis » . Mais en réalité, la personne, elle n'est absolument pas perdue, elle est juste figée par la peur. Je vais te donner un exemple d'une cliente que j'ai eue il y a quelques mois, qui était venue vers moi en me disant « je suis perdue, je ne sais vraiment plus quoi faire de ma vie » . Elle avait tout quitté pour partir vivre à l'étranger. Elle pensait que la distance allait lui donner des réponses. Et finalement, après des mois loin de tout, elle est revenue avec cette même boule au ventre, le même poids. Elle n'avait pas obtenu ses réponses en partant plus loin. Parce que ce n'est pas parce que tu changes d'endroit que tu vas d'un coup avoir de nouvelles réponses qui vont émerger. Il doit y avoir aussi un processus conscient, un effort fait pour laisser la place justement à ces réponses d'émerger. Mais surtout parce que... Le plus souvent ce qui empêche d'accéder aux réponses, c'est la peur. C'est parce qu'il y a une couche en fait entre la question que tu te poses et la réponse. Ce qui crée ce flou au milieu, ce manque de clarté, très très très souvent, c'est une peur. On a aussi parfois des croyances évidemment, mais en général de toute manière la peur est en elle-même aussi une croyance. Il y a une croyance forcément sous-jacente derrière. Et tant que tu ne l'as pas changée, tu ne pourras pas mettre en place de nouvelles actions dans ta vie. C'est pour ça que dans les accompagnements en coaching, les croyances, le travail sur le mindset, les croyances, les peurs, c'est... le premier travail qu'on fait ensemble parce qu'il n'y aura pas de passage à l'action tant qu'on n'a pas été creusé et regardé qu'est-ce qui t'empêche d'atteindre cette clarté, qu'est-ce qui te fait peur aujourd'hui, qu'est-ce que ça vient dire, qu'est-ce qui se joue à l'intérieur de toi. Et donc, dans ce cas, avec cette cliente, en creusant, évidemment, on s'est rendu compte d'une chose. Elle n'était pas confuse. Elle savait déjà ce qu'elle voulait. Elle savait aussi très bien ce qu'elle ne voulait plus. Mais ce qui l'empêchait d'avancer aujourd'hui, c'était la peur de ce que... ça allait impliquer ce qu'elle voulait au fond d'elle-même. Parce que voir clair, ça oblige à choisir. Et choisir, c'est accepter de perdre quelque chose. C'est faire un deuil. Parfois un deuil d'une ancienne version de soi. Parfois le deuil d'une relation. Parfois le deuil d'une part de son identité. Parfois le deuil d'un endroit où t'as habité. Et c'est d'un coup entrer dans l'inconnu. Alors la prochaine fois que tu te dis « je suis perdue » , pose-toi la vraie question. Est-ce que je manque de clarté ? Ou est-ce que j'ai peur de trouver les réponses ? Est-ce que j'ai peur de ce que la clarté va m'apporter ? Parce que tant que tu restes dans l'attachement, c'est ta peur qui pilote ta vie. Mais dès que tu choisis la clarté et que tu donnes ensuite une structure pour avancer, c'est toi qui reprends le volant. Et c'est comme ça que la clarté et la structure deviennent finalement l'antidote pour calmer cette peur, cette peur du changement. Alors comment on la dépasse cette peur ? La clé évidemment c'est pas de te jeter dans le vide, mais c'est avant toute chose de rassurer ton système nerveux pour qu'il arrête de confondre changement égal danger. La clarté c'est quoi ? Quand on dit qu'on manque de clarté sur quelque chose, c'est pas forcément obtenir toutes les réponses, mais c'est parfois avoir les réponses, là où les réponses, qui vont nous permettre d'accepter, de voir la réalité telle qu'elle est. et Trois couches selon moi de clarté qu'on peut aller explorer dans ce type de situation. La première, c'est ce qu'on appelle la clarté du réel. Qu'est-ce qui est indéniablement vrai aujourd'hui, qui ne peut pas être contredit ? La deuxième couche, c'est d'aller observer la clarté du désir. Qu'est-ce que je veux vraiment au-delà de la peur, au-delà de cette peur que j'ai au fond de moi ? Et la clarté des non négociables. Qu'est-ce que je ne veux absolument ? plus tolérée dans ma vie. Dès lors que tu as de la clarté sur ces trois couches-là, donc le réel, le désir et les non négociables, tu as toutes les réponses dont tu as besoin pour pouvoir avancer, malgré l'incertitude de ce qui va se passer par la suite. Parce que cette clarté-là, elle va te permettre de poser déjà une première base, une première structure. Parce que la clarté seule, tu ne peux pas en faire grand-chose. Mais la structure, les actions que tu vas mettre en place, C'est ce qui va t'apporter justement ce filet de sécurité. Et ce filet de sécurité, c'est ce dont tu as besoin pour apaiser ton cerveau. Cette partie primitive de ton cerveau qui envoie des signaux d'alerte à ton système nerveux, comme quoi il y a un danger face à toi. Et pour ton cerveau, le danger c'est quoi ? C'est justement cet inconnu devant lui. Cet endroit où il n'y a plus d'attache, cet endroit où il n'y a plus de confort. Cet endroit inconnu pour le système nerveux. Donc comment le sécuriser ton cerveau ? En lui montrant justement que tu as déjà des réponses et que depuis ces réponses, tu vas pouvoir poser certaines actions. Ça va être par exemple transformer, je veux quitter ce job. Ok, comme ça, ça peut faire peur, je veux quitter ce job. La clarté et la sécurité, ça va être ok. Je vais commencer par mettre de côté par exemple 100 euros par semaine. Et d'ici vendredi, je vais envoyer une candidature. C'est passer juste de cette idée qui peut paraître un peu écrasante ou trop énorme pour ton cerveau, à la marche suivante. Et ça peut être aussi ce qu'on appelle cette notion un peu des petits pas. C'est exactement ces petits pas-là qui vont permettre de calmer ce qui se passe à l'intérieur de toi. C'est ce qui va permettre petit à petit de sortir du chaos et d'avoir... une trajectoire beaucoup plus claire sur la suite, beaucoup plus claire et surtout beaucoup plus sécurisante par rapport à la suite. Et pour t'aider du coup, j'ai décidé de te partager aujourd'hui un petit protocole en trois étapes que tu peux tester dès maintenant. La première étape, c'est de revenir à ton corps. Pourquoi ? Parce que avant de faire le travail dans la tête, on veut d'abord revenir dans le corps. Et donc pour ça, on va faire un exercice de respiration. Je ne le dirai jamais assez. Mais la première chose à faire quand tu as une crise d'angoisse, de l'anxiété, que tu te sens complètement dépassé par une situation, c'est de revenir à toi, à ton corps, par la respiration. Ça va être six respirations profondes, les mains posées sur ton cœur et ton ventre, pour faire comprendre à ton système nerveux que tu es en sécurité. Une fois que tu te sens plus calme, que tu sens que tu as retrouvé une certaine forme d'apaisement dans ton corps, on peut passer à l'étape de la clarté. Prends une feuille et réponds à ces trois questions. Qu'est-ce qui est vrai aujourd'hui ? Pas l'histoire que tu te racontes dans ta tête. Qu'est-ce qui est vrai aujourd'hui ? Qu'est-ce que je veux vraiment ? Et qu'est-ce que je ne veux plus ? Une fois que tu as posé ça, on va commencer à faire un petit pas. Je vais te demander d'écrire le minimum viable de changements que tu peux faire, la plus petite action concrète que tu peux poser en 10 minutes. Par exemple, ça va être envoyer un message, ouvrir un document, demander un rendez-vous. Et t'ajoutes à ça... Un critère qui va te permettre de checker si tu as bien réussi cette action. Comment je saurais que ce petit pas m'a rapproché de ce que je veux ? Et tu vois finalement, avancer malgré la peur, c'est pas se jeter dans le vide, c'est juste construire un chemin, petit pas par petit pas. Alors dis-moi, dans ta vie aujourd'hui, où est-ce que tu es encore accrochée à quelque chose qui te rend plus heureux ? Et si tu posais juste une première marche vers la clarté ? Qu'est-ce que ça changerait pour toi ? Et rappelle-toi, la confusion n'est pas un manque de clarté, c'est bien souvent la peur de ce que la clarté implique. Alors, arrête de te poser cette question, est-ce que je suis perdue ? Mais demande-toi plutôt, est-ce que je laisse la peur décider ? Ou est-ce que je choisis de reprendre les commandes, un pas après l'autre ? Merci d'avoir été avec moi pour cet épisode d'aujourd'hui. Si ce message a résonné en toi, n'hésite pas à le partager à quelqu'un qui en aura aussi besoin. Et si tu sens que c'est le moment d'aller plus loin, c'est exactement ce que je fais en coaching. T'accompagner à voir clair, poser un cadre qui t'appartient et transformer cette peur en mouvement. Alors je te dis à très vite et surtout avance même d'un pas.