- Speaker #0
J'arrive et là je sens une atmosphère un peu lourde. C'était un ressenti que j'avais mais je me trompe rarement. Et là je me suis dit c'est bizarre qu'est ce qui se passe. Et j'ai un collègue qui vient me voir et me dit Sophie il se passe quelque chose sur ton poste, je sais pas ce qui se passe mais j'ai l'impression qu'on t'a remplacé. J'ai dit oui c'est normal, je partais en congé mat, c'est normal qu'on m'ait remplacée. T'inquiète pas, tout va bien. Il me fait, non, non, elle est en CDI.
- Speaker #1
Et si on décryptait ensemble la recette du courage ? Bienvenue dans The Patron, le podcast qui normalise le doute, les peurs et les prises de tête. Parce que derrière chaque parcours inspirant, il y a quelqu'un qui a osé, osé avancer, et ça sans avoir toutes les réponses. À travers tous ces récits, j'espère te montrer que ce chaos intérieur que tu vis, c'est normal. et que ça doit surtout pas t'empêcher d'oser sortir de ta zone de confort. D'ailleurs on sort jamais de sa zone de confort, on l'étend. Alors que tu rêves d'écrire un roman, de créer ta boîte ou d'apprendre à dire non, que ce soit à ton boss ou à qui que ce soit, tu vas voir que le courage de mes invités va t'inspirer. Aujourd'hui j'accueille Sophie Ronen. Sophie est maman de deux enfants et s'épanouit dans son rôle de DRH chez Next Stories. Pourtant, le parcours professionnel de Sophie n'a pas été très linéaire. Après une première orientation ratée, Sophie bifurque en ressources humaines et enchaîne les CDD avant de se poser enfin en CDI. Prête à construire sa vie d'adulte, elle tombe enceinte et lorsqu'elle revient de congé mat, elle n'a plus de job. Plus de mission, mise au placard. C'est certainement le comble pour une personne en ressources humaines. Sophie n'a pas manqué de courage pour transformer cette épreuve. Voici son histoire. Bienvenue, Sophie. Merci, Elwira. Commençons déjà par ce début en compta. Qu'est-ce qui a fait que tu avais envie de faire des études de compta et à quel moment tu t'es réveillée de ce mauvais rêve ?
- Speaker #0
J'ai hésité entre compta et commerce. Ce qui m'a fait choisir entre compta et commerce, c'est qu'on m'a dit, t'inquiète pas, le comptable, c'est toujours le dernier à partir d'une boîte. Et donc, je me suis dit, OK, alors je vais faire compta. Parce que du coup... Au moins, je suis sûre d'avoir un poste qui va tenir la route. Et donc, voilà.
- Speaker #1
Sécurité de l'emploi avant tout.
- Speaker #0
Exactement. Exactement. Je me suis dit, mais non, mais pour moi, c'est hyper important. Donc, très bien. Eh bien, go, faisons de la compta.
- Speaker #1
Alors, petit teaser. Juste, la sécurité dans l'emploi, ce n'est pas du tout quelque chose qui caractérise le parcours de Sophie. Donc, c'est assez drôle que ce soit ça qui t'ait motivée à l'origine. On va y revenir. Donc, choix en seconde pour de la compta. pour une très très bonne raison, la stabilité, et ensuite ?
- Speaker #0
Et ensuite, moi je voulais arrêter mes études parce que vraiment je n'aimais pas ça du tout. Et j'avais ma maman derrière qui me poussait en me disant que je ne pouvais pas rester qu'avec un bac, qu'il fallait qu'au moins j'ai un bac plus deux, que je fasse quelque chose. Et donc elle m'a beaucoup poussée à continuer un diplôme. Et donc c'est là que j'avais trouvé un BTS, assistant de gestion, qui était pour le coup très polyvalent. Donc j'avais toujours la casquette compta, mais j'avais la partie commerce et plus administrative.
- Speaker #1
Et pour le coup,
- Speaker #0
c'est là où j'ai fait mes premiers stages. Donc, j'avais fait mes premiers stages en expertise comptable et en comptabilité. Et là, je me suis dit non, en fait, je ne me vois pas du tout, du tout travailler là. Fausse route. Fausse route totale et du coup, très perturbant pour moi parce que je me suis dit mais attends, qu'est-ce que je vais faire parce qu'à la limite, j'ai fait de la comptabilité depuis quatre ans et je ne me vois pas faire autre chose. Donc, qu'est-ce que je vais faire ? Et là, j'ai eu une grosse remise en question. Je me suis dit, où est-ce que je vais ? Qu'est-ce que je vais faire plus tard ? Et j'ai rencontré, j'en ai discuté avec une de mes enseignantes de BTS et qui m'a dit, je vais te présenter à mon mari qui est DRH et je suis sûre qu'il va pouvoir t'aider à construire ton projet. Et donc, ça a été un peu la rencontre qui a changé le cours de ma vie parce que ça a duré une demi-heure, franchement, notre échange. Mais je me suis dit, ouais, en fait, c'est RH que je veux faire. J'ai envie de travailler là-dedans. Allier ce côté humain était quelque chose de très important pour moi, que je ne l'avais peut-être pas perçu au départ. Et au final, je me suis dit, si, en fait, c'est quelque chose qui est important pour moi. Et voilà, j'aime bien le monde de l'entreprise. Donc, c'était un bon compromis entre les deux.
- Speaker #1
J'ai deux pensées suite à ce que tu viens de dire. Premièrement, pour toutes celles qui nous écoutent et qui sont inquiètes sur l'orientation de leurs enfants. ... Restez cool parce que quand on voit que Sophie a été quatre ans dans la mauvaise voie et finalement elle a extrêmement bien rebondi, restons un peu optimistes sur les parcours de nos enfants parce qu'il peut y avoir beaucoup de rebondissements. Donc ça c'est ma première pensée et ma deuxième pensée mais quelle chance d'avoir eu cette mise en relation avec le mari de ta prof qui était DRH et comment 30 minutes ? de discussion avec quelqu'un qui te connaissait pas, qui te devait rien. à changer le cours de ta vie. Et ça m'amène à me dire, vraiment, on ne peut pas aider tout le monde, on ne peut pas conseiller tout le monde, prendre du temps, mais de temps en temps, donnons de notre temps pour ces jeunes qui se cherchent. Le fait de juste parler de notre expérience peut les aider et créer un déclic. On parle souvent du networking, mais c'est ça aussi, développer son réseau et aider son réseau. Ça peut être pas qu'avec un intérêt personnel, mais juste cette idée de partager son parcours pour inspirer quelqu'un d'autre.
- Speaker #0
Je rebondis sur ce que tu dis parce que du coup, mon fils avait une journée porte ouverte dans son école. C'était des troisièmes qui étaient à la recherche d'orientation. Et j'ai été présenter mon métier de DRH auprès de personnes qui ne connaissaient rien du tout de ça. Pour eux, les RH, c'était complètement flou. Et quand ils sont sortis, je les entendais dire « Ah, c'était trop bien. En fait, je vais peut-être être RH. » génial du coup je me suis dit ah bah cool si j'ai pu apporter ne serait-ce qu'une petite motivation ou une petite envie tu vois d'aller vers notre métier qui est souvent dénigré on va pas se mentir c'est plutôt très chouette ouais tu as bien raison extraordinaire qu'aujourd'hui tu
- Speaker #1
sois aussi bien et épanouie on va en reparler et en même temps ça n'a pas été à partir de de ce premier déclic ça n'a pas été un long fleuve tranquille Tu as accumulé différentes expériences et au moment de ton premier CDI, tu finis par faire quelque chose qui va te coûter un petit peu ta carrière, une erreur monumentale, tu tombes enceinte. La grande erreur professionnelle, le manquement. Et en fait, ton remplacement de congé maternité ne se passe pas exactement comme prévu.
- Speaker #0
Exactement, mon congé maternité, mon retour... ne s'est pas passé comme prévu. Je suis très contente d'être maman et vraiment, pour le coup, c'était une très belle expérience à ce moment-là. Je venais, donc c'était mon premier CDI, après avoir fait quatre ans de CDD dans diverses entreprises. J'ai recherché cette stabilité, me dire que j'ai besoin de me poser, de construire ma vie et voilà, j'avais envie de pouvoir avoir un appart, enfin tout ce qu'on a envie de faire quand on est jeune et pouvoir se poser. Donc pour moi, la stabilité était hyper importante. Et dans toute construction, pour moi, classique, c'était de me dire, maintenant, j'ai envie d'être maman, j'ai envie d'agrandir ma famille. Et en fait, naturellement, ça faisait partie de mon projet qui est arrivé au bout d'un an et demi de prise de poste. Donc, j'avais quand même un an et demi vécu dans cette entreprise, créé des relations, des échanges. j'avais pu montrer euh ce que je pouvais apporter sur différents aspects. Je travaillais avec des personnes adorables. J'ai senti cette attache très forte avec eux. Et donc, ils étaient très contents.
- Speaker #1
Parce que familial, finalement.
- Speaker #0
Familial, exactement. Très familial. En fait, dans l'usine, c'était de génération en génération. Enfin, tu vois, c'était incroyable. Et j'étais très contente de vivre cette expérience-là, où je me sentais bien. Je me sentais à l'écoute des gens et je savais que la relation que j'étais en train de créer avec eux était particulière parce que les RH, encore une fois, on n'a pas forcément toujours la bonne image, le bon rôle, la bonne perception. Et moi, mon point, c'était par ma sociabilité, vouloir aller découvrir les gens, les rencontrer, parler avec eux. Je me suis rendue compte que, tu vois, il y en a qui ne savaient pas lire les consignes de sécurité. Donc, j'ai mis en place le projet Voltaire pour les aider à lire. tu vois c'était vraiment des choses qui étaient très fortes et j'ai ressenti le projet Voltaire c'est en gros pour les personnes qui ne savent pas lire c'est leur apprendre les bases de la lecture, de la grammaire française etc et donc pour moi je suis partie d'un simple constat au départ de consignes de sécurité tu vois qui me semblait être l'élément en usine où tu dois couper le courant enfin voilà ce genre de choses où je me dis ma mince attends ils peuvent pas les lire il y a quelque chose à aller faire derrière pour les aider ... Et en discutant avec chacun d'entre eux de manière individuelle et personnelle, je me rendais compte que c'était bien plus profond chez eux. Tu vois, ils n'arrivaient pas à faire les devoirs avec leurs enfants. Et tout ça, ça m'a marquée. Je me suis vraiment impliquée à me dire, j'ai envie de mettre en place ce projet. J'ai envie d'aller sur de la transmission de savoir, de pouvoir les aider à évoluer.
- Speaker #1
Donc, tu es allée au-delà de tes missions d'origine. Tu étais très engagée. Tu étais proche des équipes. Vraie solidarité.
- Speaker #0
Et ? Complètement. Et je tombe enceinte. Et là, c'est le chamboulement de ma vie, aussi bien de ma vie de femme que de ma vie professionnelle, parce que je pars un petit peu plus tôt en congé maternité. Mon fils était pressé de sortir. Donc, j'ai été mise de repos. Et j'ai dû trouver très vite un remplaçant pour prendre la relève. Donc, j'ai recruté quelqu'un avec qui... J'avais un très bon feeling, quelqu'un qui me semblait avoir les compétences nécessaires pour prendre la relève sur les quelques mois où j'allais m'absenter. Et donc, une personne très bien que je présente à mon chef en disant, ben voilà, j'ai trouvé quelqu'un pour me remplacer, tout se passe bien. Il me dit très bien, je la rencontre, il l'a rencontrée. Super, ben on va lui faire une proposition et ça va passer. Et donc, moi, je pars tranquille en me disant, c'est bon, je suis sereine sur ce point. Et j'apprends que, en fait, ce n'est pas la personne que j'ai recrutée qui vient, c'est une autre personne qui sort de je ne sais pas d'où. et qui prend mon poste pendant mon absence. Et pour le coup, ça a été très compliqué à gérer parce que je me suis dit, mince, je n'ai pas fait de passation, je ne sais pas qui elle est, je ne sais pas comment elle fonctionne. Moi, j'ai transmis des choses sur les équipes. J'avais envie de... C'était un peu mon bébé aussi que j'avais d'un point de vue professionnel, que j'avais envie de confier à quelqu'un. Et là, je me suis dit, mince, je ne peux le confier à personne. Je ne lui ai pas parlé. Et je me suis sentie un peu seule et isolée à ce moment-là. Mais je me suis dit, OK, écoute, Sophie, de toute façon, on a une grossesse à mener à bien, à terme. J'ai un bébé qui arrive. Je vais me concentrer sur ça. Et on verra très bien ce qui se passera après. Voilà. Donc, pour moi, il n'y avait même pas de sujet. Je me suis dit, juste dit, c'est étrange. Et OK, fais ton bébé, fais ta vie et tout se passe bien. Donc, j'ai accouché. Donc,
- Speaker #1
tu t'es absente combien de temps ?
- Speaker #0
Je m'absente... Au départ, je m'absente quatre mois. Donc... classique sur un congé maths. Je vais présenter mon bébé dans mon entreprise. Donc, ça me tenait à cœur de me dire que j'avais envie que mes collègues connaissent mon fils. Ils l'ont chouchouté quand j'étais enceinte. J'avais envie de leur présenter. C'était pour moi quelque chose d'important. J'arrive et là, je sens une atmosphère un peu lourde. C'était un ressenti que j'avais, mais je me trompe rarement. Et là, je me suis dit que c'était bizarre. Qu'est-ce qui se passe ? Et j'ai un collègue qui vient me voir, il me dit « Sophie, il se passe quelque chose sur ton poste, je ne sais pas ce qui se passe, mais j'ai l'impression qu'on t'a remplacée. » J'ai dit « Oui, c'est normal, je parte en congé mat, c'est normal qu'on m'ait remplacée, ne t'inquiète pas, tout va bien. » Il me fait « Non, non, elle est en CDI et elle prend ton poste. » Je dis « Je ne crois pas, je ne crois pas. » Donc, je ne me pose pas plus de questions que ça. Et puis après, dans ma tête, ça commence un peu à… Je me questionne, tu vois, je me dis, mais... Pourquoi il m'a dit ça ? Qu'est-ce qui se passe ? Et je me dis, je vais appeler mon chef. Je vais lui poser des questions et je vais voir ce qui se passe. Et donc, je l'appelle et il me dit, oui, je l'ai recruté. Oui, et alors ? Ça ne va rien changer. Mais de toute façon, vous allez faire ça. Il m'avait parlé d'une telle manière où je me suis dit, mais qu'est-ce qui se passe ?
- Speaker #1
Il t'a pas rassurée sur le coup ?
- Speaker #0
Oui, je me suis pas sentie rassurée du tout. Et j'étais en plein chamboulement, tu vois, au retour d'accouchement, on a les hormones, on a plein de choses, voilà, changement de vie.
- Speaker #1
On n'est pas au top.
- Speaker #0
On est déjà émotionnellement marqués. Et là, je me suis dit, mince, qu'est-ce qui est en train de se passer ? C'est en train de me dépasser. Et je ne me suis pas sentie, je me suis mise à trembler, je n'étais pas bien. Et je me souviens, ma sœur est venue discuter avec moi quand j'étais au téléphone pour essayer de me calmer, que j'ai les bons mots, tu vois, que je partage. pas envie, j'avais peur de m'énerver et de dire n'importe quoi donc elle est...
- Speaker #1
Ma soeur avocate ?
- Speaker #0
Ma soeur avocate, ouais Ma soeur avocate, tu vois, c'était déjà elle n'était pas encore à l'époque mais elle avait déjà pris mon parti et elle est venue m'aider dans le discours en calmant en disant attends, il faut que tu parles plus doucement, sois sage, etc et là, effectivement elle a entendu le discours et elle m'a dit ok, ça va pas se passer très bien Hum. Et donc, la deux solutions s'offraient à moi de me dire, je retourne à mon poste ou je m'en vais. Sauf qu'on sait, on est maman, on a des charges, on a une vie qui dépend de nous, tu vois, aussi. Alors, il y a mon conjoint, bien sûr, mais n'empêche qu'on a cette responsabilité aussi. Et on se dit, attends, je ne peux pas faire n'importe quoi, je ne peux pas partir. Peut-être que je me suis fait des films, peut-être que, en fait, j'ai mal compris, j'ai interprété. Voilà, je n'étais pas sereine. et je n'étais pas dans de bonnes conditions. Et donc, j'ai été prolongée un mois supplémentaire parce que du coup, ça m'a mis en tension et je ne me sentais pas du tout reprendre à ce moment-là. Et donc, je reprends mon poste au bout de cinq mois d'absence. Et là, j'arrive, premier jour déjà, je ne retrouve pas mon bureau. On me laisse un truc, après bon finalement on est ok de me laisser mon bureau parce que j'ai un peu râlé en disant quand même je veux retrouver ma place quoi, enfin faut arrêter. Donc on est d'accord de me laisser mon bureau, bon, mais je retrouve pas ma mission, je retrouve pas ce que je faisais avant, ce qui m'animait, ce qui me plaisait, ça a été repris par la personne qui m'a remplacée. Ça a été très froid et distant dans mon service, je me sentais pas du tout bien, enfin vraiment ça allait pas et tout le monde le sentait. donc tous les gens avec qui je travaillais, avec qui je m'entendais bien, eux le sentaient. Et ils me disaient, on est là pour t'aider, etc. Mais moi, je suis RH. J'ai ce rôle de dire, je fais partie de la direction, je protège les droits, je ne peux pas me confier aux salariés, je n'ai pas envie de mettre à mal la direction. Donc, je me suis retrouvée un petit peu dans cet entre-deux où j'avais mes propres paradoxes, tu vois, de défendre mes droits, en disant, j'ai des droits. mais en même temps Je fais partie de l'entreprise, je fais partie de la direction et je ne peux pas trop m'appuyer. Et donc...
- Speaker #1
Tu n'as pas les mêmes droits que tout le monde.
- Speaker #0
C'est comme ça que je l'ai perçu à ce moment-là. Je me suis dit, je n'ai pas les mêmes droits que tout le monde et je me suis vraiment sentie très seule. Je me suis dit, mais en fait, je ne peux parler à personne parce que je ne veux pas dénigrer l'employeur. Je ne veux pas... Je ne veux pas, en fait. Pour moi, c'était un concours de circonstances. et puis après à ce moment-là je me suis dit en fait c'est moi qui ai mal fait. En fait, j'étais peut-être pas au niveau. Et en fait, il a préféré quelqu'un d'autre à ce moment-là. Et voilà comment ça s'est passé. Sauf qu'à ce moment-là, c'est soit je baisse les bras et je m'en vais. Et donc là, c'était possible de dire c'est bon, je démissionne et puis tant pis. Mais je me retrouve au chômage avec un bébé à gérer, donc non. Et après, je me suis dit, en fait, il faut que je défende mes droits. Parce qu'en fait, j'ai les mêmes droits que tout le monde au final. Je ne vais pas le faire en interne parce que je sais que je n'ai pas envie de solliciter, je n'ai pas envie de mettre mal à l'aise les gens, et puis même je n'ai pas envie de me faire remarquer aussi en interne. J'avais vraiment envie d'être discrète sur ce sujet. Mais je me suis dit, il faut que je me défende et que j'aille au bout de mes convictions. J'ai été vraiment très accompagnée par ma famille qui était très présente pour m'aider, me conseiller, me mettre en relation avec les bonnes personnes, et que j'arrive à comprendre que ce n'était pas moi qui étais fautive à ce moment-là. et que c'était un concours de circonstances. Je ne rejetterai pas la faute sur quelqu'un, ça n'a pas du tout cette vocation, parce que je pense qu'il y a toujours un concours de circonstances qui fait que, tu vois. Mais je me suis dit, mince, moi qui étais très impliquée dans l'univers des RH, qui était, je croyais en l'être humain, je croyais en toutes ces forces que je défendais depuis le début, ça a été un gros choc pour moi, parce que je me suis dit, si on ne se protège pas nous-mêmes, comment on peut protéger les autres.
- Speaker #1
Ce qui est intéressant, c'est que tu es passée dans une phase de très grosse remise en question. Et en même temps, tu as eu le courage d'en parler. Alors, tu as choisi les personnes à qui en parler. Tu as voulu rester alignée avec tes valeurs et aussi avec l'éthique du rôle RH. Donc, en étant... en choisissant ta communication en interne et en faisant bien attention à ne pas mettre des personnes en porte-à-faux. Beaucoup de personnes auraient, par honte ou par gêne, auraient peut-être pas osé se défendre. Qu'est-ce qui t'a donné la force de vouloir te défendre ?
- Speaker #0
Plusieurs choses, je pense, à ce moment-là. La force, c'était mon fils qui venait de naître. et du coup euh Je sentais que je lui transmettais, comme je disais tout à l'heure, c'est un peu une éponge. Et donc je sentais que je lui transmettais mon mal-être, que je pleurais avant d'aller au travail, j'étais pas bien. Vraiment, je sentais que j'étais pas dans une bonne disposition. Et donc je me suis dit, j'ai pas envie de lui infliger ça, il a rien demandé le pauvre, je veux pas. Donc ça, ça a été déjà mon premier élément déclencheur. Et après, comme je disais aussi, ma famille. qui me disaient, mais t'as le droit de te défendre, t'as le droit de dire que ça ne va pas, t'as le droit d'aller au bout de tes pensées, et vas-y. Et j'ai toujours été encouragée de leur part pour tout, pour ma carrière, pour mes cursus qui ont été différents de tout le monde. Mais j'ai toujours été poussée là-dessus, et ma famille m'a aidée à ça, m'a aidée à me dire, en fait, tu peux y aller.
- Speaker #1
Alors, c'est extraordinaire d'avoir ce genre de soutien à la maison. Et en même temps, ce que t'as fait, moi je trouve ça très courageux et très difficile parce qu'arriver au travail dans un environnement hostile, parce que t'es en conflit sur des choses assez fondamentales, ça devait te prendre une énergie de dingue. Juste d'aller au travail dans ce contexte-là.
- Speaker #0
C'était très difficile. En fait, je me disais, je peux pas pleurer à la maison parce que je veux pas que mon fils le sente. Je peux pas pleurer au travail parce que j'ai pas envie de montrer que je suis faible. Et donc je pleurais dans le RER. Et donc, je me souviens d'une dame qui m'a donné un mouchoir. J'étais au téléphone avec ma maman et une dame me donne un mouchoir pour me dire « Non, mais pleurez pas » . Et en fait, je lâchais toute cette tension que je gardais pour moi à ce moment-là parce que c'était difficile de gérer ça. En fait, je me suis demandé qu'est-ce que j'ai fait pour provoquer ça. Et c'était vraiment cette remise en question, comme tu disais, qui était très forte. Et donc, le courage, je pense, il a été de dire « Allez, en fait, j'ai des droits et il faut que je les défende » .
- Speaker #1
Alors, je me dis, si t'avais fui la situation, c'était aussi un peu laisser tomber les autres salariés, parce que c'est là où c'est à la fois ironique et scandaleux, c'est que finalement ta situation... Elle peut être un cas isolé, mais généralement, elle représente aussi une culture d'entreprise et tout un écosystème dans le management de l'entreprise. Est-ce que ça, pour toi, c'était un de tes moteurs de t'assurer que ça ne se reproduise pas, que ça fasse un peu cas d'école ?
- Speaker #0
Je ne sais pas si ça faisait cas d'école à ce moment-là, parce que c'était une population plus âgée. au travail j'étais vraiment la plus jeune c'était pas du tout le même contexte mais par contre c'était important pour moi de dire en fait on a des droits sur plein de sujets sur plein de points aujourd'hui on parlait des femmes enceintes mais ça peut être sur d'autres sujets, le handicap les situations de handicap, les situations d'inclusion etc qu'on a pas mal de cas en ce moment pour moi c'était dire chacun a le droit D'être aligné avec ses valeurs, d'être aligné avec qui il est, quoi. Enfin, tu vois ? Et qu'on respecte ça.
- Speaker #1
Respecter l'individu. Ça a duré combien de temps, cette bataille en interne, un peu silencieuse et discrète que tu as menée, jusqu'à ce que tu décides de partir ?
- Speaker #0
Ça a duré deux mois. Pendant deux mois, j'avais l'impression de subir... énormément de pression. Je faisais attention à tous les mots que je disais, que j'employais, tous les mails que je faisais, tout, tout, tout, tout, tout. Et ça me demandait une énergie folle de faire attention à tout ça et toujours garder bonne figure parce que je ne voulais pas montrer que ça m'atteignait ni à la direction, ni aux salariés. Enfin, je voulais vraiment être très neutre. Et ça me demandait une énergie tellement folle que je n'arrivais plus après. Je n'ai pas réussi à me lever. Je n'arrivais plus à me lever un jour et je me suis dit non mais je ne peux pas continuer comme ça.
- Speaker #1
Donc c'est le corps qui a décidé pour toi.
- Speaker #0
Et là j'ai dit ok stop, on arrête. Je me suis mise en arrêt et j'ai pris le temps de réfléchir à tout ça et de me dire en fait là il faut y aller.
- Speaker #1
Comment tu as rebondi du coup ?
- Speaker #0
Comment j'ai rebondi ? Ça a été long. Ça a été un long processus pour moi parce que je me suis retrouvée... Vraiment dans une phase où je me suis dit, en fait, ils n'ont plus voulu de toi, tu n'es pas à la hauteur, c'était ton premier CDI, ça n'a pas marché, ça ne collera pas. Et donc, je me suis vraiment dévalorisée énormément à ce moment-là. Et je faisais des entretiens, donc j'avais des cooptations d'anciens collègues qui me présentaient des gens, etc. Et j'avais été dans une entreprise très chouette. C'était une petite boîte avec un cofondateur qui m'avait rencontré. Et il m'avait proposé le poste de RRH à l'époque, qui était un poste plus haut que celui que j'occupais à ce moment-là. Et là, je me suis dit, mais c'est encore pire. Attends, je ne suis pas au niveau. Il me parlait de plein de choses. Je savais, mais je lui ai dit, écoute, en fait, j'aime beaucoup ta boîte. J'aime beaucoup ce que tu fais et tu ne peux pas me prendre. Je ne serai pas ton profil. Vraiment, tu vois, je me suis retrouvée à lui dire, ne me prends pas.
- Speaker #1
C'est pas assez bien.
- Speaker #0
je suis pas assez bien, je suis pas ce qu'il te faut me prends pas ça va pas marcher donc syndrome de l'imposteur à 10 000 ouais très fortement et auto-sabotage et ça ça a duré quelques mois parce que je voulais pas parler de mon départ je voulais pas expliquer ce qui s'était passé j'avais honte tu vois je le prenais vraiment pour moi et j'avais honte de cette situation j'avais honte de m'être retrouvée là-dedans et je me suis dit mais non j'ai pas envie d'en parler ... Je vais camoufler ça en disant, j'ai fait deux ans dans cette boîte, c'était bien, basta. Et en fait, je l'ai camouflé et du coup, c'était dur de rebondir, c'était dur. Et au final, je me suis dit, écoute, moi, le travail, c'est quand même important, j'ai quand même envie de bosser. Est-ce que je suis faite pour bosser en RH ? Est-ce que je suis faite pour accompagner des gens dans ces situations-là, de pousser des managers ? à virer des femmes enceintes. Je me suis dit, mais je n'ai pas envie de ça. Ce n'est pas possible. Ça va aller contre ma nature. Je ne veux pas et je ne peux pas. Je me suis dit, du coup, je ne suis plus faite pour être RH. Il faut que je trouve autre chose. Et ça m'a pris quelques mois à réfléchir, à me dire, OK, je me pose sur ce que je suis, ce que je veux. J'ai fait ce travail toute seule en me disant, OK, qu'est-ce que je sais faire ? Qu'est-ce que je veux faire ? C'est un peu un bilan de compétences internes que je m'étais lancée à ce moment-là. Et je me suis dit, au final, en fait, si, tu es RH, c'est ton job. Tu ne vas pas laisser les autres te guider, c'est peut-être aussi à toi de le guider. Et c'est là où je me suis dit, OK. Tu commences par un CDD, reprends ta vie en instabilité, mais en même temps, tu feras quelques mois et tu découvriras d'autres univers. Et je l'ai vraiment pris comme ça en me disant, allez, je remets le pli à l'étrier, je refais une tentative dans une boîte de découvrir encore d'autres services Sera, d'autres choses. Et pour le coup, c'est ce qui m'a permis de me sauver. Sur ce job où je me suis dit, je me remets dans le bain et je redécouvre une méthode de travail. Donc c'est marrant parce que je suis rentrée en CDD pour remplacer une femme enceinte. donc c'était t'as tout fait pour lui piquer son poste mais je lui dis mais t'inquiète pas je prendrai pas ton poste quand elle est partie je lui dis je sais ce que ça fait je ne prendrai pas ton poste et vraiment tu vois je l'ai vécu en mode t'inquiète quoi mais pour autant ça m'a permis de juste de regagner un peu confiance en moi à ce moment là et de me dire que on m'a proposé un poste de RRH aussi donc pareil c'était au même niveau du premier où j'avais refusé mais comme c'est un CDD je me sentais moins ça faisait moins peur Ouais, je me sentais moins angoissée par cette situation. Et donc, je me suis dit, au pire, ça ne marche pas, ça s'arrête dans quelques mois et puis c'est tout. Mais j'ai été prolongée quelques mois, je suis restée un an. Et c'était vraiment très chouette parce que j'ai pu découvrir plein de sujets et me dire, en fait, je veux en faire, pas un combat, mais une généralité. C'est-à-dire, je veux bien qu'on traite les gens. Je veux travailler dans des entreprises qui font attention à leurs collaborateurs, qui les connaissent, qui les écoutent et qui prennent soin d'eux. Et donc, j'ai rebondi comme ça. J'ai fait encore des CDD. J'avais un peu peur de me poser en CDI parce que je savais que j'allais agrandir ma famille. Je savais que j'allais construire cette famille-là où j'avais besoin d'avoir... J'avais envie d'avoir un deuxième enfant. Et donc, je me suis dit, c'est le moment de le tenter. Et je me suis dit, mais attends, si je tombe enceinte sans contrat... Ça va être l'enfer. Et après, j'ai dit, en même temps, c'est l'enfer sans contrat, mais c'est l'enfer avec un contrat. L'un dans l'autre, tentons cette expérience sans contrat. Comme ça, au moins, je n'ai pas de contraintes professionnelles. Et donc, j'ai quand même continué à postuler. J'avais des opportunités. Et par cooptation, j'ai rencontré quelqu'un qui m'a fait rentrer dans son entreprise. J'étais enceinte de cinq mois et demi et je suis restée jusqu'à la fin de mon congé mat en CDD. Et ensuite, j'ai été reprise en CDI à mon retour de congé mat. Donc pour moi, vrai boost. Tu vois, j'ai vraiment vécu ma deuxième grossesse. Pas du tout... De la même manière ? Ouais, le début, c'était mal parti. Mais en fait, la deuxième était beaucoup plus sereine. Donc je me suis dit, mais en fait, tout va bien. Ça se passe bien. Et mon retour s'est fait dans de très bonnes conditions.
- Speaker #1
En fait, ça m'énerve un petit peu à quel point le sujet de la maternité reste un tel handicap pro parfois. Et même dans les entreprises bienveillantes, on peut se mettre tellement de pression. Moi, je me rappelle quand j'ai annoncé ma première grossesse à ma DG, je me suis excusée. Et elle a eu l'intelligence et la bienveillance de me faire remarquer que je n'avais pas besoin de m'excuser. Mais en réalité, moi, j'étais très, très dans la culpabilité. Et dans le calcul de au bout de combien de temps est-ce que c'est... tolérable de tomber enceinte et comment faire pour revenir sans être pénalisée. C'est un vrai sujet encore pour les femmes, même s'il y a de plus en plus d'initiatives, comme les congés paternités, qui peuvent nous aider. Toi, aujourd'hui, c'est quelque chose qui t'anime beaucoup.
- Speaker #0
Complètement. En fait, ça a boosté mes convictions sur ce sujet et mon envie d'apporter aux entreprises avec qui j'ai travaillé ce côté d'écoute aux salariés, de bienveillance, d'accompagnement. Et j'ai eu la chance, quand je suis arrivée chez Nextories, d'avoir ce poste de DRH qui m'a permis de continuer à pousser ces valeurs humaines qui étaient très fortes et que j'avais senties dès la phase d'entretien. Et vraiment, le binôme que j'ai créé avec mon CEO me permet aujourd'hui de pouvoir travailler en bonne intelligence sur certains sujets. La maternité n'est pas un sujet chez nous, tout comme les handicaps, ce que je disais peut-être tout à l'heure. Mais ce n'est pas un sujet pour nous. Ce qui est important, c'est juste qu'on arrive, je te disais, c'est un rôle d'équilibriste, le rôle des RH. Il faut être entre les besoins humains. s'assurer que tout le monde va bien, que les collaborateurs sont épanouis et investis dans leur mission, mais aussi d'un point de vue entreprise, qu'on assure cette rentabilité, qu'on assure ce suivi, que d'un point de vue business, ça tienne la route. Et donc, il faut arriver à toujours trouver le juste équilibre. Une femme enceinte a le droit de partir en congé mat sans se soucier de son poste. Et nous, employeurs, de faire en sorte que ça n'ait pas d'impact non plus, et sur les équipes restantes et sur les remplaçants qui viennent. au sein des équipes.
- Speaker #1
C'est super important parce que bien sûr, sur le papier, je pense que la plupart des personnes seraient prêtes à dire que c'est important que les femmes partent sereinement en congé maternité et que bien sûr, même Emmanuel Macron milite pour le réarmement démographique. Mais la réalité est qu'une femme qui part en congé mat et qui n'est pas remplacée, c'est plus de boulot pour les autres. Et c'est du stress, et c'est de la pression, et donc ça veut dire prendre vraiment en main ces sujets-là pour que et la femme enceinte, et le reste de son équipe, vivent bien cette période qui reste courte, mais qui peut générer beaucoup, beaucoup de stress.
- Speaker #0
Complètement, et vraiment mon rôle c'est de créer cette relation de confiance. C'est vraiment comme ça que je fonctionne. C'est-à-dire que si j'arrive à avoir la confiance de mes collaborateurs, je peux les aider au mieux. Donc je peux et les rassurer, et rassurer les managers, et aider tout le monde à ce que cette maternité se passe bien. Et donc si je connais les angoisses que peuvent avoir ces femmes, parce qu'elles ont peur de plein de choses, il peut se passer plein de trucs dans une grossesse, et donc j'arrive à créer ce lien qui me permet d'avoir certaines informations. qui me permettent de l'autre côté, sans casser la confidentialité, aiguiller les managers de comment ils doivent gérer cette situation-là. Et donc, ça, c'est une situation compliquée, il faut la gérer de cette manière-là, où ça, il se passe ça, attention à ça. En fait, j'essaie vraiment, par les échanges que j'ai, de pouvoir aider à la compréhension et aider à trouver des solutions. pour que tout le monde se sente bien et tout le monde y trouve son compte.
- Speaker #1
Le rôle de DRH est quand même très particulier. Parce qu'à la fois, tu dois faire preuve d'empathie, ou en tout cas, j'imagine que la plupart des personnes qui se sont orientées vers les RH à la base, c'est parce que le côté humain était très important pour elles. Et en même temps, il y a énormément de contraintes. Il y a énormément de précautions à avoir. Et moi, j'ai toujours eu beaucoup de... Alors, je n'ai pas envie de dire peine, mais... Un peu de peine quand même pour les RH, parce que je trouvais que c'était des personnes très isolées finalement dans l'organisation. Puisqu'ils ne pouvaient pas être complètement transparents avec tout le monde. Il y avait une retenue, on parlait d'éthique tout à l'heure. Toi, je comprends ce que tu veux dire par le fait de... la confiance et en même temps c'est pas quelque chose de si facile que ça vu ta casquette.
- Speaker #0
C'est hyper dur, on va pas se mentir c'est toujours très difficile parce que RH c'est direction, RH c'est eux qui nous veulent du mal, c'est nous qui avons les discussions les plus compliquées parfois avec les collaborateurs.
- Speaker #1
Mais c'est vous qui dites non, qui dites non d'augmentation qui dit non Non, mais vous avez un peu ce garant aussi de ce cadre.
- Speaker #0
On est garant, mais pour le coup, on n'est pas responsable. Et ça, c'est ce que les collaborateurs ne voient pas. Tu vois, ils n'ont pas cette perception-là. En fait, eux, ce qu'ils voient, c'est la finalité, comme tu disais, de non aux augmentations, non aux évolutions, non à ci, non à ça. Ce qu'ils ne voient pas, c'est que derrière, nous, on essaie de pousser certaines choses, mais il y a des conjonctures qui font que ça ne marche pas. Et puis, c'est juste qu'on les porte parce que c'est notre rôle et qu'on se doit de le faire. Et quand tu disais, on est très isolés, c'est vrai. C'est vraiment un constat que je fais, même ces derniers temps, où... On est seul, en fait. On ne peut pas se confier aux uns et aux autres parce que ce qu'on a d'un point de vue salarié, on le garde pour nous. Ce que la direction nous donne, on le garde pour nous aussi. On ne retranscrit pas aux salariés. Et en fait, on garde beaucoup de choses, on n'en parle à personne. Et en fait, à un moment donné, c'est compliqué. Il faut arriver à trouver comment évacuer ça et comment retranscrire pour que l'une et l'autre des parties soient bien.
- Speaker #1
Et comment tu fais, toi, pour évacuer ça ?
- Speaker #0
Alors moi, je ne suis pas très douée pour évacuer. Non, je ne suis pas très douée. Moi, j'ai ma maman que j'appelle MP3. La manière dont elle me parle me fait réfléchir, tu vois, sur est-ce que j'ai bien réagi sur ça ? Est-ce que ça, je dois en parler ? Est-ce que ça... Des fois, je lui demande conseil parce que je me dis, je n'ai pas envie que ce soit des gens qui soient influencés par le monde du travail. Je veux vraiment des gens neutres. Et ma maman est très bien pour ça. Alors des fois, je lui dis, maman, t'es pas dans le monde du travail, là. Du coup, c'est pas comme ça que ça marche. Mais j'apprécie les conseils qu'elle me donne et l'écoute qu'elle m'apporte. Ça me permet, moi, de me défouler de cette manière-là, en tout cas de le sortir.
- Speaker #1
La maman coach.
- Speaker #0
Exactement, la maman coach.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est indispensable parce que la conversation aide à la réflexion. Donc, si tu n'as personne en interne avec qui tu peux échanger sur ces sujets-là en toute objectivité, et toi, pour le coup, ce serait mettre en péril certainement certaines informations ou certaines personnes. Donc, c'est essentiel. on arrive à la fin de l'épisode en tout cas moi ce que j'adore avec toi c'est ton ouverture, ta transparence et ta capacité à être vulnérable pour montrer que justement on peut réussir et rester complètement intègre parce que c'est ça qui t'anime. Tu représentes aussi une fonction qui n'est pas évidente, qui est souvent un rôle très ingrat et tu essayes de le faire avec des vraies valeurs personnelles. Merci pour cette transparence et je pense que ça donnera espoir aux personnes qui passent par des phases de doute. Moi, ce que je retiens, ça a été ta capacité et aller chercher de l'aide pour en parler. et à te remettre dans l'action par des petits pas, par des CDD. En France, on est quand même très axé CDI, alors que les CDD sont une bonne opportunité de tester différents types d'entreprises, différentes équipes, différents rôles. Et toi, je suis sûre que ton évolution a été aussi rapide, aussi parce que tu as accumulé ces diverses expériences dans un temps court.
- Speaker #0
Oui. T'as raison, je pense qu'on sous-estime beaucoup les CDD et on le voit comme une instabilité. Au final, moi, c'est ce qui m'a vraiment permis de me construire. Je ne l'ai pas vu comme un échec, je ne l'ai pas vu comme des erreurs. Je l'ai plutôt perçu à chaque fois comme une expérience de plus dans mon panel de compétences. Et donc, je pense que vraiment, il ne faut pas avoir peur de se tromper. On ne sait jamais ce qu'on va découvrir, on ne sait jamais dans quel univers on va. et si ça nous plaît pas, ça nous plaît pas, on s'en va, enfin voilà on n'est pas attaché, on n'est pas c'est possible quoi et donc je pense qu'il faut vraiment partir de ce constat là que toute expérience est bonne à prendre, elle nous apporte quelque chose et qu'on soit content de le vivre de cette manière là c'est en ligne aussi avec une valeur que j'aime bien qui est la liberté finalement le CDD aussi ça permet de
- Speaker #1
d'être libre et d'aller comme une abeille butinée à droite à gauche et se nourrir de ces différentes expériences avant de trouver où on se sent vraiment bien. Et je suis ravie de voir que tu te sens vraiment bien là où tu es aujourd'hui chez Nextories. J'ai trois dernières questions. C'est le rituel de fin du podcast. Donc, si je t'offre un énorme panneau d'affichage dans la ville de ton choix, tu peux y afficher ce que tu veux. C'est ton message au monde. qu'est-ce que tu y mets ?
- Speaker #0
Pense à toi et défends-toi comme tu défendrais ta meilleure amie. Parce que je trouve que on peut conseiller les gens très bien. Tu vois, quand c'est ton amie qui t'appelle parce qu'elle va pas bien, t'es là, elle lui dit plein de trucs. Mais alors, tu peux te retrouver dans la même situation deux mois après et puis t'es perdue. Et du coup, si on nous le dit pas, on nous pousse pas, moi, ce serait un peu ça, tu vois. Je me dirais défends-toi comme si tu défendrais ta meilleure amie et va au bout, quoi.
- Speaker #1
C'est clair qu'on est beaucoup plus capable de sortir les griffes pour notre meilleur ami que pour nous.
- Speaker #0
Exactement. Oui, clairement.
- Speaker #1
Excellent conseil. Et qu'est-ce que tu dirais si tu te retrouvais face à Sophie ? Tu voyages dans le temps, tu as 10 ans. Qu'est-ce que tu aurais eu besoin d'entendre à 10 ans ?
- Speaker #0
Ne laisse pas les autres te définir. Pour moi, c'est quelque chose qui... J'y travaille encore. Je pense que ce n'est pas encore tout à fait acquis. Mais j'ai tellement tendance à écouter ce que disaient les autres pour me définir de qui j'étais. Alors qu'en fait, je pense qu'on a tous ces capacités-là. On sait tous qui on veut être. Il faut juste qu'on se fasse confiance et qu'on se donne la possibilité de le faire. Et donc, de ne pas laisser les autres nous dire qui on est, mais le faire nous-mêmes.
- Speaker #1
J'aime beaucoup ce conseil. Je crois que je vais devoir méditer là-dessus aussi. Et enfin, pour terminer, quel est le projet ou l'idée que tu aimerais bien lancer, mais tu n'as pas encore eu le courage de le faire ?
- Speaker #0
Je dirais avoir mon propre projet pro. C'est un truc qui me fait rêver. Je ne sais pas si ça a juste titre ou pas, je ne sais pas, mais je n'ai pour l'instant pas... pas oser franchir le cap, tu vois, de me dire je monte ma boîte, je crée voilà, je pense que j'ai encore suffisamment à apprendre en entreprise pour pouvoir être suffisamment capée et je pense toujours me lancer des défis, je pense oser me lancer des défis, quoi.
- Speaker #1
On va laisser ce rêve mûrir et je suis sûre qu'il va naître de différentes rencontres parce que encore une fois, un autre élément qui m'a marqué dans ton récit, c'est que tu as une grande capacité à activer ton réseau. Tu as été souvent cooptée, beaucoup de mise en relation, des conversations qui t'ont aidé à avancer. Et ça rejoint aussi ce besoin qui n'était pas vraiment couvert par la comptabilité, mais c'est ton besoin de connexion aux autres, de conversations sincères et humaines. Et donc, je suis sûre que les futures conversations que tu auras te rapprocheront de ce projet. Merci beaucoup Sophie.
- Speaker #0
Merci beaucoup Elvire.
- Speaker #1
Merci à toi d'être resté jusqu'au bout. J'espère que cet épisode t'aura plus intrigué, inspiré. Et n'hésite pas à le partager, ainsi que de laisser une évaluation, un commentaire. Ça aidera énormément le podcast à être plus diffusé. Merci et à très bientôt sur The Patron Podcast. Musique Musique