- Speaker #0
Le problème de mon parcours, c'est que ça m'a nourri un énorme syndrome de l'imposteur. Mais vraiment énorme. Parce qu'en fait, moi je ne sais rien faire, je suis une énorme généraliste en fait. Et moi, mon père qui est un grand entrepreneur, m'a toujours dit une des qualités d'entrepreneur, c'est aussi de savoir s'arrêter. Et tu vois, t'as vraiment un truc en cosmétisme, c'est quand t'as un stand avec ton logo en rétro-éclairé dans un département de stand.
- Speaker #1
Et donc... C'est toi en Corée du Sud quand même, maintenant ça devient...
- Speaker #0
Tu me retrouves en Corée avec mon nom en rétro-éclairé, mais genre un stand à la Dior, tu vois, dans le plus... L'équivalent du bon marché coréen de Séoul. Je suis trop fière. Et là, ils annoncent.
- Speaker #1
Et si on décryptait ensemble la recette du courage ? Bienvenue dans The Patron. Aujourd'hui, j'accueille Julie Exertier. Julie, tu es maman de deux garçons. Et tu as aussi un des parcours les plus atypiques que j'ai vus jusqu'à présent. Tu es multi-entrepreneur. Tu as créé deux entreprises. Julien Envie, qui était une marque de prêt-à-porter pour femmes avec des formes. Et ensuite, Exertier, Trésor des Alpes, une marque de cosmétiques qui a pris ses racines dans les Alpes, justement. Entre ces deux expériences entrepreneuriales, tu as aussi été styliste pour Star et notamment Mélanie Laurent, que tu as rendu glamourissime sur le tapis de Cannes avec un smoking blanc. Tu as aussi été DG de transition. pour une marque et aujourd'hui tu es directrice commerciale pour Absolution. Donc c'est vraiment un parcours atypique avec beaucoup de leçons pour les entrepreneurs mais pas que. Bienvenue sur The Patron, Julie.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Alors c'est notre premier podcast filmé, donc c'est une expérience un peu particulière pour moi. Merci de te prêter au jeu.
- Speaker #0
Pour moi aussi, je n'ai jamais été filmée encore sur un podcast, donc c'est nouveau.
- Speaker #1
Donc grande nouveauté. Je le disais, Julie, tu as un parcours très impressionnant. Et d'ailleurs, j'invite les auditeurs à écouter le podcast La Comette. Tu es passée sur ce podcast il y a quelques temps et vraiment, c'est plus d'une heure de bonheur. J'ai adoré écouter ce parcours parce que c'est vraiment un parcours haut en couleurs. On va essayer de ne pas parler que des mêmes sujets. Ce qui m'intéresse avec toi, Julie, c'est ton énergie et ta capacité de rebond. Le rebond, c'est quelque chose qui résonne beaucoup chez toi ?
- Speaker #0
Alors, plus que le rebond, je pense que la résilience, même si finalement, je ne la réalise pas tant que ça en vrai. C'est plus quelque chose que j'ai dû mettre en place à plein de moments. Et en fait, quand tu es un peu, je vais dire des gros mots, dans le caca, tu ne réalises pas tant que ça que tu es résiliente. Tu as l'impression que tu te prends vraiment un océan sur la tête et que tu ne vas pas t'en sortir. Et finalement, je pense que j'ai cette capacité quand même à m'en remettre ou en faire quelque chose. plus que m'en remettre, à en faire quelque chose. Et ça, je pense que c'est ma qualité finalement.
- Speaker #1
Une bonne qualité, effectivement, à avoir, surtout quand on vit des moments difficiles en tant qu'entrepreneur, en tant que chef d'entreprise. On va parler d'Exartier, donc cette marque de cosmétiques que tu as créée, que tu as développée pendant sept ans. Et à un moment, ce n'était plus possible. Tu ne te sentais plus de continuer ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #0
Alors moi, déjà, j'ai une grande théorie sur l'entrepreneuriat qui est qu'un an d'entrepreneuriat, c'est un peu comme l'âge des chiens. Donc ça veut dire qu'un an, c'est sept ans. Donc tu vis des choses tellement rapidement, tellement violentes, tellement géniales. C'est un accélérateur de carrière et de savoir et d'apprentissage extraordinaire. Donc c'est quelque chose qui te consume un petit peu. Je pense qu'un des vrais challenges, c'est de résister, de trouver du confort dans l'inconfort. C'est vraiment très compliqué. Donc, 7 ans déjà, c'est une carrière, tu vois, c'est tout un monde. Et en fait, je pense que tu entreprends parce que tu aimes ça, que tu adores le projet, que tu es vraiment heureux de le faire. Quand tu n'as plus envie, c'est hyper compliqué. Et moi, mon père, qui est un grand entrepreneur, m'a toujours dit qu'une des qualités de l'entrepreneur, c'est aussi de savoir s'arrêter. Donc, le truc, c'est qu'en fait, tu ne sais jamais quand t'arrêter parce que t'as toujours quelqu'un qui te rattrape. T'as toujours quelqu'un qui te dit que c'est super ce que tu fais, t'as toujours... En fait, ce qui est compliqué, je pense que c'est vraiment ton rapport au temps quand t'entreprends. Très dur d'être dans le moment présent, parce que le moment présent est déjà passé, en fait, pour toi. Tout ce qui est passé, de toute façon, tu trouves que c'est nul. Tu n'es jamais content, tu vois, même si t'es arrivé, tu dirais j'aurais pu faire mieux. Je ne connais aucun entrepreneur qui est content de ce qu'il a fait. Et t'es toujours dans le coup d'après, mais avec le plan A, le plan B, le plan C, parce que tu sais que vraiment plein de choses ne vont pas bien se passer. Donc, tu es toujours dans une espèce d'anticipation du risque qui fait que c'est très compliqué d'être là, finalement. Donc ça, je pense que c'est aussi un truc de savoir s'arrêter en enlevant justement ce truc de « oui, mais s'il se passait ça, s'il se passait ça, s'il se passait ça » , en fait, qui est compliqué. Et en fait, c'est aussi se poser. et se dire « je m'arrête parce que » . Et moi, on m'avait demandé de faire une liste des 100 raisons pour lesquelles je voulais rester, des 100 raisons pour lesquelles je voulais arrêter. C'est hyper long, 100 raisons. Et c'était un très bon exercice, en fait, de me rendre compte. Et je pense aussi qu'il y a un moment, la boîte, c'est toi. En plus, moi, elle s'appelait comme moi. Donc, tu as une sorte de dissociation de ta personnalité. Et il y a un moment où il faut se retrouver soi et se dire « mais qu'est-ce que moi, je veux, en fait ? » t'as oublié pourquoi t'avais créé ce truc là t'as oublié pourquoi t'as supporté tout ça ta vie elle évolue moi j'ai commencé je devais avoir 37-35 ans forcément à 42 j'ai plus forcément les mêmes envies en fait j'ai eu mes enfants, ils ont grandi j'en ai eu un deuxième ma situation a tellement changé tout ça c'est aussi à reprendre en compte je pense à remouliner parce que c'est beaucoup de sacrifices Est-ce que j'ai encore envie de me sacrifier à ce point-là ? Et moi, la réponse au moment, elle a vraiment été non. Mais j'ai mis beaucoup de temps à me l'autoriser.
- Speaker #1
Est-ce que c'était physique, que tu n'en pouvais plus ? C'était un épuisement ?
- Speaker #0
Déjà, j'avais une santé qui n'allait pas, qui était délétère. J'avais pris énormément de poids, je commençais à faire du pré-diabète, je ne dormais pas de la nuit. Je fumais comme un pompier. Je ne pouvais pas te dire ce que j'avais mangé dans la journée. Je n'en avais aucune idée, en fait. Je ne faisais pas pipi. C'est vraiment un symptôme, ça.
- Speaker #1
Tu n'avais pas le temps ?
- Speaker #0
Je n'avais pas le temps. Je n'étais pas là quand j'étais là, en fait.
- Speaker #1
Tu étais où, du coup ?
- Speaker #0
J'étais dans le cou d'après. Tout le temps dans l'anticipation. J'étais dans l'anticipation. Et du coup, j'étais dans une anxiété de l'anticipation, quelque part. donc j'ai vraiment eu l'impression de m'être coupé la tête et les jambes en fait à un moment et ce qui était vraiment Tu ne peux pas prendre de bonnes décisions quand tu ne dors pas.
- Speaker #1
Impossible.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
On devient fou.
- Speaker #0
Et tu prends vraiment... C'est affreux. Tu fais des mauvais recrutements. Tout n'est pas... Il n'y a rien de bon, en fait. Et tu as une sorte de solitude aussi quand tu entreprends. Parce que finalement... Alors, tu prends des fois la lumière, c'est sympa, etc. Tu es invitée à des trucs. Mais les décisions, le soir, c'est toi qui les prends. Et c'est hyper dur. Je pense que tu entreprends pour prendre toutes les décisions. Tu as envie d'arrêter pour arrêter de les prendre.
- Speaker #1
On n'est jamais contentes.
- Speaker #0
Non, jamais. Mais c'est le propre aussi de l'entrepreneur. J'avais fait un post sur LinkedIn qui, c'était pour moi le terrible tout, l'entrepreneuriat. C'est vraiment cet enfant qui n'est jamais satisfait. Je veux plus de clients. Et pourquoi les gens ne m'aiment pas ?
- Speaker #1
Et pourquoi j'ai trop de clients ?
- Speaker #0
Voilà. Et du coup, j'ai pris ce nouveau logiciel, mais je casse déjà mon nouveau jouet ou ce nouveau collaborateur. Il y a vraiment un truc de terrible tout avec les entrepreneurs, en fait. Donc, voilà, j'ai toujours comparé ça à... à ce syndrome un peu de l'enfant capricieux. Mais adorable, auquel on s'attache.
- Speaker #1
Tellement mignon. Et puis surtout, le fruit de tellement d'heures de travail et d'engagement, c'est quand même un moment où ça prend, où la mayonnaise prend, où tu commences à développer à l'international. Il n'y a pas une partie de toi qui a envie de t'agripper à ce bébé ?
- Speaker #0
Oui, mais alors complètement. Après, moi, la vie m'a tellement rattrapée. J'ouvre la Corée en énorme. Et tu vois, tu as vraiment un truc en cosmétisme, c'est quand tu as un stand avec ton logo en rétro-éclairé dans un département de star.
- Speaker #1
C'est toi en Corée du Sud quand même.
- Speaker #0
Je me retrouve en Corée avec mon nom en rétro-éclairé, mais genre un stand à la Dior, tu vois, dans l'équivalent du bon marché coréen de Séoul. Je suis trop fière. Et là, ils annoncent le coup. Et là, en fait, tout ferme, en fait. Tu vois, heureusement, ils m'avaient payé. Et donc, le projet s'est arrêté. Et j'avais l'impression qu'avec ce deal, j'étais arrivée à quelque chose. Que vraiment, ça allait être un avant-après dans mon aventure entrepreneuriale. Et en fait, non. Et c'était affreux parce qu'après, quand je pitchais chez des investisseurs et que je leur parlais de ce moment, j'en rigolais un peu nerveusement. En disant, on y a cru, c'était mort. Et en fait, moi, je me souviens, par exemple, quand le Covid a été annoncé. Déjà, moi, je suis dans le déni. Ils ne feront jamais ça en France. C'est impossible qu'ils nous enferment. Mais vraiment dans le déni.
- Speaker #1
Comme beaucoup. Rassure-toi, tu n'étais pas la seule.
- Speaker #0
Et donc, moi, j'avais quatre discussions ultra avancées avec des super fonds d'investissement. En plus, ils se battaient un peu. Je me suis montée un peu la pression. J'étais hyper contente. Ce deal coréen me portait, en fait. Et là, tout d'un coup, tous tes rendez-vous s'annulent, en fait. Et nous, on était quand même un peu short-trezo déjà. Parce que du coup, on avait investi, etc. Et là, tu te dis, mais comment je vais faire ça ? C'était encore une montagne à monter. J'avais l'impression de redescendre tout en bas et d'avoir tout à recommencer ce jour-là. je pense que c'est l'un des rares moments de mon aventure où j'ai pleuré pendant deux semaines quasiment où j'étais vraiment en mode pas sûre de pouvoir y arriver et plus de jus du coup j'ai eu un bon réflexe c'est que je me suis dit personne ne bosse donc je vais arrêter moi aussi de bosser donc j'ai fait les PGE, les trucs de chômage partiel j'ai renégocié nos bureaux mes investisseurs m'avaient dit tu t'assieds sur ton chéquier ce que littéralement nous avons fait J'ai cleané la situation pour qu'elle soit stable. Mais j'ai dit, en fait, personne ne bosse, d'or. Et en fait, à cette époque-là, j'avais beaucoup d'appels avec des entrepreneurs. Et je leur disais, mais t'es concurrent, ils ne font pas grand-chose non plus. Et de là, on a créé une campagne de crowdfunding qui a cartonné. On s'est vraiment réinventé, on s'est fait hyper plaisir sur ce projet. ça nous a remis en lumière sur quelque chose et on a réouvert plein de trucs. Mais si je n'avais pas eu ce temps de souffler un peu, parce qu'en fait, la créativité, c'est quand même un truc qui est fragile. Quand tu es épuisé, tu n'y arrives pas. Et là, ça m'avait redonné de l'envie de me reposer.
- Speaker #1
Donc, tu avais retrouvé justement...
- Speaker #0
Du jus alors que je pensais que c'était mort. Vraiment, je me tais du coup.
- Speaker #1
Donc, tu as retrouvé du jus et en même temps, tu voulais aussi tourner la page de ce projet.
- Speaker #0
Je veux le tourner pour plein de raisons. Déjà, vraiment...
- Speaker #1
Mais sans raison. Tu ne vas pas nous faire les 100, mais...
- Speaker #0
Non, pas les 100. Le premier truc, c'est... Je prends plein de décisions mauvaises. Parce qu'en fait, c'est assez... Une boîte, ça marche holistiquement pour plein de toutes petites raisons qui sont un peu magiques et qui se font. Il n'y a pas une recette parce que c'est plein de petites choses, en fait. Plein de curseurs. Et chaque projet a des curseurs qui doivent s'ajuster différemment. C'est ça qu'il n'y a pas de recette. Et l'échec, c'est un peu la même chose. C'est que tu prends une somme de petites décisions, vraiment, où tu te dis pas d'impact. Et là, plein d'impact. J'ai sous-estimé des choses, clairement.
- Speaker #1
On est quand, là ? On est toujours dans le coach ?
- Speaker #0
On est à la sortie du Covid. J'ai vraiment du mal avec les dates. Ça doit être 2022. Déjà, les délais d'approvisionnement changent. On passe de 3 à 4 mois dans les usines à 7, 8 mois. Sauf que tu verses tes accomptes. et que t'attends ensuite j'arrête des produits premium que je trouve que j'en vends moins bien sauf qu'en fait je vois pas que c'est là où je fais vraiment ma marge en fait je me dis ouais en quantité finalement ça s'écoule pas tant que ça mais en valeur ça me laisse beaucoup d'argent en fait et j'ouvre Marionneau et qui en plus vend surtout ça parce qu'en fait moi j'avais le circuit pharmacie où les paniers d'achat étaient moins élevés là je passe en sélectif, ça change des choses aussi dans l'assortiment
- Speaker #1
Donc, tu arrêtes une gamme qui...
- Speaker #0
J'arrête les produits un peu chers de ma gamme. Je ne les reproduis pas à ce moment-là. Je fais des choix de trésorerie aussi. Mais du coup, qui ne sont pas une bonne décision avec le recul. Ça, déjà, mauvaise idée. Je pense que je vais pouvoir facturer ce client qui, en fait, est aussi mal noté que moi. Donc, on me le refuse. Et en fait, moi, je travaille en...
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu veux dire, il est aussi mal noté que toi ?
- Speaker #0
En fait, moi, je n'ai pas une très bonne note parce que je suis une petite boîte. Et du coup, le facteur, il met des notes sur les deux. OK. Et donc, ils ont une aussi mauvaise note que moi, en fait. Donc, il dit, en fait, 0 plus 0, voilà.
- Speaker #1
Donc, ça ne marche pas. Il n'y a pas de deal.
- Speaker #0
Moi, il n'y a pas une seconde où je me dis que je ne vais pas pouvoir facturer ça. Parce que c'est un groupe. J'ai bossé avec un client aussi gros. et c'est un client qui me paye beaucoup plus tard que les autres. Donc, entre les accomptes... le plus tard. Je fais beaucoup d'investissements dès le début pour vraiment lancer la machine parce que je sais ce qu'il faut aussi faire pour rentrer dans le sélectif. Donc tout ça, déjà, l'écart commence à vraiment se creuser. Et il y a un moment où vraiment je me sens extrêmement fatiguée. Je dois redemander de l'argent à mon board. Moi, je me paye hyper mal. vraiment, je commence à être fatiguée d'avoir toujours les mêmes problèmes. Tu as toujours l'impression que je reviens en arrière sur des sujets, alors que j'ai l'impression d'avoir cliqué un truc. Et je me dis, est-ce que vraiment, ce projet a l'avenir ? Et parallèlement à ça, l'entrepreneuriat, ça fait beaucoup de mal au couple. Parce que je suis obsédée par la boîte. Je ne parle que de ça, il n'y a que ça qui compte. Et du coup, je pense que ça éloigne à un moment. Et quand tu vis avec quelqu'un qui a une montagne de stress et que toi, tu commences à ne pas aller bien, forcément... Donc là, mon mari me dit, je crois que je ne veux plus vivre avec toi. Et là, ça me casse les deux genoux. Vraiment, je tombe à terre. Je me dis, je me retrouve à mon âge. Je ne peux pas prendre financièrement en charge les enfants s'ils me quittent. Je me paye 1800 euros par mois après avoir fait une grande école de commerce et avoir 45 ans. Ce n'est pas possible d'avoir deux enfants à charge une semaine sur deux.
- Speaker #1
Tu n'avais rien vu venir dans ton couple ? Tu n'avais même pas eu le temps de voir les signes ?
- Speaker #0
Je n'ai rien vu. Et du coup, je pars. Tu as vraiment des trucs de grand écart tout le temps. Je pars à Dubaï. On me demande, le plus grand groupe de luxe des Émirats, me demande de venir faire une conférence sur la beauté française à l'Expo Universelle à Dubaï.
- Speaker #1
Sympa comme invitation.
- Speaker #0
Sympa. En plus, vraiment, ces gens sont géniaux. Ils me disent, tu choisis le panel. Donc, je pars avec tous les gens que j'adore. On part genre en colonie de vacances à Dubaï. C'est génial. On apprend plein de choses, etc. Et moi, je suis en train de me séparer, tu vois. Et donc, je prends vraiment un bon temps pendant ces cinq jours qui sont très cools avec des gens que j'adore. En plus, c'est des gens avec qui je monte une boîte toutes les cinq minutes, en fait. Tu vois, donc on refait le monde tout le temps. C'est incroyable. Et au retour, on est tous ensemble pour repartir. Et donc, je me paye un petit upgrade par rapport aux autres parce qu'en fait, j'ai tellement peur de rentrer que je pleure pendant les huit heures de vol, quoi. et que je ne veux pas pleurer devant des gens avec qui je travaille. Donc, le mec à côté... Donc,
- Speaker #1
tu payes l'upgrade, c'est-à-dire que tu payes...
- Speaker #0
En fait, il nous avait payé un billet et du coup, je paye un upgrade pour être dans la classe supérieure.
- Speaker #1
Juste pour être peinarde et pleurer franchement ?
- Speaker #0
Juste pour chialer, ouais. Ah, ok. Et en gros,
- Speaker #1
le mec à côté de moi... Excuse-moi, tu dis que tu ne veux pas rentrer. Tu as peur de rentrer à ce moment-là ?
- Speaker #0
J'ai tellement peur de rentrer. J'ai tellement peur de ce que ma vie va être quand je vais rentrer. et en fait le mec à côté de moi que le film était hyper triste c'est vraiment c'était Cry Me A River et je me dis c'est pas possible en fait et je rentre donc on est en mars je rentre et vraiment c'est plus possible en fait le jour de mon anniversaire mon mariage donc mon mari me dit je ne veux pas fêter ton anniversaire avec toi alors je raconte ça parce que c'est un mot assez charnière pour moi en fait et c'est un très bon conseil que je vais donner aux gens donc il y a une bonne histoire d'aller rester ok on reste là on est avec toi voilà Donc je pars toute seule dans une chambre d'hôtel le soir de mon anniversaire. Et je veux aussi lancer un message, c'est que des fois, tu es vraiment au fond du seau. Et il peut se passer des bonnes choses ce jour-là. Là, ma banque perso m'appelle pour me dire que je suis tout le temps à la découverte, que vraiment c'est inadmissible qu'ils vont me couper ma carte. Super. La loose. Après, j'ai le mec qui fait les loyers de mon bureau. Et j'apprends que ça fait trois mois qu'on ne les paye plus, que mon office manager ne me l'a pas dit. et qu'en gros, sur le compte pro, on n'a plus une thune.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et donc, je suis... toute seule en train de chialer dans une chambre d'hôtel le soir de mon anniversaire. Et après ces coutumes, je me dis en fait, ce n'est plus possible. Donc maintenant, je fais ça tous les ans. Tu as une fonction sur Gmail, ou certainement sur d'autres messageries, où tu peux t'envoyer un mail que tu reçois dans un an. Donc je m'envoie un mail, je m'écris un mail en disant voilà, ta vie là, c'est vraiment de la merde. Vraiment là, tu as touché le fond du seau en fait. Tu ne mérites mais aucune des choses L'année prochaine, tu vas avoir un anniversaire de ouf. Tu vas être au top. Tu auras un boulot que tu adores. Et vraiment, tu seras dans la joie. Et ça, ça sera derrière toi. Je te le promets. Et vraiment, je me fais une promesse là-dessus forte. Et ça a vraiment été un truc d'engagement par rapport à moi. Donc là, je fais un pas de côté. Je me dis, bon, soit en fait, tu... décide de lutter pour garder ton mari, pour garder ta boîte, pour une situation qui ne te convient plus à toi non plus, soit tout le peu d'énergie, le très peu d'énergie qui te reste, tu le fais pour sortir de cette situation. Je me mets en mode vraiment sportive de haut niveau. Ça veut dire que je ne bois plus d'alcool, je me force à dormir. Le matin, moi, j'ai... à ce moment-là, 15 kilos de plus. Je n'ai pas fait du sport depuis 5 ans. Je n'ai pas un euro pour aller faire du sport. Il me reste juste une paire de baskets. Tu sais, ce moment où tu as décidé d'aller faire du running et tu n'y es jamais allée. J'ai une jolie paire de baskets et une voie verte à côté de chez moi. Je vais courir 5 minutes, 10 minutes, 20 minutes. Je fais des vidéos de sport sur YouTube.
- Speaker #1
Tu les fais toi ou tu les regardes ?
- Speaker #0
Non, je les regarde. Non, je fais la vidéo comme ça, avec mes petits... Ok. Aérobic, tout ça, nanana. Et je me dis, il faut en fait que tu fasses un truc pour toi tous les jours.
- Speaker #1
Self-care à fond.
- Speaker #0
Voilà. Donc, tous les soirs, j'écris, j'ai un cahier. Je fais une méditation, j'ai fait une prière. Je ne suis pas croyante, mais du coup, je prie. J'essaye de manger correctement, de m'hydrater. Je reviens aussi dans un truc où je sais que là, si je ne fais pas attention à moi, concrètement, je vais finir en hôpital psychiatrique. Et que moi, mon ex ne va pas bien, je suis toute seule avec les deux enfants, je ne peux pas aller en hôpital psychiatrique. Mais vraiment, je pense à ce moment-là que je... Je rêve de ça même. Je rêve d'être internée, tu vois.
- Speaker #1
Est-ce que tu as envie de te reposer ? Tu as envie de...
- Speaker #0
J'ai vraiment envie qu'on me laisse tranquille, tu vois. Si j'avais pu être sous somnifère trois semaines et qu'on me laisse tranquille, vraiment, j'ai envie que tout ça, ça s'arrête, en fait.
- Speaker #1
T'as envie de disparaître un peu, les soucis avec...
- Speaker #0
Vraiment, me mettre la tête dans le seau, quoi. Mais en fait, je ne peux pas. Vraiment, je n'ai pas ce luxe, quoi.
- Speaker #1
ou alors je ne me l'intéresse pas mais je ne le fais pas parce que ton ex-conjoint ne peut pas non plus
- Speaker #0
En fait, il ne va pas bien. Et moi, j'ai deux enfants qui ne vont pas bien. Les parents se séparent. On vient d'arriver à Lyon. Ils ne comprennent pas. Donc, c'est compliqué. Donc, je me dis, en fait, je ne peux pas leur faire ça. Je dois rester à peu près solide, en fait. Même si je ne le suis pas du tout. Donc, ça me rend très... Ça me rend très humble, en fait, tout ça, finalement, de me dire... Par exemple, faire mon lit était quelque chose que je célébrais. Vraiment, je me disais, tous les matins, tu retricotes une toute petite maille de ta vie, en fait. Pas plus. Donc, faire son lit et qu'il soit clean, c'était déjà quelque chose de formidable dans mon état. Envoyer un mail, une lettre, tu vois, vraiment, je me faisais une petite liste de trois actions assez simples à mener. qui allait me rendre fière de moi assez rapidement.
- Speaker #1
Parce que tout ça, ça se passe à un moment où tu es toujours à la tête de ta boîte, qu'il n'y a plus de trésor.
- Speaker #0
Et donc là, je décide de vendre. En fait, je me dis, le peu d'énergie qui te reste, vends-la, sors de ça. Donc là, j'appelle un administrateur judiciaire pour qu'il évalue ma situation. J'appelle plein d'amis entrepreneurs qui ont vécu ça. et qui m'explique ce qui va se passer. Et j'ai de la chance parce qu'en fait, moi, ça fait quand même trois ans que j'ai pas mal de gens qui m'appellent pour m'acheter. Donc, je me fais une liste. Je fais un gros brainstorm avec plein de potes de à qui ça pourrait intéresser. Je rappelle des gens. Stratégiquement, j'essaie de vendre aussi des choses en disant, tu fais ça, ça pourrait être intéressant pour toi de récupérer ça, etc. Tu vois, vraiment, je markete la vente de ma boîte pour créer une opportunité.
- Speaker #1
Tu ne la sacrifies pas ? Tu restes quand même focus pour bien la vendre ?
- Speaker #0
Je voulais partir proprement. C'était hyper important pour moi de me dire que j'ai fait le maximum. Il y a beaucoup de gens qui pourront te dire que je n'ai pas fait le maximum. Moi, j'ai fait le maximum dans la capacité dans laquelle j'étais. Je préfère dire ça. Dans l'état dans lequel j'étais, j'ai vraiment l'impression d'avoir donné au-delà de l'humain. Mais bien sûr, tu peux toujours faire mieux sur quelque chose. Donc, je suis très pragmatique. En fait, moi, dans ces moments-là, je suis vraiment en mode un peu machine. Donc, qui, quoi, quand, comment, les actions à mener, la checklist. Donc, je shift sur mon énergie, sur ça, c'est ton but ultime, de sortir, de sortir proprement, devant de la boîte. Ensuite, j'ai mes conditions vraiment importantes, ce que je suis prête à sacrifier. notamment un retour sur investissement. Et qu'est-ce qui est le plus important pour moi ? Ma liberté, ma santé mentale.
- Speaker #1
Pour moi, ça, c'est très clair.
- Speaker #0
Clairement. Donc, la négo est horrible. Je suis obligée de me mettre en R.J. pour protéger.
- Speaker #1
R.J., redressement judiciaire.
- Speaker #0
Redressement judiciaire avec un pack session. Je suis hyper bien accompagnée par le tribunal, par mon administrateur, par le liquidateur, par tout. tout le monde.
- Speaker #1
En fait, il y a une vraie machine qui se met en place pour t'accompagner à ce moment-là.
- Speaker #0
Ça, je voudrais quand même le dire parce que on les voit souvent comme des broyeurs d'entrepreneurs. Moi, j'ai plutôt des gens... qui sont là pour que je m'en sorte, en laissant le moins de plumes possible, en fait. Et qui sont hyper bienveillants. Et vraiment, tu vois, c'était marrant parce que le président du tribunal, à la fin, moi, j'ai vraiment fait une très bonne transaction. J'ai vendu un an de chiffre d'affaires.
- Speaker #1
Ce qui est énorme.
- Speaker #0
Ce qui est impossible en RG. Quand je leur ai annoncé ça, les mecs étaient pétés de rire.
- Speaker #1
Oui, c'est pas tous les jours qu'ils entendent ça. Au contraire. Non,
- Speaker #0
mais limite, ils ont...
- Speaker #1
Le euro symbolique.
- Speaker #0
mais ils font du blanchiment d'argent. et donc je me suis fait, moi j'aime bien me faire un peu plaisir quand même, et donc à la fin de la décision du tribunal qui donc accepte de vendre sur l'offre, il me dit mais comment vous expliquez que vous y êtes arrivée et donc je lui ai dit je pense que le tribunal retiendra à quel point la fondatrice était incroyable et donc il s'est pris un fou rire parce qu'il savait que je déconnais et c'était vraiment ça tu vois, et en fait J'ai reçu le liquidateur la dernière fois et elle me dit, on parle encore de vous, à quel point cette transaction nous a vraiment bluffés. Et on a rarement vu un chef d'entreprise qui était autant là, en fait. Donc ça, en fait, de faire du bon boulot dans un truc où vraiment tu n'as pas envie de le faire, ça m'a fait plaisir. Bon, après, tu as quand même un truc que tout le monde trouve honteux, c'est que c'est le chef d'entreprise qui bosse le plus, c'est celui qui n'est pas payé à la fin. C'est énormément de travail qu'on te demande. Après, c'est ta responsabilité aussi que tu prends.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu ressens le moment où c'est signé ? Où c'est fini, en fait ? Où tu passes la main ?
- Speaker #0
Un énorme soulagement. Je me dis... J'ai mis longtemps à être contente. Mais un énorme soulagement et de me dire c'est arrivé, vraiment. Et tu vas pouvoir... Tu n'auras plus. plus à refaire un tableau Excel ou remplir un serfa.
- Speaker #1
Tableau Excel, je pense que tu as dû en refaire depuis.
- Speaker #0
Oui, mais là, c'était vraiment horrible parce que vraiment, la due diligence, c'est toute la... En fait, tu dois prouver tout ce que tu dis. Tu dois vraiment sortir des chiffres, des statistiques, des reports. Tu n'arrêtes pas. Et en fait, moi, j'avais quand même repris ce poste chez Sambon, la maison de parfum, comme directrice générale. Je bossais le jour. Parce que j'avais pas de manger. Et la nuit, je faisais la doodil.
- Speaker #1
Oui, t'avais les deux en parallèle. En plus des deux enfants.
- Speaker #0
En plus des deux enfants.
- Speaker #1
Et cette priorité d'un peu de self-care pour faire attention à toi.
- Speaker #0
C'est ça. Donc, c'est dur. Beaucoup de discipline.
- Speaker #1
C'est la discipline qui t'a aidée ? Faire le lit ? Trouver du temps pour faire de la méditation, du sport ?
- Speaker #0
En fait, vraiment, moi, dans ces moments-là, je me mets vraiment en mode routine. Tu vois, il me faut des actions récurrentes. Par exemple... pendant six mois, je pense que j'ai mangé que du riz blanc et des sashimi saumon.
- Speaker #1
Au moins, c'était simple.
- Speaker #0
Parce qu'en fait, je ne pouvais pas me poser la question de ce que j'avais envie de manger. J'avais pas la place.
- Speaker #1
Il y en a qui s'habillent de la même manière tous les jours pour pas avoir cette décision. Moi,
- Speaker #0
j'ai fait ça dans la fin de mon aventure entrepreneuriale. Alors moi, en plus, j'adore la mode, tu sais, forcément. C'est vraiment un truc que j'adore. J'avais décidé d'avoir un vestiaire, donc j'avais toujours le même jean, toujours la même suite blanche, toujours les mêmes baskets, et je ne changeais que la veste. Et c'était mais d'une tristesse. C'est comme bouffer des sashimis au monde tous les jours. Mais c'était triste en fait. Et c'était un truc, maintenant j'adore, tu vois, je passe une heure peut-être le dimanche à resser des fringues, à faire des looks, à me dire ça j'aime bien, je les note dans une petite note Apple. Je fais un boulot de styliste pour moi aussi à des moments, tu vois, et je m'offre ça et je trouve ça génial.
- Speaker #1
Ça me fait penser du coup à ce moment de ta vie où tu as été styliste, où tu as été au Festival de Cannes, tu avais cette vie complètement glamour, cette liberté, cette indépendance. J'imagine que tu gagnais un peu mieux ta vie que pendant ces quelques années chez Exartier. Qu'est-ce qui a fait que tu n'as pas voulu continuer en tant que styliste et que tu t'es lancée dans ce projet ?
- Speaker #0
Mais pour moi, c'était vraiment toujours un truc qui n'allait pas continuer. Déjà, le problème de mon parcours, c'est que ça m'a nourri un énorme syndrome de l'imposteur. Mais vraiment énorme. Parce qu'en fait, moi, je ne sais rien faire. Je suis une énorme généraliste, en fait. Vraiment,
- Speaker #1
je spécifie. Tout le monde ne sait pas faire un look pour le Festival de Cannes quand même. Même le plus grand généraliste du management.
- Speaker #0
Ce n'était pas très compliqué. D'accord. Mais moi, j'ai une super bonne mémoire visuelle. Donc, je retiens hyper bien les collections, les fringues. Vu que j'adore la mode, j'ai une sorte d'encyclopédie de qui fait quoi, etc. Donc, j'avais cette culture qui aidait ça. Mais quand on m'a proposé de faire Mélanie, je me suis dit qu'elle pourrait prendre n'importe qui du Vogue et du Elle. Je me suis dit que je pense qu'elle s'entendra mieux avec moi. Et d'un coup, tu te retrouves là et tu te dis, mais qu'est-ce que je fais là ? Pour moi, c'était vraiment surréaliste, en fait, tu vois, d'être dans ce milieu. Et après, je pense que ça ne me nourrissait pas assez, en fait, dans les projets. C'était très redondant, en fait, finalement.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui te manquait ?
- Speaker #0
Je pense d'avoir tout le pouvoir, honnêtement. En fait, c'est pas une question d'avoir le pouvoir sur la fille ou quoi. Ces filles, elles n'ont pas besoin. Au bout d'un moment, tu te retrouves avec quatre agents images, le dire comme de la marque pour laquelle elles bossent, etc. Pour choisir un pull noir,
- Speaker #1
on s'en fout.
- Speaker #0
Il y avait un peu, des fois, trop de trucs comme ça, en fait.
- Speaker #1
Ce que tu disais au début, c'est ce rêve de pouvoir prendre toutes les décisions et après, on ne veut plus les prendre.
- Speaker #0
C'est ça. Mais c'était génial. tu vois j'ai vécu des moments incroyables que tu peux pas imaginer un jour dans ma vie étant née à Chambéry vivre en fait c'était dingue j'ai raconté à mon fils le jour le truc du festival de Cannes il me disait mais t'as fait ça et je lui dis bah ouais et ça lui paraissait complètement hallucinant et comment est-ce que aujourd'hui tu te sens en tant que salarié Alors, je me sens plus intrapreneur. J'ai une place géniale chez Absos. Déjà, je travaille avec une fondatrice formidable, une femme que j'admire et que je respecte de fou, avec qui je m'entends très, très, très bien, qui m'a laissé une place vraiment à ses côtés et pas en dessous, en fait, avec qui j'ai vraiment un dialogue très vrai, très honnête et très transparent. C'est quelqu'un que j'admirais beaucoup en amont. Et on rigole. Trop. Alors, on rigole pas tous les jours, des fois. Mais on a ce truc, je pense, avec Isabelle, de mettre pas mal de joie dans ce qu'on fait. Donc ça, c'est sympa. Donc je me sens... Elle m'a dit un truc très drôle l'année dernière. Non, début d'année, parce qu'en fait, Absolution, c'est mon record pour qui j'ai bossé longtemps pour quelqu'un. Donc un an et demi. et donc je me suis dit ça fait un an et demi que je bosse avec toi c'était un record pour moi elle me dit mais parce que je te laisse libre et en fait je pense qu'elle a compris ça et toi cette liberté t'en as besoin pour être créative justement ? moi j'ai besoin de confiance je pense encore plus peut-être que de liberté et je pense que je suis assez forte pour tisser des petites toiles ou nouer des trucs et ça en fait c'est une petite danse en fait donc si t'es tout le temps attachée au bureau avec des horaires etc tu veux pas spécialement le faire et je pense que c'est vraiment ce truc de moi j'aime créer les opportunités et pour créer les opportunités il faut être créatif, il faut rencontrer des gens il faut sortir du bureau, il faut faire des trucs moi j'ai aussi un truc de très bon élève donc ça veut dire que si tu me demandes un truc à rendre à 23h et qu'il faut le rendre à 2h du matin je vais te le faire en fait j'ai pas de sujet avec ça en fait donc tu sais que le truc il sera rendu tu sais que je serai là,
- Speaker #1
tu saurais que je serai à l'heure les contrats ils seraient...
- Speaker #0
moi quand il faut donner un coup de collier j'ai pas de problème avec ça c'est loin d'être le cas tout le temps chez Abso mais il y a des moments où il faut mettre un peu de poids de corps sur des sujets donc je pense que je suis assez grande professionnellement pour savoir ce que je donne ce que je donne pas et pour être j'essaye d'être hyper juste en fait
- Speaker #1
Paris va te préserver dans ses nouvelles fonctions ?
- Speaker #0
Vraiment beaucoup plus qu'avant. Déjà, moi maintenant, le sport prend une énorme place dans ma vie. Quand j'ai rencontré Isabelle, je lui ai dit qu'il y a des moments où à 18h30, il faut que la réunion s'arrête parce que je vais au yoga. Et ça, le dire à quelqu'un avant, pour moi, c'était impossible. De dire que j'ai un moment hyper important pour moi, je ne vais pas l'annuler et je dois y aller. Donc, toute ma semaine est organisée sur mon emploi étant sportif. Même mes enfants sont organisés en fonction de mon emploi étant sportif. Et pareil, toujours ma rigueur, je n'annule pas un cours de sport. Déjà, je suis devenue radine. Donc, ça me coûte financièrement. Je n'ai pas envie, tu vois.
- Speaker #1
On ne jette pas l'argent par les fenêtres.
- Speaker #0
Non. Et c'est mon moment, en fait. Donc, moi, je faisais du sport comme beaucoup de nanas pour maigrir, pour plein de trucs. Et en fait, moi, maintenant, je fais vraiment du sport parce que ça me fait hyper plaisir, en fait.
- Speaker #1
Tellement important pour la santé mentale.
- Speaker #0
Mais c'est fou, en fait. Moi, je fais beaucoup de yoga et je trouvais que toutes les filles qui faisaient du yoga étaient des connasses. Ouais, je suis allée à LA avec mon tapis. Enfin, je me disais, ça a tellement changé ma vie. Et maintenant, c'est moi qui dis ça, j'ai envie de me frapper. Mais c'est assez vrai, en fait.
- Speaker #1
En plus, tu manges bio et équilibré, non ?
- Speaker #0
Alors, les trois quarts du temps. Je mange quand même assez bien, mais... Sauf que moi, j'ai une bosse naturopathe, tu vois, donc elle me tue un peu. Mais en tout cas, le sport, ça m'a amené un truc de fou, en fait, dans ma vie. Ça m'a amené des nouveaux amis. Ça m'a amené... En fait, je pense que j'en parlais avec une amie hier, le sport, c'est un succès quantifiable. Contrairement à tes succès professionnels, amoureux ou amicaux. Vraiment, en yoga, quand tu ne touchais pas ton orteil et que tu le touches,
- Speaker #1
progrès. C'est une victoire.
- Speaker #0
Clairement. Quand tu fais un truc de plus, tu cours un peu plus vite, tu fais un kilomètre de plus, c'est tangible en fait. Donc, tu ne peux pas renier que tu as progressé.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
Alors que dans toute ta carrière, tout ce que tu fais, tu peux dire, non, je n'ai pas fait exprès. Là, tu sais que vraiment, tu as fait exprès. Tu y es allée. Le sport, ça a ce truc vraiment quantifiable du succès, qui est très tangible et qui me plaît. Et ça m'a, je pense, appris à être hyper fière de moi. Ce qui n'était pas du tout quelque chose qui était culturel chez moi.
- Speaker #1
Malgré tous tes succès, tes aventures en tant qu'entrepreneur ?
- Speaker #0
Non, vraiment, pour moi, je n'en ai pas. c'est pas grand chose vraiment je trouve j'ai du mal à être très heureuse de tout ce que je fais, pour moi c'est vraiment quand même un gros bazar, comme pourrait le dire n'importe quel DRH qui a lu mon CV les derniers entretiens d'embauche que j'ai fait il y a 3 ans le mec m'a qualifié d'intense il m'a dit vous êtes très intense ou non,
- Speaker #1
vous êtes toujours aussi intense le contraire serait moins valorisant je trouve
- Speaker #0
Non, je me suis dit que j'avais été un mec, il aurait trouvé ça. En tout cas, le sport, ça me permet ça. Moi, je me suis mis il y a trois ans au Bikram, au hot yoga.
- Speaker #1
On va parler de yoga à Bikram, ok.
- Speaker #0
Donc, c'est un yoga à 40 degrés, 40% d'humidité. En fer. Surtout que moi, je déteste avoir chaud et je déteste transpirer. Et en fait, avec Sambon, on fait un partenariat avec Huge, qui est un studio de yoga, mais infrarouge à Paris. mais là il fait 28 tu vois c'est pas 40 et j'y vais et je trouve ça cool et donc à Lyon je tape hot yoga et je me retrouve dans la seule salle de hot yoga de Lyon et là le prof était oui alors si vous vous sentez mal alors là il faut pas sortir de la salle il nous donne beaucoup d'instructions de sécurité que Youge ne donne pas là je me dis bah il est très prévenant ce garçon et puis au bout de 10 minutes je comprends qu'il fait 10 degrés de plus en fait et que j'étais pas au courant Donc en plus, je suis trop habillée. J'ai un legging très chaud, j'ai un t-shirt et je me liquéfie. Vraiment, je passe tout le cours à genoux en sanglotant parce qu'en fait, ça te fait remonter. En fait, ton corps se met tellement en survie avec la chaleur que tu paniques. Et donc là, toutes les émotions remontent. Et moi, c'est le moment où je suis vraiment très, très mal dans ma vie et je me mets à sangloter, mais vraiment comme une enfant. Je finis quand même le cours jusqu'à la fin. Et à la fin, tu finis en shabassana, en position du cadavre. Et là, le prof me dit, vous n'êtes pas sorti de la salle, soyez fier de vous. Et là, depuis très longtemps dans ma vie, je me sens fière de moi. Je me dis, si tu as survécu à ça, tu peux survivre à tout dans ta vie. Tout peut bien se passer après ce truc. Donc, je prends une douche, je replaire, je pense bien une heure sous la douche. Et je dors comme jamais depuis très longtemps, je n'ai pas dormi. Donc, j'y retourne.
- Speaker #1
Une nouvelle Julie après ça.
- Speaker #0
Ah, mais en fait, je me suis vraiment dit, là, tu... Pourtant, j'en ai quand même vécu deux, trois. Mais là, je me suis dit vraiment de faire ça, de tout faire. Ça m'a vraiment donné un pouvoir, en fait, sur moi.
- Speaker #1
Et qu'elle a clairement essayé le yoga Bikram. En dehors de ça, quels conseils tu donnes aux femmes, qu'elles soient entrepreneurs ou en entreprise, pour... Pas se mettre dans le rouge comme toi.
- Speaker #0
Alors, premier conseil, parce que ça, je te donne assez souvent... parce que j'ai eu la chance d'accompagner une entrepreneur géniale qui s'appelle Fanny qui a lancé une marque incroyable de parfums qui s'appelle Facent qui a un vrai succès et Fanny elle m'appelle et en fait au début je fais que des calls avec elle où je ne la vois pas et elle finit par me dire ah bah by the way je suis enceinte de 7 mois et du coup je vais lancer ma compagnie de crowdfunding et puis bah j'accoucherai je prendrai pas de congé mat je me suis dit mais quelle connerie parce que moi en fait je n'ai pas pris de congé mat sur mon deuxième ça a failli me tuer clairement ... et je lui ai dit en fait c'est ton premier enfant t'en auras qu'une fois en fait tout ce que tu vas manquer et je déteste ça ce truc de se dire qu'il faut choisir mais il y a juste des temps dans la vie et je lui ai dit en fait personne ne t'attend t'es pas en train de dépenser de l'argent tu peux déplacer ton projet de 6 mois ce qu'elle a fait et c'était très bien savoir prendre le temps se faire passer en premier mais qui est vraiment un truc général pour toutes les femmes On se fait toujours passer après nos enfants, après notre couple, après notre famille, après notre boîte. Il y aura toujours quelqu'un avant toi, en fait. Moi, ce que je répète à tous les entrepreneurs, parce que je coache beaucoup d'entrepreneurs, le vrai asset de ta boîte, le seul asset de sa boîte, la seule valeur de ta boîte, c'est toi. Donc si toi, tu te crames, si toi, t'es pas heureux, si toi, t'es pas dans le bonheur et le plaisir, parce que c'est incroyable de monter un projet, ça va être la plus belle aventure de ta vie, en fait ça va pas Moi, quand on me le disait, j'avais envie de tuer la personne. Vraiment. C'est facile.
- Speaker #1
Je ne peux pas. Vas-y, tu dis ça. Mais comment je gère ?
- Speaker #0
Mais en fait, tu peux toujours. Déjà, en fait, moi, j'ai vraiment un truc sur les syndromes des gens trop débordés. Ce sont des gens mauvais. Quand tu n'as pas le temps, c'est que tu fais mal. Donc, revois les choses. Fais un pas de côté. Revois tes priorités. Apprendre à dire non. Il y a un très bon bouquin là-dessus qui s'appelle La 25e heure qui apprend à dire non. Moi, du coup, j'ai des mails types dans mon téléphone pour apprendre à dire non. extrêmement gentiment. Parce qu'en fait, tu n'as pas le temps. Donc, la seule personne à qui tu dois dire oui tout le temps, c'est toi. Mais ça veut dire vraiment se prioriser.
- Speaker #1
En fait, j'ai l'impression que les personnes très engagées ont vraiment ce sentiment qu'il faut être engagé pour être performant, pour réussir et qu'ils ne peuvent pas lâcher. Et en réalité, tu te grilles.
- Speaker #0
après t'as quand même aussi alors tu vois moi j'ai fait beaucoup de coaching de management pendant mon aventure entrepreneuriale parce qu'au début j'avais l'impression d'être un super manager et que tout le monde m'adorait ce qui n'était absolument pas le cas tout le monde me détestait parce qu'en fait j'avais tendance à t'arracher la feuille le faire à ta place et te montrer à quel point je t'ai meilleure que toi donc super vraiment un exemple moi maintenant ce que j'explique à mes équipes c'est que vraiment mon but c'est de plus rien foutre donc vraiment il faut qu'elle le fasse à ma place mais je vais les accompagner pour ça Je me dis, moi, vraiment, mon but, c'est d'aller déj, quoi, tu vois ? Donc là, déjà, ce truc de... Alors forcément, quand t'es entrepreneur, t'es indispensable. Mais il y a un moment, je pense qu'il y a vraiment... J'accompagne beaucoup de gens là-dessus, sur le fait de à quel point tu l'es et à quel point tu dois plus l'être, en fait. C'est quoi... Parce qu'au bout d'un moment, quand t'arrives à des équipes de 10, 15, tout le monde ne veut pas reporter à toi. Donc il faut que tu commences à créer du middle management. donc il faut que tu commences à déléguer différemment et il faut que tu changes un peu de statut Donc, tu as quand même des étapes à passer là-dessus qui sont hyper compliquées quand toi, tu fais tout depuis le début et que tu sais tout faire, en fait. Et quand tu es un bon généraliste. Et forcément, comme tous les entrepreneurs, tu es contre le fric. Donc, tout ça, c'est vraiment aussi grandir par rapport à ça, tu vois. Donc, comment je le délègue ? Est-ce que vraiment, c'est moi qui dois le faire ? Est-ce que je dois... On m'a donné un énorme conseil un jour. C'était une de mes coachs qui avait pas mal travaillé... qui connaissait bien Morgane Tesori de Cézanne. Et elle disait, en fait, moi, quand j'ai commencé à déléguer l'image, ça m'a tuée, en fait. C'est jamais exactement ce qu'elle voulait. Elle a commencé à dire à ses équipes, ça, j'aime pour ça. Elle a laissé faire, mais après, elle faisait des points en disant, j'aime ça parce que... J'ai moins aimé ça parce que... Et du coup, ça permettait, petit à petit, d'avoir un bon curseur. Mais au bout d'un moment, si tu... vraiment des sujets, on s'en fout Ma meilleure phrase, c'est tu n'es pas en train d'écrire avec ton sang sur le mur d'alimentation pour l'éternité. C'est un post Instagram. Au pire, on l'efface. Vraiment. Et puis, ta story, personne ne s'en souvient. Vraiment, il faut aussi relativiser sur les choses. Il vaut mieux que ça sorte.
- Speaker #1
Le mieux, l'ennemi du bien.
- Speaker #0
Oui, et en même temps, moi, je suis une méga perfectionniste.
- Speaker #1
C'est dur.
- Speaker #0
C'est dur, mais c'est toujours ce truc de... balance en fait. Et pareil, tu vas beaucoup bosser à des moments, mais il faut savoir aussi te reposer. Tu vas donner beaucoup d'énergie, mais il faut aussi la regagner. Il faut comprendre aussi comment tu fonctionnes là-dessus. Moi, par exemple, je suis extrêmement sociable, mais il faut des fois que je passe 48 heures sans parler à des gens. Et j'ai compris que s'il y a des moments où je ne me coupais pas un peu du monde, ça pouvait me vider énergétiquement avec les gens.
- Speaker #1
Ce que j'entends, c'est que tu te connais de mieux en mieux, tu t'écoutes de plus en plus et tu te priorises enfin.
- Speaker #0
Complètement. Mais même si je peux retomber dans mes travers très vite, parce que je les vois bien venir. Par contre, la douleur que j'ai ressentie pendant cette fin d'aventure entrepreneuriale, la fin de mon mariage... cette session, etc., elle est encore très vive dans ma chair et mon corps. Et quand je vois que je ne vais pas au bon endroit, je ne peux pas réavoir mal comme ça. Ce n'est pas possible.
- Speaker #1
Donc, ça veut dire que tu n'as pas complètement digéré ?
- Speaker #0
Non, ça veut dire que c'est vraiment mon grand... En fait, je pense que c'est comme quand tu t'es brûlée très fort un jour, tu vas encore toujours avoir un peu peur du feu, en fait. Je pense que mon corps, mon esprit ne peuvent plus supporter un état de stress et de douleur comme ça. Donc, je sais qu'il ne faut jamais que je repousse les limites à ce point-là. Je ne pourrais pas. Je n'ai plus l'espace.
- Speaker #1
C'est quoi tes garde-fous, du coup ?
- Speaker #0
Mes garde-fous ? Vraiment le sport. La routine,
- Speaker #1
du coup.
- Speaker #0
J'ai remplacé une boulimie par une autre, parce que moi, j'ai un problème d'hyperactivité. Donc là, je fais trop de sport, d'où mes douleurs dont on a parlé en off tout à l'heure. donc je me tue un peu en plus moi je suis compète donc il ne faut pas trop me chercher donc je me dis est-ce que je ne suis pas en train de mettre une autre boulimie dans quelque chose d'autre donc je suis un peu vigilante aussi sur cet épuisement c'est pas que j'allais chercher moi je retourne souvent en thérapie régulièrement je trouve que c'est bien d'arrêter, c'est bien d'y retourner à des moments j'ai aucune honte avec ça j'écris beaucoup Et quand tu relis des choses, tu fais « Oh, mais comment j'ai pu penser ça ? » Tu te juges sur tes écrits.
- Speaker #1
En fait,
- Speaker #0
tu vois le déni dans lequel tu étais, souvent.
- Speaker #1
Ah,
- Speaker #0
ok. Moi, par exemple, j'ai eu un psy depuis très longtemps. Et donc, quand je me suis séparée de mon mari, je lui ai dit « Oui, on avait une relation tellement parfaite. » Et donc, il m'a ressenti des notes que j'avais dites. Tu vois, tout au début de notre mariage, j'étais « Ah, je disais déjà ça ! »
- Speaker #1
Ah, d'accord. Et là, c'était une sorte de...
- Speaker #0
de time capsule qui me mettait dans la tête. Donc, c'est terrible. Comme ton esprit adapte. Et après, j'ai une chance merveilleuse, c'est que j'ai des amis incroyables. J'ai les mêmes amis depuis très longtemps. J'ai des très bons amis entrepreneurs avec qui on a vraiment un espace de vérité. Je ne peux pas leur faire à l'envers. Le truc bigger than life, non, mais tout va bien, c'est super. Non. On sait se le dire, en fait. Et ça, c'est top. Et ça fait partie des gens qui m'ont vraiment appelée quand ça n'allait pas et qui me disaient « t'es pas de la merde et tu vas rebondir » . Et en fait, dans ce moment-là, tu sens vraiment que t'es de la merde.
- Speaker #1
Et t'avais ces voix extérieures pour te...
- Speaker #0
Ouais, mais j'avais besoin qu'on me le dise. Tu vois, la petite tape dans l'épaule, elle a tout changé. Donc, c'est vraiment pas que moi toute seule, en fait. C'est un écosystème aussi.
- Speaker #1
être bien entouré
- Speaker #0
hyper important. Des gens que tu estimes et qui sont positifs envers toi. Après, je pense que quand toi, tu l'es, j'expliquais le système du karma à mon fils de 7 ans hier. Moi, par exemple, j'ai un nouveau truc maintenant. Je fais des compliments assez facilement aux gens que je ne connais pas.
- Speaker #1
J'adore faire ça aussi, ça les choque.
- Speaker #0
Ça les choque et ça crée un truc tellement positif. Et la semaine dernière, je vois devant ma voiture une femme enceinte. Je me dis... Elle est sublime. Je n'en sors pas du tout. Elle est incroyable en allure. Je la revois l'après-midi à la Cile de l'école. Je lui dis que je voulais vous dire que vous étiez tellement belle. Elle me dit que je me sens tellement belle dans ma peau.
- Speaker #1
Tu lui as fait sa journée.
- Speaker #0
Elle m'a dit exactement ça. Je me suis dit que ça ne coûtait tellement rien de lui faire. J'essaye toujours de... Ça ne coûte rien. J'ai vraiment un truc, c'est sympa, c'est gratuit.
- Speaker #1
En même temps, je trouve que parfois, c'est gênant. Moi, j'ai... Ça m'arrive de le faire et j'ai une partie de moi qui me retient. Et l'autre jour, je l'ai fait, je courais et je croise un couple qui devait avoir une soixantaine d'années. Et je les voyais de loin, ils se faisaient des petits bisous. Et au moment où ils me croisent, ils se tiennent la main. Trop mignon. Et je leur ai dit, mais vous êtes tellement chou tous les deux. Ça les a choqués, mais ils avaient la banane comme ça. Mais il y a une partie de moi qui me dit, mais je ne peux pas leur dire ça, mais c'est trop gênant. Et en fait, je l'ai fait et c'est vrai que...
- Speaker #0
Moi, je trouve que ça répond à un truc très positif. Et pareil sur les gens de Jagmeer, tu vois, je n'hésite pas à leur dire en fait. Ou après une conversation que j'ai eue avec quelqu'un de Ludia Barban, ça m'a tellement éclairée. Merci, tu vois.
- Speaker #1
Du feedback positif, ça fait du bien.
- Speaker #0
Très bien. On n'est pas trop habitués à ça en France. Non,
- Speaker #1
pas du tout. Pas du tout, mais c'est une révolution que nous pouvons lancer.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Une personne à la fois. C'est ça. J'adorerais continuer la conversation pendant des heures. Parce que je sais qu'il y a plein de tiroirs à ouvrir et du coup... Ce serait sans fin, mais il va falloir terminer l'épisode. Et j'ai trois questions rituelles en fin d'épisode. La première, c'est si je t'offrais un panneau publicitaire dans la ville de ton choix, tu peux y afficher ce que tu veux, c'est ton message au monde. Qu'est-ce que tu y mets ?
- Speaker #0
Alors, ce n'est pas de moi, c'est de Catherine Edburn. C'est « If you follow all the rules, you miss all the fun » . Et donc, j'adore. C'est une phrase que je répète assez souvent et je trouve que c'est assez vrai.
- Speaker #1
Tu le dis à tes garçons aussi ?
- Speaker #0
Je leur dis à mes garçons, je leur dis que c'est toujours à eux d'inventer leur vie, qu'ils sont libres. Et je leur dis aussi, souvent, je vais détester vos décisions, je ne vais vraiment pas être d'accord, je vais être contre vous, et au fond, je serai toujours avec vous. Vous allez vraiment me décevoir à des moments, mais je prendrai sur moi.
- Speaker #1
Génial. Et si tu te retrouvais face à toi ? Lors de tes dix ans, quel conseil t'aimerais te donner ?
- Speaker #0
Ne réduis pas ce que tu es pour plaire aux autres.
- Speaker #1
C'est quelque chose que tu as fait souvent ?
- Speaker #0
Oui, je pense que c'était assez compliqué.
- Speaker #1
Pendant que tu étais chef d'entreprise ou à d'autres moments de ta vie ?
- Speaker #0
Je pense que j'ai... En fait, moi, j'ai une personnalité qui est très attractive malgré moi. Tu vois, les gens sont assez vite en confiance avec moi. C'est un peu ventard de dire ça, mais tu vois, j'ai un contact assez facile. Et donc, les gens attendent beaucoup de moi à cause de ça, souvent. Et donc, ça me met souvent en panique, parce que moi, j'ai un énorme syndrome de l'imposteur, toujours, de me dire, mais ils attendent beaucoup, mais ils y croient, etc. Et là, par exemple... J'ai eu un mauvais feedback de mes anciens investisseurs qui m'en veulent apparemment encore sur des choses. Mais en fait, j'ai compris qu'ils m'en voulaient principalement parce qu'ils attendaient tellement trop de moi. Et moi, je pense que scolairement, à plein de moments, je me suis dit en fait, je ne suis pas capable et que j'étais capable de faire vraiment beaucoup mieux ou plus. Et que je me suis un peu catégorisée. Et quand tu es généraliste, tu ne dois pas te catégoriser. Moi, je suis assez multipotentielle et c'est assez compliqué d'être comme ça.
- Speaker #1
Tu t'ennuies ? Qu'est-ce qui fait que tu es généraliste ? C'est que tu t'intéresses à tout, mais tu n'as pas envie de passer trop de temps sur un sujet ?
- Speaker #0
Je m'intéresse à tout. Non, mais parce que quand je rentre dans un sujet, je rentre vraiment quand même. Mais après, je rentre dans plein de sujets. Il y avait une série quand on était jeunes qui s'appelait Le Caméléon. Oui. Moi, je m'identifiais vachement à ça, en fait. De quelqu'un qui peut... Par exemple, tu vois... Je pouvais parler avec un mec qui développait des sites web de façon assez technique, assez rapidement, en fait, sans pour autant savoir faire son métier. Mais j'étais capable de le challenger assez vite. Donc, dès que je rentrais dans un sujet, je faisais ma culture extrêmement rapidement. Mais ça veut dire que je suis boulimique, quoi, que je vais lire tout. Voilà, c'est limite toujours ce sujet d'hyperactivité, en fait.
- Speaker #1
Le caméléon, c'est un animal qui te correspond bien, je trouve, quand on voit ta carrière. À quel point tu as pu shifter et vivre des choses différentes. Dernière question. Quel est le projet que tu n'as pas encore lancé, mais que tu aimerais bien ?
- Speaker #0
Je rêve assez d'un sujet dans le sport en ce moment.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Je réfléchis à des trucs. Alors, bien sûr, je suis très heureuse dans ce que je fais. Mais je pense qu'en fait, finalement, c'est assez lié. Moi, j'ai travaillé dans la mode parce que je trouvais que c'était un truc qui faisait du bien aux femmes. Contrairement à beaucoup de gens qui font de la mode. Je trouve que la fringue, ça donne du pouvoir. Te sentir belle, ça donne du pouvoir. Moi, je fais de la beauté, pas pour culpabiliser sur les rides, etc. Parce que je pense qu'en fait, que c'est pareil. Ça peut te donner du pouvoir de prendre soin de toi, en fait. Et le sport, ça fait partie encore de ça. C'est comment tu reprends le pouvoir sur ton corps, etc. Et moi, je suis tellement l'exemple de la fille qui était nulle en sport au collège, qui détestait ça, tu vois, machin. Et qui maintenant, il va cinq fois par semaine. Je me dis quand même... Ce parcours, j'ai envie de le partager d'une certaine façon. Donc, je pense que c'est assez là-dessus sur lequel ça pourrait me faire repartir sur quelque chose.
- Speaker #1
J'adore. Moi, je suis quand même alignée avec ça. Pareil, j'étais nulle en sport au collège. Et aujourd'hui, je fais pas mal de sport. Je suis toujours pas très douée, mais j'en fais beaucoup. Et je dis beaucoup à mes clients ou à mes prospects. Est-ce que tu fais du sport ? Si t'en fais pas, n'investis pas tout de suite dans un coaching pro. Parce qu'en fait, ton cerveau, là, il est pas assez oxygéné. Tu vas d'abord faire un peu de sport et après, tu reviens me voir. Et on parlera carrière. Mais commence par le sport. Merci Julie pour ce moment. Je suis sûre que ton prochain... projet sera aussi épanouissant et inspirant que tous les derniers. Je garde à cette idée qu'il faut que tu te priorises, garde du temps pour toi et surtout garder la joie. Merci beaucoup Julie. Bye. Merci à toi d'être restée jusqu'au bout. J'espère que cet épisode t'aura plus intriguée, inspirée et n'hésite pas à le partager ainsi que de laisser une évaluation, un commentaire. Ça aidera énormément le podcast à être plus diffusé. Merci et à très bientôt sur The Patron Podcast.