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The Patronne

#22 Constance Schaerer : partir à l'aventure et ne se mettre aucune limite

#22 Constance Schaerer : partir à l'aventure et ne se mettre aucune limite

56min |25/11/2025
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#22 Constance Schaerer : partir à l'aventure et ne se mettre aucune limite

#22 Constance Schaerer : partir à l'aventure et ne se mettre aucune limite

56min |25/11/2025
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Description

The Patronne podcast fête ses 1 AN
Et pour l’épisode #22, j’ai eu la chance d’échanger avec l’impressionnante Constance Schaerer.


En 2025, à tout juste 26 ans, elle devient la plus jeune Française à avoir gravi l’Everest.
Un périple de 42 jours, où elle a puisé dans ses ressources les plus profondes.


Depuis, Constance vit un rêve… version grand huit XXL.
Elle est partout, sur tous les fronts :


Directrice de l’association “7 sommets contre la maladie”
Elle accompagne des enfants dont un parent est malade et pilote une équipe de bénévoles engagés.


Autrice
Elle publie “Tu reposeras sur les plus hauts sommets du monde, Papa”, un roman qui fait déjà beaucoup parler.


Conférencière
Elle partage son parcours avec une authenticité rare.


Créatrice de contenu
Elle entretient un lien solide avec sa communauté.


Et elle a aussi un “vrai job”
Responsable du développement commercial d’un tournoi de tennis international.


Rien que d’écrire ces lignes, je suis épuisée pour elle.
Mais rien ne l’arrête — et d’ailleurs, c’est sa philosophie : ne jamais se mettre de limites.


Ce qui m’a le plus marquée lors de notre conversation ?
Sa générosité, sa simplicité, et cette sagesse étonnante pour son âge.


Dans cet épisode, Constance revient sur :

  • Son parcours et ses défis, du premier sommet jusqu’à l’Everest

  • La création de son association et l’importance d’accompagner les enfants face au deuil

  • La gestion de la pression : médiatisation, conférences, vie professionnelle, mission associative

  • Comment elle cherche l’équilibre entre ambition, engagement et plaisir


Une conversation inspirante qui représente parfaitement pourquoi j’ai lancé ce podcast il y a un an.
C’est pour moi un honneur et une immense source de joie d’avoir ces échanges.
Je me sens grandir, éclairée et reboostée à chaque épisode.
Un grand merci à mes invitées et à toutes celles et ceux qui nous écoutent.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Quand je suis redescendue de l'Everest, j'étais en mode « je ne ferai plus jamais de 8000 de ma vie, c'est terminé » . Je ne suis pas quelqu'un qui ait besoin de faire tout 100% parfait. Moi, c'est OK d'être à 90-95, parce qu'au bout d'un moment, sinon tu mets la rate au courbouillon toute la journée, tu ne te stresses pas absolument tout. Dans la vie, c'est toujours pareil. C'est difficile de trouver l'équilibre parfait où tu es juste tout bien. Non mais c'est vrai, mais après je pense que c'est le propre de l'homme aussi.

  • Speaker #1

    C'est tellement le tourbillon et tout le temps, toute la journée, je me dis profite, profite, profite, essaye de profiter, essaye de profiter.

  • Speaker #0

    Et si on décryptait ensemble la recette du courage ? Bienvenue dans The Patron.

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, j'accueille Constance Schaerer. Constance, tu es la directrice et la fondatrice de l'association 7 sommets contre la maladie. Tu viens de monter notamment l'Everest, tu es la plus jeune française à avoir monté l'Everest. Ce projet rentre dans un projet plus large et qui a démarré d'une manière un petit peu fortuite. Tu vas nous en parler du début de ce projet, c'est lié à ton papa. Oui. Bienvenue, je suis très émue de t'avoir aujourd'hui parce que je suis très heureuse de te rencontrer. Et en même temps, je sais que tu es dans une vague, dans un tourbillon en ce moment médiatique, puisque tu viens de lancer ton premier roman.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Et donc, je suis très heureuse de t'avoir. Bienvenue sur The Patron, Constance.

  • Speaker #0

    Merci à toi. Merci pour l'invitation et ravie d'être là aujourd'hui.

  • Speaker #1

    Nous allons parler, bien sûr, de ton association, de ce projet, du fait que tu es considérée comme une aventurière, puisque tu gravides les plus hauts sommets du monde. Peux-tu, en quelques mots, pour ne pas... pas répétit. Pour ceux qui ne connaissent pas Constance, vous trouverez énormément de contenu magnifique justement sur ses ascensions. Quelques mots sur ce projet et sur ton association s'il te plaît.

  • Speaker #0

    Oui, avec plaisir. Moi, j'ai perdu mon papa d'un cancer du pancréas quand j'avais 9 ans. Il s'est battu pendant 4 ans contre la maladie et en fait, 14 ans après son décès, donc en mai 2021, j'ai retrouvé une lettre dans laquelle il expliquait qu'il souhaitait que ses cendres soient dispersées sur les 7 sommets.

  • Speaker #1

    Donc juste ta maman t'en avait jamais parlé de cette lettre Pourtant elle,

  • Speaker #0

    elle la connaissait Tout le monde la connaissait Ma mère, ma famille, les amis de mon père Et j'ai découvert en fait Après l'ascension de mon premier sommet Le Kilimanjaro Que c'était le projet de mon père de faire les 7 sommets D'accord Devenir un modèle pour les personnes atteintes de cancer Et qu'il voulait écrire un livre justement Qu'il avait déjà commencé

  • Speaker #1

    Et donc c'était un de ses projets qu'il avait démarré En tout cas, qu'il s'était lancé en se disant, le jour où je serai guéri, je pourrai faire ça. C'était lié à sa maladie ou c'était un projet même d'avant ?

  • Speaker #0

    Non, c'est lié à sa maladie. Par contre, on lui a tout de suite annoncé qu'il n'y aurait pas d'autre issue que la mort. Donc, il savait qu'il n'allait jamais guérir de son cancer, c'était sûr. On lui avait même donné que six mois à vivre et il a vécu quatre ans. C'était déjà finalement... Enfin, il avait l'épée d'Amokles sur sa tête, mais il a réussi à la rallonger le plus longtemps possible et à encore être, à certains moments, bien pour imaginer, pour créer, pour avoir des idées, pour essayer de partir de la meilleure manière possible et de nous laisser des choses à moi et ma maman, et notamment ce projet un peu fou. Et après, pourquoi il a eu cette idée de faire les 7 sommets ? personne ne le sait, on ne sait pas d'où ça vient exactement. Juste, évidemment, c'était un fan de montagne et c'était un peu toute sa vie la montagne, même s'il travaillait dans la banque, tout. Absolument à la voir. Et il n'était pas skieur ou sportif de haut niveau dans un sport de montagne. Il avait fait du handball, toujours fait du sport, mais pas l'alpinisme.

  • Speaker #1

    OK, donc ce projet, tu le découvres. Et juste après, tu avais un voyage en Tanzanie de prévu ? C'était un hasard, finalement ?

  • Speaker #0

    Ouais, exactement. En fait, quand j'écouvre la lettre, je le prends plus comme une information parce que j'en avais jamais entendu parler, mais je me suis pas du tout dit OK, je vais aller gravir les sept sommets. C'est mon prochain défi. Moi, j'étais en école de commerce à ce moment-là. Je travaillais dans le groupe LVMH. J'avais d'ailleurs décroché une alternance pour le mois de septembre chez moi à Tennessee que je voulais absolument pas lâcher. Donc vraiment, le Cherish des sept sommets, c'était pas du tout, du tout, du tout mes projets. Mais effectivement, je partais en Tanzanie en voyage humanitaire et j'étais à une heure du Kilimanjaro. Gros hasard, quoi.

  • Speaker #1

    Donc, tu découvres la lettre, tu avais ce voyage de prévu, tu atterris et tu te dis, tiens, c'est marrant, il y a un sommet quand même, le plus haut sommet d'Afrique, il est juste là. Et donc, sans grande préparation, tu décides de monter ?

  • Speaker #0

    En fait, du coup, moi, j'avais découvert... Dès que j'ai compris ce qu'étaient les sets sommés, j'ai un peu regardé évidemment sur Internet, je me suis renseignée. Là, j'ai très vite découvert que le Kili Manjaro faisait partie des sets sommés et que c'était d'ailleurs le plus simple des sets. Et c'est déjà quelques semaines avant que l'idée me trottait un peu en tête, mais sans me dire je vais faire le Kili, c'est sûr. Juste, je le savais et je me suis dit bon, peut-être quoi. Donc, ma mère m'avait dit prends quand même des petites affaires chaudes, des affaires pour marcher, sait-on jamais. Et c'est vraiment en arrivant sur place où je me suis dit, OK, je vais tenter. Sans me dire non plus, c'est sûr que je vais arriver au sommet, parce qu'en fait, on ne sait pas du tout par rapport au mal aigu des montagnes, comment le corps va réagir. Est-ce que j'allais être capable d'atteindre le sommet ou pas ? Ce n'était pas vraiment l'objectif. Au final, pour le premier, c'était plus de me dire, je vais vivre l'aventure, je vais aller le plus loin possible. Et puis dans tous les cas, peu importe où mon père reposera, ce sera déjà un très, très bel hommage.

  • Speaker #1

    Et donc, tu réussis cette ascension ?

  • Speaker #0

    Et donc, j'ai réussi cette ascension, et même plutôt très bien, puisque je n'ai eu aucun problème lié à l'altitude, ce qui est plutôt une chance, parce que pour le coup, si je ne la supportais pas, je n'aurais pas pu faire le challenge de cette sommée. Enfin, je n'aurais pas pu continuer, ni même espérer faire un autre sommet, parce que c'est quelque chose qui ne se travaille pas, et on n'a aucune préparation sur le fait de supporter ou pas. l'altitude. J'ai eu la chance de bien supporter et de m'être dit, après l'ascension du Kili, pourquoi pas continuer. C'est surtout quand j'ai appris que c'était le projet de mon père de faire les sept sommets pour devenir un modèle pour les personnes atteintes de cancer, où je me suis dit, OK, le projet est bien plus gros que ce que j'avais lu dans la première lettre. Oui,

  • Speaker #1

    ça dépasse l'hommage à ton papa, puisque c'était... C'est une preuve de résilience et ça donne de la force.

  • Speaker #0

    Exactement, ça dépasse et ça peut aider, ça peut permettre à beaucoup d'autres personnes de s'identifier. Donc quand j'ai compris tout ça, je me suis dit, c'est vrai que c'est un beau challenge. Et après, j'ai découvert qu'il n'y avait pas d'assaut qui accompagnait les enfants, qui avaient un parent atteint de cancer ou qui avaient perdu un parent. Et c'est comme ça que... Ça a fait son petit bonhomme de chemin dans ma tête.

  • Speaker #1

    Oui, parce qu'effectivement, toi, tu as perdu ton papa à 9 ans. Oui. Est-ce qu'à ce moment-là, tu aurais aimé avoir un accompagnement ? Est-ce que tu l'as conscientisé ? Oui,

  • Speaker #0

    ça m'a beaucoup manqué. Comme j'étais fille unique, forcément, je n'avais personne à qui me livrer, à qui raconter ce que je vivais, ce que je ressentais. Je n'ai pas voulu voir de psy. J'en avais vu un. Pendant la maladie de mon père, mais ça ne s'était pas très bien passé. Et je n'ai pas voulu en revoir un autre. En fait, parce que mes parents m'avaient toujours dit, on ne parle pas aux inconnus. Et du coup, ça m'a semblé très bizarre d'aller voir quelqu'un que je ne connaissais pas du tout dans une salle blanche et de devoir raconter ma vie à un inconnu total. Qui en plus ne me comprenait pas, ne comprenait pas ce que j'avais vécu. Pour moi, c'était un peu un non-sens. Et puis après le décès de mon père, je ne voulais absolument pas retourner voir un psy. Donc, en fait, j'ai un peu fait psy pour moi perso, mais j'ai eu la chance d'avoir un papa qui m'a quand même beaucoup expliqué ce qui allait se passer, ce qui était la mort, qu'il n'allait plus être là physiquement, etc. Mais quand tu es un enfant qui est un peu... où on ne t'explique pas vraiment ce qui se passe, après, pour comprendre quand tu es plus grand, enfin, pour accepter le décès, de faire ton deuil, etc., c'est difficile quand même. Dans tous les cas, oui, ça m'a vraiment manqué. C'est pour ça que j'ai créé l'assaut, d'ailleurs.

  • Speaker #1

    Et du coup, cet assaut, comment tu l'as imaginé ? Qu'est-ce qu'elle apporte aux enfants ? Quel est le type d'accompagnement que vous proposez ?

  • Speaker #0

    En fait, quand je l'ai créé, tout n'était pas très clair dans ma tête. D'ailleurs, à chaque fois que je crée un truc, tout n'est pas très clair dans ma tête. Et je trouve que c'est bien comme ça, d'ailleurs, parce que... Parce que si on est trop clair dans sa tête, on ne se rend pas compte qu'on peut faire mieux que ce qu'on a imaginé. Tu adores ce que tu dis. Je pense qu'il vaut mieux se lancer, mettre le projet en place, et ensuite le faire évoluer selon les rencontres, selon les échanges, selon les besoins aussi. Parce qu'en fait, ce que... Finalement, le plus important, c'est de répondre aux besoins des enfants. Donc, qui de mieux que eux pour répondre ? à leurs besoins et aux familles. Donc, en fait, on a beaucoup évolué depuis la création en mars 2022. Il y a beaucoup de choses qui ont changé, qui changent encore. Moi, je suis très pour le changement. Donc, je dis tout le temps aux filles, parce qu'il y a beaucoup de filles dans l'équipe, on se fixe là-dessus pour deux, trois mois. Mais dans deux, trois mois, ça se trouve, on changera tout. Il faut l'accepter. En fait, comme on est dans une croissance exponentielle, forcément, ce qui était vrai hier ne sera pas forcément vrai demain. Parce qu'en fait, il peut arriver tout et n'importe quoi qui fera que... En fait, non. Ou même juste se dire que ce n'était pas la bonne option. Quand tu es sur un projet, finalement un peu entrepreneurial, tu te lances, tu testes, tu regardes si ça marche. Si ça ne marche pas, tu changes. C'est un peu comme ça que j'ai tout créé, que ce soit et dans le projet de cette sommée et pour l'assaut. Et en fait, ça s'est fait effectivement avec les rencontres des premières familles, les échanges avec eux, les besoins qu'eux avaient. Et puis aussi les rencontres à côté. J'ai rencontré des sponsors, j'ai rencontré le vice-président de la Fédération française de tennis qui nous a donné des places tous les jours pour Roland-Garros. Donc évidemment, ça a été le premier événement qu'on a organisé, c'était à Roland-Garros, on a même pu aller à la finale. Donc en fait, tout s'est fait aussi en fonction des rencontres, des échanges. Aujourd'hui, évidemment, on a des budgets pour pouvoir aussi payer plein de choses, payer plein d'événements, des week-ends, etc. Mais on est aussi très soutenus par des personnalités, par des ambassadeurs, des sportifs aussi, qui vont nous inviter sur des événements, permettre de réaliser des rêves d'enfants. Donc... Le plus... Enfin, on a... Je ne sais plus exactement combien de pôles, mais on a un pôle en Alsace qui est divisé en trois, dans trois villes. Donc Strasbourg, Colmar, Mulhouse. On a un pôle à Lyon, un pôle à Poitiers, un pôle à Paris, un pôle à Lille. Et on se développe aussi dans le sud de la France. Et en fait, dans chaque pôle, il y a des événements qui sont organisés au niveau local. Et ensuite, on a des gros événements au national, donc des week-ends où tout est pris en charge par l'association. Et on va inviter des familles qui ne sont pas dans des pôles, puisqu'en fait, comme on utilise... le vecteur des réseaux sociaux pour se faire connaître notre association, forcément quand tu vas faire 2, 3, 4 millions de vues sur une vidéo et que tu as 10 familles qui vont te contacter, elles ne vont pas forcément être dans une ville où tu as un pôle et comme ce qui a été très important pour moi c'est de répondre à toutes les demandes et bien on a créé ces week-ends et je pense que c'est ce qui va être développé le plus là dans les années à venir donc l'idée c'est de proposer

  • Speaker #1

    des Des moments hors du temps un peu extraordinaires pour ces enfants-là, pour qu'ils puissent sortir de l'hôpital ou en tout cas de ces moments qui sont difficiles liés à la maladie d'un parent.

  • Speaker #0

    Oui, exactement. En fait, l'objectif, c'est... Après, du coup, c'est toute la famille. Donc, c'est l'enfant qui est au cœur des projets et qui est vraiment central pour nous. Mais c'est aussi pour les familles, pour les parents. Tout le monde est convié aux événements. Donc ça va être des événements pour, en général, entre 30 et 40 personnes. Il va y avoir une quinzaine d'enfants. Et l'objectif, c'est qu'eux puissent échanger entre eux, s'amuser, jouer, mais tout en sachant qu'ils sont avec des enfants qui ont vécu la même chose. Et évidemment, ça provoque des discussions, ça provoque des échanges par rapport à tout ça, de se rendre compte qu'ils ne sont pas seuls. Pour beaucoup, de s'ouvrir aussi et de s'ouvrir de manière... assez extraordinaire et où ils vont pas le faire avec d'autres, ni avec leurs amis à l'école, ni avec les parents eux-mêmes. Et on nous le dit, donc c'est ça qui est le plus beau à la fin du week-end, quand tu vois tous les liens qui se sont créés entre les enfants, entre les parents aussi. C'est beau, quoi.

  • Speaker #1

    Oui, parce que j'imagine que pour les enfants qui... Dans les réactions typiques, j'imagine les enfants qui déjà parlent peu, parce qu'ils comprennent qu'il se passe beaucoup de choses autour d'eux, et donc ils... Ils ne veulent pas forcément créer plus de problèmes, plus de soucis. Ils ne veulent pas non plus être vus comme différents par rapport à leurs copains de classe. Donc, c'est vrai que ça crée un isolement que là, tu arrives à casser, que vous arrivez à casser en créant ces connexions entre les familles.

  • Speaker #0

    Oui, c'est exactement ça, en fait, puisque quand tu es enfant, finalement, tu vois bien que tes parents sont déjà dans une très grande souffrance, que ce soit la personne malade ou les dents. et du coup tu te dis je vais pas rajouter de la peine à la peine et donc tu gardes beaucoup de choses pour toi et puis après c'est dur de s'exprimer face à des gens qui comprennent pas vraiment ce que toi tu vis en tant qu'enfant donc c'est un peu ça moi ce qui m'avait manqué de pouvoir parler librement et puis maintenant c'est rigolo mais mes deux meilleures copines elles ont aussi perdu leur papa d'un cancer donc comme quoi il y a vraiment des liens très spéciaux qui se tissent Et de manière générale, quand je discute avec des gens qui ont aussi perdu un parent, ce n'est pas pareil parce qu'il y a une connexion qui est différente. Donc on a aussi beaucoup de bénévoles qui ont vécu les mêmes situations.

  • Speaker #1

    Formidable. Et donc, c'est une association, on va en reparler. Alors avant de rentrer justement dans l'aspect entrepreneur et le travail que ça te demande, quelques mots sur ton expérience de l'Everest quand même. Parce que tu as réussi, tu es la plus jeune française à avoir gravi l'Everest. Tu le referais demain ?

  • Speaker #0

    Non, pas demain. Ni après-demain d'ailleurs. mais ça m'a quand même donné envie de faire d'autres 8000 mais pas au début quand je suis redescendue de l'Everest j'étais en mode je ne ferai plus jamais de 8000 de ma vie c'est terminé on était vraiment mort et en fait j'avoue que 48h plus tard donc on avait fait un stop à l'hôpital parce qu'on avait eu un peu des gelures, on a vraiment eu une mauvaise météo pour le sommet et du coup 48h plus tard, sortie de l'hôpital ça commençait déjà à trotter dans ma tête en me disant Bon, peut-être un autre 8000 un jour. Voilà. Pas tout de suite, parce que là, j'ai beaucoup, beaucoup de projets. Sur les deux, trois prochaines années, le planning est bien chargé. Mais c'est pas impossible que je refasse les 8000, ouais.

  • Speaker #1

    Parce qu'on parle quand même, c'est quoi, 42 jours sur...

  • Speaker #0

    42 jours.

  • Speaker #1

    42 jours d'expédition.

  • Speaker #0

    Ouais.

  • Speaker #1

    Parce qu'il faut s'arrêter progressivement. Il y a les checkpoints.

  • Speaker #0

    Oui, tout à fait. Déjà 10 jours de trek pour aller arriver jusqu'au camp de base. Puis ensuite, une grosse partie acclimatation. On va faire des sommets aux alentours pour continuer à s'acclimater et préparer son corps à l'altitude. Ensuite, on reste à nouveau au camp de base quelques jours. On va faire une rotation d'acclimatation jusqu'au camp 3 de l'Everest, donc à 7000. Ensuite, on redescend à nouveau et puis on attend la fenêtre météo pour tenter l'ascension. Et là, on part pour 5 jours non-stop. On enchaîne camp 1, camp 2, camp 3, camp 4. Et sommet. Et redescendre.

  • Speaker #1

    Ça me paraît fou de dire que tu montes jusqu'au camp 3 et que tu redescends pour ensuite remonter. Tout le monde fait comme ça ?

  • Speaker #0

    C'est obligatoire.

  • Speaker #1

    C'est obligatoire.

  • Speaker #0

    Ouais, ouais. Sur tous les sommets que j'ai faits aussi, en Argentine, en Alaska, c'est toujours... En fait, sinon, ton corps, il supporte pas. c'est très mauvais pour le cerveau en fait donc il faut vraiment que tu montes que tu restes un peu en altitude puis que tu redescendes, puis que tu remontes puis que tu redescendes et le mieux c'est de pouvoir monter le plus haut possible et ensuite de redescendre assez longtemps, une semaine voire même il y en a certains qui font deux rotations j'ai une amie d'Amérique du Sud qui a fait l'Everest aussi la même année que moi et Merci. eux ils ont fait deux rotations d'acclimatation nous on en a fait qu'une c'est à dire qu'elle a fait deux fois camp 3 redescendu camp base, remonté donc elle est arrivée trois fois au camp 3 six fois elle a passé l'icefall donc ouais c'est ah j'étais contente qu'on l'ait fait qu'une seule fois parce qu'elle est bien dure quand même aller jusqu'au camp 3 ça représente combien de de

  • Speaker #1

    dénivelé ?

  • Speaker #0

    bah on part de le camp de base est à 5000 et le camp 3 est à 7100 donc 2100 après 2100 ça paraît beaucoup et pas beaucoup mais plus on monte en altitude plus chaque centaine de mètres gravient en plus et hyper prenant enfin si on part de zéro aujourd'hui et qu'on monte à 2000 mètres tout va bien c'est facile on peut le faire en une journée c'est facile on peut le faire en une journée ouais quand même Avec un peu d'entraînement. Avec un peu d'entraînement. Et du coup, mais par contre, monter de 0 à 2000, ça va. Monter de 2000 à 4000, ça va encore. Monter de 4000 à 6000, là, ça commence à être autre chose. Et alors, monter de 6000 à 8000, c'est vraiment autre chose. Et en fait, plus tu montes haut, plus tu dois t'acclimater longtemps. Par exemple, le Denali, on l'a fait en 14 jours parce que c'était 6200 mètres. Mais l'Everest, on l'a fait en 42 parce que c'était 8 000. Et en fait, ton corps prend plus de temps à s'acclimater selon les...

  • Speaker #1

    Est-ce qu'il y a un moment où tu t'es dit, c'est trop dur, je peux pas ?

  • Speaker #0

    Je me suis un peu dit, après, tu te le dis sans te le dire, quoi. Enfin, tu te dis pas, je peux pas. Tu te dis, c'est trop dur, mais tu te dis pas, je peux pas.

  • Speaker #1

    La détermination est là. De toute façon.

  • Speaker #0

    Ah ben, moi, j'ai toujours été très déterminée dans tous les projets que j'ai menés depuis que je suis toute petite. Donc, du coup... En fait, je connais mes limites et plus je fais de la montagne et de l'alpinisme, plus j'apprends à connaître mes limites aussi. Donc, je sais quand mon corps est trop... Enfin, qu'on est sur la... Sur la corde et qu'on passe dans la zone rouge, il ne faut jamais trop la dépasser. Celle-là, je commence assez bien à la connaître maintenant parce que c'est ça qui est intéressant en montagne, c'est qu'on apprend vraiment à connaître son corps et à connaître ses limites. Du coup, je suis très à l'écoute de ça. Il y a des moments, j'arrivais doucement vers la zone rouge, mais je ne l'ai jamais trop dépassée.

  • Speaker #1

    Alors, en montagne, la zone rouge, tu la connais bien. Et dans ta vie professionnelle sur la terre plate, est-ce que tu la connais bien, ta zone rouge ?

  • Speaker #0

    Non, celle-là, je la connais un peu moins.

  • Speaker #1

    Je pense que j'y approche, là, de son poids. Parce que là, quand même, tu enchaînes. Ouais. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup, beaucoup.

  • Speaker #0

    Ouais, beaucoup trop, même.

  • Speaker #1

    C'est évidemment l'Everest. Et il y a eu toutes les préparations avant, toutes les ascensions avant. Merci. Hyper impressionnant, très inspirant. Et en même temps, c'est une petite partie de tout ce que tu as à gérer aujourd'hui. Là, tu sors un livre, tu gères une association. C'est quoi en fait ta vie aujourd'hui ? Ça ressemble à quoi ?

  • Speaker #0

    Ça ressemble à un cafouille. Non, mais tout est en fait comme il y a tellement de sollicitations tous les jours. à la fois entre l'assaut pour récolter des fonds, ou choix marraine d'événements, de courses, de projets, de nouveaux mécènes, de nouvelles familles dans l'association, d'événements pour les enfants, de réalisations de rêves, des choses comme ça. Donc ça, c'est sur la partie assaut. Mais après, il y a, moi, les demandes de conférences, d'événements, de médias, de podcasts, de sponsors aussi, de collaborations commerciales. de présence sur des événements avec des marques. Donc, ça fait beaucoup en même temps. Puis, j'ai mon travail à côté aussi encore.

  • Speaker #1

    Oui, parce que toutes les deux premières choses, ce n'est pas le travail.

  • Speaker #0

    Non, ce n'est pas le travail. Non, ce n'est pas mon travail, même si ça commence à le devenir à moitié. Pour l'assaut, je suis 100% bénévole et j'aimerais le rester le plus longtemps possible, voire toujours. parce que j'ai pas du tout créé l'association en ayant comme objectif de me salarier dans l'association moi je l'ai fait parce que ça me semblait important de le faire après évidemment s'il y a un moment ça devient plus du tout gérable et qu'il faut que je sois à 100% sur l'assaut, la question se posera à ce moment là pour le moment grâce à l'ascension de l'Everest, les dons qui ont été faits on a pu déjà embaucher une personne en septembre qui est venue en renfort et ça c'est déjà top Euh... Et du coup, mon travail, mon vrai travail depuis trois ans, bientôt quatre, enfin trois ans et demi, c'est commercial pour un tournoi de tennis. Et là, maintenant, effectivement, du coup, je deviens aussi conférencière et créatrice de contenu. Et puis, quelques autres, enfin, autrice. Et voilà. Mais conférencière, je pense qu'on peut dire que c'est le gros de mon métier en ce moment, c'est ça. Après, combien de temps va durer ce métier ? Je n'en ai aucune idée. Je ne sais pas si c'est pour six mois, mais en tout cas, c'est sûr, depuis le retour de l'Everest, c'est intense, mais c'est chouette parce que j'adore faire ça. J'adore partager avec des gens mon expérience, qui sont hyper attentifs, qui posent beaucoup de questions intéressantes. En fait, moi, ça me nourrit aussi. Ce n'est pas du tout quelque chose qui est fatigant ou qui me demande de l'énergie. Au contraire, ça m'en donne. C'est un travail, évidemment, parce qu'on ne va pas dire non plus que ce n'est pas un travail. Je pense que ça demande quand même de l'énergie, du travail, de l'organisation. La préparation. La préparation, c'est sûr. Après, c'est un travail qui m'apporte aussi. Donc, c'est vraiment chouette. J'espère que ça durera le plus longtemps possible. Mais on verra. Pour le moment, comme tout est tellement flou, enfin, incertain, j'avance au jour le jour. Et puis, on verra demain. La seule chose qui est certaine, c'est que je vais bientôt finir le projet des sept sommets. J'espère le finir là quand même dans les deux années à venir et faire grossir l'assaut. Là-dessus, je n'ai pas trop de doutes. Il y a quand même des petites lignes directrices qui sont là. Puis après, je me laisse un peu porter pour le reste.

  • Speaker #1

    Et puis, tu disais, tu n'as pas envie d'avoir le plan complètement défini aujourd'hui. Tu restes ouverte aux rencontres, aux opportunités.

  • Speaker #0

    Oui. exactement et puis je pense que c'est super important aussi de rester toujours ouverte comme tu dis et et réfléchir, échanger, parce qu'en fait, c'est vraiment avec les autres que tu évolues, que tu as des nouvelles idées qui te viennent, des nouveaux projets, une nouvelle manière de fonctionner aussi. Parce que, oui, je ne dis pas aujourd'hui, ça fonctionne bien, on fait bien les choses, mais il y a toujours des choses à améliorer, à changer selon les compétences de chacun. Donc moi, je suis plutôt toujours très ouverte sur tout ça. Je pense qu'il n'y a pas de solution parfaite. Je pense qu'on peut toujours s'améliorer et que c'est avec les autres qu'on s'améliore. C'est aussi pour ça que l'équipe l'est faite pour qu'il y ait un peu tout type de profil et que chacune puisse aussi apporter sa vision par rapport à sa manière de fonctionner. Et ça, je trouve ça hyper intéressant. Parce que si c'était que ma version... Ce serait pas évident. J'ai vraiment pas la prétention de dire que j'ai toujours les bonnes idées, les bonnes réponses, la bonne solution. Au contraire, j'aime bien qu'on me donne aussi son point de vue. Après, on essaye de travailler le point de vue de toutes pour arriver à la meilleure solution possible. Je pense que c'est vraiment important d'écouter les autres. Après, je suis un peu dans une phase où... C'est pas évident de... Là, en ce moment, je suis vraiment dans une phase où j'arrive pas à faire plus que ce qui me tombe dessus. J'ai un peu du mal à être dans la phase de réflexion. Je suis plus dans la phase où... Oups ! J'ai oublié de répondre à ça. Oups ! Faut que je m'occupe de ça. C'est plus les relances, là, qui sont... Voilà. Mais je pense que d'ici janvier, ça devrait un peu se calmer. Je vais essayer de prendre aussi un peu de temps en décembre pour poser...

  • Speaker #1

    poser les sujets. Comment tu vis la pression, justement ? Parce que là, il y a une pression médiatique, mais il y a une pression aussi des familles qui te sollicitent pour rejoindre l'assaut. Et puis, il y a l'assaut aussi, tu es la directrice, donc tu as un rôle de leader par rapport au reste de l'équipe. Comment tu gères cette pression-là ?

  • Speaker #0

    Elle n'est pas évidente, honnêtement. Et je la ressens de plus en plus, même Euh... depuis le retour de l'Everest, je sens qu'il y a vraiment une énorme marche qui a été franchie, un gap. Et du coup, je sens que ce que je dis est plus écouté, vu et jugé aussi un peu. Et c'est difficile d'être jugé, d'avoir des critiques. Après, honnêtement, je n'ai pas trop de critiques non plus. Franchement, je touche du bois qui t'en sort bien. mais sur les réseaux les gens sont vraiment extrêmement bienveillants et par rapport à beaucoup d'autres créateurs de contenu que je côtoie au quotidien ils me disent que parfois c'est un peu dur d'avoir beaucoup de messages négatifs moi j'en ai vraiment pas beaucoup et t'en as quand même franchement non j'en ai pas en vrai j'en ai vraiment de gens qui Merci. le temps de m'écrire, j'en ai pas c'est une bonne fleur, ne commencez pas après dans les commentaires, évidemment encore une fois, tu vois quand tu fais quand tu vas faire 5 ou 6 millions de vues sur une vidéo 5 millions de personnes non, il n'y a pas 5 millions de personnes qui vont être derrière toi, qui vont dire que c'est formidable ce que tu fais, et bravo et c'est totalement normal, et j'accepte totalement les critiques, pour ça même, honnêtement euh... Je m'en fiche un peu et puis j'assume le fait que si je parle de mon histoire et que je me dévoile entre guillemets sur les réseaux et que je suis visible sur les réseaux, t'acceptes aussi le fait que tout le monde soit pas avec toi. Et puis, au bout d'un moment, il faut passer un peu au-dessus. Toujours évident, mais il faut essayer.

  • Speaker #1

    Si je reviens sur le début de ta carrière, donc tu as fait une école de commerce, tu avais démarré dans le secteur du luxe et là, tu as pris une direction qui n'a rien à voir. À quel moment ça a glissé et à quel moment tu as accepté de renoncer à ton projet pour mener d'autres projets ? Est-ce qu'il y a eu un moment où tu as vraiment consciemment dit en fait, l'avenir que je m'étais imaginé pendant X années, je le laisse de côté et je vais mener autre chose ou ça s'est fait juste naturellement ?

  • Speaker #0

    Ouais, je vois ce que tu veux dire. Bah en fait, quand... Enfin, initialement, je me suis dit que j'allais pouvoir un peu faire les deux en même temps. Quand même rester à Paris et rester dans le groupe LVMH. Mais parce qu'il n'y avait pas encore vraiment l'idée de l'association. Je n'avais pas imaginé que ça puisse se développer comme ça, qu'il puisse y avoir autant de choses autour de ça, autant de messages, de sollicitations, autant de familles accompagnées. Et en fait, au fur et à mesure, plus le temps passait, plus on se lançait dans d'autres projets. Parce qu'il y avait aussi Hugo à ce moment-là qui avait rejoint l'équipe, qui est mon caméraman et qui réalise les documentaires de chaque ascension. Donc, ils m'accompagnent sur les sept sommets. Mais de manière générale, on est sur plein de projets en commun ensemble. Donc, on se voit souvent. Et en fait, à un moment, on s'est rendu compte qu'on était arrivé au plus possible de continuer comme ça. Parce qu'épuisement absolu. Là, pour le coup, j'étais encore à Bordeaux en école de commerce. Donc, forcément, c'était des allers-retours entre Paris, Bordeaux, venir à Strasbourg pour aller m'entraîner, aller dans les Alpes pour aller m'entraîner, etc. Ça devenait complètement ingérable. Et puis surtout, au travail, quand tu es dans un grand groupe, tu n'as pas la flexibilité d'une petite équipe où on peut te dire, tu ne peux pas venir demain. Ce n'est pas grave, t'inquiète. C'est plutôt, comment ça, il est 18h, tu pars en ton après-midi ? Donc forcément, quand tu finis tard le soir, que tu arrives chez toi à 21h, 21h30, que tu es déjà lessivé de ta journée qui a été bien chargée, Mais que tu sais que t'as encore plein d'autres choses à faire. Plus continuer à t'entraîner, puisque tu fais quand même un challenge sportif. Au bout d'un moment... Ça passe pas. Non, mais il faut se rendre à l'évidence. Moi, je suis pas quelqu'un qui ait besoin de faire tout 100% parfait. Pour moi, c'est OK d'être à 90, 95. Parce qu'au bout d'un moment... Sinon, tu te mets la rate au courbouillon toute la journée, tu te stresses pour absolument tout. Soit tu acceptes de faire moins et de tout faire parfait, soit si tu acceptes de faire beaucoup de choses et d'être sur beaucoup de projets en même temps, au bout d'un an, les journées font 24 heures. Donc soit tu te dis, tu assumes le fait que tu feras de ton mieux, mais ce sera de ton mieux, mais tu n'as pas non plus envie de mettre ta santé en danger. à dormir quatre heures par nuit et à trop te stresser sur les projets. Soit tu acceptes moins, mais sauf que c'est aussi frustrant, parce que si tu acceptes moins, du coup, les gens ne comprennent pas pourquoi tu dis non. Donc, ouais, il y a plein de choses. Mais en tout cas, effectivement, c'est sûr que j'étais arrivée... Enfin, mon travail n'était plus du tout compatible avec la vie que j'étais en train de me créer à côté. Et c'était trop l'incompréhension au niveau de mes collègues et tout. même si elle me soutenait et qu'elle me soutienne encore aujourd'hui et qu'elle m'écrive régulièrement et je m'entends encore très bien avec elle. Je ne suis pas partie dans de mauvaises conditions, loin de là. Mais effectivement...

  • Speaker #1

    Il y avait un décalage.

  • Speaker #0

    Il y a un décalage qui est énorme. Parce qu'en fait, quand tu bosses dans des boîtes comme ça, tout le monde est à fond dans son travail. Son travail, c'est sa priorité. Tu mets toute ton énergie dans ton travail. Sauf qu'en fait, moi, toute mon énergie, je la mettais dans absolument autre chose. Et je mettais un peu d'énergie dans mon travail. Mais moins. Mais moins et pas assez. par rapport à ce qui était demandé. Donc oui, je remplissais mes objectifs, je faisais ce qu'on me demandait, mais je sais que quelqu'un d'autre aurait pu faire 100 000 fois plus parce qu'il allait plus loin dans la démarche, parce qu'il allait chercher le petit truc en plus et que moi, en fait, je n'avais plus vraiment l'envie d'aller chercher cette perfection qui est demandée aussi dans l'univers du luxe. Donc voilà. Et puis en fait, de toute façon... Je voulais rentrer en Alsace aussi, parce que Paris, c'était pas du tout fait pour moi. J'ai pas trop... Enfin, ça va, j'ai pas non plus pas aimé, mais maintenant, je suis très contente. Je viens à Paris presque toutes les semaines. Je peux pas non plus dire que j'aime pas Paris, parce que je suis tout le temps là. D'ailleurs, la semaine prochaine, je suis quasiment là toute la semaine. Et la semaine... Il y a 15 jours, j'étais là toute la semaine. Mais je suis contente de me dire que mon pied-à-terre, il est pas dans Paris.

  • Speaker #1

    Pendant le crash, il est à Strasbourg.

  • Speaker #0

    Mon ancrage est à Strasbourg, en Alsace. J'ai mes champs, tout est bien. C'est parfait. Ouais, c'est clair. J'ai la montagne pas loin, je vais pouvoir aller courir 30 kilomètres samedi dans les Vosges. Enfin voilà, c'est vraiment important pour moi d'avoir un peu un rythme, pouvoir casser le quotidien. Et du coup, soit c'est 1h50 de train. Et en fait, de toute façon, après, on m'a proposé un travail à Strasbourg.

  • Speaker #1

    Avec de la flexibilité et le soutien de tes autres activités.

  • Speaker #0

    Oui, c'est clair. Ouais, ouais. Tout s'est plutôt bien cadré. Donc, j'étais à 80% jusque-là. En janvier, je suis passée en 3-5e. Et là, maintenant, je suis carrément en freelance pour eux. Je continue à travailler avec les équipes comme avant, mais juste là, je suis vraiment sur une flexibilité full. Maximum, ouais.

  • Speaker #1

    Nécessaire. Elle est nécessaire.

  • Speaker #0

    Ouais, ouais, non, c'est bon.

  • Speaker #1

    Quand tu parlais, tu évoquais la difficulté de devoir dire non. Parce que tu es très sollicité en ce moment.

  • Speaker #0

    Terriblement. Ça fait trop mal au cœur.

  • Speaker #1

    Ouais. T'as peur de laisser par les gens ?

  • Speaker #0

    C'est le pire truc. Enfin, franchement, pour moi, je pense que si tout... Enfin, de... tout ce qui m'arrive depuis, enfin là on va parler depuis l'Everest, parce que c'est quand même vraiment depuis l'Everest qu'il y a eu le gros... Déjà avant c'était très intense et il y avait beaucoup de sollicitations, mais là c'est vraiment un gap totalement autre. Et je pense que ce que je regrette le plus et ce qui est le plus difficile pour moi, c'est de plus pouvoir répondre à tout, de même plus pouvoir répondre à tous les messages que je reçois. Pour moi c'est tellement frustrant, mais en fait je sais que je... Enfin, je fais de mon mieux, mais je peux pas faire plus quoi. Enfin, genre, vraiment, c'est humainement pas possible. Ou alors, il faudrait que j'embauche encore une autre personne qui gère tout ça, qui va gérer tous mes réseaux sociaux. Mais aujourd'hui, mes réseaux, je les gère toutes seules. Donc forcément, je ne sais même pas combien de demandes de messages j'ai sur Insta. Mais j'ai essayé hier, je pense, j'ai répondu à 60 ou 70 personnes, mais il doit y en avoir encore 200. Et en fait, là, rien que 60, 70, ça prend une heure, une heure et demie. qu'entre temps les gens ils t'ont re-répondu parce qu'ils étaient contents d'avoir une réponse et ça qu'entre temps t'as eu d'autres demandes pour d'autres événements, pour d'autres trucs et tu te dis mais my god je vais pas pouvoir là, c'est pas possible en fait et du coup ça fait que ça tourne dans ta tête et tu te dis mais c'est terrible et oui tu te trouves un peu incorrect et c'est et je suis pas du tout comme ça et du coup c'est hyper C'est hyper désagréable comme sensation, en fait. C'est vraiment super... Enfin, quand c'est pas ta personnalité, et quand, justement... Enfin, tu vois, moi, quand je me suis lancée il y a 4 ans, j'ai aussi envoyé des messages à des personnes, justement, qui étaient passées par le même chemin que moi, et qui m'ont pas forcément répondu, ou pas forcément aidé. Et du coup, je me dis que j'ai pas du tout envie d'être comme ça, mais en même temps, toutes les personnes qui veulent faire le Mont-Blanc... Tous les jours, on me demande, oui, c'est quoi ta préparation ? C'est quoi ton matériel ? Est-ce que tu as le contact d'un guide ? Est-ce qu'on peut s'appeler pour que tu... etc. Tous les jours, tous les jours, tous les jours, tous les jours. Donc, en fait, moi, je ne peux pas appeler tous les jours quelqu'un pour lui dire, alors, pour le Mont-Blanc, il faut que tu fasses les réservations à partir de janvier. Ensuite, pour toutes les personnes qui veulent être bénévoles de l'assaut. Mais si j'en ai dizaines et des dizaines... Et ça,

  • Speaker #1

    en même temps, c'est génial parce que tu...

  • Speaker #0

    Mais t'es là où c'est frustrant. Ouais. justement c'est là où c'est hyper frustrant parce qu'en fait moi j'ai envie d'aider tout le monde mais je peux pas aider tout le monde je peux pas accompagner tout le monde le nombre de personnes qui me demandent de faire des communications sur les réseaux pour telle association, pour tel projet parce qu'ils vont aller faire un raid un truc, un machin et qu'ils ont besoin de visibilité t'imagines si je partage tout le monde ça devient la foire complète quoi je peux même pas partager tout ce qui se passe au sein de l'association dans tous les pôles qu'on a Et en fait, c'est terrible parce que sur les réseaux, les gens, ils ont besoin d'avoir une structure. Si tu partages trop de trucs différents, ils sont perdus. S'ils sont perdus, ils ne te suivent plus, ils se désabonnent. Ils ne sont plus engagés, ils ne sont plus du tout engagés dans ta communauté.

  • Speaker #1

    Tu as de l'enjeu en plus.

  • Speaker #0

    Il y a un gros enjeu. Il y a un gros enjeu. Donc, tu ne peux pas constamment publier d'autres choses, d'autres projets qui n'ont rien à voir avec ce que tu fais, rien à voir avec les causes que tu défends. Je défends déjà, malheureusement, heureusement, je ne sais pas comment le dire. Mais une très grosse cause. Et je ne peux pas être sur toutes les causes. Je ne peux pas être sur les enfants malades, sur les femmes atteintes de cancer du sein, sur la myopathie, sur la mucoviscidose, sur les... Qu'est-ce qu'on m'a encore proposé ? Des trucs pour les arrêts cardiaques et tout ça. En fait, tous les sujets m'intéressent et j'aimerais pouvoir être partout, mais sauf que aujourd'hui, je ne peux plus. Et c'est frustrant. C'est très, très, très, très, très frustrant.

  • Speaker #1

    ce que j'entends c'est que c'est frustrant parce que il y a ce conflit de valeurs t'as envie de le faire j'ai trop envie de le faire et tu peux pas non seulement tu peux pas physiquement parce que dans ta journée il n'y a que 24h et déjà il n'y a pas beaucoup de temps libre mais en plus parce que t'as des vrais enjeux pour ton grand objectif qui est ton assaut et la cause que vous défendez exactement et ce que je ressens aussi dans ce que tu dis c'est La frustration de ne pas pouvoir être en train de kiffer le fait d'avoir réussi d'être là où tu es aujourd'hui.

  • Speaker #0

    C'est ça, c'est exactement ça. En fait, c'est vraiment ça, c'est que du coup... c'est tellement le tourbillon et tout le temps, toute la journée je me dis profite, profite, profite essaye de profiter,

  • Speaker #1

    essaye de profiter et en fait mais profite c'est comme quand t'as un nouveau né tu verras le jour t'as un bébé qui hurle et qui t'empêche de dormir et tout le monde te dit profite c'est les meilleures années de ta vie mais non j'ai envie de mourir là tout de suite en fait c'est exactement ça et

  • Speaker #0

    après j'essaye de me enfin de rester toujours dans un mindset hyper positif. Quand je suis là, j'essaye de vraiment être là au maximum et d'être vraiment profité du moment et être dans le moment. Mais sauf que parfois, quand il y a plein d'urgences qui s'enchaînent, là ce matin par exemple, il y avait plein de trucs où je ne pouvais pas ne pas répondre parce que c'était vraiment urgent et c'était des sujets qu'il fallait gérer tout de suite. Mais forcément, quand t'es dans un truc un peu de stress comme ça, après, c'est difficile de se remettre, de changer le mood et de se dire « Ok, vas-y, laisse tomber. On s'en fout. Profite du moment et tout. » Parce qu'en fait, finalement, ça, tu l'as en background et ça tombe dans ta tête. Et tu te dis « Putain, pardon, faut pas dire de gros mots. » Tu te dis « Oh my god, t'as pas géré ça. » là t'étais censée avoir une vidéo à 14h mais tu leur as pas dit que t'étais pas dispo pour la vidéo enfin et voilà et et du coup bah en fait t'as tellement de choses en background qui se mélangent complètement et qui sont par-ci par-là par-truc et puis quand tu prends ton téléphone alors j'ai plus aucune notification parce que alors si j'avais une notification mais je pense que je pleure je pourrais pas survivre mais quand je vous WhatsApp Merci. C'est l'angoisse, quoi. C'est vraiment angoissant. C'est pour ça que j'adore partir en expédition parce que... Personne ne peut te contacter. Personne. Enfin, voilà. Genre, c'est... Débrouillez-vous, les amis. Je ne suis plus disponible. Et pendant 15 jours, ça s'arrête. Mais le téléphone, c'est hyper dur. Mais même être créatrice de contenu, c'est hyper difficile parce que c'est du non-stop, quoi. C'est du non-stop. Il faut faire la création de contenu. Il faut poster des stories. Quand je fais des collabs, c'est beaucoup de gestion avec la marque. Des allers-retours. Non, mais on ne veut pas ça. On veut ça. On veut ci et machin. Et les stats, c'est con.

  • Speaker #1

    Et en même temps, c'est là où c'est un peu le cercle vicieux et vertueux. C'est que tu as besoin d'être créatrice de contenu pour pouvoir promouvoir ton projet, pour pouvoir être visible, pour pouvoir être sollicité, pour pouvoir être crédible.

  • Speaker #0

    Exactement. Et du coup, en fait, là, je pense qu'on est un peu sur... Enfin, dans la vie, il y a plein de paliers. Et je pense que là, en ce moment, c'est un peu un palier où il faut que je passe en step au-dessus. mais qui n'est pas facile à passer et où il faut qu'on change un peu plus l'organisation. Mais en fait, comme c'est très dans tous les sens, comme il y a beaucoup de choses et qu'on est tout le temps dans l'urgence, on n'a pas forcément le temps de se poser un petit... C'est ça, le truc.

  • Speaker #1

    Faire l'hélicoptère, ça demande un moment de tout bloquer le reste.

  • Speaker #0

    Et c'est ça, c'est de dire, OK, bon, écoutez, là, pendant une semaine, je ne réponds à personne. je ne fais rien d'autre que de me... prendre du temps pour cadrer les choses. Et je sais qu'il faut absolument que je le fasse. Je sais que c'est une urgence absolue. Tout le monde me le dit. Il faut vraiment que je trouve le temps, mais c'est aussi que ce n'est pas ma personnalité. Et du coup, quand c'est...

  • Speaker #1

    C'est quoi qui n'est pas ta personnalité ? De cadrer ou de faire une pause ou de dire non ?

  • Speaker #0

    Les trois.

  • Speaker #1

    Les trois.

  • Speaker #0

    Oui, les trois. Moi, je suis très dans l'instant présent, dans « ah ouais, vas-y, on y va, on va faire... » Un tout petit peu moins maintenant. maintenant, quand même, et de manière générale, ma personnalité, c'est plus grosse fonceuse, spontanée à fond, ok, on y va, vas-y, on va faire ça, là, on va là, là, on va là. Je peux plus l'être autant qu'avant, parce que forcément, je regarde quand même mon planning avant de dire ok, en disant, alors attends, là, j'ai fait 5 conférences cette semaine-là, je vais pas pouvoir en quitter le sixième. Et quand il n'y a pas d'autres dates possibles, au bout d'un moment, t'es obligée de décliner. Mais ma personnalité première, c'est vraiment d'être à fond dans tout, de vivre à 100 000 %, j'adore être en déplacement en fait. Là, j'adore tout ce qui se passe, je trouve ça hyper nourrissant et enrichissant et chouette et beau et tout. Mais en fait, de toute façon, dans la vie, c'est toujours pareil. C'est difficile de trouver l'équilibre parfait où t'es juste tout bien. Non, mais c'est vrai. Mais après, je pense que c'est le propre de l'homme aussi. T'as un peu moins de projets, tu vas chercher à avoir plus de projets.

  • Speaker #1

    T'as plus de projets.

  • Speaker #0

    T'as plus de projets, tu te rends compte que, en fait, merde, t'as accepté trop de projets. Tu sais pas comment gérer. Tu sais pas comment tu vas gérer ton truc. Et en fait, à chaque fois, c'est un peu le jeu de j'accepte moins, mais mince, finalement, en janvier, je suis plutôt libre. Qu'est-ce que je vais pouvoir faire ? Là, tu vas contacter... T'en rajouter. Ah, excuse, machin. Donc en vrai, c'est un peu aussi juste le propre de notre société et même des réseaux sociaux. Ça pousse à accélérer tout le temps.

  • Speaker #1

    Et en même temps, il faut faire attention à la machine. Mais ce que j'entends, c'est que tu dis que tu as besoin de passer à une étape d'après. Oui, et en même temps, là, tu es à un moment. quand même où tu peux célébrer tout ce que tu as accompli parce que tu es en train de récolter, tu as beaucoup semé,

  • Speaker #0

    là tu récoltes. Oui, c'est ça. Mais en fait, le truc, c'est que le petit souci, c'est que toute la récolte,

  • Speaker #1

    elle arrive en même temps. Là, tu es sous l'eau, tu es sous la récolte. Et donc, tu es comme tous les entrepreneurs ou les chefs d'entreprise, il y a un moment où tu dois...

  • Speaker #0

    C'est ça, c'est que c'était la start-up et puis la start-up passe entreprise et maintenant, il faut être capable de passer le cap. Soit tu passes bien... et du coup, ça continue de grandir. Soit tu le passes un peu moins bien et du coup, finalement, tu stagnes.

  • Speaker #1

    Après,

  • Speaker #0

    c'est pareil pour moi, ma personnalité, mon image, etc. Enfin, il faut voir aussi les prochaines années, qu'est-ce que je vais faire pour continuer à avoir des défis, à continuer de parler de l'association, continuer à... Le réinventer. Oui, c'est ça. Tu vois ? Et c'est comme ça que quand t'es bien accompagnée, il y a plein de chanteurs ou de sportifs qui n'ont pas forcément été journalistes ou acteurs ou n'importe quoi, enfin dans n'importe quel domaine, qui étaient excellents et qui n'ont pas été bien accompagnés. Et leur carrière, elle s'arrête vite. Si tu ne prends pas les bonnes décisions au bon moment...

  • Speaker #1

    Donc, tu as cette conscience que même si tu es sous les projecteurs, là, il y a un vrai momentum pour toi. Et tu as quand même conscience que ce virage, il faut que tu arrives à bien l'appréhender pour ne pas te prendre le mur.

  • Speaker #0

    C'est ça, exactement. Pas me prendre le mur à tous les niveaux. Parce qu'en fait, tu sais que... Alors évidemment, il ne faut pas dramatiser la situation non plus. Je veux dire, l'association, elle va vivre encore les dix prochaines années, c'est absolument certain. Mon challenge est de s'assommer, je vais arriver au bout, c'est absolument certain. Après, il y a d'autres projets qui sont en discussion aujourd'hui. S'ils se font, ça va être absolument énorme. Et ça va être encore beaucoup plus fou que ce que c'est aujourd'hui. Mais peut-être qu'ils ne se feront pas non plus. Et que d'ici deux, trois ans, les choses vont se calmer, vont s'apaiser. Et peut-être que je vais devoir reprendre un travail en full time à côté. Je ne sais pas, en fait. Je ne sais pas trop. À un moment, c'est très, très angoissant. Et puis maintenant, j'essaye de prendre du recul en me disant, écoute, on verra. Déjà, fixe-toi la prochaine année. Fais ton mieux. Vraiment, juste fais ton mieux. C'est déjà le mieux que je puisse faire, en fait. Après, au bout d'un moment, je ne peux pas satisfaire tout le monde. Je ne peux pas me dédoubler non plus. Je suis obligée de dormir la nuit. Enfin, voilà, il y a des obligations physiques et physiologiques. tout le monde. Et puis, voilà, tu ne peux pas satisfaire 100%, quoi.

  • Speaker #1

    Et puis même, tu es très engagée avec l'assaut, avec cette cause, avec cette envie d'accompagner les enfants. Et moi, ce que j'ai envie de te dire, c'est... C'est la priorité. Non, mais surtout, il faut que toi, tu kiffes l'expérience. Tu vois, tu as le droit de faire en sorte que toi, tu vives bien ce moment. Parce que ton énergie, ce que tu offres aux enfants, Tu arrives à le faire parce que tu fais attention à toi.

  • Speaker #0

    Ouais, ouais. Après, quand je suis avec les enfants, j'ai toujours un nouveau souffle.

  • Speaker #1

    Ouais. Donc,

  • Speaker #0

    quand je suis avec eux, c'est très différent de mon quotidien où je vais être sur mon tel, sur les mails, sur les calls, les visios, les trucs et tout. Quand je suis avec eux, il n'y a plus rien dans ma vie sauf eux. Et du coup, ça me permet de déconnecter. Et c'est aussi un peu ma... Ma bulle d'oxygène, finalement. Les projets avec les enfants, être avec eux. Moi, je me retrouve enfant, comme si j'avais de nouveau 9 ans. Il y a des liens incroyables avec eux. Ça, c'est vraiment... Justement, pour moi, je reprends de l'énergie avec eux. Même si, évidemment, quand il y a 15 gosses qui te sautent dessus... En fait, tu perds une certaine énergie, mais tu récupères une autre énergie dont tu as besoin pour continuer à avancer. Donc moi, au contraire, vraiment, tout ce qu'on fait avec l'assaut, c'est... extrêmement... Ça me donne de la force, ouais. Ça me donne de la force.

  • Speaker #1

    J'ai un rituel de fin de podcast, parce que le temps tourne. Et donc, ce sont trois questions. La première, c'est si je t'offre un énorme panneau publicitaire dans la ville de ton choix, tu peux y afficher ce que tu veux, comme texte, comme image. Qu'est-ce que tu y affiches ? C'est ton message au monde.

  • Speaker #0

    Parce qu'en fait, j'ai tellement de choses à dire. Si on peut le diviser en quatre...

  • Speaker #1

    Tu peux mettre autant de post-it que tu veux.

  • Speaker #0

    Ah, je peux mettre autant de post-it que je veux ? En fait, je pense que le mot global, ce serait la mise en avant de la cause que je défends et qu'on défend avec l'association. Parce qu'aujourd'hui, il n'y a pas beaucoup de porte-parole sur l'accompagnement des enfants qui ont un parent atteint de cancer ou qui ont perdu un parent. Et l'importance, en fait, que ça a. Donc, je pense qu'il y a un gros message à passer par rapport à ça. Et du coup, évidemment, pour accompagner plus de... Enfin, un message qui serait à la fois dédié aux familles de l'association pour pouvoir accompagner plus de familles. À la fois un message dédié à des mécènes. ou à des personnes privées pour pouvoir récolter plus de fonds, ce qui finalement sont nos deux axes qui sont vraiment super importants. Et puis après, qu'il y ait des personnalités, des ambassadeurs qui ont envie de communiquer avec nous, de nous donner de la force, de prendre du temps pour les enfants, de les rencontrer, de leur apporter aussi leur vécu, leur aide, leur soutien et leur permettre de rêver grand. Ce serait un peu trois messages, mais les trois finalement seraient quand même assez regroupés autour de la cause défendue par l'association. Et rejoignez-nous. Oui, et puis après, même de manière générale, pour tous, ce serait de dire que la vie est courte. La vie est courte, il faut aller au bout de ses rêves. Voilà, belle photo de montagne derrière, avec plein d'enfants sur la montagne.

  • Speaker #1

    Ok, magnifique, on la voit bien. Alors la deuxième question, elle est particulière pour toi, mais c'est vraiment la question que je pose à tous mes invités. C'est si tu te retrouvais face à toi quand tu avais 10 ans, qu'est-ce que tu te dirais ?

  • Speaker #0

    Qu'est-ce que je me dirais ? Moi, je pense que je serais plutôt fière et heureuse du parcours et de tout ce qui a été fait. Et que je n'ai pas lâché, je n'ai pas abandonné. et que cette... niaque que j'avais à 10 ans, je l'ai toujours aujourd'hui. Et j'espère que je vais l'avoir encore pour les 10 prochaines années, quoi. Ou les 20, plutôt les 20. Même les 30, en fait. Peut-être au bout d'un moment, vers 60 ans, peut-être je vais commencer un peu à me calmer. Dans ma tête, je me dis 60, c'est ma limite. À 60, je... Alors, je pose pas encore les armes, mais je vais commencer à me calmer.

  • Speaker #1

    Je te dis qu'à 60, tu feras encore un triathlon.

  • Speaker #0

    Je vais faire encore 170. À l'UTMB, je serai la plus vieille femme à faire l'UTMB.

  • Speaker #1

    Exactement.

  • Speaker #0

    Peut-être, c'est pas impossible. On verra. Déjà,

  • Speaker #1

    c'est le physique. Je te le souhaite. Dernière question. Quel projet tu n'as pas encore lancé parce que tu n'as pas osé ? Et si tu n'avais pas peur de le faire, tu le lancerais ? Pour toi, la question est difficile. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu n'oses pas faire, que tu n'oses pas lancer comme projet ?

  • Speaker #0

    En fait, ah ouais, ok. Alors, c'est pas que j'ose pas, mais c'est que je pense que c'est pas encore le bon moment. Ok. Mais du coup, je pense pas que je suis prête à en parler. Parce que sinon, ça va cramer mes cartes de ce que j'ai envie de dévoiler dans les années à venir. Mais sur un projet vraiment où j'ose pas... Je sais pas. Alors là, vraiment, je sais pas. Attends, attends. Un projet où j'ose pas aller parce que ça me fait peur.

  • Speaker #1

    Parce que pour l'instant, ça te fait peur. Tu te sens pas encore prête.

  • Speaker #0

    En fait, le truc, c'est que comme je ne sais pas encore où je veux aller sur certains trucs, il y a des choses qui m'appellent un peu et où je me dis, je ne sais pas trop si je serais capable ou si ça pourrait être mon truc. Mais par exemple, dans le monde de la télé, du journalisme, on en a déjà parlé plusieurs fois. Et je ne sais pas vraiment si j'ai le bon profil et si c'est quelque chose qui pourrait fonctionner avec ma personnalité. Après, il y a vraiment beaucoup d'autres projets qui sont sur le feu. Et je ne sais pas s'ils iront le jour ou pas un jour.

  • Speaker #1

    Par superstition,

  • Speaker #0

    on va le dire. Par superstition et aussi pour laisser un peu le suspense quand même.

  • Speaker #1

    Bon, le jour où tu lances ton gros projet... auquel tu pensais là, tu m'envoies un petit message, c'était ça le projet dont je t'ai pas parlé. Ok, bah écoute, ce que je vois, c'est que tu n'es pas trop du genre à ne pas lancer les projets qui te font envie là tout de suite.

  • Speaker #0

    Ouais, non, non. Et en fait, franchement, depuis l'Everest, enfin déjà avant, depuis bien longtemps, je n'ai pas trop de limites en fait dans ce que j'ai envie de faire. Quand j'ai une idée en tête, je me dis, on verra bien, tu vois. Tu tentes, si ça ne marche pas, ce n'est pas très grave. Si ça ne marche pas, c'est que ça ne devait pas marcher comme ça, ça marchera d'une autre manière. Écoute,

  • Speaker #1

    je suis ravie d'entendre ça, c'est une belle conclusion. Il faut tenter et on verra bien. On verra bien.

  • Speaker #0

    Le chemin parcouru sera déjà super et ça vous fera vivre. C'est une expérience et dans tous les cas, chaque expérience est bonne à prendre. C'est mieux que de rester allongée sur son canapé quand même. à regarder la télé, justement, ce que vous voyez à la télé, vous pourriez le faire.

  • Speaker #1

    C'est clair. En tout cas, je ne sais pas si je serais capable de suivre tout ce que tu fais, mais en tout cas, c'est une sacrée dose d'inspiration. Merci beaucoup pour ton temps. Et à très bientôt. Merci à toi d'être restée jusqu'au bout. J'espère que cet épisode t'aura plu, intrigué, inspiré. N'hésite pas à le partager, ainsi que de laisser une évaluation, un commentaire, ça aidera énormément le podcast. à être plus diffusée. Merci et à très bientôt sur The Patron Podcast.

Chapters

  • Introduction et présentation de Constance Schaerer

    00:00

  • Le parcours de Constance et la création de son association

    00:45

  • L'impact de la perte de son père et le projet des 7 sommets

    01:56

  • Les défis de l'alpinisme et l'ascension du Kilimanjaro

    04:15

  • La création de l'association et son évolution

    06:33

  • Les événements et le soutien aux enfants

    08:59

  • L'expérience de l'Everest et ses leçons

    15:19

  • La gestion de la pression et des attentes

    21:20

  • Conclusion et réflexions sur le parcours

    48:21

Description

The Patronne podcast fête ses 1 AN
Et pour l’épisode #22, j’ai eu la chance d’échanger avec l’impressionnante Constance Schaerer.


En 2025, à tout juste 26 ans, elle devient la plus jeune Française à avoir gravi l’Everest.
Un périple de 42 jours, où elle a puisé dans ses ressources les plus profondes.


Depuis, Constance vit un rêve… version grand huit XXL.
Elle est partout, sur tous les fronts :


Directrice de l’association “7 sommets contre la maladie”
Elle accompagne des enfants dont un parent est malade et pilote une équipe de bénévoles engagés.


Autrice
Elle publie “Tu reposeras sur les plus hauts sommets du monde, Papa”, un roman qui fait déjà beaucoup parler.


Conférencière
Elle partage son parcours avec une authenticité rare.


Créatrice de contenu
Elle entretient un lien solide avec sa communauté.


Et elle a aussi un “vrai job”
Responsable du développement commercial d’un tournoi de tennis international.


Rien que d’écrire ces lignes, je suis épuisée pour elle.
Mais rien ne l’arrête — et d’ailleurs, c’est sa philosophie : ne jamais se mettre de limites.


Ce qui m’a le plus marquée lors de notre conversation ?
Sa générosité, sa simplicité, et cette sagesse étonnante pour son âge.


Dans cet épisode, Constance revient sur :

  • Son parcours et ses défis, du premier sommet jusqu’à l’Everest

  • La création de son association et l’importance d’accompagner les enfants face au deuil

  • La gestion de la pression : médiatisation, conférences, vie professionnelle, mission associative

  • Comment elle cherche l’équilibre entre ambition, engagement et plaisir


Une conversation inspirante qui représente parfaitement pourquoi j’ai lancé ce podcast il y a un an.
C’est pour moi un honneur et une immense source de joie d’avoir ces échanges.
Je me sens grandir, éclairée et reboostée à chaque épisode.
Un grand merci à mes invitées et à toutes celles et ceux qui nous écoutent.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Quand je suis redescendue de l'Everest, j'étais en mode « je ne ferai plus jamais de 8000 de ma vie, c'est terminé » . Je ne suis pas quelqu'un qui ait besoin de faire tout 100% parfait. Moi, c'est OK d'être à 90-95, parce qu'au bout d'un moment, sinon tu mets la rate au courbouillon toute la journée, tu ne te stresses pas absolument tout. Dans la vie, c'est toujours pareil. C'est difficile de trouver l'équilibre parfait où tu es juste tout bien. Non mais c'est vrai, mais après je pense que c'est le propre de l'homme aussi.

  • Speaker #1

    C'est tellement le tourbillon et tout le temps, toute la journée, je me dis profite, profite, profite, essaye de profiter, essaye de profiter.

  • Speaker #0

    Et si on décryptait ensemble la recette du courage ? Bienvenue dans The Patron.

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, j'accueille Constance Schaerer. Constance, tu es la directrice et la fondatrice de l'association 7 sommets contre la maladie. Tu viens de monter notamment l'Everest, tu es la plus jeune française à avoir monté l'Everest. Ce projet rentre dans un projet plus large et qui a démarré d'une manière un petit peu fortuite. Tu vas nous en parler du début de ce projet, c'est lié à ton papa. Oui. Bienvenue, je suis très émue de t'avoir aujourd'hui parce que je suis très heureuse de te rencontrer. Et en même temps, je sais que tu es dans une vague, dans un tourbillon en ce moment médiatique, puisque tu viens de lancer ton premier roman.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Et donc, je suis très heureuse de t'avoir. Bienvenue sur The Patron, Constance.

  • Speaker #0

    Merci à toi. Merci pour l'invitation et ravie d'être là aujourd'hui.

  • Speaker #1

    Nous allons parler, bien sûr, de ton association, de ce projet, du fait que tu es considérée comme une aventurière, puisque tu gravides les plus hauts sommets du monde. Peux-tu, en quelques mots, pour ne pas... pas répétit. Pour ceux qui ne connaissent pas Constance, vous trouverez énormément de contenu magnifique justement sur ses ascensions. Quelques mots sur ce projet et sur ton association s'il te plaît.

  • Speaker #0

    Oui, avec plaisir. Moi, j'ai perdu mon papa d'un cancer du pancréas quand j'avais 9 ans. Il s'est battu pendant 4 ans contre la maladie et en fait, 14 ans après son décès, donc en mai 2021, j'ai retrouvé une lettre dans laquelle il expliquait qu'il souhaitait que ses cendres soient dispersées sur les 7 sommets.

  • Speaker #1

    Donc juste ta maman t'en avait jamais parlé de cette lettre Pourtant elle,

  • Speaker #0

    elle la connaissait Tout le monde la connaissait Ma mère, ma famille, les amis de mon père Et j'ai découvert en fait Après l'ascension de mon premier sommet Le Kilimanjaro Que c'était le projet de mon père de faire les 7 sommets D'accord Devenir un modèle pour les personnes atteintes de cancer Et qu'il voulait écrire un livre justement Qu'il avait déjà commencé

  • Speaker #1

    Et donc c'était un de ses projets qu'il avait démarré En tout cas, qu'il s'était lancé en se disant, le jour où je serai guéri, je pourrai faire ça. C'était lié à sa maladie ou c'était un projet même d'avant ?

  • Speaker #0

    Non, c'est lié à sa maladie. Par contre, on lui a tout de suite annoncé qu'il n'y aurait pas d'autre issue que la mort. Donc, il savait qu'il n'allait jamais guérir de son cancer, c'était sûr. On lui avait même donné que six mois à vivre et il a vécu quatre ans. C'était déjà finalement... Enfin, il avait l'épée d'Amokles sur sa tête, mais il a réussi à la rallonger le plus longtemps possible et à encore être, à certains moments, bien pour imaginer, pour créer, pour avoir des idées, pour essayer de partir de la meilleure manière possible et de nous laisser des choses à moi et ma maman, et notamment ce projet un peu fou. Et après, pourquoi il a eu cette idée de faire les 7 sommets ? personne ne le sait, on ne sait pas d'où ça vient exactement. Juste, évidemment, c'était un fan de montagne et c'était un peu toute sa vie la montagne, même s'il travaillait dans la banque, tout. Absolument à la voir. Et il n'était pas skieur ou sportif de haut niveau dans un sport de montagne. Il avait fait du handball, toujours fait du sport, mais pas l'alpinisme.

  • Speaker #1

    OK, donc ce projet, tu le découvres. Et juste après, tu avais un voyage en Tanzanie de prévu ? C'était un hasard, finalement ?

  • Speaker #0

    Ouais, exactement. En fait, quand j'écouvre la lettre, je le prends plus comme une information parce que j'en avais jamais entendu parler, mais je me suis pas du tout dit OK, je vais aller gravir les sept sommets. C'est mon prochain défi. Moi, j'étais en école de commerce à ce moment-là. Je travaillais dans le groupe LVMH. J'avais d'ailleurs décroché une alternance pour le mois de septembre chez moi à Tennessee que je voulais absolument pas lâcher. Donc vraiment, le Cherish des sept sommets, c'était pas du tout, du tout, du tout mes projets. Mais effectivement, je partais en Tanzanie en voyage humanitaire et j'étais à une heure du Kilimanjaro. Gros hasard, quoi.

  • Speaker #1

    Donc, tu découvres la lettre, tu avais ce voyage de prévu, tu atterris et tu te dis, tiens, c'est marrant, il y a un sommet quand même, le plus haut sommet d'Afrique, il est juste là. Et donc, sans grande préparation, tu décides de monter ?

  • Speaker #0

    En fait, du coup, moi, j'avais découvert... Dès que j'ai compris ce qu'étaient les sets sommés, j'ai un peu regardé évidemment sur Internet, je me suis renseignée. Là, j'ai très vite découvert que le Kili Manjaro faisait partie des sets sommés et que c'était d'ailleurs le plus simple des sets. Et c'est déjà quelques semaines avant que l'idée me trottait un peu en tête, mais sans me dire je vais faire le Kili, c'est sûr. Juste, je le savais et je me suis dit bon, peut-être quoi. Donc, ma mère m'avait dit prends quand même des petites affaires chaudes, des affaires pour marcher, sait-on jamais. Et c'est vraiment en arrivant sur place où je me suis dit, OK, je vais tenter. Sans me dire non plus, c'est sûr que je vais arriver au sommet, parce qu'en fait, on ne sait pas du tout par rapport au mal aigu des montagnes, comment le corps va réagir. Est-ce que j'allais être capable d'atteindre le sommet ou pas ? Ce n'était pas vraiment l'objectif. Au final, pour le premier, c'était plus de me dire, je vais vivre l'aventure, je vais aller le plus loin possible. Et puis dans tous les cas, peu importe où mon père reposera, ce sera déjà un très, très bel hommage.

  • Speaker #1

    Et donc, tu réussis cette ascension ?

  • Speaker #0

    Et donc, j'ai réussi cette ascension, et même plutôt très bien, puisque je n'ai eu aucun problème lié à l'altitude, ce qui est plutôt une chance, parce que pour le coup, si je ne la supportais pas, je n'aurais pas pu faire le challenge de cette sommée. Enfin, je n'aurais pas pu continuer, ni même espérer faire un autre sommet, parce que c'est quelque chose qui ne se travaille pas, et on n'a aucune préparation sur le fait de supporter ou pas. l'altitude. J'ai eu la chance de bien supporter et de m'être dit, après l'ascension du Kili, pourquoi pas continuer. C'est surtout quand j'ai appris que c'était le projet de mon père de faire les sept sommets pour devenir un modèle pour les personnes atteintes de cancer, où je me suis dit, OK, le projet est bien plus gros que ce que j'avais lu dans la première lettre. Oui,

  • Speaker #1

    ça dépasse l'hommage à ton papa, puisque c'était... C'est une preuve de résilience et ça donne de la force.

  • Speaker #0

    Exactement, ça dépasse et ça peut aider, ça peut permettre à beaucoup d'autres personnes de s'identifier. Donc quand j'ai compris tout ça, je me suis dit, c'est vrai que c'est un beau challenge. Et après, j'ai découvert qu'il n'y avait pas d'assaut qui accompagnait les enfants, qui avaient un parent atteint de cancer ou qui avaient perdu un parent. Et c'est comme ça que... Ça a fait son petit bonhomme de chemin dans ma tête.

  • Speaker #1

    Oui, parce qu'effectivement, toi, tu as perdu ton papa à 9 ans. Oui. Est-ce qu'à ce moment-là, tu aurais aimé avoir un accompagnement ? Est-ce que tu l'as conscientisé ? Oui,

  • Speaker #0

    ça m'a beaucoup manqué. Comme j'étais fille unique, forcément, je n'avais personne à qui me livrer, à qui raconter ce que je vivais, ce que je ressentais. Je n'ai pas voulu voir de psy. J'en avais vu un. Pendant la maladie de mon père, mais ça ne s'était pas très bien passé. Et je n'ai pas voulu en revoir un autre. En fait, parce que mes parents m'avaient toujours dit, on ne parle pas aux inconnus. Et du coup, ça m'a semblé très bizarre d'aller voir quelqu'un que je ne connaissais pas du tout dans une salle blanche et de devoir raconter ma vie à un inconnu total. Qui en plus ne me comprenait pas, ne comprenait pas ce que j'avais vécu. Pour moi, c'était un peu un non-sens. Et puis après le décès de mon père, je ne voulais absolument pas retourner voir un psy. Donc, en fait, j'ai un peu fait psy pour moi perso, mais j'ai eu la chance d'avoir un papa qui m'a quand même beaucoup expliqué ce qui allait se passer, ce qui était la mort, qu'il n'allait plus être là physiquement, etc. Mais quand tu es un enfant qui est un peu... où on ne t'explique pas vraiment ce qui se passe, après, pour comprendre quand tu es plus grand, enfin, pour accepter le décès, de faire ton deuil, etc., c'est difficile quand même. Dans tous les cas, oui, ça m'a vraiment manqué. C'est pour ça que j'ai créé l'assaut, d'ailleurs.

  • Speaker #1

    Et du coup, cet assaut, comment tu l'as imaginé ? Qu'est-ce qu'elle apporte aux enfants ? Quel est le type d'accompagnement que vous proposez ?

  • Speaker #0

    En fait, quand je l'ai créé, tout n'était pas très clair dans ma tête. D'ailleurs, à chaque fois que je crée un truc, tout n'est pas très clair dans ma tête. Et je trouve que c'est bien comme ça, d'ailleurs, parce que... Parce que si on est trop clair dans sa tête, on ne se rend pas compte qu'on peut faire mieux que ce qu'on a imaginé. Tu adores ce que tu dis. Je pense qu'il vaut mieux se lancer, mettre le projet en place, et ensuite le faire évoluer selon les rencontres, selon les échanges, selon les besoins aussi. Parce qu'en fait, ce que... Finalement, le plus important, c'est de répondre aux besoins des enfants. Donc, qui de mieux que eux pour répondre ? à leurs besoins et aux familles. Donc, en fait, on a beaucoup évolué depuis la création en mars 2022. Il y a beaucoup de choses qui ont changé, qui changent encore. Moi, je suis très pour le changement. Donc, je dis tout le temps aux filles, parce qu'il y a beaucoup de filles dans l'équipe, on se fixe là-dessus pour deux, trois mois. Mais dans deux, trois mois, ça se trouve, on changera tout. Il faut l'accepter. En fait, comme on est dans une croissance exponentielle, forcément, ce qui était vrai hier ne sera pas forcément vrai demain. Parce qu'en fait, il peut arriver tout et n'importe quoi qui fera que... En fait, non. Ou même juste se dire que ce n'était pas la bonne option. Quand tu es sur un projet, finalement un peu entrepreneurial, tu te lances, tu testes, tu regardes si ça marche. Si ça ne marche pas, tu changes. C'est un peu comme ça que j'ai tout créé, que ce soit et dans le projet de cette sommée et pour l'assaut. Et en fait, ça s'est fait effectivement avec les rencontres des premières familles, les échanges avec eux, les besoins qu'eux avaient. Et puis aussi les rencontres à côté. J'ai rencontré des sponsors, j'ai rencontré le vice-président de la Fédération française de tennis qui nous a donné des places tous les jours pour Roland-Garros. Donc évidemment, ça a été le premier événement qu'on a organisé, c'était à Roland-Garros, on a même pu aller à la finale. Donc en fait, tout s'est fait aussi en fonction des rencontres, des échanges. Aujourd'hui, évidemment, on a des budgets pour pouvoir aussi payer plein de choses, payer plein d'événements, des week-ends, etc. Mais on est aussi très soutenus par des personnalités, par des ambassadeurs, des sportifs aussi, qui vont nous inviter sur des événements, permettre de réaliser des rêves d'enfants. Donc... Le plus... Enfin, on a... Je ne sais plus exactement combien de pôles, mais on a un pôle en Alsace qui est divisé en trois, dans trois villes. Donc Strasbourg, Colmar, Mulhouse. On a un pôle à Lyon, un pôle à Poitiers, un pôle à Paris, un pôle à Lille. Et on se développe aussi dans le sud de la France. Et en fait, dans chaque pôle, il y a des événements qui sont organisés au niveau local. Et ensuite, on a des gros événements au national, donc des week-ends où tout est pris en charge par l'association. Et on va inviter des familles qui ne sont pas dans des pôles, puisqu'en fait, comme on utilise... le vecteur des réseaux sociaux pour se faire connaître notre association, forcément quand tu vas faire 2, 3, 4 millions de vues sur une vidéo et que tu as 10 familles qui vont te contacter, elles ne vont pas forcément être dans une ville où tu as un pôle et comme ce qui a été très important pour moi c'est de répondre à toutes les demandes et bien on a créé ces week-ends et je pense que c'est ce qui va être développé le plus là dans les années à venir donc l'idée c'est de proposer

  • Speaker #1

    des Des moments hors du temps un peu extraordinaires pour ces enfants-là, pour qu'ils puissent sortir de l'hôpital ou en tout cas de ces moments qui sont difficiles liés à la maladie d'un parent.

  • Speaker #0

    Oui, exactement. En fait, l'objectif, c'est... Après, du coup, c'est toute la famille. Donc, c'est l'enfant qui est au cœur des projets et qui est vraiment central pour nous. Mais c'est aussi pour les familles, pour les parents. Tout le monde est convié aux événements. Donc ça va être des événements pour, en général, entre 30 et 40 personnes. Il va y avoir une quinzaine d'enfants. Et l'objectif, c'est qu'eux puissent échanger entre eux, s'amuser, jouer, mais tout en sachant qu'ils sont avec des enfants qui ont vécu la même chose. Et évidemment, ça provoque des discussions, ça provoque des échanges par rapport à tout ça, de se rendre compte qu'ils ne sont pas seuls. Pour beaucoup, de s'ouvrir aussi et de s'ouvrir de manière... assez extraordinaire et où ils vont pas le faire avec d'autres, ni avec leurs amis à l'école, ni avec les parents eux-mêmes. Et on nous le dit, donc c'est ça qui est le plus beau à la fin du week-end, quand tu vois tous les liens qui se sont créés entre les enfants, entre les parents aussi. C'est beau, quoi.

  • Speaker #1

    Oui, parce que j'imagine que pour les enfants qui... Dans les réactions typiques, j'imagine les enfants qui déjà parlent peu, parce qu'ils comprennent qu'il se passe beaucoup de choses autour d'eux, et donc ils... Ils ne veulent pas forcément créer plus de problèmes, plus de soucis. Ils ne veulent pas non plus être vus comme différents par rapport à leurs copains de classe. Donc, c'est vrai que ça crée un isolement que là, tu arrives à casser, que vous arrivez à casser en créant ces connexions entre les familles.

  • Speaker #0

    Oui, c'est exactement ça, en fait, puisque quand tu es enfant, finalement, tu vois bien que tes parents sont déjà dans une très grande souffrance, que ce soit la personne malade ou les dents. et du coup tu te dis je vais pas rajouter de la peine à la peine et donc tu gardes beaucoup de choses pour toi et puis après c'est dur de s'exprimer face à des gens qui comprennent pas vraiment ce que toi tu vis en tant qu'enfant donc c'est un peu ça moi ce qui m'avait manqué de pouvoir parler librement et puis maintenant c'est rigolo mais mes deux meilleures copines elles ont aussi perdu leur papa d'un cancer donc comme quoi il y a vraiment des liens très spéciaux qui se tissent Et de manière générale, quand je discute avec des gens qui ont aussi perdu un parent, ce n'est pas pareil parce qu'il y a une connexion qui est différente. Donc on a aussi beaucoup de bénévoles qui ont vécu les mêmes situations.

  • Speaker #1

    Formidable. Et donc, c'est une association, on va en reparler. Alors avant de rentrer justement dans l'aspect entrepreneur et le travail que ça te demande, quelques mots sur ton expérience de l'Everest quand même. Parce que tu as réussi, tu es la plus jeune française à avoir gravi l'Everest. Tu le referais demain ?

  • Speaker #0

    Non, pas demain. Ni après-demain d'ailleurs. mais ça m'a quand même donné envie de faire d'autres 8000 mais pas au début quand je suis redescendue de l'Everest j'étais en mode je ne ferai plus jamais de 8000 de ma vie c'est terminé on était vraiment mort et en fait j'avoue que 48h plus tard donc on avait fait un stop à l'hôpital parce qu'on avait eu un peu des gelures, on a vraiment eu une mauvaise météo pour le sommet et du coup 48h plus tard, sortie de l'hôpital ça commençait déjà à trotter dans ma tête en me disant Bon, peut-être un autre 8000 un jour. Voilà. Pas tout de suite, parce que là, j'ai beaucoup, beaucoup de projets. Sur les deux, trois prochaines années, le planning est bien chargé. Mais c'est pas impossible que je refasse les 8000, ouais.

  • Speaker #1

    Parce qu'on parle quand même, c'est quoi, 42 jours sur...

  • Speaker #0

    42 jours.

  • Speaker #1

    42 jours d'expédition.

  • Speaker #0

    Ouais.

  • Speaker #1

    Parce qu'il faut s'arrêter progressivement. Il y a les checkpoints.

  • Speaker #0

    Oui, tout à fait. Déjà 10 jours de trek pour aller arriver jusqu'au camp de base. Puis ensuite, une grosse partie acclimatation. On va faire des sommets aux alentours pour continuer à s'acclimater et préparer son corps à l'altitude. Ensuite, on reste à nouveau au camp de base quelques jours. On va faire une rotation d'acclimatation jusqu'au camp 3 de l'Everest, donc à 7000. Ensuite, on redescend à nouveau et puis on attend la fenêtre météo pour tenter l'ascension. Et là, on part pour 5 jours non-stop. On enchaîne camp 1, camp 2, camp 3, camp 4. Et sommet. Et redescendre.

  • Speaker #1

    Ça me paraît fou de dire que tu montes jusqu'au camp 3 et que tu redescends pour ensuite remonter. Tout le monde fait comme ça ?

  • Speaker #0

    C'est obligatoire.

  • Speaker #1

    C'est obligatoire.

  • Speaker #0

    Ouais, ouais. Sur tous les sommets que j'ai faits aussi, en Argentine, en Alaska, c'est toujours... En fait, sinon, ton corps, il supporte pas. c'est très mauvais pour le cerveau en fait donc il faut vraiment que tu montes que tu restes un peu en altitude puis que tu redescendes, puis que tu remontes puis que tu redescendes et le mieux c'est de pouvoir monter le plus haut possible et ensuite de redescendre assez longtemps, une semaine voire même il y en a certains qui font deux rotations j'ai une amie d'Amérique du Sud qui a fait l'Everest aussi la même année que moi et Merci. eux ils ont fait deux rotations d'acclimatation nous on en a fait qu'une c'est à dire qu'elle a fait deux fois camp 3 redescendu camp base, remonté donc elle est arrivée trois fois au camp 3 six fois elle a passé l'icefall donc ouais c'est ah j'étais contente qu'on l'ait fait qu'une seule fois parce qu'elle est bien dure quand même aller jusqu'au camp 3 ça représente combien de de

  • Speaker #1

    dénivelé ?

  • Speaker #0

    bah on part de le camp de base est à 5000 et le camp 3 est à 7100 donc 2100 après 2100 ça paraît beaucoup et pas beaucoup mais plus on monte en altitude plus chaque centaine de mètres gravient en plus et hyper prenant enfin si on part de zéro aujourd'hui et qu'on monte à 2000 mètres tout va bien c'est facile on peut le faire en une journée c'est facile on peut le faire en une journée ouais quand même Avec un peu d'entraînement. Avec un peu d'entraînement. Et du coup, mais par contre, monter de 0 à 2000, ça va. Monter de 2000 à 4000, ça va encore. Monter de 4000 à 6000, là, ça commence à être autre chose. Et alors, monter de 6000 à 8000, c'est vraiment autre chose. Et en fait, plus tu montes haut, plus tu dois t'acclimater longtemps. Par exemple, le Denali, on l'a fait en 14 jours parce que c'était 6200 mètres. Mais l'Everest, on l'a fait en 42 parce que c'était 8 000. Et en fait, ton corps prend plus de temps à s'acclimater selon les...

  • Speaker #1

    Est-ce qu'il y a un moment où tu t'es dit, c'est trop dur, je peux pas ?

  • Speaker #0

    Je me suis un peu dit, après, tu te le dis sans te le dire, quoi. Enfin, tu te dis pas, je peux pas. Tu te dis, c'est trop dur, mais tu te dis pas, je peux pas.

  • Speaker #1

    La détermination est là. De toute façon.

  • Speaker #0

    Ah ben, moi, j'ai toujours été très déterminée dans tous les projets que j'ai menés depuis que je suis toute petite. Donc, du coup... En fait, je connais mes limites et plus je fais de la montagne et de l'alpinisme, plus j'apprends à connaître mes limites aussi. Donc, je sais quand mon corps est trop... Enfin, qu'on est sur la... Sur la corde et qu'on passe dans la zone rouge, il ne faut jamais trop la dépasser. Celle-là, je commence assez bien à la connaître maintenant parce que c'est ça qui est intéressant en montagne, c'est qu'on apprend vraiment à connaître son corps et à connaître ses limites. Du coup, je suis très à l'écoute de ça. Il y a des moments, j'arrivais doucement vers la zone rouge, mais je ne l'ai jamais trop dépassée.

  • Speaker #1

    Alors, en montagne, la zone rouge, tu la connais bien. Et dans ta vie professionnelle sur la terre plate, est-ce que tu la connais bien, ta zone rouge ?

  • Speaker #0

    Non, celle-là, je la connais un peu moins.

  • Speaker #1

    Je pense que j'y approche, là, de son poids. Parce que là, quand même, tu enchaînes. Ouais. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup, beaucoup.

  • Speaker #0

    Ouais, beaucoup trop, même.

  • Speaker #1

    C'est évidemment l'Everest. Et il y a eu toutes les préparations avant, toutes les ascensions avant. Merci. Hyper impressionnant, très inspirant. Et en même temps, c'est une petite partie de tout ce que tu as à gérer aujourd'hui. Là, tu sors un livre, tu gères une association. C'est quoi en fait ta vie aujourd'hui ? Ça ressemble à quoi ?

  • Speaker #0

    Ça ressemble à un cafouille. Non, mais tout est en fait comme il y a tellement de sollicitations tous les jours. à la fois entre l'assaut pour récolter des fonds, ou choix marraine d'événements, de courses, de projets, de nouveaux mécènes, de nouvelles familles dans l'association, d'événements pour les enfants, de réalisations de rêves, des choses comme ça. Donc ça, c'est sur la partie assaut. Mais après, il y a, moi, les demandes de conférences, d'événements, de médias, de podcasts, de sponsors aussi, de collaborations commerciales. de présence sur des événements avec des marques. Donc, ça fait beaucoup en même temps. Puis, j'ai mon travail à côté aussi encore.

  • Speaker #1

    Oui, parce que toutes les deux premières choses, ce n'est pas le travail.

  • Speaker #0

    Non, ce n'est pas le travail. Non, ce n'est pas mon travail, même si ça commence à le devenir à moitié. Pour l'assaut, je suis 100% bénévole et j'aimerais le rester le plus longtemps possible, voire toujours. parce que j'ai pas du tout créé l'association en ayant comme objectif de me salarier dans l'association moi je l'ai fait parce que ça me semblait important de le faire après évidemment s'il y a un moment ça devient plus du tout gérable et qu'il faut que je sois à 100% sur l'assaut, la question se posera à ce moment là pour le moment grâce à l'ascension de l'Everest, les dons qui ont été faits on a pu déjà embaucher une personne en septembre qui est venue en renfort et ça c'est déjà top Euh... Et du coup, mon travail, mon vrai travail depuis trois ans, bientôt quatre, enfin trois ans et demi, c'est commercial pour un tournoi de tennis. Et là, maintenant, effectivement, du coup, je deviens aussi conférencière et créatrice de contenu. Et puis, quelques autres, enfin, autrice. Et voilà. Mais conférencière, je pense qu'on peut dire que c'est le gros de mon métier en ce moment, c'est ça. Après, combien de temps va durer ce métier ? Je n'en ai aucune idée. Je ne sais pas si c'est pour six mois, mais en tout cas, c'est sûr, depuis le retour de l'Everest, c'est intense, mais c'est chouette parce que j'adore faire ça. J'adore partager avec des gens mon expérience, qui sont hyper attentifs, qui posent beaucoup de questions intéressantes. En fait, moi, ça me nourrit aussi. Ce n'est pas du tout quelque chose qui est fatigant ou qui me demande de l'énergie. Au contraire, ça m'en donne. C'est un travail, évidemment, parce qu'on ne va pas dire non plus que ce n'est pas un travail. Je pense que ça demande quand même de l'énergie, du travail, de l'organisation. La préparation. La préparation, c'est sûr. Après, c'est un travail qui m'apporte aussi. Donc, c'est vraiment chouette. J'espère que ça durera le plus longtemps possible. Mais on verra. Pour le moment, comme tout est tellement flou, enfin, incertain, j'avance au jour le jour. Et puis, on verra demain. La seule chose qui est certaine, c'est que je vais bientôt finir le projet des sept sommets. J'espère le finir là quand même dans les deux années à venir et faire grossir l'assaut. Là-dessus, je n'ai pas trop de doutes. Il y a quand même des petites lignes directrices qui sont là. Puis après, je me laisse un peu porter pour le reste.

  • Speaker #1

    Et puis, tu disais, tu n'as pas envie d'avoir le plan complètement défini aujourd'hui. Tu restes ouverte aux rencontres, aux opportunités.

  • Speaker #0

    Oui. exactement et puis je pense que c'est super important aussi de rester toujours ouverte comme tu dis et et réfléchir, échanger, parce qu'en fait, c'est vraiment avec les autres que tu évolues, que tu as des nouvelles idées qui te viennent, des nouveaux projets, une nouvelle manière de fonctionner aussi. Parce que, oui, je ne dis pas aujourd'hui, ça fonctionne bien, on fait bien les choses, mais il y a toujours des choses à améliorer, à changer selon les compétences de chacun. Donc moi, je suis plutôt toujours très ouverte sur tout ça. Je pense qu'il n'y a pas de solution parfaite. Je pense qu'on peut toujours s'améliorer et que c'est avec les autres qu'on s'améliore. C'est aussi pour ça que l'équipe l'est faite pour qu'il y ait un peu tout type de profil et que chacune puisse aussi apporter sa vision par rapport à sa manière de fonctionner. Et ça, je trouve ça hyper intéressant. Parce que si c'était que ma version... Ce serait pas évident. J'ai vraiment pas la prétention de dire que j'ai toujours les bonnes idées, les bonnes réponses, la bonne solution. Au contraire, j'aime bien qu'on me donne aussi son point de vue. Après, on essaye de travailler le point de vue de toutes pour arriver à la meilleure solution possible. Je pense que c'est vraiment important d'écouter les autres. Après, je suis un peu dans une phase où... C'est pas évident de... Là, en ce moment, je suis vraiment dans une phase où j'arrive pas à faire plus que ce qui me tombe dessus. J'ai un peu du mal à être dans la phase de réflexion. Je suis plus dans la phase où... Oups ! J'ai oublié de répondre à ça. Oups ! Faut que je m'occupe de ça. C'est plus les relances, là, qui sont... Voilà. Mais je pense que d'ici janvier, ça devrait un peu se calmer. Je vais essayer de prendre aussi un peu de temps en décembre pour poser...

  • Speaker #1

    poser les sujets. Comment tu vis la pression, justement ? Parce que là, il y a une pression médiatique, mais il y a une pression aussi des familles qui te sollicitent pour rejoindre l'assaut. Et puis, il y a l'assaut aussi, tu es la directrice, donc tu as un rôle de leader par rapport au reste de l'équipe. Comment tu gères cette pression-là ?

  • Speaker #0

    Elle n'est pas évidente, honnêtement. Et je la ressens de plus en plus, même Euh... depuis le retour de l'Everest, je sens qu'il y a vraiment une énorme marche qui a été franchie, un gap. Et du coup, je sens que ce que je dis est plus écouté, vu et jugé aussi un peu. Et c'est difficile d'être jugé, d'avoir des critiques. Après, honnêtement, je n'ai pas trop de critiques non plus. Franchement, je touche du bois qui t'en sort bien. mais sur les réseaux les gens sont vraiment extrêmement bienveillants et par rapport à beaucoup d'autres créateurs de contenu que je côtoie au quotidien ils me disent que parfois c'est un peu dur d'avoir beaucoup de messages négatifs moi j'en ai vraiment pas beaucoup et t'en as quand même franchement non j'en ai pas en vrai j'en ai vraiment de gens qui Merci. le temps de m'écrire, j'en ai pas c'est une bonne fleur, ne commencez pas après dans les commentaires, évidemment encore une fois, tu vois quand tu fais quand tu vas faire 5 ou 6 millions de vues sur une vidéo 5 millions de personnes non, il n'y a pas 5 millions de personnes qui vont être derrière toi, qui vont dire que c'est formidable ce que tu fais, et bravo et c'est totalement normal, et j'accepte totalement les critiques, pour ça même, honnêtement euh... Je m'en fiche un peu et puis j'assume le fait que si je parle de mon histoire et que je me dévoile entre guillemets sur les réseaux et que je suis visible sur les réseaux, t'acceptes aussi le fait que tout le monde soit pas avec toi. Et puis, au bout d'un moment, il faut passer un peu au-dessus. Toujours évident, mais il faut essayer.

  • Speaker #1

    Si je reviens sur le début de ta carrière, donc tu as fait une école de commerce, tu avais démarré dans le secteur du luxe et là, tu as pris une direction qui n'a rien à voir. À quel moment ça a glissé et à quel moment tu as accepté de renoncer à ton projet pour mener d'autres projets ? Est-ce qu'il y a eu un moment où tu as vraiment consciemment dit en fait, l'avenir que je m'étais imaginé pendant X années, je le laisse de côté et je vais mener autre chose ou ça s'est fait juste naturellement ?

  • Speaker #0

    Ouais, je vois ce que tu veux dire. Bah en fait, quand... Enfin, initialement, je me suis dit que j'allais pouvoir un peu faire les deux en même temps. Quand même rester à Paris et rester dans le groupe LVMH. Mais parce qu'il n'y avait pas encore vraiment l'idée de l'association. Je n'avais pas imaginé que ça puisse se développer comme ça, qu'il puisse y avoir autant de choses autour de ça, autant de messages, de sollicitations, autant de familles accompagnées. Et en fait, au fur et à mesure, plus le temps passait, plus on se lançait dans d'autres projets. Parce qu'il y avait aussi Hugo à ce moment-là qui avait rejoint l'équipe, qui est mon caméraman et qui réalise les documentaires de chaque ascension. Donc, ils m'accompagnent sur les sept sommets. Mais de manière générale, on est sur plein de projets en commun ensemble. Donc, on se voit souvent. Et en fait, à un moment, on s'est rendu compte qu'on était arrivé au plus possible de continuer comme ça. Parce qu'épuisement absolu. Là, pour le coup, j'étais encore à Bordeaux en école de commerce. Donc, forcément, c'était des allers-retours entre Paris, Bordeaux, venir à Strasbourg pour aller m'entraîner, aller dans les Alpes pour aller m'entraîner, etc. Ça devenait complètement ingérable. Et puis surtout, au travail, quand tu es dans un grand groupe, tu n'as pas la flexibilité d'une petite équipe où on peut te dire, tu ne peux pas venir demain. Ce n'est pas grave, t'inquiète. C'est plutôt, comment ça, il est 18h, tu pars en ton après-midi ? Donc forcément, quand tu finis tard le soir, que tu arrives chez toi à 21h, 21h30, que tu es déjà lessivé de ta journée qui a été bien chargée, Mais que tu sais que t'as encore plein d'autres choses à faire. Plus continuer à t'entraîner, puisque tu fais quand même un challenge sportif. Au bout d'un moment... Ça passe pas. Non, mais il faut se rendre à l'évidence. Moi, je suis pas quelqu'un qui ait besoin de faire tout 100% parfait. Pour moi, c'est OK d'être à 90, 95. Parce qu'au bout d'un moment... Sinon, tu te mets la rate au courbouillon toute la journée, tu te stresses pour absolument tout. Soit tu acceptes de faire moins et de tout faire parfait, soit si tu acceptes de faire beaucoup de choses et d'être sur beaucoup de projets en même temps, au bout d'un an, les journées font 24 heures. Donc soit tu te dis, tu assumes le fait que tu feras de ton mieux, mais ce sera de ton mieux, mais tu n'as pas non plus envie de mettre ta santé en danger. à dormir quatre heures par nuit et à trop te stresser sur les projets. Soit tu acceptes moins, mais sauf que c'est aussi frustrant, parce que si tu acceptes moins, du coup, les gens ne comprennent pas pourquoi tu dis non. Donc, ouais, il y a plein de choses. Mais en tout cas, effectivement, c'est sûr que j'étais arrivée... Enfin, mon travail n'était plus du tout compatible avec la vie que j'étais en train de me créer à côté. Et c'était trop l'incompréhension au niveau de mes collègues et tout. même si elle me soutenait et qu'elle me soutienne encore aujourd'hui et qu'elle m'écrive régulièrement et je m'entends encore très bien avec elle. Je ne suis pas partie dans de mauvaises conditions, loin de là. Mais effectivement...

  • Speaker #1

    Il y avait un décalage.

  • Speaker #0

    Il y a un décalage qui est énorme. Parce qu'en fait, quand tu bosses dans des boîtes comme ça, tout le monde est à fond dans son travail. Son travail, c'est sa priorité. Tu mets toute ton énergie dans ton travail. Sauf qu'en fait, moi, toute mon énergie, je la mettais dans absolument autre chose. Et je mettais un peu d'énergie dans mon travail. Mais moins. Mais moins et pas assez. par rapport à ce qui était demandé. Donc oui, je remplissais mes objectifs, je faisais ce qu'on me demandait, mais je sais que quelqu'un d'autre aurait pu faire 100 000 fois plus parce qu'il allait plus loin dans la démarche, parce qu'il allait chercher le petit truc en plus et que moi, en fait, je n'avais plus vraiment l'envie d'aller chercher cette perfection qui est demandée aussi dans l'univers du luxe. Donc voilà. Et puis en fait, de toute façon... Je voulais rentrer en Alsace aussi, parce que Paris, c'était pas du tout fait pour moi. J'ai pas trop... Enfin, ça va, j'ai pas non plus pas aimé, mais maintenant, je suis très contente. Je viens à Paris presque toutes les semaines. Je peux pas non plus dire que j'aime pas Paris, parce que je suis tout le temps là. D'ailleurs, la semaine prochaine, je suis quasiment là toute la semaine. Et la semaine... Il y a 15 jours, j'étais là toute la semaine. Mais je suis contente de me dire que mon pied-à-terre, il est pas dans Paris.

  • Speaker #1

    Pendant le crash, il est à Strasbourg.

  • Speaker #0

    Mon ancrage est à Strasbourg, en Alsace. J'ai mes champs, tout est bien. C'est parfait. Ouais, c'est clair. J'ai la montagne pas loin, je vais pouvoir aller courir 30 kilomètres samedi dans les Vosges. Enfin voilà, c'est vraiment important pour moi d'avoir un peu un rythme, pouvoir casser le quotidien. Et du coup, soit c'est 1h50 de train. Et en fait, de toute façon, après, on m'a proposé un travail à Strasbourg.

  • Speaker #1

    Avec de la flexibilité et le soutien de tes autres activités.

  • Speaker #0

    Oui, c'est clair. Ouais, ouais. Tout s'est plutôt bien cadré. Donc, j'étais à 80% jusque-là. En janvier, je suis passée en 3-5e. Et là, maintenant, je suis carrément en freelance pour eux. Je continue à travailler avec les équipes comme avant, mais juste là, je suis vraiment sur une flexibilité full. Maximum, ouais.

  • Speaker #1

    Nécessaire. Elle est nécessaire.

  • Speaker #0

    Ouais, ouais, non, c'est bon.

  • Speaker #1

    Quand tu parlais, tu évoquais la difficulté de devoir dire non. Parce que tu es très sollicité en ce moment.

  • Speaker #0

    Terriblement. Ça fait trop mal au cœur.

  • Speaker #1

    Ouais. T'as peur de laisser par les gens ?

  • Speaker #0

    C'est le pire truc. Enfin, franchement, pour moi, je pense que si tout... Enfin, de... tout ce qui m'arrive depuis, enfin là on va parler depuis l'Everest, parce que c'est quand même vraiment depuis l'Everest qu'il y a eu le gros... Déjà avant c'était très intense et il y avait beaucoup de sollicitations, mais là c'est vraiment un gap totalement autre. Et je pense que ce que je regrette le plus et ce qui est le plus difficile pour moi, c'est de plus pouvoir répondre à tout, de même plus pouvoir répondre à tous les messages que je reçois. Pour moi c'est tellement frustrant, mais en fait je sais que je... Enfin, je fais de mon mieux, mais je peux pas faire plus quoi. Enfin, genre, vraiment, c'est humainement pas possible. Ou alors, il faudrait que j'embauche encore une autre personne qui gère tout ça, qui va gérer tous mes réseaux sociaux. Mais aujourd'hui, mes réseaux, je les gère toutes seules. Donc forcément, je ne sais même pas combien de demandes de messages j'ai sur Insta. Mais j'ai essayé hier, je pense, j'ai répondu à 60 ou 70 personnes, mais il doit y en avoir encore 200. Et en fait, là, rien que 60, 70, ça prend une heure, une heure et demie. qu'entre temps les gens ils t'ont re-répondu parce qu'ils étaient contents d'avoir une réponse et ça qu'entre temps t'as eu d'autres demandes pour d'autres événements, pour d'autres trucs et tu te dis mais my god je vais pas pouvoir là, c'est pas possible en fait et du coup ça fait que ça tourne dans ta tête et tu te dis mais c'est terrible et oui tu te trouves un peu incorrect et c'est et je suis pas du tout comme ça et du coup c'est hyper C'est hyper désagréable comme sensation, en fait. C'est vraiment super... Enfin, quand c'est pas ta personnalité, et quand, justement... Enfin, tu vois, moi, quand je me suis lancée il y a 4 ans, j'ai aussi envoyé des messages à des personnes, justement, qui étaient passées par le même chemin que moi, et qui m'ont pas forcément répondu, ou pas forcément aidé. Et du coup, je me dis que j'ai pas du tout envie d'être comme ça, mais en même temps, toutes les personnes qui veulent faire le Mont-Blanc... Tous les jours, on me demande, oui, c'est quoi ta préparation ? C'est quoi ton matériel ? Est-ce que tu as le contact d'un guide ? Est-ce qu'on peut s'appeler pour que tu... etc. Tous les jours, tous les jours, tous les jours, tous les jours. Donc, en fait, moi, je ne peux pas appeler tous les jours quelqu'un pour lui dire, alors, pour le Mont-Blanc, il faut que tu fasses les réservations à partir de janvier. Ensuite, pour toutes les personnes qui veulent être bénévoles de l'assaut. Mais si j'en ai dizaines et des dizaines... Et ça,

  • Speaker #1

    en même temps, c'est génial parce que tu...

  • Speaker #0

    Mais t'es là où c'est frustrant. Ouais. justement c'est là où c'est hyper frustrant parce qu'en fait moi j'ai envie d'aider tout le monde mais je peux pas aider tout le monde je peux pas accompagner tout le monde le nombre de personnes qui me demandent de faire des communications sur les réseaux pour telle association, pour tel projet parce qu'ils vont aller faire un raid un truc, un machin et qu'ils ont besoin de visibilité t'imagines si je partage tout le monde ça devient la foire complète quoi je peux même pas partager tout ce qui se passe au sein de l'association dans tous les pôles qu'on a Et en fait, c'est terrible parce que sur les réseaux, les gens, ils ont besoin d'avoir une structure. Si tu partages trop de trucs différents, ils sont perdus. S'ils sont perdus, ils ne te suivent plus, ils se désabonnent. Ils ne sont plus engagés, ils ne sont plus du tout engagés dans ta communauté.

  • Speaker #1

    Tu as de l'enjeu en plus.

  • Speaker #0

    Il y a un gros enjeu. Il y a un gros enjeu. Donc, tu ne peux pas constamment publier d'autres choses, d'autres projets qui n'ont rien à voir avec ce que tu fais, rien à voir avec les causes que tu défends. Je défends déjà, malheureusement, heureusement, je ne sais pas comment le dire. Mais une très grosse cause. Et je ne peux pas être sur toutes les causes. Je ne peux pas être sur les enfants malades, sur les femmes atteintes de cancer du sein, sur la myopathie, sur la mucoviscidose, sur les... Qu'est-ce qu'on m'a encore proposé ? Des trucs pour les arrêts cardiaques et tout ça. En fait, tous les sujets m'intéressent et j'aimerais pouvoir être partout, mais sauf que aujourd'hui, je ne peux plus. Et c'est frustrant. C'est très, très, très, très, très frustrant.

  • Speaker #1

    ce que j'entends c'est que c'est frustrant parce que il y a ce conflit de valeurs t'as envie de le faire j'ai trop envie de le faire et tu peux pas non seulement tu peux pas physiquement parce que dans ta journée il n'y a que 24h et déjà il n'y a pas beaucoup de temps libre mais en plus parce que t'as des vrais enjeux pour ton grand objectif qui est ton assaut et la cause que vous défendez exactement et ce que je ressens aussi dans ce que tu dis c'est La frustration de ne pas pouvoir être en train de kiffer le fait d'avoir réussi d'être là où tu es aujourd'hui.

  • Speaker #0

    C'est ça, c'est exactement ça. En fait, c'est vraiment ça, c'est que du coup... c'est tellement le tourbillon et tout le temps, toute la journée je me dis profite, profite, profite essaye de profiter,

  • Speaker #1

    essaye de profiter et en fait mais profite c'est comme quand t'as un nouveau né tu verras le jour t'as un bébé qui hurle et qui t'empêche de dormir et tout le monde te dit profite c'est les meilleures années de ta vie mais non j'ai envie de mourir là tout de suite en fait c'est exactement ça et

  • Speaker #0

    après j'essaye de me enfin de rester toujours dans un mindset hyper positif. Quand je suis là, j'essaye de vraiment être là au maximum et d'être vraiment profité du moment et être dans le moment. Mais sauf que parfois, quand il y a plein d'urgences qui s'enchaînent, là ce matin par exemple, il y avait plein de trucs où je ne pouvais pas ne pas répondre parce que c'était vraiment urgent et c'était des sujets qu'il fallait gérer tout de suite. Mais forcément, quand t'es dans un truc un peu de stress comme ça, après, c'est difficile de se remettre, de changer le mood et de se dire « Ok, vas-y, laisse tomber. On s'en fout. Profite du moment et tout. » Parce qu'en fait, finalement, ça, tu l'as en background et ça tombe dans ta tête. Et tu te dis « Putain, pardon, faut pas dire de gros mots. » Tu te dis « Oh my god, t'as pas géré ça. » là t'étais censée avoir une vidéo à 14h mais tu leur as pas dit que t'étais pas dispo pour la vidéo enfin et voilà et et du coup bah en fait t'as tellement de choses en background qui se mélangent complètement et qui sont par-ci par-là par-truc et puis quand tu prends ton téléphone alors j'ai plus aucune notification parce que alors si j'avais une notification mais je pense que je pleure je pourrais pas survivre mais quand je vous WhatsApp Merci. C'est l'angoisse, quoi. C'est vraiment angoissant. C'est pour ça que j'adore partir en expédition parce que... Personne ne peut te contacter. Personne. Enfin, voilà. Genre, c'est... Débrouillez-vous, les amis. Je ne suis plus disponible. Et pendant 15 jours, ça s'arrête. Mais le téléphone, c'est hyper dur. Mais même être créatrice de contenu, c'est hyper difficile parce que c'est du non-stop, quoi. C'est du non-stop. Il faut faire la création de contenu. Il faut poster des stories. Quand je fais des collabs, c'est beaucoup de gestion avec la marque. Des allers-retours. Non, mais on ne veut pas ça. On veut ça. On veut ci et machin. Et les stats, c'est con.

  • Speaker #1

    Et en même temps, c'est là où c'est un peu le cercle vicieux et vertueux. C'est que tu as besoin d'être créatrice de contenu pour pouvoir promouvoir ton projet, pour pouvoir être visible, pour pouvoir être sollicité, pour pouvoir être crédible.

  • Speaker #0

    Exactement. Et du coup, en fait, là, je pense qu'on est un peu sur... Enfin, dans la vie, il y a plein de paliers. Et je pense que là, en ce moment, c'est un peu un palier où il faut que je passe en step au-dessus. mais qui n'est pas facile à passer et où il faut qu'on change un peu plus l'organisation. Mais en fait, comme c'est très dans tous les sens, comme il y a beaucoup de choses et qu'on est tout le temps dans l'urgence, on n'a pas forcément le temps de se poser un petit... C'est ça, le truc.

  • Speaker #1

    Faire l'hélicoptère, ça demande un moment de tout bloquer le reste.

  • Speaker #0

    Et c'est ça, c'est de dire, OK, bon, écoutez, là, pendant une semaine, je ne réponds à personne. je ne fais rien d'autre que de me... prendre du temps pour cadrer les choses. Et je sais qu'il faut absolument que je le fasse. Je sais que c'est une urgence absolue. Tout le monde me le dit. Il faut vraiment que je trouve le temps, mais c'est aussi que ce n'est pas ma personnalité. Et du coup, quand c'est...

  • Speaker #1

    C'est quoi qui n'est pas ta personnalité ? De cadrer ou de faire une pause ou de dire non ?

  • Speaker #0

    Les trois.

  • Speaker #1

    Les trois.

  • Speaker #0

    Oui, les trois. Moi, je suis très dans l'instant présent, dans « ah ouais, vas-y, on y va, on va faire... » Un tout petit peu moins maintenant. maintenant, quand même, et de manière générale, ma personnalité, c'est plus grosse fonceuse, spontanée à fond, ok, on y va, vas-y, on va faire ça, là, on va là, là, on va là. Je peux plus l'être autant qu'avant, parce que forcément, je regarde quand même mon planning avant de dire ok, en disant, alors attends, là, j'ai fait 5 conférences cette semaine-là, je vais pas pouvoir en quitter le sixième. Et quand il n'y a pas d'autres dates possibles, au bout d'un moment, t'es obligée de décliner. Mais ma personnalité première, c'est vraiment d'être à fond dans tout, de vivre à 100 000 %, j'adore être en déplacement en fait. Là, j'adore tout ce qui se passe, je trouve ça hyper nourrissant et enrichissant et chouette et beau et tout. Mais en fait, de toute façon, dans la vie, c'est toujours pareil. C'est difficile de trouver l'équilibre parfait où t'es juste tout bien. Non, mais c'est vrai. Mais après, je pense que c'est le propre de l'homme aussi. T'as un peu moins de projets, tu vas chercher à avoir plus de projets.

  • Speaker #1

    T'as plus de projets.

  • Speaker #0

    T'as plus de projets, tu te rends compte que, en fait, merde, t'as accepté trop de projets. Tu sais pas comment gérer. Tu sais pas comment tu vas gérer ton truc. Et en fait, à chaque fois, c'est un peu le jeu de j'accepte moins, mais mince, finalement, en janvier, je suis plutôt libre. Qu'est-ce que je vais pouvoir faire ? Là, tu vas contacter... T'en rajouter. Ah, excuse, machin. Donc en vrai, c'est un peu aussi juste le propre de notre société et même des réseaux sociaux. Ça pousse à accélérer tout le temps.

  • Speaker #1

    Et en même temps, il faut faire attention à la machine. Mais ce que j'entends, c'est que tu dis que tu as besoin de passer à une étape d'après. Oui, et en même temps, là, tu es à un moment. quand même où tu peux célébrer tout ce que tu as accompli parce que tu es en train de récolter, tu as beaucoup semé,

  • Speaker #0

    là tu récoltes. Oui, c'est ça. Mais en fait, le truc, c'est que le petit souci, c'est que toute la récolte,

  • Speaker #1

    elle arrive en même temps. Là, tu es sous l'eau, tu es sous la récolte. Et donc, tu es comme tous les entrepreneurs ou les chefs d'entreprise, il y a un moment où tu dois...

  • Speaker #0

    C'est ça, c'est que c'était la start-up et puis la start-up passe entreprise et maintenant, il faut être capable de passer le cap. Soit tu passes bien... et du coup, ça continue de grandir. Soit tu le passes un peu moins bien et du coup, finalement, tu stagnes.

  • Speaker #1

    Après,

  • Speaker #0

    c'est pareil pour moi, ma personnalité, mon image, etc. Enfin, il faut voir aussi les prochaines années, qu'est-ce que je vais faire pour continuer à avoir des défis, à continuer de parler de l'association, continuer à... Le réinventer. Oui, c'est ça. Tu vois ? Et c'est comme ça que quand t'es bien accompagnée, il y a plein de chanteurs ou de sportifs qui n'ont pas forcément été journalistes ou acteurs ou n'importe quoi, enfin dans n'importe quel domaine, qui étaient excellents et qui n'ont pas été bien accompagnés. Et leur carrière, elle s'arrête vite. Si tu ne prends pas les bonnes décisions au bon moment...

  • Speaker #1

    Donc, tu as cette conscience que même si tu es sous les projecteurs, là, il y a un vrai momentum pour toi. Et tu as quand même conscience que ce virage, il faut que tu arrives à bien l'appréhender pour ne pas te prendre le mur.

  • Speaker #0

    C'est ça, exactement. Pas me prendre le mur à tous les niveaux. Parce qu'en fait, tu sais que... Alors évidemment, il ne faut pas dramatiser la situation non plus. Je veux dire, l'association, elle va vivre encore les dix prochaines années, c'est absolument certain. Mon challenge est de s'assommer, je vais arriver au bout, c'est absolument certain. Après, il y a d'autres projets qui sont en discussion aujourd'hui. S'ils se font, ça va être absolument énorme. Et ça va être encore beaucoup plus fou que ce que c'est aujourd'hui. Mais peut-être qu'ils ne se feront pas non plus. Et que d'ici deux, trois ans, les choses vont se calmer, vont s'apaiser. Et peut-être que je vais devoir reprendre un travail en full time à côté. Je ne sais pas, en fait. Je ne sais pas trop. À un moment, c'est très, très angoissant. Et puis maintenant, j'essaye de prendre du recul en me disant, écoute, on verra. Déjà, fixe-toi la prochaine année. Fais ton mieux. Vraiment, juste fais ton mieux. C'est déjà le mieux que je puisse faire, en fait. Après, au bout d'un moment, je ne peux pas satisfaire tout le monde. Je ne peux pas me dédoubler non plus. Je suis obligée de dormir la nuit. Enfin, voilà, il y a des obligations physiques et physiologiques. tout le monde. Et puis, voilà, tu ne peux pas satisfaire 100%, quoi.

  • Speaker #1

    Et puis même, tu es très engagée avec l'assaut, avec cette cause, avec cette envie d'accompagner les enfants. Et moi, ce que j'ai envie de te dire, c'est... C'est la priorité. Non, mais surtout, il faut que toi, tu kiffes l'expérience. Tu vois, tu as le droit de faire en sorte que toi, tu vives bien ce moment. Parce que ton énergie, ce que tu offres aux enfants, Tu arrives à le faire parce que tu fais attention à toi.

  • Speaker #0

    Ouais, ouais. Après, quand je suis avec les enfants, j'ai toujours un nouveau souffle.

  • Speaker #1

    Ouais. Donc,

  • Speaker #0

    quand je suis avec eux, c'est très différent de mon quotidien où je vais être sur mon tel, sur les mails, sur les calls, les visios, les trucs et tout. Quand je suis avec eux, il n'y a plus rien dans ma vie sauf eux. Et du coup, ça me permet de déconnecter. Et c'est aussi un peu ma... Ma bulle d'oxygène, finalement. Les projets avec les enfants, être avec eux. Moi, je me retrouve enfant, comme si j'avais de nouveau 9 ans. Il y a des liens incroyables avec eux. Ça, c'est vraiment... Justement, pour moi, je reprends de l'énergie avec eux. Même si, évidemment, quand il y a 15 gosses qui te sautent dessus... En fait, tu perds une certaine énergie, mais tu récupères une autre énergie dont tu as besoin pour continuer à avancer. Donc moi, au contraire, vraiment, tout ce qu'on fait avec l'assaut, c'est... extrêmement... Ça me donne de la force, ouais. Ça me donne de la force.

  • Speaker #1

    J'ai un rituel de fin de podcast, parce que le temps tourne. Et donc, ce sont trois questions. La première, c'est si je t'offre un énorme panneau publicitaire dans la ville de ton choix, tu peux y afficher ce que tu veux, comme texte, comme image. Qu'est-ce que tu y affiches ? C'est ton message au monde.

  • Speaker #0

    Parce qu'en fait, j'ai tellement de choses à dire. Si on peut le diviser en quatre...

  • Speaker #1

    Tu peux mettre autant de post-it que tu veux.

  • Speaker #0

    Ah, je peux mettre autant de post-it que je veux ? En fait, je pense que le mot global, ce serait la mise en avant de la cause que je défends et qu'on défend avec l'association. Parce qu'aujourd'hui, il n'y a pas beaucoup de porte-parole sur l'accompagnement des enfants qui ont un parent atteint de cancer ou qui ont perdu un parent. Et l'importance, en fait, que ça a. Donc, je pense qu'il y a un gros message à passer par rapport à ça. Et du coup, évidemment, pour accompagner plus de... Enfin, un message qui serait à la fois dédié aux familles de l'association pour pouvoir accompagner plus de familles. À la fois un message dédié à des mécènes. ou à des personnes privées pour pouvoir récolter plus de fonds, ce qui finalement sont nos deux axes qui sont vraiment super importants. Et puis après, qu'il y ait des personnalités, des ambassadeurs qui ont envie de communiquer avec nous, de nous donner de la force, de prendre du temps pour les enfants, de les rencontrer, de leur apporter aussi leur vécu, leur aide, leur soutien et leur permettre de rêver grand. Ce serait un peu trois messages, mais les trois finalement seraient quand même assez regroupés autour de la cause défendue par l'association. Et rejoignez-nous. Oui, et puis après, même de manière générale, pour tous, ce serait de dire que la vie est courte. La vie est courte, il faut aller au bout de ses rêves. Voilà, belle photo de montagne derrière, avec plein d'enfants sur la montagne.

  • Speaker #1

    Ok, magnifique, on la voit bien. Alors la deuxième question, elle est particulière pour toi, mais c'est vraiment la question que je pose à tous mes invités. C'est si tu te retrouvais face à toi quand tu avais 10 ans, qu'est-ce que tu te dirais ?

  • Speaker #0

    Qu'est-ce que je me dirais ? Moi, je pense que je serais plutôt fière et heureuse du parcours et de tout ce qui a été fait. Et que je n'ai pas lâché, je n'ai pas abandonné. et que cette... niaque que j'avais à 10 ans, je l'ai toujours aujourd'hui. Et j'espère que je vais l'avoir encore pour les 10 prochaines années, quoi. Ou les 20, plutôt les 20. Même les 30, en fait. Peut-être au bout d'un moment, vers 60 ans, peut-être je vais commencer un peu à me calmer. Dans ma tête, je me dis 60, c'est ma limite. À 60, je... Alors, je pose pas encore les armes, mais je vais commencer à me calmer.

  • Speaker #1

    Je te dis qu'à 60, tu feras encore un triathlon.

  • Speaker #0

    Je vais faire encore 170. À l'UTMB, je serai la plus vieille femme à faire l'UTMB.

  • Speaker #1

    Exactement.

  • Speaker #0

    Peut-être, c'est pas impossible. On verra. Déjà,

  • Speaker #1

    c'est le physique. Je te le souhaite. Dernière question. Quel projet tu n'as pas encore lancé parce que tu n'as pas osé ? Et si tu n'avais pas peur de le faire, tu le lancerais ? Pour toi, la question est difficile. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu n'oses pas faire, que tu n'oses pas lancer comme projet ?

  • Speaker #0

    En fait, ah ouais, ok. Alors, c'est pas que j'ose pas, mais c'est que je pense que c'est pas encore le bon moment. Ok. Mais du coup, je pense pas que je suis prête à en parler. Parce que sinon, ça va cramer mes cartes de ce que j'ai envie de dévoiler dans les années à venir. Mais sur un projet vraiment où j'ose pas... Je sais pas. Alors là, vraiment, je sais pas. Attends, attends. Un projet où j'ose pas aller parce que ça me fait peur.

  • Speaker #1

    Parce que pour l'instant, ça te fait peur. Tu te sens pas encore prête.

  • Speaker #0

    En fait, le truc, c'est que comme je ne sais pas encore où je veux aller sur certains trucs, il y a des choses qui m'appellent un peu et où je me dis, je ne sais pas trop si je serais capable ou si ça pourrait être mon truc. Mais par exemple, dans le monde de la télé, du journalisme, on en a déjà parlé plusieurs fois. Et je ne sais pas vraiment si j'ai le bon profil et si c'est quelque chose qui pourrait fonctionner avec ma personnalité. Après, il y a vraiment beaucoup d'autres projets qui sont sur le feu. Et je ne sais pas s'ils iront le jour ou pas un jour.

  • Speaker #1

    Par superstition,

  • Speaker #0

    on va le dire. Par superstition et aussi pour laisser un peu le suspense quand même.

  • Speaker #1

    Bon, le jour où tu lances ton gros projet... auquel tu pensais là, tu m'envoies un petit message, c'était ça le projet dont je t'ai pas parlé. Ok, bah écoute, ce que je vois, c'est que tu n'es pas trop du genre à ne pas lancer les projets qui te font envie là tout de suite.

  • Speaker #0

    Ouais, non, non. Et en fait, franchement, depuis l'Everest, enfin déjà avant, depuis bien longtemps, je n'ai pas trop de limites en fait dans ce que j'ai envie de faire. Quand j'ai une idée en tête, je me dis, on verra bien, tu vois. Tu tentes, si ça ne marche pas, ce n'est pas très grave. Si ça ne marche pas, c'est que ça ne devait pas marcher comme ça, ça marchera d'une autre manière. Écoute,

  • Speaker #1

    je suis ravie d'entendre ça, c'est une belle conclusion. Il faut tenter et on verra bien. On verra bien.

  • Speaker #0

    Le chemin parcouru sera déjà super et ça vous fera vivre. C'est une expérience et dans tous les cas, chaque expérience est bonne à prendre. C'est mieux que de rester allongée sur son canapé quand même. à regarder la télé, justement, ce que vous voyez à la télé, vous pourriez le faire.

  • Speaker #1

    C'est clair. En tout cas, je ne sais pas si je serais capable de suivre tout ce que tu fais, mais en tout cas, c'est une sacrée dose d'inspiration. Merci beaucoup pour ton temps. Et à très bientôt. Merci à toi d'être restée jusqu'au bout. J'espère que cet épisode t'aura plu, intrigué, inspiré. N'hésite pas à le partager, ainsi que de laisser une évaluation, un commentaire, ça aidera énormément le podcast. à être plus diffusée. Merci et à très bientôt sur The Patron Podcast.

Chapters

  • Introduction et présentation de Constance Schaerer

    00:00

  • Le parcours de Constance et la création de son association

    00:45

  • L'impact de la perte de son père et le projet des 7 sommets

    01:56

  • Les défis de l'alpinisme et l'ascension du Kilimanjaro

    04:15

  • La création de l'association et son évolution

    06:33

  • Les événements et le soutien aux enfants

    08:59

  • L'expérience de l'Everest et ses leçons

    15:19

  • La gestion de la pression et des attentes

    21:20

  • Conclusion et réflexions sur le parcours

    48:21

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Description

The Patronne podcast fête ses 1 AN
Et pour l’épisode #22, j’ai eu la chance d’échanger avec l’impressionnante Constance Schaerer.


En 2025, à tout juste 26 ans, elle devient la plus jeune Française à avoir gravi l’Everest.
Un périple de 42 jours, où elle a puisé dans ses ressources les plus profondes.


Depuis, Constance vit un rêve… version grand huit XXL.
Elle est partout, sur tous les fronts :


Directrice de l’association “7 sommets contre la maladie”
Elle accompagne des enfants dont un parent est malade et pilote une équipe de bénévoles engagés.


Autrice
Elle publie “Tu reposeras sur les plus hauts sommets du monde, Papa”, un roman qui fait déjà beaucoup parler.


Conférencière
Elle partage son parcours avec une authenticité rare.


Créatrice de contenu
Elle entretient un lien solide avec sa communauté.


Et elle a aussi un “vrai job”
Responsable du développement commercial d’un tournoi de tennis international.


Rien que d’écrire ces lignes, je suis épuisée pour elle.
Mais rien ne l’arrête — et d’ailleurs, c’est sa philosophie : ne jamais se mettre de limites.


Ce qui m’a le plus marquée lors de notre conversation ?
Sa générosité, sa simplicité, et cette sagesse étonnante pour son âge.


Dans cet épisode, Constance revient sur :

  • Son parcours et ses défis, du premier sommet jusqu’à l’Everest

  • La création de son association et l’importance d’accompagner les enfants face au deuil

  • La gestion de la pression : médiatisation, conférences, vie professionnelle, mission associative

  • Comment elle cherche l’équilibre entre ambition, engagement et plaisir


Une conversation inspirante qui représente parfaitement pourquoi j’ai lancé ce podcast il y a un an.
C’est pour moi un honneur et une immense source de joie d’avoir ces échanges.
Je me sens grandir, éclairée et reboostée à chaque épisode.
Un grand merci à mes invitées et à toutes celles et ceux qui nous écoutent.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Quand je suis redescendue de l'Everest, j'étais en mode « je ne ferai plus jamais de 8000 de ma vie, c'est terminé » . Je ne suis pas quelqu'un qui ait besoin de faire tout 100% parfait. Moi, c'est OK d'être à 90-95, parce qu'au bout d'un moment, sinon tu mets la rate au courbouillon toute la journée, tu ne te stresses pas absolument tout. Dans la vie, c'est toujours pareil. C'est difficile de trouver l'équilibre parfait où tu es juste tout bien. Non mais c'est vrai, mais après je pense que c'est le propre de l'homme aussi.

  • Speaker #1

    C'est tellement le tourbillon et tout le temps, toute la journée, je me dis profite, profite, profite, essaye de profiter, essaye de profiter.

  • Speaker #0

    Et si on décryptait ensemble la recette du courage ? Bienvenue dans The Patron.

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, j'accueille Constance Schaerer. Constance, tu es la directrice et la fondatrice de l'association 7 sommets contre la maladie. Tu viens de monter notamment l'Everest, tu es la plus jeune française à avoir monté l'Everest. Ce projet rentre dans un projet plus large et qui a démarré d'une manière un petit peu fortuite. Tu vas nous en parler du début de ce projet, c'est lié à ton papa. Oui. Bienvenue, je suis très émue de t'avoir aujourd'hui parce que je suis très heureuse de te rencontrer. Et en même temps, je sais que tu es dans une vague, dans un tourbillon en ce moment médiatique, puisque tu viens de lancer ton premier roman.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Et donc, je suis très heureuse de t'avoir. Bienvenue sur The Patron, Constance.

  • Speaker #0

    Merci à toi. Merci pour l'invitation et ravie d'être là aujourd'hui.

  • Speaker #1

    Nous allons parler, bien sûr, de ton association, de ce projet, du fait que tu es considérée comme une aventurière, puisque tu gravides les plus hauts sommets du monde. Peux-tu, en quelques mots, pour ne pas... pas répétit. Pour ceux qui ne connaissent pas Constance, vous trouverez énormément de contenu magnifique justement sur ses ascensions. Quelques mots sur ce projet et sur ton association s'il te plaît.

  • Speaker #0

    Oui, avec plaisir. Moi, j'ai perdu mon papa d'un cancer du pancréas quand j'avais 9 ans. Il s'est battu pendant 4 ans contre la maladie et en fait, 14 ans après son décès, donc en mai 2021, j'ai retrouvé une lettre dans laquelle il expliquait qu'il souhaitait que ses cendres soient dispersées sur les 7 sommets.

  • Speaker #1

    Donc juste ta maman t'en avait jamais parlé de cette lettre Pourtant elle,

  • Speaker #0

    elle la connaissait Tout le monde la connaissait Ma mère, ma famille, les amis de mon père Et j'ai découvert en fait Après l'ascension de mon premier sommet Le Kilimanjaro Que c'était le projet de mon père de faire les 7 sommets D'accord Devenir un modèle pour les personnes atteintes de cancer Et qu'il voulait écrire un livre justement Qu'il avait déjà commencé

  • Speaker #1

    Et donc c'était un de ses projets qu'il avait démarré En tout cas, qu'il s'était lancé en se disant, le jour où je serai guéri, je pourrai faire ça. C'était lié à sa maladie ou c'était un projet même d'avant ?

  • Speaker #0

    Non, c'est lié à sa maladie. Par contre, on lui a tout de suite annoncé qu'il n'y aurait pas d'autre issue que la mort. Donc, il savait qu'il n'allait jamais guérir de son cancer, c'était sûr. On lui avait même donné que six mois à vivre et il a vécu quatre ans. C'était déjà finalement... Enfin, il avait l'épée d'Amokles sur sa tête, mais il a réussi à la rallonger le plus longtemps possible et à encore être, à certains moments, bien pour imaginer, pour créer, pour avoir des idées, pour essayer de partir de la meilleure manière possible et de nous laisser des choses à moi et ma maman, et notamment ce projet un peu fou. Et après, pourquoi il a eu cette idée de faire les 7 sommets ? personne ne le sait, on ne sait pas d'où ça vient exactement. Juste, évidemment, c'était un fan de montagne et c'était un peu toute sa vie la montagne, même s'il travaillait dans la banque, tout. Absolument à la voir. Et il n'était pas skieur ou sportif de haut niveau dans un sport de montagne. Il avait fait du handball, toujours fait du sport, mais pas l'alpinisme.

  • Speaker #1

    OK, donc ce projet, tu le découvres. Et juste après, tu avais un voyage en Tanzanie de prévu ? C'était un hasard, finalement ?

  • Speaker #0

    Ouais, exactement. En fait, quand j'écouvre la lettre, je le prends plus comme une information parce que j'en avais jamais entendu parler, mais je me suis pas du tout dit OK, je vais aller gravir les sept sommets. C'est mon prochain défi. Moi, j'étais en école de commerce à ce moment-là. Je travaillais dans le groupe LVMH. J'avais d'ailleurs décroché une alternance pour le mois de septembre chez moi à Tennessee que je voulais absolument pas lâcher. Donc vraiment, le Cherish des sept sommets, c'était pas du tout, du tout, du tout mes projets. Mais effectivement, je partais en Tanzanie en voyage humanitaire et j'étais à une heure du Kilimanjaro. Gros hasard, quoi.

  • Speaker #1

    Donc, tu découvres la lettre, tu avais ce voyage de prévu, tu atterris et tu te dis, tiens, c'est marrant, il y a un sommet quand même, le plus haut sommet d'Afrique, il est juste là. Et donc, sans grande préparation, tu décides de monter ?

  • Speaker #0

    En fait, du coup, moi, j'avais découvert... Dès que j'ai compris ce qu'étaient les sets sommés, j'ai un peu regardé évidemment sur Internet, je me suis renseignée. Là, j'ai très vite découvert que le Kili Manjaro faisait partie des sets sommés et que c'était d'ailleurs le plus simple des sets. Et c'est déjà quelques semaines avant que l'idée me trottait un peu en tête, mais sans me dire je vais faire le Kili, c'est sûr. Juste, je le savais et je me suis dit bon, peut-être quoi. Donc, ma mère m'avait dit prends quand même des petites affaires chaudes, des affaires pour marcher, sait-on jamais. Et c'est vraiment en arrivant sur place où je me suis dit, OK, je vais tenter. Sans me dire non plus, c'est sûr que je vais arriver au sommet, parce qu'en fait, on ne sait pas du tout par rapport au mal aigu des montagnes, comment le corps va réagir. Est-ce que j'allais être capable d'atteindre le sommet ou pas ? Ce n'était pas vraiment l'objectif. Au final, pour le premier, c'était plus de me dire, je vais vivre l'aventure, je vais aller le plus loin possible. Et puis dans tous les cas, peu importe où mon père reposera, ce sera déjà un très, très bel hommage.

  • Speaker #1

    Et donc, tu réussis cette ascension ?

  • Speaker #0

    Et donc, j'ai réussi cette ascension, et même plutôt très bien, puisque je n'ai eu aucun problème lié à l'altitude, ce qui est plutôt une chance, parce que pour le coup, si je ne la supportais pas, je n'aurais pas pu faire le challenge de cette sommée. Enfin, je n'aurais pas pu continuer, ni même espérer faire un autre sommet, parce que c'est quelque chose qui ne se travaille pas, et on n'a aucune préparation sur le fait de supporter ou pas. l'altitude. J'ai eu la chance de bien supporter et de m'être dit, après l'ascension du Kili, pourquoi pas continuer. C'est surtout quand j'ai appris que c'était le projet de mon père de faire les sept sommets pour devenir un modèle pour les personnes atteintes de cancer, où je me suis dit, OK, le projet est bien plus gros que ce que j'avais lu dans la première lettre. Oui,

  • Speaker #1

    ça dépasse l'hommage à ton papa, puisque c'était... C'est une preuve de résilience et ça donne de la force.

  • Speaker #0

    Exactement, ça dépasse et ça peut aider, ça peut permettre à beaucoup d'autres personnes de s'identifier. Donc quand j'ai compris tout ça, je me suis dit, c'est vrai que c'est un beau challenge. Et après, j'ai découvert qu'il n'y avait pas d'assaut qui accompagnait les enfants, qui avaient un parent atteint de cancer ou qui avaient perdu un parent. Et c'est comme ça que... Ça a fait son petit bonhomme de chemin dans ma tête.

  • Speaker #1

    Oui, parce qu'effectivement, toi, tu as perdu ton papa à 9 ans. Oui. Est-ce qu'à ce moment-là, tu aurais aimé avoir un accompagnement ? Est-ce que tu l'as conscientisé ? Oui,

  • Speaker #0

    ça m'a beaucoup manqué. Comme j'étais fille unique, forcément, je n'avais personne à qui me livrer, à qui raconter ce que je vivais, ce que je ressentais. Je n'ai pas voulu voir de psy. J'en avais vu un. Pendant la maladie de mon père, mais ça ne s'était pas très bien passé. Et je n'ai pas voulu en revoir un autre. En fait, parce que mes parents m'avaient toujours dit, on ne parle pas aux inconnus. Et du coup, ça m'a semblé très bizarre d'aller voir quelqu'un que je ne connaissais pas du tout dans une salle blanche et de devoir raconter ma vie à un inconnu total. Qui en plus ne me comprenait pas, ne comprenait pas ce que j'avais vécu. Pour moi, c'était un peu un non-sens. Et puis après le décès de mon père, je ne voulais absolument pas retourner voir un psy. Donc, en fait, j'ai un peu fait psy pour moi perso, mais j'ai eu la chance d'avoir un papa qui m'a quand même beaucoup expliqué ce qui allait se passer, ce qui était la mort, qu'il n'allait plus être là physiquement, etc. Mais quand tu es un enfant qui est un peu... où on ne t'explique pas vraiment ce qui se passe, après, pour comprendre quand tu es plus grand, enfin, pour accepter le décès, de faire ton deuil, etc., c'est difficile quand même. Dans tous les cas, oui, ça m'a vraiment manqué. C'est pour ça que j'ai créé l'assaut, d'ailleurs.

  • Speaker #1

    Et du coup, cet assaut, comment tu l'as imaginé ? Qu'est-ce qu'elle apporte aux enfants ? Quel est le type d'accompagnement que vous proposez ?

  • Speaker #0

    En fait, quand je l'ai créé, tout n'était pas très clair dans ma tête. D'ailleurs, à chaque fois que je crée un truc, tout n'est pas très clair dans ma tête. Et je trouve que c'est bien comme ça, d'ailleurs, parce que... Parce que si on est trop clair dans sa tête, on ne se rend pas compte qu'on peut faire mieux que ce qu'on a imaginé. Tu adores ce que tu dis. Je pense qu'il vaut mieux se lancer, mettre le projet en place, et ensuite le faire évoluer selon les rencontres, selon les échanges, selon les besoins aussi. Parce qu'en fait, ce que... Finalement, le plus important, c'est de répondre aux besoins des enfants. Donc, qui de mieux que eux pour répondre ? à leurs besoins et aux familles. Donc, en fait, on a beaucoup évolué depuis la création en mars 2022. Il y a beaucoup de choses qui ont changé, qui changent encore. Moi, je suis très pour le changement. Donc, je dis tout le temps aux filles, parce qu'il y a beaucoup de filles dans l'équipe, on se fixe là-dessus pour deux, trois mois. Mais dans deux, trois mois, ça se trouve, on changera tout. Il faut l'accepter. En fait, comme on est dans une croissance exponentielle, forcément, ce qui était vrai hier ne sera pas forcément vrai demain. Parce qu'en fait, il peut arriver tout et n'importe quoi qui fera que... En fait, non. Ou même juste se dire que ce n'était pas la bonne option. Quand tu es sur un projet, finalement un peu entrepreneurial, tu te lances, tu testes, tu regardes si ça marche. Si ça ne marche pas, tu changes. C'est un peu comme ça que j'ai tout créé, que ce soit et dans le projet de cette sommée et pour l'assaut. Et en fait, ça s'est fait effectivement avec les rencontres des premières familles, les échanges avec eux, les besoins qu'eux avaient. Et puis aussi les rencontres à côté. J'ai rencontré des sponsors, j'ai rencontré le vice-président de la Fédération française de tennis qui nous a donné des places tous les jours pour Roland-Garros. Donc évidemment, ça a été le premier événement qu'on a organisé, c'était à Roland-Garros, on a même pu aller à la finale. Donc en fait, tout s'est fait aussi en fonction des rencontres, des échanges. Aujourd'hui, évidemment, on a des budgets pour pouvoir aussi payer plein de choses, payer plein d'événements, des week-ends, etc. Mais on est aussi très soutenus par des personnalités, par des ambassadeurs, des sportifs aussi, qui vont nous inviter sur des événements, permettre de réaliser des rêves d'enfants. Donc... Le plus... Enfin, on a... Je ne sais plus exactement combien de pôles, mais on a un pôle en Alsace qui est divisé en trois, dans trois villes. Donc Strasbourg, Colmar, Mulhouse. On a un pôle à Lyon, un pôle à Poitiers, un pôle à Paris, un pôle à Lille. Et on se développe aussi dans le sud de la France. Et en fait, dans chaque pôle, il y a des événements qui sont organisés au niveau local. Et ensuite, on a des gros événements au national, donc des week-ends où tout est pris en charge par l'association. Et on va inviter des familles qui ne sont pas dans des pôles, puisqu'en fait, comme on utilise... le vecteur des réseaux sociaux pour se faire connaître notre association, forcément quand tu vas faire 2, 3, 4 millions de vues sur une vidéo et que tu as 10 familles qui vont te contacter, elles ne vont pas forcément être dans une ville où tu as un pôle et comme ce qui a été très important pour moi c'est de répondre à toutes les demandes et bien on a créé ces week-ends et je pense que c'est ce qui va être développé le plus là dans les années à venir donc l'idée c'est de proposer

  • Speaker #1

    des Des moments hors du temps un peu extraordinaires pour ces enfants-là, pour qu'ils puissent sortir de l'hôpital ou en tout cas de ces moments qui sont difficiles liés à la maladie d'un parent.

  • Speaker #0

    Oui, exactement. En fait, l'objectif, c'est... Après, du coup, c'est toute la famille. Donc, c'est l'enfant qui est au cœur des projets et qui est vraiment central pour nous. Mais c'est aussi pour les familles, pour les parents. Tout le monde est convié aux événements. Donc ça va être des événements pour, en général, entre 30 et 40 personnes. Il va y avoir une quinzaine d'enfants. Et l'objectif, c'est qu'eux puissent échanger entre eux, s'amuser, jouer, mais tout en sachant qu'ils sont avec des enfants qui ont vécu la même chose. Et évidemment, ça provoque des discussions, ça provoque des échanges par rapport à tout ça, de se rendre compte qu'ils ne sont pas seuls. Pour beaucoup, de s'ouvrir aussi et de s'ouvrir de manière... assez extraordinaire et où ils vont pas le faire avec d'autres, ni avec leurs amis à l'école, ni avec les parents eux-mêmes. Et on nous le dit, donc c'est ça qui est le plus beau à la fin du week-end, quand tu vois tous les liens qui se sont créés entre les enfants, entre les parents aussi. C'est beau, quoi.

  • Speaker #1

    Oui, parce que j'imagine que pour les enfants qui... Dans les réactions typiques, j'imagine les enfants qui déjà parlent peu, parce qu'ils comprennent qu'il se passe beaucoup de choses autour d'eux, et donc ils... Ils ne veulent pas forcément créer plus de problèmes, plus de soucis. Ils ne veulent pas non plus être vus comme différents par rapport à leurs copains de classe. Donc, c'est vrai que ça crée un isolement que là, tu arrives à casser, que vous arrivez à casser en créant ces connexions entre les familles.

  • Speaker #0

    Oui, c'est exactement ça, en fait, puisque quand tu es enfant, finalement, tu vois bien que tes parents sont déjà dans une très grande souffrance, que ce soit la personne malade ou les dents. et du coup tu te dis je vais pas rajouter de la peine à la peine et donc tu gardes beaucoup de choses pour toi et puis après c'est dur de s'exprimer face à des gens qui comprennent pas vraiment ce que toi tu vis en tant qu'enfant donc c'est un peu ça moi ce qui m'avait manqué de pouvoir parler librement et puis maintenant c'est rigolo mais mes deux meilleures copines elles ont aussi perdu leur papa d'un cancer donc comme quoi il y a vraiment des liens très spéciaux qui se tissent Et de manière générale, quand je discute avec des gens qui ont aussi perdu un parent, ce n'est pas pareil parce qu'il y a une connexion qui est différente. Donc on a aussi beaucoup de bénévoles qui ont vécu les mêmes situations.

  • Speaker #1

    Formidable. Et donc, c'est une association, on va en reparler. Alors avant de rentrer justement dans l'aspect entrepreneur et le travail que ça te demande, quelques mots sur ton expérience de l'Everest quand même. Parce que tu as réussi, tu es la plus jeune française à avoir gravi l'Everest. Tu le referais demain ?

  • Speaker #0

    Non, pas demain. Ni après-demain d'ailleurs. mais ça m'a quand même donné envie de faire d'autres 8000 mais pas au début quand je suis redescendue de l'Everest j'étais en mode je ne ferai plus jamais de 8000 de ma vie c'est terminé on était vraiment mort et en fait j'avoue que 48h plus tard donc on avait fait un stop à l'hôpital parce qu'on avait eu un peu des gelures, on a vraiment eu une mauvaise météo pour le sommet et du coup 48h plus tard, sortie de l'hôpital ça commençait déjà à trotter dans ma tête en me disant Bon, peut-être un autre 8000 un jour. Voilà. Pas tout de suite, parce que là, j'ai beaucoup, beaucoup de projets. Sur les deux, trois prochaines années, le planning est bien chargé. Mais c'est pas impossible que je refasse les 8000, ouais.

  • Speaker #1

    Parce qu'on parle quand même, c'est quoi, 42 jours sur...

  • Speaker #0

    42 jours.

  • Speaker #1

    42 jours d'expédition.

  • Speaker #0

    Ouais.

  • Speaker #1

    Parce qu'il faut s'arrêter progressivement. Il y a les checkpoints.

  • Speaker #0

    Oui, tout à fait. Déjà 10 jours de trek pour aller arriver jusqu'au camp de base. Puis ensuite, une grosse partie acclimatation. On va faire des sommets aux alentours pour continuer à s'acclimater et préparer son corps à l'altitude. Ensuite, on reste à nouveau au camp de base quelques jours. On va faire une rotation d'acclimatation jusqu'au camp 3 de l'Everest, donc à 7000. Ensuite, on redescend à nouveau et puis on attend la fenêtre météo pour tenter l'ascension. Et là, on part pour 5 jours non-stop. On enchaîne camp 1, camp 2, camp 3, camp 4. Et sommet. Et redescendre.

  • Speaker #1

    Ça me paraît fou de dire que tu montes jusqu'au camp 3 et que tu redescends pour ensuite remonter. Tout le monde fait comme ça ?

  • Speaker #0

    C'est obligatoire.

  • Speaker #1

    C'est obligatoire.

  • Speaker #0

    Ouais, ouais. Sur tous les sommets que j'ai faits aussi, en Argentine, en Alaska, c'est toujours... En fait, sinon, ton corps, il supporte pas. c'est très mauvais pour le cerveau en fait donc il faut vraiment que tu montes que tu restes un peu en altitude puis que tu redescendes, puis que tu remontes puis que tu redescendes et le mieux c'est de pouvoir monter le plus haut possible et ensuite de redescendre assez longtemps, une semaine voire même il y en a certains qui font deux rotations j'ai une amie d'Amérique du Sud qui a fait l'Everest aussi la même année que moi et Merci. eux ils ont fait deux rotations d'acclimatation nous on en a fait qu'une c'est à dire qu'elle a fait deux fois camp 3 redescendu camp base, remonté donc elle est arrivée trois fois au camp 3 six fois elle a passé l'icefall donc ouais c'est ah j'étais contente qu'on l'ait fait qu'une seule fois parce qu'elle est bien dure quand même aller jusqu'au camp 3 ça représente combien de de

  • Speaker #1

    dénivelé ?

  • Speaker #0

    bah on part de le camp de base est à 5000 et le camp 3 est à 7100 donc 2100 après 2100 ça paraît beaucoup et pas beaucoup mais plus on monte en altitude plus chaque centaine de mètres gravient en plus et hyper prenant enfin si on part de zéro aujourd'hui et qu'on monte à 2000 mètres tout va bien c'est facile on peut le faire en une journée c'est facile on peut le faire en une journée ouais quand même Avec un peu d'entraînement. Avec un peu d'entraînement. Et du coup, mais par contre, monter de 0 à 2000, ça va. Monter de 2000 à 4000, ça va encore. Monter de 4000 à 6000, là, ça commence à être autre chose. Et alors, monter de 6000 à 8000, c'est vraiment autre chose. Et en fait, plus tu montes haut, plus tu dois t'acclimater longtemps. Par exemple, le Denali, on l'a fait en 14 jours parce que c'était 6200 mètres. Mais l'Everest, on l'a fait en 42 parce que c'était 8 000. Et en fait, ton corps prend plus de temps à s'acclimater selon les...

  • Speaker #1

    Est-ce qu'il y a un moment où tu t'es dit, c'est trop dur, je peux pas ?

  • Speaker #0

    Je me suis un peu dit, après, tu te le dis sans te le dire, quoi. Enfin, tu te dis pas, je peux pas. Tu te dis, c'est trop dur, mais tu te dis pas, je peux pas.

  • Speaker #1

    La détermination est là. De toute façon.

  • Speaker #0

    Ah ben, moi, j'ai toujours été très déterminée dans tous les projets que j'ai menés depuis que je suis toute petite. Donc, du coup... En fait, je connais mes limites et plus je fais de la montagne et de l'alpinisme, plus j'apprends à connaître mes limites aussi. Donc, je sais quand mon corps est trop... Enfin, qu'on est sur la... Sur la corde et qu'on passe dans la zone rouge, il ne faut jamais trop la dépasser. Celle-là, je commence assez bien à la connaître maintenant parce que c'est ça qui est intéressant en montagne, c'est qu'on apprend vraiment à connaître son corps et à connaître ses limites. Du coup, je suis très à l'écoute de ça. Il y a des moments, j'arrivais doucement vers la zone rouge, mais je ne l'ai jamais trop dépassée.

  • Speaker #1

    Alors, en montagne, la zone rouge, tu la connais bien. Et dans ta vie professionnelle sur la terre plate, est-ce que tu la connais bien, ta zone rouge ?

  • Speaker #0

    Non, celle-là, je la connais un peu moins.

  • Speaker #1

    Je pense que j'y approche, là, de son poids. Parce que là, quand même, tu enchaînes. Ouais. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup, beaucoup.

  • Speaker #0

    Ouais, beaucoup trop, même.

  • Speaker #1

    C'est évidemment l'Everest. Et il y a eu toutes les préparations avant, toutes les ascensions avant. Merci. Hyper impressionnant, très inspirant. Et en même temps, c'est une petite partie de tout ce que tu as à gérer aujourd'hui. Là, tu sors un livre, tu gères une association. C'est quoi en fait ta vie aujourd'hui ? Ça ressemble à quoi ?

  • Speaker #0

    Ça ressemble à un cafouille. Non, mais tout est en fait comme il y a tellement de sollicitations tous les jours. à la fois entre l'assaut pour récolter des fonds, ou choix marraine d'événements, de courses, de projets, de nouveaux mécènes, de nouvelles familles dans l'association, d'événements pour les enfants, de réalisations de rêves, des choses comme ça. Donc ça, c'est sur la partie assaut. Mais après, il y a, moi, les demandes de conférences, d'événements, de médias, de podcasts, de sponsors aussi, de collaborations commerciales. de présence sur des événements avec des marques. Donc, ça fait beaucoup en même temps. Puis, j'ai mon travail à côté aussi encore.

  • Speaker #1

    Oui, parce que toutes les deux premières choses, ce n'est pas le travail.

  • Speaker #0

    Non, ce n'est pas le travail. Non, ce n'est pas mon travail, même si ça commence à le devenir à moitié. Pour l'assaut, je suis 100% bénévole et j'aimerais le rester le plus longtemps possible, voire toujours. parce que j'ai pas du tout créé l'association en ayant comme objectif de me salarier dans l'association moi je l'ai fait parce que ça me semblait important de le faire après évidemment s'il y a un moment ça devient plus du tout gérable et qu'il faut que je sois à 100% sur l'assaut, la question se posera à ce moment là pour le moment grâce à l'ascension de l'Everest, les dons qui ont été faits on a pu déjà embaucher une personne en septembre qui est venue en renfort et ça c'est déjà top Euh... Et du coup, mon travail, mon vrai travail depuis trois ans, bientôt quatre, enfin trois ans et demi, c'est commercial pour un tournoi de tennis. Et là, maintenant, effectivement, du coup, je deviens aussi conférencière et créatrice de contenu. Et puis, quelques autres, enfin, autrice. Et voilà. Mais conférencière, je pense qu'on peut dire que c'est le gros de mon métier en ce moment, c'est ça. Après, combien de temps va durer ce métier ? Je n'en ai aucune idée. Je ne sais pas si c'est pour six mois, mais en tout cas, c'est sûr, depuis le retour de l'Everest, c'est intense, mais c'est chouette parce que j'adore faire ça. J'adore partager avec des gens mon expérience, qui sont hyper attentifs, qui posent beaucoup de questions intéressantes. En fait, moi, ça me nourrit aussi. Ce n'est pas du tout quelque chose qui est fatigant ou qui me demande de l'énergie. Au contraire, ça m'en donne. C'est un travail, évidemment, parce qu'on ne va pas dire non plus que ce n'est pas un travail. Je pense que ça demande quand même de l'énergie, du travail, de l'organisation. La préparation. La préparation, c'est sûr. Après, c'est un travail qui m'apporte aussi. Donc, c'est vraiment chouette. J'espère que ça durera le plus longtemps possible. Mais on verra. Pour le moment, comme tout est tellement flou, enfin, incertain, j'avance au jour le jour. Et puis, on verra demain. La seule chose qui est certaine, c'est que je vais bientôt finir le projet des sept sommets. J'espère le finir là quand même dans les deux années à venir et faire grossir l'assaut. Là-dessus, je n'ai pas trop de doutes. Il y a quand même des petites lignes directrices qui sont là. Puis après, je me laisse un peu porter pour le reste.

  • Speaker #1

    Et puis, tu disais, tu n'as pas envie d'avoir le plan complètement défini aujourd'hui. Tu restes ouverte aux rencontres, aux opportunités.

  • Speaker #0

    Oui. exactement et puis je pense que c'est super important aussi de rester toujours ouverte comme tu dis et et réfléchir, échanger, parce qu'en fait, c'est vraiment avec les autres que tu évolues, que tu as des nouvelles idées qui te viennent, des nouveaux projets, une nouvelle manière de fonctionner aussi. Parce que, oui, je ne dis pas aujourd'hui, ça fonctionne bien, on fait bien les choses, mais il y a toujours des choses à améliorer, à changer selon les compétences de chacun. Donc moi, je suis plutôt toujours très ouverte sur tout ça. Je pense qu'il n'y a pas de solution parfaite. Je pense qu'on peut toujours s'améliorer et que c'est avec les autres qu'on s'améliore. C'est aussi pour ça que l'équipe l'est faite pour qu'il y ait un peu tout type de profil et que chacune puisse aussi apporter sa vision par rapport à sa manière de fonctionner. Et ça, je trouve ça hyper intéressant. Parce que si c'était que ma version... Ce serait pas évident. J'ai vraiment pas la prétention de dire que j'ai toujours les bonnes idées, les bonnes réponses, la bonne solution. Au contraire, j'aime bien qu'on me donne aussi son point de vue. Après, on essaye de travailler le point de vue de toutes pour arriver à la meilleure solution possible. Je pense que c'est vraiment important d'écouter les autres. Après, je suis un peu dans une phase où... C'est pas évident de... Là, en ce moment, je suis vraiment dans une phase où j'arrive pas à faire plus que ce qui me tombe dessus. J'ai un peu du mal à être dans la phase de réflexion. Je suis plus dans la phase où... Oups ! J'ai oublié de répondre à ça. Oups ! Faut que je m'occupe de ça. C'est plus les relances, là, qui sont... Voilà. Mais je pense que d'ici janvier, ça devrait un peu se calmer. Je vais essayer de prendre aussi un peu de temps en décembre pour poser...

  • Speaker #1

    poser les sujets. Comment tu vis la pression, justement ? Parce que là, il y a une pression médiatique, mais il y a une pression aussi des familles qui te sollicitent pour rejoindre l'assaut. Et puis, il y a l'assaut aussi, tu es la directrice, donc tu as un rôle de leader par rapport au reste de l'équipe. Comment tu gères cette pression-là ?

  • Speaker #0

    Elle n'est pas évidente, honnêtement. Et je la ressens de plus en plus, même Euh... depuis le retour de l'Everest, je sens qu'il y a vraiment une énorme marche qui a été franchie, un gap. Et du coup, je sens que ce que je dis est plus écouté, vu et jugé aussi un peu. Et c'est difficile d'être jugé, d'avoir des critiques. Après, honnêtement, je n'ai pas trop de critiques non plus. Franchement, je touche du bois qui t'en sort bien. mais sur les réseaux les gens sont vraiment extrêmement bienveillants et par rapport à beaucoup d'autres créateurs de contenu que je côtoie au quotidien ils me disent que parfois c'est un peu dur d'avoir beaucoup de messages négatifs moi j'en ai vraiment pas beaucoup et t'en as quand même franchement non j'en ai pas en vrai j'en ai vraiment de gens qui Merci. le temps de m'écrire, j'en ai pas c'est une bonne fleur, ne commencez pas après dans les commentaires, évidemment encore une fois, tu vois quand tu fais quand tu vas faire 5 ou 6 millions de vues sur une vidéo 5 millions de personnes non, il n'y a pas 5 millions de personnes qui vont être derrière toi, qui vont dire que c'est formidable ce que tu fais, et bravo et c'est totalement normal, et j'accepte totalement les critiques, pour ça même, honnêtement euh... Je m'en fiche un peu et puis j'assume le fait que si je parle de mon histoire et que je me dévoile entre guillemets sur les réseaux et que je suis visible sur les réseaux, t'acceptes aussi le fait que tout le monde soit pas avec toi. Et puis, au bout d'un moment, il faut passer un peu au-dessus. Toujours évident, mais il faut essayer.

  • Speaker #1

    Si je reviens sur le début de ta carrière, donc tu as fait une école de commerce, tu avais démarré dans le secteur du luxe et là, tu as pris une direction qui n'a rien à voir. À quel moment ça a glissé et à quel moment tu as accepté de renoncer à ton projet pour mener d'autres projets ? Est-ce qu'il y a eu un moment où tu as vraiment consciemment dit en fait, l'avenir que je m'étais imaginé pendant X années, je le laisse de côté et je vais mener autre chose ou ça s'est fait juste naturellement ?

  • Speaker #0

    Ouais, je vois ce que tu veux dire. Bah en fait, quand... Enfin, initialement, je me suis dit que j'allais pouvoir un peu faire les deux en même temps. Quand même rester à Paris et rester dans le groupe LVMH. Mais parce qu'il n'y avait pas encore vraiment l'idée de l'association. Je n'avais pas imaginé que ça puisse se développer comme ça, qu'il puisse y avoir autant de choses autour de ça, autant de messages, de sollicitations, autant de familles accompagnées. Et en fait, au fur et à mesure, plus le temps passait, plus on se lançait dans d'autres projets. Parce qu'il y avait aussi Hugo à ce moment-là qui avait rejoint l'équipe, qui est mon caméraman et qui réalise les documentaires de chaque ascension. Donc, ils m'accompagnent sur les sept sommets. Mais de manière générale, on est sur plein de projets en commun ensemble. Donc, on se voit souvent. Et en fait, à un moment, on s'est rendu compte qu'on était arrivé au plus possible de continuer comme ça. Parce qu'épuisement absolu. Là, pour le coup, j'étais encore à Bordeaux en école de commerce. Donc, forcément, c'était des allers-retours entre Paris, Bordeaux, venir à Strasbourg pour aller m'entraîner, aller dans les Alpes pour aller m'entraîner, etc. Ça devenait complètement ingérable. Et puis surtout, au travail, quand tu es dans un grand groupe, tu n'as pas la flexibilité d'une petite équipe où on peut te dire, tu ne peux pas venir demain. Ce n'est pas grave, t'inquiète. C'est plutôt, comment ça, il est 18h, tu pars en ton après-midi ? Donc forcément, quand tu finis tard le soir, que tu arrives chez toi à 21h, 21h30, que tu es déjà lessivé de ta journée qui a été bien chargée, Mais que tu sais que t'as encore plein d'autres choses à faire. Plus continuer à t'entraîner, puisque tu fais quand même un challenge sportif. Au bout d'un moment... Ça passe pas. Non, mais il faut se rendre à l'évidence. Moi, je suis pas quelqu'un qui ait besoin de faire tout 100% parfait. Pour moi, c'est OK d'être à 90, 95. Parce qu'au bout d'un moment... Sinon, tu te mets la rate au courbouillon toute la journée, tu te stresses pour absolument tout. Soit tu acceptes de faire moins et de tout faire parfait, soit si tu acceptes de faire beaucoup de choses et d'être sur beaucoup de projets en même temps, au bout d'un an, les journées font 24 heures. Donc soit tu te dis, tu assumes le fait que tu feras de ton mieux, mais ce sera de ton mieux, mais tu n'as pas non plus envie de mettre ta santé en danger. à dormir quatre heures par nuit et à trop te stresser sur les projets. Soit tu acceptes moins, mais sauf que c'est aussi frustrant, parce que si tu acceptes moins, du coup, les gens ne comprennent pas pourquoi tu dis non. Donc, ouais, il y a plein de choses. Mais en tout cas, effectivement, c'est sûr que j'étais arrivée... Enfin, mon travail n'était plus du tout compatible avec la vie que j'étais en train de me créer à côté. Et c'était trop l'incompréhension au niveau de mes collègues et tout. même si elle me soutenait et qu'elle me soutienne encore aujourd'hui et qu'elle m'écrive régulièrement et je m'entends encore très bien avec elle. Je ne suis pas partie dans de mauvaises conditions, loin de là. Mais effectivement...

  • Speaker #1

    Il y avait un décalage.

  • Speaker #0

    Il y a un décalage qui est énorme. Parce qu'en fait, quand tu bosses dans des boîtes comme ça, tout le monde est à fond dans son travail. Son travail, c'est sa priorité. Tu mets toute ton énergie dans ton travail. Sauf qu'en fait, moi, toute mon énergie, je la mettais dans absolument autre chose. Et je mettais un peu d'énergie dans mon travail. Mais moins. Mais moins et pas assez. par rapport à ce qui était demandé. Donc oui, je remplissais mes objectifs, je faisais ce qu'on me demandait, mais je sais que quelqu'un d'autre aurait pu faire 100 000 fois plus parce qu'il allait plus loin dans la démarche, parce qu'il allait chercher le petit truc en plus et que moi, en fait, je n'avais plus vraiment l'envie d'aller chercher cette perfection qui est demandée aussi dans l'univers du luxe. Donc voilà. Et puis en fait, de toute façon... Je voulais rentrer en Alsace aussi, parce que Paris, c'était pas du tout fait pour moi. J'ai pas trop... Enfin, ça va, j'ai pas non plus pas aimé, mais maintenant, je suis très contente. Je viens à Paris presque toutes les semaines. Je peux pas non plus dire que j'aime pas Paris, parce que je suis tout le temps là. D'ailleurs, la semaine prochaine, je suis quasiment là toute la semaine. Et la semaine... Il y a 15 jours, j'étais là toute la semaine. Mais je suis contente de me dire que mon pied-à-terre, il est pas dans Paris.

  • Speaker #1

    Pendant le crash, il est à Strasbourg.

  • Speaker #0

    Mon ancrage est à Strasbourg, en Alsace. J'ai mes champs, tout est bien. C'est parfait. Ouais, c'est clair. J'ai la montagne pas loin, je vais pouvoir aller courir 30 kilomètres samedi dans les Vosges. Enfin voilà, c'est vraiment important pour moi d'avoir un peu un rythme, pouvoir casser le quotidien. Et du coup, soit c'est 1h50 de train. Et en fait, de toute façon, après, on m'a proposé un travail à Strasbourg.

  • Speaker #1

    Avec de la flexibilité et le soutien de tes autres activités.

  • Speaker #0

    Oui, c'est clair. Ouais, ouais. Tout s'est plutôt bien cadré. Donc, j'étais à 80% jusque-là. En janvier, je suis passée en 3-5e. Et là, maintenant, je suis carrément en freelance pour eux. Je continue à travailler avec les équipes comme avant, mais juste là, je suis vraiment sur une flexibilité full. Maximum, ouais.

  • Speaker #1

    Nécessaire. Elle est nécessaire.

  • Speaker #0

    Ouais, ouais, non, c'est bon.

  • Speaker #1

    Quand tu parlais, tu évoquais la difficulté de devoir dire non. Parce que tu es très sollicité en ce moment.

  • Speaker #0

    Terriblement. Ça fait trop mal au cœur.

  • Speaker #1

    Ouais. T'as peur de laisser par les gens ?

  • Speaker #0

    C'est le pire truc. Enfin, franchement, pour moi, je pense que si tout... Enfin, de... tout ce qui m'arrive depuis, enfin là on va parler depuis l'Everest, parce que c'est quand même vraiment depuis l'Everest qu'il y a eu le gros... Déjà avant c'était très intense et il y avait beaucoup de sollicitations, mais là c'est vraiment un gap totalement autre. Et je pense que ce que je regrette le plus et ce qui est le plus difficile pour moi, c'est de plus pouvoir répondre à tout, de même plus pouvoir répondre à tous les messages que je reçois. Pour moi c'est tellement frustrant, mais en fait je sais que je... Enfin, je fais de mon mieux, mais je peux pas faire plus quoi. Enfin, genre, vraiment, c'est humainement pas possible. Ou alors, il faudrait que j'embauche encore une autre personne qui gère tout ça, qui va gérer tous mes réseaux sociaux. Mais aujourd'hui, mes réseaux, je les gère toutes seules. Donc forcément, je ne sais même pas combien de demandes de messages j'ai sur Insta. Mais j'ai essayé hier, je pense, j'ai répondu à 60 ou 70 personnes, mais il doit y en avoir encore 200. Et en fait, là, rien que 60, 70, ça prend une heure, une heure et demie. qu'entre temps les gens ils t'ont re-répondu parce qu'ils étaient contents d'avoir une réponse et ça qu'entre temps t'as eu d'autres demandes pour d'autres événements, pour d'autres trucs et tu te dis mais my god je vais pas pouvoir là, c'est pas possible en fait et du coup ça fait que ça tourne dans ta tête et tu te dis mais c'est terrible et oui tu te trouves un peu incorrect et c'est et je suis pas du tout comme ça et du coup c'est hyper C'est hyper désagréable comme sensation, en fait. C'est vraiment super... Enfin, quand c'est pas ta personnalité, et quand, justement... Enfin, tu vois, moi, quand je me suis lancée il y a 4 ans, j'ai aussi envoyé des messages à des personnes, justement, qui étaient passées par le même chemin que moi, et qui m'ont pas forcément répondu, ou pas forcément aidé. Et du coup, je me dis que j'ai pas du tout envie d'être comme ça, mais en même temps, toutes les personnes qui veulent faire le Mont-Blanc... Tous les jours, on me demande, oui, c'est quoi ta préparation ? C'est quoi ton matériel ? Est-ce que tu as le contact d'un guide ? Est-ce qu'on peut s'appeler pour que tu... etc. Tous les jours, tous les jours, tous les jours, tous les jours. Donc, en fait, moi, je ne peux pas appeler tous les jours quelqu'un pour lui dire, alors, pour le Mont-Blanc, il faut que tu fasses les réservations à partir de janvier. Ensuite, pour toutes les personnes qui veulent être bénévoles de l'assaut. Mais si j'en ai dizaines et des dizaines... Et ça,

  • Speaker #1

    en même temps, c'est génial parce que tu...

  • Speaker #0

    Mais t'es là où c'est frustrant. Ouais. justement c'est là où c'est hyper frustrant parce qu'en fait moi j'ai envie d'aider tout le monde mais je peux pas aider tout le monde je peux pas accompagner tout le monde le nombre de personnes qui me demandent de faire des communications sur les réseaux pour telle association, pour tel projet parce qu'ils vont aller faire un raid un truc, un machin et qu'ils ont besoin de visibilité t'imagines si je partage tout le monde ça devient la foire complète quoi je peux même pas partager tout ce qui se passe au sein de l'association dans tous les pôles qu'on a Et en fait, c'est terrible parce que sur les réseaux, les gens, ils ont besoin d'avoir une structure. Si tu partages trop de trucs différents, ils sont perdus. S'ils sont perdus, ils ne te suivent plus, ils se désabonnent. Ils ne sont plus engagés, ils ne sont plus du tout engagés dans ta communauté.

  • Speaker #1

    Tu as de l'enjeu en plus.

  • Speaker #0

    Il y a un gros enjeu. Il y a un gros enjeu. Donc, tu ne peux pas constamment publier d'autres choses, d'autres projets qui n'ont rien à voir avec ce que tu fais, rien à voir avec les causes que tu défends. Je défends déjà, malheureusement, heureusement, je ne sais pas comment le dire. Mais une très grosse cause. Et je ne peux pas être sur toutes les causes. Je ne peux pas être sur les enfants malades, sur les femmes atteintes de cancer du sein, sur la myopathie, sur la mucoviscidose, sur les... Qu'est-ce qu'on m'a encore proposé ? Des trucs pour les arrêts cardiaques et tout ça. En fait, tous les sujets m'intéressent et j'aimerais pouvoir être partout, mais sauf que aujourd'hui, je ne peux plus. Et c'est frustrant. C'est très, très, très, très, très frustrant.

  • Speaker #1

    ce que j'entends c'est que c'est frustrant parce que il y a ce conflit de valeurs t'as envie de le faire j'ai trop envie de le faire et tu peux pas non seulement tu peux pas physiquement parce que dans ta journée il n'y a que 24h et déjà il n'y a pas beaucoup de temps libre mais en plus parce que t'as des vrais enjeux pour ton grand objectif qui est ton assaut et la cause que vous défendez exactement et ce que je ressens aussi dans ce que tu dis c'est La frustration de ne pas pouvoir être en train de kiffer le fait d'avoir réussi d'être là où tu es aujourd'hui.

  • Speaker #0

    C'est ça, c'est exactement ça. En fait, c'est vraiment ça, c'est que du coup... c'est tellement le tourbillon et tout le temps, toute la journée je me dis profite, profite, profite essaye de profiter,

  • Speaker #1

    essaye de profiter et en fait mais profite c'est comme quand t'as un nouveau né tu verras le jour t'as un bébé qui hurle et qui t'empêche de dormir et tout le monde te dit profite c'est les meilleures années de ta vie mais non j'ai envie de mourir là tout de suite en fait c'est exactement ça et

  • Speaker #0

    après j'essaye de me enfin de rester toujours dans un mindset hyper positif. Quand je suis là, j'essaye de vraiment être là au maximum et d'être vraiment profité du moment et être dans le moment. Mais sauf que parfois, quand il y a plein d'urgences qui s'enchaînent, là ce matin par exemple, il y avait plein de trucs où je ne pouvais pas ne pas répondre parce que c'était vraiment urgent et c'était des sujets qu'il fallait gérer tout de suite. Mais forcément, quand t'es dans un truc un peu de stress comme ça, après, c'est difficile de se remettre, de changer le mood et de se dire « Ok, vas-y, laisse tomber. On s'en fout. Profite du moment et tout. » Parce qu'en fait, finalement, ça, tu l'as en background et ça tombe dans ta tête. Et tu te dis « Putain, pardon, faut pas dire de gros mots. » Tu te dis « Oh my god, t'as pas géré ça. » là t'étais censée avoir une vidéo à 14h mais tu leur as pas dit que t'étais pas dispo pour la vidéo enfin et voilà et et du coup bah en fait t'as tellement de choses en background qui se mélangent complètement et qui sont par-ci par-là par-truc et puis quand tu prends ton téléphone alors j'ai plus aucune notification parce que alors si j'avais une notification mais je pense que je pleure je pourrais pas survivre mais quand je vous WhatsApp Merci. C'est l'angoisse, quoi. C'est vraiment angoissant. C'est pour ça que j'adore partir en expédition parce que... Personne ne peut te contacter. Personne. Enfin, voilà. Genre, c'est... Débrouillez-vous, les amis. Je ne suis plus disponible. Et pendant 15 jours, ça s'arrête. Mais le téléphone, c'est hyper dur. Mais même être créatrice de contenu, c'est hyper difficile parce que c'est du non-stop, quoi. C'est du non-stop. Il faut faire la création de contenu. Il faut poster des stories. Quand je fais des collabs, c'est beaucoup de gestion avec la marque. Des allers-retours. Non, mais on ne veut pas ça. On veut ça. On veut ci et machin. Et les stats, c'est con.

  • Speaker #1

    Et en même temps, c'est là où c'est un peu le cercle vicieux et vertueux. C'est que tu as besoin d'être créatrice de contenu pour pouvoir promouvoir ton projet, pour pouvoir être visible, pour pouvoir être sollicité, pour pouvoir être crédible.

  • Speaker #0

    Exactement. Et du coup, en fait, là, je pense qu'on est un peu sur... Enfin, dans la vie, il y a plein de paliers. Et je pense que là, en ce moment, c'est un peu un palier où il faut que je passe en step au-dessus. mais qui n'est pas facile à passer et où il faut qu'on change un peu plus l'organisation. Mais en fait, comme c'est très dans tous les sens, comme il y a beaucoup de choses et qu'on est tout le temps dans l'urgence, on n'a pas forcément le temps de se poser un petit... C'est ça, le truc.

  • Speaker #1

    Faire l'hélicoptère, ça demande un moment de tout bloquer le reste.

  • Speaker #0

    Et c'est ça, c'est de dire, OK, bon, écoutez, là, pendant une semaine, je ne réponds à personne. je ne fais rien d'autre que de me... prendre du temps pour cadrer les choses. Et je sais qu'il faut absolument que je le fasse. Je sais que c'est une urgence absolue. Tout le monde me le dit. Il faut vraiment que je trouve le temps, mais c'est aussi que ce n'est pas ma personnalité. Et du coup, quand c'est...

  • Speaker #1

    C'est quoi qui n'est pas ta personnalité ? De cadrer ou de faire une pause ou de dire non ?

  • Speaker #0

    Les trois.

  • Speaker #1

    Les trois.

  • Speaker #0

    Oui, les trois. Moi, je suis très dans l'instant présent, dans « ah ouais, vas-y, on y va, on va faire... » Un tout petit peu moins maintenant. maintenant, quand même, et de manière générale, ma personnalité, c'est plus grosse fonceuse, spontanée à fond, ok, on y va, vas-y, on va faire ça, là, on va là, là, on va là. Je peux plus l'être autant qu'avant, parce que forcément, je regarde quand même mon planning avant de dire ok, en disant, alors attends, là, j'ai fait 5 conférences cette semaine-là, je vais pas pouvoir en quitter le sixième. Et quand il n'y a pas d'autres dates possibles, au bout d'un moment, t'es obligée de décliner. Mais ma personnalité première, c'est vraiment d'être à fond dans tout, de vivre à 100 000 %, j'adore être en déplacement en fait. Là, j'adore tout ce qui se passe, je trouve ça hyper nourrissant et enrichissant et chouette et beau et tout. Mais en fait, de toute façon, dans la vie, c'est toujours pareil. C'est difficile de trouver l'équilibre parfait où t'es juste tout bien. Non, mais c'est vrai. Mais après, je pense que c'est le propre de l'homme aussi. T'as un peu moins de projets, tu vas chercher à avoir plus de projets.

  • Speaker #1

    T'as plus de projets.

  • Speaker #0

    T'as plus de projets, tu te rends compte que, en fait, merde, t'as accepté trop de projets. Tu sais pas comment gérer. Tu sais pas comment tu vas gérer ton truc. Et en fait, à chaque fois, c'est un peu le jeu de j'accepte moins, mais mince, finalement, en janvier, je suis plutôt libre. Qu'est-ce que je vais pouvoir faire ? Là, tu vas contacter... T'en rajouter. Ah, excuse, machin. Donc en vrai, c'est un peu aussi juste le propre de notre société et même des réseaux sociaux. Ça pousse à accélérer tout le temps.

  • Speaker #1

    Et en même temps, il faut faire attention à la machine. Mais ce que j'entends, c'est que tu dis que tu as besoin de passer à une étape d'après. Oui, et en même temps, là, tu es à un moment. quand même où tu peux célébrer tout ce que tu as accompli parce que tu es en train de récolter, tu as beaucoup semé,

  • Speaker #0

    là tu récoltes. Oui, c'est ça. Mais en fait, le truc, c'est que le petit souci, c'est que toute la récolte,

  • Speaker #1

    elle arrive en même temps. Là, tu es sous l'eau, tu es sous la récolte. Et donc, tu es comme tous les entrepreneurs ou les chefs d'entreprise, il y a un moment où tu dois...

  • Speaker #0

    C'est ça, c'est que c'était la start-up et puis la start-up passe entreprise et maintenant, il faut être capable de passer le cap. Soit tu passes bien... et du coup, ça continue de grandir. Soit tu le passes un peu moins bien et du coup, finalement, tu stagnes.

  • Speaker #1

    Après,

  • Speaker #0

    c'est pareil pour moi, ma personnalité, mon image, etc. Enfin, il faut voir aussi les prochaines années, qu'est-ce que je vais faire pour continuer à avoir des défis, à continuer de parler de l'association, continuer à... Le réinventer. Oui, c'est ça. Tu vois ? Et c'est comme ça que quand t'es bien accompagnée, il y a plein de chanteurs ou de sportifs qui n'ont pas forcément été journalistes ou acteurs ou n'importe quoi, enfin dans n'importe quel domaine, qui étaient excellents et qui n'ont pas été bien accompagnés. Et leur carrière, elle s'arrête vite. Si tu ne prends pas les bonnes décisions au bon moment...

  • Speaker #1

    Donc, tu as cette conscience que même si tu es sous les projecteurs, là, il y a un vrai momentum pour toi. Et tu as quand même conscience que ce virage, il faut que tu arrives à bien l'appréhender pour ne pas te prendre le mur.

  • Speaker #0

    C'est ça, exactement. Pas me prendre le mur à tous les niveaux. Parce qu'en fait, tu sais que... Alors évidemment, il ne faut pas dramatiser la situation non plus. Je veux dire, l'association, elle va vivre encore les dix prochaines années, c'est absolument certain. Mon challenge est de s'assommer, je vais arriver au bout, c'est absolument certain. Après, il y a d'autres projets qui sont en discussion aujourd'hui. S'ils se font, ça va être absolument énorme. Et ça va être encore beaucoup plus fou que ce que c'est aujourd'hui. Mais peut-être qu'ils ne se feront pas non plus. Et que d'ici deux, trois ans, les choses vont se calmer, vont s'apaiser. Et peut-être que je vais devoir reprendre un travail en full time à côté. Je ne sais pas, en fait. Je ne sais pas trop. À un moment, c'est très, très angoissant. Et puis maintenant, j'essaye de prendre du recul en me disant, écoute, on verra. Déjà, fixe-toi la prochaine année. Fais ton mieux. Vraiment, juste fais ton mieux. C'est déjà le mieux que je puisse faire, en fait. Après, au bout d'un moment, je ne peux pas satisfaire tout le monde. Je ne peux pas me dédoubler non plus. Je suis obligée de dormir la nuit. Enfin, voilà, il y a des obligations physiques et physiologiques. tout le monde. Et puis, voilà, tu ne peux pas satisfaire 100%, quoi.

  • Speaker #1

    Et puis même, tu es très engagée avec l'assaut, avec cette cause, avec cette envie d'accompagner les enfants. Et moi, ce que j'ai envie de te dire, c'est... C'est la priorité. Non, mais surtout, il faut que toi, tu kiffes l'expérience. Tu vois, tu as le droit de faire en sorte que toi, tu vives bien ce moment. Parce que ton énergie, ce que tu offres aux enfants, Tu arrives à le faire parce que tu fais attention à toi.

  • Speaker #0

    Ouais, ouais. Après, quand je suis avec les enfants, j'ai toujours un nouveau souffle.

  • Speaker #1

    Ouais. Donc,

  • Speaker #0

    quand je suis avec eux, c'est très différent de mon quotidien où je vais être sur mon tel, sur les mails, sur les calls, les visios, les trucs et tout. Quand je suis avec eux, il n'y a plus rien dans ma vie sauf eux. Et du coup, ça me permet de déconnecter. Et c'est aussi un peu ma... Ma bulle d'oxygène, finalement. Les projets avec les enfants, être avec eux. Moi, je me retrouve enfant, comme si j'avais de nouveau 9 ans. Il y a des liens incroyables avec eux. Ça, c'est vraiment... Justement, pour moi, je reprends de l'énergie avec eux. Même si, évidemment, quand il y a 15 gosses qui te sautent dessus... En fait, tu perds une certaine énergie, mais tu récupères une autre énergie dont tu as besoin pour continuer à avancer. Donc moi, au contraire, vraiment, tout ce qu'on fait avec l'assaut, c'est... extrêmement... Ça me donne de la force, ouais. Ça me donne de la force.

  • Speaker #1

    J'ai un rituel de fin de podcast, parce que le temps tourne. Et donc, ce sont trois questions. La première, c'est si je t'offre un énorme panneau publicitaire dans la ville de ton choix, tu peux y afficher ce que tu veux, comme texte, comme image. Qu'est-ce que tu y affiches ? C'est ton message au monde.

  • Speaker #0

    Parce qu'en fait, j'ai tellement de choses à dire. Si on peut le diviser en quatre...

  • Speaker #1

    Tu peux mettre autant de post-it que tu veux.

  • Speaker #0

    Ah, je peux mettre autant de post-it que je veux ? En fait, je pense que le mot global, ce serait la mise en avant de la cause que je défends et qu'on défend avec l'association. Parce qu'aujourd'hui, il n'y a pas beaucoup de porte-parole sur l'accompagnement des enfants qui ont un parent atteint de cancer ou qui ont perdu un parent. Et l'importance, en fait, que ça a. Donc, je pense qu'il y a un gros message à passer par rapport à ça. Et du coup, évidemment, pour accompagner plus de... Enfin, un message qui serait à la fois dédié aux familles de l'association pour pouvoir accompagner plus de familles. À la fois un message dédié à des mécènes. ou à des personnes privées pour pouvoir récolter plus de fonds, ce qui finalement sont nos deux axes qui sont vraiment super importants. Et puis après, qu'il y ait des personnalités, des ambassadeurs qui ont envie de communiquer avec nous, de nous donner de la force, de prendre du temps pour les enfants, de les rencontrer, de leur apporter aussi leur vécu, leur aide, leur soutien et leur permettre de rêver grand. Ce serait un peu trois messages, mais les trois finalement seraient quand même assez regroupés autour de la cause défendue par l'association. Et rejoignez-nous. Oui, et puis après, même de manière générale, pour tous, ce serait de dire que la vie est courte. La vie est courte, il faut aller au bout de ses rêves. Voilà, belle photo de montagne derrière, avec plein d'enfants sur la montagne.

  • Speaker #1

    Ok, magnifique, on la voit bien. Alors la deuxième question, elle est particulière pour toi, mais c'est vraiment la question que je pose à tous mes invités. C'est si tu te retrouvais face à toi quand tu avais 10 ans, qu'est-ce que tu te dirais ?

  • Speaker #0

    Qu'est-ce que je me dirais ? Moi, je pense que je serais plutôt fière et heureuse du parcours et de tout ce qui a été fait. Et que je n'ai pas lâché, je n'ai pas abandonné. et que cette... niaque que j'avais à 10 ans, je l'ai toujours aujourd'hui. Et j'espère que je vais l'avoir encore pour les 10 prochaines années, quoi. Ou les 20, plutôt les 20. Même les 30, en fait. Peut-être au bout d'un moment, vers 60 ans, peut-être je vais commencer un peu à me calmer. Dans ma tête, je me dis 60, c'est ma limite. À 60, je... Alors, je pose pas encore les armes, mais je vais commencer à me calmer.

  • Speaker #1

    Je te dis qu'à 60, tu feras encore un triathlon.

  • Speaker #0

    Je vais faire encore 170. À l'UTMB, je serai la plus vieille femme à faire l'UTMB.

  • Speaker #1

    Exactement.

  • Speaker #0

    Peut-être, c'est pas impossible. On verra. Déjà,

  • Speaker #1

    c'est le physique. Je te le souhaite. Dernière question. Quel projet tu n'as pas encore lancé parce que tu n'as pas osé ? Et si tu n'avais pas peur de le faire, tu le lancerais ? Pour toi, la question est difficile. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu n'oses pas faire, que tu n'oses pas lancer comme projet ?

  • Speaker #0

    En fait, ah ouais, ok. Alors, c'est pas que j'ose pas, mais c'est que je pense que c'est pas encore le bon moment. Ok. Mais du coup, je pense pas que je suis prête à en parler. Parce que sinon, ça va cramer mes cartes de ce que j'ai envie de dévoiler dans les années à venir. Mais sur un projet vraiment où j'ose pas... Je sais pas. Alors là, vraiment, je sais pas. Attends, attends. Un projet où j'ose pas aller parce que ça me fait peur.

  • Speaker #1

    Parce que pour l'instant, ça te fait peur. Tu te sens pas encore prête.

  • Speaker #0

    En fait, le truc, c'est que comme je ne sais pas encore où je veux aller sur certains trucs, il y a des choses qui m'appellent un peu et où je me dis, je ne sais pas trop si je serais capable ou si ça pourrait être mon truc. Mais par exemple, dans le monde de la télé, du journalisme, on en a déjà parlé plusieurs fois. Et je ne sais pas vraiment si j'ai le bon profil et si c'est quelque chose qui pourrait fonctionner avec ma personnalité. Après, il y a vraiment beaucoup d'autres projets qui sont sur le feu. Et je ne sais pas s'ils iront le jour ou pas un jour.

  • Speaker #1

    Par superstition,

  • Speaker #0

    on va le dire. Par superstition et aussi pour laisser un peu le suspense quand même.

  • Speaker #1

    Bon, le jour où tu lances ton gros projet... auquel tu pensais là, tu m'envoies un petit message, c'était ça le projet dont je t'ai pas parlé. Ok, bah écoute, ce que je vois, c'est que tu n'es pas trop du genre à ne pas lancer les projets qui te font envie là tout de suite.

  • Speaker #0

    Ouais, non, non. Et en fait, franchement, depuis l'Everest, enfin déjà avant, depuis bien longtemps, je n'ai pas trop de limites en fait dans ce que j'ai envie de faire. Quand j'ai une idée en tête, je me dis, on verra bien, tu vois. Tu tentes, si ça ne marche pas, ce n'est pas très grave. Si ça ne marche pas, c'est que ça ne devait pas marcher comme ça, ça marchera d'une autre manière. Écoute,

  • Speaker #1

    je suis ravie d'entendre ça, c'est une belle conclusion. Il faut tenter et on verra bien. On verra bien.

  • Speaker #0

    Le chemin parcouru sera déjà super et ça vous fera vivre. C'est une expérience et dans tous les cas, chaque expérience est bonne à prendre. C'est mieux que de rester allongée sur son canapé quand même. à regarder la télé, justement, ce que vous voyez à la télé, vous pourriez le faire.

  • Speaker #1

    C'est clair. En tout cas, je ne sais pas si je serais capable de suivre tout ce que tu fais, mais en tout cas, c'est une sacrée dose d'inspiration. Merci beaucoup pour ton temps. Et à très bientôt. Merci à toi d'être restée jusqu'au bout. J'espère que cet épisode t'aura plu, intrigué, inspiré. N'hésite pas à le partager, ainsi que de laisser une évaluation, un commentaire, ça aidera énormément le podcast. à être plus diffusée. Merci et à très bientôt sur The Patron Podcast.

Chapters

  • Introduction et présentation de Constance Schaerer

    00:00

  • Le parcours de Constance et la création de son association

    00:45

  • L'impact de la perte de son père et le projet des 7 sommets

    01:56

  • Les défis de l'alpinisme et l'ascension du Kilimanjaro

    04:15

  • La création de l'association et son évolution

    06:33

  • Les événements et le soutien aux enfants

    08:59

  • L'expérience de l'Everest et ses leçons

    15:19

  • La gestion de la pression et des attentes

    21:20

  • Conclusion et réflexions sur le parcours

    48:21

Description

The Patronne podcast fête ses 1 AN
Et pour l’épisode #22, j’ai eu la chance d’échanger avec l’impressionnante Constance Schaerer.


En 2025, à tout juste 26 ans, elle devient la plus jeune Française à avoir gravi l’Everest.
Un périple de 42 jours, où elle a puisé dans ses ressources les plus profondes.


Depuis, Constance vit un rêve… version grand huit XXL.
Elle est partout, sur tous les fronts :


Directrice de l’association “7 sommets contre la maladie”
Elle accompagne des enfants dont un parent est malade et pilote une équipe de bénévoles engagés.


Autrice
Elle publie “Tu reposeras sur les plus hauts sommets du monde, Papa”, un roman qui fait déjà beaucoup parler.


Conférencière
Elle partage son parcours avec une authenticité rare.


Créatrice de contenu
Elle entretient un lien solide avec sa communauté.


Et elle a aussi un “vrai job”
Responsable du développement commercial d’un tournoi de tennis international.


Rien que d’écrire ces lignes, je suis épuisée pour elle.
Mais rien ne l’arrête — et d’ailleurs, c’est sa philosophie : ne jamais se mettre de limites.


Ce qui m’a le plus marquée lors de notre conversation ?
Sa générosité, sa simplicité, et cette sagesse étonnante pour son âge.


Dans cet épisode, Constance revient sur :

  • Son parcours et ses défis, du premier sommet jusqu’à l’Everest

  • La création de son association et l’importance d’accompagner les enfants face au deuil

  • La gestion de la pression : médiatisation, conférences, vie professionnelle, mission associative

  • Comment elle cherche l’équilibre entre ambition, engagement et plaisir


Une conversation inspirante qui représente parfaitement pourquoi j’ai lancé ce podcast il y a un an.
C’est pour moi un honneur et une immense source de joie d’avoir ces échanges.
Je me sens grandir, éclairée et reboostée à chaque épisode.
Un grand merci à mes invitées et à toutes celles et ceux qui nous écoutent.


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Quand je suis redescendue de l'Everest, j'étais en mode « je ne ferai plus jamais de 8000 de ma vie, c'est terminé » . Je ne suis pas quelqu'un qui ait besoin de faire tout 100% parfait. Moi, c'est OK d'être à 90-95, parce qu'au bout d'un moment, sinon tu mets la rate au courbouillon toute la journée, tu ne te stresses pas absolument tout. Dans la vie, c'est toujours pareil. C'est difficile de trouver l'équilibre parfait où tu es juste tout bien. Non mais c'est vrai, mais après je pense que c'est le propre de l'homme aussi.

  • Speaker #1

    C'est tellement le tourbillon et tout le temps, toute la journée, je me dis profite, profite, profite, essaye de profiter, essaye de profiter.

  • Speaker #0

    Et si on décryptait ensemble la recette du courage ? Bienvenue dans The Patron.

  • Speaker #1

    Aujourd'hui, j'accueille Constance Schaerer. Constance, tu es la directrice et la fondatrice de l'association 7 sommets contre la maladie. Tu viens de monter notamment l'Everest, tu es la plus jeune française à avoir monté l'Everest. Ce projet rentre dans un projet plus large et qui a démarré d'une manière un petit peu fortuite. Tu vas nous en parler du début de ce projet, c'est lié à ton papa. Oui. Bienvenue, je suis très émue de t'avoir aujourd'hui parce que je suis très heureuse de te rencontrer. Et en même temps, je sais que tu es dans une vague, dans un tourbillon en ce moment médiatique, puisque tu viens de lancer ton premier roman.

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Et donc, je suis très heureuse de t'avoir. Bienvenue sur The Patron, Constance.

  • Speaker #0

    Merci à toi. Merci pour l'invitation et ravie d'être là aujourd'hui.

  • Speaker #1

    Nous allons parler, bien sûr, de ton association, de ce projet, du fait que tu es considérée comme une aventurière, puisque tu gravides les plus hauts sommets du monde. Peux-tu, en quelques mots, pour ne pas... pas répétit. Pour ceux qui ne connaissent pas Constance, vous trouverez énormément de contenu magnifique justement sur ses ascensions. Quelques mots sur ce projet et sur ton association s'il te plaît.

  • Speaker #0

    Oui, avec plaisir. Moi, j'ai perdu mon papa d'un cancer du pancréas quand j'avais 9 ans. Il s'est battu pendant 4 ans contre la maladie et en fait, 14 ans après son décès, donc en mai 2021, j'ai retrouvé une lettre dans laquelle il expliquait qu'il souhaitait que ses cendres soient dispersées sur les 7 sommets.

  • Speaker #1

    Donc juste ta maman t'en avait jamais parlé de cette lettre Pourtant elle,

  • Speaker #0

    elle la connaissait Tout le monde la connaissait Ma mère, ma famille, les amis de mon père Et j'ai découvert en fait Après l'ascension de mon premier sommet Le Kilimanjaro Que c'était le projet de mon père de faire les 7 sommets D'accord Devenir un modèle pour les personnes atteintes de cancer Et qu'il voulait écrire un livre justement Qu'il avait déjà commencé

  • Speaker #1

    Et donc c'était un de ses projets qu'il avait démarré En tout cas, qu'il s'était lancé en se disant, le jour où je serai guéri, je pourrai faire ça. C'était lié à sa maladie ou c'était un projet même d'avant ?

  • Speaker #0

    Non, c'est lié à sa maladie. Par contre, on lui a tout de suite annoncé qu'il n'y aurait pas d'autre issue que la mort. Donc, il savait qu'il n'allait jamais guérir de son cancer, c'était sûr. On lui avait même donné que six mois à vivre et il a vécu quatre ans. C'était déjà finalement... Enfin, il avait l'épée d'Amokles sur sa tête, mais il a réussi à la rallonger le plus longtemps possible et à encore être, à certains moments, bien pour imaginer, pour créer, pour avoir des idées, pour essayer de partir de la meilleure manière possible et de nous laisser des choses à moi et ma maman, et notamment ce projet un peu fou. Et après, pourquoi il a eu cette idée de faire les 7 sommets ? personne ne le sait, on ne sait pas d'où ça vient exactement. Juste, évidemment, c'était un fan de montagne et c'était un peu toute sa vie la montagne, même s'il travaillait dans la banque, tout. Absolument à la voir. Et il n'était pas skieur ou sportif de haut niveau dans un sport de montagne. Il avait fait du handball, toujours fait du sport, mais pas l'alpinisme.

  • Speaker #1

    OK, donc ce projet, tu le découvres. Et juste après, tu avais un voyage en Tanzanie de prévu ? C'était un hasard, finalement ?

  • Speaker #0

    Ouais, exactement. En fait, quand j'écouvre la lettre, je le prends plus comme une information parce que j'en avais jamais entendu parler, mais je me suis pas du tout dit OK, je vais aller gravir les sept sommets. C'est mon prochain défi. Moi, j'étais en école de commerce à ce moment-là. Je travaillais dans le groupe LVMH. J'avais d'ailleurs décroché une alternance pour le mois de septembre chez moi à Tennessee que je voulais absolument pas lâcher. Donc vraiment, le Cherish des sept sommets, c'était pas du tout, du tout, du tout mes projets. Mais effectivement, je partais en Tanzanie en voyage humanitaire et j'étais à une heure du Kilimanjaro. Gros hasard, quoi.

  • Speaker #1

    Donc, tu découvres la lettre, tu avais ce voyage de prévu, tu atterris et tu te dis, tiens, c'est marrant, il y a un sommet quand même, le plus haut sommet d'Afrique, il est juste là. Et donc, sans grande préparation, tu décides de monter ?

  • Speaker #0

    En fait, du coup, moi, j'avais découvert... Dès que j'ai compris ce qu'étaient les sets sommés, j'ai un peu regardé évidemment sur Internet, je me suis renseignée. Là, j'ai très vite découvert que le Kili Manjaro faisait partie des sets sommés et que c'était d'ailleurs le plus simple des sets. Et c'est déjà quelques semaines avant que l'idée me trottait un peu en tête, mais sans me dire je vais faire le Kili, c'est sûr. Juste, je le savais et je me suis dit bon, peut-être quoi. Donc, ma mère m'avait dit prends quand même des petites affaires chaudes, des affaires pour marcher, sait-on jamais. Et c'est vraiment en arrivant sur place où je me suis dit, OK, je vais tenter. Sans me dire non plus, c'est sûr que je vais arriver au sommet, parce qu'en fait, on ne sait pas du tout par rapport au mal aigu des montagnes, comment le corps va réagir. Est-ce que j'allais être capable d'atteindre le sommet ou pas ? Ce n'était pas vraiment l'objectif. Au final, pour le premier, c'était plus de me dire, je vais vivre l'aventure, je vais aller le plus loin possible. Et puis dans tous les cas, peu importe où mon père reposera, ce sera déjà un très, très bel hommage.

  • Speaker #1

    Et donc, tu réussis cette ascension ?

  • Speaker #0

    Et donc, j'ai réussi cette ascension, et même plutôt très bien, puisque je n'ai eu aucun problème lié à l'altitude, ce qui est plutôt une chance, parce que pour le coup, si je ne la supportais pas, je n'aurais pas pu faire le challenge de cette sommée. Enfin, je n'aurais pas pu continuer, ni même espérer faire un autre sommet, parce que c'est quelque chose qui ne se travaille pas, et on n'a aucune préparation sur le fait de supporter ou pas. l'altitude. J'ai eu la chance de bien supporter et de m'être dit, après l'ascension du Kili, pourquoi pas continuer. C'est surtout quand j'ai appris que c'était le projet de mon père de faire les sept sommets pour devenir un modèle pour les personnes atteintes de cancer, où je me suis dit, OK, le projet est bien plus gros que ce que j'avais lu dans la première lettre. Oui,

  • Speaker #1

    ça dépasse l'hommage à ton papa, puisque c'était... C'est une preuve de résilience et ça donne de la force.

  • Speaker #0

    Exactement, ça dépasse et ça peut aider, ça peut permettre à beaucoup d'autres personnes de s'identifier. Donc quand j'ai compris tout ça, je me suis dit, c'est vrai que c'est un beau challenge. Et après, j'ai découvert qu'il n'y avait pas d'assaut qui accompagnait les enfants, qui avaient un parent atteint de cancer ou qui avaient perdu un parent. Et c'est comme ça que... Ça a fait son petit bonhomme de chemin dans ma tête.

  • Speaker #1

    Oui, parce qu'effectivement, toi, tu as perdu ton papa à 9 ans. Oui. Est-ce qu'à ce moment-là, tu aurais aimé avoir un accompagnement ? Est-ce que tu l'as conscientisé ? Oui,

  • Speaker #0

    ça m'a beaucoup manqué. Comme j'étais fille unique, forcément, je n'avais personne à qui me livrer, à qui raconter ce que je vivais, ce que je ressentais. Je n'ai pas voulu voir de psy. J'en avais vu un. Pendant la maladie de mon père, mais ça ne s'était pas très bien passé. Et je n'ai pas voulu en revoir un autre. En fait, parce que mes parents m'avaient toujours dit, on ne parle pas aux inconnus. Et du coup, ça m'a semblé très bizarre d'aller voir quelqu'un que je ne connaissais pas du tout dans une salle blanche et de devoir raconter ma vie à un inconnu total. Qui en plus ne me comprenait pas, ne comprenait pas ce que j'avais vécu. Pour moi, c'était un peu un non-sens. Et puis après le décès de mon père, je ne voulais absolument pas retourner voir un psy. Donc, en fait, j'ai un peu fait psy pour moi perso, mais j'ai eu la chance d'avoir un papa qui m'a quand même beaucoup expliqué ce qui allait se passer, ce qui était la mort, qu'il n'allait plus être là physiquement, etc. Mais quand tu es un enfant qui est un peu... où on ne t'explique pas vraiment ce qui se passe, après, pour comprendre quand tu es plus grand, enfin, pour accepter le décès, de faire ton deuil, etc., c'est difficile quand même. Dans tous les cas, oui, ça m'a vraiment manqué. C'est pour ça que j'ai créé l'assaut, d'ailleurs.

  • Speaker #1

    Et du coup, cet assaut, comment tu l'as imaginé ? Qu'est-ce qu'elle apporte aux enfants ? Quel est le type d'accompagnement que vous proposez ?

  • Speaker #0

    En fait, quand je l'ai créé, tout n'était pas très clair dans ma tête. D'ailleurs, à chaque fois que je crée un truc, tout n'est pas très clair dans ma tête. Et je trouve que c'est bien comme ça, d'ailleurs, parce que... Parce que si on est trop clair dans sa tête, on ne se rend pas compte qu'on peut faire mieux que ce qu'on a imaginé. Tu adores ce que tu dis. Je pense qu'il vaut mieux se lancer, mettre le projet en place, et ensuite le faire évoluer selon les rencontres, selon les échanges, selon les besoins aussi. Parce qu'en fait, ce que... Finalement, le plus important, c'est de répondre aux besoins des enfants. Donc, qui de mieux que eux pour répondre ? à leurs besoins et aux familles. Donc, en fait, on a beaucoup évolué depuis la création en mars 2022. Il y a beaucoup de choses qui ont changé, qui changent encore. Moi, je suis très pour le changement. Donc, je dis tout le temps aux filles, parce qu'il y a beaucoup de filles dans l'équipe, on se fixe là-dessus pour deux, trois mois. Mais dans deux, trois mois, ça se trouve, on changera tout. Il faut l'accepter. En fait, comme on est dans une croissance exponentielle, forcément, ce qui était vrai hier ne sera pas forcément vrai demain. Parce qu'en fait, il peut arriver tout et n'importe quoi qui fera que... En fait, non. Ou même juste se dire que ce n'était pas la bonne option. Quand tu es sur un projet, finalement un peu entrepreneurial, tu te lances, tu testes, tu regardes si ça marche. Si ça ne marche pas, tu changes. C'est un peu comme ça que j'ai tout créé, que ce soit et dans le projet de cette sommée et pour l'assaut. Et en fait, ça s'est fait effectivement avec les rencontres des premières familles, les échanges avec eux, les besoins qu'eux avaient. Et puis aussi les rencontres à côté. J'ai rencontré des sponsors, j'ai rencontré le vice-président de la Fédération française de tennis qui nous a donné des places tous les jours pour Roland-Garros. Donc évidemment, ça a été le premier événement qu'on a organisé, c'était à Roland-Garros, on a même pu aller à la finale. Donc en fait, tout s'est fait aussi en fonction des rencontres, des échanges. Aujourd'hui, évidemment, on a des budgets pour pouvoir aussi payer plein de choses, payer plein d'événements, des week-ends, etc. Mais on est aussi très soutenus par des personnalités, par des ambassadeurs, des sportifs aussi, qui vont nous inviter sur des événements, permettre de réaliser des rêves d'enfants. Donc... Le plus... Enfin, on a... Je ne sais plus exactement combien de pôles, mais on a un pôle en Alsace qui est divisé en trois, dans trois villes. Donc Strasbourg, Colmar, Mulhouse. On a un pôle à Lyon, un pôle à Poitiers, un pôle à Paris, un pôle à Lille. Et on se développe aussi dans le sud de la France. Et en fait, dans chaque pôle, il y a des événements qui sont organisés au niveau local. Et ensuite, on a des gros événements au national, donc des week-ends où tout est pris en charge par l'association. Et on va inviter des familles qui ne sont pas dans des pôles, puisqu'en fait, comme on utilise... le vecteur des réseaux sociaux pour se faire connaître notre association, forcément quand tu vas faire 2, 3, 4 millions de vues sur une vidéo et que tu as 10 familles qui vont te contacter, elles ne vont pas forcément être dans une ville où tu as un pôle et comme ce qui a été très important pour moi c'est de répondre à toutes les demandes et bien on a créé ces week-ends et je pense que c'est ce qui va être développé le plus là dans les années à venir donc l'idée c'est de proposer

  • Speaker #1

    des Des moments hors du temps un peu extraordinaires pour ces enfants-là, pour qu'ils puissent sortir de l'hôpital ou en tout cas de ces moments qui sont difficiles liés à la maladie d'un parent.

  • Speaker #0

    Oui, exactement. En fait, l'objectif, c'est... Après, du coup, c'est toute la famille. Donc, c'est l'enfant qui est au cœur des projets et qui est vraiment central pour nous. Mais c'est aussi pour les familles, pour les parents. Tout le monde est convié aux événements. Donc ça va être des événements pour, en général, entre 30 et 40 personnes. Il va y avoir une quinzaine d'enfants. Et l'objectif, c'est qu'eux puissent échanger entre eux, s'amuser, jouer, mais tout en sachant qu'ils sont avec des enfants qui ont vécu la même chose. Et évidemment, ça provoque des discussions, ça provoque des échanges par rapport à tout ça, de se rendre compte qu'ils ne sont pas seuls. Pour beaucoup, de s'ouvrir aussi et de s'ouvrir de manière... assez extraordinaire et où ils vont pas le faire avec d'autres, ni avec leurs amis à l'école, ni avec les parents eux-mêmes. Et on nous le dit, donc c'est ça qui est le plus beau à la fin du week-end, quand tu vois tous les liens qui se sont créés entre les enfants, entre les parents aussi. C'est beau, quoi.

  • Speaker #1

    Oui, parce que j'imagine que pour les enfants qui... Dans les réactions typiques, j'imagine les enfants qui déjà parlent peu, parce qu'ils comprennent qu'il se passe beaucoup de choses autour d'eux, et donc ils... Ils ne veulent pas forcément créer plus de problèmes, plus de soucis. Ils ne veulent pas non plus être vus comme différents par rapport à leurs copains de classe. Donc, c'est vrai que ça crée un isolement que là, tu arrives à casser, que vous arrivez à casser en créant ces connexions entre les familles.

  • Speaker #0

    Oui, c'est exactement ça, en fait, puisque quand tu es enfant, finalement, tu vois bien que tes parents sont déjà dans une très grande souffrance, que ce soit la personne malade ou les dents. et du coup tu te dis je vais pas rajouter de la peine à la peine et donc tu gardes beaucoup de choses pour toi et puis après c'est dur de s'exprimer face à des gens qui comprennent pas vraiment ce que toi tu vis en tant qu'enfant donc c'est un peu ça moi ce qui m'avait manqué de pouvoir parler librement et puis maintenant c'est rigolo mais mes deux meilleures copines elles ont aussi perdu leur papa d'un cancer donc comme quoi il y a vraiment des liens très spéciaux qui se tissent Et de manière générale, quand je discute avec des gens qui ont aussi perdu un parent, ce n'est pas pareil parce qu'il y a une connexion qui est différente. Donc on a aussi beaucoup de bénévoles qui ont vécu les mêmes situations.

  • Speaker #1

    Formidable. Et donc, c'est une association, on va en reparler. Alors avant de rentrer justement dans l'aspect entrepreneur et le travail que ça te demande, quelques mots sur ton expérience de l'Everest quand même. Parce que tu as réussi, tu es la plus jeune française à avoir gravi l'Everest. Tu le referais demain ?

  • Speaker #0

    Non, pas demain. Ni après-demain d'ailleurs. mais ça m'a quand même donné envie de faire d'autres 8000 mais pas au début quand je suis redescendue de l'Everest j'étais en mode je ne ferai plus jamais de 8000 de ma vie c'est terminé on était vraiment mort et en fait j'avoue que 48h plus tard donc on avait fait un stop à l'hôpital parce qu'on avait eu un peu des gelures, on a vraiment eu une mauvaise météo pour le sommet et du coup 48h plus tard, sortie de l'hôpital ça commençait déjà à trotter dans ma tête en me disant Bon, peut-être un autre 8000 un jour. Voilà. Pas tout de suite, parce que là, j'ai beaucoup, beaucoup de projets. Sur les deux, trois prochaines années, le planning est bien chargé. Mais c'est pas impossible que je refasse les 8000, ouais.

  • Speaker #1

    Parce qu'on parle quand même, c'est quoi, 42 jours sur...

  • Speaker #0

    42 jours.

  • Speaker #1

    42 jours d'expédition.

  • Speaker #0

    Ouais.

  • Speaker #1

    Parce qu'il faut s'arrêter progressivement. Il y a les checkpoints.

  • Speaker #0

    Oui, tout à fait. Déjà 10 jours de trek pour aller arriver jusqu'au camp de base. Puis ensuite, une grosse partie acclimatation. On va faire des sommets aux alentours pour continuer à s'acclimater et préparer son corps à l'altitude. Ensuite, on reste à nouveau au camp de base quelques jours. On va faire une rotation d'acclimatation jusqu'au camp 3 de l'Everest, donc à 7000. Ensuite, on redescend à nouveau et puis on attend la fenêtre météo pour tenter l'ascension. Et là, on part pour 5 jours non-stop. On enchaîne camp 1, camp 2, camp 3, camp 4. Et sommet. Et redescendre.

  • Speaker #1

    Ça me paraît fou de dire que tu montes jusqu'au camp 3 et que tu redescends pour ensuite remonter. Tout le monde fait comme ça ?

  • Speaker #0

    C'est obligatoire.

  • Speaker #1

    C'est obligatoire.

  • Speaker #0

    Ouais, ouais. Sur tous les sommets que j'ai faits aussi, en Argentine, en Alaska, c'est toujours... En fait, sinon, ton corps, il supporte pas. c'est très mauvais pour le cerveau en fait donc il faut vraiment que tu montes que tu restes un peu en altitude puis que tu redescendes, puis que tu remontes puis que tu redescendes et le mieux c'est de pouvoir monter le plus haut possible et ensuite de redescendre assez longtemps, une semaine voire même il y en a certains qui font deux rotations j'ai une amie d'Amérique du Sud qui a fait l'Everest aussi la même année que moi et Merci. eux ils ont fait deux rotations d'acclimatation nous on en a fait qu'une c'est à dire qu'elle a fait deux fois camp 3 redescendu camp base, remonté donc elle est arrivée trois fois au camp 3 six fois elle a passé l'icefall donc ouais c'est ah j'étais contente qu'on l'ait fait qu'une seule fois parce qu'elle est bien dure quand même aller jusqu'au camp 3 ça représente combien de de

  • Speaker #1

    dénivelé ?

  • Speaker #0

    bah on part de le camp de base est à 5000 et le camp 3 est à 7100 donc 2100 après 2100 ça paraît beaucoup et pas beaucoup mais plus on monte en altitude plus chaque centaine de mètres gravient en plus et hyper prenant enfin si on part de zéro aujourd'hui et qu'on monte à 2000 mètres tout va bien c'est facile on peut le faire en une journée c'est facile on peut le faire en une journée ouais quand même Avec un peu d'entraînement. Avec un peu d'entraînement. Et du coup, mais par contre, monter de 0 à 2000, ça va. Monter de 2000 à 4000, ça va encore. Monter de 4000 à 6000, là, ça commence à être autre chose. Et alors, monter de 6000 à 8000, c'est vraiment autre chose. Et en fait, plus tu montes haut, plus tu dois t'acclimater longtemps. Par exemple, le Denali, on l'a fait en 14 jours parce que c'était 6200 mètres. Mais l'Everest, on l'a fait en 42 parce que c'était 8 000. Et en fait, ton corps prend plus de temps à s'acclimater selon les...

  • Speaker #1

    Est-ce qu'il y a un moment où tu t'es dit, c'est trop dur, je peux pas ?

  • Speaker #0

    Je me suis un peu dit, après, tu te le dis sans te le dire, quoi. Enfin, tu te dis pas, je peux pas. Tu te dis, c'est trop dur, mais tu te dis pas, je peux pas.

  • Speaker #1

    La détermination est là. De toute façon.

  • Speaker #0

    Ah ben, moi, j'ai toujours été très déterminée dans tous les projets que j'ai menés depuis que je suis toute petite. Donc, du coup... En fait, je connais mes limites et plus je fais de la montagne et de l'alpinisme, plus j'apprends à connaître mes limites aussi. Donc, je sais quand mon corps est trop... Enfin, qu'on est sur la... Sur la corde et qu'on passe dans la zone rouge, il ne faut jamais trop la dépasser. Celle-là, je commence assez bien à la connaître maintenant parce que c'est ça qui est intéressant en montagne, c'est qu'on apprend vraiment à connaître son corps et à connaître ses limites. Du coup, je suis très à l'écoute de ça. Il y a des moments, j'arrivais doucement vers la zone rouge, mais je ne l'ai jamais trop dépassée.

  • Speaker #1

    Alors, en montagne, la zone rouge, tu la connais bien. Et dans ta vie professionnelle sur la terre plate, est-ce que tu la connais bien, ta zone rouge ?

  • Speaker #0

    Non, celle-là, je la connais un peu moins.

  • Speaker #1

    Je pense que j'y approche, là, de son poids. Parce que là, quand même, tu enchaînes. Ouais. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup, beaucoup.

  • Speaker #0

    Ouais, beaucoup trop, même.

  • Speaker #1

    C'est évidemment l'Everest. Et il y a eu toutes les préparations avant, toutes les ascensions avant. Merci. Hyper impressionnant, très inspirant. Et en même temps, c'est une petite partie de tout ce que tu as à gérer aujourd'hui. Là, tu sors un livre, tu gères une association. C'est quoi en fait ta vie aujourd'hui ? Ça ressemble à quoi ?

  • Speaker #0

    Ça ressemble à un cafouille. Non, mais tout est en fait comme il y a tellement de sollicitations tous les jours. à la fois entre l'assaut pour récolter des fonds, ou choix marraine d'événements, de courses, de projets, de nouveaux mécènes, de nouvelles familles dans l'association, d'événements pour les enfants, de réalisations de rêves, des choses comme ça. Donc ça, c'est sur la partie assaut. Mais après, il y a, moi, les demandes de conférences, d'événements, de médias, de podcasts, de sponsors aussi, de collaborations commerciales. de présence sur des événements avec des marques. Donc, ça fait beaucoup en même temps. Puis, j'ai mon travail à côté aussi encore.

  • Speaker #1

    Oui, parce que toutes les deux premières choses, ce n'est pas le travail.

  • Speaker #0

    Non, ce n'est pas le travail. Non, ce n'est pas mon travail, même si ça commence à le devenir à moitié. Pour l'assaut, je suis 100% bénévole et j'aimerais le rester le plus longtemps possible, voire toujours. parce que j'ai pas du tout créé l'association en ayant comme objectif de me salarier dans l'association moi je l'ai fait parce que ça me semblait important de le faire après évidemment s'il y a un moment ça devient plus du tout gérable et qu'il faut que je sois à 100% sur l'assaut, la question se posera à ce moment là pour le moment grâce à l'ascension de l'Everest, les dons qui ont été faits on a pu déjà embaucher une personne en septembre qui est venue en renfort et ça c'est déjà top Euh... Et du coup, mon travail, mon vrai travail depuis trois ans, bientôt quatre, enfin trois ans et demi, c'est commercial pour un tournoi de tennis. Et là, maintenant, effectivement, du coup, je deviens aussi conférencière et créatrice de contenu. Et puis, quelques autres, enfin, autrice. Et voilà. Mais conférencière, je pense qu'on peut dire que c'est le gros de mon métier en ce moment, c'est ça. Après, combien de temps va durer ce métier ? Je n'en ai aucune idée. Je ne sais pas si c'est pour six mois, mais en tout cas, c'est sûr, depuis le retour de l'Everest, c'est intense, mais c'est chouette parce que j'adore faire ça. J'adore partager avec des gens mon expérience, qui sont hyper attentifs, qui posent beaucoup de questions intéressantes. En fait, moi, ça me nourrit aussi. Ce n'est pas du tout quelque chose qui est fatigant ou qui me demande de l'énergie. Au contraire, ça m'en donne. C'est un travail, évidemment, parce qu'on ne va pas dire non plus que ce n'est pas un travail. Je pense que ça demande quand même de l'énergie, du travail, de l'organisation. La préparation. La préparation, c'est sûr. Après, c'est un travail qui m'apporte aussi. Donc, c'est vraiment chouette. J'espère que ça durera le plus longtemps possible. Mais on verra. Pour le moment, comme tout est tellement flou, enfin, incertain, j'avance au jour le jour. Et puis, on verra demain. La seule chose qui est certaine, c'est que je vais bientôt finir le projet des sept sommets. J'espère le finir là quand même dans les deux années à venir et faire grossir l'assaut. Là-dessus, je n'ai pas trop de doutes. Il y a quand même des petites lignes directrices qui sont là. Puis après, je me laisse un peu porter pour le reste.

  • Speaker #1

    Et puis, tu disais, tu n'as pas envie d'avoir le plan complètement défini aujourd'hui. Tu restes ouverte aux rencontres, aux opportunités.

  • Speaker #0

    Oui. exactement et puis je pense que c'est super important aussi de rester toujours ouverte comme tu dis et et réfléchir, échanger, parce qu'en fait, c'est vraiment avec les autres que tu évolues, que tu as des nouvelles idées qui te viennent, des nouveaux projets, une nouvelle manière de fonctionner aussi. Parce que, oui, je ne dis pas aujourd'hui, ça fonctionne bien, on fait bien les choses, mais il y a toujours des choses à améliorer, à changer selon les compétences de chacun. Donc moi, je suis plutôt toujours très ouverte sur tout ça. Je pense qu'il n'y a pas de solution parfaite. Je pense qu'on peut toujours s'améliorer et que c'est avec les autres qu'on s'améliore. C'est aussi pour ça que l'équipe l'est faite pour qu'il y ait un peu tout type de profil et que chacune puisse aussi apporter sa vision par rapport à sa manière de fonctionner. Et ça, je trouve ça hyper intéressant. Parce que si c'était que ma version... Ce serait pas évident. J'ai vraiment pas la prétention de dire que j'ai toujours les bonnes idées, les bonnes réponses, la bonne solution. Au contraire, j'aime bien qu'on me donne aussi son point de vue. Après, on essaye de travailler le point de vue de toutes pour arriver à la meilleure solution possible. Je pense que c'est vraiment important d'écouter les autres. Après, je suis un peu dans une phase où... C'est pas évident de... Là, en ce moment, je suis vraiment dans une phase où j'arrive pas à faire plus que ce qui me tombe dessus. J'ai un peu du mal à être dans la phase de réflexion. Je suis plus dans la phase où... Oups ! J'ai oublié de répondre à ça. Oups ! Faut que je m'occupe de ça. C'est plus les relances, là, qui sont... Voilà. Mais je pense que d'ici janvier, ça devrait un peu se calmer. Je vais essayer de prendre aussi un peu de temps en décembre pour poser...

  • Speaker #1

    poser les sujets. Comment tu vis la pression, justement ? Parce que là, il y a une pression médiatique, mais il y a une pression aussi des familles qui te sollicitent pour rejoindre l'assaut. Et puis, il y a l'assaut aussi, tu es la directrice, donc tu as un rôle de leader par rapport au reste de l'équipe. Comment tu gères cette pression-là ?

  • Speaker #0

    Elle n'est pas évidente, honnêtement. Et je la ressens de plus en plus, même Euh... depuis le retour de l'Everest, je sens qu'il y a vraiment une énorme marche qui a été franchie, un gap. Et du coup, je sens que ce que je dis est plus écouté, vu et jugé aussi un peu. Et c'est difficile d'être jugé, d'avoir des critiques. Après, honnêtement, je n'ai pas trop de critiques non plus. Franchement, je touche du bois qui t'en sort bien. mais sur les réseaux les gens sont vraiment extrêmement bienveillants et par rapport à beaucoup d'autres créateurs de contenu que je côtoie au quotidien ils me disent que parfois c'est un peu dur d'avoir beaucoup de messages négatifs moi j'en ai vraiment pas beaucoup et t'en as quand même franchement non j'en ai pas en vrai j'en ai vraiment de gens qui Merci. le temps de m'écrire, j'en ai pas c'est une bonne fleur, ne commencez pas après dans les commentaires, évidemment encore une fois, tu vois quand tu fais quand tu vas faire 5 ou 6 millions de vues sur une vidéo 5 millions de personnes non, il n'y a pas 5 millions de personnes qui vont être derrière toi, qui vont dire que c'est formidable ce que tu fais, et bravo et c'est totalement normal, et j'accepte totalement les critiques, pour ça même, honnêtement euh... Je m'en fiche un peu et puis j'assume le fait que si je parle de mon histoire et que je me dévoile entre guillemets sur les réseaux et que je suis visible sur les réseaux, t'acceptes aussi le fait que tout le monde soit pas avec toi. Et puis, au bout d'un moment, il faut passer un peu au-dessus. Toujours évident, mais il faut essayer.

  • Speaker #1

    Si je reviens sur le début de ta carrière, donc tu as fait une école de commerce, tu avais démarré dans le secteur du luxe et là, tu as pris une direction qui n'a rien à voir. À quel moment ça a glissé et à quel moment tu as accepté de renoncer à ton projet pour mener d'autres projets ? Est-ce qu'il y a eu un moment où tu as vraiment consciemment dit en fait, l'avenir que je m'étais imaginé pendant X années, je le laisse de côté et je vais mener autre chose ou ça s'est fait juste naturellement ?

  • Speaker #0

    Ouais, je vois ce que tu veux dire. Bah en fait, quand... Enfin, initialement, je me suis dit que j'allais pouvoir un peu faire les deux en même temps. Quand même rester à Paris et rester dans le groupe LVMH. Mais parce qu'il n'y avait pas encore vraiment l'idée de l'association. Je n'avais pas imaginé que ça puisse se développer comme ça, qu'il puisse y avoir autant de choses autour de ça, autant de messages, de sollicitations, autant de familles accompagnées. Et en fait, au fur et à mesure, plus le temps passait, plus on se lançait dans d'autres projets. Parce qu'il y avait aussi Hugo à ce moment-là qui avait rejoint l'équipe, qui est mon caméraman et qui réalise les documentaires de chaque ascension. Donc, ils m'accompagnent sur les sept sommets. Mais de manière générale, on est sur plein de projets en commun ensemble. Donc, on se voit souvent. Et en fait, à un moment, on s'est rendu compte qu'on était arrivé au plus possible de continuer comme ça. Parce qu'épuisement absolu. Là, pour le coup, j'étais encore à Bordeaux en école de commerce. Donc, forcément, c'était des allers-retours entre Paris, Bordeaux, venir à Strasbourg pour aller m'entraîner, aller dans les Alpes pour aller m'entraîner, etc. Ça devenait complètement ingérable. Et puis surtout, au travail, quand tu es dans un grand groupe, tu n'as pas la flexibilité d'une petite équipe où on peut te dire, tu ne peux pas venir demain. Ce n'est pas grave, t'inquiète. C'est plutôt, comment ça, il est 18h, tu pars en ton après-midi ? Donc forcément, quand tu finis tard le soir, que tu arrives chez toi à 21h, 21h30, que tu es déjà lessivé de ta journée qui a été bien chargée, Mais que tu sais que t'as encore plein d'autres choses à faire. Plus continuer à t'entraîner, puisque tu fais quand même un challenge sportif. Au bout d'un moment... Ça passe pas. Non, mais il faut se rendre à l'évidence. Moi, je suis pas quelqu'un qui ait besoin de faire tout 100% parfait. Pour moi, c'est OK d'être à 90, 95. Parce qu'au bout d'un moment... Sinon, tu te mets la rate au courbouillon toute la journée, tu te stresses pour absolument tout. Soit tu acceptes de faire moins et de tout faire parfait, soit si tu acceptes de faire beaucoup de choses et d'être sur beaucoup de projets en même temps, au bout d'un an, les journées font 24 heures. Donc soit tu te dis, tu assumes le fait que tu feras de ton mieux, mais ce sera de ton mieux, mais tu n'as pas non plus envie de mettre ta santé en danger. à dormir quatre heures par nuit et à trop te stresser sur les projets. Soit tu acceptes moins, mais sauf que c'est aussi frustrant, parce que si tu acceptes moins, du coup, les gens ne comprennent pas pourquoi tu dis non. Donc, ouais, il y a plein de choses. Mais en tout cas, effectivement, c'est sûr que j'étais arrivée... Enfin, mon travail n'était plus du tout compatible avec la vie que j'étais en train de me créer à côté. Et c'était trop l'incompréhension au niveau de mes collègues et tout. même si elle me soutenait et qu'elle me soutienne encore aujourd'hui et qu'elle m'écrive régulièrement et je m'entends encore très bien avec elle. Je ne suis pas partie dans de mauvaises conditions, loin de là. Mais effectivement...

  • Speaker #1

    Il y avait un décalage.

  • Speaker #0

    Il y a un décalage qui est énorme. Parce qu'en fait, quand tu bosses dans des boîtes comme ça, tout le monde est à fond dans son travail. Son travail, c'est sa priorité. Tu mets toute ton énergie dans ton travail. Sauf qu'en fait, moi, toute mon énergie, je la mettais dans absolument autre chose. Et je mettais un peu d'énergie dans mon travail. Mais moins. Mais moins et pas assez. par rapport à ce qui était demandé. Donc oui, je remplissais mes objectifs, je faisais ce qu'on me demandait, mais je sais que quelqu'un d'autre aurait pu faire 100 000 fois plus parce qu'il allait plus loin dans la démarche, parce qu'il allait chercher le petit truc en plus et que moi, en fait, je n'avais plus vraiment l'envie d'aller chercher cette perfection qui est demandée aussi dans l'univers du luxe. Donc voilà. Et puis en fait, de toute façon... Je voulais rentrer en Alsace aussi, parce que Paris, c'était pas du tout fait pour moi. J'ai pas trop... Enfin, ça va, j'ai pas non plus pas aimé, mais maintenant, je suis très contente. Je viens à Paris presque toutes les semaines. Je peux pas non plus dire que j'aime pas Paris, parce que je suis tout le temps là. D'ailleurs, la semaine prochaine, je suis quasiment là toute la semaine. Et la semaine... Il y a 15 jours, j'étais là toute la semaine. Mais je suis contente de me dire que mon pied-à-terre, il est pas dans Paris.

  • Speaker #1

    Pendant le crash, il est à Strasbourg.

  • Speaker #0

    Mon ancrage est à Strasbourg, en Alsace. J'ai mes champs, tout est bien. C'est parfait. Ouais, c'est clair. J'ai la montagne pas loin, je vais pouvoir aller courir 30 kilomètres samedi dans les Vosges. Enfin voilà, c'est vraiment important pour moi d'avoir un peu un rythme, pouvoir casser le quotidien. Et du coup, soit c'est 1h50 de train. Et en fait, de toute façon, après, on m'a proposé un travail à Strasbourg.

  • Speaker #1

    Avec de la flexibilité et le soutien de tes autres activités.

  • Speaker #0

    Oui, c'est clair. Ouais, ouais. Tout s'est plutôt bien cadré. Donc, j'étais à 80% jusque-là. En janvier, je suis passée en 3-5e. Et là, maintenant, je suis carrément en freelance pour eux. Je continue à travailler avec les équipes comme avant, mais juste là, je suis vraiment sur une flexibilité full. Maximum, ouais.

  • Speaker #1

    Nécessaire. Elle est nécessaire.

  • Speaker #0

    Ouais, ouais, non, c'est bon.

  • Speaker #1

    Quand tu parlais, tu évoquais la difficulté de devoir dire non. Parce que tu es très sollicité en ce moment.

  • Speaker #0

    Terriblement. Ça fait trop mal au cœur.

  • Speaker #1

    Ouais. T'as peur de laisser par les gens ?

  • Speaker #0

    C'est le pire truc. Enfin, franchement, pour moi, je pense que si tout... Enfin, de... tout ce qui m'arrive depuis, enfin là on va parler depuis l'Everest, parce que c'est quand même vraiment depuis l'Everest qu'il y a eu le gros... Déjà avant c'était très intense et il y avait beaucoup de sollicitations, mais là c'est vraiment un gap totalement autre. Et je pense que ce que je regrette le plus et ce qui est le plus difficile pour moi, c'est de plus pouvoir répondre à tout, de même plus pouvoir répondre à tous les messages que je reçois. Pour moi c'est tellement frustrant, mais en fait je sais que je... Enfin, je fais de mon mieux, mais je peux pas faire plus quoi. Enfin, genre, vraiment, c'est humainement pas possible. Ou alors, il faudrait que j'embauche encore une autre personne qui gère tout ça, qui va gérer tous mes réseaux sociaux. Mais aujourd'hui, mes réseaux, je les gère toutes seules. Donc forcément, je ne sais même pas combien de demandes de messages j'ai sur Insta. Mais j'ai essayé hier, je pense, j'ai répondu à 60 ou 70 personnes, mais il doit y en avoir encore 200. Et en fait, là, rien que 60, 70, ça prend une heure, une heure et demie. qu'entre temps les gens ils t'ont re-répondu parce qu'ils étaient contents d'avoir une réponse et ça qu'entre temps t'as eu d'autres demandes pour d'autres événements, pour d'autres trucs et tu te dis mais my god je vais pas pouvoir là, c'est pas possible en fait et du coup ça fait que ça tourne dans ta tête et tu te dis mais c'est terrible et oui tu te trouves un peu incorrect et c'est et je suis pas du tout comme ça et du coup c'est hyper C'est hyper désagréable comme sensation, en fait. C'est vraiment super... Enfin, quand c'est pas ta personnalité, et quand, justement... Enfin, tu vois, moi, quand je me suis lancée il y a 4 ans, j'ai aussi envoyé des messages à des personnes, justement, qui étaient passées par le même chemin que moi, et qui m'ont pas forcément répondu, ou pas forcément aidé. Et du coup, je me dis que j'ai pas du tout envie d'être comme ça, mais en même temps, toutes les personnes qui veulent faire le Mont-Blanc... Tous les jours, on me demande, oui, c'est quoi ta préparation ? C'est quoi ton matériel ? Est-ce que tu as le contact d'un guide ? Est-ce qu'on peut s'appeler pour que tu... etc. Tous les jours, tous les jours, tous les jours, tous les jours. Donc, en fait, moi, je ne peux pas appeler tous les jours quelqu'un pour lui dire, alors, pour le Mont-Blanc, il faut que tu fasses les réservations à partir de janvier. Ensuite, pour toutes les personnes qui veulent être bénévoles de l'assaut. Mais si j'en ai dizaines et des dizaines... Et ça,

  • Speaker #1

    en même temps, c'est génial parce que tu...

  • Speaker #0

    Mais t'es là où c'est frustrant. Ouais. justement c'est là où c'est hyper frustrant parce qu'en fait moi j'ai envie d'aider tout le monde mais je peux pas aider tout le monde je peux pas accompagner tout le monde le nombre de personnes qui me demandent de faire des communications sur les réseaux pour telle association, pour tel projet parce qu'ils vont aller faire un raid un truc, un machin et qu'ils ont besoin de visibilité t'imagines si je partage tout le monde ça devient la foire complète quoi je peux même pas partager tout ce qui se passe au sein de l'association dans tous les pôles qu'on a Et en fait, c'est terrible parce que sur les réseaux, les gens, ils ont besoin d'avoir une structure. Si tu partages trop de trucs différents, ils sont perdus. S'ils sont perdus, ils ne te suivent plus, ils se désabonnent. Ils ne sont plus engagés, ils ne sont plus du tout engagés dans ta communauté.

  • Speaker #1

    Tu as de l'enjeu en plus.

  • Speaker #0

    Il y a un gros enjeu. Il y a un gros enjeu. Donc, tu ne peux pas constamment publier d'autres choses, d'autres projets qui n'ont rien à voir avec ce que tu fais, rien à voir avec les causes que tu défends. Je défends déjà, malheureusement, heureusement, je ne sais pas comment le dire. Mais une très grosse cause. Et je ne peux pas être sur toutes les causes. Je ne peux pas être sur les enfants malades, sur les femmes atteintes de cancer du sein, sur la myopathie, sur la mucoviscidose, sur les... Qu'est-ce qu'on m'a encore proposé ? Des trucs pour les arrêts cardiaques et tout ça. En fait, tous les sujets m'intéressent et j'aimerais pouvoir être partout, mais sauf que aujourd'hui, je ne peux plus. Et c'est frustrant. C'est très, très, très, très, très frustrant.

  • Speaker #1

    ce que j'entends c'est que c'est frustrant parce que il y a ce conflit de valeurs t'as envie de le faire j'ai trop envie de le faire et tu peux pas non seulement tu peux pas physiquement parce que dans ta journée il n'y a que 24h et déjà il n'y a pas beaucoup de temps libre mais en plus parce que t'as des vrais enjeux pour ton grand objectif qui est ton assaut et la cause que vous défendez exactement et ce que je ressens aussi dans ce que tu dis c'est La frustration de ne pas pouvoir être en train de kiffer le fait d'avoir réussi d'être là où tu es aujourd'hui.

  • Speaker #0

    C'est ça, c'est exactement ça. En fait, c'est vraiment ça, c'est que du coup... c'est tellement le tourbillon et tout le temps, toute la journée je me dis profite, profite, profite essaye de profiter,

  • Speaker #1

    essaye de profiter et en fait mais profite c'est comme quand t'as un nouveau né tu verras le jour t'as un bébé qui hurle et qui t'empêche de dormir et tout le monde te dit profite c'est les meilleures années de ta vie mais non j'ai envie de mourir là tout de suite en fait c'est exactement ça et

  • Speaker #0

    après j'essaye de me enfin de rester toujours dans un mindset hyper positif. Quand je suis là, j'essaye de vraiment être là au maximum et d'être vraiment profité du moment et être dans le moment. Mais sauf que parfois, quand il y a plein d'urgences qui s'enchaînent, là ce matin par exemple, il y avait plein de trucs où je ne pouvais pas ne pas répondre parce que c'était vraiment urgent et c'était des sujets qu'il fallait gérer tout de suite. Mais forcément, quand t'es dans un truc un peu de stress comme ça, après, c'est difficile de se remettre, de changer le mood et de se dire « Ok, vas-y, laisse tomber. On s'en fout. Profite du moment et tout. » Parce qu'en fait, finalement, ça, tu l'as en background et ça tombe dans ta tête. Et tu te dis « Putain, pardon, faut pas dire de gros mots. » Tu te dis « Oh my god, t'as pas géré ça. » là t'étais censée avoir une vidéo à 14h mais tu leur as pas dit que t'étais pas dispo pour la vidéo enfin et voilà et et du coup bah en fait t'as tellement de choses en background qui se mélangent complètement et qui sont par-ci par-là par-truc et puis quand tu prends ton téléphone alors j'ai plus aucune notification parce que alors si j'avais une notification mais je pense que je pleure je pourrais pas survivre mais quand je vous WhatsApp Merci. C'est l'angoisse, quoi. C'est vraiment angoissant. C'est pour ça que j'adore partir en expédition parce que... Personne ne peut te contacter. Personne. Enfin, voilà. Genre, c'est... Débrouillez-vous, les amis. Je ne suis plus disponible. Et pendant 15 jours, ça s'arrête. Mais le téléphone, c'est hyper dur. Mais même être créatrice de contenu, c'est hyper difficile parce que c'est du non-stop, quoi. C'est du non-stop. Il faut faire la création de contenu. Il faut poster des stories. Quand je fais des collabs, c'est beaucoup de gestion avec la marque. Des allers-retours. Non, mais on ne veut pas ça. On veut ça. On veut ci et machin. Et les stats, c'est con.

  • Speaker #1

    Et en même temps, c'est là où c'est un peu le cercle vicieux et vertueux. C'est que tu as besoin d'être créatrice de contenu pour pouvoir promouvoir ton projet, pour pouvoir être visible, pour pouvoir être sollicité, pour pouvoir être crédible.

  • Speaker #0

    Exactement. Et du coup, en fait, là, je pense qu'on est un peu sur... Enfin, dans la vie, il y a plein de paliers. Et je pense que là, en ce moment, c'est un peu un palier où il faut que je passe en step au-dessus. mais qui n'est pas facile à passer et où il faut qu'on change un peu plus l'organisation. Mais en fait, comme c'est très dans tous les sens, comme il y a beaucoup de choses et qu'on est tout le temps dans l'urgence, on n'a pas forcément le temps de se poser un petit... C'est ça, le truc.

  • Speaker #1

    Faire l'hélicoptère, ça demande un moment de tout bloquer le reste.

  • Speaker #0

    Et c'est ça, c'est de dire, OK, bon, écoutez, là, pendant une semaine, je ne réponds à personne. je ne fais rien d'autre que de me... prendre du temps pour cadrer les choses. Et je sais qu'il faut absolument que je le fasse. Je sais que c'est une urgence absolue. Tout le monde me le dit. Il faut vraiment que je trouve le temps, mais c'est aussi que ce n'est pas ma personnalité. Et du coup, quand c'est...

  • Speaker #1

    C'est quoi qui n'est pas ta personnalité ? De cadrer ou de faire une pause ou de dire non ?

  • Speaker #0

    Les trois.

  • Speaker #1

    Les trois.

  • Speaker #0

    Oui, les trois. Moi, je suis très dans l'instant présent, dans « ah ouais, vas-y, on y va, on va faire... » Un tout petit peu moins maintenant. maintenant, quand même, et de manière générale, ma personnalité, c'est plus grosse fonceuse, spontanée à fond, ok, on y va, vas-y, on va faire ça, là, on va là, là, on va là. Je peux plus l'être autant qu'avant, parce que forcément, je regarde quand même mon planning avant de dire ok, en disant, alors attends, là, j'ai fait 5 conférences cette semaine-là, je vais pas pouvoir en quitter le sixième. Et quand il n'y a pas d'autres dates possibles, au bout d'un moment, t'es obligée de décliner. Mais ma personnalité première, c'est vraiment d'être à fond dans tout, de vivre à 100 000 %, j'adore être en déplacement en fait. Là, j'adore tout ce qui se passe, je trouve ça hyper nourrissant et enrichissant et chouette et beau et tout. Mais en fait, de toute façon, dans la vie, c'est toujours pareil. C'est difficile de trouver l'équilibre parfait où t'es juste tout bien. Non, mais c'est vrai. Mais après, je pense que c'est le propre de l'homme aussi. T'as un peu moins de projets, tu vas chercher à avoir plus de projets.

  • Speaker #1

    T'as plus de projets.

  • Speaker #0

    T'as plus de projets, tu te rends compte que, en fait, merde, t'as accepté trop de projets. Tu sais pas comment gérer. Tu sais pas comment tu vas gérer ton truc. Et en fait, à chaque fois, c'est un peu le jeu de j'accepte moins, mais mince, finalement, en janvier, je suis plutôt libre. Qu'est-ce que je vais pouvoir faire ? Là, tu vas contacter... T'en rajouter. Ah, excuse, machin. Donc en vrai, c'est un peu aussi juste le propre de notre société et même des réseaux sociaux. Ça pousse à accélérer tout le temps.

  • Speaker #1

    Et en même temps, il faut faire attention à la machine. Mais ce que j'entends, c'est que tu dis que tu as besoin de passer à une étape d'après. Oui, et en même temps, là, tu es à un moment. quand même où tu peux célébrer tout ce que tu as accompli parce que tu es en train de récolter, tu as beaucoup semé,

  • Speaker #0

    là tu récoltes. Oui, c'est ça. Mais en fait, le truc, c'est que le petit souci, c'est que toute la récolte,

  • Speaker #1

    elle arrive en même temps. Là, tu es sous l'eau, tu es sous la récolte. Et donc, tu es comme tous les entrepreneurs ou les chefs d'entreprise, il y a un moment où tu dois...

  • Speaker #0

    C'est ça, c'est que c'était la start-up et puis la start-up passe entreprise et maintenant, il faut être capable de passer le cap. Soit tu passes bien... et du coup, ça continue de grandir. Soit tu le passes un peu moins bien et du coup, finalement, tu stagnes.

  • Speaker #1

    Après,

  • Speaker #0

    c'est pareil pour moi, ma personnalité, mon image, etc. Enfin, il faut voir aussi les prochaines années, qu'est-ce que je vais faire pour continuer à avoir des défis, à continuer de parler de l'association, continuer à... Le réinventer. Oui, c'est ça. Tu vois ? Et c'est comme ça que quand t'es bien accompagnée, il y a plein de chanteurs ou de sportifs qui n'ont pas forcément été journalistes ou acteurs ou n'importe quoi, enfin dans n'importe quel domaine, qui étaient excellents et qui n'ont pas été bien accompagnés. Et leur carrière, elle s'arrête vite. Si tu ne prends pas les bonnes décisions au bon moment...

  • Speaker #1

    Donc, tu as cette conscience que même si tu es sous les projecteurs, là, il y a un vrai momentum pour toi. Et tu as quand même conscience que ce virage, il faut que tu arrives à bien l'appréhender pour ne pas te prendre le mur.

  • Speaker #0

    C'est ça, exactement. Pas me prendre le mur à tous les niveaux. Parce qu'en fait, tu sais que... Alors évidemment, il ne faut pas dramatiser la situation non plus. Je veux dire, l'association, elle va vivre encore les dix prochaines années, c'est absolument certain. Mon challenge est de s'assommer, je vais arriver au bout, c'est absolument certain. Après, il y a d'autres projets qui sont en discussion aujourd'hui. S'ils se font, ça va être absolument énorme. Et ça va être encore beaucoup plus fou que ce que c'est aujourd'hui. Mais peut-être qu'ils ne se feront pas non plus. Et que d'ici deux, trois ans, les choses vont se calmer, vont s'apaiser. Et peut-être que je vais devoir reprendre un travail en full time à côté. Je ne sais pas, en fait. Je ne sais pas trop. À un moment, c'est très, très angoissant. Et puis maintenant, j'essaye de prendre du recul en me disant, écoute, on verra. Déjà, fixe-toi la prochaine année. Fais ton mieux. Vraiment, juste fais ton mieux. C'est déjà le mieux que je puisse faire, en fait. Après, au bout d'un moment, je ne peux pas satisfaire tout le monde. Je ne peux pas me dédoubler non plus. Je suis obligée de dormir la nuit. Enfin, voilà, il y a des obligations physiques et physiologiques. tout le monde. Et puis, voilà, tu ne peux pas satisfaire 100%, quoi.

  • Speaker #1

    Et puis même, tu es très engagée avec l'assaut, avec cette cause, avec cette envie d'accompagner les enfants. Et moi, ce que j'ai envie de te dire, c'est... C'est la priorité. Non, mais surtout, il faut que toi, tu kiffes l'expérience. Tu vois, tu as le droit de faire en sorte que toi, tu vives bien ce moment. Parce que ton énergie, ce que tu offres aux enfants, Tu arrives à le faire parce que tu fais attention à toi.

  • Speaker #0

    Ouais, ouais. Après, quand je suis avec les enfants, j'ai toujours un nouveau souffle.

  • Speaker #1

    Ouais. Donc,

  • Speaker #0

    quand je suis avec eux, c'est très différent de mon quotidien où je vais être sur mon tel, sur les mails, sur les calls, les visios, les trucs et tout. Quand je suis avec eux, il n'y a plus rien dans ma vie sauf eux. Et du coup, ça me permet de déconnecter. Et c'est aussi un peu ma... Ma bulle d'oxygène, finalement. Les projets avec les enfants, être avec eux. Moi, je me retrouve enfant, comme si j'avais de nouveau 9 ans. Il y a des liens incroyables avec eux. Ça, c'est vraiment... Justement, pour moi, je reprends de l'énergie avec eux. Même si, évidemment, quand il y a 15 gosses qui te sautent dessus... En fait, tu perds une certaine énergie, mais tu récupères une autre énergie dont tu as besoin pour continuer à avancer. Donc moi, au contraire, vraiment, tout ce qu'on fait avec l'assaut, c'est... extrêmement... Ça me donne de la force, ouais. Ça me donne de la force.

  • Speaker #1

    J'ai un rituel de fin de podcast, parce que le temps tourne. Et donc, ce sont trois questions. La première, c'est si je t'offre un énorme panneau publicitaire dans la ville de ton choix, tu peux y afficher ce que tu veux, comme texte, comme image. Qu'est-ce que tu y affiches ? C'est ton message au monde.

  • Speaker #0

    Parce qu'en fait, j'ai tellement de choses à dire. Si on peut le diviser en quatre...

  • Speaker #1

    Tu peux mettre autant de post-it que tu veux.

  • Speaker #0

    Ah, je peux mettre autant de post-it que je veux ? En fait, je pense que le mot global, ce serait la mise en avant de la cause que je défends et qu'on défend avec l'association. Parce qu'aujourd'hui, il n'y a pas beaucoup de porte-parole sur l'accompagnement des enfants qui ont un parent atteint de cancer ou qui ont perdu un parent. Et l'importance, en fait, que ça a. Donc, je pense qu'il y a un gros message à passer par rapport à ça. Et du coup, évidemment, pour accompagner plus de... Enfin, un message qui serait à la fois dédié aux familles de l'association pour pouvoir accompagner plus de familles. À la fois un message dédié à des mécènes. ou à des personnes privées pour pouvoir récolter plus de fonds, ce qui finalement sont nos deux axes qui sont vraiment super importants. Et puis après, qu'il y ait des personnalités, des ambassadeurs qui ont envie de communiquer avec nous, de nous donner de la force, de prendre du temps pour les enfants, de les rencontrer, de leur apporter aussi leur vécu, leur aide, leur soutien et leur permettre de rêver grand. Ce serait un peu trois messages, mais les trois finalement seraient quand même assez regroupés autour de la cause défendue par l'association. Et rejoignez-nous. Oui, et puis après, même de manière générale, pour tous, ce serait de dire que la vie est courte. La vie est courte, il faut aller au bout de ses rêves. Voilà, belle photo de montagne derrière, avec plein d'enfants sur la montagne.

  • Speaker #1

    Ok, magnifique, on la voit bien. Alors la deuxième question, elle est particulière pour toi, mais c'est vraiment la question que je pose à tous mes invités. C'est si tu te retrouvais face à toi quand tu avais 10 ans, qu'est-ce que tu te dirais ?

  • Speaker #0

    Qu'est-ce que je me dirais ? Moi, je pense que je serais plutôt fière et heureuse du parcours et de tout ce qui a été fait. Et que je n'ai pas lâché, je n'ai pas abandonné. et que cette... niaque que j'avais à 10 ans, je l'ai toujours aujourd'hui. Et j'espère que je vais l'avoir encore pour les 10 prochaines années, quoi. Ou les 20, plutôt les 20. Même les 30, en fait. Peut-être au bout d'un moment, vers 60 ans, peut-être je vais commencer un peu à me calmer. Dans ma tête, je me dis 60, c'est ma limite. À 60, je... Alors, je pose pas encore les armes, mais je vais commencer à me calmer.

  • Speaker #1

    Je te dis qu'à 60, tu feras encore un triathlon.

  • Speaker #0

    Je vais faire encore 170. À l'UTMB, je serai la plus vieille femme à faire l'UTMB.

  • Speaker #1

    Exactement.

  • Speaker #0

    Peut-être, c'est pas impossible. On verra. Déjà,

  • Speaker #1

    c'est le physique. Je te le souhaite. Dernière question. Quel projet tu n'as pas encore lancé parce que tu n'as pas osé ? Et si tu n'avais pas peur de le faire, tu le lancerais ? Pour toi, la question est difficile. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu n'oses pas faire, que tu n'oses pas lancer comme projet ?

  • Speaker #0

    En fait, ah ouais, ok. Alors, c'est pas que j'ose pas, mais c'est que je pense que c'est pas encore le bon moment. Ok. Mais du coup, je pense pas que je suis prête à en parler. Parce que sinon, ça va cramer mes cartes de ce que j'ai envie de dévoiler dans les années à venir. Mais sur un projet vraiment où j'ose pas... Je sais pas. Alors là, vraiment, je sais pas. Attends, attends. Un projet où j'ose pas aller parce que ça me fait peur.

  • Speaker #1

    Parce que pour l'instant, ça te fait peur. Tu te sens pas encore prête.

  • Speaker #0

    En fait, le truc, c'est que comme je ne sais pas encore où je veux aller sur certains trucs, il y a des choses qui m'appellent un peu et où je me dis, je ne sais pas trop si je serais capable ou si ça pourrait être mon truc. Mais par exemple, dans le monde de la télé, du journalisme, on en a déjà parlé plusieurs fois. Et je ne sais pas vraiment si j'ai le bon profil et si c'est quelque chose qui pourrait fonctionner avec ma personnalité. Après, il y a vraiment beaucoup d'autres projets qui sont sur le feu. Et je ne sais pas s'ils iront le jour ou pas un jour.

  • Speaker #1

    Par superstition,

  • Speaker #0

    on va le dire. Par superstition et aussi pour laisser un peu le suspense quand même.

  • Speaker #1

    Bon, le jour où tu lances ton gros projet... auquel tu pensais là, tu m'envoies un petit message, c'était ça le projet dont je t'ai pas parlé. Ok, bah écoute, ce que je vois, c'est que tu n'es pas trop du genre à ne pas lancer les projets qui te font envie là tout de suite.

  • Speaker #0

    Ouais, non, non. Et en fait, franchement, depuis l'Everest, enfin déjà avant, depuis bien longtemps, je n'ai pas trop de limites en fait dans ce que j'ai envie de faire. Quand j'ai une idée en tête, je me dis, on verra bien, tu vois. Tu tentes, si ça ne marche pas, ce n'est pas très grave. Si ça ne marche pas, c'est que ça ne devait pas marcher comme ça, ça marchera d'une autre manière. Écoute,

  • Speaker #1

    je suis ravie d'entendre ça, c'est une belle conclusion. Il faut tenter et on verra bien. On verra bien.

  • Speaker #0

    Le chemin parcouru sera déjà super et ça vous fera vivre. C'est une expérience et dans tous les cas, chaque expérience est bonne à prendre. C'est mieux que de rester allongée sur son canapé quand même. à regarder la télé, justement, ce que vous voyez à la télé, vous pourriez le faire.

  • Speaker #1

    C'est clair. En tout cas, je ne sais pas si je serais capable de suivre tout ce que tu fais, mais en tout cas, c'est une sacrée dose d'inspiration. Merci beaucoup pour ton temps. Et à très bientôt. Merci à toi d'être restée jusqu'au bout. J'espère que cet épisode t'aura plu, intrigué, inspiré. N'hésite pas à le partager, ainsi que de laisser une évaluation, un commentaire, ça aidera énormément le podcast. à être plus diffusée. Merci et à très bientôt sur The Patron Podcast.

Chapters

  • Introduction et présentation de Constance Schaerer

    00:00

  • Le parcours de Constance et la création de son association

    00:45

  • L'impact de la perte de son père et le projet des 7 sommets

    01:56

  • Les défis de l'alpinisme et l'ascension du Kilimanjaro

    04:15

  • La création de l'association et son évolution

    06:33

  • Les événements et le soutien aux enfants

    08:59

  • L'expérience de l'Everest et ses leçons

    15:19

  • La gestion de la pression et des attentes

    21:20

  • Conclusion et réflexions sur le parcours

    48:21

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