- Speaker #0
En effet, si aujourd'hui mon activité est vraiment dédiée à l'accueil des enfants en bas âge, c'est parce qu'il me semble plus important de traiter les causes que les conséquences, que les symptômes. Très important de trouver la cause des problèmes. On a un potentiel de croissance qui est énorme durant la petite enfance et qu'il faut utiliser. exploité, mais juste en guidant, en mettant l'enfant sur la bonne voie, sur les bons rails. Un sujet fondamental, un sujet de santé publique, et un sujet qui est directement relié à ce qui se passe dans la cavité buccale et à la position de cette fameuse langue dont on parle beaucoup. C'est le sommeil et la respiration nasale.
- Speaker #1
Bonjour. Soyez les bienvenus sur Toucher du doigt la santé, le podcast autour des soins, du bien-être et de la santé. Je m'appelle Antoine Lacouturière, ancien sportif de haut niveau, j'exerce aujourd'hui l'ostéopathie et la sophrologie depuis dix ans maintenant. A travers la rencontre d'invités passionnés par leur métier, je vous propose d'explorer ensemble le fonctionnement du corps humain et des nombreuses manières d'en prendre soin. Aujourd'hui, nous avons le plaisir de rencontrer Virginie D'Angelo, docteur en chirurgie dentaire, elle s'est spécialisée en orthodontie précoce. Elle intervient notamment au niveau de la denture lactéale, c'est-à-dire des dents de lait, et donc régulièrement avant 6 ans. En complément de son savoir-faire et de son expérience sur un plan technique, Virginie et son équipe s'intéressent aux réflexes archaïques et pratiquent la communication bienveillante. Elles sont passionnées et très investies dans leur métier. Nous aborderons ensemble plusieurs questions comme pourquoi le fait d'intervenir si tôt est intéressant ? Et oui, c'est possible de ne pas toujours attendre plus tard. Comment la structure et les fonctions sont-elles reliées ? Quels sont les signes qui doivent nous interpeller et quoi en faire ? Plus globalement, nous parlerons de langue, de frein, de respiration nasale, buccale, de tétine, de doudou, du sommeil, d'appareil, de bijoux et de l'importance d'une prise en soins pluridisciplinaire pour accompagner la croissance de nos enfants le plus tôt possible. Avant de découvrir l'interview et les nombreux conseils de Virginie, je tiens à vous remercier pour vos retours et vos notes étoilées sur l'application Apple Podcast, celle avec un fond violet, et sur Spotify. Nous vous donnons rendez-vous sur les réseaux Instagram, Facebook, Toucher du doigt la santé. Plusieurs vidéos accompagnent cet épisode. En attendant le plaisir d'échanger ensemble, je vous souhaite une très belle écoute. Bonjour Virginie.
- Speaker #0
Bonjour Antoine.
- Speaker #1
Merci de m'accueillir aujourd'hui dans ton cabinet. On est dans un espace pluridisciplinaire et on a installé le matériel pour le podcast dans ton cabinet avec les dessins des enfants, une petite table et tes assistantes ne sont pas très loin.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Aujourd'hui, exceptionnellement, ce que je propose de faire, c'est de te présenter moi et te laisser la parole après. Ça te va ? Tu pourras compléter si tu as besoin.
- Speaker #0
Ça me va parfaitement bien.
- Speaker #1
Ok, alors Virginie D'Angelo, tu as trois enfants, pour moi c'est important pour la suite. Tu as une passion pour le sport, sportive accomplie, investie. Et puis aujourd'hui, le thème du podcast, c'est ton métier principalement avec la personne que tu es. Et au départ dentiste, tu t'es formée pour devenir plus spécialiste avec une activité d'orthodontie précoce.
- Speaker #0
C'est ça, exactement.
- Speaker #1
On peut le résumer comme ça ?
- Speaker #0
C'est tout à fait ça.
- Speaker #1
Et petit à petit, on va voir que tu as plusieurs casquettes. Tu n'as pas simplement fait l'intérieur de la bouche. Je crois que tu as un DU d'hypnose.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu t'es formée sur les réflexes archaïques.
- Speaker #0
Aussi.
- Speaker #1
Et puis sur la communication globale, tu apportes un certain soin aux mots que tu utilises, au-delà de l'hypnose, je crois. Et ça, c'est important pour moi dans la gestion du relationnel. Donc c'est pour cet ensemble de raisons-là que j'avais très envie de faire un podcast avec toi.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Est-ce que tu as des choses à rajouter par rapport à ça ? Quelque chose qui te tient à cœur, qui te paraît important sur tout ça ?
- Speaker #0
Non, tu as plutôt très bien résumé ma vie, mon quotidien, ce qui m'anime au quotidien. Et si je peux peut-être rajouter une toute petite chose, c'est le bonheur que représente le fait de se lever tous les matins pour venir apporter du soin. Du bonheur, de la bienveillance, du bien-être en fait, dans la bouche de tous ces petits enfants, que les parents me confient, et de faire ça en plus avec une équipe qui est formée, qui est au top.
- Speaker #1
Marjolaine et Tiffany Qu'on salue tout de suite. Un petit coucou. Elles sont parties, elles sont tellement présentes. Elles sont là dans les premières minutes du podcast. Parfait. On aura l'occasion de parler du travail pluridisciplinaire. Tu fais partie des soignants sur le territoire qui ont vraiment développé un travail en réseau et ça on va en reparler dans le podcast. Pour commencer, est-ce que tu veux bien nous parler de ta semaine type pour que les auditeurs, les auditrices, elles puissent se rendre compte qu'est-ce que ça veut dire Virginie, pour toi, une semaine, comment ça se passe, l'anatomie de ta semaine ?
- Speaker #0
L'anatomie de la semaine, ça commence par amener le plus petit à l'école et puis ensuite venir au travail. Les journées commencent toujours par un débrief de l'ensemble des patients qu'on va voir. Donc avec Marjolaine et Tiffany, on prend une grosse demi-heure pour aborder absolument tous les patients qui vont venir nous voir en consultation. Ça permet d'être très efficace, on va dire, dans le déroulé. Je suis rarement en retard. Si je suis en retard, c'est parce qu'il y a eu une urgence, un trauma. C'est la vraie urgence en chirurgie dentaire et ça, c'est tout de suite que je les vois. On a des petits créneaux pour recevoir les gens qui en auront besoin le jour, enfin voilà, qui appellent dans la journée. Donc voilà, on fait la liste des patients qui arrivent. Et puis ensuite, c'est parti, on commence les consultations. Et comme on sait exactement comment va se dérouler la journée, eh bien c'est plutôt fluide et c'est ce qui fait que c'est très agréable parce qu'on se concentre sur l'essentiel. à savoir les personnes qui sont présentes au moment où elles sont là. Et puis, on fait une petite pause. Alors nous, on est en décalé, 14-15, on mange quand les gens reprennent le travail. Mais pour le coup, nous, ça nous permet de rendre le service aux papas, aux mamans qui ne veulent pas trop sortir les enfants de l'école, de venir sur le créneau de midi 14h. Et puis, on reprend jusqu'à 19h. Et la journée ne s'arrête pas là. Ça, c'est pour ce qui est uniquement de la consultation physique. Reste à faire après les... Courrier pour les correspondants, les prescriptions pour les prothésistes, les orthésistes, vérifier qu'on n'a rien oublié et préparer optionnellement la journée du lendemain. On fait ça le lundi, le mercredi, le jeudi. Le mardi est dédié à l'accueil des nouveaux patients. J'en vois six à chaque fois, pas plus. Avant, il m'arrivait de faire des journées entières. C'est tellement d'investissement émotionnel et en plus pro. que professionnel, qu'il est à mon sens important d'être entièrement présente avec le patient. Donc, il faut que j'ai toutes mes facultés. Il ne faut pas que je sois fatiguée. Il faut que je sois à ce que je fais. Et pour ça, il faut savoir gérer les quantités.
- Speaker #1
Bien connaître tes limites, tes capacités.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
C'est une compétence qu'on n'apprend pas à l'école. Ça, j'ai l'impression que c'est venu cette forme de stagesse en t'écoutant. Ça fait écho avec un certain nombre de discussions et différents thérapeutes, différents soignants de se dire quelle est ma bonne limite pour... prodiguer un soin de qualité.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Pour l'autre, pour moi aussi.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
C'est plein de sagesse. On entend l'emploi du temps, ça permet de mieux se rendre compte. Le fait que tu continues d'accepter des nouveaux patients, même si aujourd'hui tu as un certain délai, qui avec le temps s'agrandit parce qu'il y a des compétences. Merci pour la première partie de l'anatomie de la semaine. J'ai envie de rentrer dans le vif du sujet. Une des choses qui fait que j'avais très envie de faire un podcast avec toi, c'est une phrase qui dit Merci. On verra plus tard.
- Speaker #0
La fameuse !
- Speaker #1
Oui, et ça, ça me touche à la fois en tant que papa d'une petite fille de 5 ans, à la fois en tant que soignant, parce qu'au cabinet, en ostéopathie notamment, en sophro aussi, il y a une problématique. Laissez faire, on verra plus tard, on ne peut rien faire. Et c'est quelque chose qui frustre, c'est quelque chose qui n'est pas forcément acceptable quand on est parent. Et je crois qu'il y a aussi eu ce cheminement-là pour toi. Est-ce que tu peux nous en parler un peu ?
- Speaker #0
Avec grand plaisir. En effet, si aujourd'hui mon activité est vraiment dédiée à l'accueil des enfants en bas âge, c'est parce qu'il me semble plus important de traiter les causes que les conséquences, que les symptômes. Très important de trouver la cause des problèmes. Je suis omnipraticienne à la base, donc j'ai dans mon cabinet, ça fait plus de 15 ans que je travaille, et j'ai les 5-6 premières années de ma vie reçu des patients de tous âges dans mon cabinet. Et notamment des jeunes enfants. Pendant ma formation à la fac, l'orthodontie, ce n'était absolument pas mon kiff absolu. Donc j'avoue que j'étais plutôt une très mauvaise élève dans ce domaine-là. Et ça tombait bien puisque je faisais de l'omnipratique. Donc je ne m'engageais pas. Mais quand les patients me posaient des questions sur ces petits bouts de chou qui arrivaient dans mon cabinet et pour lesquels, quand je les regardais, j'avais quand même cette sensibilité de me rendre compte que... Il y avait quelque chose au niveau de la langue, de la position de la bouche, du visage, de la posture qui m'interpellait. Bon, je disais écoutez, je vous fais un courrier, allez voir le spécialiste et puis voilà. Le problème, c'est que de façon très régulière, le retour, c'était revenez plus tard quand toutes les dents définitives seront là. Alors, à un moment donné, ça m'a quand même un petit peu tellement interrogée qu'il fallait que je... J'ai des réponses à mes questions. Et puis, je suis devenue maman pour la première fois dans cette période-là. Donc, je me suis inscrite à une formation d'orthodontie privée qui m'a énormément appris. J'ai donc appris à faire du traitement chez l'adolescent, bien sûr, puisque c'était la norme, entre guillemets, c'était la norme. Donc, voilà, on met des bagues, on pose des bagues, on pose des fils. On tire, on soigne des mâchoires. On soigne des mâchoires. Et dans mes études orthodontiques, on m'a parlé un petit peu des fonctions. La langue, la déglutition, la respiration. Mais ce n'était quand même pas le point central.
- Speaker #1
Pas l'essentiel.
- Speaker #0
Ce n'était pas l'essentiel. Quand je faisais des congrès, que je partais regarder les sociétés scientifiques, les congrès scientifiques d'orthodontie, on parlait, on faisait de la belle mécanique. On faisait des belles bouches. C'est très impressionnant de voir tout ce qui était capable. possible de faire, mais... On oubliait quand même, enfin moi je trouvais qu'on oubliait beaucoup le visage et les muscles qui gravitaient autour le profil, l'esthétique des patients. Et puis on peut faire des choses très belles mais qui ne sont pas du tout fonctionnelles. Et ça, ça ne tient pas dans le temps, ça ne rend pas service aux gens. Et puis un jour, j'ai découvert Marie-Josèphe Déé qui est une des précurseurs dans le domaine de l'orthopédie dentofaciale. en denture de lait, donc précoce, avant l'âge de 6 ans.
- Speaker #1
Merci de préciser.
- Speaker #0
Voilà. Et là, ça a été une révélation, puisque tout à coup, on m'ouvrait les portes d'une réalité que je ne soupçonnais pas, à savoir celle de, bien sûr, on peut et il faut intervenir avant le plus tôt possible, dès qu'on diagnostique, dès qu'on repère un symptôme. À quoi bon laisser un grain de beauté qui n'a pas une jolie tête évoluer ? On attend quoi ? On attend qu'il soit pire ? pour faire quelque chose. Non, non, ce n'est pas logique. Ce n'est absolument pas logique. Et puis ensuite, il y a aussi des éléments scientifiques qui appuient ce propos, à savoir des anthropologues qui ont démontré que la base du crâne dans ces grandes lignes est aboutie à 85% à l'âge de 6 ans. Donc, on a un potentiel de croissance qui est énorme durant la petite enfance et qu'il faut... utiliser, exploiter, mais juste en guidant, en mettant l'enfant sur la bonne voie, sur les bons rails. D'où tous les éléments de prévention et tous les conseils que je pourrais vous donner, j'espère, de façon optimale au fur et à mesure de ce podcast.
- Speaker #1
J'en suis sûr. Déjà, merci pour la base et pour le cheminement un petit peu du « on verra plus tard » . On capte le fait que tu deviennes maman qui éveille cette conscience-là. On respecte et on remercie aussi l'orthodontie traditionnelle qui a son impact, sa raison d'être, mais ce n'est pas suffisant dans le sens où on peut agir avant. Je fais une petite parenthèse avec des chiffres. L'assurance maladie, en 2015, c'était 2 millions d'assurés qui ont bénéficié d'au moins un acte de traitement orthodontique, sachant que 89% sont entre 10 et 16 ans. Ça conforte un petit peu ce que tu viens de dire. On est vraiment sur la tranche pré-ado-ado.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Et que les traitements durent entre un à six semestres. Ça méritait quand même qu'on prenne le temps d'en discuter aujourd'hui. Je trouve que c'est une population qui est hyper importante. En ostéopathie, on dit, il y a une phrase qui dit souvent, l'arbre pousse dans le même sens que la jeune pousse. Il grandit comme le début de sa vie. C'est une image, ce n'est pas tout à fait vrai. Mais c'est un des premiers thèmes et merci d'avoir précisé tout ça. Donc tu sors de cette formation avec une nouvelle prise de conscience et tu te dis mais je vais aller travailler avec des plus jeunes. Je vais proposer des choses qui existent moins. Ça existe mais pas beaucoup. Comment ça se passe concrètement ? Là tu te mets au cabinet parce qu'on est dans un cabinet avec des petits fauteuils, avec des dessins. Mais c'était pas ça au départ. Tu peux nous raconter en quelques mots ? la prise de conscience, la transformation, tu te mets à observer la respiration. Tu nous parlais de posture tout à l'heure, de visage. Comment ça se passe cette époque-là ? Tu as ton premier enfant, parle-nous-en un petit peu.
- Speaker #0
Voilà, effectivement, j'observe. J'observe énormément et j'observe tant et si bien que ça me stresse aussi de me lancer là-dedans puisque je suis une praticienne libérale. Je suis sortie des bancs de la fac il y a quand même quelques temps. Et je me dois aussi de rendre un service à mes patients qui soit... un vrai bénéfice. Ils viennent avec une demande particulière. Moi, j'apporte mes connaissances, mais je ne suis pas là pour faire mes tests sur les patients. Il faut que je mette en pratique des choses qui soient efficaces et efficientes. Donc, j'observe beaucoup. Je fais revenir mes patients tous les six mois pour voir comment ils grandissent en dehors du traitement orthodontique. Il n'y a pas du tout de traitement, mais je les fais revenir tous les six mois pour voir qu'est-ce qui se passe. Et puis, du coup, je finis par... comprendre et par observer qu'il y a des périodes stratégiques au moment de la croissance de l'enfant, où il y a l'installation de la denture temporaire antérieure, les incisives, et puis ensuite il ne se passe plus rien pendant plusieurs années, avant la reprise de l'installation de la denture définitive sur les secteurs moyens latéraux. Et puis petit à petit, comme ça, on passe de l'enfance à l'adolescence, au début de l'âge adulte, et c'est une histoire qui s'écrit sur le long terme. Donc extrêmement important, tout à l'heure on a discuté d'un possible titre de ce podcast, Je tiens à dire que quand on fait de l'orthopédie précoce, quand on prend en charge un enfant avant l'âge de 6 ans en denture de lait complète, les enjeux sont aider l'enfant à mastiquer, utiliser sa bouche à ce pour quoi elle est faite, programmer, savoir triturer, utiliser ses dents. Libérer des praxis non nutritives, à savoir la sucion en tétine, pouce, doudou, doigt, que sais-je, tout ce qu'on veut mais qui n'est pas alimentaire. Les aider à respirer, les aider à parler, à avoir une élocution correcte et tout ça dépend intégralement des fonctions et des muscles qui gravitent autour des dents extérieures, joues, lèvres, intérieures, la langue. C'est un enjeu de santé publique parce que... de la position de la langue dans la bouche, de la capacité des mâchoires à se développer sous l'effet de la mastication, de la bonne ventilation, va dépendre d'un bon sommeil de qualité, va dépendre d'une respiration nasale de qualité, et donc un ensemble de symptômes ORL qui peuvent venir se greffer. Je parle vraiment de ça, c'est de la santé publique. Juste pour revenir sur le fait que quand on travaille en orthopédie précoce, on... On est là pour travailler sur des symptômes à un instant T et guider la croissance dans la meilleure direction qui soit. Bien entendu, l'enfant, il vient au monde avec son patron 50% génétique, 50% d'environnemental. Donc ça veut dire que ce n'est pas parce qu'on a un petit menton très en arrière ou un menton très en avant que les dés sont jetés. Non, heureusement, il y a ce 50% d'environnemental, c'est-à-dire les sollicitations, lever les obstacles, aider à triturer, enlever les praxis non nutritives. qui vont participer à modifier ce schéma de croissance. C'est là où moi j'interviens pour les aider dans ce sens-là. Et ce n'est pas parce qu'on fait un traitement d'orthopédie précoce qu'on ne fera jamais d'orthodontie plus tard. Ce sont des dentures tout à fait différentes, ce sont des étapes de croissance parfaitement différentes. Ce qui est sûr et certain, c'est que quand on travaille chez l'enfant en précoce, en tout cas pour ce qui est de mon cas et de mes patients, de mon recul clinique qui maintenant n'est pas loin de 10 années, Je suis très jeune. Eh bien, je me rends compte que ça me facilite le travail. Quand j'ai une réintervention à faire en denture mixte vers 8-9 ans, ou en denture définitive à l'adolescence, c'est facile. Souvent, ce que je dis aux patients, pour faire simple, bien imagé, je travaille sur les fondations de la maison, on construit une maison avec des bases solides, et après on fait la déco s'il y a besoin, bien entendu. Parfois, je n'ai pas besoin, mais ce n'est pas la majorité des cas.
- Speaker #1
L'image est parlante et on entend aussi le fait que tu pondères la partie génétique et épigénétique, l'influence de l'environnement. Tout à fait,
- Speaker #0
hyper important.
- Speaker #1
C'est très actuel dans les publications, on en parle de plus en plus quand même dans l'expression des gènes. Ma métaphore sur l'arbre qui grandit comme la pousse, c'est pas tout à fait juste dans le sens où la lumière, un arbre qui arrive, qui s'en va, qui est coupé ou pas coupé. C'est bien plus compliqué que ça. L'image des fondations, elle est claire. Ce qu'on retient, c'est si tu as à intervenir, le fait que tu aies pu les voir plus tôt, en tout cas, il y a cette amorce de travail-là, ça te facilite vraiment le travail. Et puis je crois aussi, et c'est cher à toucher du doigt la santé, qu'il y a une prise de conscience. Je pense que dans le travail que tu fais avec les petits patients et avec les familles, c'est le fait de prendre conscience de certains obstacles, de certains freins. On parle de la tétine qui représente quand même beaucoup de motifs de consultation. mais aussi de la façon de respirer, du sommeil et de toutes ces parafonctions problématiques. C'est peut-être l'occasion de parler des gens autour de toi, de l'équipe de laquelle tu t'es entourée. Tu veux bien nous dire quelques mots parce que là, on parle de la mastication, on parle de la ventilation, on parle du sommeil, on parle de la sucion. Rien que ça déjà, il y a un certain champ d'application, de compétences.
- Speaker #0
Effectivement, c'est très, très vaste et c'est... C'est la problématique aujourd'hui, je trouve, dans nos activités libérales indépendantes, on va dire. On est chacun dans nos cabinets et pour le patient, ça constitue quand même une certaine perte de chance en matière de délai de prise en charge et en matière de synchronisme, si je puis dire, de cohérence dans les interactions entre chaque praticien. J'avoue que comme je suis sensibilisée à tout ça, je repère tout ça et puis j'oriente. Mes premiers interlocuteurs, les praticiens, mes partenaires, c'est d'abord les pédiatres que j'ai aussi beaucoup sensibilisés, qui regardent dans les bouches des enfants et ça c'est une chance déjà immense. Les pédiatres, les médecins généralistes aussi, les ostéopathes. Alors là, les ostéopathes, ce sont... J'ai ma petite idée sur le côté d'un travail en binôme. Là, je vais faire une consultation avec une orthophoniste, on va faire une consultation pluridisciplinaire. pour apporter nos deux champs de vision au même moment sur un cas clinique. Pour moi, l'ostéopathie, c'est tellement complémentaire. On parle de suture au niveau du crâne, on parle de croissance des mâchoires, on parle de tout ça, mais sans l'aide de l'ostéopathe, il faut savoir que des palais asymétriques, ils sont asymétriques souvent avant que les dents n'arrivent, parce qu'il se passe des choses au niveau du sphénoïde, de l'occipital, je ne vais pas t'apprendre ça, tu le sais mieux que moi.
- Speaker #1
Je vois bien de quoi tu parles.
- Speaker #0
Voilà. Donc les ostéopathes sont mes alliés. aussi, mes partenaires, les ORL évidemment, puisque tout ce qui va être sphère orofaciale avec la ventilation, les oreilles, la langue, le palais, tout ça, ils sont avec nous. Les orthophonistes, bien entendu, les kinélingos, tous ces gens qui vont faire ce travail qui est ô combien essentiel et ô combien ingrat. Ils ont la particularité d'avoir des et Une vision et une connaissance sur tout ce qui est musculaire autour et fonctionnel autour des dents, autour du dur, qui est formidable. Et ça demande un effort. C'est là où c'est complexe dans nos activités, c'est d'aider le patient à devenir acteur de son traitement à plein temps. Et c'est plus simple quand ils sont petits, parce que c'est du jeu, parce que c'est facile, parce qu'on englobe les familles avec nous en faisant des rituels simples à faire. Plutôt que quand les dysfonctions sont engrammées depuis plus longtemps, depuis plusieurs années, plusieurs dizaines d'années, et que là, il faut apprendre à monter la langue au palais, y penser plusieurs fois par jour, et on rentre dans, même si on veut rendre ça fun, ça devient toujours un peu moins fun parce que c'est un peu tard.
- Speaker #1
Le ludique est moins facile à installer. Oui,
- Speaker #0
c'est un peu tard.
- Speaker #1
Ça fait une grande équipe, donc, de toutes les spécificités dont tu viens de parler. Merci pour le clin d'œil, Ostéo. Sur la partie rééducation... Le ludique, à la fois en orthophonie et en kiné, ça rejoint l'idée de toucher du doigt, je répète, mais de prendre conscience. Tu vois, j'ai vraiment cette notion que plus la prise de conscience, le fait de pouvoir percevoir cette dysfonction de langue, le fait qu'il y ait un frein ou pas, qu'il y ait une perturbation dans le schéma corporel de la zone, qu'il y ait une densité, qu'elle soit tissulaire, sur les cervicales, sur l'ostéoïde, sur la loge antérieure du cou. Et pas que parce qu'il y a eu un accouchement difficile. Il ne faut pas tout remettre sur la faute des gynécos. Pour moi, c'est vraiment trop raccourci de faire ça. Pour différentes raisons, le fait d'amener cette vision que tu as, toi, aujourd'hui, riche de cette expérience-là, de dire, on va intervenir sur les dents pour structurer les bonnes fondations, mais il faut aussi aller voir la langue, orthophoniste, kiné. Il faut aussi aller voir les fascias, les tissus, les muscles ostéos. Un médecin. généralistes, pédiatres, etc. ORL, bien sûr. Et donc, cette grande équipe.
- Speaker #0
Je voudrais compléter cette grande équipe avec d'autres domaines qui ne sont pas souvent mis en lumière, mais qui, à mon sens, sont hyper importants. Qui le méritent. Les hypnothérapeutes ou les sophrologues, toutes ces personnes qui vont travailler justement à aider à diminuer la dose de stress. Je fais beaucoup d'orthopédie dentofaciale. J'ai quand même une petite partie de soins dans mon activité, puisque les caries restent Merci. quand même présente et je me charge de faire les soins chez mes patients. Je me suis formée au méopathe et surtout à l'hypnothérapeutique. Il y a beaucoup de choses que j'arrive à gérer dans la douleur, dans l'acte en lui-même et puis il y a d'autres choses qui sont un petit peu plus profondes et qui demandent un travail différent ou un petit peu plus long. On va dire là, je botte en touche, ce n'est plus mon domaine de compétence mais en revanche, il faut s'aider de ces personnes-là qui sont formidables, qui font un travail formidable. L'hypnothérapeutique va à de de... de beaux jours devant elle. Et les personnes qui travaillent sur l'intégration des réflexes archaïques également. Les réflexes archaïques, c'est encore un domaine extrêmement obscur, il faut le dire. Ils n'ont pas la chance d'avoir des publications scientifiques, ils n'ont pas la chance du coup d'avoir des fondations scientifiques. Mais il y a un recul clinique qui est extrêmement étayé, qui commence à avoir plusieurs vingtaines d'années maintenant. et avec des éléments qui fonctionnent et qui fonctionnent très très bien à partir du moment où on a compris que nous naissons avec des réflexes archaïques qui sont présents, prédominants. Heureusement, le réflexe de sucion d'églutition en fait partie. Heureusement qu'il est là, sinon la survie ne serait pas possible. Et ces réflexes doivent, au fur et à mesure que le bébé va mûrir, grandir, s'intégrer. S'intégrer, ça veut dire qu'ils sont toujours présents. au cas où, en cas d'urgence, mais que dans le reste du courant de notre vie, ils sont censés être en veille pour laisser la place à des fonctions motrices volontaires. S'alimenter, c'est prendre un aliment avec la main, le porter à la bouche. Et là, je rejoins totalement ce que Clémentine Courrèges nous a dit dans un précédent podcast. Ce que la main ne peut pas prendre, la bouche ne pourra pas le découvrir. Ça a l'air tellement évident, mais c'est l'essentiel. En revanche, quand vous avez un réflexe qui reste actif, ça veut dire que la zone du réflexe, dès qu'elle est stimulée, va provoquer le déclenchement du réflexe. Et là, le corps n'est plus dans la motricité volontaire, il est dans la motricité réflexe. Ça veut dire que nos petits bouts de chou, ils ne peuvent pas faire autrement que de porter à la bouche. Les enfants qui mordent leurs stylos, qui mangent leurs étiquettes, qui rongent leurs ongles à longueur de temps, qui portent tout à la bouche, mais je parle de ça... à 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10 ans, plus tard encore. Tout ça, ce sont des réflexes non intégrés. Il y a une bonne nouvelle, c'est qu'on peut l'intégrer. D'accord ? Tout va bien. Mais c'est un domaine qui existe. Il faut savoir que ça existe. Ce n'est pas ésotérique, ce n'est pas un truc, ce n'est pas du chamanisme. Ça existe, c'est très sérieux. Et ça fait partie de notre constitution naturelle.
- Speaker #1
Merci de rajouter ça. Et c'est aussi... C'est aussi un parti pris, je vais presque dire un risque que tu prends de sortir de la reconnaissance scientifique, presque du dogme je vais dire, parce que c'est fatigant, on a besoin des études, mais il y a aussi une certaine ouverture d'esprit à garder en disant que tant que ça ne s'est pas encore prouvé, ça ne veut pas dire que ça ne fonctionne pas.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Je crois que c'est important à dire, à répéter, à souligner et merci de prendre cette posture-là. Il y a d'autres partenaires, les réflexes archaïques, on va y revenir un petit peu dans comment ça se passe la consultation, juste après. Je crois que tu travailles aussi avec d'autres personnes, on peut les citer parce qu'elles font partie de la grande famille. Je crois qu'il y a aussi, on en parlait en off juste avant, et puis ça fait partie des sujets de discussion qui nous maintiennent des fois à tard dans les échanges. Je crois qu'il reste une ou deux personnes qui sont dans ton quotidien.
- Speaker #0
Absolument, absolument. C'est la chance que j'ai de travailler aussi. dans une maison de santé qui regroupe une diététicienne, Pascale, qui est aussi vigilante à tout ce qui se passe forcément dans la cavité buccale avec ce prisme d'entrée de la diététique, mais surtout de la fonction. Finalement, on a réussi à... Elle est très sensibilisée à ça et donc elle dépiste maintenant beaucoup de choses. Et elle fait les liens, justement. Donc, elle oriente. Et là, il y a moins de perte de chance pour les patients. C'est une autre personne, un autre corps de métier qui est exceptionnellement important. Ce sont les sages-femmes. Les sages-femmes qui vont avoir un rôle majeur dans les premiers temps, justement, de la mise en place de ce réflexe de solution d'églutition et de sa bonne mise en fonction, on va dire. que ce soit au sein ou que ce soit au biberon, accompagner le début de la vie pour que cette sphère orale soit investie d'un lieu de calme, de sérénité, de plaisir, parce que l'alimentation doit rester un plaisir, quels que soient les âges de la vie. Et pour ça, il faut que la sensorialité de la cavité buccale soit stimulée de la bonne façon, avec les bons outils, entre guillemets. Et ça, les sages-femmes sont formidables. Et quand je parle des bons outils, je parle et je refais un parallèle avec les réflexes archaïques. Parce que pour le cas de l'allaitement, comme dans le cas de la prise du biberon, un bébé... Un bébé doit être positionné de la bonne façon pour pouvoir stimuler les zones réflexes de ses petits pieds, de ses petites mains, de son petit ventre et de sa petite tête. Et certaines positions sont à proscrire, d'autres sont à privilégier. Et malheureusement, ce ne sont pas les positions que l'on connaît le plus ou qu'on voit le plus sur nos magnifiques affiches dans les magasins de périculture qui sont à mettre en pratique.
- Speaker #1
Donc on fait un petit clin d'œil à Mireille. Et puis, à toutes les sages-femmes, c'est une profession qui n'est pas assez reconnue. C'est l'occasion de le faire. Alors, on leur envoie un coucou de remerciement pour tout ce qu'elles font et l'importance qu'elles ont à la fois émotionnelle dans l'impact d'une vie, toute notre vie, on s'en souvient, et aussi dans la partie de l'installation au sein ou au biberon, pas de jugement, mais en tout cas dans le fait d'être accompagnée dans la biomécanique. Là, sur le parallèle posture-ostéo, Merci. Il faut imaginer, je me permets, un repas de Noël énorme, vous sortez, il est 18h à table, et là vous allez imaginer vous plier, vous incliner sur un côté complètement et devoir finir le fromage comme ça, dans une posture complètement coincée. Imaginez ça, c'est délicat, l'estomac trop plein. Quand les bébés se nourrissent, quand un nouveau-né se nourrit, c'est important la posture. La mobilité de son corps, l'installation au sein, après, pendant, alterner les bras, quand on les porte, quand on les nourrit, c'est quelque chose qui est vraiment important. Et cette prise de conscience, elle est en train d'arriver. Donc, petit clin d'œil pour tout ça. Donc, ça veut dire quand même beaucoup de partenaires finalement derrière les dents.
- Speaker #0
Beaucoup de partenaires et des échanges qui sont extrêmement enrichissants. Puisqu'évidemment, moi, elles m'apprennent tous les jours. Je découvre tous les jours. Donc, forcément, j'enrichis mes... conseils, je les adapte tous les jours. Il y a des choses que je pensais savoir, mais alors c'est un métier qui rend tellement humble parce que, heureusement, on se rend compte que non, on pensait que ça allait se passer comme ça, et non. Et c'est pour ça qu'il est fondamental d'observer, de garder cette humilité, d'observer et de tirer les bonnes conclusions. Les enfants sont pour ça des formidables mathématiciens. Je renoue encore un peu avec les réflexes archaïques parce qu'il y a un réflexe qu'on appelle le grasping. C'est un de nos petits bouts de chou, vous leur mettez le doigt dans la main, il va serrer très très fort. Tellement si fort que vous pouvez presque le tracter, c'est vraiment braquial. Donc les enfants sont des mathématiciens à mon sens, dans le sens où tant qu'on n'a pas prouvé qu'une hypothèse était validée, il faut la tester. Je relis ça juste au réflexe archaïque du grasping. Nos enfants passent tous par cette phase où on leur donne un objet, ils le lâchent. On leur donne, ils le lâchent. Ils leur donnent, ils le relâchent. Ça peut être à l'infini. En fait, ce qu'il faut savoir, c'est que pendant cette période-là, où ils vont faire ce mouvement de façon très répétitive, ils ne sont pas en train de nous embêter pour que l'on leur redonne l'objet dans les mains. Ils sont juste en train de tester cette découverte absolument phénoménale qui s'ouvre à eux. c'est-à-dire, je saisis un objet, si j'ouvre ma main, Donc si je fais cette action volontaire, motrice, d'ouverture, petit à petit, il commence à quitter le mode réflexe, où je stimule l'intérieur de ma main, je ferme la paume. Là, il a quelque chose dans la main et il décide de faire l'action inverse. Il ouvre la main, ce qui provoque, avec la gravité, la chute de l'objet. Il va donc répéter ça aussi longtemps que nécessaire afin de l'engrammer en lui. Une fois que ce sera engrammé, il va pouvoir passer à une autre hypothèse, à autre chose. marcher, voilà, les doigts dans la prise. Alors là, si je mets le doigt là, ça provoque ça chez papa et maman. Alors je refais, ça reprovoque pareil. Ok, là on est en train de mettre en place un conditionnement. Effectivement, il va comme ça apprendre des codes, les codes sociaux, les codes qui font qu'il y a des choses qu'on a le droit de faire, des choses qu'on n'a pas le droit de faire. Mais la façon dont nous, nous allons avoir de réagir, va aussi avoir une importance pour dans quelle boîte de son cerveau il va mettre ça, en fait. Ça, c'est danger. Ça, ça l'ennuie, ça me fait rire, sa réaction, ça c'est plutôt bien, c'est plutôt pas bien. Bon bref, je m'excuse, je pars un petit peu. Ah, vous voyez, j'ai compris que c'est bon.
- Speaker #1
On te sent passionné et c'est génial comme ça. Et puis de parler de la qualité de l'observation, ça revient loin en arrière. Il me semble que c'est Hippocrate qui parlait de l'importance de l'observation. Je ne sais plus ce que c'est le pourcentage, mais je me demande si c'est pas 80 ou 90%. de l'acte médical à l'époque, pour lui, ça résidait dans cette capacité-là. Donc, on est sur des bonnes bases quand même. Tu peux naviguer là-dessus. Je reviens après ce parallèle. Elle est là sur, concrètement, pour les personnes qui nous écoutent, on a vu un grand paysage, tout ce qu'aujourd'hui tu intègres dans la consultation, ou en tout cas tout ce que tu prends en considération, quand c'est pour toi, tu gères, quand c'est pas pour toi, tu renvoies, tu adresses, avec des petits mots, dans ton raison, on a bien compris ça. Et je me dis peut-être quand même que tu peux dire quelques mots sur qu'est-ce que c'est l'orthodontie précoce en termes de... matérielle, tu vois, pour que les gens qui connaissent pas puissent se dire, non mais moi j'ai l'image des bagues des ados qui se serrent qui pincent les lèvres pour pas qu'on voit leur sourire et qui sont un peu crispés comme ça et on l'a été pour ceux qui ont eu des appareils ok donc ça c'est une image qui existe mais concrètement, tu vois, tu peux nous mettre un peu d'image, nous parler de ça ?
- Speaker #0
Alors, déjà il y a toute une terminologie ici on parle pas d'appareil dentaire, on parle de bijoux C'est des bijoux, c'est des bijoux parce que c'est petit, c'est précieux, ça vaut de l'argent, faut pas se leurrer non plus. C'est tout un savoir-faire et c'est de la haute couture. C'est vraiment de la haute couture, c'est fait sur mesure à la bouche de l'enfant. Donc c'est précieux. Les enfants en bas âge sont formidables par rapport à ça parce qu'ils vont respecter à la lettre toutes les consignes qui vont pouvoir leur être données. Ils sont extrêmement... observant, extrêmement coopérant. Beaucoup de questions je pense doivent arriver dans la tête des gens qui m'écoutent en se disant pourquoi aussitôt ? Et puis ça doit faire mal, et puis il ne va pas le porter, et puis machin. Je vous rassure tout de suite, ça ne m'est jamais arrivé d'arrêter un traitement en plein milieu de route parce que tout à coup, bof, il avait plus envie de le porter. Il faut savoir que quand on fait un traitement, c'est un contrat. C'est un contrat entre moi et vous. On ne se lance jamais dans un traitement comme ça parce que ça nous chante. Non, non, il y a des règles à respecter. Je vais vous demander de faire des efforts. Moi, je vais en faire de mon côté. C'est un travail d'équipe. Et à 4-5 ans, ne perdez jamais de vue qu'un enfant à qui on dit quelque chose, il le prend pour argent comptant. Un adulte, ça ne ment pas. Un adulte, c'est sincère. Un adulte, ça ne peut pas mentir. La bonne nouvelle, c'est qu'effectivement, moi, je suis... hyper sincère dans les traitements que je fais, ce qui, clairement, me facilite beaucoup la vie. Mais en plus, les enfants me le renvoient formidablement bien. Donc, une fois que... C'est surtout papa et maman que j'ai besoin de convaincre que leur enfant va vivre cette aventure de façon super chouette, super cool, super détendue. Après, ils observent bien, ils voient bien comment ça se passe dans la consultation, pendant le soin. Voilà. Donc, pour faire concret, les appareils, ce sont des petits bijoux qu'on appelle des plaques. palatines qui viennent s'accrocher contre le palais par l'intermédiaire de petites pattes métalliques qui viennent sertir les dents postérieures. Ça ne se voit donc très très peu. Il y a des petites épaisseurs en résine. Le matériau, c'est de la résine qui nous permet aujourd'hui en plus d'avoir plein de couleurs, des paillettes, des dessins, des logos. Donc c'est génialissime. L'enfant va pouvoir se l'approprier d'autant mieux. Son petit bijou qui va prendre soin de lui et en retour, lui va en prendre soin. Donc c'est amovible. J'apprends à l'enfant à le mettre et à l'enlever. Et le seul moment où je lui demande de l'enlever, c'est au moment où il va se brosser les dents. Donc d'un point de vue hygiène, zéro problème. D'un point de vue fonctionnel, que des bénéfices. Puisque quand il faut appareiller un petit bonhomme, enfin un enfant, c'est parce que soit on a une bouche trop petite, dans 100% des cas, et qu'en plus on va avoir une dysfonction. Donc une langue qui va avoir du mal à se positionner au palais. L'idée, ce n'est pas de faire des traitements à rallonge. On est efficace sur neuf mois, un an grand maximum. Et avec différents appareillages qui vont évoluer au cours du temps. Il y a un petit vérin, une petite molette. Donc en plus, au niveau de la préhension fine, on les aide à faire une acquisition de cette préhension fine. C'est un travail d'équipe. Papa et maman sont toujours derrière, évidemment, pour vérifier. Mais ils vont déjà avoir cette responsabilité-là. D'un point de vue praxique, ils vont mettre les doigts dans la bouche. apprendre à faire captain crochet avec les index pour déclipser le petit bijou, remettre avec les pouces pour appuyer, sentir d'un point de vue cognitif que les dents du bas vont avoir un nouveau contact avec ces petites pistes de résine, puisque l'idée, c'est de désengrammer ce qui existe. L'occlusion, c'est le fait que les dents du haut et les dents du bas s'organisent, se rendent compte d'une certaine façon, et moi je veux les aider à sortir de cette occlusion-là. Donc il faut interposer ces petites pistes H24. Donc la bouche n'est plus jamais toute nue. On est toujours avec son petit bijou pour réapprendre à fonctionner un peu différemment. Et dans mon traitement, j'ai besoin de ce travail d'équipe avec papa et maman parce qu'il va falloir donner à manger un bon carburant à cette locomotive pour qu'elle fonctionne à plein régime, à savoir des aliments crunchy. Faut que ça croque. La pomme pote, la brioche, c'est ok, mais c'est pas tous les jours. La qualité masticatoire de ces aliments-là ne nous rend absolument pas service. Donc il faut mettre des bouts de pommes, des quartiers de pommes, des bâtonnets de carottes crues, des quignons de pain, des croutons de pain, des amandes, des noisettes, du saucisson, des carrés de chocolat noir. des trucs qui font du bruit quand on mastique. Voilà, le sensoriel, on revient sur le sensoriel et sur le jeu. Parce que là aussi, papa et maman, j'ai besoin de vous, il faut que vous fassiez partie de l'aventure. Quand on est à table, on mange assis, les pieds sur un appui. Donc pour les petits-enfants qui ont des chaises hautes, par pitié qu'ils aient les pieds appuyés sur quelque chose. Voilà, on est ensemble à table, on n'est pas en train de faire autre chose, on ne se lève pas, on ne regarde pas son portable. On mange la bouche fermée, ça doit faire du bruit mais sans qu'on voit ce qui se passe à l'intérieur. Donc c'est toute une gymnastique et puis les enfants ne peuvent faire ça que s'ils voient. Nous sommes leurs exemples, jusqu'à preuve du contraire, il faut bien prendre exemple quelque part. Donc c'est au sein familial que ça se prépare. Vous voyez donc, si moi je mets en place plein de choses ici et que j'ai des beaux discours, mais si à la maison on mange de la brioche et de la pomme pote à longueur de temps ou des pâtes et du steak haché, vous imaginez bien que je perds quand même un peu d'efficacité.
- Speaker #1
on imagine bien il vous manque les yeux de Virginie pour la conviction mais je vous les transmets avec les mots derrière toute cette passion là on entend si je reformule les bijoux c'est joli je trouve ce terme je ne l'avais pas vu comme ça je trouve que d'un point de vue sémantique aussi c'est du positif il y a un vrai travail bien joué pour ça de la résine, des toutes petites attaches métalliques la motricité fine, le schéma corporel de la bouche je répète pas l'ensemble de ce que t'as dit mais pour que les gens gardent l'image on mettra des photos sur les réseaux si vous êtes curieux de voir ça, ceux qui connaissent pas on a réussi à faire des photos avec des mini super héros dans les plaques j'imagine qu'ils doivent être contents de le porter quand même ah oui,
- Speaker #0
ah oui, ah oui Oui, oui. Puis aujourd'hui, on peut faire plein de choses. Ils m'amènent des photos de leurs petits chiens, de leurs petits Ausha. Clac, clac, on les miniaturise, on les met dedans et c'est... Voilà.
- Speaker #1
Génial.
- Speaker #0
C'est des aventures importantes.
- Speaker #1
Là, en termes d'observance, je serais curieux d'avoir la stat de avant ça et après ça. Ah,
- Speaker #0
mais j'ai... Pour être honnête, j'ai toujours travaillé avec.
- Speaker #1
Ok. Tu as pas 100 ça.
- Speaker #0
J'ai pas 100. Non, j'ai pas 100.
- Speaker #1
Bon, Virginie, génial. Franchement, ça permet vraiment de mieux se rendre compte... à la fois de ce que c'est en matériel, des enjeux qu'il y a derrière, et puis j'aimerais bien qu'on parle un petit peu plus du partenariat parental. Parce que c'est quelque chose qui me paraît déclinable dans plein de situations et qui va être commun. Je pense que ça va vraiment parler aux soignants, aux thérapeutes, aux parents, peut-être aux enseignants aussi, sur la façon de communiquer. En off, on en parle régulièrement dans les réunions, sur la sémantique. Je te laisse, tu vois où je veux aller ?
- Speaker #0
Oui, oui. La sémantique ultra importante, en matière de communication, il y a quand même une grosse majorité de non-verbales, énorme majorité de non-verbales, dans des contextes comme le mien, c'est quelque chose qui est prépondérant. Mais alors, le non-verbal, je peux le gérer. C'est beau, c'est joli, il y a des couleurs, je suis sympa, je suis souriante. C'est la base, on est d'accord. Mais si là-dessus, le verbal... Il est à côté de la plaque, et bien on a tout faux, et là on saccage, malheureusement on sabote en quelques fractions de secondes tout ce que le non-verbal nous envoyait comme message neuronal de confiance. Confiant, positif, safe, sécure,
- Speaker #1
on voit bien.
- Speaker #0
C'est ça. Donc on va faire un tout petit rappel de sémantique. Le premier truc, et le plus compliqué, abandonner les négations par pitié. C'est beaucoup plus facile à dire qu'à faire. Moi, je me soumets à l'exercice tous les jours et parfois, au début, je me mordais la langue plusieurs fois avant de parler. Parce que c'est vrai que c'est ce qui nous vient en premier. Ne fais pas si. Sachez juste que dans votre inconscient, ça c'est on revient dans l'hypnose, l'inconscient n'entend pas la négation. Donc si je vous dis là à tout le monde, chers auditeurs, ne pensez pas à un éléphant rose, je sais que vous l'avez tous vu dans votre esprit. Tous. Pourtant, je vous ai demandé de ne pas le faire. Donc, quand vous demandez à votre bout de chou qui arrive ici, qui a 4-5 ans, et puis qui va débarquer dans ma salle de soins et qui va se jeter sur mon super circuit de voiture, ne lui dites pas, arrête de bouger, ne joue pas, reste concentré. Écoute la dame, arrête de faire le fou. Non, parce que déjà, d'une part, vous lui dites avec un ton autoritaire. La deuxième chose, c'est que vous ne lui donnez que des injonctions négatives d'interdiction. Et puis, n'oubliez pas aussi, optionnellement, c'est qu'en fait, eux, ils n'ont pas de filtre. Donc oui, nous sommes là pour leur donner un cadre. Mais le cadre est d'autant plus reçu positivement par l'autre quand il est donné avec une voix calme, bienveillante, ferme, mais sans... hausser le temps et surtout sans négation.
- Speaker #1
On parle de la tonalité de voix, de l'intentionnalité. Je reviens sur la sémantique, je me permets de revenir en arrière. T'inquiète pas, ça fait pas mal, elle est pas méchante.
- Speaker #0
Donc là, vous avez tous entendu, inquiète-toi. J'ai mal, elle est méchante. On est d'accord, vu qu'on fonctionne tous pareil, vous n'avez pas entendu la négation. Et les mots qui sont revenus en relief, ce sont ces trois mots-là. Exactement ce qu'on ne veut pas. Surtout ce qu'on ne veut pas.
- Speaker #1
Et dans ta particularité à toi, tu vois, moi, en ostéo, parfois, il y a ce discours des parents. Donc, je reviens dans le cadre. On est dans le partenariat parental au sens large, les enseignants, etc. T'inquiète pas. de cours pas tu vas tomber, c'est ce type de choses là. Là toi, en plus de ça, tu vas mettre des objets dans un des endroits les plus intimes du corps où on n'a pas envie de le faire. Et ça je crois que c'était important de faire passer ce message là, de dire ça va pas te faire mal, elle est pas méchante et tu vas pas souffrir. Je pense que ça c'est quelque chose que tu vis peut-être moins maintenant avec les patients éduqués mais avec les premiers patients. Ah oui,
- Speaker #0
complètement, complètement.
- Speaker #1
Je suis curieux de ça, tu veux bien nous en parler un peu ? Comment c'est pour toi dans ton quotidien ?
- Speaker #0
En fait c'est hyper drôle parce qu'au début j'étais la seule à être formée puis ensuite j'ai formé Marjolaine à l'hypnothérapeutique et à ce langage positif et puis Tiffany, donc on est toutes les trois, on sait décrypter, on sait comprendre. La majorité du temps en fait on comprend surtout le malaise des parents qui veulent le mieux pour leur enfant, qui veulent les aider de ça.
- Speaker #1
Et on est bien d'accord en préambule de ça, les parents ils viennent. T'as mis leurs enfants, on est tous remplis d'amour pour nos enfants, c'est ok, c'est pas ça. C'est plutôt comment améliorer ça, je précise.
- Speaker #0
C'est exactement ça. Et donc nous, en tant que thérapeute, on sait décrypter que c'est juste une maladresse, c'est pas volontaire, c'est juste une maladresse. Mais du coup, moi maintenant ça m'amuse et je leur dis avec toute ma bienveillance, je leur explique ce que je viens de vous dire. Attention, votre enfant vient d'entendre exactement le contraire de ce que vous lui avez dit. Donc là, optionnellement, vous venez de me saboter le travail. Donc... Ce que je vous propose, vous restez là à côté de nous. Donc, on a des petits tabourets. Ils viennent à côté du fauteuil. Ils sont assis à côté de leur enfant. Ils leur font des doudous sur les jambes. Ils leur tiennent la main. Ils sont là présents. Et je leur dis, soyez là présents physiquement pour votre enfant. Le reste, vous me laissez faire. Et donc, je crée une alliance avec les parents parce que c'est hyper important. Maintenant, il y a des parents qui acceptent ça. Il y en a d'autres qui n'y arrivent pas. Si jamais ils n'y arrivent pas, on se met d'accord. soit La tension pourrait être difficile à accepter de voir leur enfant comme ça. Ils se projettent tellement à leur place qu'ils n'y arrivent pas. Auquel cas, soit ils acceptent d'aller dans la salle d'attente, si c'est ok pour l'enfant de rester tout seul. Soit ils restent là, mais du coup, ils se séparent physiquement de l'enfant. Ils restent un petit peu plus à distance. Je vous avoue qu'en fait, avec beaucoup de bienveillance et d'empathie, on arrive à faire des miracles. Vraiment, l'hypnose, c'est un état de conscience modifié. Et puis, tout ce dont on a besoin, c'est d'être compris. Les parents se sentent compris, je comprends leur malaise. Maintenant, je leur dis, il n'y a aucun souci, regardez, observez, vous allez voir, votre enfant va kiffer ce moment. Ça va super bien se passer. Et quand ils ne veulent pas, parce que des fois, je pense que vous êtes en train de vous dire, il y a des fois, il ne veut pas ouvrir la bouche. Moi, je n'arrive pas à lui laver les dents, donc je ne vois pas pourquoi il le ferait avec vous. Et oui, en effet, il y a des fois, je n'arrive pas à leur faire ouvrir la bouche. Mais attention, quand ils arrivent, moi, je respecte ça parce que c'est humain. Ils n'ont pas de filtre. Je vous rappelle, eux, s'ils ne se sentent pas en sécurité, c'est qu'ils ne se sentent pas en sécurité d'une façon ou d'une autre. Soit par l'image que je leur renvoie, soit par l'angoisse que papa ou maman... transmettent. Et c'est pas grave. On a le droit de ne pas être ok au moment où c'était prévu. C'est pas grave. Donc je leur... Comment dire ? Je vais les laisser repartir après avoir quand même fait ma consultation du coin de l'œil, pendant qu'ils sont en train de jouer. Parce que là, c'est le premier pas pour les aider à être à l'aise, à être bien. Se retrouver dans un environnement de jeu. Ils m'entendent parler avec papa et maman et tout à coup ils savent qu'ils ne sont plus au centre de l'attention. Donc ils sont... cool et moi je les observe et je regarde la bouche est ouverte, la bouche est fermée est-ce qu'il déglutisse, est-ce que la langue sort est-ce qu'il est moteur, est-ce qu'il n'est pas moteur voilà,
- Speaker #1
je vois des choses c'est fort ce que tu dis parce que dans l'épisode dans un des épisodes précédents avec le groupe 3 Cafés Gourmands on parlait d'état dans le système nerveux sympathique, parasympathique et là ça fait vraiment un lien avec le côté neuro le fait d'une d'avoir créé ton environnement à toi dans le cabinet qui soit attirant, ludique pour eux. Et puis, il y a quelque chose que je souligne, qui moi me paraît vraiment important, c'est que tu leur offres presque le privilège, le droit de dire, ok, la consultation c'est ça, mais dans le temps de la pédiatrie, qui est un temps particulier, si je te force maintenant... Je vais perdre du temps après, donc je vais prendre ce temps-là maintenant. Et je pense que ça, ça mérite d'être souligné, parce que dans nos consultes ultra chargées, les emplois du temps qui sont pleins, je ne parle pas des délais orthophonistes, orthodontistes, ortho tout court, enfin c'est des délais qui sont importants. Je trouve que c'est... Parfois en ostéopathie, on parle de l'accord palpatoire. c'est à dire avant d'actionner des techniques de vouloir faire craquer, de tordre ou pas tordre ou être doux, on peut très bien lancer des techniques douces mais de s'assurer que l'être en face humain ou pas humain, animal, mais en tout cas que l'être soit ok, et je trouve que ça a mérité une parenthèse de se dire, c'est possible et malgré ton expérience, de temps en temps ça arrive Tu vas leur permettre d'avoir un temps, un sas pour dire peut-être que vous allez revenir une deuxième ou une troisième fois et là je vais réussir.
- Speaker #0
Et surtout, vraiment à destination des parents, ayez conscience que quand je fais ça à vos enfants, quand je les autorise, quand j'accepte et que je respecte le fait que pour eux ce n'est pas le bon moment pour me montrer la bouche ou qu'ils ne veulent pas, sachez qu'ils repartent avec non seulement des félicitations de ma part, c'est-à-dire que je les félicite d'être venus jusqu'à moi. de m'avoir regardé, de m'avoir écouté, parce que pendant tout ce temps ils n'en perdent pas une miette, il ne faut pas se leurrer. Et que tout ça... On est d'accord. Voilà, ils en perdent absolument... Et c'est ce qui va leur permettre dans leur baromètre intérieur de juger s'ils sont vraiment safe ou pas ici. Ils repartent, mais ils repartent avec ce qu'on appelle une prescription de tâche en hypnose. Ma prescription de tâche, ça va être « Mon coco, t'as été formidable, je te remercie, c'est la première fois qu'on se voyait. » T'as eu le temps de voir un peu comment ça se passait ici, tu vas revenir me voir, puisque aujourd'hui, tu sais bien, je n'ai pas pu voir ta bouche. Je respecte, je comprends. Maintenant que tu sais où tu es, qui je suis et ce que je fais, la prochaine fois, le fauteuil sera là, tu auras le choix de me montrer ta bouche ou sur le fauteuil ou sur le tapis de jeu, c'est ce qu'on appelle un choix illusoire en hypnothérapeutique. De toute manière, je jouerai ce que je veux, je veux regarder ta bouche. Je lui ai montré les écarteurs, j'ai évidemment pris le temps de lui... montrer un peu les outils que je vais utiliser. On va s'amuser à faire des grimaces, on se met devant le miroir et on va remettre du fun dans tout ça. Donc ils repartent avec, non seulement des petites tâches, mais ils savent aussi quel va être le programme. Ils sont au courant. Je crée mon alliance thérapeutique, je crée mon contrat entre moi et lui. Et je peux vous assurer que statistiquement, j'ai 100% de réussite, en fait, tout simplement parce que je suis allée à son rythme et parce que j'ai préparé le terrain pour la suite. C'est tout. C'est une question de respect. Dans la rue, on est quand même ok pour dire que quand quelqu'un nous aborde pour nous faire remplir un sondage, quand on n'a pas envie de le faire, on est content que la personne ne nous chope pas au lasso et qu'elle ne nous sangle pas pour nous obliger à répondre au sondage. Pourquoi on ferait ça à nos gamins ? Pourquoi ?
- Speaker #1
C'est hyper intéressant et ça fait du bien à entendre, je trouve. Ça fait du bien à entendre.
- Speaker #0
Et puis ça fait du bien à dire, je te promets.
- Speaker #1
C'est presque palpable.
- Speaker #0
Virginie, on vient d'aborder un certain nombre de sujets, la coopération, le partenariat parental, l'importance des mots, le fait de créer un environnement bienveillant pour les enfants qui te permettent sur une ou deux séances d'arriver à pouvoir toi agir après. On a parlé de ta team, de ton équipe, au sens strict dans tes locaux mais aussi de tous tes partenaires. Ça fait plein de sujets, je crois que les auditeurs vont pouvoir se rendre compte aussi de ces petits bijoux, de comment est-ce que c'est fait en plus des photos. Est-ce qu'il y a un sujet qui te tient encore à cœur avant de terminer l'épisode ?
- Speaker #1
Bon, il y en a beaucoup, mais il va falloir choisir. Oui, un sujet fondamental, un sujet de santé publique et un sujet qui est directement relié à ce qui se passe dans la cavité buccale et à la position de cette fameuse langue dont on parle beaucoup. C'est le sommeil et la respiration nasale. Dormir, on s'accordera tous à dire que c'est important, c'est encore mieux quand c'est un sommeil réparateur, on est d'accord ?
- Speaker #0
On est d'accord.
- Speaker #1
Il se trouve qu'on voit de plus en plus d'enfants avec des visages cernés, avec des visages qui évoluent sur ce qu'on appelle des long face, donc plutôt des visages longs, on va dire, étroits, longs, la bouche ouverte, la langue visible. Et puis des somnolences, d'illures, d'importantes, voire à l'extrême opposé de l'hyperactivité, des gamins, des vrais piles. Et puis au milieu de tout ça, il y a toujours quand même un dénominateur commun, c'est un sommeil qui ne va pas être réparateur. Alors il faut savoir que pour que le sommeil soit réparateur, il faut qu'il se fasse bouche fermée, langue au palais, on est dedans, complètement. Ce n'est qu'à cette condition là que le nez va pouvoir faire ce pour quoi il est fait, c'est-à-dire ventiler. respirer. S'il y a des obstacles anatomiques, végétation, amygdale, frein de langue restrictif, ça c'est un sujet très riche, très dense et qu'il faudra aborder un jour. Pour plusieurs raisons anatomiques ou fonctionnelles, asthme, allergie, hypertrophie amygdalienne à cause d'allergie, enfin voilà, ça peut entraîner du coup une langue qui ne va pas monter au palais, une asymétrie du palais, un schéma de croissance des zones maxillaires qui va faire que ils vont être tout le monde. trop petit, trop étroit et que la langue ne pourra pas monter au palais. Bref, on a tout un schéma de cause-conséquence qui s'installe et qui a pour finalité une bouche qui reste ouverte pendant la nuit. Donc l'air va passer par la bouche. Si pour peu vous rajoutez un nez toujours encombré et une incompétence au mouchage et l'absence de lavage du nez, et bien là, on a la recette de cuisine formidable pour que le sommeil ne soit absolument pas réparateur. Donc on peut avoir certains symptômes type ronflement ou respiration bruyante. Ce n'est pas forcément que ça fasse énormément de bruit, mais si ça passe par la bouche, ça fait forcément du bruit. Du grincement dentaire. Le grincement dentaire n'est pas anodin. Le ronflement n'est pas anodin. De l'hypersudation la nuit. L'hypersudation, qu'est-ce qui se passe ? Notre cerveau, c'est un gros ordinateur. Il a besoin d'être refroidi. Il ne peut se refroidir qu'à la seule condition que l'air passe par le nez. L'air, en passant par le nez, permet des échanges thermiques et des échanges gazeux. Je n'y viendrai pas plus parce que c'est hyper dense, mais ça ne se fait pas quand ça ne passe pas par le nez. Les échanges thermiques permettent le refroidissement du cerveau. On le comprend bien avec nos super ordinateurs, il faut des ventilos pour les éteindre de temps en temps, pour les permettre de baisser en température. Notre cerveau aussi ne peut pas baisser en température, il y a un excès de chaleur, il faut bien que ça s'évacue par quelque part. C'est cette épersudation qu'on peut avoir des gamins qui ont tout le temps chaud, qui sont transpirants toute la nuit.
- Speaker #0
Les auréoles sur l'oreiller.
- Speaker #1
Les auréoles sur l'oreiller, exactement. Le bavage au niveau de la bouche, tout à fait. Les autres symptômes, c'est l'agitation. Un gamin qui vous défait le lit en deux-deux et qui passe toute sa nuit à faire des allers-retours dans le lit, ce n'est pas hyper reposant. On se l'accordera. Et puis, j'en oublie. Non, je crois que j'ai fait à peu près le tour. J'en oublie peut-être, mais c'est déjà pas mal quand même quand on a tout ça.
- Speaker #0
Là, tu viens de nous donner aussi un certain nombre d'alertes en disant, je pense aux parents qui écoutent. On a plusieurs. Retour en off de parents sur des questions, notamment sur le sommeil. Il y avait eu un épisode sur le sommeil avec Caroline Romme. Sur la partie que tu viens de citer, s'il y a ça, attention, qu'est-ce qu'on fait ? Alors, qu'est-ce qu'on fait ?
- Speaker #1
Exactement, comment ça se passe ? En fait, ce qui se passe, c'est que souvent, ça part de la bouche. En fait, ça part quasiment tout le temps de la bouche. Ça part de la bouche parce que la langue ne vient pas se coller au palais. Pour quelle raison ? Est-ce que le palais est trop petit ? On va l'aider. on va l'aider avec l'aide de l'ostéopathe est-ce que la langue ne peut pas monter au palais à cause d'un frein restrictif ? soit on rééduque et ça permet de libérer si c'est un frein qui n'est pas trop restrictif, s'il l'est vraiment c'est chirurgical et c'est pas grave et c'est très bien mais la chirurgie, jamais sans rééducation avant Et après, c'est 17 muscles une langue, c'est pas fait pour rien qu'il y a tout ça, ça a vraiment une action majeure. Une langue permet de faire grandir les mâchoires quand elle vient se plaquer au palais. Il y a une orthophoniste qui dit ça, qui est géniale, qui dit la langue est une princesse et elle habite dans son palais. Si elle n'habite pas dans son palais, le palais ne peut pas s'agrandir. Un palais c'est grand, normalement ça a de la place. Elle est chouette l'image. Ouais, elle est chouette. Et voilà, on comprend bien au niveau par exemple du cerveau. Un bébé qui naît, son cerveau va faire plein de connexions neuronales et du coup ça grossit au niveau du volume. La voûte crânienne, les sutures qui constituent les différentes peu parties du puzzle crânien vont s'étirer, heureusement pour laisser de la place à ce volume neuronal qui prend de la place. C'est pareil dans la bouche, c'est pareil les deux os maxillaires qui forment notre arcade supérieur sont reliés par une suture qui est activée sans cesse quand la langue monte au palais. Et la langue doit monter au palais tout le temps. Quand on ne fait rien, quand on est en position statique, la langue au palais, mais complètement au palais, pas que le bout de la langue, tout le dos de la langue. Les arcades légèrement serrées, la bouche fermée. Et normalement, tout ça, c'est peu consommateur d'énergie. Et ça permet au nez de faire son job.
- Speaker #0
D'avoir des petits bouts en meilleure forme, moins cernés, avec des visages plus ronds, et pas tous ces signes-là que tu viens de nous évoquer.
- Speaker #1
Après, il faut moucher les bébés. Attention, hyper important, la respiration nasale est normalement, c'est la normalité chez un nourrisson. Un bébé qui vient de naître doit ventiler par le nez. Si la bouche est ouverte, allez voir les sages-femmes, allez voir le conseiller en lactation, allez voir votre pédiatre, allez voir quelqu'un qui connaît cette problématique-là.
- Speaker #0
On peut presque dire à n'importe quel moment de la vie, la respiration buccale,
- Speaker #1
ça veut dire trouver une solution.
- Speaker #0
aller chercher de l'aide, que ça soit dans tous les partenaires qu'on vient de lister. aller chercher, résoudre l'enquête. Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ?
- Speaker #1
Je veux tirer cette sonnette d'alarme parce que j'en parle tout le temps. J'en parle tout le temps dans mes consultations. Et ce que j'observe, c'est le côté ou fataliste ou normal. Oui, il ronfle un peu comme tous les enfants. Non, non, on ne ronfle pas. Ce n'est pas la normalité, ronfler.
- Speaker #0
Et fataliste ?
- Speaker #1
Fataliste, c'est comme ça, ce n'est pas grave. Moi, je viens pour qu'il aille dans droite. Bon, là, après, c'est... Voilà, moi, mon travail, c'est de faire en sorte que ce soit fonctionnel. Ce sera toujours beau si c'est fonctionnel. L'inverse, c'est pas vrai. Et esthétique,
- Speaker #0
les deux.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et on va gérer la mastication, la faunation, la respiration, la décliction et toutes les fonctions dont on vient de parler autour de cette cavité buccale. Ça me paraît vraiment bien. C'était important de rajouter ce point-là. Oui, je trouve aussi. Quand même. Ce que je te propose de faire... C'est de faire un petit parallèle pour les gens qui ont envie d'en savoir plus. Ceux qui sont à portée de ton cabinet, en tapant ton nom sur internet, ils peuvent avoir accès au site internet, à ce que tu as mis en place, notamment certains livrets. Et si tu découvrais l'histoire de ta bouche, et puis il y en a eu d'autres avec une illustratrice, je vais te laisser dire un petit mot là-dessus. Et puis peut-être où te trouver, et je crois qu'entre nous deux, il y a des comptes communs. des comptes Instagram, de vulgarisation, de... Vulgarisation, j'aime pas ce mot. Je vais dire de transmission d'informations, presque d'éveil de conscience sur... Voilà, c'est ça qui se passe. On participe à la Conscience Santé. Il y a plusieurs comptes Instagram. On se permettra exceptionnellement de les taguer et de les mettre en fin de commentaire parce que ça fait partie de ce qui est possible de faire à partir d'aujourd'hui et c'est un outil important.
- Speaker #1
Absolument, merci beaucoup pour ça. Alors en effet, vous avez compris quand même que beaucoup de choses peuvent être modifiées par l'acquisition de nouvelles habitudes. Nouvelles habitudes toutes bêtes, aider au sevrage, pour ça il y a des bons moments, je vous en parlerai après, aider à la mastication, bref. Il y a des petits livrets, je suis d'accord avec toi, le mot vulgarisation, je trouve ça absolument affreux, en revanche transmission de connaissances, éveil des consciences, c'est génial. L'idée, c'est de rendre abordables, accessibles ces notions-là qui nous concernent tous. Se brosser les dents, ce n'est pas si simple que ça en a l'air. J'ai fait des petits livrets là-dessus pour expliquer ce que c'est et à destination des enfants. C'est riche en illustrations, riche en couleurs. C'est rigolo. En tout cas, je n'ai pas la prétention, mais j'ai voulu faire en sorte que ce soit à peu près drôle. Et c'est Pauline Perrolet qui a bien voulu se charger de l'illustration de tout ça. Ce n'est pas un domaine dans lequel elle a l'habitude de travailler, le domaine médical et tout ça, dentaire encore moins, mais elle s'est soumise à l'exercice avec brio. Et ensuite, au niveau des différents comptes. Instagram effectivement qui permet cette ouverture des consciences parce que vous trouverez beaucoup de choses sur internet donc je vous invite quand même à faire travailler votre esprit critique et votre libre arbitre, votre libre arbitre, arbitre, oui. Il y a des comptes en revanche très sérieux que je me permets de citer ici aujourd'hui le compte du docteur Bourgeois. Doc Bourgeois, qui est un chirurgien dentiste qui travaille à Montpellier et qui travaille beaucoup au niveau des phrénectomies, justement, de la chirurgie des freins. Mais pas que, voilà, il travaille, il a la chance de travailler en milieu hospitalier. Il y a le comte de la tribu Happy Kids, qui est une orthophoniste et qui, là, pour le coup, rend le monde de la rééducation oro-myofaciale rempli de paillettes et d'arc-en-ciel. Et là, vraiment, c'est des outils vraiment... à disposition pour les parents, facile d'accès et facile à mettre en pratique, à mettre en oeuvre. Elle a d'ailleurs écrit un livre fort passionnant sur la respiration chez l'enfant. Un autre conte aussi d'une équipe belge qui s'appelle Serenitis. Et là, c'est vraiment mon coup de cœur absolu parce que j'ai rencontré des gens, je suis partie me former chez eux, qui sont avant-gardistes, qui sont pleins de passion. Ça m'a fait Plaisir de les rencontrer, je me suis sentie vachement moins seule. Et qui sont formidables dans les informations qui sont véhiculées. Voilà pour ces trois comptes. Il y en a d'autres encore. Le docteur Petit Chico qui est pédodontiste, qui va beaucoup nous parler de l'hygiène chez les enfants, des soins. Voilà, sous toutes ses particularités. Le docteur Camille Hollande également, qui est à Bordeaux, à côté de Bordeaux. Et qui a plusieurs casquettes, mais avec une casquette pédodontiste. Voilà, très importante. Voilà pour les comptes en tout cas que moi j'aime aller regarder.
- Speaker #0
Qui permettront aussi de mieux illustrer ton univers et puis qui complètent le tien.
- Speaker #1
Oui absolument.
- Speaker #0
Sur quoi est-ce qu'on te retrouve ?
- Speaker #1
Moi aussi on me retrouve sur Instagram. J'ai fait un compte professionnel qui permet aussi de pouvoir accéder à cette information.
- Speaker #0
C'est nouveau pour toi mais c'est important de le dire et c'est un compte qui est grandissant. Je suis convaincu de la puissance des livrets que tu as fait et de ton travail. C'est pas... pour moi le moment de faire la dernière partie du podcast, avant de te laisser un petit mot de la fin, si t'as envie de faire un petit mot de la fin. C'est te remercier. C'était vraiment... Ça fait plusieurs années qu'on correspond sur des patients communs, sur des prises en charge, et puis ça fait aussi plusieurs années que t'as créé un groupe autour de l'oralité et de comment est-ce qu'on peut travailler ensemble pour la petite histoire, et ça a fait émerger des prises de conscience A la fois chez les patients, mais aussi chez nous, les soignants. Donc merci pour cette initiative qui n'est pas facile dans nos emplois du temps très chargés. Merci d'avoir osé proposer des prises en charge qui n'existent pas ou qui sont très fraîches. C'est difficile d'être un ouvreur parfois, quand on voit les stats de la sécurité sociale et des prises en charge à 90% d'ados. Et puis merci pour ta bienveillance, ton sourire et ce dynamisme incroyable. Merci pour tout ça Virginie, de m'avoir reçu aujourd'hui.
- Speaker #1
Merci beaucoup, c'est gentil. Ça fait chaud au cœur, effectivement. Et puis, ça fait plaisir de se dire que c'est utile, utile à tout le monde. C'est chouette. Donc voilà, le podcast touche à sa fin. J'espère que ça vous aura appris des choses.
- Speaker #0
On se donne rendez-vous sur Instagram. Il y a quelques vidéos sur des questionnements qu'on peut se poser sur jusqu'à quel âge est-ce qu'il faut brosser les dents de vos enfants. Point de suspension, rendez-vous sur les réseaux. Passez une bonne fin de journée et à bientôt. Merci d'avoir écouté en entier cet épisode du podcast. J'espère que vous pourrez en retenir quelque chose de positif pour vous, que vous aurez touché du doigt des ingrédients de la santé. Si c'est le cas, je vous invite à prendre quelques secondes pour mettre 5 étoiles sur Spotify ou Apple Podcasts. podcast avec un commentaire. Avec cette petite action, vous m'aiderez à faire progresser le podcast dans les référencements. Cela me permettra de continuer d'inviter de nouvelles personnes pour produire des contenus de qualité. Je vous remercie par avance, prenez soin de vous et à bientôt !