- Speaker #0
Tournez la page par Zoé Beaumont
- Speaker #1
Pour ne rien regretter est une fable dystopique et futuriste d'Henri Lohvenbroek qui se déroule dans la ville imaginaire de Providence, un lieu isolé, désolant, désindustrialisé. Un jour, une multinationale nommée Goliath s'y implante. Les habitants, d'abord enthousiastes à l'idée d'obtenir un emploi et de sortir de la misère, voient peu à peu apparaître les revers. Dégradation écologique, surveillance numérique, toute puissance de l'entreprise sur les salariés, érosion des libertés, déshumanisation des relations, dérive de l'intelligence artificielle. Au cœur de ce système qui écrase toute contestation, Vera, jeune femme sensible et idéaliste, devient peu à peu une voie de révolte et d'espérance. elle incarne le refus de plier, la volonté de vivre selon ses valeurs et s'allie à un groupe d'activistes. Et Nora a pris une décision importante qui a transformé son mode de vie, ses choix et ses engagements. Comme Vera, elle sait que la lutte est inégale et que l'adversaire semble immense. Mais elle sait aussi qu'un geste peut en inspirer d'autres, et qu'ensemble, ils peuvent changer bien des choses.
- Speaker #0
J'ai 28 ans, j'habite à côté de Toulouse, en campagne, et je suis juriste. dans une association d'accompagnement aux victimes de violences conjugales. Je vais parler du livre qui s'appelle 100% de la série Chérub. Chérub, c'est une série de livres qui se base sur une idée un peu imaginaire comme quoi il y aurait des enfants qui ont été formés par des agents et par les services secrets. Et en fait,
- Speaker #1
ils deviennent du coup eux-mêmes agents dans les services secrets.
- Speaker #0
J'ai lu ce livre, j'avais 11-12 ans. J'ai été beaucoup éduquée à lire. Je lisais beaucoup quand j'étais jeune et aujourd'hui je lis beaucoup moins. On allait souvent à la médiathèque pour aller louer des livres, etc. Vu mon âge, je lisais beaucoup de romans pour adolescents. Je suis tombée sur cette série. Je ne sais pas si c'est ma mère qui me l'a mise entre les mains, parce qu'elle aussi lisait pas mal de romans d'adolescents à cette époque-là. Elle lisait soit des romans plutôt méditants historiques, soit des romans ados. Du coup, on se partageait beaucoup ce qu'on lisait. Donc en fait, j'ai lu au fur et à mesure les différents tomes et j'adorais vraiment cette série. Je la trouvais vraiment très intéressante. Et puis, ça m'emportait vraiment. Et c'est vraiment au tome 6 où il y a eu un déclic. Il y a eu vraiment quelque chose qui s'est passé. Le tome 6, pour peut-être mettre un peu plus de contexte, je disais que cette série, c'est l'idée que des enfants deviennent agents secrets. Et en fait, c'est des enfants qui n'ont pas forcément d'attache familiale, qui sont récupérés dans des orphelinats, etc., en fonction de leurs compétences, toujours avec leur accord quand même. Et en fait, au fur et à mesure des livres, on suit les différentes missions du personnage principal qui s'appelle James. Et dans le tome 6, c'est la mission de James qu'on suit, qu'il fait avec sa petite sœur, qui s'appelle Lorraine. Ils vont vivre, je ne sais plus quel endroit en Angleterre, sous couverture, dans l'optique d'investir un groupe terroriste animaliste, qui du coup revendique la cause animale. C'est marrant parce que c'est d'ailleurs ce qui est inscrit sur le résumé, c'est qu'il y a cette idée de ça va les amener à la frontière du bien et du mal. Parce qu'en fait, dans tous les livres qu'il y avait avant, dans les cinq premiers tomes, ils faisaient leur mission et la question ne se posait pas en fait. Lui, il est un petit peu plus âgé et sa petite sœur commence aussi à faire des missions. Je passe beaucoup de temps avec les militants. de la cause animale, ils se rendent compte au fur et à mesure que potentiellement cette cause elle est pas si négative que ça et qu'en fait ils peuvent s'y retrouver aussi dedans, et en particulier la petite sœur Lorraine, qui elle vraiment se retrouve un peu embarquée là-dedans et se questionne sur le bien fondé de la mission qu'elle est en train de mettre en place je crois que c'est le MLA, le mouvement de libération animale où en fait l'idée c'est qu'eux ils mettent en place des actions tu vois, genre ils vont dans les abattoirs dans les trucs comme ça pour aller libérer un petit peu les animaux Et en fait, à un moment donné, ça va un peu plus loin et ils kidnappent un gars qui... Alors, je n'ai pas tous mes souvenirs parce que ce livre, je l'ai lu beaucoup de fois quand j'étais jeune. Mais après, c'est assez intéressant. J'ai arrêté de le lire. Du coup, ils kidnappent un gars qui travaillait dans les gros labos pharmaceutiques, etc. Donc, ils font des tests sur les animaux pour faire une forme de série télévisée. Donc, ils le mettent dans une cage, posent des questions. Et l'idée, c'est de lui faire vivre le traitement qu'il a fait vivre aux animaux. Eux, leur mission, c'est de stopper tout ça. Les services secrets savent qu'il y a des actions terroristes qui vont être menées qui sont un peu au-delà de juste écrire « viande égale meurtre » sur une boucherie. Et donc leur but, c'est vraiment de limiter ça. Et en fait, ils participent du coup, forcément, pour se faire bien voir par le mouvement animaliste, ils participent aussi aux actions. Donc notamment à une action de libération de Beagle qui... Beagle, pardon, j'ai un accent anglais qui est nul,
- Speaker #1
donc on dirait que je parle de pain,
- Speaker #0
mais en tout cas d'animaux, de petits chiens. Ils participent à une action de libération de ces chiens-là, qui sont destinés à des traitements médicaux. Et notamment, la petite sœur conserve un des chiens. Elle, en tout cas, lui un peu moins, son frère, mais elle, vraiment, elle se pose des questions. et elle crée des liens aussi très forts avec les individus qui composent ce mouvement. Il y a toujours ce truc dans ce livre de, voilà, malgré tout, les actions sont violentes, du coup c'est pas bien, mais quand bien même elle se pose quand même toujours la question, quoi. Est-ce que vraiment, c'est quelque chose qu'il faut arrêter ? « Il se trouve que mes amis de l'armée de libération des animaux ont découvert quelques informations tout à fait étonnantes concernant votre petite entreprise » , poursuivit le jeune homme. En 2003, dans l'Alabama, une fillette de 3 ans a avalé un demi-litre des détergents ménagers. Inutile de vous préciser que ça l'a rendu très très malade. L'enquête a démontré que c'est à cause d'un défaut de conception du bouchon de sécurité que la petite victime a pu ingérer le produit. Ses parents ont poursuivi votre compagnie et réclamé 66 millions de dollars. Pourriez-vous nous dire, monsieur Cobb, quelle a été votre réaction lorsque vous avez appris que vous étiez attaqué en justice ? L'homme resta muet. Cobby. Je sais que vous êtes habitués à ce qu'on vous serve la soupe, mais cette émission est un peu différente des autres. Si vous persistez à ne pas collaborer, nous pourrions être amenés à vous exécuter en direct, histoire de relancer l'intérêt du public. Vous n'êtes qu'une merde insignifiante, leur s'accombe. Les petits bourges dans votre genre ne connaissent rien du monde réel. Pour être honnête, je préfère me prendre une balle dans la tête plutôt que de supporter vos délires gauchistes une seconde de plus. Vive se sentit désarçonné, mais il était déterminé à ne pas laisser son interlocuteur prendre le dessus. Eh bien, cher monsieur Cobb, avec un peu de chance, les spectateurs auront le privilège d'assister à ce spectacle un peu plus tard. Mais si ça ne vous fait rien, je souhaiterais achever mon histoire. Sachez, chers téléspectateurs, que les avocats de Cobb Cleans ont décidé de démontrer que, par cupidité, les parents de la fillette avaient exagéré les dommages causés à son appareil digestif. La société de M. Cobb a versé 23 000 dollars à la filiale américaine du laboratoire de recherche Malarec afin de mener des tests. 108 lapins se sont vus administrer par voie orale le produit chimique mis en cause, puis ont été gardés en observation pendant trois jours, sans rien boire, pendant que des scientifiques assistaient à la lente destruction de leur système digestif. 81 animaux ont succombé à des hémorragies internes. Les survivants ont été euthanasiés puis disséqués, afin d'examiner les dégâts occasionnés par le poison produit par Copclins. Mes parents sont séparés, donc je vivais chez ma mère avec mes frères. Une mère qui a un fort engagement politique, je précise parce que ça a en lien avec le livre, mais du coup on mangeait de manière générale plutôt bio, elle essayait en tout cas de faire un petit peu attention. Du côté de mon père, on est sur un père ouvrier, on mangeait comme on pouvait manger. La plus grande partie du temps, j'étais chez ma mère avec mes frères, qui sont également mes demi-frères, donc eux aussi ils passaient un week-end chez leur père. Et du coup, la majeure partie du temps, on était à quatre, dans une forme de tribu, un petit peu comme on aime se le dire. Moi, je mangeais énormément de viande. Vraiment, j'étais du style, à la cantine, je terminais la viande de mes amis. J'étais vraiment une viandarde. Ma mère en mangeait, mon père en mangeait. Tout le monde. J'ai fini de lire le livre. Je me suis posé plein de questions. J'avais la chance d'avoir un ordinateur chez moi. J'ai pu accéder à l'ordinateur. Et en fait, je me souviens que c'était le soir. Je pense que ça devait être le soir même ou le lendemain. Je vais sur l'ordinateur de la famille. Tout le monde dormait. Et je vais commencer à faire des recherches sur les tests, sur les animaux, sur... comment ça se passe la viande, les abattoirs, comment ça se fait qu'on a un animal et que derrière on se retrouve avec un steak. Et en fait je commence à faire des recherches et je commence à regarder des vidéos sur Youtube et je regarde beaucoup de vidéos. Et des vidéos qui étaient, je pense à cet âge-là, très très violentes. Comment les poussins sont triés et puis comment est-ce qu'on va venir tuer les animaux, les différentes manières de les tuer, etc. De manière générale je regardais surtout des vidéos, à ce moment-là précis, j'ai fait des recherches bien plus tard, mais je regardais surtout des vidéos. Je me souviens que ça m'avait vraiment traumatisée et que j'étais remontée en pleurs. J'avais réveillé ma mère et ma mère était en panique en disant « qu'est-ce qui se passe ? » Et je lui ai dit, en fait, j'ai regardé des vidéos, c'était horrible. C'est horrible ce que nous, en tant qu'humains, on fait faire aux animaux. Enfin, on se fait subir plutôt aux animaux. Je ne sais pas trop dans quelle temporalité, je pense que ça devait être pas très longtemps après les vidéos que j'ai vues, avoir dit à ma mère que je souhaitais arrêter de manger de la viande. Je ne me souviens pas particulièrement de la réaction de ma mère parce que je pense que ça devait être assez fluide. De toute façon, je me faisais beaucoup mes repas. Donc c'était assez facile. Je me souviens par contre de la réaction de mon père. Où j'étais allée chez lui, il m'avait fait un steak haché purée. Le plat que j'adorais quand j'étais petite, vraiment. Et je lui ai dit, en fait, je ne mange plus de viande, je suis végétarienne. Et je me souviens qu'il avait été... Très choquée. Il m'avait beaucoup questionné. Il m'avait dit, mais pourquoi ? Et puis alors, mon père, pendant un temps, il faisait beaucoup de sport, etc. Il avait été formé un petit peu là-dedans. Donc, il était toujours très dans trois produits laitiers par jour. Enfin, je ne sais plus combien. Enfin, tu vois, les trucs vraiment classiques. Deux, il te faut des protéines, etc. Du coup, il n'était pas hyper d'accord. Et je me souviens que je lui avais expliqué. Et que ce qui m'énervait, c'était que pendant des années, quand les gens demandaient pourquoi j'étais végétarienne, mon père, il disait, c'est pour les animaux. Moi, je disais, non, c'est pas pour les animaux, c'est pour la cause animale. Moi, j'estime qu'il y a une distinction un peu. Pour moi, quand ils disaient pour les animaux, c'était un peu dans cette idée de « elle aime les animaux » , du style « elle aime, j'aime les petits lapins et du coup, j'ai pas envie qu'ils meurent » . Alors que moi, il y avait cette idée plus de « en fait, c'est une cause, c'est un travail collectif, c'est beaucoup plus général, beaucoup plus vaste que « j'aime les animaux, en fait » . C'est juste vouloir lutter contre le fait que les animaux soient utilisés par les hommes. et utiliser en plus des conditions qui sont absolument terribles. Et en fait, c'est aussi lutter contre, à mon sens, lutter contre le pouvoir que l'homme s'accorde sur les animaux et sur la nature de manière générale. Donc j'annonce aux gens que les gens, comme je disais, ils n'ont pas l'habitude parce qu'ils vont manger beaucoup de viande. Je m'en souviens que j'avais fait un pari avec une copine qui m'avait dit si dans un mois, tu es toujours végétarienne, je te file mon plat de pâtes ou je ne sais pas quoi, un plat à la cantine. Et aujourd'hui, ça fait 17 ans. Donc je mérite un certain nombre de plats de pâtes. Par contre, au tout début, je mangeais du poisson. J'étais ce qu'on appelle pesco-végétarienne. Donc pendant, je pense bien, deux, trois ans. Jusqu'au lycée, je mangeais pas de viande, mais je mangeais du poisson, des œufs, etc. Et je trouve que ça, c'est un truc vraiment terrible. C'est qu'en fait, je disais, je mange pas de viande, pour telle et telle raison. Et pourtant, on trouvait toujours quelque chose. Ils disaient, ouais, mais pourtant, tu manges du poisson. Du coup, ça veut dire que les poissons, t'estimes qu'ils ont pas de sensibilité. Enfin, le truc hyper chiant, quoi. J'étais toujours obligée de me justifier. Et en fait, un jour, je me suis dit, bah en fait, c'est vrai que de toute façon, je sais que c'est incohérent. Et du coup, je vais arrêter de manger du poisson. Donc deux, trois ans après avoir arrêté de manger de la viande, j'ai arrêté de manger du poisson. Du coup, il y a une phase où après je suis devenue végane, parce que j'estimais que c'était la continuité. Et j'estime aussi aujourd'hui que c'est la continuité toujours, alors que je ne le suis plus. Je l'ai été pendant quelques années. Je ne le suis plus, et ça, on en parlait aussi un peu. Ce truc du conflit avec soi-même. J'étais végane, puis j'ai habité avec mon premier copain, qui lui était végétarien, donc il mangeait du fromage. En fait, je me suis remise à manger du fromage. Et c'est quelque chose que j'ai quand même parfois du mal à assumer. Parce que je sais très bien que pour avoir du fromage, il faut tuer un veau, en fait. Donc ça va avec le fait d'être végétarien, en réalité, ça va avec le fait de ne pas manger de viande. En fait, il y a des choses où là-dessus, j'ai ouvert les yeux, mais d'un coup, et peut-être, je pense, un peu trop rapidement et un peu trop violemment, pour mon âge. Et en fait, j'ai décidé à un moment donné de les refermer, partiellement. Mais je trouve ça terrible, parce que se voir comme ça, ce n'est pas non plus hyper agréable. et parce que je vois mes propres contradictions.
- Speaker #1
Je suppose que dans ton parcours, tu as dû avoir des remarques, des blagues. Comment tu fais face à l'hostilité ?
- Speaker #0
Quand j'étais petite, j'étais en colère surtout. Puis en plus, quand on est petit, on pleure quand on est en colère.
- Speaker #1
Donc c'était vraiment des crises de laissez-moi tranquille.
- Speaker #0
Au fur et à mesure, c'était toujours les mêmes... C'était vraiment toujours la même chose. Je pouvais les dire avant que les gens le disent. C'était vraiment toujours pareil. Du genre, soit... « Ah bah moi, vraiment, une bonne entrecôte ou un beau saucisson, je pourrais pas refuser. » Ou alors toujours la question de « Si t'étais sur une île déserte et qu'il n'y avait que un cochon à manger,
- Speaker #1
tu vois, des trucs horribles. » Et je suis là, en fait, du coup, j'essaie de faire appel à la raison et je suis là « Bah en fait, je suis pas conne. » C'est-à-dire que je suis sur une île déserte, évidemment que je vais essayer de me nourrir. Ce contre quoi je lutte,
- Speaker #0
c'est surtout l'utilisation intensive, en fait, la consommation intensive, etc. Donc évidemment que si je dois survivre, oui. Mais c'est toujours ces éléments-là qui revenaient. Ou alors toujours la blague. Je te tends le plat de viande. Et Nora t'en veux ? Non évidemment j'en veux pas. Au bout d'un moment juste je disais bon ça fait la 15ème fois qu'on me fait la blague, c'est pas drôle.
- Speaker #1
Je partais beaucoup aussi dans des débats parce que j'avais envie de convaincre les personnes donc forcément je partais là-dedans. Aujourd'hui j'ai beaucoup moins ce style de remarques parce que ça s'est vachement démocratisé donc c'est plus trop le cas.
- Speaker #0
J'ai beaucoup réfléchi surtout sur le fait d'être enceinte en étant végétarienne. Est-ce que du coup l'enfant, le nourrisson, je le nourrirais avec de la viande ou pas ? Moi, j'estime qu'offrir une alimentation végétarienne à ses enfants, c'est pas imposé. Parce qu'en fait, si c'est imposé quelque chose, mais au même titre que quand nous, on est enfant, on nous impose de manger de la viande. Et on le voit partout, et en fait, la question se pose même pas. Et du coup, moi, j'estime que le fait d'imposer un régime végétarien, c'est mes valeurs, et c'est pas plus néfaste. Voir au contraire, bon, à mon sens, c'est bien mieux, mais on reste toujours de toute façon, c'est toujours imposé quelque part. Ce livre et le fait d'être végétarienne m'a fait prendre une voie dans ma vie quand même assez spécifique. J'ai fait beaucoup de recherches sur la cause animale, sur comment fonctionnait ce système d'abattage animaux, d'utilisation des animaux, etc. Je me suis dit, dans mes études supérieures, j'ai envie de faire du droit. Je me suis dit, je fais du droit pour le droit des femmes, mais ce n'était pas ça l'idée. L'idée, c'est que je voulais faire du droit de l'environnement. Je voulais faire. Parce que je voulais être avocate. et travailler spécifiquement sur la question de la cause animale ou environnementale. Le statut juridique de l'animal commençait à évoluer, etc. Donc il y avait pas mal de choses qui se faisaient. Tout au long de mon parcours, n'importe quel exposé que je devais faire, je tournais autour de ça. Mes études ont été tournées autour de ça jusqu'à ce qu'au bout d'un moment, dans mes études, je m'en détache et j'aille vers autre chose, même si j'étais toujours restée dans le droit. Mais du coup, c'est resté quand même assez longtemps. J'ai découvert le droit du travail et du coup, je me suis dit que j'ai travaillé par rapport aux salariés. Donc pareil, la forme de domination du patron sur les salariés. Et derrière, je me suis dirigée du coup dans le droit des femmes, donc la question du patriarcat. Quand je me suis finalement orientée vers des formes de domination entre humains, il y avait quand même un peu une part de moi de... Je trahis un peu la cause animale, tu vois. Je suis devenue végétarienne et je le suis encore aujourd'hui. Le bouleversement, il s'est marqué ici. mais aussi surtout je trouve sur sur mes choix de vie, en fait. C'est que je ne m'attendais pas, en lisant ces livres-là, que mes choix d'orientation, de travail, etc., en fait, ils soient modifiés à ce point. Et je trouve ça assez fou en me disant que c'est juste un bouquin d'une série de trucs d'ado, qui n'est pas un livre hyper intellectuel ni quoi que ce soit, mais qu'on en arrive là. Et du coup, j'ai un attachement très très fort à cette série, ma série de cœur, quoi. Cette fin de livre où ils veulent faire boire... à ce gars qui est dans une cage du détergent, parce que c'est ce qu'il faisait boire à plein d'animaux, pour faire des tests, moi je me disais, en fait, go, en fait, il le mérite. Et oui, ça vaut le coup, parce que c'est un message fort, parce que du coup, c'était retransmis sur les télés, etc. C'est un message fort, et j'estime que c'est complètement légitime. J'estime toujours encore que la violence, en tout cas dans le militantisme, elle est nécessaire. Parce que dire, en fait, on peut faire des choses pacifistes, et on peut être militant sans violence, Je trouve que c'est avoir beaucoup de privilèges, en fait, que de pouvoir dire ça. Et qu'il y a quand même cette idée de toute façon, la violence, elle existe, elle est institutionnalisée, il y a la violence d'État. Et en fait, à un moment donné, on nous demande, nous, de ne pas réagir à la violence par de la violence. Mais je trouve ça très déséquilibré. C'est hyper hypocrite. Ça veut dire que quand tu as des flics qui, eux-mêmes, sont violents, parce que l'État va être violent, ben en fait, toi, il faut que tu offres une fleur, quoi. Ben en fait, non. C'est-à-dire qu'à un moment donné, on n'a jamais... Dans nos sociétés, on n'a jamais rien eu sans violence. C'est terrible. Parce que moi, dans mon travail, mon travail c'est aussi de lutter contre la violence, mais j'estime que dans le militantisme, la violence elle est nécessaire. Et dans cette cause-là aussi. Et moi ça ne me dérange pas d'avoir des actions violentes si la cause en vaut la peine.
- Speaker #1
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