- Speaker #0
Tournez la page par Zoé Beaumont
- Speaker #1
Tous les cinq chapitres, je vous propose un petit détour, une respiration dans le fil du podcast. Vous y entendrez des anecdotes, des histoires drôles ou touchantes, des partages inattendus. Une pause entre deux chapitres pour tourner la page. Un peu différemment. Pour inaugurer ce format, je suis allée à la rencontre de Claire et de ses deux enfants, Camille et Andy. Ensemble, nous avons parlé d'un livre qu'ils lisent tous les trois. Corps, amour, sexualité, les 120 questions que vos enfants vont vous poser. Ce livre est devenu pour eux un espace de dialogue et de confiance. Il traite du consentement, de la prévention des risques IST, de la première fois, des règles et de comment construire des relations affectives saines. C'est un outil pour apprendre à se protéger. comprendre son corps, oser poser ses questions et savoir qu'il y aura toujours une oreille attentive pour y répondre. C'est un sujet d'autant plus précieux que l'éducation à la vie affective et sexuelle à l'école, les VARs, est toujours en débat. Si la loi prévoit au moins trois séances par an au moment où je parle, on sait qu'en réalité elles sont souvent inégalement mises en place, réduites ou mal comprises. Entre inquiétude, résistance et parfois désinformation, les VARs se font pourtant partie des outils essentiels pour lutter contre les violences sexuelles, les discriminations. et les inégalités de genre.
- Speaker #0
Je m'appelle Claire et j'ai deux enfants, Camille et Antti. On va parler de corps, amour et sexualité. Donc, il y a différents livres et celui-là, il est adapté aux enfants. Donc, je crois que c'est 5-14 ans, un truc comme ça. Et l'idée, depuis qu'ils sont tout petits, en fait, on lit des livres autour du corps. du corps humain, de la sexualité, de l'amour, donc adaptés à leur âge. Donc c'était dans la continuité, et là ils grandissent, ils vont arriver sur l'adolescence, donc ça me semblait important de pouvoir aborder ces questions-là avec eux, et qu'ils ne soient pas tout seuls face à ces notions. Quand moi j'étais petite, c'était pas trop abordé, même s'il n'y avait pas de... Chez moi c'était quand même assez ouvert, ou pas de problème sur le corps ou autre, mais quand même on n'avait pas... La sexualité, ce n'est pas un thème qu'on discutait. Je pense vraiment sur le corps, à part ce qu'on a pu apprendre à l'école ou autre. Moi, en tant que parent, ça me semblait important que les enfants connaissent ça. Mais depuis le début, avec Mathieu, leur papa, on était OK sur ça. On leur a toujours parlé, depuis tout petit. leur corps, leurs différentes parties du corps, ce qu'ils ont le droit de faire, pas faire. Donc c'est la continuité. Le livre est très bien fait, il commence, 5 intitulés, c'est des questions. Ça permet aussi aux parents de se dire, quand les enfants, des fois, ils nous posent des questions, on ne sait pas trop, d'aller chercher les questions et de pouvoir s'y référer pour pouvoir répondre. Il y a différents âges, de 5 à 7, de 5 à 8, de 7 à 10. et en fonction de l'âge, on va pouvoir aborder les notions. plus ou moins détaillé. Et du coup, je trouve que c'est pas mal fait. Il y a des images, c'est clair, il y a des schémas. C'est très ouvert en termes de thématiques d'amour. Donc moi, je le recommande fortement.
- Speaker #1
Ça pourrait être un bon livre pour des parents qui ne savent pas trop comment faire, comment s'y prendre.
- Speaker #0
Oui. Et ce livre m'a été suggéré par une collègue. Et j'ai trouvé ça très bien de pouvoir le faire avec les enfants. Je leur ai dit, on va lire ça ensemble. Ils étaient plutôt partants.
- Speaker #2
Je m'appelle Camille et je suis en quatrième.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux me raconter un petit peu les moments de lecture ?
- Speaker #2
On lisait, moi et mon frère on posait des questions quand on ne comprenait pas. On lisait aussi, ce qui nous permettait de mieux comprendre. Parce que quand on lit, pour moi, je comprends mieux.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #2
Et on posait plein de questions quand on voulait, c'était bien.
- Speaker #0
On l'a lu plutôt le soir, avant d'aller se coucher. Après, ça c'est aussi quelque chose, depuis tout petit, on a fait pendant très longtemps... lire un livre ou une histoire avec eux. Donc c'est des moments qu'on a partagés avec eux depuis toujours. Là, un peu moins, parce qu'ils ont grandi, donc ils sont censés lire un peu seuls, même si ce n'est pas facile. Et du coup, là, c'était de nouveau un moment où on était tous les trois, ou des fois tous les quatre, à lire le livre, ou moi qui lisais, ou les enfants d'ailleurs, à regarder les images. Et le fait d'être ensemble, ça permet aussi de pouvoir répondre tout de suite à leurs questions s'ils ne comprennent pas.
- Speaker #3
Je m'appelle Andy, j'ai 10 ans et je suis en 6ème.
- Speaker #0
Le chapitre c'est Amour, Sexe et Plaisir.
- Speaker #3
J'aime pas voir les autres se faire des bisous et des câlins. C'est normal, parfois quand on aime, on a envie d'embrasser l'autre tout le temps. de le la prendre dans nos bras ou encore d'avoir des gestes de tendresse. Alors qu'il y a du monde autour, en fait, on se laisse déborder par nos sentiments. Oups ! Si tu n'es pas à l'aise avec les gestes de tendresse des autres en public, n'hésite pas à leur faire poliment la remarque. Tu as le droit à ton intimité, donc tu as le droit d'être pudique et de ne pas vouloir être exposé à l'intimité des autres, c'est ok. Il est possible que les bisous et les câlins te dégoûtent tellement que tu as l'impression que tu ne feras jamais ça. Cela signifie que tu n'es pas encore prêt pour ça. Et ça tombe bien, il n'y a aucune urgence. Chacun avance à son rythme. Et en plus, tant qu'on n'a pas trouvé la personne qu'on a envie de faire des bisous et des câlins, ces gestes peuvent sembler très bizarres. Enfin, rappelle-toi que tout le monde n'aime pas les mêmes choses. Personne ne peut t'obliger à aimer les bisous ou d'autres gestes qui te dégoûtent. Et tu n'as pas à les juger. De même, ne juge pas les autres pour les gestes qu'ils font et qu'ils ne te plaisent pas.
- Speaker #1
Super. Et tu peux nous dire pourquoi tu as choisi ce passage ? Comme ça ? Ou c'est toi, ça te gêne un peu les gestes d'affection ?
- Speaker #3
Non. C'est du papa et de maman. Ah bah ouais, mais c'est dingue. J'ai vu que je fais barbe.
- Speaker #0
On l'a fait par ordre chronologique parce qu'après, c'est quand même des thématiques. Moi, j'ai quand même dans l'ensemble qu'on connaissait déjà. Du coup, là, ça a été plutôt de l'approfondissement. Et on a lu tous les âges. Parce que du coup, Andy avait déjà 10 ans. Donc, ils disent 10 ans et plus. Bon, moi, du coup, on a tout lu. Je crois qu'il nous manque le dernier chapitre qu'on n'a pas fini. C'est sur les bébés. Ça va.
- Speaker #2
Ok. En CM2, quand on parlait de la puberté, il y a une dame qui est venue faire une intervention. Elle nous a demandé... Si quelqu'un savait comment on appelait le sexe du garçon, tout le monde a levé la main et savait comment ça s'appelait. Alors que quand elle a demandé comment s'appelle le sexe de la fille, personne n'a levé la main à part moi. Et vu que j'étais la seule à lever la main, j'étais hyper gênée à ce moment-là, et j'ai baissé la main. Mais vu que j'étais tout derrière et que la prof, elle était derrière moi, elle m'a dit, tu sais, je lui ai dit oui, je lui ai dit comment ça s'appelait. Et après, elle a fait, si, si, cette petite fille, elle le sait. J'étais hyper gênée. Mais en fait, pourquoi ? Tout le monde sait comment s'appelle le sexe du garçon et pas le sexe de la fille. Même la fille ne s'en parle pas. Mais après, je me demande si justement parce qu'ils sont gênés de le dire.
- Speaker #1
Il y en a qui ne savent vraiment pas, je crois.
- Speaker #2
Après, ce n'est pas la même chose.
- Speaker #0
Je ne suis pas sûre que toutes les notions qu'il y a dans le livre soient abordées à l'école. Donc pour moi, ça me paraît essentiel de pouvoir en parler. Le consentement, je ne sais pas s'il l'aborde un peu à l'école maintenant un peu plus depuis tout petit. Bon, nous, c'est quelque chose qu'on avait déjà aussi dit et travaillé. Mais là, c'est quand même plus clair. On vient mettre des mots, expliquer des notions et mettre des mots simples et des vrais mots sur des choses que des fois, on n'ose pas dire ou expliquer.
- Speaker #2
Pourquoi c'est tabou de parler des règles ? En raison de certaines croyances et traditions, les personnes menstruées c'est-à-dire qui ont leurs règles, ont longtemps été mises à l'écart, interdites de vie sociale ou considérées comme impures ou malades. Le savais-tu ? Dans de nombreux pays, ces discriminations continuent. Par exemple, au Népal, les personnes menstruées doivent vivre dans une cabane à l'extérieur du village pendant toute la durée de leurs règles. En France, la libération de la parole autour des règles est récente. Beaucoup de personnes menstruées de la génération de tes parents ont découvert ce qu'étaient les règles. le jour où elles les ont eues pour la première fois. Il fallait attendre 2018 pour qu'une marque de protection périodique représente le sang des règles par un liquide rouge dans une publicité. Auparavant, ce liquide était toujours de couleur bleue. Alors qu'il n'y avait aucun problème pour représenter une écorchure de genoux avec du sang rouge pour une marque de pansement. A ton avis, quelle différence entre du sang aux genoux et le sang des règles ? Parce que le sang des règles s'écoule par le sexe. Ce tabou n'a pas d'être lieu. Il n'y a... Et Claire, toi,
- Speaker #1
est-ce que t'as des moments où tes enfants ont réagi sur des choses qui t'ont marqué un peu ?
- Speaker #0
Comme ça, ça me vient pas. Ils réagissent sur tout. Ils sont plutôt curieux. Voilà, il y a des choses qui vont trouver peut-être injustes là, comme quand elle lit le « Je sais-tu » avec les filles au Népal, qui ne comprennent pas parce que c'est très très loin de nos schémas à nous. Donc il y a des exemples comme ça avec d'autres pays ou d'autres manières de faire. Et puis effectivement, peut-être après sur la puberté, il y a aussi tout un passage sur la masturbation. Donc là, je sais qu'il y a eu un peu plus de questions parce que peut-être c'est des thèmes qu'on n'avait pas encore eu l'occasion d'aborder parce que là, il y avait des notions qu'on avait déjà abordées, le corps. le consentement, mais là, ça va plus en détail. Du coup, effectivement, sur ces nouvelles notions, un peu plus... Il y a plus de réactions. Et ils ne sont pas trop gênés. Ils peuvent aussi nous demander à nous. Donc bon, après nous, on leur dit, nous c'est nous. On ne va pas rentrer dans les trucs des parents. Mais voilà, c'est rigolo. Bien sûr, ça fait réagir. Ils ne sont pas gênés. Et moi, moins, même si c'est vrai que ce n'est pas toujours des sujets faciles. Mais parce qu'on le fait depuis toujours. En fait, depuis qu'ils sont tout petits, on leur... parle du corps, des règles. Et du coup, ça paraît pas bizarre que d'un coup... Voilà, exactement. Du coup, là, on n'est pas en décalage. C'est la continuité. Et du coup, on va aller dans des notions un peu plus profondes parce qu'ils grandissent. Et moi, je préfère les aborder avec eux et qu'on puisse parler librement de tout ça qu'ils aient à faire à de la pornographie ou à des images qui ne sont pas adaptées avec... Voilà. Ou du coup, pas les bons mots derrière. Que là, il y a des images qui sont adaptées, il y a des schémas, on peut discuter. S'ils ne comprennent pas, je peux revenir dessus. Et moi, je leur ai dit, là, je le lis avec vous, mais ce livre, il est là. Maintenant, vous pouvez revenir le chercher quand vous voulez aller chercher les infos. Si à un moment donné, vous voulez qu'on reprenne un truc, on pourra revenir. Parce que je pense que, voilà, tu as vu, là, ça fait plusieurs mois, ils n'ont plus tout en tête. Donc, c'est des choses qu'il va falloir qu'on reprenne.
- Speaker #1
Mais au moins, tu as débloqué ce truc, le sujet n'est pas ta bouche.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #2
Après, moi, l'année dernière, en SVT, en sciences, quand on parlait de ça, de sexe, tout le monde était hyper gêné et rigolait. Alors que moi, j'ai dit, ben non, c'est normal. Enfin, c'est normal d'apprendre ça, il faut bien l'apprendre au bout d'un moment. Parce que tu ne vas pas vivre comme ça sans rien savoir. Nous, on a la chance de pouvoir l'apprendre et moi, je trouve ça très bien. Et je ne suis vraiment pas gêné si quelqu'un parle de ça. Alors que dans ma classe, l'année dernière, tout le monde est rigolé et était gêné dès qu'il voyait un schéma de pénis ou de vulve. Et je trouvais ça pas normal en fait.
- Speaker #1
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