- Speaker #0
Cet épisode de Tous en Seine est soutenu par FF Vélo, avec l'application FF Vélo Plus, rouler, jouer, explorer, transformer chaque sortie en aventure, cumuler des kilomètres et collectionner des badges en partant à la découverte de la France. Avec FF Vélo, on pédale avant tout pour le plaisir, la forme et la découverte. Salut à toutes et à tous, bienvenue dans Tous en Seine, le podcast qui te donne envie d'enfiler un casque et de partir seul ou à plusieurs à l'aventure. Ici, pas de chichi, pas de filtre, on parle vrai. On parle passion, on parle kilomètres. Des kilomètres qui font vibrer, mécanique mais aussi un partage d'expérience. Que tu sois cycliste du dimanche, compétiteur, ultra-cycliste, vélo-taffeur ou tout simplement passionné du vélo et du deux-roues, tu es au bon endroit. Alors, installe-toi, respire profondément et prépare-toi à embarquer. Ici, on roule ensemble et on roule loin. C'est parti, toutes et tous en selle. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour un nouvel épisode du podcast Tous en Seine, un épisode particulier puisque nous sommes en octobre, le mois de octobre rose. Alors le cancer du sein, effectivement, une femme sur huit y est confrontée dans sa vie. Et pour cela, je suis accompagné de trois personnes et on va vous expliquer justement le parcours, l'annonce, le soin, la guérison. Et c'est comment le vélo intervient dans la vie justement de ces personnes, comment on les accompagne pour remonter la pente. C'est tout à fait la bonne situation. Pour ça, je suis accompagné de trois personnes. Je vais vous laisser vous présenter toutes les trois. Bienvenue déjà, merci d'avoir accepté l'invitation.
- Speaker #1
Merci Arnaud de nous avoir invités. Je m'appelle Sandra, j'ai 44 ans, j'habite à Strasbourg. Avant mon cancer, j'étais vélo-taffeuse et maintenant je suis devenue une passionnée de vélo.
- Speaker #0
Toujours autour des 100 kilomètres, je crois, qui est le défi qui vous réunit toutes les trois.
- Speaker #1
Tout à fait, ça c'était mon début de la passion vélo en fait. Toutes les trois participaient au défi 100 km l'année dernière, en 2025. On est allé de Strasbourg à Mulhouse. C'était même un peu plus de 100 km, 127 km. Et pour moi, à l'époque, c'était quelque chose. Wow ! 127 km en vélo, est-ce que je suis capable de le faire ? J'étais capable. On a relevé le défi. Et voilà, c'est là où la passion a vraiment commencé, de mon côté.
- Speaker #0
Un grand merci. Tu es d'origine allemande, c'est ça ? Il y a 12 ans, je crois, tu as décidé de franchir.
- Speaker #1
Tout à fait. J'ai franchi... Le Rhin, il y a 12 ans. Je suis originaire de Mayence, qui est aussi au bord du Rhin, un peu plus au nord. Voilà, et maintenant, je suis très bien installée à Strasbourg.
- Speaker #0
Génial, tu vas nous expliquer justement ton parcours jusqu'à aujourd'hui. Anne-Sophie ?
- Speaker #2
Bonjour, je m'appelle Anne-Sophie, Anne-Sophie Knablé. Je suis kinésithérapeute spécialisée en scénologie. J'accompagne donc les patientes qui ont eu un cancer du sein, avant, après et pendant la maladie. Je fais aussi partie d'un réseau qui s'appelle le réseau des kinés du sein. C'est un réseau national qui regroupe des kinésithérapeutes qui sont formés à la prise en charge des patientes qui ont eu un cancer du sein. C'est une spécialité aujourd'hui de la kinésithérapie.
- Speaker #0
Bon et grand merci, tu vas nous expliquer. J'ai plein plein de questions justement pour toi. Et puis justement Virginie, je vais te laisser te présenter Virginie.
- Speaker #3
Alors bonjour Arnaud, je m'appelle Virginie Gébel, j'ai 52 ans. j'habite proche de Strasbourg, à Souffel-Weihersheim.
- Speaker #0
Je n'aurais pas pu le prononcer. Heureusement que tu l'as prononcé, moi je n'aurais pas pu.
- Speaker #3
Et donc, j'ai rencontré Sandra et Anne-Sophie sur le défi 100 kilomètres il y a deux ans. Le premier défi, Strasbourg-Mulhouse. Et on a fait le deuxième défi, Strasbourg-Vissambourg, cette année. Et comment dire, j'ai eu un cancer du sein en 2023, en octobre 2023, donc là ça va faire trois ans. et je ne pensais pas être capable un jour de faire 100 kilomètres à vélo, même plus. Donc c'était un beau défi.
- Speaker #0
Je pense qu'il y a plein de beaux messages à travers cet épisode. Est-ce que le 100 kilomètres, c'est ce qui vous a réunis toutes les trois ? Comment vous vous êtes connues toutes les trois ? Est-ce que c'est la maladie qui vous a fait vous rencontrer ou est-ce que c'est le 100 kilomètres ?
- Speaker #2
C'est le 100 kilomètres.
- Speaker #1
Pour toi, c'était le 100 kilomètres. Pour moi, c'était la maladie. Anne-Sophie était ma kiné. C'est elle qui m'a proposé de faire ce défi, qui m'a convaincue.
- Speaker #2
Il a fallu beaucoup argumenter pour convaincre les filles. Il a fallu des arguments de choix. Après, toi, tu es sportive, déjà à la base. Donc, ce défi t'a quand même assez vite intéressée. Et puis, si je me souviens bien, toi, en fait, ça t'a permis de sortir de chez toi.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #2
De reprendre goût à la vie et vraiment de sortir de chez toi.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Mon cas, c'était, moi j'ai eu mon diagnostic en août. Les chimiothérapies ont commencé tout de suite. Donc j'étais sous chimiothérapie de septembre à mars, l'hiver. J'étais chez moi, dans ma tanière jeudi toujours. À la maison, je ne sortais pas trop parce qu'après, il y a le risque d'infection. L'infection était là. Donc, j'ai passé mon hiver seule à la maison. Heureusement, j'ai une famille, j'ai trois enfants. Je n'étais pas toute seule non plus, mais après, je ne pouvais plus sortir. Et j'ai commencé mes séances avec toi juste avant l'opération. Et après, voilà, l'opération, la mastectomie, c'est quand même un moment difficile. J'étais sportive avant, comme tu disais. Et après l'opération, on n'arrive plus à monter le bras. On est cloué à la maison. Et en commençant le vélo, c'était vraiment une libération pour moi.
- Speaker #0
Si on peut, Sandra, juste faire une petite pause, rembobiner un petit peu l'histoire, comme je dis souvent. Avant, tu faisais du vélo taf. Mais si vous pouviez toutes les deux, justement, nous partager l'annonce pour qu'on ait vraiment le déroulé. Et là, vous mettez les mots que vous voulez dessus. C'est vous qui racontez votre histoire, c'est vous qui mettez des limites. Donc, comment vous pourriez partager l'annonce et puis ensuite, derrière, le traitement, l'opération ?
- Speaker #1
L'annonce, pour moi, c'était un choc parce que j'étais en pleine vie active. J'avais 42 ans, je n'y m'attendais pas du tout. Après, je suis quelqu'un qui regarde vers le devant. Donc, je suis ingénieure relativement... cartésien aussi donc moi j'ai pris les étapes voilà maintenant je vais faire la chimiothérapie je vais faire l'opération voilà de étape en étape je vais me battre j'avais le soutien de ma famille aussi et du coup à un moment quand la thérapie est finie en fait les traitements sont finis l'opération est passée pour moi ça s'était quand même très bien passé parce que j'ai été ce qu'on appelle en rémission complète tout le monde te dit ah t'es guéri super Et là, dans ma tête, c'était, mais là, mon monde est à l'envers. Parce qu'à ce moment-là, pour moi, c'est le mental qui a pris le dessus. Et après, le vélo m'a beaucoup aidée à travailler cette partie du mental, en fait.
- Speaker #0
Là, tu l'as fait en accéléré, mais ça a duré combien de temps, cette période ?
- Speaker #1
J'ai eu mon diagnostic en août. J'étais opérée en mars et j'ai commencé le vélo en mai. Donc, huit mois à peu près.
- Speaker #0
Et à quel moment, justement, parce que vous vous êtes rencontrée à travers... ta maladie. À quel moment, toi, tu interviens, Sophie ? Alors,
- Speaker #1
t'es arrivée en soins à quelle période ? Je ne saurais pas dire. Juste un rendez-vous avant l'opération,
- Speaker #2
en mars. Alors, nous, on a commencé les soins au mois de mars, effectivement. Donc, je dirais qu'on a parlé du défi à la fin du mois. Sandra... Avant l'opération ? Elle avait déjà été opérée. Ah, voilà.
- Speaker #1
Oui, c'était après.
- Speaker #2
Elle avait déjà été opérée. Sandra avait les séquelles des traitements aussi. C'est quoi les séquelles des traitements ? Les séquelles c'est que physiquement tu étais très très amaigri. Elle avait ce qu'on appelle une sarcopénie, elle avait perdu beaucoup de masse musculaire. Et donc le corps est affaibli. C'est-à-dire qu'à ce moment-là il faut remettre un pied devant l'autre et essayer d'avancer et reconstruire cette masse musculaire. Ça, c'est le rôle de la kinésithérapie. C'est vraiment un partenariat qu'on a avec les patients. Si le patient est OK, ça va bien. Si le patient est déprimé ou n'a pas envie, c'est un peu compliqué. Donc là, nous, les kinés, on doit être assez convaincants.
- Speaker #0
Quand tu dis qu'il n'a pas envie, c'est parce qu'on est dans les étapes, le déni, la colère.
- Speaker #2
Quelles peuvent être les étapes ? Ça peut être plein d'étapes. Comme tu dis, ça peut être le déni, ça peut être la colère. Mais ça peut être aussi un patient qui est isolé, qui est seul. Sandra a une famille, donc je ne peux pas parler à ta place, mais je pense que d'avoir des enfants, ça stimule beaucoup. Tu n'avais pas tellement le choix. Je me souviens que ton petit ne faisait pas encore de vélo, justement, tout seul. Tu l'emmenais d'abord à pied, ensuite à vélo à l'école. Et en fait, voilà, ça, c'était tes moteurs, on est d'accord. Et puis après, bon, pour Sandra, en fait, on a assez vite trouvé un accord sur le vélo. Quand je t'en ai parlé, tu avais compris que c'était pour toi une opportunité de sortir de chez toi.
- Speaker #0
C'est quoi les réactions justement de Sophie ? Quand après une opération, tu arrives, et évidemment il y a la confiance qui s'est établie entre vous, et tu dis tout de suite, j'ai un projet pour toi, et 100 kilomètres à vélo. C'est quoi les réactions pour quelqu'un qui sort justement de l'opération, ou certaines te disent, non mais attends, là j'ai besoin de me reposer, ce n'est pas du tout le moment. C'est quoi, quel type de...
- Speaker #2
Alors elles sont multiples les réactions, parce que... En fait, en vrai, quand t'arrives comme ça en soins, déjà, je me souviens que cette année, par exemple, il y a une patiente, elle se reconnaîtra. Elle m'a dit, donc je lui parle du défi vélo. de cette année, 100 kilomètres à vélo. Et quelques séances après, elle m'a dit Anne-Sophie, c'est à quel moment que nos séances sont mal tournées ? J'ai réfléchi, c'est 100 kilomètres, je ne vais pas y arriver. Et en fait, elles sont incroyables parce que d'abord, il y en a qui disent oui tout de suite. Il y en a qui me disent... Qui regrettent, qui reflètent un troisième jour finalement. Qui regrettent, qui me disent, ah non, non, j'ai réfléchi. En fait, je ne sais pas vraiment faire de vélo, je ne vais pas venir. Cette année, j'en ai quand même une qui m'a dit « Oui Anne-Sophie, votre projet m'intéresse beaucoup, mais je ne sais pas faire de vélo » . Et là, je me suis dit « Bon, ok, alors elle, c'est une candidate idéale » . Oui, c'est ce que j'allais dire. Voilà, parce que moi, je sais ce que ça va leur apporter. Parce qu'elles ne sont pas en forme, elles sont fatiguées. Mais je sais qu'après ça, elles vont retrouver confiance en elles. Elles vont retrouver une place aussi dans leur vie. Elles vont redevenir les mamans qu'elles sont ou les femmes qu'elles sont. Et en fait, au moment où je leur propose, je sais qu'elles me prennent pour une folle. Et cette année, justement, cette personne qui ne savait pas faire de vélo, j'ai appelé Claudine en lui disant, bon, écoute, Claudine, j'ai une candidate, mais elle ne sait pas faire de vélo. Et là, c'est Claudine qui m'a dit, ben, banco, on y va, on lui apprend à faire du vélo. Et bien, elle a participé, elle a fait le vélo. L'histoire,
- Speaker #0
elle est géniale. Elle est merveilleuse.
- Speaker #2
Pour elle, c'est un double défi. Vraiment, parce qu'elle ne savait vraiment pas faire de vélo.
- Speaker #0
Un double défi, c'est vrai. Mais c'est vrai que parfois, la réaction après, justement, la maladie, Quels sont les traitements d'ailleurs ? Parce que tu n'as pas eu d'opération, mais il y a quoi ? Il y a une chimiothérapie ?
- Speaker #2
Alors les patientes, bon déjà il y a le traitement chirurgical qui est là. Ça peut être une mastectomie, une tumérectomie, il y a le curage axillaire. Donc ça c'est vraiment la chirurgie globalement. Et ensuite il y a les traitements. Donc les patientes ont soit une radiothérapie et ou une chimiothérapie. Et puis après, pour le grand public... Ça s'arrête là, ce que tu disais tout à l'heure. C'est fini. Voilà, on a fini tous tes traitements. Voilà, maintenant, tu peux reprendre ta vie. Sauf qu'après ça, souvent, il y a encore des traitements qui continuent. Donc, on a de l'immunothérapie. On a une hormonothérapie qui est des fois longue, qui peut durer 5 ans, 10 ans, 7 ans. Et en fait, c'est là aussi où vraiment la vie, elle devient compliquée. Parce qu'il y a énormément d'effets secondaires. Et ça, le grand public ne le sait pas.
- Speaker #0
C'est là où nous,
- Speaker #2
les kinésithérapeutes, on a un rôle majeur, vraiment, et où le sport, je le redis vraiment, où le sport a un intérêt majeur.
- Speaker #0
Ça me fait penser, c'est vrai que dans tous les témoignages, dans les échanges qu'on a eus avant d'ouvrir les micros il y a quelques minutes, ça me fait penser aux échanges que j'ai avec Boris, moi, qui manage la team adaptive dans le trail, notamment pour les personnes qui souffrent d'un handicap visible ou invisible. Il y a des ressemblances dans le témoignage de dire que justement, les malades pensent que c'est juste. impensable en fait, ce n'était pas possible. Alors qu'en fait, comme tu l'as dit, si le sport permet justement plein de choses, c'est tout à fait possible.
- Speaker #2
Tout à fait.
- Speaker #0
Et pour toi Virginie, est-ce que tu peux nous partager avec tes mots justement l'annonce qui est la même question que j'ai posée à Sandra. Comment toi tu as vécu l'annonce et quelles ont les étapes qui se sont passées derrière ?
- Speaker #3
Alors pour moi, c'était totalement différent. J'ai rencontré Claudine Lefebvre le 16. Je recommence. J'ai rencontré Claudine Lecestre sur le stand de la Strasbourgeoise avant d'avoir mon cancer du sein. Et donc, on a déjà discuté de défis. Il y avait déjà une petite idée de défi.
- Speaker #0
Mais tu pratiquais, tu étais pratiquante ?
- Speaker #3
Alors, j'étais sportive, mais j'ai surtout commencé à faire du vélo avec le défi vélo, en fait. Je faisais quelques trajets en vélo, mais sans plus.
- Speaker #0
et là avec le défi vélo je fais du vélo mais quand il fait beau surtout sinon en fait on t'annonce comment tu reçois l'annonce quel a été ton parcours derrière le niveau des soins et à quel moment justement le vélo le 100 km est revenu on va dire dans ton champ de vision
- Speaker #3
Quand on m'a annoncé mon cancer, tout est... Pas du tout. Pas du tout. En fait, tout notre monde s'effondre. On n'est plus maître de notre agenda, de notre emploi du temps. C'est les médecins qui nous fixent les rendez-vous. Et par rapport au défi vélo, quand j'ai rencontré Claudine et qu'elle m'a proposé le défi vélo, je n'ai pas hésité parce que j'aime les défis. Et c'était pour moi une façon de... De me dire que je pouvais encore faire des choses et bouger malgré la maladie. Et effectivement, après les traitements, l'hormonothérapie, après la radiothérapie, la chimiothérapie, on a des problèmes cognitifs. Et donc, c'est important de se faire dépister à temps pour que ce soit pris à temps, pour être soigné au plus vite et pour éviter les gros traitements. Parce que ce qui est le plus lourd, en fait, c'est vraiment les problèmes cognitifs, enfin, en ce qui me concerne. Parce qu'a priori, ce serait entre deux et dix ans pour récupérer tous les... toutes les capacités cognitives.
- Speaker #0
Est-ce qu'on peut justement faire une petite parenthèse sur ça, justement, le dépistage, les messages que vous avez à partager, liés avec ce que tu viens d'expliquer, l'impact que ça peut avoir plus le dépistage se fait tôt, l'impact qu'il y a derrière, justement.
- Speaker #3
Alors moi, ce que j'aimerais, ce que je trouverais déjà super, c'est que toutes les femmes se regardent dans un miroir une fois par mois. se regardent les seins dans un miroir et apprennent à se palper les seins. Parce que ça, c'est le premier stade. Après, évidemment, on ressent quelque chose. Il faut aller consulter pour faire une mammographie. Mais plus c'est pris tôt, moins les traitements seront lourds.
- Speaker #0
Tu me disais tout à l'heure que 50% des femmes ne se font pas dépister.
- Speaker #3
Moins de 50% des femmes se font dépister.
- Speaker #0
Moins de 50% se font dépister.
- Speaker #3
Oui, ce qui est insuffisant, sachant que c'est le cancer principal pour les femmes.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, exactement. Qu'est-ce que tu peux dire, Sandra, toi, sur ça ? Comment tu partagerais ça, en tout cas ?
- Speaker #1
Je suis tout à fait d'accord avec ce que tu dis, Virginie. Le dépistage est très important. Moi, je suis un très bon exemple. Je disais, ça s'est relativement bien passé pour moi, aussi parce que j'ai palpé très tôt, moi-même. Et moi, mon cancer, par exemple, il n'était pas visible en mammographie. Donc, le message que moi, je veux aussi faire passer aux femmes, c'est vous êtes l'héroïne de votre vie. Vous connaissez votre corps. Faites-vous confiance. Écoutez votre corps. Écoutez votre cœur. Parce que je pense, Virginie, tu partages avec moi, pendant les traitements, les médecins, ils font plein de choses. Mais c'est quand même à nous de nous connaître, de faire les bons choix pour nous. Et donc, mieux vous connaissez votre corps. Plus tôt, vous allez trouver aussi une tumeur. C'était comme ça pour moi. Et je pense, les statistiques le confirment aussi, plus c'est vu tôt, plus c'est simple. Et là, les traitements sont vraiment efficaces.
- Speaker #0
Quand tu dis que c'est aussi à nous, toi, tu l'as ressenti avant qu'on te l'annonce ?
- Speaker #1
Moi, j'ai palpé les tumeurs. dans mon sein et j'avais une intuition tout de suite que c'était pas bien. Avec tout ce parcours que j'ai eu avec le concert et aussi le sport, cette phase d'introspection que j'ai traversée, je suis de plus en plus convaincue que nous, les femmes, on connaît bien notre corps et il faut faire confiance à ce qu'on ressent. Et moi, ce défi sans vélo, 100 km en vélo... Ça m'a aidée à prendre un nouveau confiance en moi et ça m'a confirmée. Voilà, si j'ai confiance en moi, en mon corps, je peux l'aider. Je ne dépends pas des autres.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu voudrais faire partager, Anne-Sophie, toi qui es aussi au contact de toutes ces femmes, sur justement le dépistage et comment tu les vois arriver, comment tu les vois repartir et quel impact que ça a, plus c'est dépisté tôt ?
- Speaker #1
Alors, euh... Pour le coup,
- Speaker #2
là où je suis complètement d'accord avec les filles, c'est que plus la patiente va se connaître, plus on va avoir de chances de se dépister soi-même tôt. C'est-à-dire que l'autopalpation, ça doit être systématique tous les mois pour toutes les femmes. Ça, c'est mon avis. Et en fait, les femmes, je m'en rends compte souvent quand je discute avec mes patientes, c'est qu'elles ne connaissent pas leur sein. En fait, elles ne se connaissent pas, elles ne se regardent pas dans le miroir. Elles n'osent pas toucher, elles pensent que ce n'est pas un sujet, on ne se palpe pas les seins. En fait, une fois par mois, il faudrait s'auto-palper. Mais en fait, au final, on s'en fiche, on est couché, on est dans la salle de bain, on est devant le miroir. Mais tant qu'on le fait et tant qu'on se connaît, c'est OK. Il ne faut pas attendre le rendez-vous annuel chez le gynéco pour faire une palpation. En fait, il faut se palper les seins tous les mois, une fois.
- Speaker #3
Et on est très bien entouré à Strasbourg, il y a des associations formidables, notamment qui nous permettent d'apprendre. L'autopalpation.
- Speaker #2
Et en fait, il y a tellement de tutos qui existent aujourd'hui. C'est facile. On se met derrière un écran, on regarde comment s'autopalper les seins. Franchement, c'est un B.A.B.A. C'est simple. Et moi, je pense que les mamans doivent l'enseigner à leurs enfants, à leurs filles. Les enfants, les garçons aussi, sont concernés. Les hommes sont concernés. Mais c'est vrai que si déjà les mères en parlent, c'est bien.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez justement peut-être des liens à partager, des astuces à partager ou des associations à partager ? Je sais que c'est très actif à Strasbourg, on va parler après justement de l'association, du mouvement dans lequel vous êtes collectif, qui est très important, mais si vous avez justement peut-être des liens à faire passer ou des associations à faire passer qui vous ont accompagné ?
- Speaker #3
Alors moi je participe à beaucoup d'activités aux ateliers de l'Ambélie, Et il y a quelques mois, ils ont organisé une rencontre avec une... une kiné spécialisée RKS, comme Anne-Sophie, et une sage-femme qui apprenait aux jeunes femmes à se palper la poitrine. Et j'ai convié ma fille de 23 ans. Je lui ai dit, viens, on va dîner au restaurant, mais avant, j'aimerais t'emmener faire un truc. Et donc, je l'ai fait assister à la soirée et j'étais ravie qu'elle apprenne toutes ces informations-là parce que la sage-femme qui était présente et là... kinés qui étaient présentes, elles étaient très jeunes et franchement, des jeunes qui parlent aux jeunes, elles se sentaient beaucoup, elles se sentaient très concernées.
- Speaker #0
Je pense que c'est un bon message.
- Speaker #2
Je vais parler du réseau des kinés du sein. Évidemment, vous avez tout un tas de liens sur le site du réseau des kinés du sein, justement, pour pratiquer l'autopalpation à la maison tranquillement.
- Speaker #0
Et pour toi, Sandra, il y a des DIA qui t'ont aidé, des associations qui t'ont aidé ? ou que tu aimerais justement partager ?
- Speaker #1
Moi, j'avais fait... C'est Strasbourg Vélo Club qui était mon moteur. Comme je disais, le vélo, j'avais trouvé mon truc assez rapidement. Et après, moi, je suis restée là-dessus. J'avais fait un peu mon planning moi-même, on va dire post-cancer. J'étais toujours restée fidèle aussi à mon studio de yoga. Mais retrouver les filles au sein du défi qui avaient vécu la même chose que moi, c'était génial. Parce que quand je reprends l'exemple du yoga, j'allais encore au cours où j'allais avant. C'était un peu plus doux. Je faisais du yin yoga, qui est super aussi. Mais bon, j'étais la seule sans cheveux. J'étais différente des autres. Et au sein du groupe Défi 100 kilomètres, on était entre nous. Ça se parle plus facilement, on se comprend tout de suite, on a tous le même vécu. Et ça, c'était devenu mon réseau très rapidement. Je me sentais bien.
- Speaker #0
Je pense que vous pouvez en parler, justement. Parlez-nous de ce défi, justement, la naissance de ce projet. Qui est derrière ? Parce que là, on est tous les quatre devant les caméras, mais je ne vais plus voir d'autres personnes très impliquées qui nous regardent à travers les écrans. D'ailleurs,
- Speaker #1
un grand merci à Claudine qui nous voit. On va parler de Clonine Lecestre, la présidente du Strasbourg Vélo Club, qui a lancé ce défi. Elle voulait le lancer déjà il y a 3-4 ans. Elle a réussi en 2025.
- Speaker #0
C'était la première fois en 2025.
- Speaker #1
Exactement, c'était la première fois. Elle a eu un peu du mal à recruter des participantes. Parce que comment s'adresser à des femmes ? On ne les croise pas dans la rue. C'est via Anne-Sophie. qu'elle nous a recrutées, entre guillemets. Et c'est devenu... Enfin, j'espère que ça va devenir une tradition. Je l'ai fait deux fois maintenant.
- Speaker #2
Je n'ai aucun doute. Je n'ai aucun doute.
- Speaker #0
C'est sûr, c'est sûr.
- Speaker #2
Je n'ai aucun doute. Parce que... Alors, en fait, pour vous refaire un peu la genèse...
- Speaker #0
Sophie, tu étais cycliste avant. C'est quoi, toi, le lien avec le vélo ?
- Speaker #2
Je ne suis absolument pas cycliste. Je tiens à préciser que, en fait, j'ai eu le même choc que les filles, sur les 100 kilomètres. Et je crois que c'est pour ça que ça a fonctionné. Parce que moi-même, j'avais un doute sur cette histoire de 100 kilomètres. Mais franchement, quand on a commencé à pédaler, j'ai trouvé que c'était difficile. Et je me suis dit, de toute façon, tu ne vas pas te plaindre. Parce que franchement, les filles ne se plaignent pas. Donc toi, tu ne vas pas te plaindre. Mais en tout cas, la genèse de ce défi vélo, c'est... Alors, j'avais une patiente qui s'appelle Astrid. Je pense que c'est important de la citer. C'est le lien.
- Speaker #0
C'est le lien.
- Speaker #2
Astrid, c'est le lien. C'est un petit rayon de soleil, Astrid. Elle a participé au défi. Et en fait, Astrid, elle venait chez moi pour une pathologie qui n'a rien à voir avec le cancer du sein. Et en fait, elle fait partie du club de vélo de Strasbourg. Elle connaît Claudine. Claudine avait envie de faire ce défi vélo. Et en fait, elle a été notre trait d'union, en fait. C'est elle qui a parlé à Claudine de ma spécialité. Et c'est à ce moment-là que Claudine m'a appelée. Je me souviens que j'étais en consultation. Claudine se présente au téléphone. Elle me dit, voilà, je suis présidente du club de vélo de Strasbourg. Voilà, j'aimerais faire un défi vélo avec les patientes. Voilà, l'idée, c'est d'aller à Mulhouse à vélo. On va faire 100 kilomètres. Puis l'idée, c'est aussi que vous recrutiez des patientes qui ont envie de participer. Donc moi, j'étais entre deux patientes. Dans ma tête, je me dis 100 kilomètres à vélo, aller à Mulhouse à vélo. J'imagine les patientes, alors franchement, quand elles sortent de Chimio, c'est des petits oiseaux, elles n'ont pas de cheveux, elles n'ont plus de muscles. C'est compliqué déjà d'aller faire un peu de renfort dans notre gymnase. Faire 100 kilomètres à vélo, je me suis dit mais non. Et là, la première fois quand même, j'ai dit non, je ne pense pas, je vais raccrocher. Et en fait, j'avais mes deux petites collègues à côté de moi qui m'ont demandé qui était au téléphone. Et je leur raconte. Et elles m'ont quand même dit, je crois que tu devrais quand même rappeler parce que c'est chouette comme défi. Et puis tes patientes, elles auront peut-être envie. Donc, j'ai rappelé Claudine en lui disant, bon, aujourd'hui, je vais en parler à certaines de mes patientes. Si j'en ai trois qui disent oui, on peut peut-être lancer ce défi. J'en ai eu sept qui ont dit oui la même journée. Donc, voilà, le défi était lancé.
- Speaker #0
Et alors, quel était... Parce qu'effectivement, ça veut dire que toi, tu présentais le projet. Quelque part, sans être vraiment convaincue.
- Speaker #2
Ah non, je n'étais pas convaincue.
- Speaker #0
Parce que j'avais fait 100 kilomètres. Mais qu'est-ce qui a motivé, selon toi, cette femme à dire oui tout de suite ?
- Speaker #2
Alors déjà, on avait passé un petit deal toutes les deux, c'est qu'elle s'occupait des entraînements. Moi, je m'occupais du côté thérapeutique avec les patientes. Et je ne sais pas pourquoi elle m'a inspiré confiance, mais elle est convaincante. On est d'accord, Claudine est très convaincante. Et puis, j'avais envie d'avoir confiance en elle. Et je trouvais que le projet était franchement...
- Speaker #0
Elle espère confiance. Moi, je l'ai rencontrée trois minutes, mais elle espère confiance.
- Speaker #2
Et le projet était beau, en fait.
- Speaker #0
Oui, c'est beau.
- Speaker #2
Moi, je me suis dit, un wagon de vélo rose comme ça, qui va à Moumouz et qui porte ce message. Parce que ça ne peut que mousser. Voilà, ça ne peut être que beau et ça ne peut que marcher.
- Speaker #0
C'est certain.
- Speaker #3
Toutes les deux, elle est bienveillante et elle écoute des filles. Et c'est vrai que toutes les femmes qui participaient au défi vélo étaient... était à 100%. On se levait quand même le dimanche matin à 8h30 pour s'entraîner.
- Speaker #2
Il a fait très très chaud cette année, les entraînements étaient compliqués. Comme tu dis, il a fallu se lever très tôt pour s'entraîner. Et en fait, Claudine, elle nous porte, c'est incroyable.
- Speaker #0
Comment s'est passé le premier 100 kilomètres ? Quand toutes ces femmes se retrouvent, tu as commencé un peu à en parler, c'est qu'on se comprend, on a eu le même parcours, mais... C'est quoi les émotions autour de ça ?
- Speaker #1
Déjà, il y avait beaucoup d'émotions, surtout à l'arrivée. Mais ce que j'ai toujours ressenti, c'était une grande solidarité aussi. Il y avait quand même des filles qui avaient déjà roulé un peu. Moi, par exemple, j'avais peur dans les descentes. Moi, j'étais là, crispée sur mon vélo, je tenais les freins. Et là, il y a une amie qui me dit « Sandra, lâche les freins ! » Ben voilà, je les lâche. J'ai essayé, j'ai réussi. Et il y avait toute une suite de petits éléments, des petits moments comme ça qui m'ont fait prendre confiance à nouveau en moi. Et pour moi, c'était vraiment la période où il fallait que je retrouve la vie normale. Et j'étais affaiblie, mon corps était affaibli. Je me disais, est-ce que je vais y arriver ? Virginie parlait des déficits cognitifs. On avait des trous de mémoire, on avait ce qu'on appelle...
- Speaker #3
On a toujours, enfin moi, oui.
- Speaker #1
le chemo brain. On était parlé de la chimiothérapie. Il y a quand même chimiquement quelque chose qui se passe dans notre tête. On était encore sous l'effet de ça. Et tous ces petits événements, pour moi, m'ont donné de la confiance. Il y avait beaucoup d'émotions là-dedans. Je te parlais tout à l'heure de la partie mentale qui était très importante pour moi. Ce projet, ce groupe, m'a vraiment portée.
- Speaker #0
Quel mot tu mettrais sur ça, Virginie ? Le premier rassemblement auquel tu as participé, c'était quoi tes émotions sur ça ?
- Speaker #3
On a vécu le déchivelo totalement différemment. Comme le cancer, en fait, moi, je me suis dédoublée. Donc, en fait, j'avais envie de faire plein de choses. J'étais très, très, très encadrée, très entourée. J'avais suivi une amie qui avait eu un cancer du sein. Et quand elle est revenue au travail, moi, je partais, on m'annonçait le cancer du sein. Donc, je connaissais les... les différents stades, je savais ce qui allait m'arriver, ce qui m'a aidée à choisir aussi, à faire un choix. Et en fait, le défi vélo, c'était...
- Speaker #0
C'était bouger, c'était faire de l'activité physique, c'était retrouver des femmes qui avaient les mêmes soucis. Et quand on s'entraînait le matin, ou bref, à nos entraînements, on partageait, on papotait, on parlait de tout. De traitement, d'effets secondaires, on parlait vraiment de tout. Et je pense que quand on traverse une épreuve comme ça, on a un lien. On a un lien et seul, enfin... Peu de gens peuvent vraiment comprendre ce qu'on traverse. Et le retour à l'emploi, c'est très difficile parce qu'on a l'air tout à fait bien physiquement. Mais à l'intérieur, on a des quoi ?
- Speaker #1
C'est ce que tu disais aussi tout à l'heure. Tu disais, mon monde est à l'envers, en fait. C'est un peu ça. Et comment est-ce qu'on peut positionner le sport, le vélo ? Est-ce qu'on peut le mettre aussi en prévention ? C'est peut-être plus le côté...
- Speaker #2
Alors, le sport a un rôle dans la prévention, évidemment.
- Speaker #1
Et dans la reconstruction derrière.
- Speaker #2
Dans la reconstruction ?
- Speaker #1
Dans la reconstruction, c'est-à-dire qu'une fois que les soins sont lancés, qu'il y a eu l'opération, tu disais ça m'a aidé à me reconstruire.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'on peut dire sur justement le vélo ? Comment est-ce qu'il peut aider justement à reconstruire ? C'est quoi ? C'est les petites étapes, c'est la prise de confiance. Un premier 10 kilomètres, un premier 40 kilomètres. Et puis ensuite, tu prends confiance en toi et tu avances.
- Speaker #3
Déjà, je pense qu'il faut dire que le vélo, c'est quand même un sport relativement accessible. Moi, j'ai commencé huit semaines après l'opération. Je n'avais pas le droit de lever le bras à cause des cicatrices. Et le vélo, c'est quand même une position qui est facilement accessible. Voilà. Donc déjà, on peut être rassuré là-dessus. Et après, je trouve quand même que le vélo, ça fait progresser vite. On a vite... Oui,
- Speaker #1
tu vois vite tes effets. Voilà,
- Speaker #3
c'est ça. Et après, je pense... Moi, je pense que c'est pareil pour toi, Virginie. On a eu le discours maintenant, à partir de maintenant, les filles, vous avez eu un choc dans votre vie. À partir de maintenant, 150 minutes d'activité par semaine. Voilà, ça, c'est tous les médecins nous l'ont dit. Maquinier me l'a dit. Voilà, le sport, maintenant, ça fait partie de votre vie et vous n'avez pas le choix.
- Speaker #1
C'est un état d'esprit, en fait.
- Speaker #3
Voilà. Donc, le vélo, ça traite parfaitement. C'est de l'endurance. On est dehors, on respire l'air frais. Voilà, donc c'est parfait.
- Speaker #1
Ça fait quoi les premiers... Quand on prend le vélo, justement, après le parcours que vous avez eu toutes les deux, ça fait quoi la première sensation d'avoir l'air qui passe sur son visage ?
- Speaker #2
Sandra, est-ce que tu peux redire ce que tu m'as dit après la première sortie ?
- Speaker #3
Libération totale. Tu ne m'as pas dit ça.
- Speaker #2
Tu m'as dit... Tu te souviens où c'était la première sortie ? Vous avez franchi le Rhin.
- Speaker #3
C'est vrai. Il y avait les fleurs, les lupins. Elle m'a dit,
- Speaker #2
j'ai vu des lupins et je me suis sentie libre sur ce vélo. Il y avait des champs de lupins partout. Et ça, je ne l'oublierai jamais, je crois.
- Speaker #1
On sent l'émotion. Je vais revenir sur la science. Qu'est-ce que dit la science, Anne-Sophie, ou la médecine en tout cas, sur l'intégration du sport justement dans la reconstruction ?
- Speaker #2
Alors, comme tu l'as justement dit, la pratique du sport est essentielle dans la reconstruction après un cancer. Après, en fait, moi, je n'aime pas trop quand on dit sport. J'aime plutôt quand on dit activité physique. Parce que quand on dit sport, en fait, les patientes, je pense à tout le monde. Alors, tu vois, on va penser à la salle de sport, au fitness, à des sports comme ça. On va penser au côté défi ou compétition. Exactement. Et en fait, je pense qu'après un cancer ou après une maladie, quelle qu'elle soit, on peut parler d'activité physique adaptée. Et en fait, là, moi, je dis à mes patients, peu importe ce que vous faites, à partir du moment où vous bougez 30 minutes tous les jours. Alors, on peut avoir une activité en marchant tous les jours, marche rapide, marche lente en fonction du niveau qu'on a. Le vélo, évidemment, c'est parfait. On peut nager, on peut faire du yoga tant qu'on va bouger, tant qu'on va refabriquer du muscle. Tant qu'on va restimuler toutes les petites cellules qui ont besoin d'être stimulées. Et je le dis à mes patientes, le muscle, c'est vraiment l'organe de la longévité. En fait, c'est comme ça qu'on arrive à s'en sortir.
- Speaker #1
Et comment, Virginie, toi, tu décrirais, je vais poser la question à Sandra, comment tu décrirais ta première sortie et cette sensation de liberté, mais cette sensation d'être en pleine nature et ce vent qui vient glisser sur le visage ?
- Speaker #0
Alors, comme je te l'ai dit avant, pour moi, c'était... C'est totalement différent parce que j'ai toujours continué à bouger. Pour moi, c'était important pendant les traitements de ne pas prendre de poids parce que j'ai eu une double mammétomie. Donc j'ai fait très attention, je fais du sport, je faisais attention à mon alimentation. Après, effectivement, suite au traitement, c'est devenu de l'activité physique, plus du sport. Il n'y avait plus de performance. Et quand j'allais chez Anne-Sophie, dans mon coffre, j'ai mon sac de piscine. Et régulièrement, elle me dit « Ah, tu vas à la piscine ? » Et du coup, elle arrive à me convaincre. Et je vais aller nager une heure après les séances, comme elle travaille à proximité d'un centre nautique. Et on se sent mieux dans la tête, on se sent mieux physiquement. Avec l'hormonothérapie, on a des douleurs musculaires articulaires. Le fait de faire une activité physique, le fait de faire quelque chose qui nous fait bouger, ça peut être de la randonnée entre copines, ça peut être du vélo ou de la marche en papotant. Qu'est-ce qu'il y a d'autre ?
- Speaker #2
On peut parler aussi du syndrome de fatigue. Le syndrome de fatigue chronique pendant les traitements, parce que vous en souffrez toutes. C'est un vrai sujet. Et pour le grand public, en fait, ça n'existe pas. La fatigue chronique fait un petit effort, prend un peu sur toi, ça va passer. Même dans le corps médical, des fois, c'est compliqué. Les patientes vont dire au médecin, je suis fatiguée, ça ne va pas, c'est compliqué. J'arrive plus à me concentrer. Et on va leur dire, dormez un peu plus, repose-toi plus. Mais en fait, la fatigue, elle est vraiment là. C'est compliqué. Et quand tu es fatigué, tu as du mal à te concentrer. Quand tu as du mal à te concentrer, les troubles cognitifs sont plus importants. Et ça, c'est un vrai sujet. Et le sport aide justement à lutter contre le syndrome de la fatigue. Parce qu'en fait, tu vas restimuler tes petites cellules. Tu vas respirer plus. tu vas fabriquer de nouveau des nouvelles cellules qui vont te permettre de fabriquer de nouveau des lymphocytes. Et tout ça, c'est vraiment important d'en avoir conscience.
- Speaker #1
Mais comment trouver le juste équilibre entre l'état d'esprit où le sport doit être dans le quotidien et cette fatigue chronique dont tu parles ? Comment trouver cet équilibre ? Est-ce qu'il faut s'écouter, de dire « là, je suis fatigué » ou est-ce qu'il faut se dire « j'ai cette séance de prévue aujourd'hui » ? Il faut y aller. Comment trouver cet équilibre ?
- Speaker #2
Je vais paraître un peu dure, et je suis comme ça, je crois, en séance, mais pour moi, le sport, c'est la vie.
- Speaker #1
Si le sport est prévu ?
- Speaker #2
Si le sport est prévu, on y va. C'est comme ça, en fait. Et Claudine a la même philosophie que moi, en fait.
- Speaker #1
Ça veut dire qu'on ne s'écoute pas aux disons...
- Speaker #2
Bien sûr, si la patiente est ultra fatiguée et qu'elle sort de la chimiothérapie, évidemment qu'elle va se reposer. Là,
- Speaker #1
j'imagine que ces femmes sont encadrées aussi.
- Speaker #2
Et c'est à ça qu'on sert les kinés. vraiment l'encadrement dans ces périodes est nécessaire. Moi, vraiment, en général, je dis à mes patientes, après les chimiothérapies, vous sortez, vous faites un petit tour du pâté de maison, vous faites 10 minutes. Pendant une semaine, vous faites 10 minutes. Et au bout de la semaine, vous verrez que déjà, vous aurez vu la lumière. C'est la petite technique du tournesol. Je vois le jour, ça va mieux. Et puis, au bout d'une semaine, on peut faire 15 minutes. Et puis, tous les jours, on rajoute 5 minutes. C'est la progressivité. Exactement.
- Speaker #0
Parfois, il faut juste une petite impulsion pour se mettre à l'activité physique.
- Speaker #2
Et on est content après. Voilà, et le défi, c'est cet exemple-là aussi. Parce que vous, vous êtes des exemples aujourd'hui pour les filles qui sont aujourd'hui en traitement. Elles voient ce que vous avez fait, ça les motive.
- Speaker #1
Et parlez-nous de cette communauté de ce club. Parce que comme j'ai dit, on est devant les caméras, mais il y a d'autres personnes derrière. Ce club, c'est combien de personnes ? C'est l'encadrement ? Parlez-nous de ça.
- Speaker #3
C'est un club très actif. Claudine saura dire, je dirais, il y a peut-être 150 membres ou 130. On a assisté à l'Assemblée Générale en début d'année. On était surpris de voir le nombre de personnes dans la salle parce que souvent dans les associations, il y a une Assemblée Générale, il y a peut-être 10% des membres qui sont présents. Ce n'est pas du tout le cas. C'est un club très actif. Il y avait toujours des encadrants, ou il y a toujours des encadrants autour des sorties. C'est ça aussi, je pense, la force du club. Il faut aussi trouver des encadrants, des gens qui sont motivés. C'est quand même un travail autour. Et le club est là. Il y a beaucoup de bienveillance aussi. Je pense que c'est très important parce qu'on était quand même dans une phase où on était fragilisés, sensibles. Mais je veux juste rebondir sur le fait... Ce que tu disais, le message de Claudine, la présidente, il faut pédaler. J'ai une petite anecdote à partager. Lors d'une sortie... Au début, j'étais plutôt derrière. Ils étaient tous devant. Dès qu'il y avait une montée, je n'arrivais pas à les suivre. C'est un peu frustrant. La Claudine m'a dit, « Sandra, il faut pédaler dans les descentes. Tu vas rattraper le groupe. » C'était vrai. J'ai toujours rattrapé le groupe après. Mais cette image m'est restée. Il faut pédaler dans la route. Cette phrase, c'est un peu ta philosophie désormais. Et c'est ça aussi, pour moi, un message aux femmes qui sont peut-être encore pendant les traitements. Il faut pédaler. Après une chimiothérapie, il faut à nouveau se lever. La suivante et une semaine d'après, il faut à nouveau se lever. Et cette image, pour moi, il faut pédaler. Je veux vous encourager. Continuez à pédaler et ça va aller. Je suis d'accord avec toi. De temps en temps, il faut, Anne-Sophie, il faut une petite impulsion. Mais restez pédalés. Ne perdez pas le courage. Restez en mouvement et ça ira mieux.
- Speaker #1
Et j'aimerais aussi qu'on parle de la force du collectif, parce qu'on parle de vélo, qui est souvent assimilé à un sport individuel. Et en fait, il y a beaucoup de collectifs quand on parle. C'est-à-dire ne pas rester seul, rester en groupe, parler, la bienveillance. Qu'est-ce que vous voulez justement partager autour de ce collectif ? On est sur la deuxième édition cette année, première édition l'année passée. On sent bien que ce mouvement va ne faire que grossir. Qu'est-ce que vous pourriez partager sur le collectif ? Peut-être des anecdotes ? Pour que les gens qui nous écoutent, qui ne font pas de vélo, donc qui peuvent se dire, le vélo, c'est un sport solitaire, on est seul sur son vélo. Quand on en fait, on comprend que non, en fait, ce n'est pas du tout un sport individuel. Qu'est-ce qu'on pourrait partager autour de ce collectif ?
- Speaker #0
En fait, on a créé un groupe WhatsApp. Et quand il y a des entraînements, on échange des messages. Et souvent, on se dit, Sandra, viens, allez, viens avec. Donc, on essaye de se débrouiller pour venir aux entraînements. Et parfois, quand quelqu'un ne peut pas venir, il y a d'autres entraînements qui sont organisés les samedis. Donc samedi, dimanche, on avait possibilité de s'entraîner plusieurs fois pour ce défi. Et en fait, c'est le collectif qui fait, on se sent soutenus. Et lors du premier défi, je me souviens, une des filles était en difficulté avec son vélo musculaire. Parce qu'elle avait le vent de face. Et celle qui était avec un vélo à assistance électrique essayait de se positionner pour qu'elle ait moins de vent. Moins de prise au vent. C'était moins de prise au vent. Et le premier défi, les 127 kilomètres, les 27 derniers kilomètres, c'était vraiment très dur. Et c'était vraiment incroyable. Elle était vraiment très courageuse, toute. Et on était vraiment très fiers d'avoir fini ce défi.
- Speaker #1
C'est mérité, c'est logique. Et pour toi, Sandra ? Le collectif, comment tu en parlerais ?
- Speaker #3
Pratique aux pratiques aussi. C'est plus simple. Le club m'a prêté un vélo au début. Il n'y a peut-être pas tout le monde qui a un vélo déjà. Exactement,
- Speaker #1
tu as raison.
- Speaker #3
Il y a des astuces. Comment je change une chambre à air ? Si on est un peu plus avancé, on peut poser des questions. Il y a de l'entraide. Tout simplement aussi.
- Speaker #1
Ça m'amène sur les freins. C'est-à-dire que là, je vais m'adresser à toi, Sophie, c'est tous les freins que tu as pu entendre, la palette d'objections que tu as pu entendre pour ne pas y aller. Et je pense à la mécanique, parce que souvent, notamment chez les femmes, c'est vrai que déjà, qui n'ont pas traversé ce que vous avez traversé, mais c'est le frein mécanique de changer mon pneu si je crève. Comment ça se passe ? On a sorti d'ailleurs un épisode avec JP sur comment changer efficacement son pneu. Je vous invite à l'écouter. Anne-Sophie, je m'adresse à toi parce que c'est toi qui recrute quelque part, donc tu fais face principalement aux objections. Fais-nous une palette de tous les frères que tu as entendu.
- Speaker #2
Avant ça, je voudrais rebondir à ce que disait Virginie. Au premier défi, en fait, en effet, tu as raison, les 20 derniers kilomètres étaient difficiles. Et en fait, ça arrive à vélo, il y a des chutes.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #2
Et en fait, on a eu une chute, une patiente qui a chuté. Et alors, je l'ai entendue tomber. J'ai entendu son corps tomber sur le sol. Je me suis dit, bon là, c'est horrible. Et en fait, je me suis précipitée vers elle. Et on s'est regardé dans les yeux. Et c'est Sonia. Et Sonia, elle m'a dit, il est hors de question que je ne termine pas ce défi. Voilà. Elle est remontée. Elle avait les genoux écorchés, les coudes. À la fin, finalement, elle avait une côte cassée. Enfin, bon, voilà. Mais elle a fini ce défi. Il était hors de question pour elle qu'elle ne finisse pas. Tu vois, ce collectif, c'est incroyable.
- Speaker #1
Cette force de...
- Speaker #2
Vraiment... Puis après, sinon, pour les freins, dans le train, j'ai eu le temps tout à l'heure de... J'ai listé. Alors, j'en ai une qui m'a dit je vais avoir encore plus mal si je fais du vélo. Déjà, j'ai des douleurs articulaires, je vais en avoir encore plus. Il y en a une qui m'a dit je vais avoir plus de l'infodème. Non, pas du tout. Je vais être encore plus fatiguée. Je ne vais pas y arriver. De toute façon, c'est beaucoup trop. Il y en a une qui m'a dit, Anne-Sophie, vous êtes franchement là. Vous dépassez les limites. Ce n'est pas possible, 100 kilomètres. Ce n'est pas pour moi. Voilà, ce n'est pas pour moi. Il y en a une la veille du défi vélo. Le premier, elle m'a dit, je te préviens, Sophie, je ne viens pas demain. Je n'ai pas dormi de la nuit, ça ne va pas du tout. Je ne viens pas. Je ne vais pas la citer. Il y en a une qui m'a dit, en fait, ce n'est pas adapté à la récupération du cancer du sein. Je ne vais pas venir. Oui, parce qu'il y a aussi,
- Speaker #1
c'est ce que je disais tout à l'heure, cette question de... Tu as probablement eu cette réaction de... Mais est-ce que c'est possible ?
- Speaker #2
Est-ce que c'est possible ? Voilà, exactement. Mais c'est tout à fait possible, oui. Et là, l'on prouve rien.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr. Mais moi, j'imagine qu'une auditrice qui nous écoute, qui peut être dans ce que vous avez pu traverser, et qui hésite, se dire, mais en fait, est-ce que c'est pour moi ? Non, finalement, je n'ai jamais fait de vélo. Qu'est-ce que vous aimeriez leur partager ? Qu'est-ce que vous aimeriez leur dire ?
- Speaker #0
Qu'il faut se mettre en mouvement. Il faut se mettre en mouvement, essayer. Et tout ce qui ne fait pas de mal fait du bien. L'activité physique adaptée, ça fait partie des soins de support. Il y a encore d'autres soins de support, mais le vélo...
- Speaker #2
Est-ce qu'on peut dire que le premier défi,
- Speaker #0
tu l'as fait en vélo ? Oui, alors le premier défi, je l'ai fait en vélo à assistance électrique. Je fais Strasbourg-Mulhouse parce que c'était proche de mes traitements et qu'à ce moment-là, je ne me sentais pas capable de faire autrement.
- Speaker #1
Je trouve que le vélo par assistance électrique est justement totalement approprié pour le passage dans lequel tu étais. Et c'est rassurant, en fait,
- Speaker #2
dans un premier temps.
- Speaker #0
Et j'ai appris à changer les vitesses grâce à Claudine, parce que je ne savais pas changer les vitesses.
- Speaker #2
Je roulais toujours en sport,
- Speaker #0
alors que là, je roule en éco et j'ai appris à changer les vitesses. Parce que moi,
- Speaker #1
je suis toujours en mode turbo. Il faut que j'apprenne.
- Speaker #0
Pour faire les 127 kilomètres, si je n'étais pas en écho, je ne les faisais pas forcément. Donc, j'ai appris ça. Ça, c'était super. Et cette année, j'ai tenté un autre défi. On m'a prêté un vélo musculaire. Et donc, j'ai fait ces 100 kilomètres avec un vélo musculaire. Et donc, tout est possible.
- Speaker #1
Est-ce que tu étais fière de toi,
- Speaker #0
la rivière ? Oui, tout à fait.
- Speaker #1
C'est juste que je voulais entendre. C'est juste que je voulais entendre. Tout à fait. Et pour toi ?
- Speaker #3
J'ai envie de dire oser. Ça va vous faire du bien. Et tout ce qu'on a surmonté pendant les traitements, on va encore arriver à monter sur un vélo, non ?
- Speaker #1
Est-ce que le vélo t'a permis de découvrir d'autres facettes de toi que tu ne connaissais pas avant ? Une question pour toutes les deux. Je m'adresse à Sandra, mais après, je vais m'adresser aussi à toi. Mais est-ce qu'il y a des facettes de ta personnalité que tu as découvert ? Je ne peux qu'imaginer parce que je n'ai pas traversé ce que vous avez traversé. Mais déjà, la maladie a probablement fait aussi ressortir des facettes de votre personnalité. Mais le vélo, est-ce que tu t'es découvert des facettes de ta personnalité ?
- Speaker #3
En fait, je me suis rendu compte que le vélo correspond vraiment à ma personnalité. Moi, j'aime bien que ça va un peu plus vite que de marcher, on va dire. J'aime bien être dehors. J'aime bien voir des filets des paysages.
- Speaker #1
Donc la nature.
- Speaker #3
La nature, voilà, tout à fait. Et je parlais tout à l'heure de cette phase d'introspection qui suivait mes traitements. Sur le vélo,
- Speaker #1
tu as l'occasion d'en avoir parce que tu as la vitesse, mais aussi cette lenteur où tu roules à la vitesse à laquelle tu as envie de rouler. En pleine nature et au bout d'un certain temps, tu rentres en introspection. Donc le vélo s'y prête parfaitement.
- Speaker #3
Tout à fait. Oui, tout à fait aussi. Je n'ai jamais réfléchi à ça. Peut-être sans en avoir conscience. C'était ici un peu ma thérapie, ma méditation sur le vélo, on va dire. Oui, non, pour moi, c'était vraiment cette preuve. Je l'ai déjà dit plusieurs fois, de pouvoir à nouveau avancer. Ça bouge à nouveau.
- Speaker #1
C'est ancré en toi. Et pour toi ? Alors,
- Speaker #0
pour moi, quand on faisait les entraînements avec des gros dénivelés...
- Speaker #1
Il paraît que c'est tout plat à Strasbourg. Ah non, Il y a une...
- Speaker #0
partie proche de Strasbourg qui s'appelle le Korersberg, où il y a vraiment de bons dénivelés. Et en fait, quand j'étais en train de pédaler, je regardais essentiellement ma roue devant. Je me disais, regarde pas au loin, regarde devant toi. Et j'allais tout doucement en vélo musculaire. Et je pensais beaucoup aux filles qui étaient dans le mal. Parce qu'en fait... Le cancer du sein se soigne mais parfois les traitements ne suffisent pas, les traitements ne marchent pas. Et c'est pour ça qu'il faut vraiment le prendre à temps. Et j'ai quelques amis qui ne vont pas bien. Et c'est à elles que je pensais, je me suis dit je vais pédaler pour elles. Donc voilà.
- Speaker #1
Et le regard de la famille, le regard des amis sur ça, quand vous leur avez annoncé que vous alliez faire cette défi 100 km, alors qu'elles vous ont accompagné justement à travers la maladie, c'est... C'est quoi la réponse ? On a beaucoup parlé de vous, mais l'entourage, et tu l'as dit aussi Anne-Sophie, très important dans ces moments-là, mais quelles ont été les réponses ou la réaction ?
- Speaker #0
Alors moi, ma famille n'a pas été surprise que j'accepte des filles. Ils se sont un peu habitués.
- Speaker #1
Est-ce qu'ils ont pris le vélo aussi avec toi ?
- Speaker #0
Ben... Non, surtout... Enfin, on fait quelques sorties, mais c'était surtout en entraînement avec les filles, quoi. Essentiellement.
- Speaker #1
Et pour toi ?
- Speaker #3
Alors avant, le vélo, pour moi, c'était un moyen de me déplacer, de déplacer mes enfants. J'ai plusieurs vélos, un vélo de vie, un vélo cargo. Et d'un coup, maman avait son beau vélo. Elle partait faire du sport pour elle. Ça, c'est peut-être aussi un beau message à toutes les femmes. Je pense que quand on a un cancer relativement jeune, on est encore dans la vie familiale. on veut En tout cas, moi, je voulais continuer à fonctionner. Donc le vélo, c'était aussi pour moi un moment pour moi. Je faisais du sport pour moi. Entre temps, maintenant, je me suis vraiment acheté un très beau vélo. Et c'était un grand, grand plaisir de choisir ce vélo, de l'acheter. Donc voilà, c'était aussi un moment pour moi. Et là, ma famille, je pense qu'ils n'étaient pas surpris non plus que je prenne le défi. Mais là, ils ont dit, ah ouais, maman se prend le temps pour elle.
- Speaker #1
Est-ce que le vélo a un lien, le fait de... pratiquer maintenant de faire 100 km, voire plus. Est-ce que c'est un lien pour vous avec la confiance en soi ?
- Speaker #3
Ah oui, tout à fait.
- Speaker #1
C'est quoi, c'est le fait d'être autonome, comme tu l'as dit, de partir seule, de rouler comme ça en pleine nature ?
- Speaker #3
Déjà la distance, maintenant, je sais faire 100 km. Cette année, il fallait moins d'entraînement, il faut le dire. Donc c'est une fierté maintenant d'avoir atteint, d'avoir progressé.
- Speaker #0
Oui, c'est surtout ça.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des sujets que vous voulez aborder ? Parce que je sais que vous avez pris des notes pour cet épisode. Mais est-ce qu'il y a des sujets que vous voulez aborder et sur lesquels, justement, je ne vous ai pas posé les questions ? Est-ce qu'il y a des choses que vous voudriez partager ? Ou est-ce que, selon vous, on a fait le tour et on a partagé votre histoire ?
- Speaker #0
Je pense qu'on est toutes les deux vraiment très différentes et qu'en fait, le cancer du sein peut toucher n'importe qui. On a des vies totalement différentes. Et je pense que vraiment, la prévention, c'est le message le plus important.
- Speaker #1
Et c'est le vélo qui vous a réunis ?
- Speaker #0
Et c'est le vélo qui nous a réunis. Non, pas du tout.
- Speaker #1
Vous habitez à la même région ?
- Speaker #0
On habite à 13 kilomètres.
- Speaker #1
Donc on peut dire que c'est très proche.
- Speaker #0
13 kilomètres à vélo ?
- Speaker #1
13 kilomètres à vélo, c'est rien. Comment tu voudrais conclure, Anne-Sophie, toi ? Et après, je vous passerai la parole à toutes les deux, comme ça je vous laisse réfléchir. Mais toi, comment tu voudrais ?
- Speaker #2
Alors, ma conclusion, je trouve que j'ai eu énormément de chance de rencontrer Claudine, qui m'a fait découvrir le vélo. Maintenant, je pratique le vélo, tu sais d'où je viens. J'ai acheté un vélo aussi, comme toi. Je fais du vélo souvent maintenant. Et surtout, j'ai eu beaucoup de chance de pouvoir accompagner... les filles roses, comme je vous le dis. Je suis extrêmement fière de vous accompagner parce que quand je vous propose le défi, c'est compliqué pour vous. C'est des périodes qui sont vraiment difficiles, mais je sais où j'ai envie de vous emmener. Et en fait, c'est des petites fleurs qui vont éclore en fait.
- Speaker #1
C'est beau aussi d'accompagner ce mouvement-là. Absolument,
- Speaker #2
c'est une chance.
- Speaker #1
Très, très émouvant. Et pour vous, quelles conclusions vous aimeriez apporter sur cet épisode consacré à Octobre Rose, un mouvement qui est né il y a plusieurs années aux Etats-Unis et qui est arrivé en France. On a vu une belle animation autour de la Tour Eiffel d'ailleurs hier, je crois. C'était magnifique. Je vous invite à suivre tout ça sur les réseaux. Mais quelle serait votre conclusion ?
- Speaker #0
On a la chance d'être, enfin la chance, on aurait préféré s'en passer, mais on a la chance d'être les marraines de l'édition 2026 à Strasbourg. La Strasbourgeoise, c'est un événement majeur ?
- Speaker #1
Oui, très connu.
- Speaker #0
c'est montrer qu'il y a une solidarité entre les femmes. Et pour revenir sur ton propos, Anne-Sophie, on est très heureuses de t'avoir rencontrée. À la limite, je me réjouis pour aller en séance de kinésithérapie. Merci.
- Speaker #1
Quelle serait ta conclusion ?
- Speaker #3
Ma conclusion, c'est de dire aux femmes qui sont concernées, faites-vous confiance, écoutez votre corps, écoutez votre cœur. Vous avez tout en vous. Vous êtes l'héroïne de votre vie et le sport et le vélo peuvent vous aider à découvrir toutes ces compétences qui sont déjà là. Et utilisez-les.
- Speaker #1
Et puis, je ne pouvais pas terminer cet épisode sans avoir en face de moi Claudine. Bonjour. Merci,
- Speaker #4
bonjour.
- Speaker #1
Eh bien, moi, je suis ravi. On a beaucoup parlé de tout ce que vous avez initié. Et quel mot vous pourriez poser sur ce projet, justement ?
- Speaker #4
C'est... Une belle aventure. Une très, très belle aventure. Pour les filles. Et au départ, c'était pour les filles. Et finalement, je me suis rendue compte que c'était... Je pense que je peux dire que ça fait partie des meilleurs moments de vécu de ma vie.
- Speaker #1
L'idée, la petite graine, elle est arrivée quand ? Parce que là, on parle des éditions 2025, première édition. 2026, deuxième édition. Virginie était la marraine. Oui. Mais... J'aurais imaginé que l'idée, elle trotte dans la tête depuis déjà quelques années. À quel moment ?
- Speaker #4
À quel moment ? J'ai toujours aimé le sport. J'aurais aimé l'activité physique. J'aurais rêvé d'une carrière sportive pour moi-même. J'ai eu la chance de travailler dans l'industrie pharmaceutique et d'entendre parler de facteurs de risque, de pathologies, de pathologies cancéreuses, cardiovasculaires, enfin toutes ces pathologies. chroniques, graves. Et l'important de ça, continuer de me convaincre que l'activité physique, c'est quelque chose de vraiment important. Donc après, il y a eu la création du club, le Strasbourg Vélo Club, avec un des objectifs, c'était du vélo pour tous. C'était quand ? En quelle année ? Il a été créé, il a 9 ans cette année. Et dans le vélo pour tous, il y a forcément le sport santé. Donc je me suis formée au sport santé, au sport santé sur ordonnance. Et là, vous voyez, le cheminement a continué, a continué. Après, on s'est engagé au niveau du club. J'ai voulu qu'on s'engage en octobre rose, pour compléter les activités qui sont proposées à la Strasbourgeoise, d'organiser la Strasbourgeoise à vélo. Toute l'importance de la prévention que Virginie et Sandra, elles ont insisté là-dessus et elles ont raison. Et là, je me suis dit, il faut encore aller plus loin. Il faut vraiment... que les femmes qu'on montre, que les femmes qui ont eu un cancer du sein peuvent sortir, peuvent renouer avec la vie, peuvent retrouver du plaisir. Et l'idée, petit à petit, a commencé à se construire. Ça a été difficile parce qu'il n'y a pas d'association, à proprement parler, de femmes qui ont eu un cancer du sein à Strasbourg. Donc, effectivement, le recrutement a été difficile. C'est ce qui a pris presque le plus de temps. Et c'est ce lien avec Astrid, où Anne-Sophie a parlé, qui a permis... au-delà de la communication qu'on avait pu faire par flyer ou un peu par des réseaux qui n'était pas vraiment la méthode qui n'a pas été la méthode la plus efficace ça a été vraiment ce contact-là vraiment humain qui a fait qu'on a pu faire le premier défi,
- Speaker #1
puis le deuxième défi et puis je crois que ça va être le troisième après ça ne va pas cesser d'évoluer mais... Est-ce que vous vous souvenez, le premier appel à Anne-Sophie est le non. Parce que ce qu'elle nous explique dans l'histoire, c'est qu'au début, elle a dit non et après, elle a rappelé.
- Speaker #4
Et c'est vrai que ça paraît fou. Parce que 100 kilomètres, quand on n'a pas l'habitude de faire du vélo, c'est énorme. C'est énorme.
- Speaker #1
Et en plus, quand on est atteint par la maladie, ça nous aide. En plus, c'est une barrière.
- Speaker #4
Mais l'idée, quand on sait le bénéfice de l'activité physique... sur la rémission et pour éviter la récidive dans le cancer du sein, on se dit, il faut quelque chose. Donc il fallait un élément moteur motivant. Défi 100 km. Mais l'idée derrière ça, c'était de dire, pour faire ce défi, il va falloir les préparer. Donc avoir une activité physique faillue du terrain. Oui, ce n'est pas juste de dire faire le défi,
- Speaker #1
c'est tout ce qu'il y a autour, effectivement. Voilà,
- Speaker #4
donc on a parlé 35 minutes de sport par jour, bougez, bougez, bougez. Donc l'idée, c'était ça aussi. Elles vont être obligées, je vais être obligée de les préparer, de les entraîner, de le faire progressivement, et de leur donner le goût du vélo. Et ainsi de leur donner le goût du vélo.
- Speaker #1
Combien de femmes en 2026 ?
- Speaker #4
Alors, en 2026, il y avait une trentaine de personnes qui ont fait le défi. Il y en avait 13 nouvelles participantes.
- Speaker #0
Et les autres étaient des participants du défi précédent.
- Speaker #1
J'ai posé la question à Virginie et à Sandra sur c'est quoi les émotions quand on vit le groupe. Donc là, je suis obligé de vous poser la question. C'est quoi les émotions quand on est à l'initiative de ce projet ? Bien évidemment, accompagné par d'autres personnes qui sont venues aider la naissance et le développement. Mais quand on est à l'initiative et qu'on vit ça, c'est quoi les émotions ?
- Speaker #0
Il y a eu les préparations, petit à petit, elles ont progressé vite. Et puis après, les difficultés, leur expliquer, les encourager. Non, mais là,
- Speaker #1
je parlais de vos émotions à vous. Et après,
- Speaker #0
il y a eu un moment où je me suis dit, j'ai douté. Est-ce qu'elles vont y arriver ? Est-ce que je vais réussir ? Est-ce que j'aurai assez de temps pour leur permettre d'arriver ? Il y a des angoisses, il y a des doutes. Il y a toutes ces choses-là comme ça qui... qui s'insinuent et qui poussent. Et je me suis dit, je ne peux pas leur montrer que j'étais toute. Donc, voilà, j'ai continué, j'ai continué. Une des plus grosses émotions et ma plus grosse angoisse, c'est qu'on avait, dans la première édition, on était presque arrivés à Mulhouse. On avait fait plus de 100 kilomètres. Elles ont fait 126. Et à un moment donné, je me suis dit, tout va bien, il ne faut pas. J'avais la gorge genouée sur mon vélo, j'avais les larmes qui me montaient aux yeux. Et je me disais, il faut que ça soit un succès jusqu'au bout. Il ne faut pas qu'il y en ait une qui chute, il faut que tout se passe bien jusqu'au bout. Et je me sentais envahie de quelque chose que je n'arrivais pas à contrôler. Alors, Claudine respire, elle sourit profondément. Donc, je me suis calme, je me suis dit, tu es au bout là, tout va bien arriver. Et tout s'est bien passé. Et l'arrivée à Mulhouse a été un déferlement d'émotions. Pour moi, ça a été un déferlement d'émotions. Anne-Sophie s'en était rendue compte. Elle m'a prise dans ses bras.
- Speaker #2
Une photo magnifique.
- Speaker #0
Elle s'est rendue compte que c'était, pour moi, la déméance.
- Speaker #1
Il y a les yeux qui brillent. J'aime quand il y a les yeux qui brillent. Virginie, toi qui étais marraine de cette édition-là.
- Speaker #2
Non, en fait, je suis marraine de la Strasbourg-Jose avec Sandra cette année. Pas du défi. D'accord.
- Speaker #1
Quel message tu voudrais faire passer ?
- Speaker #2
C'est de la solidarité entre femmes. C'est un superbe défi. On est un peu une famille. Je veux dire, c'est vraiment très beau. Et Claudine nous a magnifiquement bien accompagnées. Et elle était toujours bienveillante, toujours à l'écoute. Elle nous apprenait plein de choses. Quand on lève le doigt en l'air, ça ne veut pas dire regarder la météo. Ça veut dire... En fil indienne. On a des petites blagues. Et sinon, on a eu une chance inouïe avec le temps, avec la météo. Quand on est allé à Mulhouse la première année, il faisait exceptionnellement chaud et beau. Le lendemain, c'était l'éluge. On a vraiment eu beaucoup de chance. Et cette année encore, en allant à Vissambourg, on a eu beaucoup de chance avec la météo. Et la première édition, je me souviens avec les filles, on s'était dit, même s'il pleut, on le fait.
- Speaker #0
On était déjà conditionnés. Ce qu'elles n'ont pas dit, c'est que le lendemain, à chaque fois, elles sont participées à la marche ou à la course des épreuves de l'octobre rose 2012 pour la première fois, de Vissambourg pour la deuxième fois. Et cette année, elles ont eu un accueil absolument fabuleux à Vissambourg. Ce sont les pompiers de Vissambourg qui organisent la vie saint-bourgeoise, ils l'appellent d'ailleurs. Et avec tout un tas de bénévoles qui participaient à la vie sans bourgeoise, ils sont allés les accueillir 10 kilomètres avant l'arrivée. Sirènes de camions de pompiers à vélo, ils leur ont fait faire le tour. C'était un très bel accueil. Avec la musique pour passer dans Bissambourg, ça a été quelque chose de grandiose.
- Speaker #1
Ça va être grandiose de plus en plus. J'ai aucun doute sur ça. Pour juste voir le mouvement, la philosophie qu'il y a derrière, connaître d'autres personnes, comme je l'ai expliqué, Boris, qui travaillent dans le handicap, et de voir comment ça s'est construit, comment ça s'est développé, je n'ai aucun doute que dans quelques années, vous serez des centaines au départ. Des personnes qui ont rejoint le mouvement depuis des années, qui reviennent, avec qui vont accompagner les nouvelles, bien évidemment. Mais c'est en tout cas de très, très beaux messages. Vraiment, je suis honoré d'avoir eu la chance de pouvoir... de pouvoir vous rencontrer, que vous puissiez partager justement d'où c'est né, et puis comment ça se développe, et puis bien évidemment en donnant aussi la parole à des personnes qui sont passées par ce parcours de la maladie. Un grand merci.
- Speaker #2
C'est un plaisir. Merci de nous avoir accueillis.
- Speaker #1
Merci à vous. En tout cas, moi, je tenais à vous remercier à toutes les trois pour votre partage, la sincérité avec laquelle vous avez partagé justement votre parcours. C'est peut-être pas facile parfois de poser certains mots sur certains parcours. En tout cas, un grand merci pour ce témoignage-là. J'ai hâte de partager cet épisode. J'ai eu beaucoup de chance de pouvoir vous rencontrer. Donc, un grand merci également à la Fédération française de cyclotourisme de vous accompagner dans cet épisode, qui partage, qui sponsorise cet épisode. Et je vous invite à vous connecter sur les différents liens, les différents sites sur lesquels on va partager également le contenu de l'épisode. Un grand merci. Et puis, j'espère qu'un jour, on pourra rouler ensemble. Moi, j'aimerais bien rouler avec vous. Avec plaisir. Carrément. Un grand merci. Et puis, à très bientôt pour un prochain épisode du podcast. Sans sel.
- Speaker #2
S'il y a du soleil, j'aimerais.
- Speaker #1
Uniquement. Voilà. C'est la fin de cet épisode de Tous en selle. Merci d'avoir pris le temps de rouler avec nous, d'écouter ces histoires, d'écouter ces conseils, mais aussi ces expériences qui, je l'espère, t'auront donné envie d'aller chercher un peu plus loin, un peu plus haut, et de simplement savourer ta prochaine sortie à vélo, mais aussi, pourquoi pas, de comprendre les vibrations de ta machine. Si ce podcast t'inspire, te motive, te fait sourire ou te donne simplement envie pour une nouvelle sortie à vélo, n'hésite pas à le partager sur les réseaux ou à un ami simplement avec WhatsApp, tu verras, c'est très simple. à en parler autour de toi et à laisser le fameux 5 étoiles sur les différents sites. C'est ce qui fait grandir l'aventure, c'est ce qui fait grandir le podcast et c'est ce qui nous permet de continuer à avoir d'autres invités. Tous en selle, c'est une communauté, une énergie, une envie commune, se dépasser, s'amuser, apprendre et vivre pleinement cette passion qui nous rassemble, le vélo. On se retrouve très vite pour un nouvel épisode du podcast Tous en selle avec de nouvelles voix, de nouveaux conseils et de nouveaux récits. D'ici là, prenez soin de vous et comme toujours, tout est tous en selle.