- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur le podcast Tous en Seine, je suis Sébastien Scotto di Fasano et nous enregistrons cet épisode hors série exceptionnel ici à Fréjus à l'occasion du Rock d'Azur CIC et je suis d'ailleurs avec un invité lui aussi exceptionnel puisque je suis avec Pierre Roland. Salut Pierre !
- Speaker #1
Salut, bonjour, bonjour à tous !
- Speaker #0
Comment ça va ? T'es bien installé ?
- Speaker #1
Très bien, très bien, il y a un petit peu de vent là sur le Rock d'Azur. Un petit peu de vent. Pas grave, j'ai eu l'habitude d'avoir le vent de face cette année.
- Speaker #0
Comme ça t'es pas dépaysé, on va contextualiser un petit peu pour ceux qui nous écoutent. On est sur le stand Giant au rug d'Azur CIC, sur le rooftop exactement du stand Giant. On va tout de suite en profiter pour remercier nos amis de ces Giant grâce à qui cet épisode est rendu possible. On va le rappeler Pierre, mais t'es ambassadeur de la marque depuis maintenant un peu plus de 4 ans et ils te soutiennent sur tes différentes aventures, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, effectivement, je suis devenu ambassadeur tout de suite à l'arrêt de ma carrière. Et c'est souvent des histoires de rencontres d'humains. Et j'ai rencontré Lionel qui a maintenant changé de mission, mais qui à l'époque s'occupait du marketing et des athlètes, des ambassadeurs. Et voilà, on s'est tout de suite bien entendu. Ils m'ont envoyé un vélo et je me suis senti bien sur ce vélo. Et puis petit à petit, la collaboration a évolué. Et ouais, c'est une belle collaboration, 4 ans déjà. 4 ans, c'est une belle collaboration. Ça commence à faire pas mal de kilomètres sur les Hello Giant.
- Speaker #0
Ouais, effectivement. Très bien. Écoute Pierre, si tu veux bien, au menu de cet épisode, on ne va pas forcément revenir sur ta longue et belle carrière professionnelle dans le vélo. On va plutôt se concentrer sur le Pierre-Roland d'aujourd'hui. sur le nouveau Pierre Hollande, qu'est-ce qui t'a minime aujourd'hui ? On a vu cette année que tu t'es lancé sur plusieurs courses un peu folles en ultra distance, en ultra cyclisme. La première question que j'ai envie de te poser Pierre, c'est est-ce que tu peux nous définir, enfin en tout cas du moins nous donner ta définition de l'ultra cyclisme ? Je pense qu'il y a pas mal de gens qui nous écoutent et qui ne sont pas forcément familiers de ce genre de course, de cette nouvelle discipline qui est en train de... de se développer, est-ce que tu peux nous en donner un petit peu les codes, comment ça se passe, quelles sont les règles, qu'est-ce que ça représente ?
- Speaker #1
Pour les non-initiés, on va faire un rapprochement tout de suite avec l'ultra-trail, c'est-à-dire ces randonneurs de l'extrême. Le trail, on connaît, la course dans la montagne, l'ultra-trail, c'est des distances énormes. La course la plus connue, c'est l'UTMB avec 160 kilomètres et des nivelés. monstrueux, la diagonale à la Réunion. Ça, c'est l'ultra-trail et l'ultra-cyclisme, c'est un peu la même chose. C'est-à-dire le format du vélo, on le connaît, des courses de 150, 200 kilomètres avec 3, 4 000...
- Speaker #0
C'est les mêmes vélos que tu as pu utiliser dans le passé.
- Speaker #1
C'est les mêmes baskets aussi en trail. Mais du coup, les formats, c'est 150, 4 000, 5 000 mètres de dénivelé. De temps en temps, on a... Un championnat du monde ou une étape d'un grand tour avec 5500 mètres de dénivelé. Et là, le format, c'est autre chose. Tout est multiplié. C'est des distances, on va dire en ultra. On commence à parler d'ultra à partir de 300 kilomètres. Déjà, quand on fait 200 kilomètres, c'est déjà une belle distance.
- Speaker #0
C'est déjà une belle sortie.
- Speaker #1
Mais voilà, 300, 400, 500, 1000 et plus. C'est ça l'ultra. et après il y a... différentes courses, différentes organisations. Il y a les courses en gravel, il y a les courses sur route, il y a des courses avec assistance. D'autres, non. Mais l'ultra-cycliste, c'est une version amplifiée du cycliste avec plus de déplacement, plus de temps sur le vélo, plus de dénivelé et du coup,
- Speaker #0
plus de plaisir. Et plus de paramètres aussi à gérer puisque tu dois gérer évidemment ta nutrition, ta alimentation, mais aussi euh tes batteries et quand je dis tes batteries c'est pas seulement tes batteries dans les jambes et ton cardio mais c'est aussi tous tes devices que tu as sur ton vélo il faut que ton gps puisse fonctionner tout le temps pour avoir un coup d'avance sur tes lumières enfin voilà il y a toute cette charge mentale qui est très présente et il y a le plus gros des paramètres à gérer c'est aussi le sommeil quand tu fais des courses sur plusieurs jours voilà ça rajoute énormément de charge mentale
- Speaker #1
Oui, c'est la logistique, c'est trouver le setup. Moi, vraiment, ce qui me plaît dans l'ultra distance, c'est...
- Speaker #0
C'est la bonne config. Oui, c'est ça. Trouver la bonne config.
- Speaker #1
Oui, ça m'éclate vraiment d'aller chercher le bon matériel, adapté à la bonne épreuve. adapter au terrain, adapter à la météo, de rien prendre en trop, mais de ne pas avoir le truc qui te manque. Donc voilà, c'est tout ça. Moi, ça m'éclate de gérer tes arrêts, de dire est-ce que je pars avec toute ma nutrition sur moi ? Est-ce que je pars avec un gros volume d'eau ? Je vais m'arrêter moins. Mais le volume d'eau, s'il y a beaucoup de dénivelé, il faut se le trimballer. Donc c'est toute une question de logistique pour essayer d'optimiser quand on est dans la performance, quand on veut chercher une performance. Mais ça, ça m'éclate. Ça, ça m'éclate. Et puis bon, on est sur le stand Giant. Quand on laisse du côté de Giant de la liberté sur le matériel, du coup, les configurations, elles sont encore infinies. Bien sûr.
- Speaker #0
Et finalement, on est presque plus proche d'un marin qui va faire une Transatlantique que d'un cycliste pro.
- Speaker #1
Sur les très longues épreuves en autonomie totale, oui. qu'il y a aussi des épreuves où on va choisir son itinéraire. Donc là, le vent, pour le coup, si on fait référence à la voile, a une importance peut-être d'aller tirer des bords pour aller chercher un peu plus de vent d'eau, un peu moins dénivelé.
- Speaker #0
Il y a une stratégie, savoir si tu commences à attaquer un col de nuit, mais si après derrière, tu n'as pas d'endroit pour dormir. En altitude, ce n'est pas bon. C'est compliqué tout ça à gérer.
- Speaker #1
Il faut vraiment avoir aussi conscience de Euh... Ce que tu es capable de réaliser de jour pour éviter justement les pièges de la nuit, les pièges du froid. Et il faut être juste avec son niveau, il faut être cohérent sur beaucoup de choses, sur sa gestion de la nutrition, son matériel et sur son niveau vraiment. Et on peut se faire piéger, notamment sur des épreuves gravel. Si on a un gravel en bon état ou en mauvais état.
- Speaker #0
c'est pas tout d'avoir le kilométrage et le profil le kilométrage je veux quand même dire la loi du terrain est toujours très très dure si on a un parcours terrain qui est difficile on n'avance pas et comment t'as découvert cet univers ? comment t'es arrivé là-dedans ?
- Speaker #1
alors ça remonte déjà au moment où j'étais coureur quand j'étais professionnel tu regardais un peu de loin déjà quand t'étais coureur je regardais notamment euh euh Pour le citer, Steven, le Yari, qui partait faire Paris-Dakar à vélo, je le suivais. Je le connaissais, Steven, parce qu'on a couru ensemble chez les jeunes, on se croisait. Je ne vais pas dire que je le connaissais vraiment, mais je me disais, pourquoi il fait ça ? Est-ce que je serais capable, moi aussi, de faire 200-300 km par jour, tout seul, avec mes sacoches ? Qu'est-ce qu'il ressent ? Et pourquoi il a cette émotion aussi ? Steven en plus il partage beaucoup il est sans filtre il a des émotions qui ressortent et ça et puis après j'ai suivi le Bikingman c'est la plus vieille organisation je pense ultra distance parce qu'ils fêtent leurs 10 ans je regardais les films, je regardais ces ultra cyclistes du coup c'est des ultra cyclistes Plus fort qu'un cycliste, quoi. Je veux dire, je me suis toujours demandé si j'étais capable, en fait. Et je me suis dit, moi aussi, je veux être un ultra cycliste. Donc, dans un coin de ma tête, je savais qu'un jour, j'allais faire un Bikingman, une Race Across, un Gravelman. Donc,
- Speaker #0
c'est une graine qui est quand même plantée depuis un petit moment.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Et l'exemple, c'est quand on a été confinés tous en 2020. La première chose que j'ai fait quand on a été libéré, c'est que j'ai pris mon vélo. Je suis allé de chez moi à ma résidence secondaire à 350 kilomètres de là. Le lendemain, je suis revenu. Et le soir de l'aller, je me souviens avoir envoyé un message à Steven. Je lui ai dit, il se passe un truc. Passer 270 kilomètres, toi aussi, ça te le fait ? Il m'a dit, ouais, mais c'est rien ça. Il m'a dit, tu vas voir quand tu vas arrêter et que tu vas faire plus. Tu vas voir ce que c'est vraiment.
- Speaker #0
Il y a des steps dans l'ultra distance.
- Speaker #1
Il y a des steps au bout de 6-7 heures où là tu fais comprendre à ton corps que les glucides ça ne va pas être sa source d'énergie. Au bout de 10 heures, tu as un step où tu peux rentrer dans un petit, dans une espèce de flot, souvent sur route au bout de 300 kilomètres. Et puis après, voilà. Tu as différentes sensations avec la notion du temps qui évolue, la notion de la douleur aussi.
- Speaker #0
La première nuit dehors, il y a tout ça aussi.
- Speaker #1
Je vais être honnête, je n'ai pas une grande expérience des courses passées 500 kilomètres. Je n'en ai fait qu'une. Et tant mieux parce que des nuits blanches, ce n'est pas très bon pour la santé. Mais le bug G, c'est assez grisant parce qu'on n'a qu'une envie, c'est de repartir.
- Speaker #0
Et ce qui t'a attiré en premier, c'est vraiment... le fait de faire beaucoup de kilomètres sur une journée, c'est l'aventure, c'est les paysages voir beaucoup de paysages sur autant de temps c'est quoi qui t'a driveé en premier ?
- Speaker #1
Déjà si on reprend chronologiquement j'ai arrêté ma carrière à 4 ans et ma priorité c'était quand même de stabiliser ma reconversion avant de commencer à vraiment prendre du temps pour faire ces choses là parce que ça prend énormément de temps, aussi bien la préparation que l'événement lui-même parce que c'est des longs week-ends, des semaines qu'il faut dégager dans son emploi du temps. Mais j'ai mangé la question, excuse-moi.
- Speaker #0
Non, c'était savoir qu'est-ce qui t'a attiré en premier dans l'Ultra. Non, ce qui m'a attiré,
- Speaker #1
c'est le dépassement de soi-même, c'est d'aller chercher ses limites. Et je l'avais bien noté, je l'avais bien ressenti quand j'ai fait les 350 kilomètres, quand on a été libérés du confinement et sur quelques entraînements quand j'étais coureur cycliste. Quand on passe un certain temps sur le vélo, ton corps, en fait, il va chercher des choses dans sa façon de gérer son énergie qui sont extraordinaires. En fait, on est un puits sans fond, sans fin d'énergie. Et je pense que tant que tu n'as pas été chercher ça, tu ne t'en rends pas compte. Tu penses qu'au bout de deux heures, tu es mort. Mais en vrai, on a une capacité à... d'endurance notre corps et tout ce que ça sécrète quand tu vas chercher tout ça c'est c'est ça que je suis allé chercher et puis après j'ai découvert de nouvelles choses de nouvelles sensations et du coup ta première expérience en ultra mis à part ce
- Speaker #0
convoyage entre guillemets pour aller dans ta résidence secondaire c'était quoi ta première épreuve ?
- Speaker #1
du coup j'ai participé au Bikingman Maroc 555 donc un half en gravel c'était en septembre l'année dernière il y a quasiment un an un petit peu plus d'un an maintenant et voilà c'était l'Atlas marocain alors comment ça s'est passé ? bien mais dans le premier chemin j'ai éclaté mon pneu parce que je suis arrivé trop vite j'étais peut-être pas le matériel le plus adapté à faire 500 km dans l'Atlas J'ai tout éclaté. J'ai éclaté le pneu, j'ai dû réparer. J'ai mis une heure à peu près à tout réparer.
- Speaker #0
T'es bon mécanicien sur ton vélo ?
- Speaker #1
Pas ouf. Comme beaucoup de cyclistes pros. On ne sait rien faire, nous, les cyclistes pros. À part changer une chambre à air. Et encore, certains, pas sûrs. Mais mettre un maillon rapide. Je vais m'en sortir. Mais démonter un boîtier de pédalier. Le système intégré des câbles, tout ça, t'oublies. Mais les choses basiques, je vais m'en sortir. Mais avant de partir sur les dernières aventures, je suis passé un petit peu de temps avec mon mécano qui m'explique comment démonter mes plaquettes, comment faire une purge, comment mettre une attache rapide. C'est des choses bêtes. Mais le but, c'est d'avancer. Donc, il faut avoir deux, trois notions quand même.
- Speaker #0
C'est quoi qui t'a le plus déstabilisé sur cette première épreuve ? Ou pas, d'ailleurs. mais est-ce qu'il... qu'est-ce qui t'a le plus marqué ?
- Speaker #1
Alors justement sur le Maroc j'ai pas eu cette sensation de flow ce moment où tout va bien tout est aligné et autres
- Speaker #0
C'était dur dès le début ?
- Speaker #1
Non parce que dès le début j'ai eu un incident mécanique j'ai crevé, j'ai réparé du coup j'ai ouvert le pneu j'ai dû mettre une rustine à l'intérieur même plusieurs rustines j'ai collé ça un peu à la glue et autres et bon ça tenait, ça a tenu Mais c'était un peu angoissant de se dire qu'à tout moment ça s'arrête et quand en fait tu t'investis pour venir, t'as pas envie que ça s'arrête.
- Speaker #0
T'as pas envie de profiter parce que t'avais une épée de Damoclès au-dessus de la tête.
- Speaker #1
J'ai eu ça tout le long et du coup je me suis jamais senti relâché. Après ça s'est bien passé, j'ai pris du plaisir, notamment sur la fin, peut-être les 70 derniers kilomètres, dans les derniers chemins je commençais à rouler de manière un peu plus relâchée. Et en fait, quand tu es crispé dans le gravel, c'est pas...
- Speaker #0
D'une, c'est pas agréable, et de deux, c'est souvent là que tu commets quelques erreurs. Tu as réussi à trouver facilement ton allure de croisière, entre guillemets, parce qu'en ultra, ce n'est quand même pas la vitesse à laquelle tu es habitué sur des courses de 5-6 heures. Est-ce que... T'as mis du temps à ajuster le curseur ?
- Speaker #1
Ouais, un petit peu quand même. Sur le premier, le Maroc, j'ai roulé fort, beaucoup trop fort peut-être. Mais bon, ça passe sur 20h, 21h. J'ai mis moins de 24h avec les arrêts, je me suis beaucoup arrêté sur le premier. Mais oui, j'étais un peu gourmand, on va dire, sur le braquet, sur tout ça. Et sur 24 heures, ça passe. Et sur plus long, il faut préserver aussi un peu les genoux, le matos, ton énergie. Mais oui, maintenant, je pense avoir trouvé le régime qui correspond à la durée. Mais là où je m'éclate quand même le plus, c'est sur les formats de 24 heures.
- Speaker #0
Ah oui, 24 heures, c'est vraiment ce que tu préfères ?
- Speaker #1
Là, tu peux encore me servir justement de mon passif.
- Speaker #0
Ça se joue encore la pédale.
- Speaker #1
Je peux encore envoyer un petit peu et si je n'ai pas besoin de trop m'arrêter, je prends encore du plaisir parce que j'arrive à sentir que je roule encore assez vite.
- Speaker #0
Tu as des sensations qui reviennent sur ces courses-là, qui sont proches des sensations que tu as pu connaître quand tu étais pro ? c'est... Foncièrement différent.
- Speaker #1
C'est complètement différent. C'est complètement différent parce que tu n'es pas dans la même filière, tu ne vas pas chercher les mêmes choses, c'est plus long, c'est le moment... Et puis sur une course de cyclisme professionnel, en vrai, il y a peu de... peu de moments où tu t'apprécies le moment présent en fait et tout le temps dans la soie dans la concentration soit dans la souffrance et le moment un peu de planitude il est enfin moi sur toute ma carrière le moment où toutes les étoiles elles ont été alignées où tout était une a eu deux trois quoi non mais c'est vrai le reste du temps c'est la gestion de pas faire attention au chute d'être
- Speaker #0
à subir et ce moment un peu parfait il est beaucoup plus rare t'as appris un peu à lever la tête en ultra parce qu'il y a aussi ça cette possibilité d'un peu plus observer ce qui t'entoure, de profiter des paysages j'imagine que sur une étape sur le tour tu passes pas beaucoup de temps à regarder ce qu'il y a autour de toi non non tu profites de rien quand t'es coureur cycliste tu profites de rien c'est tu tu
- Speaker #1
J'ai couru sur tous les continents pendant ma carrière et j'aime dire qu'à part visiter des halls d'aéroports et des hôtels, je n'ai pas vu grand-chose de tout ça.
- Speaker #0
Tu connais très bien les revêtements par contre.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. Je sais qu'en Asie, les routes ont un rendement parfait. Oui, mais en ultra, ça te permet de… D'apprécier le moment présent de manière plus profonde et avec un peu plus de longueur.
- Speaker #0
En un an, Pierre, tu as participé à 6 ultras et tu as fait une tentative de record. Je vais juste les énumérer pour qu'on se rende un petit peu compte. Donc il y a quasiment un an, en septembre 2025, on a parlé le Bikingman au Maroc, 500 km, tu termines deuxième. En février 2026, Gravelman Paris-Est, 350 km. En mars 2026, et là on déroule, Bakingman au Brésil, 500 km, tu gagnes. En avril 2026, Race Across Paris, 300 km, ça c'est de la route, tu gagnes. Au mois de mai, Bordeaux-Paris, 650 km, tu gagnes encore, ça c'est de la route également. En juin, juste après, je crois, deux semaines après... Une semaine avant, c'était juste avant. C'était juste avant, j'ai inversé, j'ai le GT20, record de la traversée de la Corse, et tu bats le record. Et en août dernier, donc il y a encore quelques semaines, l'Inca Divide au Pérou, 1200 km en gravel, 24 mm de dénivelé positif et tu gagnes. 6 courses en un an, un record. Tu sais ce que ça veut dire ? Ouais. T'es foutu. T'as mis le doigt dans l'engrenage. Ça y est, c'est parti quoi.
- Speaker #1
Je le savais, c'est pour ça peut-être que j'ai traîné un petit peu. J'ai mis 2-3 ans à me dire, bon allez. Parce que je savais que c'est addictif.
- Speaker #0
C'est addictive. Là, six courses en un an, je pense que même chez les cyclistes, chez les ultra-cyclistes aguerris, ça fait beaucoup.
- Speaker #1
J'en avais prévu quatre. Et oui, la race à Cross Paris, elle s'est rajoutée un peu en last minute parce que j'ai un copain qui me dit, il y a la race à Cross Paris ce week-end. Je lui dis, attends, je regarde mon planning. C'était le samedi. Je commentais le vendredi une course et je commentais le dimanche Liège-Bastogne-Liège. Je me suis dit, le samedi j'ai rien, j'y vais. J'ai appelé Arnaud, je lui ai dit, Arnaud, tu te débrouilles, je sais que j'ai fini les inscriptions, mais tu me trouves une plaque de cadre, c'est bon.
- Speaker #0
Arnaud Manzanini, fondateur des Rays-Socro-Séries, ce qu'on salue également.
- Speaker #1
Et il m'a trouvé une plaque de cadre. Il a payé très cher, d'ailleurs le chronométreur lui a fait payer la plaque de cadre très cher, parce que la série était... Ah bah oui,
- Speaker #0
c'était bookée déjà. Ah c'était bookée, ouais. Il y en avait une qui n'était pas prévue.
- Speaker #1
J'avais pas la même couleur que les autres, mais bon, j'ai pris les vins. C'était cool en plus. Mais oui, je suis foutu. Je suis foutu. Et puis voilà, en plus, on est au rock, c'est pas pour rien. C'est pour faire des projets et avoir des projets pour l'année prochaine. Donc, bah ouais.
- Speaker #0
ouais je sais pas trop quoi dire là en tout cas je me sens un peu pris au piège en tout cas on a hâte de voir la prochaine saison qui va se dessiner tu nous en diras un peu plus plus tard mais en tout cas c'est impressionnant moi j'ai envie qu'on fasse un petit focus sur l'Inca Divide Pierre si tu veux bien parce que depuis finalement que tu t'es lancé en ultra t'as créé ta chaîne YouTube toujours d'attaque tant qu'à faire tant qu'à faire la petite ref qui va bien et euh... Et du coup, tu t'es mis à partager des vidéos, des récits de courses après chacune de tes aventures. Et notamment la vidéo de la Linka Divide au Pérou qui est sortie là, il y a quoi ? Cinq jours. Tu as déjà plus de 230 000 vues. C'était une vidéo incroyable. Franchement, il y avait des images complètement folles. Tu nous as complètement transportés. Je crois que tu es accompagné de ta compagne, justement, pour toute la création de contenu. C'est ce qui diffère beaucoup de... de ce que tu as pu connaître avant. Là, tu peux partager, tu peux communiquer en direct. Et du coup, tu as tout un relais qui s'organise derrière pour nous faire parvenir à toutes ces images sur les réseaux.
- Speaker #1
Oui, du coup, je fais ça avec ma femme qui gère toute la création de contenu sur toutes les plateformes. Je communique beaucoup. Et cet hiver, on s'est dit, justement, après le Maroc, on était frustrés au Maroc. On a fait trois pastilles, on a divisé ça en vlog. Mais sur Instagram ou sur Facebook, on sait que dès l'instant où une vidéo dépasse les 3 minutes, elle n'est pas mise en avant. Donc, c'est frustrant. Et du coup, on s'est dit, allez, on se lance sur YouTube. C'est notre moyen de communication. C'est nous. On le gère nous. C'est notre bébé. On en fait ce qu'on veut. On aurait pu faire un explore, faire un… plein de choses mais là en fait on gère notre visibilité on gère tout, il n'y a pas de contraintes c'est pas on nous dit de faire 20 minutes ou 40 minutes non, un cas Divide on a fait 55 minutes c'est pas un format conventionnel c'est pas un moyen métrage on avait 55 minutes et on aurait pu faire 2 épisodes mais je trouve ça extraordinaire de partager ça parce que tout le monde ne peut pas aller au Brésil au Pérou, tout le monde ne peut pas aller en Corse Et du coup, on essaye d'amener toutes les personnes qui regardent les vidéos avec nous. C'est de les imprégner, je ne sais pas comment tu as dit, mais ça. Et pour l'instant, cette chaîne YouTube, c'est mon journal intime en quelque sorte. C'est nous, nos aventures, tous les deux. Et puis, je trouve ça super cool de partager. En fait, les réseaux sociaux, c'est un moyen de communication. extraordinaire, ça permet de connecter des gens qui ne seraient potentiellement jamais croisés ou jamais parlés. Et là, YouTube, c'est puissance 10, je trouve, parce que t'as le temps. On n'est pas dans un... C'est pas un scroll, c'est pas... On fait ce qu'on veut. On fait ce qu'on veut et quand je vois le taux de rétention qu'on arrive à obtenir sur YouTube, c'est bon. Une personne sur deux qui regarde la vidéo en entier. Je trouve ça génial.
- Speaker #0
C'est dingue. Tu féliciteras Marion de notre part. Station Marne. Qui est derrière tout ça. Et pour revenir justement sur ta vidéo sur l'Inca Divide, le titre de la vidéo, c'est l'aventure la plus dure de ma vie. C'est quand même assez fort pour quelqu'un qui a eu une carrière dans le haut niveau et surtout à ce niveau-là. Il y a un moment d'émotion assez fort dès le début où en fait, on te voit sur le départ. avec les yeux mouillés en train de te demander qu'est-ce que tu fais là et tu dis finalement que la seule autre fois où tu t'es retrouvé dans cet état-là c'était sur la rampe de lancement au départ de ton premier tour à Monaco qu'est-ce que... Comment ça se fait que ça se réitère, une émotion comme ça, sur le départ d'un ultra ?
- Speaker #1
En fait, j'ai fait le lien avec mon premier tour, la rampe de lancement à Monaco, parce qu'en fait, c'était la grande inconnue. C'était mon premier tour, c'était la première fois que je faisais une course de trois semaines. Et là, j'ai retrouvé ces sensations, parce que c'était la grande inconnue. Comment je vais réagir à 4000 mètres d'altitude ? Je ne sais pas. Comment je vais réagir huit fois à 4000 mètres d'altitude ? Encore moins ! Et le 5000, deux fois le passage à 5000, le plateau, le froid, sachant que les deux jours avant le départ, il a flotté non-stop. Et moi, je me suis dit, s'il pleut comme ça, je ne termine pas. Non, mais je n'ai pas signé pour ça.
- Speaker #0
On vous voit faire le... Il y a un prologue, c'est ça ? Il y a un prologue qui part juste avant. T'as les pneus qui tournent plus, enfin voilà, tu te dis... Je vous dis dans ma vidéo,
- Speaker #1
mais normalement dans un ultra, il y a des hauts et des bas en banc. Mais là, avant déjà, j'étais... Je me suis dit, non, en fait, c'est pas possible. Si moi, deux jours de pluie, s'il pleut à 3000 mètres, à 5000, c'est de la neige. J'y vais pas.
- Speaker #0
Il y avait vraiment beaucoup de... une réelle peur. à ce moment-là de se dire, il y a beaucoup d'inconnus, beaucoup d'inconnus d'un coup, et comment ça va se passer ?
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
la pluie, s'il pleut, je vais me répéter, mais s'il pleut à 3000, à 5000, c'est de la neige. Je veux pas faire du vélo sous la neige. Je l'ai fait une fois dans ma carrière, c'était autour d'Italie. Ça a duré 4 heures,
- Speaker #1
5 heures la course, ça m'a suffi. On partait pour 5 jours. Et en fait, je savais que ça allait être dur. Je ne savais pas trop le terrain. Et surtout, en fait, moi, ce que j'avais peur, c'est d'avoir le mal aigu des montagnes et qu'en fait, demi-tour, terminé, tu rentres.
- Speaker #0
Ce qui est arrivé à un des concurrents, je crois. Un des concurrents,
- Speaker #1
80 de saturation.
- Speaker #0
C'était l'objet du prologue, c'était de faire en sorte qu'on vous teste, qu'on voit comment vous alliez réagir à haute altitude. Et si jamais vous passiez, entre guillemets, ce point de contrôle,
- Speaker #1
vous avez le droit de prendre le départ. C'était un contrôle très léger, mais il a eu le mérite d'exister. et effectivement il y avait trois questions, il fallait répondre oui aux trois questions et ça partait, non mais il faut être honnête, c'est que la personne en l'occurrence qui n'est pas partie,
- Speaker #0
c'est qu'elle n'a pas réussi à finir le prologue elle n'a pas réussi à finir le prologue elle a coupé,
- Speaker #1
elle est rentrée par la route, elle n'a pas réussi et puis du coup le prologue faisait partie, il fallait terminer le prologue pour pouvoir s'élancer mais oui et aussi il y a une petite histoire c'est que Victor Bouscavé qui est un qui est un ultra cycliste chevronné, ultra aventurier et autres, il a passé un mois au Pérou l'année dernière il me semble et il m'a raconté que quelqu'un était décédé au Pérou parce qu'il s'était endormi à une altitude où il ne fallait pas et tout ça, ça remonte un petit peu, ça fait un petit peu peur, donc c'est pas anodin de faire du vélo à ces altitudes même dit... passer à pied c'est pas apprendre à la légère c'était toutes ces questions certainement et puis bon il y a l'émotion au départ à l'arrivée c'est un peu je travaille avec des marques qui sont beaucoup impliquées dans le travail et ils m'ont dit tu vois l'UTMB ils sont tous dans cet état là sur la ligne de départ ils vont juste faire un tour de cailloux mais ils sont tous dans cet état là
- Speaker #0
Et t'as eu... Deux passages à plus de 5000 sur la course. Décris-nous ce qu'on ressent physiquement à ces altitudes-là quand on fait du vélo. En fait, on a régulièrement des alpinistes qui nous disent quand on fait une ascension sur des hautes altitudes, on a l'impression de respirer à travers une paille, etc. Qu'est-ce qui se passe quand tu roules à 5000 mètres ? C'est assez fou. En fait,
- Speaker #1
la vie est au ralenti. C'est-à-dire que tout est ralenti. et il faut être en capacité d'accepter de ralentir tout simplement et je pense que ce sera gravé dans ma tête à vie, c'est qu'à un moment sur le plateau, quand on a passé le 5000, après on est resté 60 km entre 4700 et 4800 c'est déjà des altitudes qui sont... et là, sur ce plateau, j'avançais pas très vite et à un moment, il y a un faux plat mais un faux plat, je sais pas, peut-être Merci. 2% de pente, 3% sur 500 mètres ou 300 mètres, je ne sais plus, mais un faux plat quoi. Je me dirais celui-là, je le passe en danseuse.
- Speaker #0
Je vais l'attaquer un petit peu.
- Speaker #1
J'ai celui-là, je me le fais, je vais le passer à l'injection. Ah bah non, 20 mètres, même pas, 3 coups de pédale, tu te rassoies, tu mets tout à gauche et ton faux plat de 300 mètres, tu vas mettre 5 minutes à le monter, mais parce que tu n'as pas le choix. Parce que ton corps, il ne peut pas te donner plus. Et c'est déjà beau que ton corps, il arrive. à te permettre d'avancer encore et en fait il faut accepter de ralentir et je pense qu'un vélo en vrai par rapport à de l'alpinisme
- Speaker #0
On est quand même porté par notre vélo. Je pense que c'est plus dur de passer un 5000 à pied dans la neige qu'un 5000 à vélo. Je ne vais pas dire que ce que j'ai fait, c'est extraordinaire. Je pense que c'est plus dur avec des bottes qui font 5 kilos dans chaque pied, de monter le... C'est plus dur de faire le Mont Blanc que ce que j'ai fait.
- Speaker #1
Il faut rappeler aussi, alors certes, tu es sur un... Sur un sport porté, mais on n'a pas dit. Le vélo est quand même un peu lourd. On est plutôt sur des tariats à 16-17 kg.
- Speaker #0
J'avais réussi à optimiser.
- Speaker #1
Avec un vélo chargé, tes sacoches un peu partout. J'ai enlevé,
- Speaker #0
juste le matin de partir, j'ai enlevé ma sacoche de la peur. Tu la connais celle-là ? C'est la sacoche où tu as tué toutes tes peurs. Je l'ai enlevée, j'ai gagné 2 kg.
- Speaker #1
dedans il y avait une tente, un réchaud il y avait que des trucs que j'aurais pas utilisé que des trucs que j'aurais pas utilisé et on te voit sur je pense que c'est le premier passage à 5000 où il y a Axel Carion le fondateur des back-event qui te court après et il y a un moment qui est beau il y a un super moment où vous tombez un peu dans les bras parce qu'il te demande qu'est-ce que tu fais là, pourquoi tu fais ça Ça y est. Et en fait, toi tu dis que dans une autre vie, t'as forcément dû être parmi ces montagnes alors que t'habites plutôt en plaine. C'est un super moment.
- Speaker #0
Tu cherches des raisons et c'est vrai qu'Axel, il m'a couru après, avant d'arriver au sommet, je vais refaire la scène, mais il pouvait plus avancer parce qu'il y avait des congères. Moi j'avançais pas très vite et Axel est en bonne condition, puis Axel il fait 55 kilos donc il peut courir. Il est plutôt affûté. Il est affûté. Et j'entends quelqu'un me crier dessus. Et ouais, je vois Axel au loin, un lacet et demi plus bas. Je comptais pas du tout l'attendre. Je suis allé jusque là, du coup... Et il me dit, attends-moi, attends-moi. Et en fait, bon, le protocole, c'est que... En fait, je me rends pas compte sur le moment, mais il me demande si ça va. Il me demande si j'ai de l'eau. Il me demande si j'ai bien dormi, il me pose 2-3 questions, mais très basiques, très bateau. Et en fait, je l'ai compris après, c'est qu'il voulait juste savoir si j'étais encore en phase. Et après, j'ai su qu'avec les autres, il l'a fait la même chose. Et puis après, il m'a accompagné. Il m'a accompagné peut-être 500 mètres, un petit... Bref, 500 mètres, les distances sont tellement longues à 5000 mètres. Il m'a accompagné 5000 mètres, presque jusqu'au sommet. À un moment donné, je me suis arrêté. J'ai quand même profité de ça parce qu'on n'est pas venu jusqu'ici pour ne pas profiter de ne serait-ce qu'une minute, 32 minutes.
- Speaker #1
Les paysages sont incroyables à ce moment-là.
- Speaker #0
Je ne voulais pas rester trop longtemps. Je serais bien resté beaucoup plus, mais il n'était vraiment pas chaud. Et surtout, ils annonçaient la neige qui arrivait un peu plus tard. Et c'est vrai qu'ils me posent la question qu'il faut. Je n'ai pas forcément la réponse. C'est ça qui me vient. mais le Pérou c'est connecté il y a tout cet aspect c'est le mot que tu emploies je suis connecté avec ce qu'il y a autour de moi c'était ce que je venais chercher un beau moment un beau moment dans la vidéo et
- Speaker #1
arrive le 350ème kilomètre et là moi je te suivais en direct aussi via ton compte Instagram donc encore une fois merci Marion mais euh t'annonces que t'abandonnes ça y est en tout cas on te voit clairement dire t'es à l'hôtel à ce moment là c'est ça c'est le premier jour fin de première nuit fin de première nuit et tu dis voilà là je pense que c'est trop dangereux je suis allé trop loin et en fait on pense que ça s'arrête que c'est terminé et finalement t'es sauvé par le soleil tu sors et tu switches tu switches le comportement
- Speaker #0
Première journée, c'était une journée longue mais c'était volontaire. J'avais prévu cet arrêt dans cet hôtel que j'avais réservé où j'étais bien accueilli. Mais en fait, la première journée, on peut la décomposer très facilement. Il y avait un peu de plat, une première ascension, un premier passage à 4600 m. Une longue descente de 120 bornes jusqu'en Amazonie. On est passé de 4600 m jusqu'à 900 m. Donc il y avait un degré là-haut, en bas il y avait plus de 35 degrés. Et après, on est remonté pendant plus de 10 heures sur une route, mais qui n'était pas du tout une route. C'était un chemin, on avait mis beaucoup de temps.
- Speaker #1
La nuit m'est tombé dessus.
- Speaker #0
Et j'ai un peu déliré dans la montée avec l'altitude. T'as fait des hallucinations un petit peu. Non, mais c'était bizarre, c'était confus. Et en fait, dans la descente, je ne me suis pas habillé assez vite. Je ne me suis pas habillé. J'ai attendu le dernier moment pour vraiment me couvrir. Les vêtements, ils n'ont pas eu le temps de prendre de la chaleur. J'ai eu froid.
- Speaker #1
Tu dis une chose hyper intéressante à ce sujet. Même moi, avec ma petite expérience aussi en ultra-distant, je n'avais pas forcément intégré. En fait, tu dis qu'il faut s'habiller avant la bascule pour avoir le temps de chauffer tes habits pour que comme ça, quand tu attaques la descente, tu n'es pas juste en train d'essayer de te réchauffer alors que tu n'es pas à 60 km heure dans le gravel. Souvent, on a le réflexe d'attendre le sommet, on met la veste. C'est ça, oui.
- Speaker #0
500 mètres. ça va durer 4-5 minutes tu vas prendre un peu de chaleur et là tu vas descendre et tu vas avoir beaucoup moins froid prendre un peu de chaleur pour les gants, pour la veste pour tous les pieds ça va prendre un petit peu de chaleur parce qu'en fait les vêtements font la chaleur avec les couches que tu mets, la couche d'air la couche de textile mais je prends froid et la nuit je ne me réchauffe pas la descente a été interminable et le matin Je me réveille, je ne me suis pas réchauffé. J'ai passé une nuit entière, j'ai pris une douche chaude, j'ai mangé chaud. Et le lendemain matin, j'ai encore les mains froides, les genoux bloqués presque. Et là, je me dis, j'ai fait que 300 bornes, 350. Il me reste 900 kilomètres. Je dis, c'est beaucoup. Et je tourne en rond pendant deux heures, j'échange avec ma femme qui ne m'a pas vu la première journée, qui me dit, tu sais, si tu vas au glacier et que tu abandonnes au glacier, c'est 15 heures de bus pour rentrer. Elle ne me remonte pas forcément le moral.
- Speaker #1
Ce n'est pas juste lever la main et dire c'est bon, j'arrête et je rentre dans la voiture. Non, il n'y a pas de camion balai.
- Speaker #0
C'est une course en autonomie et le retour, si tu l'abandons, il est en autonomie aussi. Et je me suis fait un peu peur et je tourne en rond pendant deux heures et bon je ne l'ai pas raconté dans la vidéo mais vous allez l'avoir en exclu mais je vais à la réception et je demande un taxi en anglais, je ne parle pas très bien espagnol et elle me répond, elle m'agresse clairement en espagnol en m'expliquant, en gros que j'ai qu'à parler espagnol, qu'elle ne comprend pas ce que je dis. Et elle me le dit deux ou trois fois de suite en m'agressant. Et là, je m'en vais. C'est moi qui m'a énervé. Et j'arrive dans ma chambre. Je dis, je fais mes bidons. Je fais mes bidons. J'ai rempli ma flasque. J'ai fait mes trucs. J'y vais. J'essaye. Voilà, c'était ma démarche. C'était j'y vais, j'essaye. Et si ça ne va pas, d'entrée de jeu, au bout de 10 kilomètres, ça allait monter. Si ça va pas, tu fais une mi-temps. Je me suis dit, au moins t'essayes. Finalement,
- Speaker #1
ça se joue à pas grand chose.
- Speaker #0
Je repars, mais je tourne en rond dans la ville. Je fais trois tours du rond-point avant d'y aller. Je trouve une épicerie, je prends à manger parce que j'ai pas déjeuné. Et je pars, et la magie s'opère. Il fait beau, il fait chaud. Et en fait, j'avais mis tous les vêtements que j'avais dans mes bagages. j'avais tout mis sur moi.
- Speaker #1
Ça, c'est une source d'angoisse extrême quand t'as tout mis, en fait, tout ce que t'avais, et t'as plus de solution pour te réchauffer, et là, tu te dis, mais en fait, là, voilà quoi, je suis au max du max, et je suis livré aux éléments.
- Speaker #0
La réalité, c'est que j'avais besoin de rouler, parce que mon corps, il a repris de la chaleur avec l'activité physique, j'ai retrouvé mes mains, j'ai retrouvé mes pieds, et je me suis déshabillé, et puis après, j'ai rattrapé un concurrent. qui avait 15 km d'avance sur moi, je l'ai rattrapé en 40 bornes, il était en zigzag. Non mais lui il n'avançait plus aussi, peut-être que moi je roulais correctement, mais lui il n'avançait plus et lui il me raconte sa nuit, il est arrivé dans un hôtel, moi je suis arrivé à 22h, lui il est arrivé à 2h du matin, il n'y avait pas d'eau chaude dans son hôtel, il n'a pas mangé. Moi j'ai mangé, j'ai eu une douche chaude, ils m'ont mis un radiateur au pied de mon lit, ils m'ont ramené du thé, en fait, ne te plaint-toi pas. ça va, donc en fait lui en me racontant ses malheurs il m'a repris, j'ai repris 10 points de vie et puis après la journée s'est bien passée,
- Speaker #1
je me suis arrêté très tôt le deuxième jour parce que je voulais pas rerouler la nuit et puis après c'est bien passé tu fais du coup une superbe course, tu termines le premier de cette aventure là, tu dis que c'est pas du tout une fin en soi c'est pas ça qui comptait vraiment dans cette expérience, on te voit à l'arrivée avec un visage marquée et je pense que c'est ce qui a fait que cette aventure là elle a vraiment rayonné fort c'est qu'en fait d'un coup on t'a vu popper sur tous les réseaux sociaux avec le visage creusé les cernes etc et je pense que là à ce moment là Tout le monde s'est rendu compte de ce que tu faisais, tout le monde s'est dit « Ah ouais, ok, là c'était engagé, là c'était engagé. » Et cette photo, elle a fait vraiment le tour des médias, t'as même fait une petite tournée médiatique à l'occasion. Je pense qu'à ce moment-là, t'as vraiment été porte-drapeau de ce que peut commettre l'ultracyclisme sur ses pratiquants.
- Speaker #0
L'ultracyclisme n'est pas bon pour la santé, si vous voulez. Non mais c'est que je cherchais une collab avec un chirurgien et du coup non mais pas du tout mais... Mais oui alors la tête putain c'est terrible la tronche que j'avais. Non mais... Mais le truc c'est que... Moi j'arrive et je sais pas que j'ai cette tête du tout hein. Je sais pas que j'ai cette tête. Y'a pas de miroir dans la montagne. La dernière nuit je dors dans une bergerie, je prends pas de douche parce que la douche y'a pas d'eau chaude. Il y a peu d'eau chaude, il n'y a pas de chauffage. En Pérou, il faut savoir, il n'y a aucune habitation, il y a le chauffage. Et l'eau chaude, non plus. Donc j'arrive, je pose mon vélo, je me détends le dos, je m'assois, et d'un coup, je relève mon casque. Il y avait une vingtaine de personnes qui étaient là. Je relève mon casque, et là, je vois les gens qui me regardent bizarre. Je dis... Ben, moi, ça fait 24, 48 heures que je me suis pas regardé dans un miroir. Je leur demande si j'ai pas un truc autour de la bouche ou dans le... Je sais pas, sur le visage. Je prends mon téléphone, je me regarde à travers le miroir de mon téléphone, je me mets en miroir, quoi. Je me dis, putain, si vous auriez pu me prévenir, j'aurais gardé mon casque. Mais ouais, en vrai, le lendemain, j'avais quasiment plus rien.
- Speaker #1
Oui, oui, en fait, ce qu'il faut dire, c'est que quand on fait un ultra comme ça et qui durera. plusieurs jours déjà tu peux être gonflé il y a plein de parties qui sont inflammées quoi qu'il arrive encore plus sur des terrains reculés t'es sous alimenté, t'es sous hydraté c'est pour ça que t'es hyper marqué mais du coup c'est très impressionnant l'analogie qu'on faisait tout à l'heure avec les marins ça ressemble un peu à ça tu reviens d'une transat t'es hyper impressionnant t'es vraiment très marqué
- Speaker #0
Faut savoir que j'ai perdu, je pense, je me suis pas pesé, je pense que j'ai perdu entre 4 et 5 kilos sur les 4 jours et que j'ai continué à perdre du poids pendant 3 semaines.
- Speaker #1
Ouais parce que ton corps continue de brûler encore des calories même après la fin de l'effort. Et du coup, généralement la semaine qui suit un ultra, tu manges plutôt bien.
- Speaker #0
C'est incroyable. T'es un puissant fond.
- Speaker #1
Un puissant fond. Tu t'arrêtes pas, tu manges toutes les heures, il faut grignoter un truc pour essayer.
- Speaker #0
Et puis des trucs que normalement tu manges pas.
- Speaker #1
On va faire un petit point matos si tu veux bien, Pierre, on va justement commencer par Sticker Debate, t'avais quoi comme vélo, t'as roulé quoi comme vélo ?
- Speaker #0
J'avais un Revolt, le Pro Zero il me semble, on va le mettre là, on va l'écrire.
- Speaker #1
Je pense que t'avais un Revolt Advance Pro, je dis ça comme ça mais je pense.
- Speaker #0
T'as mieux bossé que moi, mais non j'ai mon Revolt que j'ai amené au Brésil. que là j'ai amené au Pérou qui est là sur le stand que j'ai exposé il y a encore la poussière du Pérou dessus et d'ailleurs pour l'année prochaine je pense que mes vélos d'aventure ils iront faire le tour des salons ils ne reviendront pas chez moi je
- Speaker #1
trouve que pour le faire vivre un petit peu c'est sympa de l'avoir là il y a beaucoup de monde qui s'arrête pour regarder tout ça tourne autour Tout le monde le touche en disant « Ce vélo, il a fait ça ! »
- Speaker #0
Ils osent pas toucher, parce qu'il y a des petits secrets sur le vélo. Mais ouais, ce vélo, il est... Je suis bien dessus.
- Speaker #1
Comment tu choisis tes vélos ? Tu te fais aider par les équipes de chez Giant ? C'est eux qui disent, en fonction du terrain, tu devrais plutôt prendre ça, en fonction de... Un vélo, il faut qu'il soit beau.
- Speaker #0
C'est important, ça reste important. Le vélo, il faut qu'il soit beau, il faut qu'il te plaise. Non mais c'est vrai ! Après déjà si tu plais Tu vas bien te sentir dessus Règle générale c'est ça
- Speaker #1
Dans beaucoup de sports Un bateau qui est beau c'est un bateau qui va vite
- Speaker #0
Un vélo il va vite Et après Giant il m'oriente Après comme je l'ai dit Il me laisse libre au cours à mes configurations Donc là on est sur un vélo Équipé en SRAM Force J'ai mis des disques Shimano dessus Avec des plaquettes Magura acier Pour avoir un freinage indestructible dans les longues descentes de gravel, là on s'est fait un kiff, c'est qu'on a mis sur le Pérou, on a mis les nouvelles Kadex Max GXR avec moyeux et rayons intégrés en une seule pièce. Le truc, c'est... Tout le monde m'a dit ces roues. Quand j'ai annoncé que je mettais ces roues, il y a beaucoup de gens qui m'ont dit sur les réseaux « C'est pas adapté, elles font 50 mm, les rayons sont irremplaçables. » T'as une paire de roues, moi mon argument c'est ça, t'as une paire de roues qui est garantie à vie pour le premier acheteur et qui garantit 5 ans crash pour le premier acheteur. Quand t'as une roue qui est garantie à vie... Mais tu peux faire 1000 bornes avec, il ne va rien se passer en vrai. C'était sûr, j'avais aucun doute sur le matos. Et j'ai été l'un des seuls sur le Pérou à avoir eu aucun rôle.
- Speaker #1
C'est ça, tu dis sur la fin de ton aventure que le vélo, il est comme au départ. Il n'a pas une vitesse qui gratte. Et ça, on sait que la fiabilité, en tout cas sur un vélo, encore plus en ultra distance, ça pèse énormément.
- Speaker #0
J'ai pris soin de le régler, je l'ai amené chez Giant Store à deux reprises dans les dix derniers jours pour qu'il vérifie, qu'il re-ré-vérifie, qu'il me rechange la chaîne une dernière fois, qu'il me refasse une purge. J'ai été méticuleux dans mes choix, dans la bagagerie et autres. Il y a des concurrents, ils ont arraché les bagages, il y a eu des problèmes d'hydraulique beaucoup. et crevaison on en parle même pas avec quelle section de pneu d'ailleurs ? j'avais 50 la veille j'ai basculé en 45 parce que il y avait eu beaucoup de pluie et j'avais peur de bourrer je voulais gagner un petit peu de place derrière.
- Speaker #1
Et 45 du coup c'était bien ?
- Speaker #0
au final le terrain était sec mais moi j'aime bien les 45 je me sens à l'aise avec j'ai pas trouvé encore de pneu de 50 où je me sens à l'aise au niveau du balancé du vélo Oui,
- Speaker #1
ok
- Speaker #0
C'est un ressenti assez fin en termes de rolling, résistance, et on va nous dire que c'est pareil. Mais le feeling avec le vélo, je suis beaucoup plus à l'aise avec du 45, même si je perds peut-être un peu en confort.
- Speaker #1
Et sur la route, si on prend ton GT20 par exemple, tu avais quoi comme vélo ?
- Speaker #0
J'avais le TCR, le kit cadre, avec un montage perso. C'est l'édition 0. L'édition 0 blanc avec un dégradé bleu. Magnifique, très très beau vélo. c'est pareil pourquoi j'ai pris le kit-cad parce qu'il n'était pas de série et ce cadre là il me plaisait et mon TCR précédent pareil c'était un kit-cad il faut savoir que Giant notamment ils vont se faire plaisir sur des coloris un peu plus euh... c'est un peu plus atypique un peu plus recherché sur les kits cadres parce qu'ils prennent moins de risques et moi du coup c'est mon deuxième TCR où je pars sur un kit cadre sur le GT20 Bordeaux-Paris j'avais un montage Campagnolo super record 13 vitesses pareil tu reviens Campagnolo je suis content qu'il revienne avec du matériel qui fonctionne bien
- Speaker #1
Et sur un Bordeaux-Paris, là t'avais pris un vélo un peu plus aéro je crois ?
- Speaker #0
Non le même parce que c'était trop proche. Non c'était le même, ok.
- Speaker #1
T'avais hésité avec le propel, c'est ça ?
- Speaker #0
J'avais hésité, j'aurais bien aimé prendre le propel, mais en fait vu que les deux événements étaient très proches l'un de l'autre, moi ma façon de procéder c'est quand j'ai un gros événement comme ça, les deux derniers mois je ne roule plus qu'avec ce vélo. Plus qu'avec ce vélo, plus qu'avec les pédales, avec la position, parce qu'il faut faire corps avec la machine, et là de changer de matériel en une semaine d'intervalle, c'est prendre un risque.
- Speaker #1
parce qu'on n'arrive jamais à avoir exactement les mêmes positions entre deux cadres même si c'est de la même marque en plus t'as aussi la chance avec une marque comme Giant qui fait aussi ses propres roues il y a vraiment du matos avec Kadex et on voit que t'as un petit peu customisé ton vélo tout à l'heure quand je regardais ton vélo Ouais. Du Pérou, tu as doublé la guidoline. Tu as déjà les codes de l'ultra-cycliste. Je ne l'ai pas doublé.
- Speaker #0
Il me paraissait bien épais.
- Speaker #1
Il a dû la doubler.
- Speaker #0
Il y a du gel aux endroits où j'ai mes paumes de main qui sont en appui. Uniquement là où il y a mes paumes de main. En fait, la double guidoline, je ne voulais pas la mettre tout simplement parce qu'au niveau du freinage, ça nous éloigne des poignées. Et ça, je ne voulais pas. Donc, j'ai essayé la double guidoline à certains endroits et pas d'autres. Mais au final, le gel, je trouve ça très bien.
- Speaker #1
C'est un peu plus fin. Et puis,
- Speaker #0
c'est un petit amorti quand même. Et j'ai mis aussi du gel à l'intérieur de mes poignées. Dans la poignée. J'ai enlevé les caoutchoucs, j'ai mis du gel dans la poignée, j'ai remis les caoutchoucs des cocottes. Et ça offre un confort assez bluffant. Ce qui fait mal sur les paumes de main, c'est au niveau de la durite, notamment chez SRAM. Il y a un petit creux là où la durite peut être désagréable. Et donc là, je suis venu mettre plusieurs épaisseurs de gel sur toi cet an.
- Speaker #1
Tu vois, j'avais une question. Est-ce que tu es un petit peu geek du matos ? Je crois qu'on y a répondu.
- Speaker #0
Oui, j'aime bien ça. J'ai la chance, je vais être honnête, j'ai la chance d'être accompagné, d'avoir Giant qui m'accompagne sur les vélos et puis d'avoir d'autres marques qui font partie de mon écosystème qui m'accompagnent parce que ça coûte très cher. Et j'adore tester le matériel. Et après, les marques, ils aiment bien bosser avec moi parce que je leur fais des vrais retours aussi. donc ça c'est cool pour eux d'avoir un gars qui fait mille bornes avec une sacoche une paire de roues les cadex ils m'ont même pas demandé la paire de roues parce qu'ils sont tellement sûrs de leur coup je les ai pas loupé les roues avant de partir je les ai envoyé dans les Pyrénées les roues dans tous les sens et ça bougeait pas j'adore ça en tout cas c'était
- Speaker #1
C'était du beau matos et on voit que tu t'es bien pris la tête sur tous les setups. J'ai vu passer aussi pas mal de souris sur Instagram en disant « Voilà, j'essaye encore une autre compo, un autre setup de mes sacoches, etc. » Tu es partout à la maison. Tu t'es bien pris la tête. Finalement, tu as fini avec, en tout cas sur la dernière épreuve, une sacoche top tube, une longue sacoche top tube, une sacoche de CAD. Et finalement, derrière, tu avais quand même une sacoche de sel assez petite, pas très grosse.
- Speaker #0
En fait, j'ai une sacoche de 4 que j'ai transformée en sacoche de sel. C'est 3 litres seulement. C'est 3 litres ?
- Speaker #1
Oui, c'est vraiment light.
- Speaker #0
C'est light, mais ma déformation professionnelle. Je ne suis pas prêt. Le porte-bagages, la grosse sacoche qui dépasse ma mètre derrière. Je n'étais pas prêt. Je n'étais pas prêt encore.
- Speaker #1
Peut-être sur ton prochain 4000.
- Speaker #0
Oui, non. Je n'ai pas le temps, les 4000.
- Speaker #1
je travaille un petit peu quand même mais oui on m'en parle de la TCR les trucs comme ça mais non avec un vélo TCR l'impression que c'est un petit peu écrit tout ça la TCR pour ceux qui nous écoutent c'est la Transcontinental Race c'est un peu la reine mère des courses ultra distance sur route alors ça traverse l'Europe dans un sens en l'eau tous les années le parcours change il y a des checkpoints il y a un règlement très très strict on a zéro droit à de l'assistance même rouler à côté d'un copain pendant quelques minutes c'est carton rouge donc voilà il faut pas déconner avec ça et il y a des checkpoints et par contre entre les checkpoints c'est toi qui traces ta route donc il y a un gros travail de mapping sur 4000 bornes je peux vous dire que ça fait beaucoup pour étudier le revêtement des routes surtout dès qu'on commence à aller un peu dans les pays de l'Est c'est pas super bien référencé Oui. sur Google Maps et en plus c'est un petit peu dangereux. Donc voilà. Peut-être un jour, on verra.
- Speaker #0
J'ai vu Maxime Prieur qui s'est fait déclasser alors qu'il a terminé pour 20 km de route interdite.
- Speaker #1
Le règlement est très dur. Le règlement est très dur. On verra bien. Pierre, ton rapport à la performance aujourd'hui, il a changé par rapport à tes années pro. On voit que tu nous dis que t'es quand même... Toujours très focus sur l'optimisation, mais est-ce que la perf, de manière un peu globale, est toujours très importante pour toi ? Ou il y a d'autres leviers ?
- Speaker #0
C'est complètement différent. Je prends du plaisir à rouler vite sur mon vélo, à faire corps avec mes vélos, avec mon matériel. Mais par contre, en fait, je n'ai plus aucune contrainte. Tout ce qui m'embêtait dans ma vie d'avant, je ne me l'impose plus. C'est-à-dire que la diète, zéro. L'entraînement, quand j'ai le temps. Et puis après, les événements qui me permettent d'être motivé. Mais la performance pure, les datas, les intensités un peu hard et tout, je ne le fais plus. Et en plus, Il y a un truc dans ma vie actuelle, c'est qu'il y a des moments où je ne peux pas rouler, parce que je suis consultant sportif le reste du temps, et il y a des semaines où je pars de chez moi le matin tôt, je rentre tard, et il y a des semaines où j'accumule une frustration de ne pas aller rouler, et du coup quand je peux, c'est trop bien. Et il n'y a jamais cette saturation d'y aller tous les jours, comme je pouvais avoir quand j'étais professionnel, parce que quand tu es pro, c'est tous les jours.
- Speaker #1
Tu gardes que les meilleures parties finalement.
- Speaker #0
Ah ouais, j'ai que les bons côtés. Ouais, c'est trop bien. J'ai que les bons côtés. J'ai des vélos, je pense, les meilleurs que j'ai eus peut-être toute ma vie. Et le matériel, les gens avec qui je travaille, les courses, c'est moi qui les choisis. Je fais que ce que je... C'est trop bien. Dans ma carrière, quand on me disait qu'on allait faire le Grand Prix de la saucisse, des coups, je n'étais pas super fan. Donc, j'y allais parce que c'était mon métier. Mais là, en vrai, il n'y a aucune contrainte. que les bons côtés et ouais c'est hyper cool d'avoir réussi à faire ça.
- Speaker #1
Tu fais encore combien de kilomètres par an ?
- Speaker #0
L'année où j'ai arrêté j'ai fait 5000 bornes donc c'est voilà, peu quand l'année d'avant j'en faisais 30 000. Puis c'est remonté petit à petit.
- Speaker #1
Avec l'envie, c'est revenu.
- Speaker #0
J'ai dû faire un petit peu moins de 10 000 la deuxième année, un petit 12 000, 13 000 l'année dernière, et je vais refaire 20 000.
- Speaker #1
Finalement, tu reviens un peu dans des standards que tu pouvais connaître avant. Des choses habituelles.
- Speaker #0
Mais ça me choque de me dire que je fais 20 000 parce que je n'ai pas l'impression de rouler beaucoup.
- Speaker #1
Après, les aventures, finalement, quand tu fais un mille-bord d'un coup... En trois jours, tout de suite, ça fait mon tel bon terme.
- Speaker #0
En termes de perception au temps passé et à la contrainte, parce qu'en fait, il n'y a aucun entraînement, aucun moment où j'y vais parce que je suis obligé. Et donc, en fait, ma perception du... C'est pour ça que j'ai l'impression de ne pas avoir fait 20 000 quand je vois les chiffres. Ça se calcule vite avec les plateformes. Mais je dis, oh oui, non. Faire une année à 20 000. Il y a certains pros, ils ne font pas beaucoup plus. Oui,
- Speaker #1
ils ne font pas beaucoup plus. Et tu dirais que là, sur une année comme ça, tu aurais de la place pour faire encore des aventures ? Parce que là, mine de rien, on n'est qu'au mois d'août, tu as déjà fait 6 ultras. Tu en as encore envie ? Combien de temps tu mets pour récupérer après ton ECA Divide, qui a duré 3 jours à 10 heures ? t'as mis combien de temps pour récupérer complètement ?
- Speaker #0
en... allez une dizaine de jours tu sens que t'as récupéré que t'es en forme le matin pendant 10 jours t'as pas roulé du tout t'as posé le vélo si parce que j'avais une bricole à faire j'avais un événement fallait aller chercher le pain j'avais un événement sur Reims avec voilà tu devais être dans un social ride voilà un social ride donc du coup j'ai reroulé la semaine tout de suite après 4-5 jours après ok Merci. dès que je suis rentré en France et ouais tu mets une dizaine de jours à te sentir à peu près frais le matin et je pense qu'en termes de petites séquelles petits bobos notamment les mains les engourdissements qu'on peut avoir au niveau de la selle et autres c'est plusieurs semaines voire plusieurs mois voire même il y a des petites douleurs qui restent j'ai un peu de mal à ouvrir une bouteille d'eau ok La pince, faire la pince avec les mains, c'est...
- Speaker #1
La préemption des mains, elle met souvent le même temps.
- Speaker #0
En fait, en ultra, le plus dur, c'est les mains. Et les chaussures, j'ai réglé le problème. J'ai réglé le problème des pieds. Parce que les pieds, c'est aussi un vrai sujet. Les orteils, c'est un des points d'appui. On ne sent plus les... Voilà, si on n'a pas les chaussures, les semelles... Alors,
- Speaker #1
comment tu as réglé le problème ?
- Speaker #0
J'ai trouvé une paire de chaussures qui...
- Speaker #1
J'ai matché parfaitement avec ton pied. Incroyable.
- Speaker #0
Je ne pensais pas que ça existait. Pour moi, avoir mal aux pieds, ça faisait partie du process normal d'un cycliste. D'avoir mal aux pieds, aux fesses, pour moi, c'était normal. C'est le package. T'as mal aux pieds, t'as mal aux... Mais là, j'ai trouvé une paire de chaussures, Gravel. Je pense qu'on peut les citer, parce que je vois ça avec eux depuis un an. C'est la marque Giro, les Gritters. C'est une chaussure de Gravel que je développe avec eux. Et franchement, c'est incroyable. Je n'ai pas d'engourdissement aux orteils, je n'ai pas mal aux pieds. Et j'ai limite envie de faire mes prochaines courses même route avec parce que quand t'es vraiment bien c'est...
- Speaker #1
Ouais c'est game changer complètement.
- Speaker #0
Et puis quand t'as mal aux pieds tu peux plus appuyer sur les pédales c'est fini.
- Speaker #1
Enlever des douleurs comme ça qui sur du long terme... En fait c'est comme quand on dit en trail une ampoule ça peut te faire abandonner au bout d'un certain temps. En vélo c'est pareil. Si au bout d'un moment, tu n'arrives plus à tenir ton cintre correctement,
- Speaker #0
à tenir la position... Quand tu dis à quelqu'un que tu fais 1000 bandes de vélo, le premier truc qu'il pense, c'est ça se passe comment ? Tu arrives à t'asseoir sur une chaise. Ça les fait sourire. Mais en vrai, ça c'est gérable aussi. Mais les mains, les pieds, ça peut être aussi problématique.
- Speaker #1
L'ultra, en tout cas l'ultra-cycliste, il est en train de se professionnaliser. On voit maintenant de plus en plus de... Je vais les appeler des athlètes quand même parce que... Non, c'est des athlètes. Ce sont des athlètes.
- Speaker #0
Tu fais mille bornes à vélo.
- Speaker #1
Ils s'entourent de plus en plus. Ils prennent des coachs, ils prennent des nutritionnistes, ils prennent des préparateurs mentaux, des conseillers sur le sommeil aussi parce qu'il faut savoir se connaître, comment appréhender tes cycles de sommeil, etc. On sent que ça prend un peu la trajectoire qu'a pris le... L'Ultra Trail il y a quelques années, c'est un peu la même courbe. Toi, quand on parle à tes anciens coéquipiers ou alors à des personnes qui sont encore sur le circuit, comment ils regardent cet univers-là ? Est-ce que ça les intéresse ? Ils sont curieux ? Il y en a que tu sens qu'il y a une envie ? Comment ils réagissent quand ils te voient faire toutes ces aventures ?
- Speaker #0
Je pense qu'ils me prennent beaucoup pour un fou. En fait, t'en as pas eu assez. Je rappelle, j'ai 16 ans pro, j'ai fait 13 fois le tour. En fait, la plupart me disent « Mais mec, t'en as pas eu assez là. Pourquoi tu t'infliges ça ? » C'est souvent ce qui revient. Et puis en premier. Et puis après, c'est... Mais ils posent quand même quelques questions. La question qui revient, c'est est-ce que d'autres pros vont aller là-dessus ? D'autres anciens pros vont aller sur ce format ? On en voit beaucoup aller dans le gravel, mais le gravel UCI, qui est très proche de la route.
- Speaker #1
Quand on regarde les vitesses d'ailleurs, on se dit que finalement il n'y a pas de gravel en fait. Non,
- Speaker #0
c'est la même chose, pour moi c'est la même chose. Avec des vélos différents, avec des chemins, on s'éloigne des voitures, tout ce qui apporte le gravel. Mais le truc c'est que pour avoir envie de faire ça... C'est au-delà d'être cycliste professionnel et d'être payé pour ça. Il n'y a rien à gagner.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Il n'y a rien à gagner à faire de l'ultra. Une t-shirt, une médaille. Il n'y a pas de prix de course. Ça te coûte une fortune d'aller faire ces événements. Les dossards sont très chers pour les plus belles épreuves.
- Speaker #1
C'est un investissement en temps aussi.
- Speaker #0
C'est un investissement dingue. Il faut un matos. Même si on te donne un vélo, on te prête un vélo, il faut quand même réinvestir sur le vélo. Sinon, un vélo de série ne peut pas faire un... Une race à Cross France. En t'écours,
- Speaker #1
il faut te loger, si tu dors à l'hôtel, etc. C'est pas pris dans l'organisation, tu te débrouilles.
- Speaker #0
Ça coûte très cher. Mais en fait, vu qu'il n'y a rien de tout ça, c'est que de la passion. Donc il faut tomber sur des anciens cyclistes qui ne sont pas écœurés de leur sport, qui ont encore envie de faire du vélo, qui ont encore envie de souffrir sur un vélo et qui ont encore envie potentiellement de mettre de l'argent qu'ils ont gagné en... en embavant pour faire du vélo donc ça fait beaucoup de choses pour que ça me fasse dire que sur l'ultra cyclisme on aura peu il y en aura peu donc tu penses pas que dans quelques
- Speaker #1
années on verra au départ d'un 1000 km une Pauline se faire en prévôt il y a encore un peu plus de temps à voir venir
- Speaker #0
Ils iront sur le gravel parce que le gravel ce sera encore développé, il y aura d'autres formats gravel peut-être différents mais l'ultra distance ce sera d'autres sportifs que des cyclistes professionnels qui iront dessus après il y a quelques profils il y a quelques profils mais il n'y aura pas la moitié d'anciens cyclistes et la moitié de coureurs qui viennent de Duh, d'horizons différents. Mais il y aura des profils. Moi, j'en ai repéré quelques-uns. Weiss Roffer, qui passe ses vacances en Asie à rouler avec des sacoches. Profil. je verrais bien Warren Barguil il a des symptômes de la maladie lui il a le bon profil je verrais bien Warren Barguil tenter parce que Warren c'est un passionné c'est un vrai passionné et il va arrêter sa carrière le plus tard possible je lui souhaite peut-être dans 3 ans et je crois qu'il a re-signé un contrat et lui il a le profil pour aller là-dessus aussi au moins de le tester, est-ce que ça va lui plaire ou pas mais je pense qu'il va le tester et puis 2-3 autres mais dans ceux qui viennent d'arrêter mes camarades qui viennent d'arrêter ils sont non ils sont pas là-dedans encore écoute on verra bien de quoi l'avenir est fait et ce qu'il nous réserve en tout cas
- Speaker #1
Pierre merci beaucoup pour notre échange c'était très cool de t'avoir avec nous et de nous partager un petit peu comment tu as découvert, comment tu as appréhendé cet univers qui est l'ultracyclisme On va remercier encore une fois nos amis de chez Giant, qui est une marque qui depuis 50 ans développe et innove avec des vélos qui sont toujours plus performants et avec une seule idée en tête, c'est repousser les limites de la performance. Des innovations qui sont dédiées à des champions comme toi, Pierre, mais aussi des personnes qui veulent aller tout simplement plus loin à vélo. Merci également à toutes celles et ceux qui ont suivi cet épisode jusqu'au bout et on vous dit à très bientôt sur le podcast Tous en Seine.