- Speaker #0
Cet épisode de Tous en Seine est soutenu par FF Vélo. Avec l'application FF Vélo Plus, rouler, jouer, explorer, transformer chaque sortie en aventure, cumuler des kilomètres et collectionner des badges en partant à la découverte de la France. Avec FF Vélo, on pédale avant tout pour le plaisir, la forme et la découverte. Bienvenue dans Tous en Seine, le podcast qui te donne envie d'enfiler un casque et de partir seul ou à plusieurs à l'aventure. Ici, pas de chichis, pas de filtres, on parle vrai. On parle passion, on parle kilomètres. Des kilomètres qui font vibrer, mécanique, mais aussi un partage d'expérience. Que tu sois cycliste du dimanche, compétiteur, ultra-cycliste, vélo-taffeur, ou tout simplement passionné du vélo et du deux-roues, tu es au bon endroit. Alors, installe-toi, respire profondément et prépare-toi à embarquer. Ici, on roule ensemble et on roule loin. C'est parti, toutes et tous en selle. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur un nouvel épisode du podcast Tous en Sel, un peu particulier, on ne va pas parler Watt, on ne va pas parler session d'entraînement, on ne va pas parler de carbs ou de glucides. Nous allons parler de ce qui se passe dans votre tête, puisqu'aujourd'hui, la plupart des auditeurs et auditrices sont des amateurs, et pourtant, on se prend tous quelques fois pour des professionnels. Nous avons accès aux mêmes données, aux mêmes capteurs de puissance, mais nous n'avons pas le même temps à consacrer aux entraînements, puisque nous sommes amateurs justement, et non pas professionnels. et le thème du jour va être de justement comment... équilibrer sa vie pro, sa vie perso, comment s'entraîner sans basculer vers quelque chose qui ne serait pas équilibré. Pour ça, je suis accompagné par Marion. Salut Marion.
- Speaker #1
Salut Arnaud.
- Speaker #0
Bienvenue sur le podcast. On avait déjà collaboré sur la saison 2 et là Marion nous accompagne sur la saison 3. Marion est psychologue du sport, c'est pour ça que j'ai voulu qu'elle soit avec nous car il y a une totale légitimité dans ce que tu vas dire. Donc bienvenue, merci d'avoir accepté l'invitation de nous accompagner sur cette saison 3. Alors, je vais directement rentrer dans le vif du sujet, mais comment, Marion, toi, en tant que professionnelle, tu as vu, j'allais dire, ta clientèle ou les gens qui sont en face de toi évoluer dans leur relation avec les outils qui leur sont mis à disposition, qui leur permettent de mesurer comme peut le faire un professionnel. Mais comment tu as vu la relation ou comment tu as vu évoluer au fur et à mesure du temps le côté je suis amateur, mais en même temps, je me mets autant de pression qu'un professionnel ?
- Speaker #1
Ce que j'aurais envie de te dire en premier, c'est que finalement, la relation qu'a la personne avec sa pratique, elle a évolué en même temps que la société a évolué. Le rapport à la performance, au contrôle, au progrès permanent, on peut l'observer dans la société et en même temps, ça s'observe chez l'individu dans sa pratique personnelle.
- Speaker #0
Mais est-ce que le statut, parce qu'effectivement, on a tous un capteur. puissance comme un professionnel, mais on est amateur. Est-ce qu'il y a des fois un écart de perception entre je dois avoir des résultats ou tel professionnel fait tel ou tel sur telle séance, moi je ne comprends pas pourquoi je n'ai pas ces résultats-là. Est-ce qu'au niveau du statut, parfois certains ne s'y retrouvent pas en fait, en disant je suis amateur, je bosse tant d'heures par semaine, j'y rajoute mes entraînements. Et à la fin de l'année, et là, ça tombe bien, puisque l'épisode que l'on diffuse est en fin de saison, si tu fais les comptes à la fin de l'année, tu te rends compte qu'il y a un énorme déséquilibre psychologique entre la pression que tu te mets alors que tu es amateur, tu as un job sur lequel on attend aussi des résultats, pour la plupart. Donc, comment ça évolue au niveau du statut dans la tête des personnes que tu as en face de toi ?
- Speaker #1
Tu évoques un sujet central qui, pour moi, est l'identité. Parce qu'effectivement, se définir comme sportif amateur, parce qu'amateur, c'est quand même connoté assez négativement, comme le terme de loisir. Loisir, c'est quelque chose qu'on fait pour s'amuser. Alors qu'en fait, loisir, c'est quelque chose, c'est une activité à laquelle on se consacre potentiellement beaucoup, mais qui n'est pas pour gagner sa vie. Le sportif de haut niveau...
- Speaker #0
Et pourtant, on se met autant de pression. voire même plus parfois que si c'était pour gagner sa vie.
- Speaker #1
Tout à fait. Et j'aime bien rappeler en séance, quand une personne vient me voir justement avec une pratique sportive intense, la différence effectivement entre le sportif de haut niveau qui a tout un écosystème autour de lui, déjà il a un temps consacré entier à sa pratique, souvent il s'est construit avec sa pratique et il a tout un staff, une équipe. du temps de récupération, surtout, puisque finalement, le sportif amateur a normalement construit sa vie autour d'une famille, d'un travail, d'une identité sociale, en dehors du fait d'être cycliste. Et le vélo, la pratique intense vient s'ajouter. Et souvent au détriment du temps de loisir, du temps de récupération.
- Speaker #0
C'est vrai que le temps d'entraînement, parfois, pour les sportifs, que ce soit des triathlètes, bref, quel que soit le sport, bascule, ou des cyclistes, bascule du côté, ça devient où je suis rémunéré pour le faire, donc professionnel ou dans le cyclisme, avec les équipes et l'évolution des DN semi-professionnelles, le temps d'entraînement parfois n'augmente pas. C'est-à-dire que la personne qui s'entraîne 20-20 heures par semaine, quand elle bascule et qu'elle a un statut qui lui permet désormais de ne faire que ça, le temps d'entraînement n'évolue pas. Ce qui change, c'est ce que tu disais, c'est la récupération. C'est-à-dire que lui, le temps de récupération devient totalement différent. Là, tout ce que tu consacres avant à aller taffer ou étudier devient de la récupération. Et c'est là que les résultats s'améliorent. Par la récupération, très souvent, et non pas l'augmentation du temps d'entraînement.
- Speaker #1
Oui. Ça, c'est quelque chose d'assez difficile à comprendre. C'est un petit peu contre-intuitif d'ailleurs, parce qu'on se dit, je dois m'entraîner beaucoup pour m'améliorer.
- Speaker #0
Je suis professionnelle, donc je vais faire plus. Alors que finalement,
- Speaker #1
s'entraîner moins ou en tout cas avoir un temps de récupération fait partie de l'entraînement. Et ça, c'est quelque chose, je l'ai encore vu récemment avec des personnes que j'accompagne. Quand je dis que l'entraînement, ce n'est pas l'effort. L'entraînement, c'est l'effort plus le temps pour récupérer de l'effort.
- Speaker #0
On l'oublie souvent.
- Speaker #1
C'est très difficile à accepter parce que finalement, quand on fait un sport d'endurance et d'autant plus d'endurance longue, le temps d'effort, le temps après l'effort est perçu comme du rien. Il y a la question aussi, on en parlera, je pense, mais de trop s'écouter et trop s'écouter, ce serait relâcher, ce serait être laxiste avec soi-même.
- Speaker #0
Ne pas être performant, culpabilisé.
- Speaker #1
Oui, ou être faible mentalement.
- Speaker #0
Tu parlais de l'identité. Est-ce qu'il y a un lien aujourd'hui dans le changement de perception, ou en tout cas de ne plus avoir la frontière, d'en s'entraîner et garder le bon équilibre, l'impact des réseaux sociaux ? Aujourd'hui, on voit de plus en plus de personnes, c'est même maintenant devenu presque courant, déjà te filmer. pendant ton entraînement ou ton objectif. Et derrière, de monter et de faire un report, ou en tout cas de commenter, de créer du contenu sur l'objectif ou la course. Est-ce que ça aussi, au niveau de la perception d'identité, c'est quelque chose qui a évolué avec le temps ?
- Speaker #1
Déjà, c'est quelque chose qu'on peut regarder sur les réseaux sociaux. Dans notre bio, on va choisir une façon de se présenter.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
qui va être très révélatrice de la façon dont la personne se perçoit ou en tout cas elle a envie d'être perçue par les personnes d'extérieur voilà des personnes qui ne sont pas athlètes de haut niveau vont potentiellement mettre athlète ou voilà choisir un nom mettre souvent les courses qu'ils ont fait les chronos aussi les palmarès c'est les médailles qui vont avec voilà les médailles Merci. une sorte de pédigré finalement de voilà qui je suis, ce que je vaux. Moi,
- Speaker #0
j'ai modifié récemment. J'ai mis le nombre d'écoutes. J'ai mis le nombre d'écoutes de tous mes épisodes. C'est un indicateur de performance. C'est intéressant. Aussi.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que la façon dont on se présente...
- Speaker #0
Je n'ai pas mis mes kilomètres, parce que ça affaiblit depuis, mais j'ai mis le nombre d'écoutes qui a évolué proportionnellement.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que ça, la façon dont on se définit a changé. Et finalement, ce qu'on remarque quand même dans la société maintenant, c'est qu'on a moins de reconnaissance dans des sphères comme le travail.
- Speaker #0
Et les réseaux sociaux, justement, sont peut-être venus contrebalancer où tu trouves cette reconnaissance.
- Speaker #1
Et la pratique sportive, en fait, parce qu'on a presque une reconnaissance immédiate. Après une bonne sortie, on a du plaisir immédiatement. Et on verra justement quand le plaisir disparaît. C'est un autre sujet.
- Speaker #0
Est-ce que les réseaux sociaux, tu l'as dit, donc on participe à ce fait-là, d'avoir des difficultés à trouver la limite si jamais tu te laisses entraîner par le nombre de vues, le nombre de likes et tout ça. Est-ce qu'il n'y a pas également aussi le fait que maintenant, le coaching, l'accompagnement, que ce soit sportif, sur l'alimentation, enfin bref, tu pourrais presque faire un 360 de ce que tu veux faire et trouver des coachs qui t'accompagnent sur chacun des aspects.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Mais est-ce que le fait... d'avoir l'accès aujourd'hui très facile à un coach pour t'améliorer n'est pas aussi... une marche supplémentaire pour t'emmener vers quelque chose qui te ferait franchir la limite et perdre l'équilibre pour t'entraîner juste pour avoir du plaisir et t'entraîner pour être performant et te prendre pour un pro, alors que même si tu as le même compteur, tu es un amateur.
- Speaker #1
Effectivement, je pense que c'est un risque. Ce n'est pas systématique, mais c'est un risque. Je le vois effectivement parce que ce qui différenciait avant le professionnel de l'amateur, c'était toute cette équipe, justement. On déléguait la nutrition, l'entraînement, la préparation mentale, un kiné. Maintenant, ce sont des choses qui sont assez fréquentes chez les personnes qui ont une pratique amateur.
- Speaker #0
Amateur, ce n'est pas du tout péjoratif. Ça ne veut pas dire que tu es le pauvre clampin du coin. Non, pas du tout amateur. C'est juste que tu as des responsabilités professionnelles à côté de ta passion qu'est le vélo. Et tu es payé pour livrer d'autres choses que de faire des entraînements ou des victoires.
- Speaker #1
C'est pour ça que pour mieux faire passer, parce qu'amateur, ça fait quand même très sportif du dimanche.
- Speaker #0
Oui, exactement. Alors que pas du tout. Pas du tout. T'es un amateur hyper performant.
- Speaker #1
C'est une pratique intense.
- Speaker #0
C'est un statut en fait, c'est ça. Quand on dit amateur, c'est que tu n'es pas payé pour faire du vélo.
- Speaker #1
Donc on pourrait dire plutôt pratique intense pour garder une bonne image de soi et une narcissisation de soi. Mais effectivement, le fait d'avoir accès au coaching aussi facilement, J'ai envie de dire qu'il y a une responsabilité des coachs aussi, parce que beaucoup de coachs maintenant, il y a une offre énorme parce qu'il y a une demande très grande. Et beaucoup de coachs se positionnent aussi comme je vais t'accompagner comme un athlète. Je vais avoir des outils qui vont me permettre chaque semaine de voir tes stats. On va pouvoir travailler dessus. C'est valorisant pour les coachs aussi.
- Speaker #0
Et ça, tu penses que ça peut entraîner vers le déséquilibre ?
- Speaker #1
Oui, je pense. Et c'est pour ça qu'il y a une responsabilité, je pense, du côté des coachs. D'ailleurs, qu'est-ce qu'on met dans le terme de coach ? Est-ce que ce sont des préparateurs physiques ? Est-ce qu'ils sont certifiés, pas certifiés ? Est-ce qu'ils sont diplômés,
- Speaker #0
pas diplômés ? Ou est-ce que c'est juste des personnes qui ont gagné une course et qui se disent que ça, c'est un piège ?
- Speaker #1
Tout à fait. Et ensuite, quel contenu ils vont diffuser ? Comment ils vont souvent créer une communauté ? avec des étapes à franchir. Et là, je pense que ce serait intéressant de remettre de la réflexion et du dialogue avec les coachs aussi. Parce que tout mettre sur le cycliste qui s'entraîne intensément, pour moi, ce serait le culpabiliser un petit peu et le sur-responsabiliser. Il n'est pas tout seul dans cette histoire. Il y a tout un environnement autour qui pousse aussi à cette pratique. intensive, tout un environnement aussi commercial et financier. Beaucoup de personnes ont plutôt intérêt à ce que les gens s'entraînent beaucoup, achètent beaucoup de matériel pour se sentir effectivement en commerce pratique de haut niveau.
- Speaker #0
L'industrie derrière, c'est important effectivement pour elles. Mais pour les coachs, c'est intéressant ce que tu dis puisque ça me fait penser aux différents échanges et aux épisodes avec Loïc qui est exactement dans cette mentalité-là quand une personne le démarche et lui dit euh je veux faire top 10 de l'étape du Tour l'année prochaine. Ou alors, sur une race cross, je veux être le top 5 sur le 2500. Et puis, je veux en faire plein dans l'année. Loïc, parfois, lui dit non, ça ne va pas être possible. Et je trouve que c'est bien aussi qu'un sportif entende en face de soi le non. Ça, non. Oui, la limite. Tu rêves, tu vois la limite. Tu rêves, donc reviens. Ça veut dire, indirectement, le message, arrête d'être dans le déni, reviens dans la réalité.
- Speaker #1
Et ça, pour moi, c'est une vraie posture éthique, du coup.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Parce qu'un sportif pourrait dire, bon, celui-là ne veut pas m'emmener à mon objectif, je change de cause.
- Speaker #0
Exactement. Et on a tellement vu, et j'en ai reçu sur les différents épisodes que j'ai faits, qui m'ont permis d'avoir plusieurs millions de vues. J'ai positionné mon compte Instagram. Se sont fait cramer, justement, par soit le nutritionniste qui les a fait sécher, et où moi, je voyais la transformation physique sur mon écran, où je me disais... Et quand tu as un peu d'expérience, tu vois que tu ne vas pas dans la bonne direction. Ou par un coach sur un entraînement qui les a mis droit dans le mur parce que tu vas vers le surentraînement. Tellement c'est de l'intensité sans respecter le côté, ton vrai métier à côté. Et la famille, on pourrait en parler aussi.
- Speaker #1
Et c'est vrai que dans le coaching sportif, de plus en plus, le coaching mental s'est ajouté à la compétence des coachs.
- Speaker #0
Exactement, ça c'est très nouveau.
- Speaker #1
ce qui est pour moi un petit peu plus dangereux, que ce soit pour le coach ou pour l'athlète.
- Speaker #0
J'ai fait une... On en a déjà parlé, je crois. J'ai fait moi-même une certification de préparateur mental. C'était il y a très longtemps. C'était en 2000, j'aurais dit 2012, je crois. et en fait je me suis dit que j'avais juste payé j'avais juste payé en fait une certification mais c'était 4 jours ou 5 jours tu n'avais pas développé de réelles compétences enfin je veux dire c'est simple, c'est facile de dire en fait tu payes ce que tu vas mettre comme tu disais sur ton compte Insta préparateur mental je pense qu'il y a d'autres études par contre qui durent 2 ans Je pense notamment à des personnes avec qui j'étais en contact, Denis Troche, l'ancien entraîneur adjoint du PSG, où lui a fait des études dans une université où on te donne quand même des outils.
- Speaker #1
Sur un temps long.
- Speaker #0
Sur un temps long, effectivement. Qui demande un investissement. Qui demande un investissement. Là, OK. Mais une certification, à tel point que je n'ai jamais utilisé cette... Cette certification de préparateur mental, je m'en sers pour moi, je m'en sers dans les échanges que j'ai dans les différents podcasts.
- Speaker #1
Tu n'as pas vu une légitimité à te positionner comme coach ?
- Speaker #0
Non, c'est pour ça, inconsciemment, en introduction, j'ai dit que tu étais légitime,
- Speaker #1
parce que pour moi,
- Speaker #0
la légitimité, c'est quelque chose de très, très important. Et quand je vois, tu parlais des coachs sportifs, quand je vois, même en ultra, je le dis sur nos restos cross, il y a des gens qui, en fin 2005, qui, dans l'année derrière, se lancent comme coach.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Mais en fait, d'où t'es coach ? Tu as juste terminé en 2005, bravo ! Félicitations, ça t'a nécessité de développer plein de compétences, j'en suis totalement conscient. Mais tu ne peux pas demander aux gens de te payer pour... Tu vois ce que je veux dire ? Donc, il faut faire très, très attention. Et c'est là où,
- Speaker #1
effectivement, d'avoir fini telle course avec tel temps, ça donnerait une légitimité à pouvoir entraîner les autres à faire pareil.
- Speaker #0
Non, ça donne une indication sur ce que tu as fait, donc qui tu es, sur ta personne. OK.
- Speaker #1
À ce moment-ci, d'ailleurs, ce n'est pas une étiquette pour la vie.
- Speaker #0
C'est clair, c'est un piège ça, d'ailleurs.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que les coachs sont très importants. J'aurais envie de dire d'ailleurs entraîneur plutôt que coach, puisque j'aime bien aussi maintenir le français. Entraîneur, préparateur mental. Ce qui est important, je pense, à retenir pour les auditeurs, c'est de vérifier le parcours. Quel est le parcours ? quelle est la formation qui... pas forcément qu'ils ont accompagné, mais vraiment leur formation et comment ils se positionnent. Quand il y a trop de promesses, c'est trop beau pour être vrai.
- Speaker #0
Tu as entièrement raison. Et je pense que tu peux peut-être, d'ailleurs, je pense que tu es la bonne personne pour le positionner, c'est le préparateur mental n'est pas psychologue.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Et c'est là où ça peut être très dangereux. Je l'ai vu. Je l'ai vu, moi, dans ma petite pratique personnelle de l'endurance. Parfois, mon... coach ou entraîneur, pousser l'entraînement en disant écoute là non en fait tu t'écoutes trop. Moi je savais qu'il y avait autre chose derrière, il y avait une fatigue plus profonde qui était plutôt un symptôme d'épuisement ou de risque d'épuisement. Et entre préparateur mental et psychologue, psychologue du sport, ce qui est important comme différenciation c'est que le psychologue va être capable de remarquer quand il y a souffrance et quand il y a des symptômes de souffrance et... possibilité ensuite d'aller vers des troubles anxio-dépressifs, une addiction à l'activité physique, des troubles du comportement alimentaire, là où le préparateur mental ou le coach avec des compétences de préparateur mental va plutôt tendance à utiliser ces outils pour continuer finalement. Et la compétence de reconnaître quand on passe d'une pratique normale à une pratique qui risque de faire souffrir, quand cette compétence-là manque, ça te... devient dangereux. Pour l'athlète en premier, pour le coach aussi, s'il a une certaine éthique dans l'accompagnement, je risque d'emmener cette personne vers un accident, une blessure.
- Speaker #0
Et sur le sujet de l'épisode justement, qui est de s'entraîner sans sacrifier sa vie personnelle, on en a parlé au tout début. En fait, je pense qu'une des questions probablement à se poser dès le départ, c'est Pourquoi est-ce qu'on fait ça en fait ?
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Tu parlais du loisir tout à l'heure, moi je me souviens effectivement. Quand tu l'as dit, ça m'est revenu à l'esprit, c'est que moi j'ai fait une fois une pratique loisir. J'étais inscrit dans la catégorie loisir et j'y allais vraiment pour m'amuser. C'était du hockey sur glace. Et j'en ai fait pendant trois ans. J'y allais pour progresser, pour patiner, pour me dépenser physiquement, mais ça restait un pur loisir. Je n'avais aucune prétention de compétition ou quoi que ce soit. Et aujourd'hui... quand je le mets en parallèle avec ma propre pratique du vélo aujourd'hui, je me pose la question est-ce que je veux vraiment sortir ? pour mon loisir ou pour maintenir une forme physique, maintenir des watts, maintenir mon niveau. Parce que la sortie d'après avec un groupe, il faut que j'ai un certain niveau.
- Speaker #1
Et faire reculer aussi la limite du temps qui passe, de l'âge qui avance.
- Speaker #0
Tu vois la fameuse question de pourquoi je prends mon vélo. Quand on est amateur, ce qui est 99,99%. Tout à fait. Il y a peut-être Pierre Roland qui nous regarde. Maintenant, il n'est plus professionnel. Mais tu vois, c'est le pourquoi, en fait.
- Speaker #1
Oui, mais comme tu le dis, la question du sens. On peut avoir une pratique intensive pour s'accomplir. Là, on pourrait essayer de définir aussi ce que c'est. Ou pour se dépasser et se dépasser en permanence. Maintenant, et c'est le cas, je pense à l'IA, par exemple, pour... On a la sensation assez vertigineuse que ça va être illimité. Cette question de sans limite, de plus en plus de choses sont devenues, on les perçoit comme sans limite. C'est aussi ce qu'on cherche en tant qu'humain dans ses capacités. On pourrait penser que c'est sans limite. Alors, il y a une limite déjà très franche qui arrive dans beaucoup de cas, c'est la blessure. C'est une limite, souvent, je redonne une définition assez simple, mais c'est la limite du corps qui a décidé que là, c'était trop. on a des capacités qui ne sont pas illimitées alors on peut effectivement faire une pratique sportive pour voir jusqu'où on peut aller je n'aime pas trop la phrase je vais dépasser mes limites,
- Speaker #0
les fameuses limites alors là aussi tu vois, là aussi je prends mon cas personnel, c'est que je les ai dépassées mes limites une ou deux fois, mais j'étais hyper bien entraîné, et je pense que tes limites tu t'es préparé, oui C'est mon avis. Après, je vous laisserai commenter, partager. Mais je pense que tu peux atteindre ta limite quand tu es très bien entraîné.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Sinon, tu vas être limité parce que tu n'es pas préparé physiquement. Quand tu es en phase de reprise, on peut parler de watts. Je te donne un exemple, 500 watts ou 300 watts, zone 2, je ne sais pas quoi. Quand tu es hyper bien préparé, ta puissance maximum ou tes zones sont totalement différentes que quand tu es en phase de reprise ou pas entraîné du tout ou mal entraîné. Pour atteindre les limites et dépasser sa limite, il faut déjà avoir fait un sacré nombre d'heures d'entraînement pour ça. Donc, il faut faire attention à ça aussi. Je pense que c'est vraiment les athlètes. Là aussi, tu vois le professionnel amateur, l'amateur du dimanche. Honnêtement, ses limites, là aussi, c'est mon avis. Il ne va pas les atteindre, ses propres limites. Pour qu'il atteigne ses limites, il faut qu'il ait des heures d'entraînement derrière. Donc oui, atteindre ses limites. Est-ce que c'est bon de les dépasser ? Moi, je les ai dépassées une ou deux fois. Je me suis dit non, je n'ai pas envie d'y aller en fait.
- Speaker #1
Je crois qu'on le sait quand là, c'était trop.
- Speaker #0
Oui, tu as les voyants rouges, tu as les voyants rouges qui s'allument. Et justement, toujours dans s'entraîner tout en ayant une vie équilibrée, est-ce qu'il faut se poser la question du pourquoi je fais ça ? Ou est-ce qu'il faut se poser la question du quels sont les moteurs ? Ou c'est peut-être la même question finalement. Oui,
- Speaker #1
c'est la question du sens.
- Speaker #0
Le fameux pourquoi et en fait... Qu'est-ce qui me motive à aller faire ce que je fais ?
- Speaker #1
Qu'est-ce qui me pousse ? C'est ce que je voulais rajouter par rapport au dépassement de soi. Et dépasser les limites, il y a un sens pour moi qui devient intéressant, c'est quand on dépasse ses limites et qu'on se rend compte qu'on est capable de s'adapter. Et ce fameux terme de résilience. Et je pense vraiment que la pratique intensive peut permettre de développer la résilience. Et on se rend compte qu'on est capable de plus que ce qu'on pensait. Et c'est vrai qu'au quotidien, on n'a pas trop d'occasion de se pousser finalement physiquement. On est assez sédentaires quand même dans notre façon de vivre. Mais effectivement, le sens de la pratique, on a tous un pourquoi différent. Au début, c'est bien d'y revenir. Souvent, quand on commence à s'entraîner, il peut évoluer. On peut l'oublier complètement.
- Speaker #0
Ou alors, il y a une raison cachée que tu obtiens. Généralement, dans les... fameuse technique de négociation quand tu es en face d'un client, il ne faut pas s'arrêter au premier. Pourquoi ? Moi, j'ai été agent immobilier pendant des années. Et quand tu disais à une personne, pourquoi vous voulez acheter cet appartement ? Pourquoi vous voulez acheter cette maison ? Ils te répondaient. Mais il fallait avoir parfois entre 3 et 6 pourquoi pour obtenir la vraie motivation. Je pense que pour un sportif, quand tu lui dis, pourquoi tu fais vers 25 heures par semaine ? Il va te donner une raison. Mais généralement, pour connaître la réelle et la Bonne ! Donc motivation numéro un, c'est au bout de 4, 5 pourquoi. Donc il faut vraiment discuter avec la personne.
- Speaker #1
Et là, on voit vraiment le pourquoi, je trouve, c'est quand la personne est blessée. Parce que quand la personne est privée de son activité... on va voir ce pourquoi elle faisait vraiment l'activité. Souvent, une chose simple, un sens évident, se sentir exister, se sentir vivant.
- Speaker #0
Oui, mais se sentir vivant, c'est parce que tu contrôles ton activité, tu contrôles ton corps, ou est-ce que c'est parce que tu veux reprendre le contrôle et donc tu t'entraînes différemment ? Tu vois ce que je veux dire ? C'est qu'il y a des personnes qui font... Et là, ça entraîne le fameux déséquilibre. C'est qu'il y a des personnes qui se forcent à aller s'entraîner. Moi, je trouve que chez les cyclistes, il y a un vrai lien avec le poids et l'alimentation.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Voilà. Donc, tu vois, ils se forcent quelque part à aller s'entraîner tant d'heures par semaine parce qu'avec ça, ça leur permet de contrôler leur poids.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Donc, la motivation, c'est le contrôle du poids. C'est juste pas prendre du plaisir sur le vélo. Tu vois ?
- Speaker #1
On est motivé quand même beaucoup par le contrôle, parce que l'inverse du contrôle, c'est être lâché prise et ne pas pouvoir se sentir acteur de sa vie, en pleine possession de ses moyens. Là, au contraire, on possède tout, on contrôle tout, on dirige tout et c'est extrêmement rassurant. Et c'est pour ça que ce n'est pas quelque chose, je pense, à... culpabiliser ou diaboliser ça. On a tous besoin d'avoir du contrôle sur son existence. Maintenant, à doser.
- Speaker #0
Pour justement pas... Oui, à doser. C'est toujours cette question d'équilibre. On parlait tout à l'heure des coachs. Et juste avant de rentrer en studio, j'ai eu une conversation avec des personnes avec qui je travaille sur les projets RSE Cross et donc d'un podcast qu'on avait écouté. Je peux en parler parce qu'il n'est pas du tout concurrentiel au Nôtre. C'est un podcast sismique. qui détaille des choses de la vie. Et là, on parlait d'IA. Et en fait, à quel point tu penses des gens que tu as en face de toi, des personnes qui utilisent l'IA pour leur programme d'entraînement ? Je pense qu'aujourd'hui, avec l'IA, tu peux avoir ton préparateur mental.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Et tu auras probablement moins de filtres à lui parler en IA qu'avec une vraie personne en face de toi. À quel point l'IA, selon toi, impacte le mindset du sportif dans s'entraîner tout en gardant une vie équilibrée. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Pour la dernière épisode entier ? Oui, tout à fait. On est en plein dedans en fait. Moi, je n'ai pas du tout de recul encore là-dessus.
- Speaker #0
Mais est-ce que tu vois tes clients ou les personnes que tu côtoies et qui font du sport autour de toi, est-ce que tu commences à voir le début d'un impact ?
- Speaker #1
J'ai commencé à entendre des personnes qui m'ont dit « Bon, j'ai utilisé telle IA pour faire un programme. » Et alors là, moi, je questionne le sens. Est-ce que ça vous semble cohérent ? Non, effectivement, la question d'obligation, justement, quand on s'oblige à quelque chose. Là, effectivement, ça ne va pas bien avec ma vie. Et là, on revient à l'équilibre vie pro, loisirs, pratiques, famille. Là, effectivement, ça ne va pas bien avec mon quotidien de papa, de maman.
- Speaker #0
L'équilibre, oui, tout simplement.
- Speaker #1
Donc, l'IA peut nous donner des éléments, comme dans des tas de domaines. Ensuite, comment notre esprit critique peut rester présent ? Et là, c'est là où j'ai une inquiétude en tant que psychologue et en tant que personne. Ce serait la disparition de l'esprit critique, notre capacité à réfléchir, à questionner les choses. L'IA nous propose quelque chose qui, en général, est plutôt... quelque chose de positif, qui va d'un autre sens.
- Speaker #0
Mais généralement, ce que je veux dire, généralement, qui ne va pas te challenger sur quelque chose de nouveau ou d'avoir une réflexion nouvelle, parce que c'est une question d'algorithme. Je ne suis pas un spécialiste de l'IA, mais de ce que j'ai pu entendre et voir, c'est quelque chose qui va te... Enfin, l'IA va te répondre en fonction de ce que tu l'as alimenté.
- Speaker #1
Ce qui peut être intéressant, c'est de mettre un prompt, vraiment, où on peut expliquer les ressources qu'on a à disposition. l'objectif qu'on a, et là, le challenger, lui demander qu'est-ce que tu en penses et comment tu imagines le programme. Ça peut être intéressant. Mais il y a cette question de voilà mes ressources. Parce que souvent, on se pose un objectif en premier, et ensuite, on fait rentrer l'objectif dans le quotidien, peu importe comment. J'aime bien plutôt poser la question dans l'autre sens. J'ai telle ressource à ma disposition, de temps, d'argent aussi, parce que maintenant... Des personnes amateurs dépensent des sommes... Tout à fait.
- Speaker #0
folle pour la chaîne matérielle. Il y a le matériel, il y a toutes les personnes qui pourraient éventuellement t'accompagner. Maintenant, les amateurs ont accès. Il n'y a pas que les pros.
- Speaker #1
C'est vrai que la question des ressources, surtout du temps, du soutien aussi, comment la famille accepte que le vélo prenne autant de temps, plutôt voir, ok, ça, ce sont mes ressources. Avec ces ressources-là, je peux prétendre à m'entraîner pour tel objectif. C'est une autre façon de voir les choses que... l'objectif et ensuite comment je le fais rentrer dans le quotidien.
- Speaker #0
Sans sacrifier sa vie personnelle.
- Speaker #1
Et en général, si on veut essayer de le faire rentrer dans le quotidien, il y a quelque chose qui va disparaître.
- Speaker #0
Et je pense qu'il y a le rôle aussi des marques parfois. Parce que là, on parlait des réseaux sociaux, on parle des coachs. Donc, c'est tout ce qui est extérieur. Et je pense qu'il y a aussi des marques. Je parle pour les gens qui sont accompagnés par des marques, qui sont amateurs. qui sont amateurs, qui ne sont pas payés pour faire le sport qui les passionne, mais qui sont accompagnés puisque mise à disposition de matériel, donc ce n'est pas une contrepartie financière, mais dotation, lunettes, casques, textiles, roues, vélos.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et qui, en contrepartie, attendent une visibilité, attendent soit de la création de contenu, soit des résultats.
- Speaker #1
Puisque c'est à l'île.
- Speaker #0
Et donc là, est-ce que dans le thème de l'épisode, s'entraîner sans sacrifier sa vie personnelle, là aussi, qu'est-ce que toi, tu constates en tant que professionnel ? Est-ce que ça a un impact ?
- Speaker #1
De plus en plus de personnes maintenant en parlent, effectivement. Alors, je vois une communauté de femmes, par exemple, aussi, qui en parlent de plus en plus. Ou à voir sur les réseaux sociaux des personnes très bien équipées, de très beaux vélos. c'est devenu comme une normalité.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai qu'aujourd'hui, même quand on parle de distance, ça n'a rien à voir avec le vélo. Mais au moment où on enregistre, il y a quelques semaines, l'UTMB, quand tu vois comment c'est devenu la norme, certains disent, j'ai regardé, j'ai observé, même dans l'endurance longue distance à vélo, j'ai abandonné au bout de... À vélo, ça pourrait être 1000 bornes, mais c'est énorme 1000 bornes. Bravo, quoi ! Ou en trail, j'ai abandonné après 60 bornes, mais 60 bornes en courant. Et je trouve qu'on banalise totalement les performances.
- Speaker #1
Et heureusement, on en parle de plus en plus. De plus en plus de personnes prennent conscience de cette question-là. Et je pense que ça va changer, ça va ralentir.
- Speaker #0
Il y a de la casse derrière. Ce n'est pas tout le monde qui réussit du premier coup.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Et c'est vrai que oui, pour le coup, les réseaux sociaux, l'image... Et les influenceurs, c'est dans leur nom, influencer, influencer le comportement. Et on est très influençable, tout le monde.
- Speaker #0
L'être humain, le mystère de l'être humain.
- Speaker #1
Donc après, c'est aussi comment on peut un petit peu se protéger de ça.
- Speaker #0
Alors justement, comment aujourd'hui on peut s'entraîner tout en gardant un équilibre, un équilibre personnel, familial, social, avec ses amis, son entourage ? Quelles sont tes astuces, tes conseils ? pour conserver cet équilibre ?
- Speaker #1
Alors, je pense d'abord déjà à la famille. On en a déjà parlé, je pense, dans d'autres épisodes, mais parler de l'objectif avec la famille et faire comme une sorte de contrat.
- Speaker #0
De pacte.
- Speaker #1
Oui, de pacte. Ça veut dire un temps donné. Oui, un temps donné. C'est pas indéfinie, tu vois. Oui, un temps donné. Aussi demander à son conjoint, sa conjointe. Si jamais, effectivement, je dépasse certaines limites, est-ce que tu peux me le rappeler à ce moment-là ? Et aussi, parce que souvent, les courses, ça peut être un magnifique projet familial ou avec ses amis, parce que ce sont... Voilà, quand on les fait dans de bonnes dispositions, ce sont, je trouve, des magnifiques aventures. Des souvenirs incroyables. C'est inoubliable.
- Speaker #0
C'est beaucoup plus motivant, d'ailleurs.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Tu parlais du pourquoi. Quand tu es dans le mal, dans ton aventure, le pourquoi... Tu as la famille, tu sais qu'elle a participé, donc ça te ramène à certaines réalités.
- Speaker #1
Et à contrario, j'ai vu des personnes, que ce soit dans le triathlon ou dans le vélo à longue distance, aller seules à des courses, parce que la famille ne veut plus rien savoir des courses.
- Speaker #0
C'est dur.
- Speaker #1
Et souffrir et me raconter leur arrivée, seule à l'arrivée, avec personne. Et en fait, continuer à faire la course. Ils continuent leur pratique parce qu'eux en ont besoin et ils voient du sens, mais ils sont tout seuls. Et la question de rester en lien avec les autres, rester en lien aussi avec son environnement. et aussi rester en lien à soi, donc être capable de s'écouter, ça, c'est un bon indicateur d'une pratique qui peut rester équilibrée.
- Speaker #0
Et quels pourraient être les... Alors, je bois tes paroles, très clairement. Mais quels pourraient être, pour les auditrices et les auditeurs qui écoutent, quels pourraient être les signaux d'alerte, tu vois ? À quel moment ? On va faire un épisode un peu plus tard, qui sera diffusé le mois prochain, sur vraiment l'excès. Mais... Quel signaux, toi, tu pourrais donner ou les tips de dire, ah, là, cette personne-là, elle n'a pas une pratique qui est saine ? Ou en tout cas, il y a un déséquilibre ?
- Speaker #1
Pour soi, en tant que pratiquant, parce qu'après, on peut prendre la posture de la famille aussi, mais pour soi, quand on commence à trop penser à son activité, quand ça devient quasiment une obsession, quand ça prend tout l'espace mental, Et surtout... Quand la culpabilité apparaît, ça c'est un indicateur fort et important.
- Speaker #0
Et la rigidité ? Tu la positionnes au-dessus de la culpabilité ?
- Speaker #1
C'est vrai qu'en tant que psychologue, on parle souvent de rigidité dans le fonctionnement et de flexibilité, on est capable de s'adapter. C'est vrai que quand la pratique devient de plus en plus rigide, donc ça veut dire ne pas pouvoir sauter une séance. Ne pas pouvoir réadapter un plan en fonction de sa fatigue ou d'impératifs. Inviter un baptême, un mariage. J'ai déjà entendu des personnes qui vont au vélo au mariage.
- Speaker #0
Oui, alors déjà, ils y vont, c'est déjà bien. Certains n'y vont pas parce qu'il y a une séance d'entraînement, ou il y a une compétition. On parle d'amateurs, attention, pas de professionnels.
- Speaker #1
Tout à fait. Et au contraire, des professionnels gèreraient bien mieux ces événements-là. parce que leur entraîneur leur dirait « bon ben voilà, on va faire ton plan en fonction des événements qui sont importants pour toi » . Donc quand il y a trop d'espace mental qui est occupé par la pratique et de la culpabilité, là c'est un indicateur important parce que normalement on fait cette activité pour se sentir bien. Évidemment l'effort est difficile, on n'a pas du plaisir en permanence et ça me fait toujours rire quand on me dit « ah mais surtout le plaisir en premier » . Non. À la fin de 300 kilomètres, le plaisir... Il y a l'effort et puis ensuite tout un mélange d'émotions.
- Speaker #0
Le plaisir n'est pas dans l'instant, c'est ce que je dis souvent. C'est après.
- Speaker #1
Mais quand il y a cette petite voix intérieure, parce qu'on est tout le temps en dialogue intérieur avec soi-même, quand cette petite voix devient un peu plus méchante, un peu plus culpabilisatrice, attention. Et là, pour l'entourage, un signe qui peut être une alerte. Par exemple, si le moral de la personne commence à baisser, sa capacité à...
- Speaker #0
C'est l'entourage qui va pouvoir détecter un peu plus.
- Speaker #1
Oui, si le moral commence à être atteint par les séances, si la personne devient plus irritable. L'irritabilité, ce n'est pas du mauvais caractère, c'est un symptôme d'anxiété. Ça, ça peut être un indicateur. et évidemment des indicateurs plus évidents comme... s'isoler davantage, arrêter de voir ses amis qu'on voyait habituellement. Là, ça va être important de faire un point. Surtout, pas de culpabilisation. C'est quelque chose qui peut arriver à tout le monde. Vraiment. Et c'est très courageux, déjà, de vouloir faire une pratique intense. C'est quelque chose que j'ai envie de mettre en avant. C'est quelque chose de positif. Mais il y a ces risques-là. Et je pense que c'est important avec soi, avec sa famille, de temps en temps, pouvoir faire un pas de côté. OK, où est-ce qu'on en est ? Et souvent, quand on prend rendez-vous avec moi, c'est pour faire un pas de côté, justement. OK, voyons où on en est, faisons un état des lieux et revenons à quelques bases. Quel était le sens ? Avant, avant, avant.
- Speaker #0
Au tout début.
- Speaker #1
Oui, au tout début. à quel moment ça a dérivé et qu'est-ce qui est important maintenant.
- Speaker #0
Génial. Un grand merci pour tous tes conseils. Je vous propose justement de faire un pas de côté, vous aussi. Je pense que peut-être que beaucoup se sont reconnus aussi à travers les différents échanges. Moi, j'ai reconnu beaucoup de phases de ma vie où j'étais rigide et tout. Donc, un grand merci pour cet échange, cette discussion. N'hésitez pas à commenter, partager, à nous solliciter également sur des interrogations ou des propositions de sujets. La prochaine fois qu'on parlera avec Marion, on rentrera un peu plus, justement, dans la bigorexie, les signaux qui font que là, ça ne va plus du tout. Il faut arrêter d'être dans le déni, il faut trouver des solutions. Donc, en tout cas, un grand merci pour votre fidélité. Je vous donne rendez-vous très prochainement pour un nouvel épisode du podcast Tous en selle. Merci. Merci, Marion.
- Speaker #1
Merci, Arnaud.
- Speaker #0
Voilà, c'est la fin de cet épisode de Tous en selle. Merci d'avoir pris le temps de rouler avec nous, d'écouter ces histoires, d'écouter ses conseils, mais aussi Ces expériences qui, je l'espère, t'auront donné envie d'aller chercher un peu plus loin, un peu plus haut et de simplement savourer ta prochaine sortie à vélo, mais aussi pourquoi pas de comprendre les vibrations de ta machine. Si ce podcast t'inspire, te motive, te fait sourire ou te donne simplement envie pour une nouvelle sortie à vélo, n'hésite pas à le partager sur les réseaux ou à un ami simplement avec WhatsApp, tu verras, c'est très simple, à en parler autour de toi et à laisser le fameux 5 étoiles sur les différents sites. C'est ce qui fait grandir l'aventure, c'est ce qui fait grandir le podcast. et c'est ce qui nous permet de continuer à avoir d'autres invités. Tous en selle, c'est une communauté, une énergie, une envie commune, se dépasser, s'amuser, apprendre et vivre pleinement cette passion qui nous rassemble le vélo. On se retrouve très vite pour un nouvel épisode du podcast Tous en selle avec de nouvelles voix, de nouveaux conseils et de nouveaux récits. D'ici là, prenez soin de vous et comme toujours, toutes et tous en selle.