- Arnaud Manzanini
Cet épisode de Tous en Selle est soutenu par FF Vélo, avec l'application FF Vélo Plus, rouler, jouer, explorer, transformer chaque sortie en aventure, cumuler des kilomètres et collectionner des badges en partant à la découverte de la France. Avec FF Vélo, on pédale avant tout pour le plaisir, la forme et la découverte. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour un nouvel épisode du podcast Tous en Selle, où le sujet va être la longue distance, comment progresser étape par étape pour arriver sur une longue distance, un phénomène de mode. Je suis bien entouré, je suis avec Loïc, notre coach.
- Loïc Lepoutre
Salut Loïc. Bonjour à tous.
- Arnaud Manzanini
Bienvenue les gars. Je suis avec Seb qui représente Tous en Selle.
- Sébastien Scotto Di Fasano
Salut les gars.
- Arnaud Manzanini
Qui pratique les deux, j'ai deux pratiquants.
- Sébastien Scotto Di Fasano
Un sujet qu'on va bien apprécier je pense.
- Arnaud Manzanini
J'ai deux pratiquants de longue distance.
- Loïc Lepoutre
Moi je suis sur la fin.
- Sébastien Scotto Di Fasano
Fin de carrière, ça y est, annoncé en direct sur le podcast Tous En Selle.
- Arnaud Manzanini
Mon jubilé aura lieu. J'attends ça avec impatience. Donc on va rentrer directement effectivement dans le sujet de la longue distance, comment progresser étape par étape, déjà pour bien comprendre, ce qu'il faut savoir c'est qu'il y a différentes séries aujourd'hui qui existent, mais j'aimerais qu'on se concentre notamment sur les BRM, qui sont quand même la base, parce qu'aujourd'hui on parle de cyclisme ultra distance, d'explosion de phénomènes de mode, c'est quelque chose qui a été on va dire renommé au niveau marketing, mais les randonneurs, il y a toujours eu des randonneurs depuis des générations et des gens qui ont fait des centaines et des milliers de kilomètres avec leurs sacoches, les sacoches... On s'en positionne aujourd'hui de manière différente. Avant, elles étaient juste vraiment sur le côté de la roue arrière. Maintenant, elles sont beaucoup plus profilées et on peut en mettre sur le cadre, à l'avant, à l'arrière. Donc ça a quand même bien évolué. Mais les BRM, les ODAX, sont quand même la genèse de la longue distance. Et puis, évidemment, il y a la série que je lis depuis maintenant 9 ans, qui est les restes de la course séries, qui se développe à travers différentes distances, de 200 à 2500 km, et qui voit également le nombre d'or participants évoluer. Loïc, je vais donner la parole au coach en premier, puis après Seb, tu pourras également partager ton expérience. Mais qu'est-ce que tu peux nous dire sur ce phénomène et ce que tu observes aussi, toi, avec la demande de tes clients ?
- Loïc Lepoutre
Alors, un peu à l'instar du trail qui a émergé de cette façon-là, l'ultra-distance en vélo se développe très très vite. C'est marrant parce que... Plus vite que le trail a pu se développer ? Non, je pense que c'est à peu près pareil.
- Sébastien Scotto Di Fasano
Le trail c'est encore une autre dynamique, je peux en parler aussi parce qu'on a également un média dans le trail de par Man & Stone, mais le trail running suit les tendances du running, donc l'énorme boom qu'on a connu post-covid a démocratisé énormément la course à pied, le trail running est en train de prendre la même cour d'ascendante, je pense que l'ultra cycliste on est encore... qu'au début de l'histoire. Au début, oui, je pense aussi. Tu le vois bien, Arnaud, en étant organisateur de course.
- Arnaud Manzanini
Parce qu'il y a 15 ans d'écart,
- Sébastien Scotto Di Fasano
moi. Oui,
- Loïc Lepoutre
j'irais dire ça à 15-20 ans.
- Sébastien Scotto Di Fasano
On parlait simplement de la progression justement des restes cross-saves et notamment de la rafle d'une année sur l'autre. Enfin, c'est encore des progressions à deux chiffres et qui, à mon avis, on n'est pas prêt de s'arrêter. Donc, je pense qu'on n'est qu'au début de l'histoire, mais c'est vrai que ce n'est pas nouveau. La longue distance à vélo, du coup... a été initiée par les fameux brevets de randonneurs, les BRM, et les fameuses diagonales aussi. C'est quand même pas nouveau tout ça, et pour le coup, on a l'impression que ça séduit de plus en plus de gens.
- Loïc Lepoutre
Et je vais vous dire pourquoi.
- Sébastien Scotto Di Fasano
Alors,
- Loïc Lepoutre
j'ai la réponse ! Mais ouais, tu vois, je l'ai compris il n'y a pas longtemps, en regardant une vidéo d'un scientifique qui parlait de data d'ailleurs. On ne m'attend pas du tout.
- Arnaud Manzanini
J'ai hâte, j'ai hâte.
- Loïc Lepoutre
Eh bien en fait, parce qu'il est beaucoup plus facile de progresser en endurance qu'en puissance brute. Je prends un exemple. En course à... Non, mais en fait, regarde, tu prends un exemple. Quand tu fais un 10 km à pied, tu le cours en 40 minutes. Si demain, tu te dis, je vais le courir en 35, tu sais que ce n'est pas possible. Par contre, si tu veux faire, tu fais un 150 bornes et tu te dis, je veux faire un 300.
- Arnaud Manzanini
Oui, je vois ce que tu veux dire.
- Loïc Lepoutre
C'est un ou. reprend la course à pied je suis un coureur de 10 km mais l'année après je vais faire un marathon tu peux le faire et en fait comme le trail ça a démocratisé par cette capacité à travers laquelle tu peux progresser tu peux progresser on peut toujours progresser quel que soit l'âge oui mais en puissance brute non tu vois si tu fais un 5 minutes à 300 watts pour faire 320 watts euh Il va te falloir peut-être 5, 6, 7 ans, et peut-être jamais tu y arriveras.
- Sébastien Scotto Di Fasano
Par contre,
- Loïc Lepoutre
à l'horizon de la distance,
- Sébastien Scotto Di Fasano
c'est hyper satisfaisant.
- Loïc Lepoutre
Exactement. Et donc, en fait, c'est pour ça que c'est... Parce qu'en fait, il faut savoir que dans les FED, il y a de moins en moins de FED compétitions, il y a de moins en moins de monde. Nous, à Bordeaux, il y a un club qui s'appelle l'ACC. Ils sont 350, 350, 400 indérents. Mais il y a très peu de compétiteurs dedans. La plupart des gens, ils font du long, du vélo pour le plaisir, du gravel. Ça a été plus vers l'endurance que vers... Ah oui, complètement. L'UFO-LEP aussi, maintenant. L'UFO-LEP, pareil.
- Arnaud Manzanini
Je te rejoins. Je comprends ce que tu dis. C'est qu'effectivement, quand tu fais un 150, tu es capable de faire un 300. Donc on va dire, il y a un gros gap. Oui, il y a un gap. Mais l'être humain est capable de faire même 1000 bornes, 2500 bornes. Vous le savez très bien. C'est une prise de décision pour le faire. Et après, la différence, et là, je parle en tant qu'organisateur et observateur, C'est qu'est-ce qui fait la différence entre un finisher, quelqu'un qui finit son épreuve, qui va au bout de sa distance, et les gens qui arrêtent, c'est la vitesse. Je le répète souvent, c'est la vitesse à laquelle tu veux parcourir sa distance. Si tu veux la parcourir au-dessus de ton niveau, tu vas avoir le genou qui va lâcher, tu vas avoir mal quelque part, et tu vas abandonner. Mais si tu sais vraiment te gérer... Tout le monde est capable de faire une longue distance.
- Sébastien Scotto Di Fasano
On a un exemple très concret. La RAF, la plus longue distance, c'est 2500 km. Tu nous autorises à le faire en 10 jours. Ça fait 250 km par jour. Pour ceux qui nous écoutent qui n'ont jamais fait d'ultra, ça peut paraître beaucoup, mais ça se rend dans une journée.
- Loïc Lepoutre
en fonction du dénivelé mais en tout cas oui je vais mettre un bémol parce que ça dépend de monsieur Pascal qui trace le tracé et des fois ça peut être plus difficile non mais Pascal non mais merci merci mais ça peut être plus difficile l'année dernière parce que en fait moi je suis d'accord avec toi mais l'année dernière c'était plus difficile je sais pas pourquoi pour plein de raisons mais c'était plus difficile et ça c'est pas ce que tu dis et c'était pas vraiment c'était
- Arnaud Manzanini
pas vraiment le cas moi ce que je dis souvent c'est que pour se rendre compte qu'il y a des gens qui se rendent compte pas compte ce que ça représente faire 250 km par jour. Pour certains, comme moi qui ne cours pas, 20 km, je me représente. Ou 40 km, je ne me représente pas. En combien de temps tu pourrais courir ça ? Ce n'est pas compliqué. Tu te lèves à 6h du mat, tu prends ton vélo,
- Sébastien Scotto Di Fasano
tu pars rouler jusqu'au coucher du soleil. Et là,
- Loïc Lepoutre
tu vas avoir une notion de ça représente ça, donc je suis capable de faire ça. En prenant ton temps. On est en arrêt.
- Sébastien Scotto Di Fasano
en pouvant t'arrêter à manger,
- Loïc Lepoutre
évidemment. Et la RAF, elle est accessible, mais il faut quand même, tu vois, sur la 2500, il faut soit y aller progressivement, comme les BRM, en fait, si tu veux faire pareil, bref, pareil. C'est pour ça que tu veux valider progressif. Il faut que ce soit progressif pour que ton corps s'adapte et que petit à petit, tu arrives. Mais on ne peut pas dire du jour au lendemain, tu vas faire 2500. Justement,
- Arnaud Manzanini
on va en parler après. C'est comment tu construis ta progression. Je reviens juste sur ce que tu disais, la distance moyenne de 250 par jour sur 10 jours. Ce qu'il faut savoir, c'est que 99% sur le premier jour font plus de 500 bornes.
- Sébastien Scotto Di Fasano
Bien sûr, en plus.
- Arnaud Manzanini
Voilà. Les meilleurs vont faire 700 bornes. Et pas 900. Ils sont une dizaine à faire à peu près toujours 700 bornes la première tranche de 24 heures. Et sur les premières 24 heures, quasiment tous, vous faites 500 bornes. Oui, bien sûr. Ce qui veut dire qu'après, tu régules. Justement, venons-en à la progressivité, comment tu construis ta progression ? Alors effectivement, tu as les ODAX, les BRM qui sont très bien faits, parce que pour faire un Paris-Brest-Paris par exemple, il faut que tu fasses ton 200, ton 400, ton 600, pour se qualifier, donc c'est comme ça que tu as ta progressivité. Mais toi, le coach, le professionnel, quels sont les conseils que tu peux donner sur comment construire sa progression ou comment aller vers de la progressivité ? Quelqu'un qui nous écoute se dit, ben voilà, oui effectivement, je vois bien le mouvement, il y a de plus en plus de monde autour de moi qui font de la longue distance, un 200 bornes, un 1000 bornes, voilà. Moi j'ai envie d'y aller, comment je fais ?
- Loïc Lepoutre
Tu vois, ça me fait penser à Joël qui habite en Suisse. Il m'a contacté, il faisait 30, 60 bornes, un peu de gravel comme ça, et il me dit j'ai envie de faire du long distance. J'ai dit il n'y a aucun souci, parce que c'est accessible, mais il faut le construire progressivement. Tu vois, il faisait beaucoup de plats, il ne faisait jamais de dénivelé. Tu vois, il faut... Donc il se... Oui, mais bon... Il faisait le tour du lac ?
- Sébastien Scotto Di Fasano
Oui, oui.
- Loïc Lepoutre
Il a vu la vie en Valais, c'est ça, exactement. Et du coup, il faut commencer déjà à augmenter les distances, le temps sur le vélo. Et après, il faut intégrer un peu plus de dénivelé et progressivement augmenter le dénivelé. En tout cas, il faut construire ça sur plusieurs mois. Et quand tu pars de zéro, en fonction de ton âge et ton passé, peut-être sur une ou deux années, pour commencer à envisager de faire un 300 ou un 500 kilomètres.
- Arnaud Manzanini
Ça, c'est intéressant parce qu'on a beaucoup de... Beaucoup de personnes qui nous disent, moi je viens pour tester. Est-ce que toi tu recommandes qu'on ne teste pas l'ultra ? Et là je parle vraiment même presque de manière générale. Quand je dis tous les sports, du moment que c'est de l'endurance.
- Loïc Lepoutre
Tu te rappelles sur la RAF en 2023, sur le 300, il y avait un concurrent qui est parti avec un vélo un peu type, tu vois un vélo que tu vas chercher le pain, et il avait mis des bouquins sur son porte-bagages. Tu te souviens ?
- Sébastien Scotto Di Fasano
Il voulait lire en route.
- Loïc Lepoutre
Oui, c'est ça. Il voulait s'arrêter. C'était sur un 300 km.
- Arnaud Manzanini
Si vous voulez des anecdotes, je vais vous donner une anecdote. Guitou, si tu nous écoutes. Guitou est arrivé au départ du 2500 km. Et il avait les sacoches à l'arrière. Il avait les sacoches, comme on parlait, des randonneurs, des sacoches sur le côté du vélo. Et je lui dis, on voyait que c'était la première fois qu'il venait sur une racecross, on ne le connaissait pas, il avait le drapeau en avant guingamp sur l'arrière qui pendait comme ça, tu vois, c'est véridique. Et je lui dis, mais il n'y a que toi dans tes sacoches, t'as d'habitude les sacoches profilées, tu vois vraiment dans le vignement, là c'était vraiment les sacoches sur le côté. Et il me dit, j'ai des boîtes de conserve.
- Sébastien Scotto Di Fasano
Ah ouais, en plus ça devait pas être juste.
- Arnaud Manzanini
Boîte de conserve, ok, mais t'en as combien et pourquoi ? Donc tu parlais des 10 jours, bah il dit c'est pas compliqué, j'ai une boîte de haricots rouges par jour, donc j'ai 10 boîtes de conserve.
- Loïc Lepoutre
Donc il avait presque 6 kilos dans ses sacs.
- Arnaud Manzanini
Donc il avait 10 boîtes de conserve d'haricots rouges dans les sacoches. Bon, Guitou malheureusement n'est pas allé au bout de son aventure, on l'a revu sur d'autres épreuves, il est venu à Paris, il est venu, voilà. Mais des anecdotes comme ça...
- Loïc Lepoutre
sur je vais prendre mon temps ou je me visualise c'est pour ça que je minimisais tes propos du début parce qu'en fait si t'as 25 jours tu peux faire comme ça mais en 10 jours c'est pas oui mais là il y a un problème de projection c'est à dire qu'en fait il a pas intégré le fait qu'il avait pas besoin d'emporter toute sa bouffe pour autant de temps généralement
- Sébastien Scotto Di Fasano
ce qu'on fait c'est qu'on prend pour les 10-15 premières heures déjà c'est très difficile c'est très très difficile je suis en plein dedans en train de faire tout mon gilet c'est du poids en plus donc déjà tu dois faire ce choix là jusqu'à quand tu veux pousser mais surtout on va très vite avoir besoin de s'arrêter donc t'as pas besoin d'avoir une autonomie super longue 10 bottes de conserve en plus c'est
- Arnaud Manzanini
pareil pour les couchages la mise à temps on va venir après sur ça justement sur la gestion de la nuit et du sommeil mais ce qui veut dire que toi tu préconises quand tu veux te lancer dans l'ultra et tu veux tester ça c'est Ce n'est pas de dire, je le fais une année et puis je vois.
- Loïc Lepoutre
C'est de le faire sur 2,
- Arnaud Manzanini
3 ans, 4 ans.
- Loïc Lepoutre
Surtout si tu débutes. Il faut le construire petit à petit. Si tu débutes de zéro, il ne faut pas y aller tête baissée.
- Arnaud Manzanini
Donc ça serait quoi ta première expérience ? C'est de faire un 200 et puis après de faire un 300 ?
- Loïc Lepoutre
Je pense que les BRM, ça commence à combien ? C'est 200 le premier ? Je pense que leur système est très bien. 200, 300, 400. Tu as 200,
- Arnaud Manzanini
400, je ne suis pas sûr que tu aies 300. t'as 200, 400,
- Sébastien Scotto Di Fasano
600 et après la qualificative je crois et t'as des milles aussi tu dois en avoir mais je crois que la qualif on vous renverra sur le site FF Vélo qui est partenaire de notre podcast mais du coup vous pourrez trouver toutes les informations mais en tout cas c'est super bien fait et c'est un très bon pied à l'étrier justement et
- Arnaud Manzanini
c'est un système international c'est à dire qu'aujourd'hui les Zodax partout dans le monde t'as des Zodax qui s'organisent où que tu sois sur la planète t'as forcément un ODAX qui se trouve pas très loin de chez toi ou un club, ou une épreuve et ça sur le site effectivement de l'FF Vélo tout est notifié et quand un 200km,
- Loïc Lepoutre
si tu débutes on va dire quand tu vas être capable de faire à peu près 120, 100, 120 donc on va dire à peu près 5-6 heures de vélo tu vas pouvoir commencer à te dire je vais tenter un 200km j'ai quelqu'un qui a fait comme ça qui était pas débutant débutant et aujourd'hui il arrive à faire des 200km Merci. tout seul en plus, mais il a été progressif et quand il a réussi à faire 5-6 heures de vélo, je lui ai dit vas-y maintenant tu peux tenter après 200 km sur une journée on le fait parce qu'on a l'expérience ça reste impressionnant 200 bornes oui mais si t'en as arrivé à pouvoir faire 5-6 heures de vélo si c'est tout plat tu vas rajouter 4 heures donc c'est largement bon moi je trouve que l'ultra se démocratise aussi tu peux
- Arnaud Manzanini
Tu parlais du gravel tout à l'heure. Aussi par le gravel longue distance et que les professionnels arrivent. Oui, les anciens pros, je ne sais pas comment on peut dire. Je pense à Bardet, notamment.
- Sébastien Scotto Di Fasano
Tu veux dire la méditation du gravel ECI qui a mis en lumière.
- Arnaud Manzanini
Ces gens-là sont interviewés. Ce sont des professionnels. Ils ne font que ça. Et on leur demande, vous êtes sur quelle distance ? Là, je suis sur un 360. Mais c'est énorme, 360. Et en fait, je pense que ça va se démocratiser aussi parce que les professionnels font maintenant... de l'ultra, je pense à Pierre-Roland aussi, Pierre-Roland qui va sur des records maintenant qui a gagné, nous qui a gagné Paris on a un temps record d'ailleurs, 340 bornes il a mis 9h30 et je trouve que quand tu poses la question comme ça, ça devient naturel tu fais combien toi ? 350, 300 et c'est énorme déjà comme distance.
- Loïc Lepoutre
Ouais mais attends, t'as vu d'où ils arrivent déjà d'où ils arrivent. Le grand public peut s'identifier il faut surtout pas s'identifier parce que moi j'étais pas là Moi, je n'ai plus... j'ai pas été à l'Alpe d'Huez le monter à 22 km comme Pierre Roland donc il faut avoir donné mais c'est sûr que ces profils là tu parlais de Pierre justement ça y est il est piqué
- Sébastien Scotto Di Fasano
Pierre Roland et j'ai un peu discuté avec lui ça y est il adore ça et il va cocher beaucoup de dates dans son calendrier mais voilà il le fait à une autre vitesse aussi parce que voilà avec un passif de pro ça reste ça reste quand même
- Arnaud Manzanini
Il y a un pro leader, pas un pro domestique comme disent les anglo-saxons, mais un pro leader.
- Sébastien Scotto Di Fasano
C'est clair, c'est clair. Mais du coup, lui, le travail qu'il a à faire, il est un peu différent. C'est justement d'adapter sa vitesse, d'accepter la lenteur. La lenteur pour lui, c'est la très haute vitesse pour nous. Et donc lui, il fait un peu le chemin inverse que justement ces gens qui veulent accéder à la longue distance, qui veulent juste entre guillemets parcourir la distance. Lui, il veut baisser un peu son niveau d'exigence sur du plus long. Et donc c'est assez particulier.
- Loïc Lepoutre
T'as vu c'est marrant parce que tu vois ils sont sur des formats 24h quoi, grand max. Et un peu comme le trail en fait, parce qu'en fait tu regardes les meilleurs au trail. Ah l'UTMB. Ouais c'est 24h, 20h quoi. C'est des grandes distances et ils sont capables de parcourir très vite.
- Arnaud Manzanini
Mais au final... Ce n'est pas des trucs sur 2 jours, 3 jours, 4 jours.
- Loïc Lepoutre
Ouais mais je sais pas si ça sera comme ça en vélo, mais t'as vu sur les 360 ou les 380 en trail, ça commence juste d'avoir des mecs qui... qui était bon sur les 24 heures. François Denne, qui s'anime sur le tord. Mais c'est très récent. Je serais curieux de voir si ces gens-là vont passer le gap après.
- Arnaud Manzanini
Pierre Roland, on en discute un peu quand il a gagné Paris, qui était le 500 km. Il regarde le 1000. Mais bon, voilà. C'est encore un gap. 300, pardon. Mais c'est encore un gap parce que ça nécessite plus de temps. Il ne sait pas comment il va réagir.
- Loïc Lepoutre
Et 2500, c'est un an neutre, et 4000, c'est encore un autre.
- Arnaud Manzanini
Et donc, ça m'amène la période dans laquelle on est, qui est la chaleur. Parce que quand tu pars faire 50 bornes, 70 bornes, même si tu y vas le matin un peu tôt ou en fin de soirée, la chaleur tu peux gérer. Mais là, quand on fait de la longue distance, tu roules à travers une journée. Comment gérer les fortes chaleurs ? Surtout que les journées de fortes chaleurs ne vont pas se réduire dans les années à venir, elles vont même augmenter. Et quand tu fais de l'ultra, tu peux avoir des stratégies. Quand c'est sur plusieurs jours de dire, moi je ne roule pas entre midi et 17, mais je vais rouler la nuit, donc je dors pendant ces phases-là. Ou alors, tu apprends à gérer ça.
- Loïc Lepoutre
C'est pas facile. Tu as peut-être des questions,
- Arnaud Manzanini
Seb, d'ailleurs ?
- Sébastien Scotto Di Fasano
Oui, j'ai eu beaucoup de questions sur la chaleur, notamment, pas que pour ceux qui veulent faire de l'ultra-distance, mais aussi pour ceux qui ont des objectifs en plein été, je pense notamment à l'étape du tour qui va être...
- Arnaud Manzanini
Il y a des gros dégâts généralement sur ça.
- Sébastien Scotto Di Fasano
Oui, et encore plus sur celle-ci.
- Loïc Lepoutre
Ah non, mais celle-ci, je l'annonce. Ça va être le record d'amandon ou d'ordelé. Pourquoi ? Parce que, un, le dénivelé est énorme. Et le temps passé au-dessus de 1500 mètres, il est inédit. L'altitude. Là, je peux vous dire, parce que je ne sais pas quels sont les délais pour le faire, mais généralement, ils conservent les mêmes délais chaque année. Donc là, à mon avis, parce que c'est 170 km, un truc comme ça.
- Arnaud Manzanini
C'était beaucoup.
- Loïc Lepoutre
Oui. Mais il y en a plein qui ne vont pas mettre 15 de moyenne pour le faire.
- Sébastien Scotto Di Fasano
Ils vont être 10 heures. Ça va être très très dur. Du coup, il y a beaucoup de gens qui me demandent justement c'est quoi un peu les bonnes pratiques pour s'entraîner justement quand il fait très chaud. Est-ce qu'il y a des séances spécifiques ? Déjà, il faut s'y adapter. Et une acclimatation.
- Loïc Lepoutre
Il y a une acclimatation à faire. C'est combien de temps ? Alors tu vois par exemple, tu habites dans un endroit où il ne fait pas chaud et tu vas dans un endroit où il fait chaud. Là, pour s'adapter, il va falloir faire preuve d'imagination. Donc des fois, tu fais tout simple. Tu fais du home trainer couvert. Tu vas augmenter ta température. C'est pas dangereux ça ? Pourquoi ?
- Sébastien Scotto Di Fasano
Je sais pas, je te pose une question.
- Loïc Lepoutre
Si t'en fais 6 heures, oui. On a vu qu'il y a tellement d'eau que tu vas avoir quelques problèmes. Mais si tu t'en fais une heure ou une demi-heure, il n'y a pas de danger particulier. C'est sûr que si tu te donnes à... En fait, c'est une question de à combien monte ta température. D'ailleurs, maintenant, il y a des capteurs pour pouvoir surveiller ça. Ta température corporelle. Au-dessus de 35 degrés. Il faut savoir que notre corps, il peut plus réguler la température par la transpiration. D'accord ? Donc ça commence à être... Enfin, à partir de 35°C, ça commence à être compliqué. Et à 37°C, c'est la température du corps, il fait 37°C, il n'y a plus d'eau d'échange en fait. Et on peut plus réguler la température. Donc là, tu vois, on peut habituer son corps à ce type de conditions. Il va mettre des mécanismes d'urgence pour pouvoir maintenir la température corporelle. Mais quoi qu'il arrive, il va y avoir des perditions. Mais voilà, tu vas beaucoup perdre d'eau. Donc tout habillé sur un trainer, il y en a même qui le font dans la salle de bain avec le chauffage et l'humidité.
- Sébastien Scotto Di Fasano
Envoyez-nous des photos,
- Loïc Lepoutre
s'il vous plaît. On veut voir ça.
- Arnaud Manzanini
Avec Jordan Sarou justement, qui préparait les Jeux Olympiques.
- Loïc Lepoutre
Et il faisait ça parce que le taux d'humidité était élevé. Donc ça, tu vois, tu peux faire ce genre de choses. Et après, il y a la possibilité d'aller dans les endroits où il fait très chaud. Bon alors là c'est encore mieux pour s'adapter. Il faut savoir qu'aujourd'hui, les protocoles d'adaptation à la chaleur et les protocoles d'adaptation à l'altitude montrent qu'on a des bénéfices sur la performance. D'ailleurs, il faudrait que j'approfondisse ça, mais il y a une étude qui est sortie il n'y a pas longtemps qui montre, c'est assez extraordinaire, la possibilité de voir un gain de VO2 max. Donc la VO2 max, c'est ta capacité à utiliser un volume d'oxygène. Plus tu peux utiliser d'oxygène, Plus tu nourris le muscle, plus tu peux développer de l'énergie et d'intensité et de puissance sur le vélo. Tu augmentes ton niveau de VO2 max par un protocole de bain chaud à 40°C. Je crois que tu restes 30 minutes à 40 minutes dans un bain chaud à 40°C tous les jours, sans activité sportive. Tu augmentes tes capacités de VO2 max par les effets de vasoconstriction au niveau des vaisseaux et du cœur. Et donc ça veut dire qu'en fait, aujourd'hui, avec 40 degrés, il faut y aller quand même. Surtout pour le maintenir à 40 degrés. Et ça serait ? La seule façon de se maintenir en forme sans faire de sport. C'est magnifique. Tout ça pour dire que la chaleur a des effets hormétiques sur le corps qui permettent aussi d'augmenter les performances.
- Sébastien Scotto Di Fasano
Il faut plein de jours pour s'adapter.
- Loïc Lepoutre
Et ça, c'est très individuel. Parce que tu as déjà rencontré des gens qui supportent bien la chaleur.
- Sébastien Scotto Di Fasano
Oui, bien sûr. Dans le 32,
- Loïc Lepoutre
dans le 32, moi j'ai rencontré à 28, ils sont au fond du caniveau. Et donc ça, ça dépend vraiment des... C'est quoi,
- Arnaud Manzanini
c'est une fois qu'il y a 6000 mètres à la chaleur ? Le froid ? Non,
- Loïc Lepoutre
ça n'a rien à voir.
- Arnaud Manzanini
Je ne sais pas, moi j'ai toujours, après m'être renseigné, j'accepte mal la chaleur aussi, je ne supporte pas. En tout cas, les premières journées de chaleur, c'est très compliqué pour moi.
- Sébastien Scotto Di Fasano
Après, c'est basiquement, il y a ton taux de graisse, des choses comme ça, je pense qu'ils font barrière, et qu'ils peuvent jouer un petit peu dans ton ressenti.
- Loïc Lepoutre
Tout ce qui va intervenir à la régulation de ta température. Si tu ne supportes pas la chaleur, c'est que ta température n'est pas régulée, tout simplement.
- Arnaud Manzanini
Combien de temps il faut ? C'est personnel ?
- Loïc Lepoutre
C'est quand même individuel. Là, je pense à Flo, qui a préparé un triathlon en Espagne où il faisait chaud. Il a été en Espagne pour s'adapter à HLA et il roulait à 25 degrés couvert parce que lui, il a vraiment du mal à s'adapter à HLA et il lui a fallu une bonne semaine tous les jours pour que la semaine d'après, quand il a été faire sa course, ça se passe bien. Mais il y a des gens, moi par exemple, moi j'ai pas de soucis en fait. Tu vois, j'ai toujours roulé sur la rafle, j'ai toujours roulé, moi je me suis jamais arrêté quand il faisait hyper chaud.
- Sébastien Scotto Di Fasano
Mais là ce qu'on a vécu, tu vois, le switch où on est passé des semaines à 15 degrés où on a eu du 30-35.
- Loïc Lepoutre
Alors 30-35, moi tu vois, ça c'est pas... Parce que ça, mon corps il régule parce qu'il reste, on est encore à des limites où c'est possible. Quand par contre, l'année dernière, quand il y a eu, quand il y a fait 42-43 là. Je sais pas si t'as... Moi j'ai été essayer. Là, tu t'aperçois que s'il n'y a pas une petite brise pour réguler la température, tu ne peux même pas monter la côte.
- Arnaud Manzanini
Moi, j'ai roulé à 50.
- Loïc Lepoutre
À 50 ? Ah ouais, mais tu as failli...
- Arnaud Manzanini
En fait, tu vois les voyants rouges.
- Loïc Lepoutre
Tu étais à 50 avec de la glace et machin.
- Arnaud Manzanini
J'étais à 50 avec de la glace et j'avais mis en place pour passer la journée une stratégie où je m'arrêtais toutes les 20 minutes, 10 minutes. Je m'arrêtais, je roulais 20 minutes, je buvais un litre d'eau. Pendant 10 minutes, j'étais couvert de glace, je repartais 20 minutes.
- Loïc Lepoutre
Mais donc, tu as régulé ta température artificiellement. Mais si tu n'avais pas eu tout ça, tu ne passes pas. En fait, tu meurs. Il y a une course aux Etats-Unis, une course à pied, où ils font un truc comme ça à pied. Et il y en a eu plein de morts.
- Arnaud Manzanini
En fait, ils te font peser. Ils te pèsent à chaque jour. Et si tu as perdu tant de pourcents de morts, tu arrêtes.
- Loïc Lepoutre
Il y a eu des années où il n'y a personne qui a grandi.
- Arnaud Manzanini
Et je sais que tu as d'autres questions, mais ça me fait penser sur le sucre.
- Loïc Lepoutre
Le sucre.
- Arnaud Manzanini
Le sucre et la chaleur.
- Loïc Lepoutre
Oula. Quel est le rapport ?
- Arnaud Manzanini
Tu vas me dire. Non mais je sais,
- Loïc Lepoutre
je vois très bien.
- Arnaud Manzanini
Est-ce que je mets deux cuillères dans mon bidon, de 500 ou de 750 ? Est-ce que je mets le même nombre de cuillères de poudre ?
- Loïc Lepoutre
Non. Est-ce qu'en gros, c'est trop sous-dosé ?
- Arnaud Manzanini
Moi, on m'a toujours dit oui. C'est-à-dire, si vous êtes très chaud, tu mets moins de sucre parce que ça a des effets sur ton corps. J'ai dit un terme...
- Loïc Lepoutre
L'osmolarité.
- Arnaud Manzanini
Voilà, c'est ça. Donc, si je mets 4 cuillères, est-ce que je continue à mettre 4 par 35 degrés ?
- Loïc Lepoutre
Quand tu bois de l'eau ? Pour qu'il soit assimilé dans la cellule, il faut qu'il passe la barrière de la cellule. Et donc c'est un échange chimique. Et s'il y a un déséquilibre entre les éléments chimiques, il peut avoir l'inverse. C'est l'eau de la cellule qui ressort. Et donc tu dois créer une déshydratation alors que tu bois. Pour le sucre, c'est la même chose. Pour le sucre, il faut qu'il rentre dans la cellule pour qu'il soit assimilé. Et donc l'eau plus le sucre. En fait, quand on fait chaud, la chimie se modifie. Et donc, on considère que si tu mets trop de glucides dans l'eau, l'eau ne sera pas bien assimilée parce qu'il y aurait un déséquilibre d'échange entre les deux. J'ai très vulgarisé pour les spécialistes. Je sais qu'ils vont dire, « Eh, mais avant ça, mais... » Au moins, ça, tout le monde comprend. Et ça permet de faire rentrer l'eau dans la cellule normalement. Donc, c'est pour ça qu'on dit qu'il faut mettre moins d'eau. De toute façon, tu vas vite... Moins de glucides. Moins de produits. Moins de glucides. Moins de boissons d'effort. Parce qu'en plus, dans les boissons d'effort, il y a des... Il y a ce qu'on a appelé des électrolytes, des nutriments. Ces nutriments participent à ces échanges-là, sodium, potassium. Du coup, c'est pour ça qu'on réduit un peu pour que la chimie se reste à peu près équilibrée. De toute façon, il n'y a même pas besoin de savoir combien je réduis. Tu le sais très vite. Quand tu bois, tu n'as pas envie. Son corps est...
- Sébastien Scotto Di Fasano
Dès la première gorgée, tu es écoeuré. C'est mort.
- Loïc Lepoutre
Sur la rafle, sur du long distance, tu peux avoir ce phénomène-là. En fait, au bout de 7-8 heures, la quantité que tu prenais, tu prends 60 grammes à l'heure. Parce qu'en fait, les échanges ne se font plus au bon rythme. Et du coup, tes glucides se stockent dans l'intestin, ça fermente, et c'est là où arrivent les problèmes intestinaux et autres.
- Arnaud Manzanini
Et moi, les conseils que j'avais eus à l'époque, c'était de remplacer le glucide dans le bidon par des pincées de sel. C'est-à-dire, de 20 à 30 degrés, une pincée de sel, de 30 à 40 degrés de la température, deux pincées de sel, au-delà de 43 pincées de sel, pour compenser...
- Loïc Lepoutre
Mais ça dépend des personnes, et dans la boisson, il y a des oeufs du sodium, donc en plus, si tu veux, enfin, tu vois, c'est un jeu, moi, je joue pas à ça, quoi.
- Sébastien Scotto Di Fasano
Surtout, les pertes en sodium, c'est très personnel aussi. Ouais, c'est exact. Ouais,
- Loïc Lepoutre
c'est très individuel, tout ça.
- Sébastien Scotto Di Fasano
T'as typiquement l'image des gens qui, au bout de trois heures de sport, sont couverts de sel sur leur fringue, et d'autres, ils ont rien du tout, enfin, tu vois, donc ça, c'est...
- Loïc Lepoutre
Et c'est pour ça que la... L'utilisation des électrolytes quand il fait très chaud, elle est intéressante. Parce que justement, ça permet de mieux assimiler l'eau. Parce que l'électrolyte, tous les jours, ça ne sert à rien. À moins de 95% de ce que tu bois, de ce que tu as pris en nutriments de l'électrolyte, il est éliminé. On n'en a pas besoin. Par contre là, c'est utile, parce que ça permet d'améliorer l'hydratation, mais sous forte chaleur, parce qu'on transpire beaucoup et que la chimie, au niveau des... des cellules se modifient du fait de la température qui a augmenté corporelle.
- Arnaud Manzanini
Et donc tout ça passe par de l'expérience, j'imagine, c'est ce qu'on dit en gros, c'est très personnel, il y a un lien entre la chaleur, l'hydratation, l'assimilation, le sodium, donc tout ça, si vous voulez monter sur de la longue distance, un premier 200 va vous permettre de prendre conscience, ensuite un 300, un 500, un 1000, et logiquement, ça ne veut pas dire que vous ne ferez plus d'erreurs. Mais ça veut dire que vous connaîtrez un petit peu mieux si vous devez mettre deux cuillères de glucides de boisson d'effort dans votre bidon, ou qu'une ou quatre,
- Sébastien Scotto Di Fasano
ou salées ou pas.
- Loïc Lepoutre
Et après, quand on surchauffe, la meilleure stratégie, c'est comme tu disais, c'est quand il fait entre 14h et 16h déjà, c'est où il fait le plus chaud, tu t'arrêtes et ça c'est la meilleure stratégie.
- Sébastien Scotto Di Fasano
C'est quoi les signes de déshydratation ? Est-ce que tu peux nous les rappeler ? Et notamment, est-ce que c'est décelable avant même que ça impacte ta performance ?
- Loïc Lepoutre
Avant que tu te dises que c'est trop tard. Déjà, tu as beaucoup soif et tu bois beaucoup. Tu avances plus du tout. Et tu commences à être confus. Mais ça, c'est dur de se rendre content.
- Sébastien Scotto Di Fasano
Ça, c'est déjà un stade assez avancé. Tu n'as pas des prémices de...
- Loïc Lepoutre
C'est déjà pas mal. Tu vois, ben non, à quoi tu pensais ?
- Sébastien Scotto Di Fasano
Non, non, je sais pas, je me dis quand t'en es au point de voir que justement t'arrives plus à suivre au niveau de tes watts et que t'as déjà très soif et que t'as beau boire ça reste pas bon.
- Loïc Lepoutre
Moi j'ai un signe moi j'ai un signe mais il est personnel, je sais pas si ça fait tout le monde j'ai envie d'un coca et ça je peux te dire quand j'en suis là, c'est que c'est pas bon du tout parce que ben en fait c'est le fait d'avoir un truc frais tu vois Donc t'arrives au bar, tu te dis, mais des gavets de glaçons, gavets de glaçons, voilà, je peux te dire, quand j'en suis là, c'est le premier, ça je sais que c'est le bordel. Alors il y a Seb, peut-être que, pas toi, Seb Saint-Germain, peut-être que lui, il a envie d'une bière, tu vois, il aime bien la bière.
- Sébastien Scotto Di Fasano
Alors c'est différent, on rappelle qu'on le conseille pas.
- Loïc Lepoutre
Mais tu vois, dès que t'as envie d'avoir... À l'arrivée,
- Arnaud Manzanini
à l'arrivée.
- Loïc Lepoutre
Tu vois, quand t'as envie de quelque chose de frais...
- Arnaud Manzanini
Ça peut être un signe cognitif précurseur de la déshydratation. Mais je pense qu'elle a déjà commencé.
- Loïc Lepoutre
Ce n'est pas quand tu t'arrêtes uriner parfois d'avoir...
- Arnaud Manzanini
De faire pipi plusieurs fois ?
- Loïc Lepoutre
Non, que ça soit très foncé justement.
- Arnaud Manzanini
Ah ouais, bah oui, ça s'en est. Sur le vélo, c'est compliqué de voir ça.
- Loïc Lepoutre
Ouais, mais quand tu fais de la longue distance... Oui, c'est vrai. Quand j'étais à l'approche du désert, on m'avait dit est-ce que tu as été uriné aujourd'hui ? C'est vrai que je m'étais dit, bah non. Ah, alors attention.
- Sébastien Scotto Di Fasano
et puis si tu urines et que c'est brun c'est pas bon du tout surtout la fréquence par rapport à ce que t'as l'habitude de faire en temps normal quoi après j'imagine qu'il y a des maux de tête classiques non ?
- Arnaud Manzanini
c'est pas c'est pas chez tout le monde bon à suivre,
- Loïc Lepoutre
t'avais d'autres questions ?
- Sébastien Scotto Di Fasano
oui est-ce que déjà tu peux adapter je parle en dehors de de la pratique est-ce qu'il faut adapter son alimentation en période estivale ? Est-ce que justement, quand tu es sur une semaine de préparation, est-ce que tu dois manger plus de fruits, plus d'aliments chargés en eau ? Est-ce que tu as des petits tips là-dessus ?
- Arnaud Manzanini
Non, ce n'est pas parce que tu vas te charger plus en eau avant l'épreuve que tu vas avoir plus d'eau à l'épreuve. Tu ne capitalises pas ton eau avant l'entraînement. Ce n'est pas comme ça que ça se passe.
- Loïc Lepoutre
Tu peux l'amener au maximum, je pense.
- Arnaud Manzanini
De toute façon, la meilleure règle, c'est de ne jamais rien changer à ton alimentation avant une compétition. Quand on veut se réhydrater, par contre, en forte chaleur. Là, on peut apporter, si on a du mal à boire, des aliments qui sont plus riches en eau. Et je pense que l'aliment le plus riche en eau que je connaisse, c'est la pastèque. C'est un carton sur nos bases de vie.
- Sébastien Scotto Di Fasano
Sur les bases de vie, la pastèque,
- Arnaud Manzanini
ça fait furat. Et ça, ça te permet de te réhydrater facilement.
- Sébastien Scotto Di Fasano
Et le concombre aussi. La fois où vous avez apporté du concombre, j'ai le souvenir de la personne qui arrive sur la table. Oh, il y a du concombre !
- Arnaud Manzanini
Cherchez le légume, le concombre, par exemple. Mais par contre, je reviens, l'alcool, c'est le pire moment pour en boire.
- Loïc Lepoutre
Je pense que c'est plus le plaisir de fin d'épreuve.
- Arnaud Manzanini
Je ne te parle pas de souvenir, je te parle de façon générale. Quand on est dans des périodes de forte chaleur et qu'on est déshydraté, parce que tu peux ne pas faire de sport et être déshydraté.
- Loïc Lepoutre
C'est une bière fraîche.
- Arnaud Manzanini
Ça augmente la déshydratation.
- Sébastien Scotto Di Fasano
C'est à faire.
- Loïc Lepoutre
Intéressant. D'autres questions sur l'augmentation, comment progresser la progressivité sur la longue distance ? Où est-ce qu'on a fait le tour en disant qu'il faut y aller étape par étape, qu'il faut le construire sur la durée et non pas se dire j'essaye sur une année pour progresser, prendre de l'expérience pour savoir comment on assimile le sucre, comment on assimile, où on évacue le sodium ?
- Arnaud Manzanini
Ouais, faire des différentes épreuves, faire un 200, un 400, un 600.
- Loïc Lepoutre
Mais en tout cas, que ça soit progressif.
- Arnaud Manzanini
Ah ouais, par contre, il faut que ça soit progressif, parce que je sais qu'il y a pas mal d'auditeurs qui vont faire un 200, 400, 600 dans un mois ou deux mois. Ça, c'est une erreur. Si vous n'avez jamais pas été habitué à ça, vous risquez d'arriver à une espèce de burn-out physiologique et qui va faire que vous allez tomber après dans une espèce de dépression du sport. ou pendant plusieurs semaines ou plusieurs jours, vous n'aurez plus envie et puis surtout vous n'avancerez plus. Donc il faut plutôt préparer ça de façon un peu étalée. Et puis en écoutant son corps, en se disant, si tu vois, après je pense à Ronan, il a fait un 2 400, il avait un 600, il sent qu'il a assez fait. Le 600, on le repousse à plusieurs points.
- Sébastien Scotto Di Fasano
On peut conseiller aussi aux pratiquants de faire ça à plusieurs. Tu peux faire ton premier 200 si tu ne te sens pas assuré d'y aller avec un partenaire ou d'y aller en groupe. Ça permet aussi de dédramatiser la distance.
- Arnaud Manzanini
Le club que je te disais, à la CC, ils ont une section ultra et ils accompagnent les initiés comme ça à plusieurs. Le premier 200, le premier 300, c'est super.
- Loïc Lepoutre
On a fait le tour. un grand merci pour votre participation pour votre présence et puis je vous donne rendez-vous à très bientôt pour un prochain épisode vous pouvez aller sur le site tousensel.eu mais également sur le site de notre partenaire à la FF Vélo directement pour prendre toutes les infos justement sur les BRM les Zodiacs la longue distance vous verrez que les différentes rubriques qui vous permettra justement de prendre confiance de progresser et de vous lancer à très bientôt merci merci