- Arnaud Manzanini
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour un nouvel épisode du podcast Tous en Selle pour la capsule Le Coach. Et donc, je suis accompagné pour cette capsule par le coach Loïc. Salut Loïc.
- Loïc Lepoutre
Salut, bonjour à tous.
- Arnaud Manzanini
Comment ça va ?
- Loïc Lepoutre
Ça va très bien.
- Arnaud Manzanini
T'es en pleine forme durant cet hiver ?
- Loïc Lepoutre
Ah, nickel. J'ai la patate.
- Arnaud Manzanini
Écoute, si t'as la patate, ça tombe bien, parce que justement, on va parler de ceux qui l'ont, mais qui font des erreurs ou qui ne l'ont pas, mais en tout cas, les erreurs les plus fréquentes que l'on peut faire sur l'entraînement en hiver. Déjà, toi, en tant que coach Loïc... Est-ce que tu vois, malgré toutes les possibilités qu'on a avec le digital d'avoir de l'information sur comment bien s'entraîner, est-ce que tu vois malgré tout des erreurs incroyables sur tes coachés dans les phases d'entraînement ?
- Loïc Lepoutre
Oui, plein. Mais il y a trop d'informations. Ah oui, il y a trop d'informations. Le traductoire, l'information. Ça tue l'information en fait. Trop d'informations.
- Arnaud Manzanini
Alors écoute, moi j'ai fait une petite sélection. des erreurs les plus fréquentes pour l'entraînement en hiver. Et donc, je vais te demander de donner ton avis, de les commenter. Et puis après, tu auras probablement des anecdotes à nous donner qui pourront compléter cet épisode. Mais la première erreur, c'est que justement, on est en hiver, on s'entraîne un peu moins longtemps que sur des périodes de l'année un peu plus sympathiques pour aller rouler en extérieur. Et donc, eh bien, on roule trop fort et... sur des temps trop courts. Là, tu sais à quoi je pense forcément. C'est l'entraînement en intérieur où tu ne vas pas les faire 3-4 heures. Tu pourrais, mais tu ne vas pas faire 3-4 heures. Tu vas faire 45 minutes, 1h15, 1h30, mais à bloc. Est-ce que tu vas dans mon sens ? Comme quoi c'est une erreur. Qu'est-ce que tu peux dire sur ça ?
- Loïc Lepoutre
Une petite anecdote à mon ami belge qui se reconnaîtra de Bruxelles. Je ne sais plus quoi. Je faisais une séance light sur Home Trainer, il aime bien faire des séances light. Puis je reviens à la séance et je vois pendant 10 minutes que c'est plus light du tout. Et je lui dis « qu'est-ce que t'as fait ? » Il me dit « ah mais j'étais sur Swift, il y en a un qui m'a doublé, ça m'a pas plu, j'ai voulu redoubler » . Donc c'est ça en fait, c'est de sortir de sa zone. En fait, si t'as eu une saison intense, longue, De faire ça, c'est contre-productif parce que tu devrais laisser ton corps se reposer. Et l'autre cas, c'est j'ai rien fait, je reprends pas comme ça, alors qu'il faudrait être progressif. Après, il y a l'entre-deux où je me suis reposé, que je veux reprendre, pourquoi pas faire ça, tu vois. Et après, c'est qu'il faut pas faire que ça. C'est-à-dire que si tu fais toutes les séances ça, évidemment, c'est contre-productif parce que ton corps, tu ne lui laisses pas le temps de s'adapter à tout ça. Et puis surtout, tu fais un sport d'endurance, c'est ce que tu fais. ne va pas dans le développement de l'endurance. C'est ça, en fait, le problème.
- Arnaud Manzanini
En tout cas, le souci, c'est surtout que c'est une période d'hiver. Là où le corps devrait se reposer, on n'a pas besoin de faire de l'intensité en hiver.
- Loïc Lepoutre
En fait, ça dépend. Parce que, tu vois, par exemple, les gens que j'entraîne qui font de l'ultra, qui ont fini en juillet, ils ont fait août, septembre, tranquille, ils reprennent en octobre. Là, aujourd'hui, à novembre, décembre, ils font de l'intensité. Parce qu'ils n'en font jamais d'autres. Autrement, ils n'ont jamais le temps d'en faire. Puisque plus tu te rapproches des épreuves après de longue distance, plus tu rentres dans le spécifique. Tout ça, ça dépend. Ça dépend si tu as respecté les règles qui sont s'être reposé. Si j'ai fait une grosse saison et reprendre progressivement si j'ai arrêté depuis longtemps. C'est ça le truc. Après, c'est l'excès. C'est-à-dire ne faire que ça. C'est l'excès l'erreur aussi. C'est être excessif. Il faut bien doser au bon moment. C'est aussi le moment d'expérimenter de nouvelles choses. Tu vois, de faire des courses Swift, des fois, ça fait juste du bien à la tête. L'autre problème, c'est que ça ne fait plus du bien au corps quand c'est lundi, le mardi, le mercredi. Oui, quand il y en a tout le temps.
- Arnaud Manzanini
Et quand tu disais, c'est la période de l'année où justement le corps se repose. Moi, quand tu dis ça, je pense au fait, si le corps se repose, le corps va rouler lentement. Enfin, ta vitesse va être moins importante que quand tu as envie de te challenger, justement. Et est-ce que là, on n'est pas justement dans le fait d'accepter, là c'est plus peut-être le mental, mais d'accepter de rouler lentement ?
- Loïc Lepoutre
Ouais, si, si, t'as raison. Ça, c'est un vrai défi pour certains. D'accepter de rouler moins vite.
- Arnaud Manzanini
D'être plus lent, de plus avoir ces sensations de vitesse.
- Loïc Lepoutre
Ouais, parce que ça crée de la monotonie. Et en fait, c'est là où il faut réussir à combattre cette sensation de monotonie. C'est vrai, c'est un vrai sujet. Donc qu'est-ce que je pourrais partager par rapport à ça ? Déjà, j'en avais parlé une fois, c'était de varier les disciplines, faire un peu de VTT, un peu de gravel, route. Déjà, c'est moins monotone puisque tu changes d'environnement. Et en plus, la concentration nécessaire dans le gravel et surtout dans le VTT fait qu'en fait, le temps passe plus vite. Et après, on en parlait tout à l'heure, c'est aussi le meilleur moment pour s'enrichir de connaissances. Et donc, c'est là où on peut écouter des podcasts, se servir de ses moyens.
- Arnaud Manzanini
C'est vrai que tu écoutes un podcast pour aller t'entraîner. C'est sûr que le temps, ton attention va être concentrée, va être attirée, on va dire, parfois sur une voix, une histoire, une anecdote. Et tu verras le temps rester beaucoup plus vite.
- Loïc Lepoutre
Après, il y a aussi d'y aller en groupe. avec un gros groupe où là tu peux discuter et donc là ça peut passer plus vite. Puis il y a aussi un truc que j'aime bien faire, c'est découvrir les environs. C'est-à-dire, même si on est là depuis 20 ans, il y a plein de fois où on ne connaît pas les routes et s'engouffrer dans des endroits qu'on ne connaît pas. Tiens, je ne connais pas cette route, j'y vais. Et ça aussi, ça fait passer le temps plus vite. Donc c'est les 2-3 trucs pour essayer de passer cette monotonie si vous avez du mal à passer le cap, de rouler moins vite. Alors le groupe des fois c'est un peu dangereux parce que à Bordeaux il y a un groupe de furieux. Il va le mercredi soir, les mecs ils sont énervés. Tu vois ils sortent du boulot et tac tac j'espère qu'ils vont m'écouter. C'est tac tac là je me rappelle je suis allé une fois, j'ai dit what the fuck. J'ai dit mais qu'est-ce qu'ils font ? Et en fait déjà c'est un gros rassemblement, le soir c'est le mercredi soir, donc l'hiver c'est la nuit en plus. Ils sont entre 100 et 200 tu vois. Il y a différents groupes. C'est énorme, le paquet. Moi, la première fois que je suis allé, il commençait à être organisé. Mais au début, c'était pas organisé du tout. Donc là, sur le reste...
- Arnaud Manzanini
C'est victime de leur succès.
- Loïc Lepoutre
Et à un moment, c'est organisé, tu vois, il y a différents groupes. Mais le groupe 1, on m'avait invité. Bah, j'étais pas prêt. J'étais pas prêt.
- Arnaud Manzanini
Parce que c'est celui qui va le plus vite.
- Loïc Lepoutre
Ouais, tu roules pendant 20 minutes. Je m'étais mis devant, en plus, tout ça. Et puis, tu vois, je voulais montrer que j'étais là, quoi. Et puis, on arrive à la première bosse, et là, j'ai pas compris. Boum, Il y en avait partout. Et là, vous voyez la circulation, tout ça, tout intérêt d'arrêter sur le bord de la route. Et c'était assez impressionnant. Et pendant une heure et demie, c'était au taquet. C'est sûr que si tu fais que ça, là, tu vas droit à des problèmes quand même.
- Arnaud Manzanini
Et tu parlais de rompre la monotonie. Est-ce que le fait de travailler ta cadence l'hiver... Est-ce que l'hiver n'est pas justement une bonne occasion pour retravailler ta cadence ?
- Loïc Lepoutre
Ah, c'est un bon sujet.
- Arnaud Manzanini
Parce que parfois dans la saison, t'as tendance à terminer la saison, à emmener des gros braquets.
- Loïc Lepoutre
Pourquoi tu veux travailler ta cadence ?
- Arnaud Manzanini
C'est pour emmener un braquet. Pour moi, c'est une question de puissance. Tu vois, la cadence et la force vont t'emmener à avoir une puissance, et donc d'avoir de la vitesse.
- Loïc Lepoutre
Ouh là là, attends, attends, attends, tu confonds tout là. La force et la cadence, c'est deux choses différentes.
- Arnaud Manzanini
C'est deux choses différentes, mais qui font ta puissance. Quand on dit, tiens, quelqu'un est puissant, c'est un mélange de force. Et de cadence. Ok. Oui.
- Loïc Lepoutre
Pas forcément.
- Arnaud Manzanini
Travailler ma cadence, pour moi, c'est de me dire...
- Loïc Lepoutre
Ça peut être que de la force.
- Arnaud Manzanini
C'est de se dire...
- Loïc Lepoutre
Oui, mais de la force.
- Arnaud Manzanini
Sans cadence, t'as pas de puissance.
- Loïc Lepoutre
Bien sûr que si. Bah, si t'as beaucoup de force.
- Arnaud Manzanini
Oui, mais si t'as pas de... La cadence va t'amener la puissance.
- Loïc Lepoutre
La cadence, non.
- Arnaud Manzanini
Ah bah, on n'a pas le même raisonnement sur ça.
- Loïc Lepoutre
Non.
- Arnaud Manzanini
Mais pour moi, si t'as de la force et que t'es à 40 tours minutes, y'a aucun intérêt.
- Loïc Lepoutre
Alors, je comprends ce que tu veux dire. Tu vois ce que je veux dire ? Je le fais exprès. Enfin, je fais exprès. Je comprends. Et donc, pour répondre à ta question... C'est que pour mettre de la puissance, pour mettre beaucoup de puissance, il faut à un moment donné savoir mettre de la cadence.
- Arnaud Manzanini
Bah oui, sinon...
- Loïc Lepoutre
Si tu veux mettre 400 watts sur 15 minutes, à un moment donné, si t'es à 60 RPM... C'est pas possible. T'as raison et tort en même temps. Et en fait, je m'en rends compte que ça dépend des gens, des profils, et des profils moteurs. Et en fait, il y a... J'ai découvert ça récemment. Je fais des exercices de PMA, de puissance maximale aérobie. C'est genre les 30-30, les 30-15, pour les gens qui ne connaissaient pas le mot PMA. Tu fais 30 secondes vite, 15 secondes un peu moins vite et tu essaies de répéter ça. Ce qui correspond à des hautes intensités. Et je me suis rendu compte qu'il y en a certains, quand tu leur mettais à haute cadence, c'était hyper dur psychologiquement. Mais au point qu'ils n'avaient même pas... envie de s'y engager.
- Arnaud Manzanini
Oui, oui, mais je vois. Tu vois ce que je veux dire ? C'est dur de tirer une route cadence. Et en fait,
- Loïc Lepoutre
je me suis rendu compte que ces gens-là, si tu leur faisais à basse cadence, figure in the news. C'est la même puissance. C'est la même puissance. Oui, mais tu vois ce que je veux dire. Mais ils s'utilisent... Et en fait, c'est des profils. Et je pense que ça devait être la structure du muscle. Ils ont des profils qui sont des fibres qui vont plus vers la force, pour faire simple. Un muscle qui a... Avec une répartition plus vers la force. Et les autres, ils acceptent mieux... le stress neuromusculaire créé par la cadence que certains. Et à l'inverse, c'est l'inverse. J'en ai un, là je pense à Julien, sur qui tu as fait un ultra-talk, qui avait gagné l'Arabe et l'Espagne.
- Arnaud Manzanini
Oui, exact.
- Loïc Lepoutre
La Race Cross Belgique et la Race Cross Espagne sur le CF5. Qui a fait deuxième à Paris. Qui a fait deuxième à Paris et cinquième en France. Oui,
- Arnaud Manzanini
exact.
- Loïc Lepoutre
Qui, lui, tu vois... Sur l'exercice de force, il est en croix complet. Il est véloce. Mais en vélocité, il est plus facile. Il arrive plus facilement. Et j'en ai d'autres. Et donc, en fait, tu vois, j'aurais été dans ton sens avant. Et en fait, je me suis aperçu que ça dépendait des gens et que ça dépendait de leur profil moteur. Et qu'au final, j'essaye plutôt de m'adapter. Et ça dépend ce que tu veux faire. Tu vois, si tu veux, tu vois que... que la personne a besoin de plus de vélocité, plus de haute cadence, parce que dans la pratique de son vélo, c'est nécessaire. Par exemple, un vététiste. Oui, je vois ce que tu veux dire. Donc là, il faut travailler. Mais par exemple, pour quelqu'un qui fait du triathlon ou qui fait du triathlon sur un Ironman, en fait, la cadence, on s'en fout. Le but, c'est de le plus efficient. Et plus tu te rapproches de ton profil moteur, plus tu... Oui,
- Arnaud Manzanini
mais c'est vrai que sur du long, au bout d'un moment, tu es tellement fatigué que la cadence, tu peux... Tu ne peux pas tenir à 90 tours minutes, c'est très rare. Mais c'est vrai que je trouve que tenir... Je vois ce que tu veux dire de tenir une cadence élevée. Alors déjà, je trouve que pour répondre à la question dont tu parlais, ça casse cette monotonie parce que c'est engageant. Donc tu vas te concentrer sur ta cadence et donc tu vas moins voir le temps passer. Et tenir une haute cadence, pour moi, c'est... Je pense que si tu n'es pas capable de faire une sortie à plus de 90 tours minutes... Après on va rentrer dans le jeu des manivelles, ça sera un épisode avec JP mais... Je suis pas sûr que tu sois en condition physique, tu vois ce que je veux dire ? Quelqu'un qui fait toute une sortie à 60 tours minutes, 65 tours minutes... Est-ce que c'est vraiment une sortie de... Je provoque volontairement mais... Est-ce que c'est vraiment un entraînement de faire une sortie à 60 tours minutes ?
- Loïc Lepoutre
Mais pourquoi ? C'est quoi la différence ?
- Arnaud Manzanini
60 tours minutes, enfin je veux dire...
- Loïc Lepoutre
C'est son conditionnement à très pratique du vélo depuis que t'es petit qu'il fait ça.
- Arnaud Manzanini
Bah peut-être.
- Loïc Lepoutre
Tout simplement. Mais dans un épisode avec JP t'en parles de ça d'ailleurs. par rapport Ausha du braquet oui bien sûr et il te le dit et il te dit que ça dépend d'où tu pars en fait oui ça dépend d'où tu pars alors là le nombre de tours par minute n'a rien à voir avec les manivelles n'a rien à voir avec le braquet c'est tes sensations c'est que tu t'es construit là dedans mais à l'entraînement il change rien que tu sois à 60 ou à 90 ça change rien en fait c'est
- Arnaud Manzanini
mon avis personnel mais n'hésitez pas à nous envoyer des témoignages sur ça je vois pas comment tu peux être tu peux être efficient dans un entraînement à 60 tours minutes.
- Loïc Lepoutre
Mais je ne vois pas quoi.
- Arnaud Manzanini
Je ne vois pas comment tu ne peux pas 60 tours minutes.
- Loïc Lepoutre
Et ça ne change rien en fait. Logiquement, ton cœur, il fonctionne de la même façon. Il peut consommer le même niveau d'oxygène.
- Arnaud Manzanini
Plus tu rentres dans la cadence et plus tu es dans la cadence.
- Loïc Lepoutre
Toi, tu as mis cadence basse, allure basse. Ça n'a rien à voir.
- Arnaud Manzanini
Ah non, tu peux avoir une cadence basse et une vitesse très élevée. Moi,
- Loïc Lepoutre
je vais te faire une séance à 50 RPM. Tu vas, au bout de 45 minutes, tu vas sortir, tu vas marcher en canard pendant trois jours.
- Arnaud Manzanini
Oui, c'est ce que je dis. Ce n'est pas possible.
- Loïc Lepoutre
Eh bien, il n'est pas efficace, l'entraînement. Si tu marches en canard pendant trois jours,
- Arnaud Manzanini
il est efficace. Non, oui, oui, je vois ce que tu veux dire. C'est efficace parce qu'effectivement, tu as travaillé, tu as travaillé. Mais ça, tu peux faire du 50 RPM sur une...
- Loïc Lepoutre
courte durée ou sur 50 minutes mais sur l'ensemble de la saison l'objectif c'est quand même d'avoir une cadence on voit bien les professionnels aujourd'hui ils lancent leurs jambes en fait du vélo de compétition ou qui nécessite des hautes intensités sur des courtes périodes quand tu attaques tu es obligé de prendre 4 minutes à l'opposé d'un 5 contre 5 tu es obligé de mettre un maximum de puissance et pour mettre un maximum de puissance il faut de la cadence mais on parle de haute intensité de haute puissance Merci. Oui, oui. La majorité des gens qui nous écoutent, ils ont pas...
- Arnaud Manzanini
Ils devraient travailler leur cadence pour pas monter devant toi à 40 tours minutes. Et donc souffrir, et donc ne pas marcher pendant 3 jours.
- Loïc Lepoutre
Ça,
- Arnaud Manzanini
c'est un autre problème, ça. Il faut de la cadence quand tu fais du vélo. Un minimum, je te dis pas être à 120 tours minutes. Parce que là, c'est pas tenable.
- Loïc Lepoutre
C'est un autre problème. Mais tu peux pas dire que tu t'entraînes pas si t'es à basse cadence. C'est différent. Mais que pour monter un col, il faut une... une certaine cadence pour éviter la contrainte musculaire.
- Arnaud Manzanini
Bah oui, si t'en dessous de 60, t'as une grande difficulté.
- Loïc Lepoutre
Mais ça dépend des profils. Il y en a, c'est pas comme ça. Je vais t'en présenter, c'est pas comme ça. Mais on va dire dans la majorité des cas, c'est comme ça. Oui, ok, d'accord, pour économiser sur la dépense énergétique, tu fais de la contraction musculaire. Ok, très bien. Mais c'est pas systématique. Et à l'inverse, tu vas demander à quelqu'un de mettre 75 ou 80 RPM alors que c'est pas son profil moteur dans le Ventoux. il ne tiendra pas en fait, il s'épuisera plus vite.
- Arnaud Manzanini
On a besoin de vos avis, mais on va faire un épisode. Ça dépend des gens.
- Loïc Lepoutre
On va faire un épisode sur la cadence. Moi, je veux que les gens commentent, et on fait l'équipe, la team. Moi, je suis force, j'appuie sur les pédales comme un âne, et la team, je suis... Sockette légère. Sockette légère, telle une ballerine.
- Arnaud Manzanini
On va faire ça. Moi,
- Loïc Lepoutre
je suis la team, j'appuie sur les pédales. Ah non, moi, je suis la team. N'oublie pas, la première année, j'ai fait la raf avec un 39-28.
- Arnaud Manzanini
Voilà. Brut. La deuxième erreur. Alors ça, c'est l'entraînement. Oui, c'est dans l'entraînement, mais... On constate, et on le voit quand tu vas rouler, je trouve que c'est dans l'équipement. C'est une erreur que se constate l'hiver dans l'entraînement. C'est que soit les gens sont, c'est souvent ça d'ailleurs, plus que pas trop habillés, mais sont trop habillés. Et donc, ils étouffent sur leurs vêtements. Tu vois ce que je veux dire ?
- Loïc Lepoutre
Ça ne respire pas. Ça ne respire pas. Ça, c'est marrant parce que j'ai été rouler. C'est une erreur que font les cyclistes. La semaine dernière, j'ai réfléchi à ça sur mon vélo. Et en fait, je réfléchissais, parce que j'entraîne des gens qui sont dans le monde entier. Et en ce moment, il y avait le sud et le nord. Il y avait le nord, Lille, autour de Bruxelles, Liévin, la région des Flandres en Belgique, où là, ils commencent à ramasser.
- Arnaud Manzanini
Oui, là, ils y sont.
- Loïc Lepoutre
Et puis, il y avait les mecs à Cannes, Nice, Montpellier. Tu peux même te marrer. Oui, où je pense à Seb, où il faisait 5 degrés. et qui faisait des vidéos en disant c'est horrible, il fait froid. Les autres, ils étaient en train de rouler sous la neige, avec le mélange pluie-neige à moins 1. Voilà. Donc en fait, déjà, tu vois, il y a un contraste. Je réfléchissais au fait que tu t'adaptes très vite à ton environnement. Et en fait, il y a des gens que je connais qui étaient du nord et qui sont passés au sud et qui aujourd'hui vont rouler sur la côte à Montdelieu à 13 degrés parce que s'ils vont dans les terres et qu'il fait 7... quoi. ils sont congelés, alors qu'ils habitaient dans le nord. Puis j'ai l'inverse, des gens qui étaient dans le sud, qui sont montés au nord et qui maintenant vont rouler à 0°C parce qu'ils se sont adaptés à ce truc, à ces conditions-là. Donc en fait, oui, déjà, il y a ce phénomène-là qui est assez étonnant à voir, c'est que la façon dont on s'adapte assez vite à l'environnement naturel, l'environnement naturel dans lequel on évolue, et après, ouais, est-ce qu'on s'habille trop ? Je pense que c'est un problème de sudiste, ça. Parce qu'en fait, quand tu es en Belgique et qu'il pleut et qu'il fait 3 degrés, tu ne peux pas t'habiller trop, en fait. Tu crois pas ?
- Arnaud Manzanini
Je pense que quand je pars m'entraîner, je regarde la température. En fonction de la température, je sais combien de couches je vais mettre. Une première couche, une deuxième couche, une capsule éventuellement, ce que j'appelle la capsule, moi. C'est la veste que tu vas venir rajouter sur ton équipement, qui va garder la chaleur. Et aujourd'hui, tu as des matières où tu poses ta veste. Ça tient dans une main, tu la mets dans ta poche, terminé. Et moi, ce que je constate, c'est que je vois beaucoup, beaucoup de personnes qui vont rouler, qui ont le tour de cou, le bonnet, les gants, qui ont du long, et moi, je suis... Il fait 10 degrés, quoi.
- Loïc Lepoutre
Il fait 10 degrés. Je les croise comme ça.
- Arnaud Manzanini
Après, il y a la question du cuissard long, cuissard court. Après, chacun sa règle. Moi, je dis qu'en dessous de 13, 15 degrés, bon, je vais être en... Ouais, en long, puis encore maintenant, il faut vraiment que ça tombe en dessous de 10 pour que je sois en long. Mais après, je dirais qu'au-dessus de 15 degrés, j'ai des manches courtes. Entre 10 et 15, je mets une manche longue. Et c'est surtout les débuts d'entraînement. Moi, j'aime effectivement bien avoir une veste que j'enlève très rapidement.
- Loïc Lepoutre
Toi aussi, tu as remarqué qu'au début, tu pars, tu as froid. Et puis au bout de 10 minutes, tu as trop chaud et tu... Moi, c'est pareil.
- Arnaud Manzanini
ça me saoule ça tu mets le coeur en mouvement tu te dis il fait comme ça je vais m'habiller comme ça et puis au bout de 10 minutes t'es obligé d'enlever le truc après soit tu te dis j'aurai froid les 10 premières minutes et tu pars tu sais que t'auras froid mais tu te réchauffes vite soit t'as un peu de place tu le mets dans ton dos et ça part comme ça est-ce qu'il y en a qui s'habillent trop je sais pas tu peux enlever si c'est trop c'est beaucoup plus rare que je croise des gens qui ne soient pas suffisamment habillés C'est-à-dire là, auquel cas, toi, t'as ta veste et des mecs qui sont en cours et il fait
- Loïc Lepoutre
8 degrés,
- Arnaud Manzanini
que l'inverse, où les gens, ils sont trop habillés, donc ne respirent pas sur leurs vêtements, le cœur monte. Et voilà, donc ça, c'est vraiment une erreur que je peux constater en hiver.
- Loïc Lepoutre
Mais du coup, ça veut dire qu'ils n'écoutent pas quand ils ont trop chaud, ils ne se découvrent pas.
- Arnaud Manzanini
Mais c'est trop tard, en fait. C'est-à-dire qu'ils n'ont plus assez de poche pour mettre tout ce qu'ils ont. Tu vois ce que je veux dire ? S'ils enlèvent tout ce qu'ils ont, c'est pas possible parce que c'est des grosses vestes. C'était peut-être une question de génération. Oui,
- Loïc Lepoutre
j'allais te dire que c'est une question de génération.
- Arnaud Manzanini
Le textile a quand même vachement évolué aujourd'hui. Franchement, avec deux couches. Le parquet avec du textile qui est quand même...
- Loïc Lepoutre
Tu vois, à Bordeaux, avec deux couches, tu fais l'année. J'ai toujours pas sorti la thermique, moi.
- Arnaud Manzanini
Oui, mais ceux qui habitent...
- Loïc Lepoutre
À la haute, là.
- Arnaud Manzanini
Des coachés qui sont en Wallonie ou en Flandre, je veux dire que...
- Loïc Lepoutre
Ils m'envoient des photos. Moi, j'envoie des photos du soleil et ils pleurent. Je vois les larmes tomber du téléphone.
- Arnaud Manzanini
La troisième erreur que je constate, c'est une question technique. Et là, tu vois, dans ma préparation, je parle de la cadence. Et j'ai des arguments pour toi. J'ai des arguments pour toi. Parce qu'une basse cadence, une basse cadence, tu surcharges tes genoux.
- Loïc Lepoutre
Non, mais si t'es pas habitué.
- Arnaud Manzanini
Loïc !
- Loïc Lepoutre
Mais si t'es pas habitué.
- Arnaud Manzanini
À 40 tours minutes.
- Loïc Lepoutre
C'est pas ta préférence motrice. Bah non, c'est pas vrai. Si c'est quelqu'un qui est...
- Arnaud Manzanini
N'hésitez pas à nous envahir. Ah ouais,
- Loïc Lepoutre
il y a le team là, il faut vous affronter là.
- Arnaud Manzanini
La team braquasse.
- Loïc Lepoutre
La team braquasse là, les gars, allez.
- Arnaud Manzanini
On va lui montrer qu'il a une faible cadence. C'est une technique de pédalage moins qualitative. Le mouvement de sa cheville.
- Loïc Lepoutre
Ça dépend du profil moteur de la personne. Tu vois, comprends ce que ça veut dire le profil moteur ? Explique-nous. En fait... Notre cerveau a une architecture particulière, et à travers cette architecture, il nous prédispose à des actions motrices inconscientes. Par exemple, quand on marche, est-ce qu'on va marcher en engageant le haut du corps en premier ou le bas du corps ? Ce sont des préférences motrices qui nous sont propres. Il y a plein de choses comme ça. Et en vélo, finalement, tu t'aperçois qu'une préférence motrice simple, c'est certains qui sont plus à l'aise à basse cadence qu'à haute cadence. Et qu'en fait, tu as beau faire ce que tu veux, si tu vas les amener à l'opposé de ce qu'ils ont comme préférence, ça ne va pas en fait. Ils ne se sentent pas bien, ils ne progressent pas. Et donc, c'est juste un constat. Il n'y a pas de recherche sur ça, je ne pense pas. Mais c'est un constat. En course à pied, il y a plein de recherches sur ça. On s'est aperçu de la même chose sur d'autres aspects moteurs. Et donc, moi, je te le dis, si c'est quelqu'un qui est prédisposé à ça, tu pourras faire ce que tu veux. De toute façon, il ne mettra pas tes 100 RPM. Il n'y arrivera pas, en fait. Déjà, à un moment donné... Il travaille, il travaille, il travaille. Je te dis, à un moment donné, il en aura tellement marre qu'il t'a dit « Vas-y, dégage, j'en ai marre. »
- Arnaud Manzanini
Moi, je suis dans la team cadence.
- Loïc Lepoutre
Oui, c'est bien.
- Arnaud Manzanini
Team cadence, tu vois.
- Loïc Lepoutre
C'est très bien. Mais elle n'impose pas à tout le monde. Tu deviens une secte, ton truc.
- Arnaud Manzanini
C'est vrai, quand je roule, je sais à quel moment mes jambes se lancent et je vais pouvoir supporter un braquet ou un pourcentage parce que je suis dans la bonne cadence.
- Loïc Lepoutre
Parfait. Moi, je sais quand je suis à 70, c'est là où je suis le mieux. Les mains en bas et je peux envoyer.
- Arnaud Manzanini
On va travailler sur ça, on va creuser ça. Ensuite, il y avait une erreur également que j'ai remarquée. C'était... Alors, je reste toujours dans cette fameuse technique de pédalage. J'ai vu ça, mais il y a plusieurs années, c'était en Italie, où tu vois connaître forcément ce pédalier qui se décroche pour que tu ne travailles qu'une seule jambe. Tu vois, en fait, c'est dans l'axe de pédalier, ça porte un nom, je crois.
- Loïc Lepoutre
Je me l'avais parlé une fois.
- Arnaud Manzanini
Ça porte un nom et en fait, tu peux, avec un mouvement de cheville, tu déclipses une manivelle. Et donc, il y a une manivelle qui est libre, on va dire, qui n'est plus associée à l'axe. Et donc, tu ne peux pédaler qu'avec une seule jambe. Donc, tu peux faire 10 tours, 20 tours, 30 tours d'une jambe. Tu arrêtes et tu reprends avec l'autre. Déjà, ça te permet de voir laquelle est la plus puissante ou laquelle de tes deux jambes est la plus à l'aise dans ta technique. Et ça, ça permet de le travailler. Ça, c'est un conseil que je pourrais donner pour ceux qui veulent retrouver une bonne cadence de pédalage. Mais est-ce que tu connais cette technique ?
- Loïc Lepoutre
Oui. Et tu en penses quoi ? Ça ne sert à rien.
- Arnaud Manzanini
Voilà. Merci Loïc. Tu me dis en plus, ça met des contraintes de faire de la force sur le genou. Et tu es en train de me dire qu'il faut pédaler à une jambe. Non, oui, pour travailler ta technique.
- Loïc Lepoutre
Et tu n'as pas des contraintes aussi que sur un genou.
- Arnaud Manzanini
Oui, mais tu ne mets pas une contrainte d'une heure. Tu fais ça sur un exercice de quelques minutes. Ça te permet de travailler. Objectivement,
- Loïc Lepoutre
et là je m'appuie sur des papiers. Aujourd'hui, il s'est montré que ça ne permettait pas d'améliorer la technique de pédalage. D'ailleurs, je pense que tu ne l'as pas revu ce phénomène, ce système.
- Arnaud Manzanini
En France, en tout cas, non, je ne l'ai jamais vu.
- Loïc Lepoutre
Je l'ai vu en Italie,
- Arnaud Manzanini
il y a plus... Ouais, c'était il y a très longtemps.
- Loïc Lepoutre
Il y en a en pilon, qui ont des vidéos sur des gens qui l'utilisent, je veux bien le voir. Aujourd'hui.
- Arnaud Manzanini
Mais tu peux retrouver facilement.
- Loïc Lepoutre
On va améliorer sa technique. Il n'y a qu'une chose à faire, c'est pédaler. D'accord ? Il n'y a pas de... Je vais pédaler à une jambe. Oui, sur deux jambes. Deuxième point, parce que c'est important aussi que je relève ce que j'ai entendu, ça ne sert à rien de chercher la symétrie. Ça n'existe pas dans la nature, la symétrie. On n'appuie pas de la même façon avec les deux jambes, en fait.
- Arnaud Manzanini
Il faut juste l'accepter,
- Loïc Lepoutre
en fait. Aujourd'hui,
- Arnaud Manzanini
tu as des compteurs, des capteurs. Oui, ils regardent l'équilibre. Si tu as, effectivement, des capteurs de puissance, notamment, je pense à des pédales, on ne va pas citer les marques, mais tu as des pédales qui... qui captent la puissance et qui, à la fin de ton entraînement, te disent 48, 52.
- Loïc Lepoutre
Si tu es à 48, 52 et qu'un jour de demain, tu passes à 40, 60, là, tu t'inquiètes. Si tu es à 47, 53, c'est comme ça. Il faut se détendre. Il n'y a pas de souci. Mais ça, c'est parce que vous êtes à 40 tours minutes. Et après, le dernier point que je voulais dire, tu m'as perdu. Mais tu as gagné. Non, c'était par rapport au... au travail sur un pied donc ça, ça amène rien si,
- Arnaud Manzanini
d'expérience même pas une compensation ou un rééquilibrage par contre,
- Loïc Lepoutre
de prendre conscience qu'il y a différentes phases de pédalage tu vois, c'est à dire qu'il y a un moment où tu pousses il y a un moment où il y a un temps mort il y a un moment où tu tires, il y a un autre temps mort tu vois, de prendre conscience ça comment tu le travailles ça alors ?
- Arnaud Manzanini
alors moi je peux le travailler à faible cadence exactement,
- Loïc Lepoutre
et là je fais garder les deux pieds, mais par contre j'essaie de déséquilibrer sur les deux pieds pour se rendre compte sur le pied fort, parce que c'est celui où tu as le plus vite conscience, les différentes phases. Tu vois, tu fais alterner pied fort, pied faible. Est-ce que ça a une vraie efficacité sur quelqu'un qui fait du vélo depuis très longtemps ? Aucun. Pour quelqu'un qui débute, ça lui permet de prendre conscience. C'est dur.
- Arnaud Manzanini
Oui, mais je veux dire, il faut quand même... Alors après,
- Loïc Lepoutre
ça devient... Tu vois, le coup de pédale. On dit coup de pédale. Toi, tu adores ça, cette notion de coup de pédale.
- Arnaud Manzanini
de pédale puisque tu as oui parce que c'est la cime cadence non bah oui non mais c'est une efficacité quand tu le maîtrise parfaitement tu gagnes au petit était bien rendu compte que le coup de pédale sur le plat était pas le même moment tu es à nos pas du tout voilà tu vois de prendre confiance de ça oui c'est hyper important en fait parce qu'en fait tu
- Loïc Lepoutre
fondament mal de ce pédale n'est pas le même ouais que en fonction des phases de pédalage tu apporte pas les mêmes les mêmes battus par exemple la croix la phase de retour quand ça monte tu Tu peux être un peu plus efficace sur ton économe en utilisant plus d'énergie à ce moment-là que sur le plat où au final tu t'aperçois que ça ne sert à rien.
- Arnaud Manzanini
Mais même en contre-lamente, le coup de pédale ne sera pas le même et tu vas beaucoup plus travailler sur ton muscle, le muscle du haut de la cuisse que sur d'autres muscles. Donc ça, je te rejoins parfaitement. Et c'est vrai qu'il faut profiter de l'hiver pour justement travailler ton coup de pédale. Et là, je te rejoins à basse intensité. Ça te permet en tout cas de te concentrer sur ton coup de pédale et de se dire, ok, j'appuie de ma jambe droite, mais je dois tirer de ma jambe. Enfin, il y a aussi cette notion de synchronisation dans ton coup de pédale. Et ça, ça se travaille à faible intensité et ça se travaille l'hiver. Et donc, on est parfaitement d'accord, Loïc, sur la faible cadence et le travail nécessaire pour cela. J'ai une erreur également que j'ai remarquée, surtout l'hiver. C'est justement d'abuser du home trainer et donc de sortir de ta zone 2 notamment et de faire que de l'intensité. Donc ça, j'imagine que des exemples comme ça, tu en as plein. J'ai été le premier d'ailleurs. Les gens qui nous écoutent le savent bien. J'ai fait cette erreur à un moment donné de dire à Loïc, je suis trop content, je suis en pleine forme, je fais que de l'intensité. Il m'a dit, c'est génial, tu fais une très belle connerie. Donc voilà. Qu'est-ce que tu peux nous dire sur ça ? Est-ce que toi aussi, tu constates, tu vas me dire, j'ai été coaché ? Non, parce que justement, tu les coaches. Quand tu écoutes ce qui se dit, ce qui se raconte sur les réseaux ou dans ton entourage quand tu vas rouler, est-ce que tu constates effectivement que c'est une erreur dans laquelle on tombe très souvent ? Quand on est équipé à la maison, de vouloir faire de l'intensité, de négliger les séances de foncier.
- Loïc Lepoutre
Oui, c'est complètement ça. Il faut ne pas oublier que la base de l'endurance, c'est cette fameuse zone 2 dont on a parlé sur un épisode. et qui feront majoritairement y développer les adaptations afin d'améliorer nos capacités naturelles, naturelles, génétiques, d'endurance, et que l'intensité est utile. Mais c'est un peu, tu vois, c'est un peu les épices que tu mets sur ton plat. C'est ces petits épices qui font la différence, mais si tu les surdoses pas trop. Autrement, c'est dégueulasse.
- Arnaud Manzanini
Non, mais c'est bien, tu l'as bien imagé. Tu l'as bien imagé. Une erreur également, c'est de... Je ne sais pas, du coup, si c'est une erreur. Avant, la période dans laquelle on est, on appelait ça la coupure hivernale. Et personne ne roulait. Parce qu'il faisait peut-être plus froid qu'aujourd'hui. Ça dépend des régions et de manière générale. On n'avait pas les équipements à l'intérieur. Et donc, on faisait de vraies coupures. Aujourd'hui, rares sont les personnes qui coupent, qui arrêtent vraiment un entraînement, on va dire. Qui arrêtent de s'entraîner. Est-ce que c'est une erreur de continuer à rouler en hiver ? Ou est-ce que c'est une erreur de couper ? Aujourd'hui, dans les années dans lesquelles on est, c'est-à-dire, tu pourrais t'entraîner... Si tu habites dans le centre de la France, aujourd'hui, tu peux t'entraîner 365 jours. Avant, il fallait composer avec la météo extérieure. Et quand il y avait 30 cm de neige ou qu'il faisait moins 15, c'était plus compliqué. Selon toi, qu'est-ce qui est une erreur ? De couper ou de continuer à s'entraîner comme si c'était une pleine saison ?
- Loïc Lepoutre
Toi, tu t'es arrêté combien de temps ?
- Arnaud Manzanini
Avant ?
- Loïc Lepoutre
Oui.
- Arnaud Manzanini
Ah bah avant, moi je me souviens, les dernières courses, c'était début octobre avec des gentlemen, avec des chronos donc très intensifs, et après tu coupais de, ouais, un mois, je dirais, trois semaines à moi. Alors pour ceux qui font pas de sport, ils peuvent se dire, non mais attends, le mec il arrête trois semaines, il pense qu'il perd tout. Bah oui, quand t'es à haut niveau...
- Loïc Lepoutre
Et quand tu reprenais, ça faisait quoi ?
- Arnaud Manzanini
Ah bah, tu siffles. Moi j'ai de l'asthme à aller fort, donc autant te dire que je sifflais de partout.
- Loïc Lepoutre
Alors c'est marrant parce qu'en arrivant ici, j'ai écouté un podcast, après quelques heures de route.
- Arnaud Manzanini
Mais ça fait tellement du bien à la tête d'arrêter.
- Loïc Lepoutre
Ouais. Ah oui. Et en fait, j'ai découvert un truc, c'est qu'avant que l'espèce du singe se différencie vers la première, vers Australopithèque, j'adore revenir sur ces trucs-là.
- Arnaud Manzanini
C'est un podcast de sport.
- Loïc Lepoutre
C'est important. À ce moment-là, la composition des fibres musculaires, donc de cette espèce animale qui était plus proche du singe. était composé majoritairement de fibres explosives. En gros, ils te foutaient une tarte, tu faisais un 360° dans ton slip et tu ne comprenais rien. Et qu'en fait, l'évolution nous a amenés vers l'endurance. Mais cet héritage génétique fait qu'on s'est rendu compte que quand tu fais un sport d'endurance et que tu t'arrêtes pendant une longue période, tu retrouves naturellement... cet aspect d'explosivité. C'est-à-dire que les fibres d'endurance se transforment vers les fibres qu'on appelle 2X, les fibres explosives. J'ai découvert ça. Vers ça, j'ai trouvé ça passionnant. Tu vois ? Et ce qui explique ta sensation quand tu reprends le vélo, d'être à la rue et d'avoir l'impression de recommencer à zéro. Voilà. Et en fait, ça s'explique comme ça. Et donc, pour répondre à ta question, je pense que la coupure, elle est nécessaire euh... pour reposer un organisme qui a été fortement épuisé, pour reposer un esprit qui a été fortement sollicité, mais tout en prenant en compte que plus c'est long, plus tu vas perdre tes prédispositions à l'endurance et que donc, il faudra y aller progressivement. Et donc, la reprise, tu sais, tu connais, si tu as fait du haut niveau, la reprise par des stages alors que tu sors de trois semaines d'arrêt, Je pense que c'est la pire connerie qui existe au monde parce qu'en fait, il n'y a pas de progressivité. Tu te retrouves à faire 20 heures dans la semaine alors que tu ne faisais rien il y a une semaine et que ça, ça crée des problèmes à long terme.
- Arnaud Manzanini
C'est vrai que les coupures, on entend les professionnels qui nous disent j'ai coupé une semaine, on se dit une semaine, 7 jours, tu as coupé 7 jours, ça change quoi ? Tu as la même forme. Pour eux, c'est beaucoup parce qu'effectivement, ils font énormément de vélos.
- Loïc Lepoutre
Mais tu vois que tu coupes 7 jours parce que 7 jours, 15 jours, Et que tu vois, c'est différent que si tu coupes ton... trois semaines, un mois. Mais si tu le fais trois semaines, un mois, c'est parce que tu en as besoin. C'est-à-dire que tu ressens le besoin. C'est-à-dire que là, tu n'as plus envie. Tu as envie de... Voilà, tu as envie de rien faire. Et qu'au bout d'un mois, tu reprends, n'oublie pas une chose. Ça fait un mois que tu t'es arrêté.
- Arnaud Manzanini
Tu ne peux pas reprendre dans les mêmes conditions. Souvent, on a les sensations d'avoir... On a les sensations, quand on reprend des braquets avec lesquels on a arrêté, qu'on ne peut pas emmener quand on s'arrête trois semaines, un mois, un mois et demi, deux mois. On ne pourra pas... c'est... Pour les gens qui ne font pas de sport et qui écoutent ce podcast, c'est peu difficile à comprendre, mais quand on emmène un braquet, qui est le choix de notre transmission sur le vélo, trois semaines, un mois, un mois et demi après, on a perdu et on ne peut plus emmener ce braquet dans les mêmes conditions, en tout cas de manière aussi longue qu'avant.
- Loïc Lepoutre
Tu vois, j'écoutais un podcast avec Mathieu Blanchard, qui est un ultra-trailer français, qui expliquait que lui a pris une coupure. il reprenait très doucement la course à pied. C'est quand même quelqu'un qui est capable de courir pendant... 20 heures, 24. Oui, mais qui court 20 heures, 24, d'affilée, sans s'arrêter.
- Arnaud Manzanini
Et qui fait un marathon en un temps, je ne sais pas, 2,30 ou 2,20.
- Loïc Lepoutre
Pas 2,25 ? Oui,
- Arnaud Manzanini
je crois que c'est dans ces eaux-là.
- Loïc Lepoutre
Et il disait que lui, il reprenait doucement. Il reprenait par des petits cycles course-marche. En fait, c'est logique, parce que tu sais que si tu cours 10 minutes à une cadence de 180 pas par minute, C'est comme si tu mettais 1800 sauts d'affilée, donc 900 sauts à une jambe. En fait, oui, c'est logique. Si tu arrêtes pendant un mois, un mois et demi, quand tu reprends, tu ne te mets pas à refaire 2000 sauts sur une jambe. C'est logique. Le vélo, c'est un peu pareil. C'est moins traumatisant pour les muscles et les tendons, mais pour le cœur et tous les organes qui fonctionnent, l'endurance et tes muscles, c'est aussi nécessaire d'y aller progressivement. Peut-être avec un peu moins de progressivité, mais d'y aller progressivement.
- Arnaud Manzanini
Une autre erreur que je peux constater d'hiver chez les cyclistes, c'est justement de mal gérer l'alimentation à ce moment-là. C'est-à-dire que beaucoup de cyclistes, hommes et femmes, arrivent dans une période hivernale où on a moins de compétition, on s'entraîne moins, sans être compétiteur ou compétitrice, mais il n'y a pas d'objectif. Donc l'hiver, on roulotte, on va dire, on roule, on se maintient en forme, mais on ne respecte plus son hygiène alimentaire et on va dans des excès.
- Loïc Lepoutre
il y a deux trucs il y a la team full excès là je peux rien faire pour vous les gars c'est mort de toute façon c'est full excès c'est alcool tartiflette raclette tartiflette tous les deux jours, soirée me coucher à 4h du matin c'est dur, la reprise va être difficile désolé, pas pour vous puis il y a la team, j'ai conscience que Mais je ne sais pas trop comment faire. Il faut juste prendre conscience.
- Arnaud Manzanini
Excuse-moi, je te coupe le nez, mais ceux qui font la partie de la première team, la reprise va être très douloureuse. Ça, c'était les arrêts et les coupures dont tu parles. C'était il y a 30 ans. Ça, c'est fini, ça.
- Loïc Lepoutre
Oh, ben, j'en connais. Oui,
- Arnaud Manzanini
mais peut-être que tu en connais. Mais ces gens-là, ça va être très difficile.
- Loïc Lepoutre
Ah oui, mais des fois, ils ne reprennent jamais.
- Arnaud Manzanini
Oui, je ne peux pas les comprendre.
- Loïc Lepoutre
Et après, il y a l'autre type, et du coup, vous avez pris conscience que, et vous ne savez pas trop comment faire. À comprendre déjà, le point à comprendre, c'est que vous faites moins d'activité physique, donc vous dépensez moins de calories. Donc forcément, vous avez besoin de consommer moins de calories au niveau alimentaire. Répartir différemment. Ne pas oublier que les glucides, ça se mérite. C'est-à-dire que si vous mangez des glucides, c'est pour une activité physique. Autrement, vous n'en avez pas besoin. Et surtout, plus vous vieillissez, moins vous en avez besoin au quotidien. Le plus simple, c'est de se dire que le moment de la journée où il est le plus important d'en manger, c'est le soir, pour améliorer sa qualité du sommeil, quand on ne fait pas d'activité physique. Ça, c'est important. Par contre, il faut déculpabiliser. Si tu vas manger une raclette parce que tu es des amis, et que derrière, pendant trois jours, tu ne vas rien manger parce que tu veux compenser, c'est une connerie. Le corps, il s'est régulé tout seul. Il faudrait apprendre à avoir faim. Par contre, de ne rien faire, à moins d'être déprimé à fond ou d'être blessé, il n'y a aucune raison de ne rien faire. Tu peux découvrir de nouvelles disciplines. Tu peux aller courir. Il y a plein qui font. Poulidor, l'hiver, il coupait du bois. Il y a d'autres façons de faire de la dépense.
- Arnaud Manzanini
Poulidor, tu es dans quelle génération ? Poulidor !
- Loïc Lepoutre
C'est la réalité. Ils étaient pragmatiques. Lui, il allait couper du bois.
- Arnaud Manzanini
Il y en a certains qui vont... Ça, c'est marrant.
- Loïc Lepoutre
Il y en a d'autres aujourd'hui, ils font de l'Irox.
- Arnaud Manzanini
Oui, ils font du trail. Paul Hibard,
- Loïc Lepoutre
lui, coupé du bois. Irox coupé du bois. C'est quoi la différence ? Tu as déjà coupé du bois ?
- Arnaud Manzanini
Oui, j'ai déjà coupé du bois. Je n'ai jamais fait d'Irox, mais j'ai déjà coupé du bois. Mais je dirais que... Moi, j'observe en fait. J'observe et l'année passée, je ne vais pas citer de nom parce que je respecte ces coureurs-là. C'est des personnes qui font des grandes performances sur des grands tours, mais on est au mois de décembre, fin novembre, début décembre. Après, je pense que c'est culturel. Et tu as des coureurs qui gagnent des grands tours, qui, fin novembre, début décembre, sont déjà en stage. Ils s'entraînent déjà. Ils préparent la saison. Et puis, tu as des coureurs français, qui, malgré tout, font des performances sur des grands tours, mais qui, eux, font d'autres sports. Alors, je peux comprendre qu'ils... qu'il soit nécessaire parfois de serrer l'esprit et de faire autre chose, mais quand on est professionnel et qu'on a envie d'être performant et de gagner un grand tour, je pense que fin novembre, début décembre, tu dois pas être en train d'essayer un autre sport, en fait.
- Loïc Lepoutre
Moi, je sais pas, pourquoi pas ?
- Arnaud Manzanini
Après, je pouvais, peut-être que c'est une question de rigidité d'esprit, mais moi, je pense que tu dois être, tu dois commencer à mettre en route, tu dois faire ton volume, quoi, tu vois ce que je veux dire ? Mais je pense que c'est culturel. On n'a peut-être pas, nous en France, cette rigueur que peuvent avoir d'autres coureurs sur la préparation. Dans le fait de serre l'esprit, moi j'observe. Je n'ai pas aucune prétention et je ne sais pas les qualités que ces coureurs-là peuvent avoir. Puis après, tu as les résultats qui sont là. Puis ceux qui, fin novembre, début décembre, qui ont des décentages.
- Loïc Lepoutre
Est-ce que c'est un sport d'endurance ou pas d'endurance ?
- Arnaud Manzanini
Gagne. Tu vois,
- Loïc Lepoutre
il y a une journée de novembre à février-mars, il ne court plus. Il ne fait que du ski. Tu as l'impression qu'il est moins fort que les autres. Il y en a plein qui font ça. Oui, mais pas que. Mais c'est un sport d'endurance.
- Arnaud Manzanini
Voilà.
- Loïc Lepoutre
Par contre, de passer d'un sport de force à un sport d'endurance, oui, en effet, là, je pense que c'est une erreur.
- Arnaud Manzanini
Oui,
- Loïc Lepoutre
parce qu'en fait, tu crées des adaptations qui vont à l'inverse de ce que tu as besoin. Et du coup, on sait très bien que dans un sens, ça va plus vite que dans l'autre. En fait, tu peux te retrouver dans la même situation que si tu avais coupé.
- Arnaud Manzanini
Oui, c'était juste une remarque. On parlait de repas, d'alimentation et de certains partenaient dans les excès, mais il y a aussi les excès juste avant d'aller rouler. Avec l'épisode sur l'alimentation, on parlait justement comment s'alimenter avant d'aller rouler. Certains, dans cette période hivernale, peuvent se dire, Attends, c'est bon, tiens là. Je vais me faire un bon petit repas le midi, je vais rouler à 14h, t'as pas digéré, tu vas rouler, tu peux plus respirer, ton entraînement il est dégueulasse. Et je trouve que l'hiver, il y a certains qui ont tendance à faire ce type d'erreur-là, ou à négliger l'après, et donc de sortir de cette phase-là, finalement avec un peu un handicap comparativement à une personne qui a passé un hiver pas forcément intense, mais sans avoir fait ces petits excès-là. Donc voilà ce que je voulais partager avec toi. Est-ce que toi, tu as d'autres erreurs que tu as pu observer ?
- Loïc Lepoutre
On en a parlé déjà, ne pas manger pendant l'effort. C'est une erreur.
- Arnaud Manzanini
Mais si l'hiver, tu constates que l'hiver, il y a des coureurs qui se disent... Si l'hiver,
- Loïc Lepoutre
tu ne commences pas à faire...
- Arnaud Manzanini
Oui, mais c'est une erreur. Toi, c'est l'hiver où tu constates...
- Loïc Lepoutre
Ou leur perdre du poids l'hiver. Ça, c'est magnifique. Il y en a plein, c'est ça. Il se dit,
- Arnaud Manzanini
je profite de l'hiver pour...
- Loïc Lepoutre
Il faut que je perde du poids pour le début de la saison. Donc c'est l'hiver que tu le fais. Tu vois ? Mais ça, c'est magnifique, ça. Parce que c'est anti-physiologique. Parce que pourquoi l'hiver, on a plus de gras ? Pourquoi ? Parce qu'il fait plus froid.
- Arnaud Manzanini
Parce qu'il fait plus froid, oui.
- Loïc Lepoutre
Donc on a besoin de plus de gras pour maintenir notre... Donc en fait, c'est le pire moment pour maigrir. Tu vois ?
- Arnaud Manzanini
Tu vas générer de la fatigue, en fait. Exactement.
- Loïc Lepoutre
Et tu le perdras 3 ou 4 mois, 5 mois après.
- Arnaud Manzanini
Tu vois ? ça c'est une belle erreur que j'ai pu rencontrer il y a une erreur également c'est qu'on pense que c'est l'hiver et donc on peut pas forcément se préparer ou on peut se relâcher on parlait de faire d'autres sports moi je pense à la prépa physique c'est à dire le renforcement musculaire ça sangle l'abdominal c'est bien ça compense à l'abdominal je pense qu'il faut le combiner faut pas switcher de l'un à l'autre il faut le combiner
- Loïc Lepoutre
Mais c'est bien, c'est ludique, ça change.
- Arnaud Manzanini
Pour faire un peu moins de vélo et rajouter un peu plus de renfort. Voilà,
- Loïc Lepoutre
mais par contre, à un moment donné où tu vas t'y mettre, il faudra accepter de mettre ça de côté et pas croire que ça va compenser le vélo. Ça ne compensera jamais. Non, non, non, bien sûr, bien sûr. Mais par contre, c'est bien.
- Arnaud Manzanini
Mais c'est en cette phase hivernale qu'il faut le faire.
- Loïc Lepoutre
Oui, et puis ça crée des nouveaux stress. Il faut créer des nouveaux stress. Si vous faites tous les ans la même chose, tout le temps, tout le temps, en fait, il ne se passera plus rien au bout d'un moment.
- Arnaud Manzanini
Qu'est-ce que tu penses de la musculation, toi, Loïc ?
- Loïc Lepoutre
Moi,
- Arnaud Manzanini
je pense que c'est ludique,
- Loïc Lepoutre
utile, surtout après, à partir de 35 ans. 35-40 ans, pour stimuler le métabolisme. Surtout quand tu fais de l'endurance, où on ne le stimule que dans deux inversants. Mais il faut toujours le combiner pour garder les adaptations qu'on a essayé de créer, et pas renverser les choses. Et moi, j'aime bien l'Irox. Je trouve que c'est un bon combiné. Parce que ça demande endurance.
- Arnaud Manzanini
Par rapport au CrossFit, tu penses que c'est différent ? Oui, c'est mieux.
- Loïc Lepoutre
Oui, parce qu'il y a un pendant endurance qui est plus... Oui,
- Arnaud Manzanini
il y a beaucoup plus de course à pied.
- Loïc Lepoutre
Voilà. Et je trouve que c'est une bonne expérience, tu vois. Là, j'entraîne des athlètes d'Irox. Et je trouve que c'est un sport qui est complet, qui se complète bien au vélo, en tout cas.
- Arnaud Manzanini
Et je te parlais de la musculation, c'est ce que tu penses que... Alors, comme le CrossFit ou comme Irox, est-ce que ça peut se poursuivre tout au long de l'année ou est-ce que tu peux faire ce type d'entraînement-là ? Là, on n'est pas dans les erreurs, on est un peu bifurqués. C'est justement ce qui pourrait être positif. L'erreur, c'est de ne rien faire. Le côté positif, c'est de faire autre chose et du renforcement musculaire. Et c'est comme ça qu'on est arrivé à parler du crossfit, de l'aérox ou de la musculation. Est-ce que tu préconises d'en faire tout au long de l'année ou alors d'en faire de novembre à février et puis après, la saison se lance ?
- Loïc Lepoutre
C'est que quand il va falloir rentrer dans des choses plus spécifiques, il faut accepter d'arrêter parce qu'on va consacrer le temps à notre... Et il n'y a rien qui remplace ça. Les arts de sel. Ça ne va pas compenser, en fait. C'est différent.
- Arnaud Manzanini
Intéressant.
- Loïc Lepoutre
Et j'avais une autre erreur aussi.
- Arnaud Manzanini
Allez, vas-y.
- Loïc Lepoutre
C'est dans la planification de la saison d'après. Oui, c'est la période dans laquelle on est. Il y a les profils euphoriques. Ils sortent d'une belle saison, et là, ils planifient leur saison. Ils t'envoient ça, et tu te dis, mais en fait, ce n'est pas possible. Je vais faire 4 ultras en un mois, par exemple. Ou je vais faire 4...
- Arnaud Manzanini
Je vais faire top 10 à l'étape du tour.
- Loïc Lepoutre
Ou des trucs comme ça. On se calme, tranquille, on se détend, et on essaie de construire des choses qui sont cohérentes par rapport à... Et surtout, ne pas devenir bigorexique de compétition. Il faut retrouver... La compétition est une chose, mais il faut apprendre à pratiquer son activité physique dans une optique de devenir plus fort, plus robuste dans le temps. Et donc, la compétition, ce n'est pas l'essentiel.
- Arnaud Manzanini
Et on parle de compétition, je pense qu'une des plus belles erreurs, c'est de se comparer aussi. C'est-à-dire, tu le répètes souvent, c'est qu'on est tous... différents, chacun son profil, mais on constate d'autant plus aujourd'hui avec les réseaux sociaux et la facilité de consulter l'entraînement, notamment avec des plateformes, l'entraînement d'un potentiel concurrent, d'un ami, et de se dire, moi je veux faire mieux, je veux aller plus vite dans cette boche, je veux prendre son PR, je veux battre mon com, et ça c'est une belle erreur.
- Loïc Lepoutre
Enfin, c'est une belle erreur. De temps en temps, ça stimule, surtout en fin d'entraînement. Si tu fais un gros bloc de zone 2, pendant 4 heures et qu'à la fin tu te dis je vais aller à côte, je vais remonter à bloc c'est pas grave en fait tu t'es défoulé, par contre tu le fais au début de l'entraînement et que tu veux faire de la zone 2, il faut comprendre que ce que tu as fait au début va te mettre dans un état physiologique qui nécessitera un certain temps avant de rentrer dans l'état physiologique optimal pour créer les adaptations que tu cherchais donc en fait tu auras une partie d'entraînement qui aura servi à rien.
- Arnaud Manzanini
Intéressant Merci. intéressant en tout cas je vous laisse je vous laisse nous partager vous les erreurs que vous avez pu faire mais qui ont été bénéfiques parce que je le rappelle la meilleure manière de progresser c'est de faire des erreurs pour pas les répéter justement et de bien avoir compris comment ça marchait en tout cas voilà l'hiver la période hivernale n'est pas un frein bien au contraire c'est une formidable opportunité pour travailler sa technique de pédalage pour travailler sa condition physique au général et pour aussi partager avec des amis dans un autre sport, mais aussi dans son cercle, et de se rapprocher de ceux qu'on n'a pas forcément le temps de voir dans la pleine saison. Un grand merci Loïc pour ton temps. Et puis à très bientôt pour un nouvel épisode du podcast Tous en Sel. Merci.
- Loïc Lepoutre
Merci, au revoir.
- Arnaud Manzanini
Voilà, c'est la fin de cet épisode de Tous en Sel. Merci d'avoir pris le temps de rouler avec nous, d'écouter ces histoires, d'écouter ces conseils, mais aussi ces expériences qui, je l'espère, t'auront donné envie d'aller chercher un peu plus loin. un peu plus haut et de simplement savourer ta prochaine sortie à vélo, mais aussi pourquoi pas de comprendre les vibrations de ta machine. Si ce podcast t'inspire, te motive, te fait sourire ou te donne simplement envie pour une nouvelle sortie à vélo, n'hésite pas à le partager sur les réseaux ou à un ami simplement avec WhatsApp, tu verras, c'est très simple, à en parler autour de toi et à laisser le fameux 5 étoiles sur les différents sites. c'est ce qui fait grandir l'aventure, c'est ce qui fait grandir le podcast et c'est ce qui nous permet de continuer à avoir d'autres invités. Tous en selle, c'est une communauté, une énergie, une envie commune, se dépasser, s'amuser, apprendre et vivre pleinement cette passion qui nous rassemble le vélo. On se retrouve très vite pour un nouvel épisode du podcast Tous en selle avec de nouvelles voix, de nouveaux conseils et de nouveaux récits. D'ici là, prenez soin de vous et comme toujours, toutes et tous en selle.