- Arnaud Manzanini
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue pour un nouvel épisode du podcast Tout Sensel. Alors ça va être un épisode où on va clasher aujourd'hui, on va vraiment clasher. JP, il est en grande forme. Comment ça va JP ?
- Jean-Philippe Ferreira
Salut Arnaud, bonjour à tous. Sois bien, je te remercie.
- Arnaud Manzanini
Le sujet c'est, est-ce qu'on choisit son vélo pour les bonnes raisons ? Alors JP, il va être honnête, il va être sincère. Alors selon toi JP, est-ce qu'on choisit son vélo pour les bonnes raisons ou est-ce qu'on les choisit plus pour l'image que cela renvoie ? Vélo, périphérique, matériel ?
- Jean-Philippe Ferreira
Ça dépend de qui on est. Il y a beaucoup de gens, on va dire comme ça, il y a beaucoup de gens qui ne choisissent pas forcément pour les bonnes raisons. Mais on va faire un épisode un peu hybride aujourd'hui. C'est le grand déballage. Ça fait longtemps qu'on vous parle de l'effet placebo et l'effet placebo dans le sport, dans le marketing, dans le cyclisme. On va essayer de... Tu as parlé du choix des vélos. Nos choix sont beaucoup orientés par le marketing. On a l'impression qu'ils ont un impact qui n'est pas tout le temps exactement celui qu'on attend. Et en tout cas, l'impact réel qui est créé, il ne vient pas forcément de là où on croit. Donc on va aussi parler de notre effet placebo aujourd'hui dans cet épisode.
- Arnaud Manzanini
Justement, l'effet placebo, ça veut dire qu'on ne choisit pas. En tout cas, oui, c'est l'effet qu'on pense que le vélo que l'on a choisi a sur nos performances. Mais on choisit plus son vélo pour un choix psychologique et l'image qu'il renvoie. plutôt que pour des capacités ou en tout cas des performances ou une adéquation entre la technique et ce dont on a réellement besoin ?
- Jean-Philippe Ferreira
Clairement, il y a l'aspect que je vais appeler statutaire. On a depuis au moins une bonne trentaine d'années vraiment cet aspect qui est lié complètement à l'environnement qui s'est développé autour du cyclisme de route. majoritairement de route il y a des gens qui feraient un raccourci qui appelleraient ça du snobisme je l'ai presque fait mais clairement dans l'esthétique qu'on a développé dans l'étiquette qu'on a développé autour du cyclisme de route beaucoup d'entre nous ont été amenés à faire des choix statutaires ou quasi statutaires dans la sélection de leur vélo Tu ne me diras pas le contraire.
- Arnaud Manzanini
Non, mais je suis clairement en phase axée.
- Jean-Philippe Ferreira
Et ça, oui, ça se voit quand même majoritairement dans le cyclisme de route. D'accord ? Je peux faire des parallèles, j'aime toujours faire des parallèles. Je suis musicien aussi, dans le classique. Et on pourrait presque faire cette analogie, en tout cas je me permets de la faire aujourd'hui. Il y a quand même de nombreux orchestres, nombreux endroits, où si tu n'as pas... Un violon à 20 000 euros, un violoncelle à 30 000 euros, une contrebasse à 50 000 euros, ce n'est pas que tu n'es pas un vrai musicien, mais c'est que tu es limité quand même dans tes performances de musicien. C'est un petit peu pareil dans le vélo.
- Arnaud Manzanini
Tu veux dire que le vélo a quelque part une vitrine ?
- Jean-Philippe Ferreira
Je le redis, il y a un peu ce snobisme, cet aspect statutaire. Il y a quand même des gens aujourd'hui, et on le voit parce qu'on sait très bien que notre marché du vélo... L'industrie du cycle, en général, elle est quand même sur une période de tension aujourd'hui. Pour plein de raisons. Il y a eu la bulle du Covid ou de l'après-Covid, ou du juste après-Covid. Il y a eu, après, une problématique de surstock, une problématique de surabondance de références. Le marché l'est tendu. Un des segments de marché qui souffre le moins, c'est le ultra-haut de gamme. certains intervenants, je ne m'approprie pas ces propos, mais il y a beaucoup de gens qui disent que cette segmentation d'ultra-hautes gammes, elle est un endroit où les gens qui dépensent leur argent là, ne sont pas ceux forcément qui font le plus de vélos, ou qui recherchent vraiment le plus de performances, etc. Il y a une vraie question identitaire, statutaire, dans l'achat de ces vélos. Quand je parle d'ultra-haut gamme, je vais essayer de situer, parce que c'est toujours bien pour cadrer notre discours, mais je suis en train de parler de 8 à 15 000 euros pour un vélo. Là, il y a vraiment une recherche de dire, ce n'est pas que j'ai un vélo différent, j'ai un vélo cher. J'ai un vélo cher et performant. D'ailleurs, ce n'est pas je suis performant, j'ai un vélo cher et performant. Il y a quand même beaucoup ça. Encore une fois, je ne suis pas en train de juger. Je me positionne en observateur. Dans une gamme en dessous, il y a une démarche qui pourrait être aussi similaire de dire « Ah, je prends la marque » . qui marche bien, la marque de la performance mais avec un budget plus accessible ou la marque qui a le discours sur la performance la dernière itération de la performance, c'est à dire là moi j'ai acheté le vélo, c'est le plus aéro du marché, enfin on a plein de confrères qui font des podcasts on a un podcast qui s'appelle Nero Cycling je sais pas si tu le connais, qui parle de performance extrême de... Je ne suis pas tout le temps en ligne, voire assez rarement en ligne, mais c'est intéressant parce qu'ils vont décortiquer un peu, ils se donnent des moyens, ils ont des moyens hyper importants, ils vont en soufflerie, ils vont regarder des choses. C'est toujours quel est le vélo qui est sur la marche numéro 1 de l'aéro. On est toujours en train de parler de pouillème, de pouillème, ou quand on a des pourcentages hyper importants, et Dieu sait qu'il y a eu beaucoup de tumultes dernièrement à la sortie du dernier vélo Factor qu'on évoquait entre le registrement de deux épisodes. Mais typiquement, sur Nero, ils ont halluciné sur le discours marketing de Factor. Ils l'ont pour eux débunké. Il y a du vrai et du faux dans les deux camps. Mais néanmoins, il faut se rappeler, quand on commence à annoncer des chiffres de 10-15%, c'est 15% de plus que le pourcent de l'année dernière. C'est 15% d'un pourcent. Enfin voilà. Donc il y a des gens qui vont chercher ça, c'est-à-dire qu'ils veulent arriver à leur sortie de club. Avec la dernière itération, c'est-à-dire le vélo le plus... La roue la plus performante du marché, qui est en fait quasiment 99% jamais élue ou dont on ne peut jamais lui attribuer ce podium de manière indiscutable, par une étude indépendante, etc. Puisque de toute façon, personne, même les plus gros fabricants du monde aujourd'hui, ils ne peuvent pas dire... Aujourd'hui, j'ai loué une soufflerie pendant deux semaines. Je prends tous les vélos du marché de l'année en cours et je dis, c'est moi le gagnant. Non, le truc, c'est quand tu vas chercher la petite Astérix, c'est les plus performants que les trois, prétendument les plus performants, et dans telle et dans telle et dans telle condition. Donc, il y a cet aspect statutaire. Moi, j'ai l'impression qu'on trouve encore beaucoup de gens. Et je dis encore parce que quand j'ai commencé mon immersion dans ce milieu-là il y a 10-15 ans, Et que je suis allé dans des clubs rouler avec les gens. Et moi, je faisais ça plutôt la semaine. Et donc, j'avais une population un peu plus âgée. Mais du coup, des gens qui avaient un certain pouvoir d'achat. Et ils avaient toujours de magnifiques vélos. Des magnifiques et chers vélos. Et toujours, ou la plupart du temps, inadaptés à leur morphologie, à leur performance et au type de vélo qu'ils pratiquaient. Et du coup, il y avait quand même cet aspect... statutaire, je l'ai pris parce que il a gagné tel truc. Et en fait, on est fast forward 15 ans après. Pour moi, ça, ça n'a pas changé. Donc, c'est une des mauvaises raisons. C'est ça.
- Arnaud Manzanini
Et ça me fait penser au fameux, ce qu'on appelait les vélos de dentiste.
- Jean-Philippe Ferreira
Ouais, ouais, c'était dans les plateaux. C'est ça.
- Arnaud Manzanini
C'est des vélos, effectivement, qui sont extrêmement chers, extrêmement performants, mais qui ne correspondent pas du tout à la personne qui va faire 4 heures de vélo. par semaine.
- Jean-Philippe Ferreira
En tout cas, on peut dire qu'ils sont extrêmement chers et qu'ils sont extrêmement tunés pour de la performance. Est-ce qu'ils ont performance dans les mains de tout le monde ? Non. On l'a redit il n'y a pas longtemps, on est le seul sport où on peut acheter la Formule 1, la voiture de WRC ou la moto de MotoGP pour aller faire une sortie entre potes. Il n'y a aucun autre sport où on peut faire ce genre de choses. Là, c'est possible. Et ça, ça induit ça. Donc, une des mauvaises raisons... dont on parlait. On va après faire la boucle et tisser et se tirer les cheveux parce qu'on va reparler de cette histoire de placebo. Mais en tout cas, il y a une part de motivation aujourd'hui dans l'achat qui est ça. C'est l'image. Oui, l'image, le statut, ce que tu appelles le vélo de dentiste.
- Arnaud Manzanini
Mais c'est vrai que le vélo de dentiste, il y a plusieurs années, maintenant, ça a quand même bien évolué. Mais avant, je me souviens parfaitement de voir des personnes qui roulaient sur des gros pinarellos. Et en fait, les gens n'avaient ni la morphologie parfois. ni le physique. On le voyait, mais l'essentiel, c'est que ces gens-là se fassent plaisir. Je n'ai pas du tout le jugement sur ça. Je n'ai pas du tout le jugement sur ça. Et après, c'est surtout le vélo comme projection personnelle. Moi, je trouve qu'il y a beaucoup de clichés parfois. On parle souvent dans nos épisodes de la tracat, puisqu'on a passé du temps ensemble à Gironne parfois, et Gironne est le lieu où cet organisateur a réussi à faire rayonner la ville, la région, à travers l'effet de mode, une épreuve de... de gravel et tu vas là-bas. Mais je trouve qu'il y a même un code, on peut parler des cadres du vélo, mais il y a même un code vestimentaire pour faire partie de cette tendance gravel.
- Jean-Philippe Ferreira
Oui, et puis ils changent parce que c'est pareil, c'est les modes, c'est le cuissard cargo avec les poches sur le côté pour mettre la banane, c'est une typologie de chaussures, des couleurs différentes. Oui, tout à fait. Clairement, c'est important de... Je pense que c'est important parfois Au revoir. on se donne le La latitude, on s'autorise à caricaturer un petit peu ça, parce que ça permet aux gens de se reposer les bonnes questions. On est, encore une fois, dans ces périodes de tension. On peut avoir très rapidement l'impression que tout coûte cher. Il faut bien se poser les questions de ses motivations, de dans quoi on investit, où on dépense son argent. Quelqu'un qui dit qu'il n'y a pas une démarche, en tout cas pour une bonne partie des achats aujourd'hui, qu'il n'y a pas de démarche dans le statutaire, l'identitaire, il se ment à lui-même, à mon avis. Le vélo est... imprégné de ça, la culture de vélo de route, c'est ça, en partie.
- Arnaud Manzanini
Je trouve l'effet gravel encore un peu plus. Il y a vraiment des codes maintenant. Il y a vraiment des codes en fonction. Si tu vois un cycliste, tu vas savoir s'il est vraiment gravel, comme tu l'as dit, gravel racing, gravel aventure. Il est vraiment route compétition. Auquel cas, même maintenant, la route compétition pourrait même paraître un peu has-been maintenant.
- Jean-Philippe Ferreira
Ça peut, elle a du mal à se moderniser, il y a toujours un aspect...
- Arnaud Manzanini
Moins en moins de compétition. Oui, il y a moins de renouvellement,
- Jean-Philippe Ferreira
ça manque un peu de sang neuf.
- Arnaud Manzanini
Il y a un gros gap entre l'amateurisme et le professionnel. Avant, tu avais des divisions, tu étais un très bon amateur, tu pouvais passer professionnel. Maintenant, tu n'as plus de junior. Oui,
- Jean-Philippe Ferreira
ça a décroché un petit peu, très clairement, ça a décroché un petit peu. Et pourtant, tout ça avec le même matériel. Avec le même matériel. C'est ça qui est un peu incohérent, en fait.
- Arnaud Manzanini
Je sais que tu... Il y avait cet effet placebo. Donc, le vélo participe. J'ai un beau vélo, je vais rouler plus vite, mes moyennes vont être plus importantes. C'est comme quand t'es gamin, c'est les nouvelles baskets, t'as l'impression de couillir plus vite.
- Jean-Philippe Ferreira
Les baskets qui courent vite.
- Arnaud Manzanini
Les baskets qui courent vite, voilà.
- Jean-Philippe Ferreira
J'aime bien que t'aies repris cette idée. C'est presque exactement.
- Arnaud Manzanini
Alors, parle-nous justement de ce que tu as, les infos que t'as pu réunir pour justement cet épisode où on parle beaucoup de... Justement, on choisit son mauvais vélo pour les mauvaises raisons, c'est-à-dire qu'on prend un beau vélo, mais au final, les matériaux font que ça ne correspond pas à notre pratique. Donc, on se ment quelque part à nous-mêmes. Et parle-nous de cet effet placebo et des informations que tu as réunies.
- Jean-Philippe Ferreira
Alors, on pourrait presque dire qu'in fine, des fois, on se motive à acheter un matériel. Donc, ça peut être une partie du vélo ou un vélo pour de la performance. Et souvent, on va faire ça guidé par... Des allégations marketing qui sont « je suis tant pour cent plus léger » , alors ça, ça peut être des allégations de marque, ou alors c'est des lieux communs ou des certitudes ou des mythes. Alors Dieu sait qu'on a essayé d'en casser plus qu'un depuis qu'on fait cette émission ensemble, mais on va se dire « si tu grimpes, il faut des roues légères » , « si tu veux performer, il faut que le vélo soit super léger » , etc. Tout ça, en fait, ça crée des schémas. Si on faisait un peu de neurosciences ou de programmation neurolinguistique, on pourrait parler d'ancrage ou d'accord. Et tout le monde pense que du coup, si le vélo est plus léger, il est plus performant. Je viens de créer un accord. Des fois, la réalité, c'est qu'en effet, on va être plus performant. mais que le surcroît de performance, il n'est pas autant induit par les roues légères que par l'accord et l'effet de l'accord sur notre mental. Je ne sais pas si j'ai fait très clair dans cette phrase-là. Je réexplique et je vais limiter à la paire de roues pour que ça soit bien clair et que j'essaie de me faire comprendre. On en a parlé plein de fois, ça, mais on n'a jamais mis de mots dessus. Je voulais qu'on en parle et là, quand tu me parles des mauvaises raisons, des mauvais choix, je pense que c'est quand même... on a le terrain de jeu. Depuis, tu fais du vélo depuis combien de temps ?
- Arnaud Manzanini
Écoute, je fais du vélo depuis très longtemps. Ma première licence à 19 ans. Mais je fais du vélo depuis toujours. Premier vélo dans les mains, j'avais 4 ans.
- Jean-Philippe Ferreira
D'accord. Donc comme tu es un ancien maintenant. Voilà. Donc ça fait très longtemps que tu fais du vélo. Depuis que tu fais du vélo,
- Arnaud Manzanini
on t'a dit que plus c'était léger,
- Jean-Philippe Ferreira
plus c'était performant.
- Arnaud Manzanini
Oui, ou plus c'était rigide. On fait que de la légèreté.
- Jean-Philippe Ferreira
Après, on pourra parler de la rigidité. J'ai une anecdote sur la rigidité.
- Arnaud Manzanini
Si tu parles de la légèreté, tu m'excuseras. Merci. Tu vas croiser... Deux cyclistes vont se croiser au café vélo. Tu vois ?
- Jean-Philippe Ferreira
Ils vont soulever leur vélo.
- Arnaud Manzanini
Ah bah bien sûr ! C'est le réflexe de prendre le vélo. Et prendre le premier ! Je prends le vélo, tu le pèses et tu fais...
- Jean-Philippe Ferreira
Je vais au bout de ma chose. On a induit chez toi, on a programmé chez toi plus léger,
- Arnaud Manzanini
plus performant.
- Jean-Philippe Ferreira
Non mais c'est un programme. C'est vraiment... Encore une fois, je me permets d'utiliser quelques mots comme ça. J'ai une formation de... de programmation neurolinguistique et d'hypnose ericksonienne. donc on fait pas de la technique, là c'est pas le sujet de l'épisode mais on essaie d'expliquer on a programmé chez toi que plus léger est égal plus performant d'accord ? cet ancrage il est là il est solide parce qu'il a été répété pendant plein de temps et tu vas voir il a des confirmations On avait aussi utilisé le mot de biais cognitif il y a longtemps, il y a des gens qui avaient fait des commentaires, c'était... Mais bon, on reprend là où on en était. Demain, si je te... On part de ta configuration actuelle, de ton vélo, je te change ta paire de roues, et je te donne une paire de roues dont je te dis, et dont tu peux mesurer qu'elle est 150 grammes plus légère, et que, plus léger égale plus performant, je te mets cette paire de roues, tu vas faire une sortie que tu connais bien, il y a 99% de chances que tu puisses mesurer le gain de performance. Ce que je suis en train de te dire, c'est que le gain de performance que tu vas mesurer ce jour-là avec tes nouvelles baskets qui courent plus vite, il est plus dû à l'ancrage plus léger égale plus performant qu'à la réduction du poids de ton vélo de 150 grammes. C'est dur de dire ça, je pense que cette fois-ci j'ai été un peu plus clair. Pourquoi ? Parce qu'on a tous à peu près la même chose là, dans la boîte. En tout cas, on a tous quelque chose qui fonctionne à peu près de la même façon. Et maintenant, on a probablement qu'on ne maîtrise encore que 10 ou 15% peut-être du fonctionnement du cerveau, mais cette partie-là, on commence quand même bien à la comprendre. Et en fait, cet ancrage, cette motivation, cette conviction qu'on se forge... ou dans laquelle on est forgé, elle permet de faire plusieurs choses. Elle permet de réduire l'effort perçu. Quand on démarre une activité sportive, puisque là on est en train de parler de sportif, donc quand tu prends ton vélo avec ses nouvelles roues et que tu es persuadé que plus léger égale performant, le mécanisme de ton cerveau, il est tellement positif que tu vas avoir une réduction de l'effort perçu. Donc, j'exagère, tout va te sembler plus simple. La deuxième chose induite par cette conviction qui est créée, c'est plus de dopamine. Et le troisième effet, c'est que ta perception de la douleur, elle est globalement amoindrie.
- Arnaud Manzanini
Elle est plus faible.
- Jean-Philippe Ferreira
Tout ça, c'est trois conditions qui font que de toute façon, tu vas performer plus. Et tout ça, ça voudrait dire que si tu me faisais assez confiance pour que je te donne des roues en te disant qu'elles sont 150 grammes plus légères mais qu'elles soient strictement identiques à celles que tu avais avant, tu aurais le même surcroît de performance.
- Arnaud Manzanini
Mais uniquement sur la première sortie. La deuxième sortie, tous ces effets-là vont être amoindris et encore amoindris.
- Jean-Philippe Ferreira
Et pas forcément. Pas forcément. Donc en fait, il y a plein d'exemples de ça. Tu parlais de rigidité. Je donne une expérience de... une expérience qui a été menée sur des vélos en acier, où le lieu commun, c'est plus rigide égale plus performant, quel que soit le matériau du vélo. Eh bien, il y a une expérience qui a été faite avec deux coureurs qui ont exactement la même morphologie, qui se connaissent depuis 15-20 ans, qui roulent, qui ont tout le temps les mêmes puissances moyennes, etc. Et on leur a donné plusieurs vélos avec strictement la même géométrie. le reste du même équipement. Et donc, c'était sur de l'acier. Donc, c'était, encore une fois, sur de l'acier, c'est presque plus simple. On faisait varier le diamètre des tubes ou l'épaisseur des parois des tubes. Donc, plus ou moins de rigidité, in fine. Et ces tubes étaient cachés.
- Arnaud Manzanini
D'accord ?
- Jean-Philippe Ferreira
Donc, au début, les gens ont changé les vélos. Donc, il y avait trois grades de vélos différents, on va dire, trois grades de rigidité. Et on mesurait, finalement, sur un effort, la puissance dégagée. Et les vélos étaient interchangés. Et les gens ne voyaient pas les vélos. On a fait ça, après on a dégagé le masquage des tubes et on a recommencé l'expérience. Donc là, les gens avaient l'induction et ils pouvaient éventuellement se dire, tube plus gros, plus rigide, mieux. Et quand on analyse tout ça, en fait, les meilleures performances en masqué, c'était sur les tubes les moins rigides. Et ça changeait quand les gens savaient ce qui roulait. Leur perception était altérée. puisque, nécessairement, ça faisait appel à ces fameux ancrages. Alors, on n'est pas là pour dire qu'est-ce qui est mieux, plus rigide ou moins rigide. On est là pour essayer l'impact du mental. Autre expérience, elle date d'il y a 20 ans, en 2006. Une étude se fait toujours sur le cyclisme. Et le cyclisme, on ne peut jamais faire du vélo sans boire un bon café. Encore la tasse pour toi. Et donc, on s'est dit, sur un contre-la-montre, quel est l'effet de la caféine ? Donc on a tenté, on a pris des cyclistes, on leur a dit « toi tu auras 0 g de caféine par kg de poids corporel, toi tu auras 4,5 mg de caféine par kg de poids corporel et toi 9 mg » . On les a fait rouler. Et ce qu'on s'est aperçu, c'est que si on part d'une référence 0, qui est la performance normale de quelqu'un à qui on n'a rien dit ou rien fait, Les gens qui pensaient avoir zéro, et donc... à qui on a dit on te donne un placebo, c'est de l'eau et t'as rien, en fait, ils étaient même en dessous de zéro de leur performance, parce que finalement, c'était du nocebo. T'es en dessous de leur performance. On leur dit, on t'a rien donné pour performer. Les gars à qui on a donné la dose moyenne 4,5 mg par kg, ils avaient entre 1 à 3 % de performance supplémentaire.
- Arnaud Manzanini
On leur a fait croire qu'on leur donnait.
- Jean-Philippe Ferreira
Attends, attends. Non, voilà. T'as tout spoilé. Et ceux à qui on a donné 9 mg avaient encore 1 ou 2 %. Alors attention, on est en train de parler de 1 à 5 % de performance supplémentaire sur un petit contrôle à montre. Il y a du bruit dans l'étude statistique, etc. Mais on est quand même sur quelque chose qu'on peut mesurer. Dans le cadre de l'étude telle qu'elle a été faite, elle date de 2006. La réalité, c'est qu'aucun... de ces cyclistes n'a reçu le moindre milligramme de dose de caféine. Ce n'était que de l'induction d'information. On leur a dit, on te donne 4,5 grammes. Ils ont tous eu de l'eau chaude. L'effet placebo. Ceux qui pensaient avoir reçu un produit dont on leur a dit que ça allait doper leur performance, ont eu leur performance dopée. Pourquoi on voulait parler de ça ? Parce que plein de fois, quand on aborde la technique, Dieu sait, je pense qu'il n'y a pas un épisode où on ne se regarde pas des fois. Vous nous voyez parler pendant 30 à 50 minutes, mais on se connaît depuis longtemps et on se fait des regards et on se comprend parfois et on se dit mais effectivement, les gens, ils se font avoir par là. Alors, ils se font avoir, oui ou non, parce qu'on vous dit que vous allez être plus performant et vous êtes plus performant. Mais ce n'est pas forcément dû à l'avantage technologique qui est réel dans des conditions de test optimales, très cadrés, etc. Et qu'on vous présente d'une autre façon. toi qui a travaillé chez Apple Tout à l'heure, quand on est jeune, tu m'aurais dit « Ah oui, on disait toujours que la batterie, elle tenait plus que ça, mais c'est trop... » « Des Ausha 25% de toutes les forces. » Voilà, on n'a pas augmenté la performance globale et absolue de 25%, mais on a augmenté le petit pouillème de performance de 25%, 25% d'un pouillème. Voilà. Et en fait, tout ça, on peut l'utiliser... Alors, on peut soit s'asseoir, se reculer sur sa chaise et dire « Vous faites tous arnaquer. » Voilà. On peut se dire, non, on a compris. Et finalement, c'est vrai que la démarre.
- Arnaud Manzanini
Parfois, tu sais que le matériel, oui, ce n'est pas que tu te fais avoir, c'est que tu te fais plaisir aussi. Le vélo est aussi...
- Jean-Philippe Ferreira
Le plaisir, c'est important. Moi,
- Arnaud Manzanini
quand je rentre sur le vélo, je dis, peut-être que l'ensemble est beau. Je ne suis pas bon, mais l'ensemble est beau. Tu vois ce que je veux dire ?
- Jean-Philippe Ferreira
C'est hyper important. Mais du coup,
- Arnaud Manzanini
rien que ça... Moi, le premier, je sais que j'ai un vélo qui ne correspond pas à ma pratique, mais je me fais plaisir.
- Jean-Philippe Ferreira
Mais du coup, peut-être que ta performance augmente tout simplement parce que...
- Arnaud Manzanini
Très probablement.
- Jean-Philippe Ferreira
Et voilà. Et donc, du coup, c'est important. Mais je trouve que c'est toujours bien d'avoir ce cercle-là. Alors, je ne dis pas que toutes les avancées technologiques ne produisent pas un réel effet technique. Évidemment, il y a des choses, en fonction de notre point de démarrage et du point où on arrive et de la solution qu'on adopte, il y a des changements qui peuvent être bien plus sensibles d'un point de vue mécanique pur. D'accord ? Néanmoins, il y a toujours une part... des faits placebo. Et nous, je crois que depuis le début qu'on fait ces épisodes de podcast, on essaye toujours d'avoir un rôle de, finalement, presque d'éveil et de dire, développez votre sens critique. Assoufflez deux minutes, analysez bien et dites-vous, ok, c'est pas aussi simple que de se dire, ouais, j'ai acheté la dernière paire de roues et du coup, c'est clair, je vais performer vachement.
- Arnaud Manzanini
En fait, plus on fait des épisodes, plus on se dit, mais en fait, les gens ne savent pas pourquoi ils achètent un vélo ou en tout cas ne se renseignent pas en fait.
- Jean-Philippe Ferreira
Ils ne se renseignent pas assez, je trouve, parce que c'est bien de comprendre ces mécanismes-là, parce que le marketing fera usage de ça. Tout le temps, tout le temps, tout le temps, c'est une des fondations de la chose. Donc, il ne faut pas se leurrer, il n'y a jamais d'innocence là-dedans. C'est-à-dire que tout ce qui est présenté, on reparlait du facteur de tout à l'heure, mais tu prends n'importe quelle grande marque de vélo, elle ne peut pas sortir un vélo du nouveau millésime s'il n'y a pas une amélioration chiffrée et quantifiée. On a un collègue podcasteur aux Etats-Unis, quand il fait un peu de science, si j'ose qualifier de science ce qu'on fait, il met une casquette avec écrit science dessus. Mais c'est comme quelqu'un... qui veut paraître plus professionnel, mettrait une blouse blanche facilement. Tout ça, ça a des conséquences qui sont non négligeables sur comment le message est perçu. C'est du non-verbal, mais c'est hyper important. Et tout le marketing fait usage de ça, tout le temps, tout le temps, tout le temps. Maintenant, il faut se dire, c'est très bien, tu parles de plaisir, ça me fait plaisir, justement, parce que moi, j'essaie souvent de dire aux gens, j'ai, encore une fois, dans ma clientèle, j'ai pas de gagnant du Tour de France j'ai pas de vainqueur d'étape c'est pas ma clientèle de tous les jours et des fois je préfère dire aux gens mais pourquoi tu veux acheter une roue avec un profil de 45 ou de 55 ou de 65 la performance est géniale non en fait ça va pas être plus performant surtout pas pour ce que tu fais là où tu pratiques par contre dis moi que tu veux les acheter parce que elles te paraissent plus rapides ou elles te font plaisir ou tu trouves le look ou la ligne géniale super on a trouvé une bonne raison Et donc, pourquoi pas ?
- Arnaud Manzanini
Sinon, il suffit de changer d'autocollant. Moi, c'est ce que j'ai fait. J'ai changé d'autocollant, tout le monde m'a dit « Ta paire d'euros, elle est nickel ! » Ça fait cinq ans que je l'ai, en fait.
- Jean-Philippe Ferreira
C'est comme Seb qui choisit les autocollants blancs. On te voit en tâtant sur la raf. Mais non, bien sûr, pour que ça se voit bien. Mais tout ça, c'est important. Mais c'est bien d'assumer la bonne raison, finalement. Se faire plaisir est une bonne raison. Se dire que je l'achète pour gagner 10 grammes dans l'absolu, Je pense que ce n'est pas une bonne raison. En donné,
- Arnaud Manzanini
tu sais très bien ta pratique. Moi, je parle pour les gens avec qui je roule sur Lyon. On roule parce qu'on roule ensemble. Seuls, très peu roulent chacun de leur côté. On est très peu à rouler chacun de notre côté. On roule parce qu'on sait qu'on va être à deux, à quatre, et puis on va rigoler pendant la sortie, on va aller boire un café à la fin. Et on se fait plaisir de dire que les 10% de... Après,
- Jean-Philippe Ferreira
on peut... utiliser ça comme quelque chose... C'est leur motivation. On peut utiliser ça comme quelque chose de très positif. Dès lors qu'on a compris l'implication de tout ça, on peut très bien se dire, oui, moi, je vais faire des choix de vélo pour que, et on a tous une sensibilité différente, c'est-à-dire que moi, dans mon programme à moi, le vélo sur lequel je performe le plus, je pourrais le dessiner, je l'imagine comme ça. Donc, quand je vais choisir un vélo, je vais faire en sorte qu'il colle le plus possible à cette image, et ça va. m'aider à maximiser mon effet placebo.
- Arnaud Manzanini
Oui, tout à fait. Certains, c'est le poids. Tu parlais du poids sur un épisode. Moi, j'ai connu quelqu'un qui performe quand ça grimpe. Il aime ça. Il prend toutes les bosses du secteur. Alors lui, quand il fait faire son vélo, il veut tous les matériaux les plus légers possibles. Son vélo est composé que des matériaux les plus légers. Donc certes, il a un vélo très, très léger. Il se fait plaisir. Il mesure ses watts. C'est très bien, l'essentiel c'est qu'il se fasse plaisir. L'essentiel c'est qu'il se fasse plaisir. Moi je choisirais pas du tout, c'est vrai qu'on choisit pas du tout le même vélo, et une autre personne choisirait un vélo différent.
- Jean-Philippe Ferreira
C'est la même chose sur les matériaux, on a déjà fait des épisodes sur les différents matériaux. Aujourd'hui on a deux matériaux qui poussent plus que les autres, parce que, encore une fois, on est programmé en nous disant que le matériau de la performance absolue c'est le carbone, et le deuxième matériau derrière qui est de la performance et de la hype en plus c'est le titane. Voilà, donc aujourd'hui, les gens veulent des vélos en titane, mais sans regarder le matériau, ils ne font pas le vélo, ils ne vont pas regarder la géométrie, ils ne vont pas regarder la qualité du matériau en tant que tel, la sélection, le service qui va autour, l'assemblage. Donc en fait, c'est tout ça qu'on voulait mettre dans les bonnes et les mauvaises raisons, parce qu'il y en a des bonnes là-dedans, il faut faire attention à ça. Toujours, c'est ce qu'on essaie de vous inciter à avoir du discernement, en fait, toujours, c'est ça l'idée. C'est-à-dire, j'écoute, j'observe. Je regarde quelle est la véracité de l'information, l'adaptabilité de cette information par rapport à ma pratique, qui est la plupart du temps jamais le cadre du test qui a été fait pour pouvoir apporter une justification scientifique. Mais on vous donnera toujours un chiffre. On vous donnera toujours un chiffre parce que le chiffre, l'encre, ce n'est jamais anodin, ce n'est jamais... C'est toujours fait comme ça, c'est toujours 1% de plus. tant de grammes en moins, plus de performance, la sémantique, le look de tout ça est vachement important. Il faut faire très attention à ces choses-là. Et tout ça, ça a une limite parce que il y a des gens pour qui c'est contre-productif. Tu le disais tout à l'heure, il y a des gens qui vont adhérer à ce discours-là et prendre le vélo qui est plus aéro, plus machin, etc., qui a plein d'implications sur l'inconfort potentiel du vélo. la position qu'il induit et qui vont être tellement
- Arnaud Manzanini
inadapté à la personne qui fait le choix qu'elle va finalement dégrader sa performance donc il ya aussi des choux des vrais mauvais choix en plus de mauvaises raisons mais ça serait intéressant une fois de demander aux personnes le leur leur vélo qu'ils ont actuellement de l'eau comparé avec un vélo ce que je pourrais appeler le vélo honnête c'est-à-dire tu
- Jean-Philippe Ferreira
vois ce que je veux dire vraiment le vélo qui correspond à atteindre six lignes un vélo honnête avec le vélo qu'ils ont choisi Parce que soit ça les fait rêver, soit ça leur fait plaisir, mais qui n'est pas le vélo honnête. Tu vois ce que je veux dire ?
- Arnaud Manzanini
Oui, oui. Et le vélo honnête, même des fois, c'est le vélo adapté. C'est-à-dire qu'on voit encore trop de gens qui, en ne se posant pas les bonnes questions, vont acheter un vélo qui pourrait, sur le papier...
- Jean-Philippe Ferreira
Par simplicité.
- Arnaud Manzanini
Oui, qui pourrait, sur le papier, présenter tous les avantages de ce que peut attendre quelqu'un d'un vélo, c'est-à-dire rouler vite, être léger, etc., être beau. proposer pourquoi pas l'argument statutaire et qui malheureusement pour eux va rendre la chose plus compliquée finalement ça va dégrader leur performance voire leur plaisir, voire leur expérience ça, ça arrive encore trop
- Jean-Philippe Ferreira
Mais à quel moment on sait que l'on s'est trompé de vélo ? Parce qu'on ne peut pas aujourd'hui, c'est rare de tester son vélo c'est rare aujourd'hui c'est rare de pouvoir dire je vais mettre des milliers d'euros dans un vélo mais je vais avant le tester c'est voilà Et donc, à quel moment, en toute honnêteté, on se dit, est-ce que c'est une douleur ?
- Arnaud Manzanini
Il y a des gens qui ne se le disent jamais. Ça peut être de la douleur. Le plaisir, c'est un super bon marqueur quand même. Parce que le corps humain étant ce qu'il est, quand à un moment, on fait ses sorties et qu'on ne trouve plus la saveur... bien sur son vélo c'est d'être bien sur son vélo le plaisir vient aussi c'est pareil dans notre culture de cycliste si tu ne souffres pas tu n'es pas un cycliste donc ça il faut se dégager un petit peu de ça si tu as pas mal aux pieds c'est normal non non ça c'est c'est un bon marqueur c'est un bon marqueur il faut vraiment faire attention parce que tout ce qui nous est vendu avec le seul prisme de la performance, occulte forcément le reste. Bien sûr, ce sont des vélos qui sont ingénieriques, conçus, dessinés, fabriqués pour une performance ultime de compétition au plus haut niveau, avec des recherches de gains marginaux extrêmes, qu'on peut s'acheter et qui peuvent nous poser des réels problèmes, parce qu'ils sont faits pour des gens qui font... 1m80, 60 kilos, qui sont secs de chez secs, et qui, à chaque fois qu'ils font du vélo au maximum de leur potentiel physique, ensuite, ils sont pris en charge par des équipes de soins. Ce qui n'est pas le cas de... Non, mais c'est vraiment un système, en fait. C'est exactement ça.
- Jean-Philippe Ferreira
Et est-ce que tu penses que si demain, on dit à toutes les personnes qui nous écoutent, demain, vous ne roulerez plus avec d'autres personnes ? C'est-à-dire que vous roulerez tout le temps tout seul ? C'est ma question. Est-ce que tu penses que dans les six mois, combien de pourcentages de ces gens-là ont changé de vélo parce qu'en fait, ce n'est pas le vélo qui leur correspond ?
- Arnaud Manzanini
Je pense, oui. Mais c'est cet aspect communautaire du vélo qui a aussi des très bons côtés, évidemment. Mais je pense que... Je vais encore faire une analogie. On peut parler de moto. C'est pareil. Si tu vas faire une sortie en groupe de moto, c'est... Tout le monde a 150 à 200% de moto de plus que ce qu'il est capable de conduire ou 300% de plus que ce dont il a besoin. Et puis c'est certainement la même chose dans la voiture, même si c'est quelque chose d'un peu moins communautaire que les autres domaines qu'on a abordés. Mais dans la moto, c'est très clair. Et puis c'est nous, latins, voire nous, français, qui exacerbons ça. C'est-à-dire que la moto à l'échelle mondiale, dans énormément de pays, c'est de la petite cylindrée avant tout. Et nous, on imagine qu'il faut avoir une cylindrée de voiture pour se faire plaisir absolument. Et bien, des fois, on retrouve un petit peu ça dans le vélo. Et on a fait un épisode sur les pédales. On te parlait des pédales. Il faut des pédales auto. Alors que non,
- Jean-Philippe Ferreira
tu peux faire... Dans ce qu'on a partagé, je vous invite à réécouter l'épisode sur les pédales plates ou les pédales auto. Aujourd'hui, dans 90% de notre pratique, des pédales plates pourraient largement faire le taf. On ne baisserait pas de moyenne.
- Arnaud Manzanini
Non.
- Jean-Philippe Ferreira
On aurait moins mal aux pieds sans aucun problème.
- Arnaud Manzanini
Oui, mais voilà, ça fait partie des codes et des ancrages encore une fois. Donc c'est important d'essayer de se documenter un petit peu. Ce qu'on essaye de vous passer petit à petit avec les épisodes, c'est aussi ça. C'est vous donner des moyens d'indépendance, d'aller observer une géométrie, de se dire « Ah là, ça va induire que ça va être hyper incisif. Peut-être que ce n'est pas adapté complètement à ma capacité, à ma vue, à mon âge. » Je vais être complètement basculé alors que je n'ai pas des quadriceps en béton et que le poids de mon buste va m'apporter de la souffrance des 50 km. Donc c'est toutes ces choses-là. Parce que c'est sûr qu'on peut avoir recours à des professionnels qui normalement sont là pour ça. Mais c'est d'autant mieux si on a un peu de bagage, ne serait-ce que pour interagir avec ces professionnels ou... développer son sens critique.
- Jean-Philippe Ferreira
Mais c'est vrai qu'on regarde toujours ce que font les autres. Moi, j'aime bien faire les social rides parce que tu te retrouves à 10, 15, voire 20 ou 30 et là, tu as toute la population. Tu as effectivement de la personne où tout est nickel jusqu'à la socket. Et puis à côté, tu vas avoir la personne qui est en short pédale plate, casque de travers, mais au final, ces personnes arrivent ensemble. Tu vois ce que je veux dire ? Elles arrivent ensemble, elles font le ride ensemble, elles vont peut-être s'attendre deux minutes en haut d'une bosse, parce qu'effectivement, ce n'est pas le même entraînement derrière. Mais au final, elles ont parcouru la même distance en quelques secondes d'écart. Et puis à la fin, elles partagent. Et c'est là que tu dis, finalement, j'ai peut-être un peu trop exagéré sur mon matos. Ça, ça m'aurait suffi. Tu vois ce que je veux dire ? Je trouve que ça ramène vachement l'église au centre du village.
- Arnaud Manzanini
Je me rappelle aussi d'une anecdote qui va nous ramener à quasiment presque... dix ans, neuf ans, neuf ans en arrière que je lançais ce modèle de vélo et que j'avais fait deux vélos un petit peu particuliers en tube d'inox et que j'ai prêté à plein de cyclistes différents et des gens que je connaissais pas forcément que j'ai entre guillemets recruté sur internet et je me rappelle d'un en particulier je t'embrasse Maxime si tu m'écoutes, Maxime Barra le nom te dira peut-être quelque chose et à l'époque la French Divide avait été lancée depuis pas très longtemps organisé par Samuel si je ne me trompe pas et donc Maxime vient prendre ce vélo qui est un de mes vélos que j'appelle Modern Randonneuse MR4 et il se présente au départ de la French Divide avec ce vélo là et donc Samuel le regarde et lui dit tu vas faire quoi avec ton vélo d'Instagram ça ne marche pas, c'est une course de VTT tu vas le casser et Maxime il était en chemise de trappeur avec un short de rando pas de cuissard Vraiment. Et Maxime, dans ses sacoches, il peut monter un campement. Vraiment, c'était très rigolo parce que c'était à l'opposé de ce qu'on allait continuer de nous présenter comme étant le truc de l'aventurier graveur. Lui, c'était un aventurier brut. Et l'anecdote, c'est qu'avant le jour où il prend le départ de cette course, le gars n'a jamais fait autre chose que du VTT. Il part. C'est pas une course, pardon. C'est une aventure. Mais il termine le premier. Vélo pas cassé, rien. Et donc c'était drôle parce que vraiment le mec il a dit bah merde t'es arrivé. C'est pas normal. Mais il était voilà, pas de cuissard, pas de... Non j'ai pas de maillot, j'ai pas de truc. Non j'ai une chemise quoi, un t-shirt. Donc c'était drôle. Donc salut Maxime. Mais ça nous rappelle des souvenirs. Et c'est marrant, effectivement. Il a profité de son épreuve, il s'est amusé. il a vécu une belle expérience moi par son biais aussi et c'est sympa on a aussi quand même je salue ça quand on fait tous du vélo quand tu dis on attend quelqu'un 2 minutes en haut de la bosse ça c'est encore quelque chose qui est super chouette dans notre pratique où on a encore ce partage moi
- Jean-Philippe Ferreira
j'aime bien parce que je sais qu'au mois de septembre c'est terminé maintenant parce que la dernière édition a eu lieu en septembre 2025 qui était le Nicolas Werner Challenge et Merci beaucoup. Et Wilma l'organisait en partenariat avec Moritz. Et donc, j'aime bien ce genre de ride parce que tu as toute la population. Et toi, tu arrives avec ton vélo qui est bris, qui est nickel, avec des roues 65. Tu vois ? Donc, tu es parfait. Avec des autocollants. Tu es parfait, des autocollants tout neufs. Et tu roules avec quelqu'un, comme je te l'ai dit, qui est en pédale plate, qui a un vélo, quand tu le vois, tu te dis, mais c'est un vélo de taf, en fait. Et puis, au final, tu fais tes 50 bornes avec cette personne. donc il n'y a pas de différence je trouve qu'effectivement pour répondre à la question est-ce qu'on choisit son vélo pour les mauvaises raisons très certainement mais l'essentiel est est-ce que quand on regarde son vélo on se dit j'ai envie d'aller rouler avec ça c'est voilà exactement tout à fait c'est le plus important je suis pas bon mais
- Arnaud Manzanini
c'est beau c'est le plus important en tout cas on est content de vous avoir parlé de cet effet placebo prenez-le en compte, utilisez-le utilisez-le à bon escient mais ne croyez pas tout ce qu'on vous raconte voilà même si le C'est un vrai effet boule de neige, parce que finalement, quand le placebo aide à la confirmation de la performance, ça renforce la conviction. Et donc, tu es pris dans cette spirale-là, en fait. Mais ton cerveau te joue des tours. Parfois, c'est des tours intéressants.
- Jean-Philippe Ferreira
La puissance du marketing. Un grand merci, JP. Un grand merci à vous. N'hésitez pas sur les réseaux ou même sur des messages en direct à nous partager votre avis sur ça. Est-ce que votre vélo correspond parfaitement, en toute honnêteté, à votre... pratique ou est-ce que, bon bah oui, on se fait plus plaisir, on se laisse parfois consciemment avoir par ce qu'on appelle avec J.P. la puissance du marketing. En tout cas, un grand merci pour votre fidélité et puis à très bientôt pour un nouvel épisode du podcast Tous en Seine. A bientôt, salut !
- Arnaud Manzanini
A bientôt !
- Jean-Philippe Ferreira
Voilà, c'est la fin de cet épisode de Tous en selle. Merci d'avoir pris le temps de rouler avec nous, d'écouter ces histoires, d'écouter ces conseils, mais aussi ces expériences qui, je l'espère, t'auront donné envie d'aller chercher un peu plus loin, un peu plus haut, et de simplement savourer ta prochaine sortie à vélo, mais aussi, pourquoi pas, de comprendre les vibrations de ta machine. Si ce podcast t'inspire, te motive, te fait sourire ou te donne simplement envie pour une nouvelle sortie à vélo, n'hésite pas à le partager sur les réseaux ou à un ami simplement avec WhatsApp, tu verras, c'est très simple. à en parler autour de toi et à laisser le fameux 5 étoiles sur les différents sites. C'est ce qui fait grandir l'aventure, c'est ce qui fait grandir le podcast et c'est ce qui nous permet de continuer à avoir d'autres invités. Tous en selle, c'est une communauté, une énergie, une envie commune, se dépasser, s'amuser, apprendre et vivre pleinement cette passion qui nous rassemble, le vélo. On se retrouve très vite pour un nouvel épisode du podcast Tous en selle avec de nouvelles voix, de nouveaux conseils et de nouveaux récits. D'ici là, prenez soin de vous et comme toujours, tout est tous en selle.