- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur Toute Puissante, le podcast des femmes qui veulent tout et qui l'obtiennent. Je suis Kauthar Trojet, votre hôte, fondatrice du club de pouvoir, coach exécutif de dirigeante et experte des dynamiques de pouvoir. Ici, nous pulvérisons le plafond de verre, un épisode à la fois. Bienvenue sur ce nouvel épisode de Toute Puissante. Aujourd'hui, j'ai la joie de recevoir Christelle Vaujolade-Calipé, DRH de Parcours. Bonjour Christelle.
- Speaker #1
Bonjour Ausha, j'ai envie d'être là avec toi ce matin.
- Speaker #0
Eh bien moi aussi, je te remercie d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #1
Mais c'est un honneur d'être sur Toute Puissante.
- Speaker #0
Ah j'adore. Alors aujourd'hui, c'est un épisode des Confidences des Toutes Puissantes. C'est une série d'épisodes où des femmes à des postes d'influence et de responsabilité témoignent sur un des obstacles qu'elles ont rencontrés dans leur accession ou l'exercice de leur pouvoir. Christelle, qui nous fait l'honneur d'être parmi nous aujourd'hui, est une voyageuse. Une femme qui a traversé les frontières de classe pour se frayer un chemin dans des univers professionnels où elle n'était pas attendue. Christelle, tu travailles dans les ressources humaines depuis plus de 18 ans. Tu évolues depuis plus d'une décennie dans l'écosystème tech et digital. Tu es aussi ce qu'on appelle une slasheuse, DRH indépendante, mentor RH et conférencière. Engagée sur les questions d'égalité professionnelle et de diversité, tu as fondé le collectif IdeaPact, qui promeut des engagements concrets pour l'inclusion dans la French Tech. Et tu prends régulièrement la parole, notamment sur LinkedIn, pour analyser les dynamiques de pouvoir au travail et dénoncer les mécanismes de discrimination. Encore ? trop souvent invisibles. Et aujourd'hui, ça tombe bien, parce qu'on va aborder un de ces sujets, justement. On va aborder un sujet qui, toi, te touche personnellement, et dont je trouve qu'on ne parle pas suffisamment. Déjà, sur les réseaux ou dans des podcasts, et encore plus déclinés aux féminins. C'est le fait d'être transclasse et d'évoluer professionnellement dans un milieu qui n'est pas celui que tu as connu en grandissant. Alors déjà, Christelle, est-ce que tu peux nous dire ce que c'est ? Qu'être transclasse ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Une personne transclasse, ou appelée parfois transfuge de classe, c'est une personne qui connaît une mobilité sociale. Elle peut être vers le haut ou vers le bas. Vraiment, on peut avoir l'ascendant ou le descendant. Et c'est une personne qui va franchir des frontières sociales entre le milieu duquel cette personne est issue et est née, et dans lequel elle va évoluer ensuite à l'âge adulte. Cette notion a été définie et théorisée par Chantal Jacquet, qui est une philosophe, encore une femme puissante. Elle définit cette notion de transclasses comme des individus qui dérogent à la reproduction sociale qui est attendue. Elle a notamment théorisé cette idée de transclasses dans un livre qui s'appelle « Les transclasses ou la non-reproduction » , qu'elle a écrit il y a une dizaine d'années.
- Speaker #0
C'est très intéressant, Christelle, que tu parles indistinctement de... de notions de transclasse et de notions de transfuge de classe, parce que récemment, justement, j'ai vu une vidéo où le sociologue Marwan Mohamed, qui est chargé de recherche au CNRS, si je ne me trompe pas, et qui, lui, vient faire une distinction entre le transfuge de classe et le transclasse. Alors, je dis au masculin, mais ça peut être bien sûr des femmes aussi. Pour lui, le transfuge de classe, c'est la notion un peu historique qu'on peut voir avec quelqu'un comme Annie Ernaux, par exemple. qui s'est arraché de son milieu social d'origine pour aller vivre dans un milieu social différent, généralement plus favorisé, et qui coupe les ponts avec son milieu d'origine. Et lui, en fait, il ne se reconnaissait pas dans ce vécu-là. Et d'ailleurs, il explique que ça implique une forme de mépris pour ce transfuge de classe envers ceux qui sont restés et envers le milieu d'origine. Lui, il ne se reconnaissait pas dans ce parcours-là. pour lui. Son parcours qu'il définit de parcours de transclasse, c'est celui qui est en mobilité de classe, mais qui n'a pas forcément quitté son lieu et qui garde un lien avec sa classe d'origine, avec ses proches, sa famille, et donc qui vient faire plus des zigzags en haut en bas selon la classe d'origine et la classe d'arrivée, on va dire. Et c'est dans ça qu'il se reconnaît davantage. Toi Christelle, dans quel parcours tu te reconnais le plus ?
- Speaker #1
Écoute, moi, je suis assez en phase avec ça. Quand on parle de mobilité, en fait, on parle de trajectoire humaine, de mouvement. Évidemment, on peut complètement s'extraire et tourner le dos à son milieu d'origine, mais en réalité, on ne le fait pas totalement, ne serait-ce que mentalement. Ce que tu évoques sur un certain mépris de la personne qui serait transclasse et qui tourne le dos à sa famille et d'où elle vient, finalement, elle se met aussi dans une position où elle est bloquée, parce qu'elle n'a pas que le choix de tourner le dos à qui elle était, et donc à une partie de son identité, et donc quelque part, elle la verrouille. Donc moi, je ne crois pas qu'on s'extraie d'un milieu. Je pense vraiment que les identités, elles sont multiples, comme des millefeuilles, et donc en fait, on vit une position intermédiaire, où parfois, en fonction de la situation, on se rapproche de son milieu d'origine. quand on discute avec sa famille, dans les moments de sociabilisation avec ses amis d'enfance, quand on retourne aussi, il y a une question aussi de retour aux sources, dans ce cas-là, quelque part, on embrasse son milieu d'origine. Et puis, il y a des moments où on va totalement être immergé dans un nouveau milieu, notamment professionnel. On va épouser de nombreux codes sociaux. On va aussi épouser des habitudes bourgeoises. Je pense à l'alimentation. par exemple, qu'on change de milieu social ou le logement, le lieu d'habitation. Pour moi, c'est vraiment un voyage continu et je fais vraiment le parallèle avec aussi l'idée de migration. Je suis ici de l'immigration et c'est la même chose. En fait, il y a des moments où moi, je vais parler Mina, qui est une des langues qu'on parle au Togo avec ma mère, et je vais être dans un contexte où mon africanité va s'exprimer. Et il y a des moments où je vais... être dans un milieu professionnel où c'est ma francité qui va s'exprimer. Et donc, ce n'est pas l'un vis-à-vis ou l'autre, c'est les deux et c'est un mélange un peu de café au lait. Tu vois, quand tu mélanges le café et le lait, en fait, tu as ce café au lait qui se mélange et qui va former un ensemble. En tout cas, moi, c'est comme ça que je vois les choses.
- Speaker #0
J'adore l'image du café au lait parce que ça Ça donne bien l'impression que ce n'est pas l'un et ce n'est pas l'autre, c'est une troisième entité qui est formée de l'un et de l'autre.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Super. Et justement, tu parlais du travail. Comment ça se manifeste pour toi, le fait d'être trans classe, professionnellement et surtout, en particulier en tant que DRH ?
- Speaker #1
C'est une bonne question. Comment ça se manifeste ? c'est que le monde professionnel aujourd'hui... Il opère en fonction de codes bourgeois, il faut le dire. Ce n'est pas à moi qu'il est théorisé. Il y a des sociologues comme Bourdieu qui ont fait ça très bien. Et au travail, on a le capital économique d'une entreprise, ses ressources financières. On a le capital culturel aussi, qui joue les connaissances, business, les références à l'entrepreneuriat. Tu vois, par exemple, dans l'écosystème des startups, on aime faire référence à... des entrepreneurs qui viennent de la Silicon Valley. Et on a les yeux qui briquent, on parle de ces success stories américaines. Il y a aussi la référence à certains codes. Il y a le capital social, le réseau relationnel dans le monde des affaires qui est important. Et il y a tout le capital symbolique autour de la reconnaissance sociale, les marqueurs de statut, etc. Donc, l'entreprise, elle n'est pas neutre, en fait. Elle reproduit les codes et les hiérarchies de la société. Et donc, ce qui est intéressant, c'est que quand on parle de l'entreprise et qu'on parle de ces sujets de mobilité, ce n'est pas comme la couleur de peau ou l'handicap ou l'âge. En fait, c'est complètement invisible. Et c'est ça qui rend cette thématique un peu plus difficile à appréhender parce que ça ne se voit pas. Le décalage, il va se manifester dans des choses qui sont plus insidieuses. Je te donne un exemple. Moi, quand j'ai commencé à travailler, je travaillais pour l'ESSEC en tant que chargée RH. J'ai découvert les écoles. en quoi ta trajectoire professionnelle se joue en fonction des écoles dans lesquelles tu vas aller. Ces écoles, si ta famille a eu accès à ces grandes écoles aussi, si tu as le capital économique qui te permet que tes parents peuvent te payer cette école, ce qui se joue, c'est aussi parler de plusieurs langues, l'anglais, l'espagnol, l'allemand. En fait, ce que tu as choisi dans ton éducation, ça va jouer dans ta place professionnelle. tes réseaux, en fait, le réseau de tes parents. Si tes parents sont notables, cadres, eh bien, tu as accès à des entreprises, tu vas aller faire ton stage. Moi, en fait, j'ai découvert ces codes en travaillant parce que je n'étais pas issue du milieu social favorisé. Et donc, le travail, c'est un... un endroit où tu découvres cette notion de privilège que tu as ou que tu n'as pas. Et pour ma part, moi, j'avais ce sentiment de décalage permanent et l'impression que tu as raté ta vie quand tu as 25 ans et que tu débarques et que tu es junior versus d'autres personnes. Et comme moi, je travaillais à l'ESSEC, j'avais des collègues qui venaient d'un milieu plus favorisé et j'ai vu dans leur trajectoire professionnelle à quel point, en fait, ça influence. ils vont... avoir des postes à responsabilité plus vite, ils vont avoir des mobilités ascendantes plus naturelles, ils vont embrasser les codes de l'entreprise. Et donc, en fait, moi, personnellement, j'ai l'impression que je suis rentrée dans un jeu où les règles du jeu, je les découvrais en même temps, tu vois, versus d'autres qui avaient déjà les règles du jeu et qui s'étaient déjà préparées. Donc, tu as quand même un sentiment de ne pas être à égalité.
- Speaker #0
Je comprends, ça m'évoque une anecdote. Quand j'ai été recrutée pour mon premier poste, quand j'en ai parlé à ma famille, ils m'ont dit « Ah, bravo, félicitations, c'est génial ! » Et quand j'en ai discuté avec une copine qui avait fait le même diplôme, elle m'a dit « Ah, moi, mes parents, ils m'ont dit de négocier... » Mon père, son père, en l'occurrence, qui était ingénieur, lui a dit de négocier son salaire. Et c'est exactement ce que tu dis d'accès à certains codes, à certaines compréhensions qui donnent des clés et des raccourcis.
- Speaker #1
Et plus je vois ce que tu dis, et j'irai même plus loin, je me rappelle que j'étais très contente d'avoir ce premier poste. Et en fait, tu te sens déjà chanceux qu'on te donne ta chance. Et donc, même dans ta posture professionnelle et dans tes soft skills, tu ne vas pas exactement travailler de la même façon. Quand tu es en posture de gratitude, tu vas moins questionner ton manager, tu vas être moins dans l'esprit critique. En fait, tu es toujours dans cette idée que tu dois être reconnaissant. pour ce que tu as, alors que d'autres vont te challenger. Et en fait, tout ça ne te permet pas aussi d'aller chercher, d'aller cranter une ambition, des demandes qui seraient légitimes parce que tu es déjà dans une posture de demandeur versus offreuse de compétences.
- Speaker #0
Tout à fait. C'est intéressant, dans ma tête, c'est toujours l'idée de est-ce que tu te sens propriétaire ou est-ce que tu te sens locataire ? Il y a des gens, ils arrivent, ils se sentent chez eux, ils se sentent propriétaires. Et ceux qui se sentent locataires et qui sont déjà chanceux d'avoir un toit, qu'on leur ait offert un toit, ils sont bien contents de payer pour avoir droit à ce toit.
- Speaker #1
Absolument, j'adore cette analogie.
- Speaker #0
Christelle, tu nous as dit que justement, d'être trans classe, ça ne se voit pas. Ce n'est pas comme d'autres différences, par exemple le fait de porter certains handicaps ou sa couleur de peau. Et ça ne se sait pas jusqu'à ce que ça se sache, on va dire. Qu'est-ce que toi, tu as décidé ? à en parler ouvertement et en particulier à venir en parler aujourd'hui sur ce podcast. Je sais que c'est un sujet qui te tient à cœur au-delà du podcast.
- Speaker #1
Merci pour la question, elle est hyper intéressante. Moi, personnellement, j'ai décidé de prendre plus la parole sur des sujets d'inclusion et de discrimination suite à une discussion avec ma sœur, qui est aussi RH et qui a le même parcours de mobilité sociale. Et en fait, on se disait, une fois que tu es arrivé à une certaine place et tu évolues... et que tu as connu cette mobilité ascendante, il y a une forme d'invisibilisation de ce qui t'est arrivé avant, de ce que tu as traversé. Et il y a aussi l'idée de, en fait, est-ce que tu construis une passerelle pour d'autres ? Est-ce que tu leur facilites aussi ça ? Ou est-ce que finalement, une fois que tu es arrivé à l'endroit où tu voulais être, en fait, tu es bien, tu es confort, tu adoptes finalement cette... pour reprendre ton hôtel, tu deviens propriétaire et du coup, tu fermes la clé de ta maison. ou tu la ouvres à d'autres. Et moi, j'avais putain envie de me dire toutes ces discussions que j'avais avec ma sœur ou d'autres pères RH ou d'autres personnes qui ont le même vécu que moi, j'ai envie qu'elles soient visibles. Et donc, c'est pour ça que j'ai commencé à prendre la parole. Et le nombre de personnes qui m'écrivent et qui me disent merci de parler de ce sujet parce qu'en fait, personne n'en parle et il me touche et merci d'être visible. En fait, c'est incroyable. Et en fait, ça te permet déjà de construire une communauté et de... que d'autres se disent, en fait, ce vécu, c'est ce que je vis, et bien en fait, dans cinq ans, dans dix ans, je vois, et il faut en fait faire émerger aussi des rôles modèles, des personnes avec qui on peut se raccrocher. Et moi, j'ai l'impression qu'on a des figures qui sont très lointaines. de personnes qui nous inspirent, de Michelle Obama, d'Elisabeth Moreno, de Christiane Taubira. Mais en fait, elles sont où les femmes de tous les jours qui sont aussi puissantes et qui peuvent être des modèles un peu plus réalistes de personnes à qui on se raccroche. Et donc, moi, j'avais envie de prendre la parole pour ça et pour jouer ce rôle, modeste soit-il, qu'on puisse se raccrocher et s'identifier et surtout faire émerger ces questionnements. J'ai notamment des personnes aussi qui m'écrivent et qui me disent, alors j'aime beaucoup lire parce qu'en fait, je ne suis pas du tout concernée, mais ça me permet de rentrer dans la tête de ceux qui le sont. Et c'est aussi ça l'inclusion, c'est de se mettre à la place d'eux. Et je ne veux pas oublier aussi que dans mon métier de DRH, en fait, j'ouvre la porte de l'entreprise aux gens. Donc, il y a une question d'être facilitatrice. Et tant que ce n'est pas clairement défini, tant qu'on n'en parle pas, en fait, c'est invisible. Donc, il y a un sujet de vraiment… sortir du bois et parler de ça.
- Speaker #0
C'est intéressant que tu utilises cette expression de sortir du bois, parce qu'en fait, est-ce que ça t'a joué des tours de sortir du bois ? Est-ce qu'il y a une forme de risque à prendre la parole sur ces sujets-là, à être visible ?
- Speaker #1
Il y a une forme de risque, oui. Je pense qu'il y a une forme de risque qui est, pour ma part, très conscientisée, de se fermer la porte. Surtout quand tu travailles dans les ressources humaines, pendant longtemps, c'était plutôt vivant heureux, vivant caché. Tu traites des thématiques sensibles. C'est un outil de communication interne et externe. Donc, tout ce que tu peux dire peut être retenu contre toi. Et donc, oui, en fait, quelque part, tu peux avoir l'impression d'être mis sur le grill et donc que c'est mieux de ne pas parler. Moi, je choisis de parler parce que j'ai envie de porter cette voix et parce qu'en fait, ce terre ne laisse que la place aux autres de nous raconter. Et donc, sur ces thématiques-là, moi, j'en ai marre que ce soit d'autres qui nous racontent. Et je veux qu'on soit plus présent, notamment pour les RH, à raconter c'est quoi le métier de RH, à raconter aussi la différente manière d'incarner ce métier, les réalités. Et j'ajoute à ça des questions d'intersectionnalité qui ont été théorisées par Kimberley Crenshaw. L'intersectionnalité, c'est la situation de personnes qui sont confrontées simultanément à plusieurs formes de domination, de discrimination. Donc en réalité, en parler ou pas... ne va pas réduire le problème. Moi, je suis une femme, donc il y a la question de genre, noir, il y a la question de l'origine ethnique, transclasse, il y a la question de l'origine sociale, je suis issue de banlieue, donc il y a la question de la géographie, en fait, du pouvoir, de la domination et de l'argent. Voilà, tout ça s'entremêle et ne disparaît pas parce que je me tais. En fait, tous les jours, dans mes situations de travail, je les vis. Donc, autant en parler le plus possible.
- Speaker #0
Je te rejoins tout à fait. Et en plus, ce que tu dis est très juste. En parler te fait reprendre le pouvoir sur le narratif de ce que tu en dis et te rend l'actrice de ce que tu vis et non plus l'objet, finalement. C'est intéressant parce que quand tu en parles, quand je t'entends en parler, on sent que tu y as beaucoup réfléchi. Tu es très renseignée sur le sujet. C'est un sujet sociologique, entre guillemets, mais ça, c'est la partie théorique. Toi ? Comment tu as pris conscience de ce que tu vivais ? Parce que je suppose que tu n'es pas née en te disant, enfin pas née, mais tu n'es pas arrivée dans le monde du travail en te disant, ah bah tiens, je suis transclasse. Il y a tout un parcours de conscientisation. Est-ce que tu peux nous le raconter ?
- Speaker #1
Oui, absolument. Alors moi, j'ai fait l'université, j'ai eu une licence AES et parmi les cours que j'adorais, il y avait la sociologie. Donc la sociologie m'a toujours intéressée. Et à l'université, du coup, j'ai découvert notamment les tests de Bourdieu et de Boudon. Et du coup, j'étais un peu en « waouh, en fait, tout s'explique » . Et je pense que dans une société capitaliste où on te dit « quand on veut, on peut » , phrase que j'aborde, t'as l'impression que si à un moment donné, tu es pauvre, c'est de ta faute. Si tu n'y arrives pas, c'est de ta faute. Alors même que les dés sont pipés et que le système, il est bancal. et donc le fait de découvrir en fait sociologiquement et factuellement que non, en fait, il ne suffit pas de vouloir pour pouvoir, qu'il y a des dynamiques sociales et économiques qui se jouent, qui dépassent le cadre individuel. Moi, ça m'a aussi aidée pour ma propre histoire, parce que moi, j'étais en colère de vivre à Évry avec une maman solo qui galérait en fin de mois. T'as une forme de colère, vraiment. Et tu peux devenir aigrie. Mettre les mots sur mon expérience, ça a été extrêmement important. partir d'un ressenti subjectif vers quelque chose qui est plus rationnel, en fait ça t'aide à te dire c'est pas de ta faute il y a des choses qui se jouent plus grandes que les individualités il y avait aussi l'idée de pas être assez et un complexe en fait en tant que transclasse c'est vraiment un trait commun, on se dit je ne suis pas assez cultivée, je n'ai pas fait le diplôme de grande école j'ai pas de super passion comme le piano ou le violon je ne sais pas ce qu'il y a Merci. Et en fait, quand tu te confrontes dans le milieu professionnel, tu te sens en décalage et tu te sens nulle, il faut le dire. Donc, quand tu lis Annie Ernaux, notamment La Place, qui raconte l'histoire de sa mobilité, quand tu lis Chantal Jaquet, en fait, tu comprends qu'il ne s'agit pas de toi et qu'il s'agit de mécanismes étudiants en sociologie qui n'est pas un problème individuel. Et en fait, le problème, ce n'est pas soi, c'est une expérience sociale qu'on vit et qui est partagée par beaucoup de personnes. et ça Ça réconcilie avec soi-même. Moi, j'ai mis longtemps à apprécier où je suis parce que j'avais toujours l'impression que j'avais exploité 10% de mon potentiel. Et vraiment, ça ne fait pas longtemps où je me dis, en fait, regarde où tu viens. Et là, juste où tu es aujourd'hui, mais pour la classe d'âge de femmes nées entre 79 et 85, j'avais regardé ça, il y en a 5 ou 6% qui ont une mobilité ascendante. Donc en fait, tu as 9 femmes sur 10 qui sont laissées. au rez-de-chaussée de cet ascenseur social et il y en a une qui monte. Et donc moi, j'ai réussi à monter. Et il faut six générations pour qu'un enfant issu d'un milieu pauvre accède au milieu social médian de son pays. En fait, quand tu raccroches ton histoire dans ces statistiques, tu n'es plus à dire que tu n'es pas assez. Tu dis non, en fait, je fais partie des exceptions qui ont passé les mailles du filet et je suis une exception.
- Speaker #0
C'est ça. Et on voit plus le mérite et les chances qu'on a eu les rencontres, plutôt que là où on aurait potentiellement démérité alors qu'en fait, les dés étaient pipés.
- Speaker #1
Absolument, absolument. Moi, pendant longtemps, je te dis, j'ai vécu avec ce syndrome de l'imposteur qui, je ne suis pas assez, il faut toujours que je prouve, etc. Et c'est quelque chose que j'essaye maintenant de neutraliser en me disant, en fait, tu n'as pas commencé ta course au même endroit que les autres. Et donc, quand tu es en mobilité sociale ascendante, tu te retrouves avec. des personnes qui ont des capitaux que tu n'avais pas au départ, mais tu te compares à eux comme si, toi, tu commençais ta course au même endroit. Et tu as cette déformation constante. Et tu vois, c'est encore un sujet sur lequel je travaille. Moi, je vis dans une banlieue au sud des Hauts-de-Seine. Je peux me dire, je vois tel et tel parent d'école qui sont propriétaires de belles maisons, qui ont X résidences secondaires. Je te donne des exemples hyper concrets de la vie, tu vois. En fait, le sujet, c'est que moi, je suis partie avec zéro capital économique. Donc, est-ce que tu peux te comparer avec des gens qui ont reçu un héritage, qui viennent d'un milieu favorisé ? Non, en fait, et qui sont blancs, par exemple. Non, tu n'as pas les mêmes privilèges. Donc, à chaque fois, il faut faire cet exercice de se remettre d'où je viens, où je suis aujourd'hui, et ne pas se comparer. Et c'est très difficile parce que notre société nous pousse en permanence à nous comparer, et surtout, nous, les femmes.
- Speaker #0
Et justement, là, tu parles de certaines difficultés auxquelles tu as fait face ou tu fais face en tant que transclasse. Ce serait quoi pour toi ce qui est le plus difficile à vivre dans ton expérience ?
- Speaker #1
Je pense que ce qui est le plus difficile, peut-être, c'est le frein intérieur de se dire « je ne suis pas assez » . Parce que du coup, ça vient complètement gréver son ambition, sa confiance en soi et ce qu'on est capable de réaliser. Avec le recul, je me dis, je n'avais pas d'entrepreneur, de personnes qui avaient créé une entreprise. Est-ce que j'avais un profil d'entrepreneur ? Peut-être. Mais en fait, tu n'as pas d'imaginaire possible. En tout cas, ce futur possible, il est très cadré, étroit. Et donc, quand on se dit, je ne suis pas assez cultivée, je ne suis pas assez informée, je ne connais pas les bonnes personnes, on a aussi tendance du coup à à minimiser, à se minimiser et minimiser ses ressources intérieures. Et ça détermine aussi beaucoup de choses, comment on se voit.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu mets en place pour t'aider justement à te sentir assez ?
- Speaker #1
Je pense que, tu le disais tout à l'heure, tu as l'idée de sortir du prisme individuel pour aller chercher des choses qui sont systémiques, organisationnelles, collectives. Ça, je pense que c'est... hyper important on a tout souvent l'impression qu'on vit dans des trajectoires individuelles, etc. En fait, je dirais ça. Vraiment, ça, c'est important. Prendre le temps aussi de faire parfois pause et de réaliser les petites victoires, les compétences qu'on acquiert, les relations qui se tissent. Voilà, tout le progrès. Ce petit carnet des petites victoires du quotidien, je pense que c'est hyper important. Moi, je me... Je me rappelle que je me fixais des objectifs, par exemple, de rémunération, de me disant, voilà, je veux gagner 2 000 euros net, 3 000 euros net, 4 000 euros net, tu vois, en disant, voilà, où je me disais, OK, pour arriver à ça, quelles compétences je vais acquérir, etc., etc. En fait, ça peut être plein, plein de choses. Ça peut être les voyages qu'on fait, tu vois. C'est un énorme privilège que de voyager, de dire, voilà, moi, je vais visiter tel pays. Je pense qu'il faut vraiment, au quotidien, se rappeler, en fait, de toute cette petite vie. victoire et comment on grandit. Parce qu'on a du mal à voir le point d'arrivée, les points d'arrivée. Et il faut les matérialiser. Ça, ça aide beaucoup, je trouve.
- Speaker #0
Donc, si je résume ce que je comprends de ce que tu fais, de ce que tu proposes de faire, c'est de relativiser et recontextualiser sur plusieurs dimensions. Tu as parlé de la dimension individuelle versus collectif. donc s'extraire de son individualité pour aller observer le collectif et réaliser qu'en fait, il n'y a pas que nous. On fait partie d'un grand tout et on vit une expérience sociale et il y a une forme de détermination sociale aussi. D'une part, tu as parlé de relativiser sur une échelle temporelle et donc de se dire, OK, je m'extrais de là où je suis dans le présent et je vais aller regarder, d'une part, tous les accomplissements passés et donc je regarde plutôt la trajectoire que j'ai eue jusqu'à présent plutôt que de me focaliser sur... le point actuel. Et puis, je regarde aussi la trajectoire potentielle future avec quels sont les jalons que j'ai envie de me fixer pour me remettre dans une approche de trajectoire plutôt qu'une approche de point par point.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Ça, pour info, c'est des outils de coaching. Donc, celles qui nous écoutent, ces recontextualisations spatio-temporelles, on va dire, c'est vraiment des outils qui permettent de prendre conscience Le grain de sable qui est en train de tourner en boucle et de nous faire ruminer, on va dire, finalement, ce n'est qu'un grain parmi une plage de plein d'autres grains de sable. Est-ce que dans ta carrière de transclasse, il y a des choses que tu as mises en place qui t'ont permis de réduire l'impact du fait d'être transclasse en entreprise ? En effet, souvent, et je pense que c'est un vécu de personnes qui sont transclasses, on peut vouloir épouser certains codes pour passer l'inapperçu incognito. Je pense que j'ai fait un petit peu ça aussi, ne pas avoir la référence et puis aller se renseigner. Je me rappelle que quand j'ai commencé, je ne connaissais pas du tout le système des prépas. pour passer les concours des grandes écoles. Ok, j'ai découvert l'ESSEC. Tu vas te renseigner. En fait, tu fais sans cesse des allées et venues pour compléter ta culture. Tu poses des questions aussi. Tu as des alliés. Tu as toujours des personnes qui vont t'expliquer le truc, qui vont être bienveillants.
- Speaker #1
Ces alliés, comment tu les as trouvés ou comment tu les as cherchés ? C'est des gens de ta classe sociale d'avant, entre guillemets, de ton nouveau... Milieu professionnel, comment tu as fait ça ? Si tu venais à conscientiser le mécanisme ?
- Speaker #0
Je pense que c'est un peu des deux. Je pense, tu vois, quand je regarde par exemple mes amis d'enfance, on a toutes connu une mobilité sociale ascendante. Donc, mes amis les plus proches aujourd'hui ont vu la même vie et ont vu du coup ces mêmes questionnements. Et ça, ça t'aide beaucoup à t'ancrer. Après, j'ai eu une nouvelle relation amicale, professionnelle, qui m'a aussi aidée. Et en fait, c'est toutes ces rencontres-là. Je me rappelle d'un exemple très criant où, quand j'étais en CE2, j'avais eu un site qui était exceptionnel, donc dans une ville de banlieue plutôt modeste. Et elle avait dit quelque chose à ma mère, je devais avoir 8 ans, elle avait dit « ça, elle est très intelligente, je pense qu'elle a du potentiel, il faut la stimuler. Donc, le mercredi, allez à la bibliothèque. Il faut toujours qu'elle ait un livre à lire. » Elle lui avait dit d'aller à la mairie en fonction de vos revenus. Elle pourra faire des colonies, il y aura des subventions. Et en fait, elle l'a aiguillée pour que ce qu'elle ne pouvait pas m'offrir, elle puisse... Et donc, moi, j'ai eu la chance de faire des chantiers de restauration du patrimoine à Deau, qui étaient subventionnés par ma ville. Et c'est des choses auxquelles ma mère n'aurait jamais pensé. Donc, tu as vraiment l'idée d'avoir des enseignants. Plus tard, j'ai eu des managers qui m'ont dit « fais ceci » . Exemple très concret, j'ai fait un master au CNAM en travaillant parce que ma manager m'avait dit « tu vois, en France, si tu n'as pas de master, c'est difficile d'avoir des positions de cadre, c'est débile, mais c'est comme ça. Donc, vas-y, Ausha, fais tes cours du soir. » Ensuite, j'avais rencontré une DRH et un dirigeant qui m'ont ouvert les portes d'une entreprise qui en créait en moi. une directeure commerciale qui était un numéro 2 chez... dans une filiale du groupe Alten qui m'a ouvert les portes de l'expatriation. Donc, en fait, c'est tout ça. C'est à la fois ton réseau personnel, mais aussi les rencontres que tu fais. Et il faut se dire aussi modestement une forme de chance, vraiment.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Alors là, bien sûr, il y a la chance des rencontres qu'on va faire, mais il y a aussi le travail derrière. Parce que là, tu nous parles d'un master que tu as fait en cours du soir. Moi, je dis wow, tu vois. Et ça, clairement, ça rentre dans... dans ce que tu as mis en place concrètement pour pallier la classe d'origine à laquelle tu appartenais et pour gagner plus de chances dans le jeu de la vie professionnelle finalement.
- Speaker #0
Et le dernier point sur lequel j'ai beaucoup capitalisé ces dernières années, c'est de se faire un réseau. Pas par opportunisme, mais vraiment de cultiver un réseau de qualité, de personnes avec qui... on se soutient on se challenge d'ailleurs je vais bientôt rejoindre une entreprise qui est le fruit d'une rencontre avec quelqu'un de mon réseau et cette opportunité m'a été poussée par quelqu'un d'un réseau professionnel et il n'y avait pas d'annonce tu vois c'était vraiment une opportunité cachée donc ça c'est quelque chose que j'ai beaucoup j'ai compris et que j'entretiens maintenant en ayant beaucoup donné sans rien attendre et en fait quand c'est ton tour les gens en fait te rendent l'appareil naturellement
- Speaker #1
Top Top, top, top. Donc en fait, maintenant, tu récoltes aussi le fruit d'appartenir à ces réseaux et d'appartenir à cette nouvelle classe.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Et après coup, si tu regardais rétrospectivement tout ton parcours jusqu'à aujourd'hui, en quoi ça t'a changé de devenir d'un milieu social différent de celui attendu au poste auquel tu travailles ?
- Speaker #0
Je pense qu'on n'a pas le même regard. Dans mon ancienne entreprise, chez Benebono, on avait fait un exercice de feedback au sein du Comex. Et mon CEO avait dit un truc, il avait dit « tu as toujours un regard » . différents sur les sujets qu'on aborde. Business, RH, humain, organisationnel. Je pense que ça vient de là. Et donc, je n'avais pas conscientisé à quel point c'était une richesse. Donc, je dirais ça. Un regard différent, une compréhension, en fait, des personnes, des trajectoires qui est différente. Et parfois, tu vois, notamment dans le recrutement, je... J'ai des convictions très fortes sur la manière de recruter les gens, notamment de faire du recrutement par compétence, des entretiens structurés, parce que dans les politiques RH que je construis, je veux absolument que cette porte reste ouverte pour tout le monde. Et donc, dans l'éthique et dans les méthodes de travail, ça a un impact considérable dans la façon dont je fais mon métier aujourd'hui.
- Speaker #1
Donc, ça te donne à la fois un regard différent sur les sujets business, on va dire, Et ça te donne à la fois ce... cette grande importance que tu attaches à la diversité et la justice sociale dans ce que vous faites, dans tous les process que vous avez de recrutement, mais je suppose aussi de promotion, etc.
- Speaker #0
Absolument. Et cette éthique, c'est une boussole. C'est une boussole dans tout ce qu'on entreprend en RH.
- Speaker #1
Et c'est intéressant parce que, du coup, en creux, ça laisse entrevoir que si on a été privilégié sans le savoir, parce qu'on a les bons codes, parce qu'on vient de la bonne classe, on ne se rend pas forcément compte qu'agir de façon neutre, c'est-à-dire sans trop y réfléchir, ne fait que maintenir ses privilèges et donc créer des barrières d'entrée à d'autres qui ne nous ressemblent pas et à qui on ne pense pas parce qu'on n'a pas le même vécu qu'eux.
- Speaker #0
Absolument. Il faut absolument être lucide sur ses privilèges et l'idée qu'il faut proactivement construire les ponts. Sinon, il ne se passe rien. D'ailleurs, en témoigne notre société parce qu'on le rappelle. Les transclasses ne sont que des anomalies individuelles, des exceptions statistiques.
- Speaker #1
Tout à fait, tout à fait. Et on parle des transclasses, mais c'est pareil pour tous les groupes sociaux dominés ou minorisés. Toutes les études montrent que les personnes qui ont certains privilèges ont plus de chances de reproduire ces privilèges pour les générations d'après.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu ferais différemment aujourd'hui ?
- Speaker #0
Vraiment, je dirais arrêter de m'en vouloir et de culpabiliser. Et avancer, tracer ma route en étant lucide sur les facteurs collectifs. Et ça, ça change tout dans l'estime de soi.
- Speaker #1
Top, génial. Merci beaucoup Christelle.
- Speaker #0
Je t'en prie.
- Speaker #1
On arrive à la fin de cet épisode. Christelle, est-ce que tu as un mot à ajouter, quelque chose à partager ?
- Speaker #0
S'il y a un mot à partager, ce serait celui... individuellement d'aller regarder justement où on se trouve par rapport à ces enjeux structurels, systémiques. Il y a notamment une roue du privilège qui existe, il suffit de la taper dans Google et de se positionner individuellement dans cette roue du privilège pour se rendre compte où on est. Parce qu'en fait, quand on parle de ces sujets-là, les gens ont tendance à être sur la défensive et se dire « Oui, mais moi aussi, j'ai galéré. Moi aussi, ce n'était pas facile, etc. » Et tout de suite, on vient polariser des vécus en se disant « Si je ne dis pas que moi aussi, j'ai galéré, que c'était difficile, finalement, ça enlève à mon succès. » Donc, je dirais, voilà, allez regarder où on se situe. Et il y en a plein. Il y a la couleur de peau. Est-ce que je suis diplôme ? J'ai un diplôme. Pas de diplôme. Est-ce que je suis en capacité physique ? Est-ce que je suis valide ou pas ? Quelle est mon orientation sexuelle ? Est-ce que j'ai des troubles de la neurodiversité ? Quid de ma santé mentale ? Quid de mon logement ? Est-ce que je suis locataire, propriétaire ? Quid de ma richesse, si je regarde le revenu médian de mon pays ? Quid de ma langue, des langues que je maîtrise, de mon genre, etc. ? Et vraiment se positionner dans cette roue. Et on se rend compte que ce n'est pas quelque chose de binaire. Et je pense que cette lucidité, elle aiderait beaucoup à faire avancer les sujets de justice sociale.
- Speaker #1
Merci Christelle. C'est tout à fait intéressant ce que tu dis. Ça permet aussi de faire comprendre qu'individuellement, on galère tous. Mais il y a une dimension supplémentaire qui est celle qui est prise par défaut pour beaucoup. Chaque fois qu'on a un privilège, c'est facile de le... prendre par défaut, on va dire. Et donc ça permet justement de recontextualiser. Notre vécu individuel, qui est ce qu'il est, avec les galères, les coups de chance, etc. Mais dans un tout qui est un petit peu plus grand et de se positionner là-dessus. Et donc de gagner en compréhension de ce que ceux qui ne partagent pas nos privilèges vivent aussi.
- Speaker #0
Exactement. Et ça permet de poser les dynamiques de pouvoir, de domination et d'intersectionnalité. Parce que c'est tout ça qui se mélange. C'est toutes les dimensions.
- Speaker #1
Tout à fait. C'est bien. Sur ces bonnes paroles, Christelle, c'est déjà la fin de cet épisode. Continuez à pulvériser tous les plafonds de verre et on se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode. Plein de puissance !
- Speaker #0
Merci beaucoup pour cette invitation, c'était un plaisir.
- Speaker #1
Et voilà, c'est déjà la fin de notre rendez-vous. J'espère que vous repartez plus armés, inspirés et prêts à affronter vos défis avec audace et intelligence. Je suis Kaotar Trojet et vous avez écouté Toute Puissante. Continuez de pulvériser tous les plafonds de verre. A très bientôt pour un nouvel épisode plein de puissance.