- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur Toute Puissante, le podcast des femmes qui veulent tout et qui l'obtiennent. Je suis Kauthar Trojet, votre hôte, fondatrice du club de pouvoir, coach exécutif de dirigeante et experte des dynamiques de pouvoir. Ici, nous pulvérisons le plafond de verre, un épisode à la fois. Bienvenue sur ce nouvel épisode de Toute Puissante. Aujourd'hui, j'ai la joie de recevoir l'autrice Florence Porcel. Bonjour Florence.
- Speaker #1
Bonjour Kaoutar.
- Speaker #0
Je te remercie d'avoir accepté mon invitation. Les Cofidances, c'est une série d'épisodes où des femmes à des postes d'influence témoignent sur un des obstacles qu'elles ont rencontrés dans leur accession ou l'exercice de leur pouvoir. Florence Porcel, toi tu es autrice et animatrice. Après un début de carrière dans les médias, tu as fait de la vulgarisation scientifique pendant dix ans. Et depuis cinq ans, tu travailles sur des sujets féministes, sur des affaires hashtag MeToo et sur la justice, notamment par le biais de ton podcast Juste Juste et de ta newsletter sur Substack. On mettra un petit lien vers la newsletter. Et au moment où l'on parle, ton prochain livre, Parler où se terre ce qu'il en coûte de s'attaquer à des hommes puissants, sortira le 9 septembre chez Hugo Doc. Aujourd'hui, ensemble, on va aborder un sujet très tabou, le prix que ça coûte de prendre la parole et de s'attaquer à des hommes puissants. C'est à la fois ton vécu et ton expertise, puisque tu viens justement d'écrire ce livre sur le sujet, Florence. Alors concrètement, est-ce que tu peux nous raconter ta propre expérience de porter plainte contre un homme puissant, pour celle qui ne saurait pas encore qui tu es ?
- Speaker #1
Oui, moi, j'ai décidé de porter plainte début 2021 pour viol aggravé contre Patrick Poivre d'Arvor, pour des faits que je pensais prescrits, en fait, mais qui ne l'étaient pas. Et voilà. Et donc, ça fait cinq ans et demi que l'affaire est toujours en cours. Il est présumé innocent. Il n'a pas encore été jugé. On attend la fin de l'instruction. Et moi, j'ai fait cette démarche parce qu'en fait, il s'est passé vraiment beaucoup de temps entre... Les derniers faits que je dénonce est ma plainte parce que je pensais que l'effet a été prescrit au bout de dix ans et parce que je n'étais pas prête à le faire au moment où les faits se sont produits. Ça a été mon premier réflexe, mais en fait, je n'y suis pas allée parce que j'avais peur justement pour ma carrière. J'étais encore étudiante, mais j'avais peur que ça tue ma future carrière dans l'œuf. Et ensuite, voilà, j'ai attendu de nombreuses années. Je n'ai pas été prête à le faire, en tout cas avant 2021. Donc voilà un petit peu le résumé. Et dans cette affaire, il y a donc une cinquantaine de femmes qui sont spontanément allées voir la police. Il est mis en examen pour viol aggravé dans mon dossier. Il est placé également sous le statut de témoin assisté dans mon dossier pour un premier viol que je dénonce. Et l'instruction en cours porte sur... dix autres victimes, si les chiffres sont bons dans ma mémoire. Donc voilà, un petit peu pour résumer l'affaire.
- Speaker #0
Je tiens à rappeler une chose essentielle, c'est que tu as été la première à porter plainte. Donc toi, quand tu l'as fait, tu ne savais pas ce qui se passait autour, finalement, ce qui avait pu se passer autour ?
- Speaker #1
Effectivement, quand j'ai porté plainte, j'étais la première. Je connaissais d'autres victimes, mais je ne savais pas que à partir du moment où ma plainte allait fuiter dans la presse, je ne savais évidemment pas que d'autres allaient porter plainte après moi. Ça, c'était vraiment la grosse surprise du dossier. Je ne connaissais aucune des autres femmes qui sont allées porter plainte après la sortie de ma plainte dans la presse. Donc ça, c'était vraiment une véritable surprise. Mais moi, j'y suis allée toute seule, effectivement.
- Speaker #0
Florence, j'aimerais qu'on explique pour les auditrices qui, peut-être, ne sont pas complètement familières du sujet, et de cette affaire en cours. Tu nous dis que tu as porté plainte en 2021. Quand se sont déroulés les faits sur lesquels tu portes plainte, justement ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Alors, en fait, moi, j'ai d'abord déposé plainte en 2021 pour des faits qui se sont produits en 2009, donc qui ne sont pas prescrits. Mais cette première plainte a été classée sans suite en juin 2021. Et en fait, j'ai reporté plainte en novembre 2021. On appelle ça une plainte avec constitution de partie civile. Et j'ai déposé plainte pour... Deux faits. Les premiers qui se sont passés en 2004 et qui sont donc a priori peut-être prescrits, on n'en est pas sûr, mais a priori. Et j'ai reporté plainte évidemment pour les faits de 2009 qui ne sont pas prescrits. Donc effectivement, ma plainte est arrivée en 2021, donc très longtemps après les faits, puisque ceux de 2004 sont a priori prescrits, ceux de 2009... ne le sont pas, mais ça s'est déroulé 12 ans avant mon dépôt de plainte. Voilà.
- Speaker #0
D'accord, merci. Ça, ça nous permet de contextualiser tout ça. Et maintenant, j'aimerais savoir ce qui t'a décidé à explorer ce thème encore plus, jusqu'à enquêter auprès d'autres victimes.
- Speaker #1
En fait, moi, ce que je constate, depuis que le mouvement MeToo a éclaté, c'est que... Et ça fait bientôt dix ans, enfin je veux dire, dans quelques semaines, on va fêter les neuf ans du mouvement MeToo qui date donc d'octobre 2017. Et depuis octobre 2017, à chaque fois qu'une affaire de personnalité publique mise en cause pour violences sexistes, conjugales ou sexuelles, à chaque fois que ça sort dans la presse, il y a toujours, toujours les mêmes questions, toujours les mêmes réflexions sur les réseaux sociaux, dans les commentaires sous les articles, autour de soi ou dans les médias. Enfin, c'est toujours les mêmes réflexions du grand public ou des professionnels de l'information qui sont, Celle-ci, elle fait ça pour la gloire, elle fait ça pour l'argent. En portant plainte, elle détruit sa vie. Et pourquoi elle n'a pas porté plainte plus tôt ? Et le tribunal médiatique et la cancel culture. Et donc, moi j'ai l'impression en fait que le grand public, que la majorité des gens vivent dans un monde qui n'existe pas. Parce qu'en fait, personne ne porte plainte pour l'argent, pour une simple et bonne raison, c'est qu'en France il n'est pas possible. devenir millionnaire en portant plainte contre quelqu'un. En fait, on est tous et toutes tellement imbibés de culture américaine par le biais des fictions qu'on voit, que ce soit au cinéma, dans les séries, etc., qu'on s'imagine qu'un accord va être signé entre les parties, avec des chèques à des millions d'euros. Ça n'existe pas en France, en fait. Non seulement ça n'existe pas, mais en plus c'est illégal. On ne peut pas acheter la non-tenue d'un procès, ou faire un arrangement comme ça entre avocats, ça n'existe pas. Ça n'est pas possible. Donc ça, c'est une première chose. Personne ne fait ça pour la gloire non plus, parce qu'en fait, quelle gloire y a-t-il à voir son nom publiquement affiché dans les médias de la France entière, à côté d'une affaire sordide et de détails qui le sont tout autant ? Personne n'a envie d'être connu pour être une victime de viol, en fait. On nous accuse aussi de détruire les vies des personnes qu'on met en cause en parlant, mais en fait, les carrières brisées, moi, je n'en connais pas beaucoup, je n'en connais même pas. de personnalités publiques dont la carrière a été brisée après des accusations, qu'ils aient été classés sans suite, condamnés, acquittés, enfin voilà, je n'en connais pas. Le tribunal médiatique, en fait, il ne condamne que les victimes, et la cancel culture, encore une fois, ça n'existe pas. Donc en fait, moi j'ai voulu reprendre tous ces poncifs dont j'ai fait des chapitres. Donc mon premier chapitre s'appelle « Elle fait ça pour la gloire » , le deuxième « Elle fait ça pour l'argent » , etc. Et en fait, je démontre chiffres à l'appui, statistiques à l'appui, études scientifiques à l'appui et surtout autres témoignages aussi, parce que je suis allée voir 14 autres personnes concernées par ces affaires-là, autant que moi, donc 14 autres personnes dans 14 autres dossiers emblématiques pour avoir un petit peu leurs témoignages sur ce qui se passe dans leur vie une fois qu'elles ont porté plainte. Et la conclusion, c'est que ça fracasse nos vies. Et très, très rarement. quasiment jamais celles des personnes que l'on met en cause. Donc, voilà. En fait, ma démarche, c'était vraiment de faire de la pédagogie, d'expliquer avec à la fois des chiffres qui sont un peu froids, c'est jamais très agréable de lire des chiffres, mais aussi avec des témoignages qui rapportent un petit peu de chaleur humaine et d'histoire tout simplement singulière pour démontrer que tout se recoupe, que en fait, vraiment, à chaque fois qu'une affaire sort, les gens disent, ils font ça pour la Merci. gloire et l'argent, qu'on ne puisse plus dire, ah bah oui, effectivement, il y a un doute sur cette personne, elle fait ça pour la gloire et l'argent. Voilà, c'est bon, vraiment, je suis dans une démarche de pédagogie et je veux aussi que ce livre, il soit un game changer dans les affaires MeToo pour qu'en tant que société, on se rende compte que c'est insupportable d'avoir toujours ces mêmes poncifs, ces mêmes paniques morales, parce que ce sont des paniques morales, ces mêmes stéréotypes qui sont la plupart du temps sexistes, et qui partent du principe qu'une femme manipule ou ment ou veut se venger, alors que ça n'est jamais le cas. Voilà, c'est ma démarche.
- Speaker #0
Merci Florence. Est-ce que toi tu t'attendais à ce qu'en allant interviewer 14 autres victimes qui ont porté plainte contre des hommes puissants, est-ce que tu t'attendais à ce qu'elles aient le même vécu que toi, qu'elles aussi, tu parles de ça a fracassé nos vies, est-ce que tu t'attendais à ça ?
- Speaker #1
Pas du tout. C'est-à-dire que moi, j'ai voulu choisir mon échantillon de témoins le plus divers possible. C'est-à-dire que je suis allée voir des femmes qui ont porté plainte pour viol, mais aussi pour harcèlement, mais aussi pour agression sexuelle ou diffamation ou injure sexiste. Et un homme aussi, parce qu'il y a un homme dans mes 14 témoins, dans l'affaire Morandini. Et donc, je voulais l'éventail des infractions pénales le plus large possible pour savoir quelles étaient les conséquences. et s'il y avait... Enfin, voilà. En fait, je voulais vraiment… être large. Et je tenais aussi à avoir des relax, des condamnations, des non-lieux, des classements sans suite, des affaires en cours pour effectivement voir s'il y avait vraiment des similitudes parmi toutes les histoires, et bien conclure au fait que, quelle que soit l'infraction dénoncée et quelle que soit l'issue judiciaire, si tout le monde racontait la même chose, ça voulait dire que, en fait, ça fracasse vraiment tout le monde. Et c'est en l'occurrence ce que j'ai réussi à démontrer. Et je ne m'attendais pas à ça. Vraiment, je ne m'attendais pas à ça. Je m'attendais que ce soit proportionnel à la gravité des faits dénoncés, par exemple. Eh bien, ça n'est pas forcément le cas. En tout cas, en termes de conséquences dans la vie des victimes. Je m'attendais que les classements sans suite ou les relax, etc. soient plus mal vécus que des condamnations. Là, pareil, c'est nuancé. Enfin, tu vois, en fait, j'ai été vraiment frappée par le tsunami que c'est dans la vie des victimes de de faire appel à la justice, de dénoncer quelqu'un, et puis aussi de voir à quel point la médiatisation fait des ravages, en fonction des dossiers plus ou moins que la justice. Et c'est vraiment ça m'a frappée, et d'ailleurs j'aurais pu aller voir plus de personnes, j'avais sollicité beaucoup plus de personnes, et à un moment moi-même je me suis dit mais en fait je ne peux plus, je ne peux plus rencontrer des personnes, parce qu'à chaque fois moi je ressors de ces entretiens, je ne suis pas bien, je mets quatre jours à m'en remettre, c'était beaucoup beaucoup plus lourds que ce que j'avais vraiment imaginé. Donc, j'ai été moi-même surprise de la lourdeur de ces expériences, alors que je l'ai vécu moi-même. Et je ne m'attendais vraiment pas à ça.
- Speaker #0
Waouh, tu parles de tsunami, tu parles de fracasse nos vies. Concrètement, c'est quoi le coup de porter plainte contre un homme puissant ? Est-ce que tu peux nous décrire un petit peu plus, pour qu'on comprenne, c'est quoi ce tsunami, justement ?
- Speaker #1
Oui. Alors, bien sûr, ça dépend des dossiers, ça dépend des personnes, ça dépend des faits, ça dépend des infractions, ça dépend des issues judiciaires, etc. Ça dépend de beaucoup de choses. Mais globalement, il y a eu des conséquences systématiques dans la vie des personnes. Et ces conséquences, elles se retrouvent dans la vie professionnelle, qui est soit freinée, soit arrêtée nette. soit les personnes doivent se reconvertir. Il y a vraiment des conséquences dans la vie professionnelle. Il y a des conséquences dans la vie de couple. Certaines personnes divorcent. Ce n'est pas toujours le cas, mais il y a beaucoup de cas quand même. Ça a des conséquences dans la vie amicale. Je ne connais pas un dossier où personne n'ait perdu un ami, par exemple, ou des amis. Ça a des conséquences dans la vie sociale, parce qu'en fait, c'est très difficile d'être vu comme une victime de viol. Et puis, parfois, les gens nous croient plus ou moins, ou alors les gens, même s'ils nous croient, ils sont un peu gênés, donc ils finissent par disparaître. Ça, c'est un peu compliqué. Et il y a évidemment, puisqu'il y a des conséquences dans la vie professionnelle, il y a des conséquences dans la vie économique, puisque si une carrière est freinée, arrêtez. ou qu'on doit faire une reconversion, forcément, c'est moins de revenus. Et tout le monde n'a pas un conjoint pour soutenir. Ça peut vraiment devenir très, très compliqué. Et puis, bien sûr, il y a la violence de la justice quand les personnes portent plainte. Et il y a la violence des médias. Donc, en fait, tout ça accumulé, ça fait que c'est extrêmement compliqué à gérer. Est-ce que j'oublie des aspects ? Ah oui, bien sûr, la santé physique et la santé mentale. Mais alors ça, c'est terrible. C'est terrible. G. énormément de témoignages de personnes qui ont tenté de se suicider, par exemple. Et quand bien même elles ont été entendues par la justice et que ça s'est bien passé judiciairement pour eux, mais en fait, ça c'est tellement violent tout ça qu'il y a quand même des tentatives de suicide. C'est pour ça que je dis qu'en fait, moi je m'attendais à ce que ce soit proportionnel à la gravité des infractions, peut-être que proportionnel aussi à la manière dont la justice nous a accueillis, nous a entendus ou pas, mais en fait, pas du tout. Pas du tout. Moi, je pense notamment à Antoine, qui a porté plainte contre Jean-Marc Morandini. Morandini qui a été définitivement condamné pour corruption de mineurs, notamment sur Antoine. Il a été condamné deux fois puisqu'il a fait appel. Et Antoine a fait une tentative de suicide après le premier procès, quand bien même Morandini avait été condamné. Mais parce que ça avait été tellement dur. Et on se sent tellement seul dans ces moments-là. Et c'est ça qui est terrible. C'est ça qui est terrible. C'est que même des personnes beaucoup plus âgées, parce qu'Antoine, il était tout jeune quand c'est arrivé, il avait 14 ans, les procès, il était jeune adulte, on peut se dire, il est jeune, il est fragile. Oui, mais Sandrine Rousseau, par exemple, quand elle a parlé à la presse dans l'affaire Beaupin, ça a été tellement violent qu'elle aussi a fait une tentative de suicide. Et elle était mère de Fanny, elle était beaucoup plus âgée qu'Antoine. Et en fait, c'est vraiment... C'est ça qui est très frappant, c'est que de voir des personnes d'âges différents, avec des infractions pénales de gravité différentes, avec un dépôt de plainte ou pas, à quel point ça a des impacts sur la santé physique, sur la santé mentale et sur la vie en général.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
je suis désolée, ce n'est pas très léger comme sujet, mais en fait, je tiens vraiment à témoigner de ça, à témoigner du fait que personne ne porte plainte. contre une personnalité publique parce que ça lui fait plaisir, elle se lève comme ça un matin en se disant tiens, qui est-ce que je vais faire chier aujourd'hui pour avoir un peu d'argent ? Ça n'existe pas, ça. Ça n'existe pas. Ça n'existe pas. Et en fait, porter plainte, c'est... Un sacrifice, finalement. Et ça ne devrait pas l'être. Parce qu'en plus, il y a cette injonction, comme tu dois le savoir, il y a cette injonction sociétale pour les victimes à aller porter plainte, à aller s'adresser à la justice. Oui, mais quand je vois les conséquences que ça a, à un moment... Enfin, voilà, les plaintes sont déposées. Mais en fait, qu'est-ce qu'on fait en tant que société pour protéger les victimes de la violence que ça peut induire dans tous les aspects de leur vie ? C'est vraiment une question que je me pose.
- Speaker #0
Tout à fait. Et quand bien même ce serait bien fait, c'est-à-dire qu'on arriverait à protéger les victimes, à un moment donné, déjà, ça n'efface pas ce qui a été fait. Donc, comment vraiment réparer ça ? Et puis, ça n'empêche que, surtout si on parle de quelque chose qui a été fait dans un cadre plus ou moins professionnel, ça va avoir un impact. On le voit aussi avec... Je transpose à un contexte d'entreprise un peu classique. Plus on s'attaque à une personne qui est haut placée, plus ça met en difficulté la personne qui est victime, quand bien même elle a toutes les preuves. Parce qu'en fait, cette personne qui est haut placée a donc une forme de pouvoir et a une forme de levier sur l'entreprise. Et donc finalement, c'est la personne victime. qui va être bougée, déplacée pour la protéger. Mais c'est à elle de tout reconstruire, de faire ses preuves ailleurs et de partir comme celle qui a des problèmes. La nana a un problème.
- Speaker #1
Mais bien sûr, dans l'exemple de Sandrine Rousseau, par exemple, elle a porté plainte. Elle a d'abord parlé à la presse, puis porté plainte contre Denis Bopin, qui faisait partie de son parti politique. Elle, à l'époque, elle n'était personne. Elle n'était pas très connue. Enfin, voilà, à part... localement, là où elle était, à Lille, de mémoire. Denis Bopin, c'était le vice-président de l'Assemblée nationale. C'était un cadre des Verts, c'était un haut placé dans les Verts. Et en fait, elles étaient plusieurs. C'est pour ça qu'elles ont parlé, c'est parce qu'elles étaient plusieurs. La plainte a été classée sans suite pour cause de prescription. Cela dit, lui, il les a attaquées en diffamation et il a perdu. Il a perdu, notamment, mais en plus, il a été condamné pour procédure abusive. Malgré tout ça... Et malgré tout ça, Sandrine Rousseau a dû quitter le parti. Elle a quitté la politique. Elle a arrêté la politique. Enfin, voilà.
- Speaker #0
Et son mariage a volé en éclats.
- Speaker #1
Et son mariage a volé en éclats. Elle a divorcé. Elle a fait une tentative de suicide. Enfin, ça a été terrible pour elle. Terrible, terrible. Alors, il s'est passé plusieurs années avant qu'elle revienne en politique. Mais n'empêche qu'elle n'aurait jamais dû avoir à subir tout ça. Elle aurait dû être protégée par le parti, en fait. Ça n'a pas été le cas. Ça n'a pas été le cas. Et donc, voilà, oui, c'est un vrai problème. Mais c'est parce qu'il y a toujours dans ces affaires, alors moi, j'ai travaillé sur les affaires MeToo, donc les affaires médiatisées qui comportent des mises en cause, qu'ils soient des personnalités publiques. Mais si on fait encore le parallèle avec le cadre de l'entreprise, c'est toujours des cas asymétriques. C'est-à-dire que souvent, la victime est une femme en bas de l'échelle, une femme inconnue dans le cadre des personnalités publiques. Et puis, il y a une asymétrie terrible de pouvoir et de domination, de pouvoir symbolique, dans le cas d'une célébrité, par exemple, entre le mis en cause et sa victime. Et donc, forcément, quand il y a une asymétrie comme ça, de pouvoir, c'est forcément la victime qui trinque. C'est dans une entreprise comme dans le cas des affermis tout, par exemple.
- Speaker #0
Et puis, d'ailleurs, c'est souvent une ligne de défense des personnes accusées, de dire, ben, Je peux avoir n'importe qui. Elle est demandée. Ce n'est pas Claire Chazal qui a été agressée. C'est toujours...
- Speaker #1
J'en sais rien. On n'en sait rien. En tout cas, voilà. Mais c'est sûr, de toute façon. Au sein de TF1, moi, je n'étais pas salariée de TF1. Moi, j'ai rencontré Patrick Poivre d'Arvoire à TF1, mais parce que je le connaissais plus comme écrivain que comme présentateur du JT. Mais cela dit, de nombreuses victimes étaient journalistes dans la rédaction de TF1. Et ce qu'elles racontent, c'est qu'il était absolument hors de question pour certaines d'entre elles qu'elles aillent se plaindre à qui que ce soit parce qu'elles étaient dans la rédaction et lui, c'était Patrick Poivre d'Arvor. Et qu'elles savaient bien qu'elles ne seraient pas protégées et qu'en fait, parler, c'était se tirer une balle dans le pied. C'était mettre fin à leur carrière quasiment. Donc c'est pour ça qu'elles n'ont pas parlé. Mais d'autres ont parlé. D'autres ont parlé, sont allés voir les RH, sont allés voir leurs supérieurs, ont parlé. Aucun cas ne se ressemble, même dans une même affaire, tous les cas sont différents. Enfin voilà, c'est compliqué, mais en tout cas, ce qui revient, c'est qu'il y a toujours des conséquences dans la vie des victimes, qu'il y en a très rarement dans la vie des mises en cause, et que ce sont les victimes qui sont sacrifiées. soit qui s'autosacrifient en déposant une plainte, comme malheureusement moi je l'ai fait, soit qui sont sacrifiés par une hiérarchie, par un système qui est violent pour les victimes, qui ne les protège pas, soit par des proches qui ne les croient pas. Il y a des tas de raisons d'être violentés quand on se met à parler de choses qu'on a subies, de violences qu'on a subies.
- Speaker #0
Justement, tu parles de s'autosacrifier en portant plainte. quand on fait cette démarche D'aller porter plainte, qu'est-ce qui est le plus difficile à vivre ?
- Speaker #1
C'est une bonne question. Si on prend mon cas, ce qui a été vraiment très difficile, c'est… Alors moi, il y a plusieurs manières de porter plainte. Soit tu vas dans un commissariat de police, soit tu vas dans une gendarmerie, soit tu écris au procureur. Moi, je ne voulais pas pousser la porte d'un commissariat ou d'une gendarmerie. Donc, avec mes avocats, on a décidé qu'on écrirait une plainte et qu'ils iraient la déposer dans le bureau de la procureure. Comme c'était un dossier sensible, ça a pu se faire comme ça. Ce qui a été le plus difficile, c'était vraiment, quand j'ai pris la décision, c'était entre le moment de la prise de décision et le moment où la plainte a été déposée, il a fallu l'écrire, cette plainte, et donc apporter les preuves, etc. Donc la constituer, écrire mon histoire, apporter les preuves. Et donc, il a fallu que je me replonge dans ces années dans lesquelles je n'avais pas du tout envie de replonger, donc entre 2004 et 2009, et aller rechercher dans mes archives papiers, dans mes archives numériques, n'importe quelle preuve qui pouvait... attester des faits que je dénonçais. Il a fallu aussi que j'appelle des personnes avec qui je n'avais pas parlé depuis parfois 15 ans pour savoir si elles acceptaient de faire une attestation de témoin, par exemple, versée à la plainte, donc un papier tout à fait officiel où tu notes que tu dois dire la vérité, sinon tu risques la prison et tout. Enfin, c'est un truc un peu costaud quand même, tu vois. Donc ouais, tout ça, ça n'est pas une période très agréable parce que tu n'as pas du tout envie de te replonger dans ces années. poisseuse, où t'as été agressée, où t'essayais de t'en sortir et tout. Par contre, une fois que la plainte est déposée, moi, je sais que j'ai eu un gros soulagement, parce que enfin, cette histoire, je la déposais entre les mains de la justice et que c'était un poids en moi sur les épaules. Il y avait quelque chose de... OK, maintenant, c'est à la justice de gérer. Ça n'est plus totalement de ma responsabilité. Donc, ça, c'était plutôt chouette. Maintenant, c'est sûr que, quand j'ai déposé plainte, j'avais peur parce que je savais que À un moment ou à un autre, ça sortira dans la presse. C'est eu égard à la personnalité publique que j'attaquais. Et que ça risquait d'avoir un impact sur ma carrière. Mais j'étais loin de m'imaginer ce que j'ai vécu après. Ça c'est sûr. Bien sûr, j'avais peur, il y avait un risque pour qu'il y ait des conséquences. Mais je n'aurais jamais imaginé les conséquences que ça a eues. C'est-à-dire que moi, ma carrière s'est arrêtée du jour au lendemain. Voilà, tout simplement. Donc, c'est vraiment... En fait, maintenant, je parle de sacrifice, mais à l'époque, je n'avais pas ce mot-là en tête. C'est bien sûr avec cinq ans et demi de recul que je sais que c'en est un. Mais sur le moment, moi, j'ai fait ce que j'avais à faire. J'avais besoin de déposer cette plainte et je l'ai fait parce que j'en avais besoin personnellement pour moi, pour avancer.
- Speaker #0
J'ai l'impression qu'il y a deux choses qui ont été les plus difficiles à vivre. Sur le moment, c'est de se replonger dans les faits pour pouvoir constituer un dossier. une plainte et aller fouiller dans des événements traumatisants, clairement. Un passage qu'on n'a pas forcément vu. On est bien content d'avoir ficelé et planqué dans le garage, on va dire.
- Speaker #1
C'est exactement ça.
- Speaker #0
J'imagine tout à fait. J'ai été cyber harcée pendant quatre jours. Par rapport à quatre ans, c'est minime. Et pourtant, pareil que toi, quand il a fallu... faire les screenshots alors que tout était là puisque c'était la semaine d'avant. Rien que ça, c'était très dur. Je ne sais pas si ça te faisait, mais moi, j'avais une sorte d'évitement où les emails de l'avocate, je les oubliais.
- Speaker #1
Oui, il y a certains documents que j'ai versés à ma plainte. Par exemple, des poèmes, notamment des poèmes érotiques que je lui avais envoyés et que je n'ai jamais réussi à relire. J'ai envoyé le fichier à mes avocats en leur disant « voilà, il y a ça » . Je ne sais pas ce qu'on en fait, mais il y a ça, ça existe. Je les ai envoyés, mais moi, je ne veux pas les relire. J'ai réussi à en lire quelques-uns, mais pas tous encore. Oui, c'est très compliqué. Il y a ça d'une part, et puis il y a ce que... tu dis ce qui vient après, auquel tu ne t'attendais pas à ce moment-là,
- Speaker #0
qui est l'arrêt professionnel.
- Speaker #1
Pas à ce point, en tout cas. Pas à ce point. Parce qu'en fait, le truc, c'est que moi, j'étais vulgarisatrice scientifique. Et si tu veux, ma carrière était basée sur mon image et ma réputation. Et aussi, en grande partie, sur le fait que j'étais... J'étais très présente sur les réseaux sociaux, j'avais une communauté de plusieurs dizaines de milliers de personnes, je crois que j'avais 50 ou 60 000 followers sur Twitter, un truc comme ça. Et donc, ma carrière était basée sur mon image, sur ma réputation, et sur ma réputation de personne rigoureuse en ce qui concerne les faits que je traitais. Et donc, à partir du moment où mon nom a été attaché à une affaire MeToo, à une affaire de violence sexuelle, et à partir du moment... où Patrick Poivre d'Arvor et sa défense sont allées dire médiatiquement que j'étais une menteuse, que j'étais une folle, que je faisais ça pour vendre mon livre, enfin bon bref, que c'était n'importe quoi tout ça, forcément je me suis dit bon ça va pas être terrible, et en fait je me suis dit mais... C'est juste un moment, et puis après, ça va passer. Enfin, je veux dire, j'avais dix ans de carrière derrière moi. J'étais vraiment une figure, c'est toujours un peu bizarre de dire ça de soi-même, mais un peu incontournable de la vulgarisation scientifique en France, en tout cas sur les sujets que j'occupais. Et en fait, je me suis dit... Tu peux le dire,
- Speaker #0
tu peux le dire.
- Speaker #1
Ouais, non, c'est toujours un peu délicat, mais je pensais sincèrement que j'avais assez fait la preuve de mon sérieux. de ma rigueur, de ma colonne vertébrale, de mes compétences en fait, et dix ans d'expérience que je me suis dit, bon ben voilà, c'est juste un mauvais moment passé, peut-être que pendant quelques mois je vais avoir moins de boulot, et puis ça va repartir. Ben c'est jamais reparti.
- Speaker #0
Et comment tu te l'expliques ? Les gens avec qui tu collaborais, ils ont expliqué, ils ont justifié leur choix ? Ou c'est juste qu'ils ont fait le silence radio du jour au lendemain ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. C'est ça qui est le plus difficile à vivre. C'est qu'à part quelques exceptions, par exemple, je pense aux six jours, cinq ou six jours après mon dépôt de plainte, j'ai appris par hasard que j'étais remplacée dans un festival dans lequel je travaillais depuis des années. Et je l'ai appris par hasard. Et j'ai été remplacée, en l'occurrence, par un ami à moi. Alors, heureusement, c'est une personne très, très bien. Et je suis très contente que c'est lui qui ait récupéré le poste. Mais il m'a dit que la personne qui l'avait remplacée lui avait dit « Non mais Florence, on ne peut plus l'appeler parce que sa présence ferait mauvaise presse. » Donc, il n'a pas fallu six jours après mon dépôt de plainte pour que je sois déjà remplacée sur ce type d'argument. Donc, ça, c'est un premier coup de poignard dans le dos. C'est une première trahison. Mais en fait, c'est une exception dans le sens où mon téléphone n'a juste plus sonné. Je n'ai plus reçu de mail. Et quand j'ai sollicité, quand moi j'ai été proactive, parce qu'en fait, il y a des années avant ma plainte, je refusais bien plus de projets qu'on ne m'en proposait, parce que j'étais tellement sollicitée que je ne pouvais pas accepter tout. Et donc, je n'étais pas proactive. Pendant des années, je n'ai pas été proactive, parce que je recevais des projets et donc je n'avais pas besoin de lettres. Mais au bout d'un quelques mois, j'ai recommencé à lettre et en fait, je n'ai jamais vraiment reçu de réponse ou des gens qui répondaient à côté en disant, peut-être, je ne sais pas, on va voir. Et en fait, non, ça n'est pas aussi clair qu'un employeur qui te dirait « Bon, ben voilà, madame, on vous licencie. » Ou alors, on fait un départ, je ne sais pas à quels sont les termes, parce que je n'ai jamais vraiment vécu en entreprise, mais tu sais, quand on démissionne et qu'on négocie… Une rupture conventionnelle. Une rupture conventionnelle. Merci beaucoup. Le monde du travail et moi, c'est un peu compliqué. Moi, je suis une salte à banque. Donc oui, ça n'est pas aussi net, précis et daté que ça. C'est-à-dire que moi, il m'a fallu des mois pour…
- Speaker #0
comprendre, voire plusieurs années, pour comprendre que c'était vraiment fini, la vulgarisation scientifique, pour moi. Et donc, c'est seulement... J'ai porté plainte en 2021, j'ai encore eu quelques contrats jusqu'en 2022, mais déjà, dès 2021, ça n'était plus suffisant pour vivre. Il a fallu que je prenne un CDD alimentaire fin 2021 pour vivre, tout simplement, pour payer mes factures, pour vivre. Mais c'est qu'en 2024, Un truc comme ça que je me suis rendu compte qu'en fait, la vulgarisation scientifique, pour moi, c'était terminé en 2022. Parce qu'entre 2022 et 2024, j'ai essayé de faire des projets et en fait, ça n'était plus possible. Et donc, je crois, il me semble que c'est en 2024 que je me suis dit OK, c'est terminé. Et c'est compliqué parce qu'il n'y a pas de pot de départ. C'est difficile de faire ton deuil alors que rien n'est vraiment... On dit officiellement, tu vois, c'est jamais très agréable d'être licencié ou de négocier une rupture conventionnelle. Mais au moins, tu peux, si les conditions ne sont pas trop mauvaises, faire un pot de départ. Il y a une date à laquelle tu pars, etc. Mais moi, je n'ai pas eu ça. Et donc, il a fallu que je me le crée, tu vois. Et à un moment, je me suis dit, bon, ben voilà, c'est fini. Je me dis à moi-même que c'est fini. J'ai mis quelques semaines, quelques mois à le dire officiellement, tu vois, sur mon compte Instagram. Parce qu'en fait, c'est toute une communauté. derrière moi c'était une chaîne à quasiment 100 000 abonnés, une chaîne YouTube à quasiment 100 000 abonnés, encore une fois 70 000 personnes qui me suivaient sur tout réseau, c'est confondu, c'est plusieurs livres que j'ai écrits, c'est toute une communauté que j'avais avec moi. Donc il a fallu que je fasse une annonce officielle en disant c'est terminé, je tourne la page. Et pas de pot de départ, c'est des liens qui se sont distendus avec des gens avec qui j'avais noué des liens d'amitié, des trucs comme ça, et donc c'était difficile. Et... Et en fait, j'avais besoin d'un petit rituel symbolique, d'une petite cérémonie pour vraiment clore ce chapitre de ma vie. Et j'avais que des idées glauques, genre écrire tous les meilleurs souvenirs sur un bout de papier, puis les brûler dans mon jardin, une sorte de cérémonie. Je me suis dit, mais non, mais c'est horrible en fait. La situation est déjà assez tragique comme ça. C'est assez triste, donc bon, bof, je ne vais pas en rajouter. Et en fait, je me suis dit que ces dix ans, je n'étais pas destinée à les vivre, parce que moi, j'ai un bac littéraire. Je n'étais pas destinée à écrire des livres sur la physique quantique. Et à rencontrer des gens qui avaient passé trois jours sur la Lune. Donc, ça, c'était quand même merveilleux. Et je me suis dit, j'ai passé dix années merveilleuses, que je n'étais pas destinée à vivre. Je veux être dans la gratitude et dans la joie. Et je me suis dit, la gratitude, c'est ça. Et en fait, tout simplement, j'ai envoyé un texto à la personne sans qui je n'aurais jamais pu faire ces dix ans de vulgarisation scientifique, pour lui proposer d'aller boire un verre. Et en fait, je voulais le remercier. Voilà, ça avait commencé avec lui, parce que ce n'est pas lui qui m'a lancée, mais je veux dire, ces livres m'ont tellement marquée que sans ces livres, en fait, je n'aurais jamais fait de vulgarisation scientifique. Et il se trouve qu'au début, c'était quelqu'un que j'admirais, et en fait, c'est devenu un père, P-A-I-R. Donc du coup, j'ai pu lui offrir un verre, lui raconter tout ça, et lui dire, si je te dis à toi que c'est fini, ça veut dire que c'est officiellement fini. Donc merci pour tout, et c'est terminé. j'avais peur c'était Soit hyper triste. Et en fait, il a été super. Il a été super. On a passé une heure ensemble et c'était très joyeux et ça m'a fait beaucoup de bien. Et voilà, c'était mon pot de départ à moi. Même si je regrette de ne pas avoir fait quelque chose de plus collégial avec les gens qui m'ont accompagnée ces dix dernières années et à qui j'aurais voulu... Enfin, que j'aurais voulu vraiment... Voilà, retrouver tous ensemble et faire un peu ce bilan et faire une sorte de fête, quoi. Je l'ai fait un peu en secret, dans un café, avec une seule personne. Et je trouve ça dommage, finalement. Même si ça m'a fait du bien sur le moment, je trouve que ce n'est pas juste. Ce n'est pas juste.
- Speaker #1
Oui, je comprends. Oui, bien sûr. Et est-ce que c'est quelque chose que les personnes que tu as interviewées, les 14 autres personnes, rapportent elles aussi ?
- Speaker #0
Alors, ça dépend des cas.
- Speaker #1
Cet impact aussi grave sur leur vie professionnelle.
- Speaker #0
Oui, oui. Sandrine Rousseau a dû quitter la politique, par exemple. Je parlais d'Antoine tout à l'heure dans l'affaire Morandini. Lui, en fait, comment il a contacté Morandini ? En fait, parce qu'il voulait faire un stage de troisième. Voilà. Ah oui, oui. Non, non, mais on est dans ce type de dégueulasserie. Ben oui, c'est de la corruption de mineurs, c'est ça. Et en fait, c'est comme ça qu'il l'a contacté, parce qu'il voulait travailler dans l'audiovisuel. Bon, ben, après cette affaire, terminer l'audiovisuel. Il a laissé tomber l'idée de travailler dans l'audiovisuel, tu vois. En fait, ce n'est pas une carrière qu'il a perdue, mais c'est des aspirations qu'il avait en tant qu'adolescent, d'une carrière dans l'audiovisuel, qu'il a laissé tomber.
- Speaker #1
Et puis c'est son innocence quelque part aussi. Tout à fait. Il m'a arrivé en se disant « waouh, il m'a répondu, il m'a invité » . C'est fou quand même.
- Speaker #0
Bien entendu. Non, non, mais c'est immonde. C'est immonde. Donc oui, je parlais juste de l'aspect professionnel, de ce qu'il imaginait faire comme étude.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Et dans quel domaine. Il y a aussi des personnes qui sont tellement traumatisées par les effets qu'elles ont vécu. et et par le fait de devoir se remettre dedans, qu'elles ne sont pas capables de travailler à temps plein. Je pense par exemple à Aude, qui a porté plainte contre Gérard Miller, qui est psychologue. Elle, pendant longtemps, elle n'a pas pu travailler à temps plein parce que c'était trop compliqué pour elle à la fois d'être dans la mémoire traumatique et de travailler à aider les autres. Pareil, elle a perdu des revenus. C'est compliqué. C'est compliqué. Les seuls témoins pour qui la carrière n'a pas été impactée, c'est des témoins qui sont anonymes, qui sont restés anonymes dans la presse et qui sont restés anonymes auprès de leurs employeurs et auprès de leurs proches. C'est-à-dire que j'ai par exemple l'histoire de Chloé, c'est un nom d'emprunt. Chloé qui a porté plainte contre Damien Abad. À part son mari, personne ne sait. qu'elle a porté plainte contre Damien Abad. Son mari et quelques amis autour d'elle, c'est-à-dire que ses parents ne le savent pas. Ses parents ne le savent pas, son employeur ne le sait pas. Elle ne sait pas qu'elle fait partie des femmes, parce que plusieurs femmes ont porté plainte contre Damien Abad, qui est mis en examen pour tentative de viol, pas dans le dossier de Chloé, mais dans un autre dossier, et qui est présumé innocent. Donc, elle n'a pas eu d'impact dans sa carrière, parce que son employeur n'est pas au courant, parce que son nom n'est jamais sorti. Et elle,
- Speaker #1
comment elle le vit ? Parce qu'il y a une sorte de... de double jeu, c'est-à-dire qu'en permanence, dans sa vie, elle joue double. Oui,
- Speaker #0
elle ne le vit pas bien. Elle me donne cette anecdote, mais édifiante, de sa mère, je crois, sa mère et sa grand-mère, je ne sais plus. En tout cas, au moins sa maman, qui justement parlait de l'affaire Abad quand elle a éclaté, donc devant elle, devant Chloé. En disant, mais c'est n'importe quoi, elles font ça pour la gloire, elles font ça pour l'argent, enfin tout, voilà. Donc je raconte ça dans mon livre. Et ça, c'est super dur. Parce que Chloé était là en face et elle était consternée.
- Speaker #1
Et en même temps, c'est limite si ça la rassure. pas de ne pas avoir divulgué son identité.
- Speaker #0
Effectivement, à l'heure près, je pense que c'est d'autant plus difficile parce que se faire insulter, parce que c'est un petit peu ça, par sa propre mère qui ne sait pas qu'on est la victime en question, ça doit être vraiment bien plus violent que peut-être lui avoir parlé en lui disant « je fais partie de ces femmes » , je ne sais pas. Mais je trouve ça d'une violence absolument terrible. Donc en fait, rester anonyme pour la presse ou pour ses proches, Ça peut préserver une carrière, mais encore une fois, ça n'est pas non plus neutre dans le sens où ça peut provoquer des violences involontaires dans sa vie de tous les jours. C'est pour ça que je dis qu'il n'y a vraiment rien à gagner et tout à perdre à porter plainte ou à parler à des journalistes, d'autant plus si on parle sous son nom, et qu'il n'y a rien à gagner derrière. Malheureusement, il y a tous les risques pour qu'on subisse des violences supplémentaires. Et d'ailleurs, je ne sais pas si tu as entendu parler de cette expression, la victimisation secondaire, dans le cadre de la justice. La justice française a été condamnée par la Cour européenne des droits humains à plusieurs reprises pour victimisation secondaire. Donc la victimisation secondaire, c'est quand la justice, donc une institution, est violente envers les victimes. Donc la victime a été victime de violences, est victime une première fois à cause des violences qu'elle a subies, elle est victime une deuxième fois à cause de la justice, donc c'est pour ça qu'on dit victimisation secondaire. Et moi, ce que je théorise dans mon livre, c'est la victimisation tertiaire, la victimisation de la part des médias. Parce que souvent, la médiatisation est une violence, et pas du tout un soulagement ou une vengeance, ou ce qu'on entend de la part du grand public. Non, non, même quand elle est souhaitée, comme par exemple dans le cas de Sandrine Rousseau, c'est une violence, l'impact. de la médiatisation que ça a dans la vie des personnes. Donc voilà, moi je théorise aussi la victimisation tertiaire, donc la victimisation due aux médias, dans le cas des affaires MeToo, et donc vraiment, on a tout à perdre.
- Speaker #1
Maintenant que tu dis ça, si c'était à refaire, tu nous dis, portez plainte, on a tout à y perdre, est-ce que tu le referais ?
- Speaker #0
Bien sûr. Oui, sans aucun doute, sans aucune hésitation. Oui, je le referai. Bien sûr, je le referai malgré tout. Et pourtant, l'enquête préliminaire a été particulièrement violente pour moi, avec un classement sans suite à la clé. Maintenant, il est mis en examen. Donc, judiciairement, ça se passe mieux quand même. Mais la médiatisation a été d'une violence terrible. Moi, c'est pareil. J'ai failli passer par la fenêtre, par exemple. Donc, tu vois, je raconte ça dans le livre. Et j'ai perdu ma carrière. Et aujourd'hui, là, je n'ai plus assez de travail pour renouveler mes droits au chômage. Donc, dans quelques mois, je suis en fin de droit. Donc, ça sera le RSA et je n'ai quasiment plus d'économie. Donc, en fait, on en est là. C'est ça aussi. Et je ne compte même pas l'argent que je dépense pour cette procédure. Parce que je ne vis pas à Paris. Donc, à chaque fois, c'est des allers-retours à Paris. Le train, ça coûte cher. Il a fallu faire une consignation à la justice. Enfin, il y a tous les frais, en fait. Et puis, les psychologues, ils sont en Bercelle. Par la sécurité sociale, c'est des coûts démentiels, en fait, on ne se rend pas compte. Et encore une fois, je deviendrai très riche même si Patrick Poivre d'Arvoire est condamné un jour puisque les chiffres moyens en France des dommages et intérêts reversés aux victimes pour un viol sur une personne majeure, c'est entre 15 et 20 000 euros.
- Speaker #1
À peine de quoi rembourser l'avocat, quoi, en fait.
- Speaker #0
C'est ça. Et tous les frais annexes, par exemple, Chloé, dans l'affaire Abad, c'est pareil, elle ne vit pas en France. Donc, quand elle a une convocation judiciaire, il faut qu'elle revienne. Quand, par exemple, une jeune femme, la première à avoir porté plainte contre Norman, Norman le vidéaste, elle était québécoise, quand elle a été convoquée par la police française, il a fallu qu'elle se paye un billet d'avion pour venir. Dans mes témoins, j'ai les cas de Colline Berry, qui a donc porté plainte contre son père, Richard Berry, et le cas de Sophie Patterson, qui a porté plainte contre Gérald Darmanin. Elles en sont à plus de 100 000 euros. de frais de justice. Enfin, c'est délirant. Plus de 100 000 euros. Et ce n'est pas fini. Parce que Sophie Paterson est à la Cour européenne des droits de l'homme et parce que Colline Berry attend encore un procès en diffamation en juin. Donc, en fait, c'est... Et qu'en face,
- Speaker #1
il y a des personnes qui, du fait qu'elles ont du pouvoir, ont accès à des conseils d'un certain niveau.
- Speaker #0
Oui, c'est ça, c'est ça. Effectivement, il y a cette asymétrie de pouvoir et de moyens financiers qui font qu'en général, les mises en cause peuvent se payer les avocats les plus chers de la profession.
- Speaker #1
Et qui vont lancer plein d'actions, de diffamations, etc.
- Speaker #0
Exactement, des procédures baillons, plein de procédures baillons, que ce soit contre les victimes ou contre les journalistes, contre la presse, et qui vont être plus ou moins efficaces, d'ailleurs. Et évidemment, ça use en face. s'ayusent en face et puis les moyens financiers ne suivent pas forcément. Et puis voilà, c'est tout un tas de risques auxquels on s'expose. Alors, ils sont parfois plus limités que d'autres. Donc, ce n'est pas non plus dans toutes les procédures, il n'y a pas des procédures baillons, par exemple. Et puis souvent, les mises en cause se désistent de leurs procédures baillons en cours de route parce qu'ils font ça pour faire peur, mais ils savent très bien qu'en vrai... Au procès, ça va se retourner contre eux. Donc, on est quand même une petite jurisprudence beau pain dedans. Mais bon, ce n'est pas toujours le cas. Colline Berry, elle en a son quatrième procès pour diffamation. Enfin, c'est délirant. C'est délirant. Elle a été finalement relaxée, mais il en reste un. Bon, donc vraiment, c'est long. Et à la fin, oui, on perd beaucoup plus que ce qu'on ne gagne.
- Speaker #1
Mais alors, qu'est-ce qui fait que tu as répondu oui sans hésitation, que tu reporterais plainte ?
- Speaker #0
C'est fou parce que je suis... Non, oui, évidemment, je reporterai plainte. Mais toutes les... Alors, mon échantillon de victimes n'est pas représentatif parce qu'en l'occurrence, on est toutes sur la même longueur d'onde, tout est de sous, on le referait si c'était à refaire. Avec quelques nuances dans certains cas, mais en gros, personne ne regrette de l'avoir fait. Mais je sais qu'il y en a d'autres qui regrettent. Donc, mon échantillon n'est pas représentatif, mais c'est vrai que globalement, la raison, c'est parce qu'on avait besoin de le faire, tout simplement. pour avancer dans notre vie, pour dire à une instance officielle en fait, cette personne m'a fait du mal et j'aimerais qu'une instance officielle reconnaisse que cette personne m'a fait du mal et aussi, l'argument qui revient le plus souvent, c'est pour protéger les autres victimes, enfin pour protéger les femmes qui pourraient être victimes.
- Speaker #1
Il y a une forme de réparation personnelle et puis de...
- Speaker #0
Dans mon cas, moi j'ai fait ça pour me sauver moi-même. Parce que j'avais besoin de le faire au moment où j'ai appris que ce n'était pas prescrit, il fallait que j'y aille. Dans mon cheminement personnel, c'était ce que j'avais à faire et pour ça, je ne regrette absolument pas. Et c'est vrai que l'argument qui revient souvent, c'est que j'avais besoin de le faire et surtout, c'est parce que je veux qu'il n'y ait pas d'autres victimes. Donc, il faut que ça se sache et donc, il faut porter plainte. Et que la police enquête et retrouve les autres victimes et qu'ils soient empêchés de nuire, en fait.
- Speaker #1
Oui, je comprends.
- Speaker #0
et ça n'a rien à voir avec un désir de vengeance En fait, quand on porte plainte contre une personne, on ne porte pas plainte contre lui, on porte plainte pour nous et pour protéger d'autres. C'est souvent ce qui revient.
- Speaker #1
Oui. Et puis généralement, ce n'est pas non plus contre lui, mais c'est contre des actions, contre des agissements.
- Speaker #0
Bien sûr, on porte plainte contre une personne, mais pour une infraction pénale qu'il a commise. Évidemment que la personne ne se réduit pas à une infraction pénale qu'il aurait commise. Ça, c'est certain. Et c'est pour ça qu'on a besoin d'avocats de la défense pour défendre aussi les mises en cause. C'est évident. Et sans ça, il n'y a pas de justice, il n'y a pas d'État de droit. Donc, les avocats de la défense sont extrêmement précieux et moi, je suis très contente qu'ils existent. Donc, ça n'est pas la question. Mais en fait, s'il y a une infraction pénale qui a été commise, si on estime avoir été victime d'une infraction pénale, oui, effectivement, on porte plainte. Et l'objectif, c'est quand même que la personne, au bout du compte, soit jugée, même si statistiquement, Il y a très peu de dossiers qui vont... qui vont jusqu'au procès, malheureusement. Mais bon, une fois qu'on porte plainte, j'ai envie de dire qu'on n'a plus vraiment de contrôle sur la suite des événements. Nous, on ne fait que répondre aux convocations de la justice et aux actes d'enquête. Et ensuite, voilà, en tout cas, nous, on a fait la démarche et c'est à la justice de travailler. Mais en tout cas, oui, non, non, moi, je ne regarde pas une seule seconde et on est beaucoup à ne pas regretter. Et puis, il y en a... qui regrette quand même parce que c'est d'une telle violence qu'en fait, est-ce que vraiment ça va aller le coup ? Il y a des personnes qui répondent non. Et je peux parfaitement le comprendre.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu ferais différemment aujourd'hui ?
- Speaker #0
Ça, c'est une bonne question. Qu'est-ce que je ferais différemment aujourd'hui ? Il y a quelque chose qui me frustrait au moment où ça se produisait, mais je sais que c'était la bonne stratégie, donc je ne le referais pas différemment. Mais c'est vrai que quand les médias traitent ton affaire, quand les médias sont très très à charge contre toi, comme ça a été mon cas. C'est vrai que j'étais tellement frustrée de ne pas pouvoir leur répondre ou demander de droits de réponse ou m'exprimer sur mes réseaux sociaux pour dire que c'était vraiment... C'était pas possible de dire des choses aussi fausses parfois aussi, et aussi à charge. Et j'aurais voulu avoir la possibilité de me défendre, d'une certaine manière. Mais avec mes avocats et l'équipe qu'il y a autour de moi, la stratégie était de ne rien dire, de se taire et de laisser passer. Et c'est vrai que c'était très douloureux pour moi. Ça l'est toujours. Mais je sais que c'était aussi la bonne décision sur le long terme. Parce qu'encore une fois, ma démarche, elle est judiciaire. Et je ne voulais pas rentrer dans quelque chose de médiatique et donc répondre aux médias. par médias interposés, aux éléments que la défense a fait fuiter, etc., très à charge contre moi, et les journalistes qui n'ont pas fait leur travail derrière, bref, ou pas toujours. Et en fait, la stratégie, c'était non, mais il ne faut pas répondre. Et je sais que c'était la bonne chose à faire, et c'est pour ça que j'ai suivi ces conseils, parce qu'après tout, qui m'aurait empêchée de prendre mon compte Twitter et de faire un fil en balançant toutes les preuves que j'avais ? Enfin, rien, ils n'auraient pas pu m'empêcher, donc j'aurais pu le faire. Mais je ne l'ai pas fait parce que... Je savais qu'effectivement, garder le silence, c'était la meilleure chose à faire à long terme. Mais c'était très douloureux et ça l'est toujours un peu aujourd'hui. Donc voilà, je ne referai rien, je referai tout comme j'ai fait, mais c'est vrai que parfois, il y a des moments plus difficiles à vivre que d'autres quand on prend des décisions dont on sait qu'elles sont les bonnes à long terme mais qu'elles sont très douloureuses à vivre à court terme.
- Speaker #1
Et puis il y a cette fameuse victimisation tertiaire. C'est ça, effectivement.
- Speaker #0
Oui, oui, et je ne l'ai pas inventé juste parce que moi, j'ai souffert de la presse. Je l'ai inventé, je l'ai théorisé parce que c'est le cas dans beaucoup d'affaires. Dans l'affaire Berry, justement, Colleen Berry, Richard Berry, enfin, Colleen Berry, les médias ont été à charge contre elle, mais c'était terrible et ça l'est toujours aujourd'hui. Dans l'affaire Bayou, mais c'est délirant, c'est délirant. Et ça, j'y consacre plusieurs pages. Donc à Julien Bayou, un ex-député ELV qui a été accusé de violence psychologique par son ex-compagne. La violence contre son ex-compagne des médias a été terrible. terrible et sans aucun fondement parfois et souvent. Et donc, ça, c'est vraiment un cas d'école. Et donc, je décris vraiment les cas d'école dans le chapitre de la victimisation tertiaire en revenant vraiment en détail sur les affaires Colin Berry, Richard Berry plutôt, et l'affaire Julien Bayou parce que là, il y a vraiment quelque chose qui n'a pas été du tout. Et je pense que décrypter ça avec vraiment en citant les sources, en citant les citations, En mettant en exergue quel journaliste dans quel média et comment ça se répond, etc. Tout ça, ça fait un système. Je ne jette pas la pierre à un journaliste en particulier. C'est que ça se répond, tout ça. Et que les journalistes ne sont pas forcément formés à traiter ces affaires-là. Et donc, en décryptant tout ça, le but du jeu, ce n'est pas de me mettre la presse à dos. Le but du jeu, c'est de montrer à quel point ça peut devenir extrêmement violent sans aucune raison et qu'il y a des manières de traiter une affaire à charge et à décharge. en étant respectueux et en respectant certaines lignes, pour ne pas les franchir, justement, pour ne pas franchir de lignes rouges, que j'estime qui ont été franchies dans ces deux affaires-là. Et donc, c'est aussi une manière pour moi de faire de la pédagogie auprès des journalistes, auprès de la presse, pour dire, ben voilà, il y a deux cas d'école là, et il ne faut plus faire ça maintenant. Donc, il faut les analyser, il faut voir les erreurs qui ont été commises, il ne faut surtout pas les reproduire. Et moi, j'essaye d'amener ça. de dire, voilà, les erreurs qui ont été commises, s'il vous plaît, on peut faire autrement, en fait. Vous pouvez traiter l'affaire, on ne vous demandera jamais de ne pas faire votre travail. Au contraire, ce principe, c'est d'avoir des enjeux de démocratie, que la liberté de la presse soit totale, mais d'être formée pour traiter ces affaires-là de la meilleure manière possible.
- Speaker #1
Tout à fait, tout à fait. Eh bien, moi, j'ai hâte de lire ce chapitre et les autres. Je rappelle le titre. Parlez où se terre ce qu'il en coûte de s'attaquer à des hommes puissants.
- Speaker #0
Il est déjà en précommande, si je peux me permettre. Il est déjà en précommande.
- Speaker #1
Top, top. On va précommander ça. Et c'est déjà la fin de cet épisode. Je te remercie, Florence, d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #0
Merci à toi, Kauthar. C'était un plaisir puisque je t'écoute depuis de nombreux mois. Et donc, voilà, c'est toujours un plaisir de... de se trouver évidemment de l'autre côté du micro, en tout cas de l'enceinte, dans un podcast qu'on écoute.
- Speaker #1
Ah, je suis vraiment touchée. Merci beaucoup, Florence. Continuez à pulvériser tous les plafonds de verre. On se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode plein de puissance. Et voilà, c'est déjà la fin de notre rendez-vous. J'espère que vous repartez plus armés, inspirés et prêts à affronter vos défis avec audace et intelligence. Je suis Kaotard Trojette et vous avez écouté Toute Puissante. Continuez de pulvériser tous les plafonds de verre. A très bientôt pour un nouvel épisode plein de puissance.