Speaker #0Bonjour et bienvenue sur Toute Puissante, le podcast des femmes qui veulent tout et qui l'obtiennent. Je suis Kauthar Trojet, votre hôte, fondatrice du club de pouvoir, coach exécutif de dirigeante et experte des dynamiques de pouvoir. Ici, nous pulvérisons le plafond de verre, un épisode à la fois. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Toute Puissante. Aujourd'hui, c'est un épisode de coaching où je veux répondre à l'une de vos questions. Vous pouvez m'envoyer vos questions via le lien dans les notes de cet épisode ou par e-mail par exemple. Si votre question est sélectionnée, j'y répondrai dans un prochain épisode. Et avant de commencer, si vous appréciez ce podcast, laissez-nous 5 étoiles sur Apple Podcasts. Ça nous aide énormément à faire connaître Toute Puissante à d'autres femmes qui en ont besoin. Aujourd'hui, je réponds à Sophie, 42 ans, directrice de la transformation digitale dans une grande entreprise industrielle. Voici sa question. J'ai passé des mois à construire ma vision de transformation. Elle est claire, documentée, alignée avec la stratégie du groupe. J'ai fait des présentations, créé des supports visuels, organisé des ateliers. Tout le monde dit oui en réunion, mais dans les faits, aujourd'hui, je me rends compte que mes équipes ne suivent pas complètement. Il n'y a pas d'opposition frontale, mais une adhésion tiède. Les décisions sont acceptées avec réserve, l'engagement est minimal. Je ne comprends pas, qu'est-ce qui cloche dans ma vision ? Alors Sophie, je vais être directe avec vous, le problème n'est probablement pas votre vision. Et c'est très fréquent. Je rencontre cette situation régulièrement avec mes clientes dirigeantes, à tous les niveaux et dans tous les secteurs. Laissez-moi déconstruire trois idées qui vous empêchent peut-être de voir ce qui se joue réellement. La première idée reçue, C'est « si ma vision est claire, mes équipes suivront » . Vous avez tout fait, vous avez les slides, le storytelling, les messages alignés, et c'est nécessaire, mais ce n'est pas suffisant. Parce que comprendre intellectuellement une vision, ce n'est pas s'y engager émotionnellement. Et vos équipes peuvent parfaitement saisir votre direction et rester spectatrices. Le deuxième mythe, c'est celui du « je dois être plus inspirante » . Cette injonction. qu'on nous sert régulièrement à nous, les femmes dirigeantes, être plus chaleureuses, mieux communiquer, créer plus de liens. Résultat, un sur-effort relationnel et l'effet pervers qui va avec. Plus vos efforts sont visibles et plus votre autorité est perçue comme fragile. Et enfin, la troisième idée à challenger, c'est celle-ci. C'est une question de style de leadership. Non. Le leadership n'est pas ce que vous émettez, c'est ce qui est interprété. Et ces interprétations ne sont jamais neutres. Pour une même posture, la lecture sera radicalement différente selon qui l'incarne. Surtout quand vous êtes une femme dans un environnement majoritairement masculin. Et je passe si vous êtes en plus jeune ou maman ou racisé, etc. Alors Sophie, que se passe-t-il vraiment ? On va faire le diagnostic ensemble. Ce que vous décrivez, cette adhésion tiède, ces décisions acceptées avec réserve, ce n'est probablement pas un désaccord sur le fond, mais une évaluation silencieuse de votre autorité. Et voici le piège dans lequel vous êtes peut-être tombé. Plus vous expliquez votre vision, plus elle est disséquée. Plus vous ajustez votre discours, plus il semble négociable. En cherchant activement l'adhésion, Vous placez involontairement vos équipes en position de juge. Ce qui se joue ici, ce n'est pas la qualité de votre vision, mais probablement votre posture. La posture, c'est votre manière d'occuper votre place de décisionnaire. C'est votre rapport implicite au pouvoir. Est-il assumé ou négocié, voire quémandé ? c'est votre capacité à rester stable. face à la résistance. Et la posture précède toujours la vision. Spécificité importante pour vous, Sophie, et pour toutes les dirigeantes que j'accompagne, notre autorité féminine est plus souvent évaluée que présumée. Il y a des signaux faibles qui vont être surinterprétés. Une justification de trop, une pédagogie excessive, une hésitation apparente, une recherche du consensus. La question... implicite permanente dans la tête de vos équipes, c'est est-ce qu'elle assume vraiment son rôle ? Alors vous avez probablement une vision juste, une stratégie solide, une communication claire, mais une posture qui envoie malgré vous J'ai besoin que vous adhériez. » Et là, vos équipes jugent au lieu de suivre. Alors, concrètement, que faire ? Voici ce qui change quand on ajuste la posture sans toucher à la vision. Moins d'explications et plus de décisions assumées. Vous posez le cap, point, sans chercher à convaincre chaque personne individuellement. Moins de recherche de consensus, plus de clarté directionnelle. Le consensus... dilue la vision. Votre rôle n'est pas que tout le monde soit d'accord mais que la direction soit limpide et moins d'énergie dépensée à convaincre. Vous gardez votre énergie pour piloter, pas pour rassurer à tout prix. Ce qui se passe quand vous ajustez votre posture c'est que l'alignement est plus rapide, les désaccords sont plus clairs mais aussi plus sains Et ça crée un sentiment de sécurité accru dans l'équipe. Parce que paradoxalement, vos équipes ont besoin de sentir que vous êtes stable. Pas parfaite, stable. Les réactions typiques après ce travail de posture, ça va être « On sent que c'est clair. Même sans être d'accord, je vois la direction. » C'est plus simple de s'aligner. Et Sophie, l'erreur majeure à éviter, c'est de continuer à corriger votre vision alors que c'est votre posture qui est en jeu. Alors voici trois repères pratiques pour vous dès cette semaine. 1. Décidez sans vous justifier systématiquement. Vous allez observer combien de fois vous expliquez le pourquoi après avoir annoncé le quoi et essayez concrètement de réduire de moitié. 2. Vous allez accueillir le désaccord sans vous défendre. Avec une phrase toute simple comme par exemple « Je comprends ton point de vue » . La décision reste celle-ci, en restant stable. Et 3. Répétez le cap sans le moduler selon les réactions. Si vous changez de discours à chaque résistance, votre vision devient négociable. Ce n'est pas un problème de compétence, ni un manque de charisme, ni une invitation à faire comme les hommes. C'est un jeu d'interprétation du pouvoir, et vous pouvez apprendre à le maîtriser. Dans mon travail de coach exécutif, on travaille la posture avant de retravailler la vision. J'aide mes clientes dirigeantes à identifier les signaux faibles qui fragilisent leur autorité perçue, à occuper une place de pouvoir stable, lisible et non négociée. Parce que la posture ne se décrète pas, elle se régule à partir du système nerveux. Elle se construit. dans les micro-décisions du quotidien et dans votre manière de répondre à la résistance ainsi que dans votre rapport au conflit. Et voici ce que je veux que vous reteniez quand une dirigeante cesse de chercher à être suivie, ses équipes cessent de la tester. Et c'est là que le leadership commence vraiment. Et voilà, c'est déjà la fin de cet épisode. Merci d'avoir écouté. Si vous avez une problématique de coaching, soumettez-la via le lien dans les notes. et continuez de pulvériser tous les plafonds de verre. À très bientôt pour un nouvel épisode plein de puissance. Et voilà, c'est déjà la fin de notre rendez-vous. J'espère que vous repartez plus armés, inspirés et prêts à affronter vos défis avec audace et intelligence. Je suis Kaotard Trojette et vous avez écouté Toute Puissante. Continuez de pulvériser tous les plafonds de verre. À très bientôt pour un nouvel épisode plein de puissance.