Speaker #0Salut les tussettes et bienvenue dans Tuss et tout ou presque, le podcast qui donne la voix à vos ambitions. Moi c'est Carole Lacaze. Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler d'un truc qui, je pense, va vous parler aussi, mais peut-être aussi vous déranger un petit peu. Allez, zou ! Ça va vous déranger un petit peu parce que moi, ça m'a dérangé longtemps. Très longtemps. Parce que pendant des années, j'ai essayé de rentrer dans une case, la bonne case, puis je n'avais pas compris que je m'appelais la case déjà, donc je l'avais la bonne case. Vous savez, celle qui rassure, celle qui plaît, celle qui fait que les gens disent « Ah ouais, elle est bien, elle est comme il faut, elle est drôle. » Moi, c'est « elle est drôle » . Sauf que le problème, c'est que je ne savais même pas vraiment à quoi elle ressemblait cette case. Alors j'ai fait comme beaucoup. J'ai observé, j'ai ajusté, j'ai lissé mon personnage. Un peu moins de moi ici, un peu plus de ce qu'on attend là, un sourire en plus, je souris beaucoup, et une opinion en moins surtout. Et puis surtout, j'ai dit souvent oui. Alors dire oui, dire oui pour être aimé. Dire oui pour ne pas déranger. Dire oui pour ne pas perdre quelqu'un, quelque chose. Dire oui pour... exister. Parce qu'au fond, on nous apprend ça très tôt. On nous apprend à être raisonnable. À ne pas faire de vagues. À ne pas parler trop fort. Et moi, je parle fort. À ne pas prendre trop de place. Eh oui, j'en prends. Et quand vous êtes une femme, alors là, c'est encore plus subtil. On vous le dit rarement frontalement. Mais on vous le fait comprendre. T'es un peu trop là. T'es un peu trop là, quand même. T'es un petit peu trop direct, Carole. T'es un peu trop... Bah, je suis un peu trop moi, quoi. Alors, vous faites quoi ? Bah, vous vous adaptez. Et ça, c'est là le piège. C'est là où ça commence. Parce qu'à force de vous adapter, vous vous éloignez. Alors, pas des autres, mais de vous. Et ça, ça ne fait pas de bruit. Ça, c'est le pire. Ce n'est pas un grand effondrement. Ce n'est pas une crise visible. C'est silencieux. C'est le moment où vous ne savez plus trop. Ce que vous pensez vraiment. Le moment où vous demandez toujours l'avis des autres avant le vôtre. Potentiellement. Le moment où vous êtes fatigué. Sans savoir pourquoi. Eh bien moi j'ai vécu ça. Pendant longtemps. Et le plus fou, c'est que de l'extérieur tout allait bien. J'étais adapté, j'étais agréable, j'étais professionnel. Mais à l'intérieur, ça tirait. Parce que dire oui à tout, ce n'est pas neutre. Chaque oui que vous dites aux autres quand vous n'avez pas envie de dire oui, C'est parfois un non que vous dites à vous-même. Et ça, ça s'accumule. Un jour, vous dites oui à un projet qui ne vous parle pas, mais vous dites oui quand même parce qu'il n'y a pas le choix. Bah, s'il y a le choix. Un autre jour, vous dites oui à une relation qui vous épuise. Alors, on trouve en plein d'excuses, mais on dit oui. Encore un autre, vous dites oui à une situation qui ne vous respecte pas. On ne vous respecte pas. Parfois, vous pouvez même crier et tout ça, mais n'empêche, vous avez dit oui. Et petit à petit, vous vous trahissez. Alors, pas volontairement, mais sûrement. Puis un jour, il y a un moment qui n'est pas tout à fait spectaculaire, mais un moment où ça ne passe plus. Un moment où vous vous regardez vraiment. Et vous vous dites, mais en fait, je suis qui là ? Et ça, ça fait un choc. Parce que vous réalisez que vous avez passé plus de temps à devenir quelqu'un d'acceptable qu'à être quelqu'un de vrai. Et acceptable, ça ne passe pas quand même, de toute façon. Moi, ce moment, je l'ai eu. Je ne vais pas vous mentir, ce n'était pas très confortable. Parce que derrière cette prise de conscience, il y avait une décision, une vraie décision. Une décision qui va changer les choses. Celle de devenir vous. Pas une version améliorée, pas une version plus lisse, mais vous. Avec ce que ça implique. Votre voix, votre énergie, qu'elle soit up ou down comme on dit. Vos convictions, votre façon de faire. Et là, il se passe quelque chose. Au début, c'est libérateur, mais vraiment. Vous respirez mieux, vous vous sentez aligné, vous avez moins besoin de jouer un rôle. Mais ensuite, il y a une autre phase. Une phase dont on parle moins, c'est le vide. Parce que quand vous arrêtez de dire oui à tout ou d'être comme on veut, enfin, comme vous pensez que les gens veulent que vous soyez, quand vous arrêtez de vous adapter en permanence, il y a des gens qui disparaissent. Il y a des relations qui s'effacent et des opportunités qui ne viennent plus, des environnements qui ne vous reconnaissent plus. Ça fait peur, en fait. Parce qu'on a l'impression de tout perdre. On se dit, est-ce que je suis en train de faire une erreur ? Est-ce que j'aurais dû continuer à m'adapter un peu ? Moi, je m'adapte encore, je vous rassure. Est-ce que le prix à payer, ce n'est pas trop élevé ? Moi, je me suis posé toutes ces questions. Je vais être très honnête avec vous. Ouais, ça a un prix. Le prix de ne plus être aimé par tout le monde. Bon, je vous rassure, c'était déjà le cas. Le prix de ne plus être comprise par tout. C'était aussi le cas. Et le prix de déranger. Mais vous savez quoi ? Il y a aussi un autre prix. Celui de continuer à vous abandonner. Et celui-là, il est beaucoup plus cher. Parce que quand vous perdez, vous perdez tout. Votre énergie, votre clarté, votre joie. Alors que quand vous assumez qui vous êtes, il y a le vide au début, mais ce vide, ce n'est pas une perte, c'est de la place. De la place pour autre chose. De la place pour des personnes qui vous comprennent vraiment. De la place pour des relations qui ne demandent pas que vous vous réduisiez. De la place pour des projets qui vous ressemblent. Et ça change tout en fait, parce que les personnes que vous allez rencontrer ensuite, elles ne seront pas là pour la version édulcorée de vous. Elles seront là pour vous. La vraie. Et ça, c'est beaucoup plus puissant. C'est beaucoup plus solide. C'est même beaucoup plus serein. Aujourd'hui, je ne cherche plus à plaire à tout le monde. Et je vais vous dire une chose, c'est reposant. Parce que plaire à tout le monde, c'est épuisant. C'est un job à plein temps. C'est un job impossible. Parce que vous essayez de plaire à tout le monde, vous devenez neutre. Et quand vous devenez neutre, vous n'en remarquez plus personne. Vous passez. Vous faites du bruit, c'est comme une éolienne. Ça fait du bruit. Ça fait du vent. Voilà, je fais du vent. Vous ne me dérangez pas, mais vous n'impactez pas non plus. Et moi, je n'ai plus envie de passer. Je n'ai plus envie d'être cette éolienne qui brasse du vent pour plaire. J'ai envie d'exister, vraiment. Et avec ce que ça implique. Alors oui, parfois je dérange. Oui, parfois je ne fais pas l'unanimité, même très souvent. Parfois je me trouve moi-même un peu trop, too much. Mais vous savez quoi ? Trop. C'est souvent juste le mot qu'on utilise pour dire « différent » . Et aujourd'hui, je préfère être différente que transparente. Alors si vous êtes en train de vous reconnaître dans ce que je dis, et si vous sentez que vous, vous êtes un peu perdu sur le chemin, je n'ai pas une solution magique. Mais j'ai une question pour vous, une seule. À quel moment vous avez commencé à vous taire ? Pas forcément à voix haute, mais intérieurement. À quel moment vous avez arrêté de dire ce que vous pensiez vraiment. À quel moment vous avez commencé à vous adapter au point de vous oublier ? Parce que c'est souvent là que tout commence. Et bonne nouvelle, c'est aussi là que tout peut recommencer. Pas en changeant tout du jour au lendemain, mais en recommençant petit à petit. Dire non une fois, exprimer un avis, être comme on est, si on n'a pas envie de sourire, on ne sourit pas ce jour-là, ne pas s'excuser d'exister. Et petit à petit, reprendre. votre place, ou même plus, prendre votre place. Pas celle qu'on va vous donner, celle qui est à vous. Parce qu'au fond, le problème, ce n'est pas que vous soyez trop ou pas assez, c'est que vous avez passé trop de temps à essayer d'être moins, ou trop pour le coup. Et ça, c'est terminé. Allez, salut les tucettes, passez une bonne semaine, on se retrouve très vite dans le prochain épisode, et d'ici là, prenez votre place et n'oubliez pas, la parole est à vous.