Speaker #0Salut les TUCETTES et bienvenue dans tucetoo ou Presque, le podcast qui donne la voix à vos ambitions. Moi c'est Carole Lacaze et aujourd'hui on va parler d'un truc qui n'est pas super confortable quand même. Vous savez, on va dire, c'est ce moment où on va se dire, j'ai pas d'opportunité, personne ne me propose rien, c'est compliqué en ce moment. Et si ce n'était pas tout à fait vrai ? Et si les opportunités il y en avait, mais ne vous plaisaient pas ou pire, qu'elles vous faisaient peur ? Alors aujourd'hui, je vais mettre les pieds dans le plat, comme d'habitude, parce que parfois, le problème, ce n'est pas le manque d'opportunités, c'est notre capacité à les reconnaître et surtout à les accepter. Allez, zou ! On va commencer par un truc simple. Qu'est-ce qu'on appelle opportunité ? Qu'est-ce que vous appelez, vous, une opportunité ? Mais vraiment, si vous deviez la décrire, vous diriez quoi ? souvent quand je pose la question, j'ai des réponses très propres. Quelque chose qui me fait évoluer, une occasion qui est à saisir, un projet intéressant. Oui, mais dans la réalité, dans votre tête, c'est beaucoup plus précis que ça. Une opportunité pour vous, c'est souvent quelque chose qui arrive au bon moment. Quelque chose pour lequel vous vous sentez prêt ou prête. Quelque chose qui vous donne envie immédiatement. Et quelque chose où vous vous projetez facilement. En gros, une opportunité confortable. Une opportunité qui vous remet pas trop en question, ou pas trop sous tension. Une opportunité où vous vous dites presque, ah ouais, ça, je peux le faire. Et c'est là que ça devient intéressant, parce que ce que vous appelez opportunité, c'est souvent quelque chose qui valide déjà qui vous êtes aujourd'hui. Pas quelque chose qui va vous faire évoluer. Juste quelque chose qui ne vous bouscule pas. Je vais vous dire un truc qui ne va pas forcément vous plaire. Une vraie opportunité, ça ne rassure pas. Une vraie opportunité, ça vous fait douter. Ça vous fait vous poser des questions comme est-ce que je vais être à la hauteur ? Pourquoi moi ? Et si je me plante ? Une vraie opportunité, elle vient toucher exactement là où vous n'êtes pas encore solide. Et c'est pour ça qu'on ne la reconnaît pas. Parce qu'on confond deux choses. Ce qui est agréable et ce qui est utile pour évoluer. Et souvent, ce qui est utile n'est pas agréable. On a été conditionné à chercher du confort, même dans le travail. Même dans nos choix de carrière, on veut être prêt, être sûr, surtout être validé, surtout être légitime, avant de dire oui. Sauf que si vous attendez de cocher toutes les cases, vous direz non à 90% des opportunités. Parce que ces cases, elles se cochent après, pas avant. Je vais vous donner un exemple très simple. Imaginons qu'on vous propose de prendre la parole devant 100 personnes. Objectivement, c'est une opportunité. visibilité, crédibilité, d'expérience. Mais dans votre tête, ça donne quoi ? Je ne suis pas prêt, je n'ai pas assez de contenu, je ne suis pas légitime. Résultat, vous refusez. Ou en tout cas, vous avez de fortes chances de refuser. Et vous ne classez même pas ça dans la catégorie opportunité. Vous classez ça dans mauvaise idée. Alors qu'en réalité, c'est exactement ce qu'il vous fallait pour évoluer. Autre exemple. On vous propose un projet, mais ce n'est pas payé comme vous voulez. Ce n'est pas parfait. Ce n'est pas exactement votre cible. Et là encore, vous dites, ce n'est pas une opportunité intéressante. Mais la vraie question, ce n'est pas, est-ce que c'est parfait ? C'est, est-ce que ça m'ouvre une porte ? Parce que les opportunités ne sont presque jamais des finalités. Ce sont des passages, des étapes, des tremplins en quelque sorte. Mais comme ce n'est pas directement le truc final, on le méprise. Et puis, il y a un autre biais très fort. On valorise les opportunités. seulement quand elles ont déjà réussi. On regarde quelqu'un qui a percé et on se dit, il y a une opportunité incroyable. Mais on oublie à quoi ça ressemblait au départ. Souvent, c'était mal payé, pas cadré du tout, c'était flou, c'était très risqué. Bref, exactement ce genre de truc qu'on refuse aujourd'hui. Ce que vous devez comprendre, c'est ça. Une opportunité, ce n'est pas quelque chose de confortable. Une opportunité, ce n'est pas quelque chose d'évident. Ce n'est pas quelque chose de parfait. Une opportunité, c'est quelque chose qui crée du mouvement, même si ce mouvement vous dérange. Parfois, le vrai problème, ce n'est pas que les opportunités n'existent pas, c'est que vous ne leur donnez pas ce statut. Vous les minimisez, vous les ignorez, vous les requalifiez en « ce n'est pas le bon moment, ce n'est pas assez intéressant, ce n'est pas aligné avec moi » . Alors qu'en réalité, c'est juste que ça vous challenge. Et ça, votre cerveau, il n'aime pas. On dit qu'on veut évoluer, mais on veut évoluer sans changer, sans prendre de risques, sans être jugé, sans se planter. C'est surtout sans se planter. Autant vous dire qu'on veut évoluer sans évoluer. Parce que le cerveau, il adore ça. Parce que refuser une opportunité, c'est souvent se protéger de l'échec, de regarder les autres, qu'est-ce qu'ils vont dire, de la remise en question, de l'effort. Et ça, on ne se l'avoue pas. On préfère dire que ce n'est pas le bon moment. Mais soyons honnêtes, le bon moment, c'est souvent celui qui va vous déranger. On va être concret. Voici des opportunités que vous refusez sans vous en rendre compte. Celles où vous n'êtes pas prête. Une conférence alors que vous doutez, ça c'est moi. Une responsabilité que vous n'avez jamais eue. Réflexe, je ne suis pas encore légitime. Il y a aussi celle où vous allez être exposé, parler en public, vous montrer sur les réseaux. Ce n'est pas moi, je n'aime pas ça. Celle qui vous oblige à dire non, d'ailleurs. Dire non à des clients, dire non à certaines relations. Je ne peux pas me le permettre. Celle qui vous demande de changer d'identité. Passer de celle qui exécute à celle qui dessine. Passer de la discrète à la visible. réflexe, ça ne me ressemble pas. Mais la vérité, une opportunité qui ne vous challenge pas, ne vous change pas. Ce qui est fascinant, c'est qu'on ne sabote pas de façon évidente. On sabote intelligemment, parce qu'on est vachement futé quand même. On rationalise, on trouve des arguments propres. Ce n'est pas très stratégique, je préfère attendre, je veux quelque chose de mieux. Et parfois, c'est vrai. Mais parfois, c'est juste une peur bien habillée. Le problème, ce n'est pas de refuser une opportunité. Le problème, c'est de ne pas savoir pourquoi tu la refuses. La vraie question à ce projet, la prochaine fois qu'une opportunité se présente, posez-vous une seule question. Est-ce que je refuse parce que ce n'est pas bon pour moi ou parce que ça me met en inconfort ? Ce n'est pas la même chose. Ça change tout. Parce que l'inconfort, ce n'est pas un signal d'alerte. C'est souvent un signal de croissance. Donc dire oui à une opportunité inconfortable, ce n'est pas juste dire oui à un projet, c'est dire oui à une nouvelle version de nous-mêmes, à une évolution, à une preuve qu'on est capable. Et parfois ça ne marche pas, attention. Mais même là, on gagne quelque chose. On va gagner de la clarté, on va gagner de l'expérience, de la confiance réelle. Alors peut-être que vous n'avez pas moins d'opportunités que les autres. Peut-être que vous êtes juste plus exigeant, plus prudent. plus attaché à votre confort. Ce n'est pas un problème, mais il faut en être conscient. Parce qu'à force de refuser ce qui dérange, on finit par attendre une opportunité qui n'existe pas. Alors aujourd'hui, juste une chose. Regardez-vous et demandez-vous, qu'est-ce que je suis en train d'appeler pas une opportunité alors que ça pourrait changer quelque chose ? Allez, merci de m'avoir écouté. Bonne journée, les tussettes. Et n'oubliez pas, la parole est à vous.