Speaker #0Salut les tuettes et bienvenue dans ucetoo ou presque, le podcast qui donne la voix à vos ambitions. Moi c'est Carole Lacaze. Aujourd'hui, on va parler d'un sujet qu'on minimise énormément. Un sujet qu'on traite comme un détail, alors que franchement, c'est tout sauf un détail, on va voir. On parle beaucoup d'objectifs, de résultats, de chiffres, de performances, mais très peu de rythme. Comme si le rythme c'était une option, un truc en bonus, un truc qu'on regarde quand tout le reste va bien. Sauf que non. Le rythme, c'est la base. Et quand le rythme est mauvais, tout le reste finit par suivre, dans le mauvais sens. Allez, zou ! Des objectifs, vous savez en fixer. Clair, ambitieux, parfois même très ambitieux. Vous savez travailler, vous savez vous engager, vous savez tenir bon. Mais ce que je vois tous les jours, ce sont des personnes avec de très bons objectifs, une vraie vision pour le coup, des compétences solides et un rythme complètement délirant. Un rythme qui ne laisse aucune place à la réflexion, à l'ajustement, au recul. Et après, on s'étonne de perdre en clarté. Il y a quelque temps, il n'y a pas plus tard que la semaine dernière, en fait, j'accompagnais une cliente. C'est une très bonne dirigeante, elle est très engagée, elle a un agenda vraiment blindé du matin au soir. Elle a des réunions qui s'enchaînent, elle prend des décisions entre deux portes. Et à un moment donné, on a parlé et puis elle me dit, mais j'ai l'impression de passer mon temps à rattraper les choses. Pas à construire, à rattraper. Et là, après réflexion, je lui ai dit, mais ce n'est pas un problème de compétence, c'est un problème de rythme. Un rythme trop rapide, ça fait trois choses très précises. 1. Ça abîme la clarté. On pense moins bien, on va au plus vite, on choisit le moins pire plutôt que le plus juste. 2. Ça épuise la motivation. Pas d'un coup, mais progressivement. Jusqu'au jour où même ce qui nous motivait avant, ça fatigue. 3. Ça fragilise les décisions. On décide sous pression, dans l'urgence, sans recul. Et après, on passe du temps à réparer du coup. Le grand mensonge du « je n'ai pas le choix » . Quand j'aborde le sujet du rythme, j'entends souvent « je n'ai pas le choix » . Mais on va être honnête deux minutes. Ce « pas le choix » , c'est souvent par habitude, c'est une peur, et c'est une norme qu'on a intégrée. Parce que ralentir dans nos métiers, c'est souvent vu comme une faiblesse. Alors qu'en réalité... Choisir son rythme, c'est un acte de responsabilité. Rester debout autrement, c'est le thème. Eh bien, ce n'est pas tout envoyer balader, ce n'est pas lever le pied pour lever le pied. C'est régler son rythme. Un rythme dans lequel le corps ne crie pas, ne souffre plus. La tête respire, le travail ne mange pas tout le reste. Et ça change énormément de choses. On pense mieux, on décide mieux. on vit mieux aussi. Votre rythme n'est pas neutre. Votre rythme, ça va devenir celui de votre équipe. Ça va devenir celui de votre organisation, celui de votre culture. Un dirigeant qui est en sur-régime, il crée de l'urgence, même sans le vouloir. Et à l'inverse, un rythme posé rassure. En fait, le rythme, c'est du leadership silencieux. Il n'y a pas de bon rythme universel, mais il y a votre rythme, celui qui vous porte, celui que votre corps tolère, celui que votre tête respecte et celui qui vous permet de durer. Et non, ce n'est pas un manque d'ambition, c'est une forme de maturité. Allez, ça a été court les tucettes, merci de m'avoir écouté. Si vous deviez retenir une seule chose aujourd'hui, ce serait celle-là. Le rythme n'est pas un détail, c'est une décision stratégique. Vous pouvez avoir les meilleurs objectifs du monde. Si votre rythme est mauvais, vous vous épuiserez. Restez debout. Autrement, c'est accepter que durer vaut mieux que sprinter. Allez, prenez soin de votre rythme, vraiment. Et puis surtout, n'oubliez pas, la parole est à vous.